« Cette fresque passe un message aux générations futures qu’aucune justice n’est immuable », lance le maire (PCF) de Martigues Gaby Charroux lors de l’inauguration de cette peinture murale mardi après-midi. Sur le parking de la pharmacie du 8 mai 1945, les élèves du collège Gérard Philipe et deux artistes dont Pierre Maes ont réalisé une fresque toute en longueur rendant hommage à Rosalie Solitude, figure métisse de la lutte anticoloniale noire de Guadeloupe, après le rétablissement de l’esclavage par Napoléon en 1802. Le choix du nom est une collaboration avec le club humanitaire du lycée Lurçat.
Blog
-
![[Quoi de neuf] « Nous espérons créer une émulation autour du jazz »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/06/52c3889f0cf40d52a12ee8470e089c1d.jpg)
[Quoi de neuf] « Nous espérons créer une émulation autour du jazz »
Françoise Verna : Diriez-vous, dans le contexte où nous sommes et après l’annulation par la mairie d’extrême droite RN de Vauvert du festival Jazz à Vauvert, que les festivals sont entrés en résistance ?
Sébastien Cabrié : Oui, c’est sûr. C’est compliqué depuis quelques années. Il y a festival et festival. Nous, on représente des festivals portés par des associations loi 1901 à but non lucratif, portés par une centaine de bénévoles. Moi, je suis salarié, seul à l’année, avec une collègue à mi-temps. Forcément la question économique pèse chaque année et tout est remis en question chaque année malgré que nous sommes, pour notre part, conventionnés avec l’État, la Région, le Département du Gard, la communauté de communes du Pays de Sommières et la mairie de Junas. C’est une chance de pouvoir discuter avec tous les partenaires publics autour d’une même table avec le même projet, en tout cas l’idée de défendre ce que l’on fait tout au long de l’année. Parce qu’il y a les festivals mais aussi les actions auprès des scolaires, en école, collège, lycée. Il y a aussi du cinéma. On essaie de parler du jazz le plus possible et dans tous les domaines.
Olivier Nottale : Mais vous devez résister de plus en plus ?
Sébastien Cabrié : On résiste déjà depuis de nombreuses années au fur et à mesure des différents gouvernements, c’est au-delà du jazz, cela concerne la culture en général. La culture, on sait que c’est la dernière roue de la charrette, celle qui est sacrifiée en premier. Et là se sont rajoutées les élections municipales. On en a vécu, cela 33 ans que jazz à Junas existe. Mais là la tendance nationale est assez alarmiste puisque le RN a progressé fortement dans plein d’endroits.
Françoise Verna : Il y a eu des conséquences très concrètes puisque la mairie RN de Vauvert a décidé de supprimer le festival Jazz à Vauvert. Cela vous a surpris ?
Sébastien Cabrié : On savait que le maire actuel ne nous aimait pas trop. Il nous l’a redit cordialement lors de notre rendez-vous. Il votait déjà contre la subvention quand il était dans l’opposition. Pour vous résumer l’historique du festival, il y a eu onze ans de festival porté par d’autres personnes et notamment par la mairie de Vauvert en place à l’époque il y a 23 ans. On est arrivé à la 12e édition.
Olivier Nottale : Le festival a trouvé refuge à Vergèze. Comment on passe d’une commune à l’autre ?
Sébastien Cabrié : Il y avait deux choses. D’abord l’aspect financier. L’association ne devait pas être mise en grande difficulté parce que la subvention supprimée était de 65 000 euros, deux mois avant le festival. On s’est appuyé sur une convention, votée par l’ancienne mairie, jusqu’en 2026 mais il manquait le vote au conseil municipal. Face au nouveau maire, on avait la convention mais pas les sous. Quand on a rencontré le nouveau maire, il nous a dit qu’il ne nous portait pas dans son cœur, que nous étions une association hors Vauvert. On ne pensait pas faire 2027 mais l’édition 2026, oui, mais il dit nous a dit qu’il l’annulait. On aurait pu couler et avec nous les emplois. C’était une question financière mais liée à une question artistique : on ne pouvait pas annuler. Nous avons téléphoné à tous les artistes, les agents, etc. et essayé de rebondir, trouver une solution de repli. Les musiciens étaient tous d’accord pour continuer et ont baissé leur cachet. Il y a eu la mairie de Vergèze qui a réagi très rapidement pour nous accueillir.
Françoise Verna : La maire de Vergèze, Pascale Fortunat-Deschamps, a dit oui sans hésiter ?
Sébastien Cabrié : Elle a fait preuve d’une rapidité de réaction et d’engagement. Parce que ce n’est pas un engagement neutre. Elle a assumé ça et on la remercie. On a aussi été aidé par le Département du Gard et de la Région Occitanie.
Olivier Nottale : Il y a aussi une question de fond : la conception de la culture par l’extrême droite. Or, le jazz c’est l’ouverture à l’autre ?
Sébastien Cabrié : Les mots qui ont été donnés lors de ce rendez-vous, c’était « élitiste » au moins 25 fois ! On touche pourtant 1 000 élèves chaque année ! Nous, on programme des musiciens vivants qui font la musique d’aujourd’hui.
Françoise Verna : C’est un faux débat cette opposition entre culture élitiste et populaire ?
Sébastien Cabrié : Nous n’avons pas essayé de les convaincre, ce n’est pas notre but mais, si on veut, tout peut être une niche : le rock, la chanson…
Olivier Nottale : Les dates approchent pour jazz à Vergèze. Êtes-vous optimiste sur le niveau de fréquentation ?
Nous avons remboursé très peu de personnes. On a eu plutôt des soutiens avec des personnes qui ont pris le pass deux jours au lieu de ne venir qu’un soir, et nous les remercions. Après de changer de lieu, c’est compliqué. Mais on va gagner un nouveau public, à la fois des gens qui soutiennent la culture mais qui viendront aussi pour les musiciens de très haut niveau. La fréquentation est plutôt pas trop mal.
Jazz à Vergèze les 26 et 27 juin
33e édition du festival Jazz à Junas du 22 au 25 juillet
Écoutez l’émission en cliquant sur le lien.
-

SolarinThau : l’huître et le solaire à l’essai 18 mois
Présentée comme une première en Méditerranée, une structure flottante de 53 mètres sur 8 baptisée SolarinThau, qui associe élevage de coquillages et production photovoltaïque, a été installée sur l’étang de Thau. Ses promoteurs y voient une réponse au vieillissement des tables conchylicoles et aux difficultés économiques de la filière. Pendant 18 mois, cette expérimentation devra vérifier si ce modèle peut constituer une alternative pour les quelque 2 600 tables conchylicoles de l’étang.
Conchyliculteur depuis huit ans, Yannick Desplat se dit séduit par l’idée d’ « allier écologie et énergie solaire. » Mais il reste prudent après les premiers essais d’ancrage. Cette prudence s’explique notamment par les premiers essais réalisés sur la lagune. Dans un communiqué publié le 16 juin, le consortium réunissant le Comité régional de conchyliculture de Méditerranée, SolarinBlue et le SMBT reconnaît que « la solution d’ancrage retenue n’est pas suffisante pour garantir un maintien en position durable de la table sur toute la durée de l’expérimentation ».
Un prototype confronté
à la réalité du terrain« Le but au départ était de développer des amarres plus écologiques et moins impactantes pour le milieu. Mais entre la modélisation informatique et les conditions réelles sur l’eau, il y a parfois un écart », explique Fabrice Grillon, directeur du CRCM. « Cela reste un prototype. La première prouesse a déjà été de construire cette table, de la mettre à l’eau puis de l’amener jusqu’à la zone conchylicole. Les défis qui restent sont de sécuriser l’ancrage, vérifier l’impact environnemental du dispositif et réussir la production d’huîtres dans ces conditions », poursuit-il.
Le consortium espère désormais redéployer la plateforme dans les prochaines semaines. Une nouvelle date d’inauguration sera ensuite fixée afin de lancer officiellement la phase d’expérimentation et les premières cultures d’huîtres.
Amélia Siapo
-

À Montpellier, du biogaz produit à partir des eaux usées
Nouvelle étape franchie dans le projet de modernisation de la station d’épuration Maera, à Lattes. Le 4 juin, a été mise en service une unité de production de gaz vert, du biométhane. Concrètement, la méthanisation des déchets alimentaires, des fumiers ou des boues de la station d’épuration permettra de créer du biogaz, qui sera directement injecté dans les réseaux de GRDF. Ainsi, 9 000 logements pourront être alimentés en gaz à l’année, ou 3 000 logements en eau chaude et en chauffage ou encore 124 bus du réseau de la TAM. Une manière de lutter contre le dérèglement climatique, le biogaz étant une énergie renouvelable, contrairement aux énergies fossiles comme le gaz issu des hydrocarbures. La Métropole dirigée par le socialiste Michaël Delafosse ambitionne de tripler sa production de biogaz d’ici 2029, passant de 10 GWh à 32 GWh.
Car cette mise en service s’inscrit dans un vaste projet de modernisation de la station d’épuration. « C’est un chantier représentant 165 millions d’euros, le plus grand de la métropole depuis que la ligne 5 de tramway est terminée. Dans ce cadre-là, il y a tout un ensemble d’opérations qui ont été faites. On a augmenté le volume d’équivalent de traitement pour l’assainissement, mais aussi il y a plusieurs choses qui ont été faites sur les capacités en termes de production d’énergie. On va donc avoir trois types de production d’énergie. La production de création de gaz et d’injection de gaz. Bientôt, on aura une unité de valorisation énergétique des boues qui va permettre de produire de l’énergie et en plus, on aura tout un tas d’installations photovoltaïques. Là on est à la première phase de la réinjection de gaz à travers la production de méthane », détaille Manu Reynaud, élu à la Métropole et président de la Régie des eaux de Montpellier Méditerranée Métropole. Ainsi, en 2028, près de 10% du gaz consommé sur la métropole sera d’origine renouvelable et produit localement.
Maera, une station
à énergie positiveUne manière, pour la collectivité, d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050, dans le cadre de son Plan climat air énergie territorial et solidaire (PCAETs) et de faire de Maera, une « station à énergie positive ». Comprendre : la station produira plus d’énergie qu’elle n’en consomme. Pour ce faire, une seconde tranche d’injection de biogaz sera mise en service. La future UVE (unité de valorisation énergétique) – qui pourra générer jusqu’à 24 GWh – et la pose des futurs panneaux photovoltaïques permettront aussi d’atteindre cet objectif. « Les boues restantes des eaux usées seront traitées au sein de cette future UVE pour nous aider à produire de la chaleur. Il restera de ce traitement thermique des cendres qui seront valorisées », précise Laurence Burgaud, directrice déléguée de la Régie des eaux de la métropole. Ainsi, Maera devrait produire deux fois plus d’énergie qu’elle en consomme.
En ligne de mire également, la souveraineté énergétique, dans un contexte de chaos sur la scène internationale. En se répercutant sur le prix de l’énergie, les conséquences des guerres mettent en évidence la dépendance de l’Hexagone à l’égard de certains pays, notamment la Russie ou l’Algérie. « Cette question est essentielle pour toutes nos politiques publiques. On essaie de trouver toutes les technologies qu’on peut avoir sur nos différentes productions qui sont intégrées au PCAETs », soutient Manu Reynaud.
Un objectif que la métropole tente d’atteindre grâce à Maera mais aussi par le triplement des réseaux de chaleur existant sur son territoire, notamment via la construction de chaufferies bois mais aussi par la géothermie, la réutilisation de la chaleur des eaux usées à Beausoleil ou celle issue des datacentres à Eureka. D’ici quatre ans, pas moins de 45 000 foyers seront raccordés aux réseaux de chaleur. Autant d’actions montrant que Montpellier veut prendre le train de la transition énergétique.
-

Ces jeunes volontaires qui s’engagent pour leur ville
« Aujourd’hui, au cœur de cette cérémonie, c’est la jeunesse qu’on veut mettre en avant », introduit Myriam Aouini, responsable opérationnelle chez Unis Cités. Cette association accompagne la Ville de Marseille depuis plusieurs années, dans l’accueil et le suivi des volontaires en service civique. Ce mardi, les jeunes volontaires de la promotion 2025-2026, ont reçu un diplôme signé par le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, et remis en main propre par Amine Kessaci, adjoint au maire délégué à la jeunesse, à la citoyenneté et à l’engagement. Cette cérémonie marque pour eux la fin de huit mois de missions au service de l’intérêt général. Amine Kessaci a pris la parole pour saluer leur investissement et réaffirmer les ambitions de la Ville à leur égard : « Ce qu’on souhaite faire à la Ville de Marseille, c’est pouvoir garantir que ces jeunes, qui sortent de services civiques, puissent trouver un emploi. Il faut que la ville de Marseille sache les accompagner », déclare-t-il.
Chaque année, plus de 200 jeunes s’engagent dans une mission de service civique à Marseille, selon Myriam Aouini. Ce dispositif leur permet de s’investir dans des domaines variés comme l’aide à la personne, l’éducation, la culture ou encore l’écologie. « Je reste convaincue que c’est un tremplin pour les jeunes parce qu’on les pousse à travailler en équipe et à côtoyer la diversité. Ils acquièrent des compétences et un sentiment d’utilité qui est très important », souligne-t-elle. Beaucoup témoignent de ce que cette expérience leur a apporté. « Ce que j’ai bien aimé, ce sont les publics avec lesquels j’ai travaillé : à la fois des seniors, des personnes en situation de précarité, mais aussi des centres éducatifs. Ça m’a permis de voir des profils très variés et de m’adapter à chacun », raconte Hafida, 26 ans, qui a réalisé un service civique autour de la sobriété énergétique.
Jeunesse engagéePour Amine Kessaci, le service civique répond aussi à une évolution des formes d’engagement en offrant aux jeunes un cadre pour agir. « Les jeunes sont de plus en plus engagés dans des luttes et des projets associatifs. Ce qu’ils demandent, ce sont des espaces adéquats pour leur engagement. Un engagement nouveau, qui permet d’allier le plaisir et l’utilité », affirme l’élu. Il souligne enfin que la force du dispositif réside dans les perspectives qu’il ouvre aux jeunes.
-

La consommation de crack et de kétamine augmente en Paca
Réalisé par l’Agence régionale de santé (ARS), Addiction Méditerranée et l’observatoire français des drogues et des tendances addictives, le rapport basé sur le travail d’un réseau Sintes (Système d’identification national des toxiques et des substances) composé de 67 organismes collecteurs fin 2025, trace les tendances de consommation de drogue pour la région et Marseille.
Les auteurs pointent notamment une « extension des usages de cocaïne sous forme basée (crack), principalement par des personnes en situation de pauvreté mais aussi par des personnes insérées. » Ils notent « une présence désormais très fréquente de la kétamine dans des contextes festifs divers, consommée par davantage de personnes, notamment de très jeunes gens (18-25 ans). » Une consommation aussi « au quotidien » par des 20-40 ans, dont de nombreuses femmes, « parfois en usage auto-thérapeutique. » Auparavant utilisé par les consommateurs en chemsex, l’usage des « cathinones » s’est développé également en « contextes festifs divers. »
Dans la région, la résine de cannabis reste « le produit illicite le plus couramment consommé et vendu » acheminé depuis le Maroc, principal pays fournisseur. C’est de là aussi que provient « la majeure partie de l’herbe de cannabis consommée en Paca. » La cocaïne en poudre, la MDMA/ecstasy sont « très disponibles » dans la région « en zone urbaine comme rurale. » Côté protoxyde d’azote, « la mode de l’expérimentation semble passée (…) mais pour un petit nombre de personnes, des consommations se sont installées : régulières, importantes (plusieurs dizaines de ballons par jour), voire massives (une bonbonne – qui représente jusqu’à 70 ballons – ou plus à chaque session). »

![[Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Benoît Payan](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/06/9d940ab17db8d0731a63be3f60934ca6.jpg)


