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  • Les syndicalistes de la flottille ont l’internationalisme au cœur

    Les syndicalistes de la flottille ont l’internationalisme au cœur

    Il y a du monde qui s’active le long du quai de la friche portuaire abandonnée du Rio, à l’ouest du quartier de l’Estaque. Une vingtaine de navires de plaisance arborant le drapeau palestinien l’ont quitté après escale samedi, cap vers la Sicile. Ils font partie de la flottille Thousand Madleen, dont le but est de briser le blocus organisé par l’armée israélienne à Gaza. « Mille Madleen », la traduction, est un hommage au navire éponyme qui participait à la flottille de la liberté, en 2025, intercepté en eaux internationales dont l’équipage avait été arrêté et détenu avant d’être expulsé d’Israël.

    « Engagés contre l’impérialisme »

    Les équipages sont composés de syndicalistes, militants d’associations et membres de partis politiques. À l’image d’Anouk Brunet, assistante d’éducation au collège Edgard-Quinet de Marseille et syndicaliste CGT Éduc’action : « C’est important de participer à cette initiative en tant que syndicat. » Elle souhaite « apporter un soutien à la communauté éducative sur place ».

    Idée similaire pour Denis Vemclefs, représentant l’Union départementale CGT de Seine-Saint-Denis : « Nous sommes engagés contre l’impérialisme et on soutient Gaza, dans le cadre de la solidarité internationale de la CGT. » L’UD CGT 93 a d’ailleurs financé le navire Nour, prenant part à la flottille, « en même temps que des panneaux solaires à Cuba », précise Denis Vemclefs. Pour ce dernier, « l’internationalisme n’a pas de frontières », et se dit aussi solidaire « du peuple libanais, congolais ou soudanais ».

    Lors de la conférence de presse de Thousand Madleen, la coordinatrice du mouvement Esther Le Cordier a affirmé que cette flottille était un « outil politique », comme celle de 2008. « Nous ne lâcherons rien jusqu’à l’autodétermination de la Palestine », promet-elle. Tout en appelant à des actions à terre contre « le génocide et les guerres impérialistes et coloniales ». L’étudiante à l’Ehess a remercié les habitants de l’Estaque pour « leur accueil et leur solidarité » indispensables. Marseille a répondu présent.

  • La CGT milite pour rouvrir le site d’Orange à Saint-Mauront

    La CGT milite pour rouvrir le site d’Orange à Saint-Mauront

    Les idées de l’extrême droite ne sont jamais du côté des travailleurs », indique une banderole de la Fédération des activités postales et de télécommunications (Fapt) CGT, placardée sur un portillon du site de l’entreprise Orange, dans le quartier de Saint-Mauront, à Marseille. « Nos derniers échanges avec la direction datent de vendredi. Ils restent sur leur position avec la fermeture définitive du site et envisagent trois nouveaux lieux, à la Joliette et à la Tour La Marseillaise », indique Olivier Neri, secrétaire général de la CGT Télécoms des Bouches-du-Rhône, à l’initiative d’un rassemblement, samedi 4 avril, pour la réouverture du site.

    Sur les 1 200 salariés qui y officiaient avant l’annonce de sa fermeture, début 2026, seule une trentaine de techniciens continuent de travailler sur place. Depuis cette date, « ils font venir les salariés du tertiaire, qui sont en télétravail, sur des sites de repli une fois par semaine, pour soi-disant maintenir la cohésion de groupe. Mais en réalité, tout le monde se plaint car ces sites ne sont pas adaptés », déplore le syndicaliste.

    La fermeture a été actée par l’entreprise de télécommunications, poussée par la médiatisation et l’instrumentalisation de faits de violence survenus à proximité du site fin 2025 : notamment de tirs à l’arme de poing sur la façade, fruit d’une lutte entre dealers. Un épisode qui ne visait pas du tout Orange ni ses salariés, comme la justice l’a tranché il y a une quinzaine de jours. Sans compter le fait qu’un sondage a révélé que « 60% des salariés veulent rester sur le site de Saint-Mauront », fait remarquer Guillaume Lamourette, secrétaire départemental CGT de la Fapt.

    Quartier encore délaissé

    « Si à chaque fois qu’il y a de l’insécurité, une entreprise ferme, il n’y en aura plus beaucoup d’ouvertes », estime Olivier Neri, qui ne peut que constater que cet événement « est tombé en plein pendant la campagne des élections municipales, où beaucoup de politiques sont venus se filmer ici ». Selon lui, la droite et surtout l’extrême droite se sont engouffrées dans ce jeu malsain pour « stigmatiser les quartiers populaires ». Aussi bien au mépris des salariés que des habitants, sans cesse relégués en marge de l’emploi et du lien social. Or, « Orange a une grande responsabilité dans le quartier ». Pas de quoi émouvoir la direction de l’entreprise, qui se refuse à tout commentaire sur ce point et répète que sa « priorité est la sécurité des salariés ». Pas de quoi, non plus, lever le doute selon lequel Orange aurait surfé sur la médiatisation des faits survenus sur le site de Saint-Mauront pour y réduire l’activité humaine à peau de chagrin. Afin d’y implanter des data-centers ? « On ne peut pas vous le confirmer », explique la direction à propos de ce site qu’elle juge « pérenne ».

  • Joël Guin ne rempilera pas à la tête de l’agglo du Grand Avignon

    Joël Guin ne rempilera pas à la tête de l’agglo du Grand Avignon

    Comme révélé ce vendredi après-midi par La Marseillaise, Joël Guin ne postule pas à un second mandat à la tête du Grand Avignon, dont l’élection se tiendra ce mercredi (9h30). Le maire (DVD) de Vedène l’a confirmé, en fin de journée, dans un entretien à La Provence. « Pendant la campagne des municipales, j’avais annoncé que je ne serai pas candidat à la présidence de l’agglo. Je me tiens à la parole donnée », justifie-t-il, tout en reconnaissant qu’il a fortement songé à concourir : « Il en a été question, car j’étais très sollicité par l’ensemble de mes collègues. » Sa candidature avortée était largement poussée par de nombreux maires, craignant une main mise d’Avignon et de son nouveau maire, Olivier Galzi (DVD), candidat à la présidence. Désormais, Joël Guin se pose même en soutien du représentant de la ville-centre, avec comme garde-fou que l’exécutif actuel reposant sur une vice-présidence pour chaque maire soit reconduit. « M. Galzi arrive avec une nouvelle dynamique. Depuis Marie-Josée Roig [95-2014], la ville-centre n’a pas dirigé l’agglo, aujourd’hui c’est une opportunité pour que ça revienne à la cité des papes », assume-t-il chez nos confrères. Sauf retournement de situation, ce renoncement offre un boulevard à Olivier Galzi.

  • [Entretien] Secours Populaire du Gard : « Ces jeunes peuvent vivre un moment unique »

    [Entretien] Secours Populaire du Gard : « Ces jeunes peuvent vivre un moment unique »

    La Marseillaise : C’est quoi le projet « Famille de Vacances » ?

    Luisa Benbouzid : Le projet Famille de Vacances, c’est un projet de mise en relation de familles ou de particuliers partout en France avec des enfants issus de milieux modestes qui n’ont pas la chance de pouvoir partir en vacances. Ces familles sont issues de tous horizons et parfois ont même déjà des enfants. Par exemple, en 2025, on a eu une famille qui avait déjà 3 enfants qui a accepté de recevoir un enfant du Secours populaire et qui revient encore cette année. En 2025, dans le Gard, nous avons réussi à loger 7 enfants dans 7 familles différentes. Pour 2026, on espère pouvoir en faire autant, voire peut-être même plus. Actuellement, on recherche des familles jusqu’au 8 avril pour finaliser les candidatures et pouvoir entrer en contact avec elles. Cette année, les deux créneaux de dates d’accueil des enfants par les familles sont du 15 au 29 juillet et du 29 juillet au 12 août.

    Qu’est-ce que ça représente ces vacances pour ces enfants ?

    L.B. : L’initiative Famille de Vacances, c’est une réelle échappatoire pour de nombreux jeunes dans le besoin. Une partie de ces enfants n’a jamais vraiment voyagé ou eu l’occasion de partir de chez eux. Pour certains, ils n’ont connu que les barres d’immeubles des grandes villes d’Île-de-France et ne connaissent pas la campagne ou d’autres espaces en France, c’est un dépaysement pour eux. Nous, on le ressent chaque année, à la fin du voyage, on récupère des enfants avec le sourire qui ont pu, grâce à ces familles, avoir un véritable moment de pause dans leur quotidien.

    Ça veut dire quoi devenir une famille d’accueil pour le Secours Populaire ?

    L.B. : Devenir famille d’accueil pour le Secours Populaire, ça veut avant tout dire être ouvert sur les autres. C’est pouvoir partager un moment d’échange unique avec des enfants issus de milieux populaires. Nous, dans le Gard, on reçoit surtout des enfants en provenance d’Île-de-France. Ces jeunes, grâce aux familles accompagnées par le Secours Populaire, peuvent vivre un moment unique et souvent intergénérationnel.

    Propos recueillis par Thomas Bonnel

  • Quand le recours à la justice devient payant

    Quand le recours à la justice devient payant

    Vous souhaitez contester un licenciement, dénoncer du harcèlement, demander un rappel de salaire  ? Ou vous voulez engager une procédure pour un problème lié à un divorce, une pension alimentaire, un droit de garde, une succession ou un litige de la consommation ? Il faudra désormais mettre la main à la poche.

    La loi de finances pour 2026 instaure en effet le paiement d’un forfait de 50 euros pour toute saisine du conseil de prud’hommes ou du tribunal judiciaire. Entrée en vigueur le 1er mars, cette mesure présentée comme une contribution à l’aide juridictionnelle a été contestée devant le Conseil constitutionnel, qui l’a toutefois validée en s’appuyant notamment sur l’exemption dont font l’objet les bénéficiaires de l’aide juridictionnelle. Lesquels ne représentent toutefois qu’une part réduite de la population…

    « Cela contribue à une défiance des citoyens »

    Ce n’est pas la première fois qu’une telle contribution est mise en place. « Le droit d’entrée pour l’accès à la justice est un serpent de mer », soupire Maxime Delchambre, co-président du SAF (Syndicat des avocats de France) de Montpellier. Un timbre de 35 euros avait en effet déjà été instauré de 2011 à 2013, supprimé en 2014 à l’initiative de la garde des Sceaux de l’époque Christiane Taubira. Une baisse de 13 % du nombre de saisines dans les contentieux de faibles montants avait alors été constatée.

    « Cette mesure rompt l’égalité des justiciables devant la justice : si on a beaucoup d’argent ce sera indolore, mais si on en a peu, 50 euros c’est une somme », dénonce Maxime Delchambre. « Freiner l’accès à la justice n’est pas le bon moyen de désengorger les tribunaux. On décourage les citoyens de se tourner vers elle. C’est dangereux, encore plus aujourd’hui dans un climat où les gens se sentent délaissés », poursuit l’avocat montpelliérain. « Il faut au contraire allouer des moyens supplémentaires à une justice qui en a grand besoin depuis des années ».

    Un point de vue partagé par Bertrand Lacabanne, vice-président CGT du Conseil des prud’hommes de Sète : « le service public de la justice est de plus en plus détérioré. Et au lieu de donner des moyens aux conseils des prud’hommes, le gouvernement essaie de limiter au maximum le nombre d’affaires en décourageant les gens d’engager une procédure », dénonce-t-il. « Cette contribution est inadmissible, car elle pèse sur les épaules de travailleurs déjà fragilisés par leur situation au travail, avec des situations financières parfois catastrophiques. Certains viennent chercher des salaires qui ne leur sont pas versés et on leur demande de payer pour accéder à leur droit ! », s’indigne-t-il. Un coup de canif supplémentaire dans la justice du travail, dont l’accès est rendu de plus en plus difficile. Depuis 2016, il faut en effet déposer une requête motivée, accompagnée de son bordereau et des pièces remises au greffe. « Avant, un salarié pouvait saisir lui-même le conseil de prud’hommes par voie orale ou sur papier libre. Ce nouveau mode de saisine peut dissuader, car cela devient très difficile de le faire sans avocat  », rapporte Bertrand Lacabanne. À cela s’ajoute la baisse du délai de prescription pour contester son licenciement (5 ans en 2008, 2 ans en 2013 puis 1 an depuis 2017) et surtout l’entrée en vigueur du « barème Macron » (2017), qui a conduit à une baisse drastique de l’indemnisation obtenue par les salariés, les grands perdants étant ceux ayant une faible ancienneté. Le résultat est là : en 10 ans (2013-2023), le nombre de saisines des conseils de prud’hommes a été quasiment divisé par deux…

    L’association de consommateurs UFC Que Choisir se joint à ce front de contestation, dénonçant elle aussi « une mesure qui va décourager encore davantage les personnes en proie à des”petits” litiges et inciter un certain nombre de professionnels à ne pas répondre à des demandes légitimes de leurs clients parce qu’ils se disent : ils n’iront pas jusqu’au tribunal parce qu’il faut payer  », estime Claude Gaubert, de l’UFC Que Choisir Montpellier. « Ça contribue à une défiance des citoyens vis-à-vis de la justice, qui leur paraît de plus en plus inaccessible. »

  • La gauche tente de peser à Alès Agglomération

    La gauche tente de peser à Alès Agglomération

    Touché mais pas coulé. Après une victoire étriquée au second tour des élections municipales (55,5%) malgré le retrait de toute la gauche et la présence d’un candidat du Rassemblement national inconnu face à lui, Christophe Rivenq a semblé marquer le coup. Mais en bon animal politique qui arpente le Conseil régional et a présidé des instances des Républicains dans le Gard, l’élu a rapidement repris du poil de la bête et est apparu tout sourire lors de son élection par le conseil municipal le 28 mars.

    Affaibli, Christophe Rivenq a donc impérativement besoin d’obtenir une victoire sereine pour la présidence de l’Agglomération. Car entre le poids de la ville centre et plusieurs maires acquis à sa cause, son élection à la tête de l’intercommunalité est quasiment assurée. Mais si une opposition venait à se monter et à peser dans le scrutin, il sait que son mandat serait alors beaucoup plus difficile.

    C’est pourquoi plusieurs élus de gauche ont entamé des discussions avec lui en rappelant au passage que les deux listes de gauche se sont retirées en sa faveur dans l’entre-deux-tours des municipales. Ils souhaitent ainsi arracher plusieurs vice-présidences avec des délégations pour pouvoir peser dans l’avenir de l’Agglomération.

    Un candidat de gauche

    à la présidence ?

    « À l’Agglomération se gèrent énormément de compétences, donc on ne peut pas lui laisser libre cours sans nous. Nous avons donc des discussions sur l’avenir du fonctionnement de l’Agglo. Nous, les élus de gauche, sommes dans un esprit constructif. Nous voulons pouvoir travailler ensemble à la condition que les sensibilités soient respectées et qu’on arrive à faire des compromis pour avancer tous ensemble », insiste Sylvain André (PCF), qui préfère trouver un compromis avant de créer une opposition frontale de gauche au maire d’Alès.

    Mais si un terrain d’entente n’est pas trouvé avec la vingtaine d’élus de gauche, ceux-ci sont prêts à se présenter face à Rivenq lors de la première séance prévue le jeudi 9 avril. Un candidat a même déjà été désigné si le président sortant d’Alès Agglomération ne consentait pas à partager une partie du pouvoir. « Les discussions sont saines et normales. Mais on ne veut pas des vice-présidents pot de fleurs, on veut des vice-présidents avec des marges de manœuvre pour pouvoir porter des politiques », conclut Sylvain André, qui réclame aussi des garanties pour les communes rurales du territoire.

  • [Chronique des invisibles] Les disparus de la douceur

    [Chronique des invisibles] Les disparus de la douceur

    On les évoque rarement. À la télévision, plus un programme est immonde, plus les parts d’audience grimpent. À croire que les tombereaux de saletés qu’ils déversent trouvent un écho familier dans nos cerveaux fatigués. Dans les séries et au cinéma, les tueurs en série deviennent des héros, les assassins, des modèles de charisme. Plus ils sont siphonnés, tordus, plus les spectateurs s’enthousiasment, leur violence se communiant avec la nôtre.

    Alors, que sont devenus les gentils ? Les bienveillants, les amoureux de la vie, ceux qui refusent la brutalité ambiante ?

    Ils ne hurlent pas sur les plateaux télé ni sur les réseaux. Ils ne cherchent pas à humilier, ni à briller. Eux, ce sont les gens du quotidien, les « seconds rôles » de nos vies : celui qui laisse sa place dans le bus à une vieille dame, la caissière qui garde son sourire face à la grossièreté, ce collègue qui demande sincèrement « ça va ? » et s’arrête pour écouter la réponse.

    Ces gens-là ne font pas la une, mais sans eux, le monde se déliterait encore plus vite.

    Ils rappellent qu’il n’y a pas besoin d’héroïsme guerrier pour être brave. Parfois, il suffit de tendre la main plutôt que de détourner le regard. Être bouleversé devant les images d’enfants hagards sous les bombes, ce n’est pas faiblesse : c’est la preuve que le cœur bat encore.

    La civilisation, disait Camus, se mesure à la douceur qu’elle accorde aux plus fragiles.

    Aujourd’hui, cette douceur se fait rare, reléguée aux marges d’un monde cynique, violent, saturé de rancunes.

    Dans l’ombre, il reste des figures à hauteur d’homme : celui qui écoute sans juger, celle qui console sans attendre de retour. Ils sont nos derniers chevaliers, discrets et sincères.

    Être gentil, aujourd’hui, n’est plus une évidence ; c’est un acte de résistance.

    Face à la vulgarité triomphante, au sarcasme comme signe d’intelligence, la gentillesse devient une rébellion silencieuse. Elle dérange, parce qu’elle remet l’humain au centre. Et peut-être que le plus beau, dans cette époque saturée de violences, c’est qu’il reste encore des âmes capables d’empathie.

    Elles n’attendent pas d’être vues.

    Elles agissent, simplement, obstinément, héroïquement comme si la bonté pouvait encore sauver quelque chose.

  • [Mémoire ouvrière] Lucien Molino : réorganisation syndicale

    [Mémoire ouvrière] Lucien Molino : réorganisation syndicale

    L’opposition des minoritaires et du Parti socialiste était représentée au 27e congrès par Dumonceau, secrétaire du syndicat des typographes, qui critiquait, entre autres, l’action du bureau de l’UD à qui il reprochait son sectarisme de tendance majoritaire. J’eus de la peine pour arrêter le congrès qui le conspuait. En fait, il reprenait les décisions du Congrès fédéral du Parti socialiste préparatoire au 29e congrès de la SFIO qui tenait ses assises le 10 août. Depuis la révocation des ministres communistes, nous critiquions violemment le gouvernement et le Parti socialiste en particulier.

    Celui-ci faisait des efforts pour renforcer son influence dans les entreprises. Il donnait des instructions en faveur d’une propagande pour que, dans chaque chantier, usine, dans les groupes EDF et Gaz de France, à la SNCF, dans l’administration, soient créés des groupes socialistes. Malgré leurs efforts, ce fut un échec.

    Le rapport d’activité du congrès fut adopté par 160 559 voix contre 209 et 332 abstentions.

    Au congrès fédéral du Parti socialiste, Francis Leenhard dénonça les agressions du PCF contre le Parti socialiste avec la complicité des dirigeants de la CGT dont « Lucien Molino, membre du comité central du PC ». Pour Irma Rapuzzi, ancienne trotskiste, il fallait dégager le syndicalisme de l’emprise de la CGT en ayant une attitude plus combative et courageuse. La motion de synthèse, rapportée au nom de la commission par Gaston Defferre, repoussa le principe de l’unité d’action avec le Parti communiste et affirma la nécessité impérieuse de libérer le syndicalisme de toute ingérence politique.

    Il y eut bien quelques divergences, comme celle soulevée par une militante CGT et socialiste d’Aix-en-Provence, mais Defferre recueillit l’unanimité pour condamner la politique de la majorité confédérale.

    L’UL de Marseille

    et modification de l’UD

    C’est à ce 27e congrès que nous avons décidé la dissolution de l’Union locale de Marseille et de l’intégration des deux secrétaires Giribone et Millaud dans le bureau de l’UD. Cette décision était prise dans un département des Bouches-du-Rhône où l’Union locale de Marseille avait un champ d’intervention très proche de celui de l’Union départementale et formait un écran entre l’UD et les syndicats. Nous avons créé des intersyndicales d’arrondissements ou de secteurs suivant l’importance industrielle aux endroits importants, comme le Bassin de Séon, La Capelette, Saint-Marcel et Saint-Antoine, Saint-Victor, et une intersyndicale au centre, à l’ancien siège de l’Union locale. Cette modification nous permit d’employer directement des militants de l’UL pour renforcer l’UD, une centralisation et une plus grande rapidité d’intervention.

    à suivre la semaine prochaine…

  • L’OM abdique à Monaco

    L’OM abdique à Monaco

    Les deux roues de vélo au tableau d’affichage à la pause étaient le reflet du spectacle montré sur le terrain dans une première période qui a laissé tout le monde sur sa faim. Monégasques et Marseillais n’avaient pas donné le sentiment de lutter pour revenir dans la course au podium concernant les premiers, et récupérer la troisième place pour les seconds.

    Certes, le statu quoi pouvait suffire au bonheur d’un OM toujours en quête d’une identité de jeu et d’une série dynamique dans ses résultats. Mais prendre trois points en Principauté aurait été la meilleure option possible, afin de s’offrir un peu de confort par rapport à la meute.

    Durant la première demi-heure, les Olympiens ont été comme leurs supporters : invisibles. Mais, lorsqu’à la demi-heure de jeu, les bâches sont ressorties, et que le parcage s’est remis à donner de la voix, le jeu phocéen a été plus percutant. Avec deux occasions, pour Hamed Traoré puis Igor Paixão, qui auraient pu permettre aux hommes de Habib Beye de virer en tête à la pause.

    L’OM allait regretter ce manque de réalisme et les autres actes manqués face à Lukas Hradecky en seconde période. Car les Monégasques, allaient, eux, jusqu’au bout de leurs intentions. Avec un premier but signé Alexandr Golovin au tournant de l’heure, avant que Folarin Balogun n’assoit définitivement l’emprise de son équipe sur la soirée. La réduction du score d’Amine Gouiri ne faisant qu’aviver les regrets chez des Olympiens qui chutent du podium.

    Monaco-OM : 2-1 (0-0)
    2e journée de Ligue 1
    Stade Louis II (15 000 spectateurs environ)
    Arbitre : C. Turpin.
    Buts : Golovin (59), Balogun (74) pour Monaco, Gouiri (85) pour l’OM.
    Avertissements : Camara (8), Kehrer (70) à Monaco, Medina (34), Balerdi (87) à l’OM.

    MONACO : Hradecki – Kehrer, Zakaria ( c ), Faes – Tézé, Camara, Coulibaly (Bamba, 65), Mawissa (Diatta, 65) – Akliouche (Adingra, 84), Balogun (Biereth, 84), Golovin (Fati, 75).
    Entraîneur : S. Pocognoli.

    OM : Rulli – Pavard, Egan-Riley (Balerdi, 77), Medina – Weah (Emerson, 89), Höjbjerg ( c, Abdelli, 89 ), Timber, Paixão – Traoré (Nawneri, 73)– Gouiri, Aubameyang.
    Entraîneur : H. Beye.

  • [Passerelle interculturelle] Zhang Xue, l’homme derrière la moto de champion

    [Passerelle interculturelle] Zhang Xue, l’homme derrière la moto de champion

    En Chine, cette victoire déclenche une autre forme d’effervescence. Derrière la performance sportive, les médias se passionnent pour l’histoire de l’homme à l’origine de cette machine : Zhang Xue.

    Son parcours commence loin des circuits. Originaire d’une région rurale du Hunan, il quitte l’école après le collège avec une idée déjà arrêtée : il veut réparer des motos. À 19 ans, il entre dans le métier. Un an plus tard, il ouvre son propre atelier. Très tôt, il fait preuve d’une détermination peu commune. Convaincu qu’il doit se rapprocher du monde de la compétition, il prend lui-même l’initiative de contacter un journaliste de Hunan TV pour raconter son ambition. Le reportage est diffusé. C’est un premier pas vers un univers auquel rien ne le destinait.

    Les années suivantes sont marquées par un travail intense, presque obsessionnel. Zhang Xue travaille sans relâche : moins de cinq jours de repos complet par an, des journées entièrement consacrées à la moto. « En vingt ans, j’ai travaillé comme si j’en avais fait quarante », explique-t-il.

    Au fil du temps, il acquiert une connaissance complète de la chaîne industrielle. Du démontage à la recherche et développement, de la fabrication aux tests, jusqu’au service après-vente, il passe par toutes les étapes. Cette immersion totale forge une conviction : comprendre en profondeur est la condition pour réussir.

    Une course qui ne fait que commencer

    C’est cette certitude qui le pousse à créer sa propre marque. Et à lui donner son nom. Pour Zhang Xue, la valeur d’une marque ne dépend pas de son appellation, mais de la qualité de son produit. Un nom, aussi prestigieux soit-il, ne peut rien compenser si le produit est médiocre. À l’inverse, une machine performante peut transformer n’importe quel nom en référence.

    Face aux constructeurs européens et japonais, il reconnaît un écart : celui de l’expérience accumulée. Leur force repose sur des décennies de savoir-faire. Mais Zhang Xue voit dans cet écart un processus en cours. En démontant et en analysant les meilleures machines du monde, ses équipes apprennent, comprennent et construisent progressivement leur propre base d’expérience.

    Sa méthode est directe : agir, apprendre rapidement, corriger immédiatement. L’échec n’est pas un obstacle, mais un outil. « Je n’ai jamais eu peur de l’échec », affirme-t-il.

    Aujourd’hui, son ambition est claire : faire entrer Zhang Xue Motorcycles dans le top 10 mondial en dix ans.

    À Portimao, la victoire de Valentin Debise a marqué les esprits. Mais pour Zhang Xue, elle n’est qu’une étape. Même dans le succès, il identifie déjà les faiblesses, comme une vitesse de départ encore perfectible. À Portimao, une course s’est terminée. Pour Zhang Xue, elle ne fait que commencer.