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  • Place Publique en ordre de bataille

    Place Publique en ordre de bataille

    Notre idée, c’est de faire connaître la candidature de Raphaël Glucksmann et à travers elle une refondation possible de la gauche autour de lui », explique la porte-parole du mouvement Place Publique dans le département, Elsa Nardini, à l’occasion d’un point presse officialisant la mise en mouvement des militants chaque samedi sur le territoire pour faire connaître leurs propositions. Samedi dernier, une dizaine d’adhérents se sont retrouvés dans le centre-ville de Toulon pour aller à la rencontre de la population.

    « C’est une mobilisation qu’on a organisée très rapidement puisqu’il s’est déclaré seulement le dimanche d’avant. Donc, en une semaine la dynamique a été lancée en Paca afin d’être présents toutes les semaines sur les marchés un peu partout dans la région », ajoute la responsable politique.

    Une union des gauches ?

    Et de poursuivre : « Nous avons reçu un accueil assez positif. Beaucoup de personnes se sont arrêtées et ont pris le temps de discuter avec nous, y compris ceux qui ne connaissaient pas Raphaël Glucksmann ».

    Mais ce qui ressort, insiste-t-elle c’est une grande inquiétude des personnes rencontrées quant à l’issue de cette élection présidentielle et le risque de la victoire de l’extrême droite.

    Et d’ajouter : « On essaye de leur redonner un peu d’espoir en prenant l’exemple de Toulon en disant qu’ici on s’est battus jusqu’au dernier moment alors qu’on nous promettait le RN à la tête de la ville. Et que ça a servi, que chaque voix a compté ».

    Sur la multiplicité des candidats de gauche, Elsa Nardini dit espérer « une union de gauche social-démocrate » sur un programme. Et elle est convaincue que plus on va rentrer dans le dur de la campagne, « plus ça va se décanter ».

    Et de conclure : « Nous, chez Place publique, l’élection présidentielle, on y travaille déjà depuis 2 ans, ce n’est pas nouveau ».

  • Le sens du projet communiste mis à l’honneur à la Fête de la Cride

    Le sens du projet communiste mis à l’honneur à la Fête de la Cride

    À quelques jours de la Fête de la Cride, le secrétaire de la section PCF de l’Ouest Var revient sur l’ambition portée par les communistes pour cette 35e édition plus que prometteuse, avec déjà ses 180 inscrits à la paella du midi. Un rendez-vous politique ouvert à toutes les sensibilités de la gauche et des écologistes dans le prolongement de la bataille des municipales menées dans la diversité, sur un programme clair et avec les habitants. « À la Cride, on trouve plus de non encartés communistes que de militants adhérents », insiste-t-il, avec satisfaction.

    L’occasion tout au long de cette journée de réjouissances programmées de débattre des enjeux de la présidentielle, trop souvent réduite dans les médias, déplore le responsable du PCF, à un « casting », alors qu’« on a besoin de faire de la politique ».

    Il récuse également l’idée selon laquelle un simple rassemblement de la gauche autour du candidat susceptible de réaliser le meilleur score suffirait à battre l’extrême droite. Pour lui, la question essentielle doit être celle du contenu politique et des engagements pris.

    Et de poursuivre : « Rassembler la gauche, oui, bien sûr. Mais pour quoi faire, très concrètement ? Avec quels engagements ? »

    Jean-Pierre Meyer estime notamment indispensable de reconquérir les électeurs de gauche abstentionnistes ou encore ceux qui se sont égarés dans un vote contre leurs intérêts en faveur du Rassemblement national.

    Et pour cela, insiste-t-il, la candidature de Fabien Roussel, qui doit être confirmée par un vote des adhérents, porte une perspective de transformation sociale.

    « On y va parce qu’on veut mener les batailles d’idées. Porter des projets, des propositions concrètes. Et puis surtout, surtout, créer les conditions pour réconcilier les gens avec la politique », ajoute-t-il avec conviction.

    « On a besoin de faire

    de la politique »

    Rien à voir donc « comme certains le disent, avec une campagne de témoignages, mais bien de remettre au centre du débat les questions de fond et notamment la nécessité du changement de société, de la remise en cause du système capitaliste ».

    Le secrétaire de section a également répondu sans tabou aux rapprochements possibles avec les autres forces de gauche. Le seul préalable est que cela se fasse sur le fond c’est-à-dire sur un programme clair, afin d’éviter les erreurs du passé, et les désillusions.

    « L’ouverture est possible dans la mesure où on clarifie les contenus et qu’on débouche sur des engagements clairs, nets et précis », souligne-t-il.

    En tout cas, l’objectif revendiqué est de faire peser davantage le PCF dans le débat, non par volonté d’hégémonie partisane mais parce que, rappelle Jean-Pierre Meyer, « tous les grands changements qui ont pu se produire dans ce pays […] se sont produits quand le Parti communiste français pesait lourd ».

    Tout cela viendra enrichir la réflexion et le débat dimanche sous les pins de la Cride, toujours avec respect et bienveillance mais sans renier de ses valeurs. Le mot d’ordre étant de « redonner l’esprit et la force des conquêtes ».

    Une invitation à regarder l’histoire sociale non pas comme un album de souvenirs jauni, mais comme une source d’inspiration et d’espérance pour mener les combats présents et réfléchir à ceux à venir. C’est précisément autour de cette question que s’organisera le débat politique, programmé à 11h.

    La journée débutera dès 9h30, avec, après les inscriptions, le démarrage à 9h45, place du tournoi de pétanque « Bati Guigario », du nom du regretté camarade et serviteur du journal.

    Les enfants auront également, comme chaque année, leur espace, avec des jeux et un concours de dessin.

    Car l’une des particularités de la Fête de la Cride réside justement dans cette capacité à faire cohabiter les générations et la différence. Des échanges qui promettent d’être fructueux que ce soit bien sûr pendant le débat mais aussi à l’apéro au cours du repas. Et tout au long de la journée.

    La musique sera également de la partie, avec, à 15h, Mosaïques, un duo d’artistes guitares et voix, démontrant une fois encore à l’auditoire, si besoin était, qu’avec les communistes la lutte est joyeuse.

    Repas : 20 euros.
    Pour s’inscrire, contacter
    Katy Turcan
     : 06.32.33.23.24

  • Les costumés vénitiens célèbrent 20 ans de flâneries

    Les costumés vénitiens célèbrent 20 ans de flâneries

    À Venise, on ne se déguise pas. On se costume. Éliane Damlejian et son mari Rafy sont bien placés pour le savoir. Ce couple de retraités est tombé amoureux de la Cité des Doges lors de leur premier voyage là-bas un mois de février, pendant le carnaval, « il y a 31 ans ». De retour chez eux, ils créent l’association des Masqués vénitiens de France et font leur première déambulation dans les rues de Martigues en 2007. Ils signent cette semaine leur 20e édition de la manifestation des « Flâneries au miroir », en collaboration avec la Ville de Martigues.

    Pour cet anniversaire, le programme est dense. Au sein de la médiathèque Louis Aragon, une exposition visible jusqu’au 6 septembre retrace l’histoire de l’événement. Les photos de costumes flamboyants faits à la main séduiront petits et grands. « Chaque année, on imagine et on crée un nouvel apparat », révèlent Éliane et Rafy. Des centaines d’heures de travail devant la télé pour quelques heures de déambulations. « C’est sportif, on a une dizaine de kilos sur le dos et puis c’est surtout qu’on a du mal à respirer avec le masque, mais quelle joie de voir les yeux des passants s’illuminer », confie Éliane. Cette année, une centaine de costumés de toute l’Europe défileront dans le centre-ville les 5 et 6 septembre, à partir de 15h45. Un spectacle sur podium « I Giochi di Arlecchino », « Les jeux d’Arlequin », aura lieu samedi au théâtre de Verdure. Le ténor Sergio Conte Cerutti, la soprano Sherrie Anne Gieve et la chanteuse Camilla Lodini accompagneront la représentation.

    Des échanges commerciaux

    Du 2 au 6 septembre, le village artisanal et gastronomique Les Italiennes s’installera au Jardin de Ferrières avec des nocturnes le vendredi et le samedi de 20h30 à 23h. Enfin, du 3 septembre au 27 novembre, l’exposition « Martigues, Venise Provençale » à l’Office de Tourisme de Martigues mettra en valeur les liens qui unissent Martigues à la Cité des Doges.

    « Moi je ne connaissais Martigues que sous le nom de Venise provençale, car ma mère chantait la célèbre chanson d’Alibert “Adieu Venise provençale”, confie Éliane Damlejian. Ce sont avant tout les canaux qui ont donné à Martigues cet aspect vénitien. Il a été découvert, lors de fouilles pendant la construction d’une maison martégale, des ducats vénitiens. Il s’avère que sur des cartes maritimes du musée Correr, à Venise, on retrouve Martigues et non pas Marseille sur les routes de commerce. C’est la preuve que les deux villes faisaient des échanges. » Toute la semaine, les charmes de la lagune vénitienne se mêleront à ceux de la Venise Provençale.

  • Le choix du pouvoir d’achat

    Le choix du pouvoir d’achat

    Si les collectivités
    ne se mêlent pas des contenus pédagogiques, elles ont en revanche la responsabilité des conditions de travail des enfants et des personnels éducatifs. C’est là que se mesurent les différents choix politiques. Ainsi, alors que la Ville d’Avignon et son nouveau maire divers droite ont mis fin à la distribution gratuite de fournitures scolaires, celui divers gauche de Marseille maintient le dispositif à l’ensemble des écoles publiques et privées. Idem sur la cantine, dont la gratuité est étendue dans la cité phocéenne tandis que le nouvel édile avignonnais ne cache pas son intention d’augmenter le prix du repas dans les prochaines années.

    À Martigues, l’adaptation au climat prioritaire

    Quant aux locaux, les travaux d’Hercule continuent à Marseille pour en finir avec l’indignité des conditions d’accueil dans les écoles publiques, héritage de la gestion passée.

    Du côté de l’ouest du département, la Ville de Martigues se distingue par son choix d’adapter les écoles au changement climatique et d’améliorer l’accès des locaux pour les personnes à mobilité réduite. Ce choix se traduit par un investissement de 1,5 million d’euros.

    Les Départements et la Région participent fortement aux conditions d’accueil des élèves en collèges et en lycées et facilitent ainsi leur scolarité. Ainsi chaque élève de 6e, dans les Bouches-du-Rhône, reçoit de la part du Département un kit de fournitures qui comprend notamment un ordinateur et une calculatrice scientifique. C’est aussi un choix, celui du pouvoir d’achat des familles alors que les salaires stagnent et l’inflation persiste.

  • Les élus en visite dans les établissements aujourd’hui

    Les élus en visite dans les établissements aujourd’hui

    Une école maternelle ou primaire pour les maires et les conseillers municipaux. Bâtiments dont ils ont la charge. Benoît Payan, le maire (DVG) de Marseille sera ce lundi matin à l’école Clair Soleil (14e). Une de ces nombreuses écoles dégradées de Marseille, laissées en héritage par Jean-Claude Gaudin et son équipe, et pour laquelle est prévu un vaste chantier de rénovation-construction dans le cadre du plan « Marseille en grand ». La présidente (DVD) du Département des Bouches-du-Rhône, Martine Vassal, sera quant à elle au collège André-Chenier (12e) après avoir annoncé en fin de semaine dernière l’ensemble des mesures d’accompagnement et d’aides destinées aux collégiens. Direction Aix-en-Provence, pour le président (Ren.) de la région sud, et le Lycée de Vauvenargues. Il devrait y retrouver Sophie Joissains, la maire (UDI) d’Aix ainsi que le recteur de l’Académie, Benoît Delaunay. Celui-ci aura précédemment honoré deux rendez-vous marseillais avec le maire de Marseille et la présidente du Département.

    Des budgets très serrés

    Dans le Var, le vice-président de la Région, François de Canson, visitera deux Lycées professionnels à Toulon et Hyères avant de se rendre dans un établissement d’Istres. Un tour de chauffe pour celui qui pourrait succéder à Renaud Muselier, selon l’issue des sénatoriales, fin septembre. Quant au président (LR) du Conseil départemental du Var, Jean-Louis Masson, il jouera à domicile en se rendant au collège Jacques-Yves Cousteau à La Garde, ville dont il a été maire.

    Chacun aura bien évidemment à cœur de mettre en avant les différents dispositifs, travaux et projets financés par leurs collectivités. Mais il n’en reste pas moins que les budgets alloués deviennent de plus en plus difficiles à tenir, au regard des coupes et des plans d’austérité à répétition initiés par le gouvernement actuel. Sans compter celles qui touchent directement les établissements via les dotations.

  • À Avignon, la majorité prête à revenir sur la baisse des tarifs de la cantine

    À Avignon, la majorité prête à revenir sur la baisse des tarifs de la cantine

    Tout ne sera plus gratuit à Avignon ». Au cas où on aurait encore un doute, Olivier Galzi, maire (DVD), prépare les esprits à l’austérité pour redresser les finances de la Ville, placée dans un réseau d’alerte. « On ne s’interdit rien », assume, vendredi devant la presse, le premier magistrat en vue d’un « grand plan d’économies » pour le prochain budget. Une hausse des impôts n’est plus un tabou. Tout comme la révision des tarifs municipaux. Après avoir supprimé pour cette rentrée le kit de fournitures scolaires distribué à tous les élèves – un dispositif sur lequel n’est pas revenue à l’inverse la majorité RN de Carpentras -, la Ville pourrait à nouveau mettre à contribution les familles.

    Si en cette rentrée, les tarifs de la cantine n’évoluent pas, le risque est fort pour 2027. Pour rappel, lors du mandat précédent, la majorité Helle (PS) avait très significativement diminué le prix du repas aux familles par trois baisses aux rentrées 2022, 2024 et 2025. Résultat, un enfant sur deux déjeune pour moins d’un euro. « Un effort financier mais de solidarité », revendiquait Cécile Helle il y a un an. Par exemple, pour un des quotients familiaux, le repas est facturé 0,74 euro contre 1,96 auparavant. Plus de 80% des 8 535 élèves déjeunent à la cantine. Actuellement, les tarifs varient de 30 centimes à 2,95 euros pour une moyenne de 80 centimes. « On ne va pas se mentir, c’est ultra pas cher », constate Olivier Galzi, mettant en relief avec le prix réel de revient d’un repas qui est de « 10 euros ». « Il n’y a encore aucun arbitrage, on met tout sur la table, les tarifs de la cantine en font partie », prévient Olivier Galzi. La restauration scolaire fait l’objet d’un budget annexe dédié de 4,8 millions d’euros cette année.

    « La mairie ne va pas pouvoir tout absorber »

    Mais en creux, une hausse semble inéluctable. « Tout le monde veut de la quantité, manger bio, des fruits et légumes… La mairie ne va pas pouvoir tout absorber, donc on va réviser les tranches de manière acceptable », révèle le maire, précisant « qu’en aucun cas les enfants ne doivent être victimes des fragilités économiques de leurs parents, on les aidera à payer peu cher voire une quasi-gratuité ». Relancé sur l’impact de ce changement, dont la mesure faisait la fierté du mandat précédent, Olivier Galzi livre une analyse très comptable : « Ces baisses n’ont pas été gratuites, on les a payées différemment. La majorité précédente n’a pas baissé le tarif dans le sens où elle aurait supprimé une dépense comme par magie, elle a généré cette dépense sur d’autres charges que l’on retrouve dans les ratios économiques de la Ville. Notre responsabilité est de remettre des ratios pour que ce service public continue de fonctionner ». Et le maire d’asséner : « On arrête la démagogie, le service public a un coût ». Tout dépend de la place qu’on lui accorde qui relève là, de vrais choix politiques.

  • Rentrée : des ambitions sans réels moyens

    Rentrée : des ambitions sans réels moyens

    Quelques jours seulement après les annonces d’Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale (notre édition du 28/09), Benoît Delaunay, recteur de l’académie d’Aix-Marseille et de la région académique Paca, emboîte le pas de son patron. « Il n’y aura pas cette année de réforme d’ampleur mais plutôt une poursuite de ce qui est déjà enclenché », a-t-il d’emblée confirmé, dans le sillon des déclarations de son supérieur, qui, jeudi, disait vouloir en finir avec « l’annualité des mesures qui limite les perspectives » Et de rappeler, dans la foulée, trois des quatre nouvelles priorités établies par Édouard Geffray la semaine passée : instruire, protéger, unir. Sur l’instruction, Benoît Delaunay rappelle qu’un focus doit s’établir sur deux points en particulier : la maîtrise de la langue française, « avec l’objectif d’une ressource de 2 500 mots de vocabulaire à la sortie de la maternelle », et celle des raisonnements scientifiques, « deux compétences sanctionnées lors des examens ». L’approfondissement de la démarche Collèges en progrès, mise en place en décembre 2025 et concernant 25 établissements de l’académie, a également été évoqué. « Les collèges choisis l’an passé continueront de bénéficier d’un renforcement de l’enseignement, a détaillé le recteur. Cela passe par plusieurs stratagèmes, comme, par exemple, la multiplication des entraînements au brevet ».

    Protéger et inclure

    Sur le volet de la protection, notamment contre les agressions sexuelles, au centre de vives contestations depuis l’affaire Lyhanna, dont le meurtre et le viol avaient révélé en mai de lourds dysfonctionnements judiciaires, Benoît Delaunay assure que les élèves recevront, dans les semaines qui suivent, le questionnaire dédié promis par le ministre. Concernant la lutte contre les écrans, qui passe cette année par un élargissement de l’interdiction des téléphones, désormais également prohibés au lycée, le recteur se dit confiant. « Les lycées attendent cette loi depuis plusieurs mois et sont préparés. Il n’y aura pas trop de difficulté à faire appliquer ce texte de nécessité publique », promet-il. Sur l’inclusion enfin, le recteur évoque une réalité « imparfaite » mais assure y apporter une « attention particulière ». Interrogé sur le cas des Accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH), mobilisés nationalement en juin pour réclamer un « vrai statut », Benoît Delaunay note que « la situation s’améliore » bien qu’« il s’agisse d’un travail de long cours ». L’académie devrait cette année compter 188 AESH de plus que l’an passé, a-t-il précisé.

    Baisse démographique

    Comme la quasi-totalité des académies, celle d’Aix-Marseille affronte cette année une baisse démographique, avec 5 000 enfants de moins en primaire et 800 au collège par rapport à 2025. Une diminution du nombre d’élèves qui, en début d’année, avait permis au gouvernement de justifier la fermeture de nombreuses classes, dont 55 dans l’académie d’Aix-Marseille. Une nouvelle carte scolaire qui avait suscité une importante fronde des professeurs des écoles en mars et avril derniers, ceux-ci voyant dans cette baisse démographique l’occasion d’améliorer l’encadrement des élèves. « L’académie n’a rendu que 20 postes de professeurs des écoles. Si on avait suivi la démographie, c’est plus d’une centaine d’emplois que j’aurais dû rendre, a justifié Jean-Yves Bessol, inspecteur académique des Bouches-du-Rhône. Le ministère, le département et l’académie tiennent donc compte de cette baisse démographique ». Et Benoît Delaunay de conclure : « Je voudrais finir sur les mots du ministre, fierté et espoir, et (…) rappeler que si, bien sûr, nous avons des difficultés, nous avons un socle solide ». Un socle tout de même attendu dans la rue le 29 septembre, à l’occasion d’une grève nationale de la fonction publique, où il sera notamment question des « moyens » à mettre en œuvre pour répondre aux bonnes intentions ministérielles…

    « Je veux rappeler que
    si, bien sûr,
    nous avons
    des difficultés, nous avons un socle solide »

  • [Festival Visa pour l’image] À Perpignan, « Visa » prend le pouls du monde en images

    [Festival Visa pour l’image] À Perpignan, « Visa » prend le pouls du monde en images

    « Alors que le célèbre festival* de photojournalisme de Perpignan ouvre une grande fenêtre sur le monde pour présenter en images, comme chaque année l’actualité des 12 derniers mois, son fondateur Jean-François Leroy, est décédé ce 31 août à Paris à 69 ans des suites d’un cancer. Une édition endeuillée, donc, qu’il a toutefois « participé à préparer de A à Z », assure la directrice générale de Visa pour l’image, Delphine Lelu. « C’est l’âme de ce festival, il l’a porté à bout de bras depuis la première édition, en 1989. Il nous laisse un grand héritage. Il a toujours voulu que Perpignan soit un phare pour les photojournalistes, on va faire en sorte que le festival continue de briller», a-t-elle ajouté.

    Une manifestation qui, près de 40 ans après sa création (en 1989) et en plein essor de l’Intelligence artificielle (IA), avec les conséquences qu’on sait sur la fiabilité de l’information, connaît de plus en plus de succès. « On a des taux de fréquentation qui augmentent, avec un public qui évolue, notamment de jeunes photographes qui démarrent », se félicite Delphine Lelu. L’an dernier, les expositions ont ainsi rassemblé plus de 220 000 visiteurs, parmi lesquels 22 000 scolaires. « On reçoit également entre 1 200 et 1 500 professionnels d’une cinquantaine de pays durant la première semaine », souligne la directrice adjointe. À l’heure de la multiplication des images générées ou manipulées via l’IA -2026 s’est ouverte sur une fausse photographie du président vénézuélien Nicolás Maduro, menotté et encadré par des militaires américains- Visa pour l’image est la garantie de pouvoir profiter d’une information vérifiée.

    25 expositions gratuites, six soirées de projection et de nombreuses rencontres sont proposées à l’occasion de cette 38e édition, qui s’ouvre le 29 août. « Nous présentons à la fois le travail de jeunes photographes, qui sont les talents de demain, des photographes confirmés que le public connaît déjà un peu et de grands photographes bien ancrés dont on essaie de faire redécouvrir le travail. »

    Parmi eux, cette année, une rétrospective est consacrée au célèbre photographe et cinéaste Raymond Depardon, à travers « une sélection inédite autour de l’actualité nationale et internationale qu’il a couverte. Il s’agit d’images différentes de ce que le public a l’habitude de voir de Raymond Depardon  ». Le festival proposera également une exposition sur l’Inde signée Paolo Roversi, dans un registre différent de celui dans lequel on le connaît habituellement cette légende italienne de la photo de mode. 2026 sera aussi l’occasion d’une rétrospective dédiée à Étienne Montès, qui a couvert, de 1973 à 1987, l’actualité en France, en Espagne, en Afrique, en Amérique centrale et du Sud avant de reprendre l’exploitation des vignes familiales dans le Roussillon. Son travail n’avait jamais été exposé depuis. « Cela va permettre à la nouvelle génération de découvrir ce grand photographe », espère Delphine Lelu.

    Comme chaque année, Visa pour l’Image fera la part belle aux photoreportages documentant les conflits internationaux : l’Iran, le Liban, Israël, la Syrie, le Soudan, l’Ukraine ou encore la Palestine, avec le travail de Khames Alrefi, lauréat 2026 du Visa d’or humanitaire du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), sur les civils victimes de la guerre dans la bande de Gaza.

    Parmi les nombreux autres sujets, le public pourra découvrir une exposition de Gerd Ludwig sur « Tchernobyl 40 ans plus tard », un travail de Jérémy Lempin sur l’illettrisme en France, un reportage peu commun de Jérôme Gence sur les mariages virtuels au Japon, qui raconte l’histoire de femmes et d’hommes choisissant d’épouser des personnages de fiction issus de mangas ou de jeux vidéo, le reportage poignant d’Elise Blanchard en Afghanistan sur « les fillettes vendues pour survivre aux sécheresses » ou encore, pour la première fois à Visa, une belle rétrospective des photos prises en Antarctique, aux Philippines et en Corse par le biologiste marin et photographe originaire de Montpellier : Laurent Ballesta. La liste n’est bien sûr pas exhaustive, loin s’en faut. Le mieux est de prendre son Visa et de composer son propre voyage…

    *Le fondateur du festival «Visa pour l’image » est décédé ce 31 août durant l’édition 2026 qui vient de démarrer.

  • [Entretien] « Les entrepreneurs en ont marre d’être fliqués »

    [Entretien] « Les entrepreneurs en ont marre d’être fliqués »

    La Marseillaise : En quoi la facturation électronique irait-elle à l’encontre du droit ?

    David Guyon : Il y a deux idées. D’abord on va avoir un contrôle de type fiscal, automatique en temps réel avec une collecte importante de données à destination de l’administration fiscale. Cela peut porter atteinte à la liberté d’entreprendre et au secret professionnel. Car sur la facturation, vous devez définir la nature de la prestation réalisée, l’identité du client… Le conseil national des Barreaux avait questionné le gouvernement et le compromis mi-figue mi-raisin mis en place n’est pas satisfaisant. Second argument, la protection des données personnelles. On voit bien que les services de l’État sont de véritables passoires, avec des failles systémiques, sans aucun respect du Règlement général sur la protection des données (RGPD), ce qui est contraire au droit européen.

    On part sur quelle procédure
    et sur quelle durée ?

    D.G. : Ce sera une procédure longue car si on voulait faire suspendre en urgence la facturation électronique on devrait démontrer que dans le cas particulier de nos clients, il y a un risque d’atteinte à leurs intérêts. Or ce risque n’est pas 100% sûr, le Conseil d’État ne suspendra pas pour des risques potentiels. La transposition du droit européen nous oblige à la réforme d’ici 2030 mais la France va plus vite (1er septembre 2026 : obligation de réception TPE/PME ainsi que d’émission des factures électroniques pour les grandes entreprises pour les TPE/PME d’ici un an). On ne sait pas comment ça va se passer pour un particulier qui aura besoin d’une facture après avoir fait appel à un restaurateur ou un artisan. Certains auto-entrepreneurs clôturent leur micro-entreprise car cette paperasserie administrative ne leur convient pas.

    Quels types d’entreprises vous contactent ?

    D.G. : On a déjà une dizaine de clients : auto-entrepreneurs, profession libérale médicale et des grosses entreprises de 300 salariés.

    N’est-ce pas un bon moyen de lutte contre les fraudes à la TVA ?

    D.G. : C’est clair que pour l’État la facturation électronique est un super moyen de s’assurer que la TVA due sera collectée. Vous organisez de manière préventive un contrôle fiscal à l’égard de toutes les sociétés qui jusque-là partaient sur du déclaratif. Là, on change de modèle. Les entrepreneurs en ont marre d’être fliqués par l’État. On aimerait un choc de productivité plutôt qu’un choc de contrôle de la productivité.

    N’est-ce pas une évolution technologique inévitable ?

    D.G. : Je combats un choix de société. En tant qu’avocat, je suis pour la liberté et la responsabilité qui va avec. Vous êtes libre d’optimiser votre fiscalité mais si vous ne respectez pas les règles du jeu, vous êtes sanctionnés sévèrement. Je ne suis pas sûr que cette réforme soit un bon signal envoyé à la population qui doit créer de la richesse.

  • La Poste d’Aniane, symbole de l’érosion du service public

    La Poste d’Aniane, symbole de l’érosion du service public

    Un service public a-t-il vocation à gagner de l’argent ou à rendre service à la population ? Depuis que le gouvernement de droite a tranché la question en 2010 en passant La Poste en société anonyme pour la préparer à l’ouverture du marché du courrier à la concurrence européenne, La Poste, toujours détenue à 100% par le public*, ne cesse de se désengager des zones jugées les moins rentables.

    La fermeture programmée au 1er septembre du bureau de poste d’Aniane (Hérault) est une illustration de cette dérive. Rien n’y a fait. Ni les protestations d’usagers que la direction jugeait trop peu nombreux pour maintenir ce bureau. Ni les pourparlers avec le maire Philippe Salasc qui, avec sa majorité municipale, a tenté des années durant de trouver un compromis. Par exemple un maintien de la poste avec des « amplitudes horaires réduites ».

    La Tabatière en relais

    « C’est une page qui se tourne », soupire l’édile qui s’est heurté à un mur dans un « contexte général de recul des services publics de proximité dans les territoires ruraux », a-t-il précisé aux habitants.

    Même reproche du côté de la jeune Association départementale du réseau des élus insoumis et citoyens de l’Hérault (Adreic 34) qui a fait de cette poste son premier combat de terrain. « C’est symptomatique. On commence par réduire les horaires pour prétendre que ça ne fonctionne pas et pouvoir justifier ensuite de fermer », résume Alexia Laforge (LFI). La présidente de l’Adreic 34 veut croire à un sursaut à la rentrée. « Il suffit parfois d’une grosse mobilisation populaire comme à Saint-Bauzille-de-Putois où la poste avait été sauvée en 2022… »

    Si rien ne devait bouger, la municipalité a réussi à obtenir que le commerce La Tabatière (boulevard Félix-Giraud) prenne le relais. Il devrait assurer la réception et l’envoi de colis, de lettres recommandées et peut-être bientôt un retrait d’espèces. Si les horaires du commerce sont élargis (6h-20h30, 7 jours/7) comparés à la poste, le service rendu n’aura plus rien à voir avec un bureau classique.

    * 34% l’État français et 66%
    la Caisse des dépôts
    et consignations.