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  • La majorité adopte un budget très critiqué par les oppositions

    La majorité adopte un budget très critiqué par les oppositions

    Le budget a été voté à Aix, juste à temps, les communes ayant jusqu’au 30 avril pour l’adopter. Ce jeudi, les élus du conseil municipal se sont réunis deux semaines après avoir débattu du rapport d’orientations budgétaires (ROB) en salle des États de Provence. Budget décliné en plusieurs « axes majeurs », rappelle Dominique Augey, adjointe aux Finances, et sur lesquels repose aussi le budget primitif : proximité, qualité de service public, une préparation à la « ville de demain » mais surtout – et c’est une promesse de campagne – la préservation du pouvoir d’achat des Aixois. Néanmoins, pour l’année à venir, la Ville prévoit un budget à 330,5 millions d’euros. Le budget de fonctionnement s’élève à 238 millions d’euros de recettes. Et à 222 millions d’euros de dépenses, qui inclut 59,9% de dépenses en personnel. « Des recettes supplémentaires aux dépenses ça permet de dégager une marge de 15,6M d’euros, qu’on bascule dans le budget investissement, précise Dominique Augey. En complétant ce budget issu du fonctionnement par un certain nombre de recettes qu’on détaillera tout à l’heure pour un montant de 64 millions d’euros, on peut programmer des investissements qui sont à peu près à hauteur de 80 millions d’euros. » Quant aux 330,5 millions de budget total, ce chiffre inclut entre autres 110 millions d’euros de recettes fiscales (taxes foncières et autres taxes directes). 57 millions proviennent également de la Métropole (dotation de solidarité communale et attributions de compensation). La dotation globale de fonctionnement, chute de 4,9%. « Elle baisse de 50% sur les 15 dernières années. Il faut faire avec ces diminutions », précise Dominique Augey. Les grandes priorités du budget ont elles été présentées en « polyphonie ». Soit des « flashs sur un projet et des programmes variés en 2026 », présenté par plusieurs adjoints. Côté sports, Hervé Libermann estime que « le budget est à nouveau ambitieux et s’établit autour de 3,2 millions d’euros de dépenses de fonctionnement et de 810 000 en investissement ». Les aides aux associations et clubs sportifs s’élèvent à 1,6 million d’euros. Côté sécurité, parmi les sujets en poupe de la majorité, Mireille Lazare annonce notamment, la volonté de la Ville de « moderniser ses outils » avec l’agrandissement du centre de supervision urbain, la construction d’un nouveau commissariat de police municipale et « l’engagement de la Ville » dans le réseau Radio du futur (RFF). Les investissements dans les écoles se poursuivent eux aussi, notamment par la végétalisation des cours d’écoles, tout comme les investissements liés à l’environnement et la transition énergétique.

    Oppositions en désaccord

    « Face au désengagement de l’État, et pour préserver le pouvoir achat des Aixois, vous n’augmentez pas la taxe d’habitation des résidences secondaires. (…) Vous faites des choix, celui de préserver le pouvoir d’achat de certains Aixois. À côté de ça, on continue à payer la pénalité SRU (…) il faut prendre l’argent là où il est ! », pointe Agnès Daures (DVG, groupe Aix en Partage). Dans le même groupe, Magali Bailleul regrette qu’« il manque pourtant un aspect essentiel de la vie des enfants à l’école : le périscolaire. Il y a des attentes, ce qu’on demande est, dans ce budget, on ne voit pas une augmentation des ressources financières humaines suffisantes pour pouvoir améliorer le service tel qu’attendu par les parents. Pour la rentrée 2026, ce ne sera pas le cas ? ». Siégeant aux côtés de Philippe Klein, Cyrille Blint, conseiller départemental, regrette « un choix de baisser les investissements, d’endetter les Aixois, ou de céder les biens fonciers de la Ville. Je m’aperçois que vous avez fait les trois ». Le budget sera finalement, voté, contre l’avis de l’ensemble des oppositions.

  • Pas de fatalité aux sols contaminés

    Pas de fatalité aux sols contaminés

    Métal lourd naturellement présent dans les roches à l’origine de la formation des sols, le cadmium a proliféré à cause des activités agricoles intensives (les engrais en sont porteurs). Son taux est désormais anormalement haut dans l’organisme humain et son caractère cancérogène avéré.

    Ce constat très documenté dressé par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) doit être suivi de décisions collectives. Il est indispensable que les pouvoirs publics prennent à bras-le-corps cet enjeu de santé publique au risque d’une véritable catastrophe sanitaire. Or, depuis la publication de ce rapport implacable de l’Anses, les mesures annoncées sont minimales à l’instar du remboursement (60% par la Sécu, 40% par les complémentaires) des analyses pour mesurer le taux de cadmium et encore pas pour tous.

    S’attaquer au mal à la racine

    Il convient de s’attaquer au mal à la racine en musclant les réglementations. L’urgence est là : près de la moitié de la population générale adulte en France est concernée par un taux critique de cadmium dans l’organisme. Les mesures quand elles sont prises sont suivies de résultats. L’exemple de l’industrie est à ce titre très parlant : « Les émissions de cadmium par les sources industrielles ont fortement diminué en dix ans, de 48% dans l’air et de 69% dans l’eau, grâce au renforcement de la réglementation », souligne l’Anses dans son rapport. Des progrès également constatés dans la zone de Fos. Les normes et les réglementations protègent !

  • [Entretien] « Les enfants de 6 à 10 ans sont les plus contaminés, il y a une accélération »

    [Entretien] « Les enfants de 6 à 10 ans sont les plus contaminés, il y a une accélération »

    Il se veut un « scientifique qui alerte ». C’est ce que son association a fait dès 2023, puis en 2025 en soutenant les travaux menés par la Conférence nationale des médecins libéraux et appelle à l’action.

    La Marseillaise : Peut-on rappeler ce qu’est le cadmium ?

    Pierre Souvet : C’est un métal lourd qui n’a aucune vertu pour l’organisme contrairement au fer, calcium, zinc, cuivre, naturellement présent dans le sol mais on a augmenté les stocks à cause de l’épandage d’engrais trop riches en cadmium depuis de très nombreuses années. Le flux vers les aliments a augmenté puisque l’Anses, dans son « Étude de l’Alimentation Totale 3 » (EAT 3), sortie en février, dit qu’elle a trouvé dans des céréales, notamment au chocolat, trois fois et demie plus que dans la précédente étude EAT 2 [publiée en 2011, Ndlr.].

    Quels sont les effets sanitaires ?

    P.S. : Il a une capacité très inquiétante : il altère votre ADN et sa réparation. Il perturbe la mort cellulaire, l’apoptose, qui fait qu’une cellule ne peut pas se transformer en cellule cancéreuse. Il est lié à plusieurs cancers, du poumon, du sein, de la prostate, de la prostate, du pancréas, parce qu’en plus d’être cancérigène, il est perturbateur endocrinien. Il donne des neuropathies, provoque des troubles osseux avec le doublement du risque de fracture du col du fémur ou du rachis par ostéoporose à partir de la dose de 0,50 microgramme par gramme de créatinine dans les urines. C’est la dose établie par l’Anses à partir de laquelle les premiers signes cliniques apparaissent, dans une analyse qui date de 2011. Le cadmium altère aussi le foie, les reins, la reproduction.

    Y a-t-il des populations plus exposées que d’autres ?

    P.S. : Tout le monde est fragile, mais il y a des gens plus exposés. Ceux qui ont une alimentation qui va favoriser l’absorption, et ceux qui en plus respirent le cadmium parce qu’ils sont dans des zones industrielles exposées. La pénétration par voie respiratoire est de 50%, beaucoup plus forte. On s’est toujours inquiété pour les gens de Fos, parce que la métallurgie rejetait beaucoup de cadmium. C’était une tonne par an, on est passé à peu près à 300 kg. Il y a eu des progrès, mais c’est un produit toxique qui s’accumule, sa demi-vie est de 20 à 30 ans. Selon Santé Publique France, les enfants de 6 à 10 ans, en moyenne, ont 0,31 microgramme par gramme de créatinine. 0,31, vous entendez bien ! Ce sont les plus contaminés, comme s’il y avait une accélération brutale…

    Le taux de cadmium autorisé dans
    les engrais reste élevé alors que vous n’avez cessé d’alerter, que l’Ansès
    a fait des recommandations. Comment l’expliquez-vous
     ?

    P.S. : Le taux légal en France est à 90 milligrammes par kg, le taux européen est à 60, une décision qui avait été prise en 2018. L’Anses a demandé de baisser les taux à 20 milligrammes dès 2021. Il y a des intérêts géopolitiques, financiers… du fait qu’on se sert dans un pays où les taux de cadmium sont trop élevés comme le Maroc. Alors qu’il est possible moyennant un coût de 2 à 3 euros à l’hectare d’aider à l’enlever sur place.

    L’agriculture bio fait-elle partie des solutions ?

    P.S. : Oui. Il faut ne plus subir en limitant les aliments les plus contributeurs. Chez l’adulte, c’est le pain, tout ce qui dérive des céréales, et les pommes de terre. Chez l’enfant, le premier contributeur, ce sont les pommes de terre. Après il y a les biscuits sucrés et les céréales. Nous avons fait une fiche à l’ASEF avec 15 unions de médecins libéraux sur 17, soit 80% des médecins français que nous mettons à disposition du public sur notre site.

    L’information du public c’est l’un de vos axes d’action ?

    P.S. : Il faut se protéger, mais aussi prendre des mesures en faveur de l’agroécologie et former les professionnels de santé. C’est ce que disent notamment les quatre grandes sociétés mondiales de cardiologie.

    Dans votre livre, « Anti-toxique,
    Le guide des polluants cachés
     »*,
    vous proposez des solutions pour
    un certain nombre de polluants
     ?

    P.S. : On est entouré de polluants invisibles. C’est un livre très simple, qui permet de comprendre et d’agir. Parce que l’objectif, ce n’est pas de faire peur.

    *sous la direction du Dr Pierre Souvet, Éditions Albin Michel, 24.90€, avril 2026

  • Fusion chez Free, la justice tranche en faveur des syndicats

    Fusion chez Free, la justice tranche en faveur des syndicats

    Une petite victoire pour les salariés… Dans son délibéré en date du jeudi 30 avril, le tribunal judiciaire de Marseille a fait pencher la balance en faveur des demandeurs… La CGT Telecoms, suivie par la fédération SUD Telecoms et la CFDT S3C Provence Alpes, avait attaqué en référé Certicall, un des trois centres d’appels de Free basé à Marseille, avec Centrapel à Paris et Equaline à Bordeaux. Les élus du comité social et économique (CSE) dénonçaient l’absence de concertation sur la fusion des trois entités au sein d’une seule, le centre de management MCRA, au 4 mai, pour ensuite être absorbée par une filiale, Protelco, baptisée « Free assistance ». Et, au-delà, une atteinte à la représentation des salariés, le nombre d’élus se restreignant singulièrement.

    Le tribunal a finalement décidé de leur donner raison sur la première partie de leur demande. Et a enjoint Certicall de « consulter valablement le comité social et économique sur le projet de fusion (…) dans les quinze jours » suivant le délibéré. Jugement assorti d’une astreinte provisoire de 1 500 euros par jour de retard.

    De multiples chevaux

    de bataille

    Il retient l’argument des syndicats selon lequel « les quatre entreprises qui seraient amenées à fusionner n’ont pas les mêmes accords collectifs » et que cela aurait des « conséquences sur les conditions d’emploi et de travail ». Et qu’il y a bien urgence, « en ce que ce projet de fusion est imminent ».

    Lors de l’audience reportée au 21 avril, leur avocate, Mathilde Fruton-Létard, avait d’ailleurs dénoncé l’attitude de l’entreprise qui selon elle jouait la montre, arc-boutée sur son projet. Elle avait également rappelé que l’impact de la décision de l’entreprise serait aussi local et que si une concertation avait eu lieu, la direction de Protelco reconnaissait elle-même dans un compte rendu qu’elle ne traçait que « les grandes lignes » et que chaque établissement devait adapter ce projet.

    De leur côté, les avocats des entreprises estimaient que la caducité des mandats des représentants du personnel relevait « d’un effet juridique automatique » et que bloquer la fusion constituait carrément « une atteinte à la liberté d’entreprendre des sociétés ».

    Un premier pas pour les syndicats qui alertaient aussi sur les conditions de travail au sein des « Free proxi », une alerte pour danger grave et imminent ayant été déclenchée assure-t-il et un questionnaire sur les risques psychosociaux étant en cours.

    La direction nous a pour sa part indiqué qu’elle ne commentait pas les décisions de justice et que cela ne remet pas en cause son projet.

  • [1er-Mai] À Aix-en-Provence, la jeunesse est dans la rue pour défendre ses droits

    [1er-Mai] À Aix-en-Provence, la jeunesse est dans la rue pour défendre ses droits

    Ils étaient 500 selon la police, 800 selon les syndicats, à battre le pavé des rues aixoises pour réaffirmer leurs droits. En tête de cortège, l’intersyndicale composée de la CGT, la FSU, et une partie de la CFDT, mais aussi de l’Union étudiante. En ce 1er-Mai, une majorité des manifestants sont étudiants, jeunes travailleurs, ou les deux, en partie poussés par l’actualité. « Comme toute personne ici, on est d’abord sur place pour défendre les droits et la vie des travailleurs. Il y a eu récemment pas mal de morts, d’étudiants, voire de mineurs au travail ou en stage d’observation. Ça soulève encore une fois la question des conditions de travail. Pour les mineurs, les étudiants, mais pour tous les ouvriers. On est là parce que ça nous concerne directement. » Entre autres, alors que ce représentant du syndicat étudiant insiste sur une appréhension générale de l’entrée dans le monde du travail, justifiée la précarité des jeunes travailleurs. Ces deux points, reviennent unanimement parmi les plus jeunes interrogés dans la foule. Pour Émilie, de la Fédération syndicale étudiante (FSE), « les jeunes aux travailleurs sont exploités. Récemment, on a eu [les chiffres] des morts au travail, et parmi ces morts, il y a une surreprésentation parmi les jeunes, explique la jeune syndicaliste. C’est pour cette raison que le syndicat (FSE) fait constamment du lien avec les collectifs jeunes : on sait qu’actuellement les travailleurs sont exploités et qu’il faut les défendre, que ces travailleurs-là s’organisent… On s’attache également à être présent sur des piquets de grève, à [dénoncer] cette double besogne des travailleurs étudiants. » Un peu plus loin, sous les drapeaux du Mouvement des jeunes communistes et du Parti communiste français, Arthur Patou revient lui aussi sur cette question des jeunes morts au travail. « C’est une question qui revient avec d’autant plus de force sur le devant de la scène puisqu’on a eu quatre jeunes qui sont morts au travail [en 2025, Ndlr.] au cours de stages, dans lesquels les conditions de travail qui se dégradent et une pression constante, d’aller contre les normes de sécurité. » Pour Théo et Clara, membres de Jeunes Génération.S, il faut « réformer les stages d’observation en 3e et en seconde, il n’y a aucune protection et un système qui fait que les droits des travailleurs ne sont pas entendus. Tout est à réformer. »

    Précarité, guerres

    et tensions mondiales…

    De nombreux autres sujets interpellent les plus jeunes du cortège. « La précarité est grandissante, les conditions d’accès aux études se dégradent, les étudiants ont du mal à se loger, se nourrir, doivent travailler pour subvenir à leurs besoins nécessaires et sont totalement oubliés », estime Célia, qui manifeste pour la première fois, « un peu désespérée », indique cette étudiante. « Sans compter qu’après cinq années à avoir étudié et galéré, aucun emploi ne s’offre à nous. Avec de la chance, on peut travailler en restauration. Pour le reste, c’est un chômage. » Pour Marc Pena, député (PS) de la 11e circonscription des Bouches-du-Rhône, à la tête du groupe Aix Avenir au conseil municipal, la jeunesse « est la chair à canon. Ce sont souvent les moins protégés, ceux qui ne connaissent pas suffisamment leurs droits. Ce qu’on a à faire, c’est de rappeler qu’il y a un droit du travail qui protège, qui doit être appliqué dans toutes ses dimensions, on demande qu’il y ait dans le budget un gros effort sur le recrutement des inspecteurs du travail (…) une augmentation des moyens, et dire à ces jeunes qu’ils ne pourront pas s’en sortir seuls, qu’ils doivent s’organiser, se regrouper », poursuit le député. Le sujet des guerres et tensions internationales imprègne lui aussi les jeunes groupes dans ce cortège du 1er-Mai. Entre les banderoles des différents partis de gauche et progressistes, des divers syndicats et organisations, les drapeaux palestiniens, cubains – entre autres – flottent. « Cette logique de conflit nous impacte directement, nous les travailleurs. Investir dans la défense veut dire rogner sur les salaires. Les guerres et tensions ont un impact direct sur notre quotidien, on le voit avec l’augmentation des prix de l’essence ces derniers temps », pointe une étudiante. Résumé ainsi par Ludivine Martinez, pour la CGT : « Nous manifestons notre solidarité avec les millions de travailleurs qui se trouvent sous les bombes (…) il y a urgence à sortir de cette surenchère guerrière. »

  • Le cadmium, un enjeu sanitaire majeur

    Le cadmium, un enjeu sanitaire majeur

    Des avocats rappelés massivement partout en France car ils contiennent trop de cadmium, dans les enseignes Lidl et Carrefour le 21 avril… Moins de 15 jours après une étude fracassante publiée par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) sur l’exposition croissante de la population à ce métal lourd, ce problème de santé publique refait surface et les autorités ne semblent pas vraiment en prendre la mesure.

    Dans son étude, l’Anses tire la sonnette d’alarme pressant d’agir sur les sols agricoles et la teneur des fertilisants, comme les engrais minéraux phosphatés. Naturellement présent dans la nature, cet élément toxique se retrouve présent dans le corps des Français dans des doses trois à quatre fois plus élevées que dans d’autres pays européens, par le biais de notre alimentation. Près de la moitié de la population présentant des expositions dépassant les valeurs sanitaires de référence, l’Anses évoquant « une imprégnation préoccupante à tout âge et dès le plus jeune âge ».

    Une énième alerte quand dès 2021, l’étude « Esteban » menée par Santé publique France estimait déjà que 47,6% de la population générale adulte (18-60 ans) dépassait le niveau « critique » de concentration urinaire de cadmium. Niveau qui est encore monté avec un taux d’imprégnation de trois à quatre fois supérieur à celui constaté « dans d’autres pays nord-américains et européens ».

    L’Anses recommande notamment d’agir « à la source », au niveau des engrais utilisés, des effluents d’élevage et des boues de station d’épuration. Et de revoir « dès que possible » les valeurs limites fixées pour le cadmium dans les engrais, à 20 milligrammes par kilo, contre 90 actuellement. Ce qu’elle préconisait déjà en 2019.

    Dans la foulée, le gouvernement a annoncé un décret en ce sens. En octobre 2023, le ministère de l’Agriculture avait mis en consultation un arrêté envisageant de réduire ce taux, sans suites depuis. « C’est en cours » a juste indiqué la ministre Anne Genevard en marge d’un colloque début avril.

    Le dépistage remboursé pour les plus exposés

    De son côté, la filière des engrais, via son association France Fertilisants, a fait valoir une réduction d’environ 70% de l’usage d’engrais minéraux phosphatés depuis 1988, assurant développer des procédés de « décadmiation », toutefois « complexes et coûteux » estime-t-elle pour réduire les teneurs en cadmium.

    « On a beaucoup de technologies pour dépolluer les sols » des métaux lourds, affirme de son côté Rémi Muth, directeur technique de la branche dépollution de Séché Environnement, entreprise spécialisée dans la gestion des déchets. Mais, ajoute-t-il, elles ne sont pas adaptées aux sols agricoles. Notamment parce que ces travaux mobilisent « souvent des moyens lourds », avec des durées de traitement « assez peu compatibles avec une exploitation agricole », qui verrait ses surfaces cultivables réduites. Mais aussi parce que le traitement lui-même peut fragiliser ou tuer la matière organique du sol.

    Quant à la dépollution grâce aux plantes, elle est « encore au stade expérimental », observe Thibault Sterckeman, chercheur à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) qui conclut : « La décontamination des sols agricoles en France n’est pas pour demain. »

    Seule maigre avancée à ce jour, les représentants des biologistes médicaux et l’Assurance maladie ont trouvé un accord mi-mars sur le tarif du dépistage de l’exposition au cadmium en laboratoire de ville a-t-on appris le 9 avril. Le dosage sanguin et urinaire du cadmium à un tarif de 27,50 euros, sera pris en charge à 60% par l’Assurance maladie et 40% par les complémentaires santé dès cet été, a indiqué François Blanchecotte, président du syndicat représentatif SDBIO. Seules seraient concernées les personnes vivant à proximité de sites industriels ou des salariés exposés.

    « La décontamination des sols agricoles en France n’est pas pour demain »

  • [1er-Mai] À Marseille, une unité syndicale contre le travail élargi

    [1er-Mai] À Marseille, une unité syndicale contre le travail élargi

    Le 1er-Mai nous appartient. De l’argent pour nos salaires, pas pour la guerre. » Sur le Vieux-Port de Marseille, la banderole intersyndicale donne le ton de la manifestation de ce vendredi. Le soleil et l’air estival ambiant n’enlèvent en rien au côté revendicatif de la mobilisation : les fumigènes sont de sortie dès le départ du cortège et le traditionnel camion de la CGT du Port, qui ouvre le convoi, pousse les watts à fond.

    « S’attaquer au 1er-Mai, c’est une façon de voler l’histoire ouvrière, enlever les repères qui nous rassemblent », tonne Renaud Henry, secrétaire général de la CGT Énergie Marseille. Car si la journée est placée sous le signe des festivités propres au 1er-Mai, les manifestants ont toujours en travers de la gorge l’idée du gouvernement d’élargir les dérogations permettant de travailler pour ce jour férié et chômé.
    « C’est comme le travail le dimanche : au début ils disaient que ce n’était que pour faire vivre les petits commerces. Mais aujourd’hui, c’est l’ensemble des travailleurs du commerce qui travaillent ce jour-là. Si on laisse faire, à terme, le 1er-Mai ça sera la même chose », dénonce le syndicaliste énergéticien aux côtés de ses camarades de la CGT Cheminot. Pour lui comme moult manifestants, cette attaque n’a rien d’anodin : « Le 1er-Mai est le symbole de tous les conquis des travailleurs : il rappelle que les congés payés, la réduction du temps de travail, toutes les mesures positives viennent de la lutte. »

    Paix à l’internationale

    Preuve de l’unanimité syndicale sur le sujet, Guillaume Pascal, secrétaire général de la CFDT 13 reprend le même refrain : « Le gouvernement dit que c’est juste pour les fleuristes, puis juste pour les boulangers, puis juste pour ceux qui veulent et au final ça finit par juste pour tout le monde. » Et dénonce un paradoxe : « Dans la rue du local de la CFDT, le dimanche, les fleuristes sont fermés mais les grands centres commerciaux sont ouverts… Ce genre de propositions ne profite pas aux petits artisans comme on veut nous faire croire, mais bien aux grands groupes. » Pour l’occasion, son organisation a sorti une banderole maison avec un message qui parle aux supporters de l’Olympique de Marseille : « À jamais le 1er-Mai. » Et juste avant cette dernière, on retrouve l’immense ballon-montgolfière sur le camion de la FSU, encadré de manifestants avec des pancartes allant dans le même sens : « Manu, pas touche au 1er-Mai. »

    Plus loin, il y a aussi le cortège de la communauté kurde de Marseille, non loin de celui du PCF avec des militants qui agitent des drapeaux cubains, ou encore celui des organisations syndicales des jeunes et lycéens, drapeaux palestiniens à la main. De quoi mettre en avant l’autre versant revendicatif de cette journée : la paix à l’international. « Avec tous les conflits dans le monde, les travailleurs paient toujours un lourd tribut pour la guerre. On se doit d’être solidaire », explique Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union départementale CGT 13. Ce dernier fait le lien entre montée des tensions dans le monde et l’attaque gouvernementale contre le 1er-Mai : « C’est dans le cadre de l’économie de guerre. Tout est lié : s’attaquer au 1er-Mai va dans le sens d’une casse de la solidarité. »

    Et alors que le cortège termine dans le calme au niveau de la Porte d’Aix, après avoir remonté le boulevard des Dames, Marc Pietrosino tonne : « Le
    1er-Mai a été acquis dans la sueur et le sang de la classe ouvrière. On n’acceptera aucune exception pour cette date, aucune concession. »

    « On défendra le 1er-Mai bec et ongles. C’est aussi un symbole de ce qu’il reste à conquérir »

    « L’attaque sur le 1er-Mai est symbolique d’un mépris des syndicats »

  • Le Modef alerte sur l’arrachage massif en Occitanie

    Le Modef alerte sur l’arrachage massif en Occitanie

    À la Chambre d’agriculture de Nîmes, le ton était grave et sans détour. Le Modef Occitanie, syndicat des exploitations familiales, a lancé un signal d’alarme face au plan d’arrachage des vignes en cours, qu’il qualifie de « plus grand plan social du pays dans un silence assourdissant ». Pour Didier Gadéa, viticulteur près de Pézenas et nouveau co-président régional, la situation est historique : « La viticulture traverse sa crise la plus dure depuis 80 ans. Et ce sont les exploitations familiales qui sont en première ligne. »

    Dans le viseur du syndicat, une politique européenne et nationale jugée destructrice, qui privilégie la réduction des surfaces pour répondre à la surproduction. Les chiffres avancés donnent la mesure du choc : 27 000 hectares arrachés en 2025, près de 30 000 en 2026, et jusqu’à 100 000 hectares à terme. Une trajectoire qui, selon les estimations relayées par le Modef et la CGT, pourrait entraîner la disparition de 58 000 emplois directs et indirects. « Ce n’est pas une simple régulation, c’est une liquidation de l’outil de production », martèle Didier Gadéa, qui compare cette évolution à la désindustrialisation de la Lorraine.

    Une transformation profonde, mais sans débat public ni mobilisation politique à la hauteur, déplore-t-il : « On n’entend ni les parlementaires ni les grands responsables. » Dans une région comme l’Occitanie, première région viticole de France et du monde concentrant plus de 30% de la production française avec environ 263 000 hectares de vignes, l’enjeu dépasse largement la seule filière : il touche à l’équilibre économique de territoires entiers, déjà fragilisés.

    Replanter plutôt

    que détruire

    Au-delà de l’arrachage, le Modef pointe aussi l’effondrement des revenus. La distillation des invendus, financée par l’Union européenne, est rémunérée à 35 centimes le litre, bien loin du coût de production estimé à 1,20 euro. « C’est indécent », tranche le syndicaliste.

    Face à cette impasse, le Modef propose un changement de cap radical. Plutôt qu’arracher, il plaide pour une replantation massive du vignoble avec des cépages résistants au changement climatique et aux maladies, sur le modèle de la reconstruction post-phylloxéra au XIXe siècle. Une stratégie qui nécessiterait de redéployer les financements européens de l’OCM vin et d’augmenter leur enveloppe à hauteur de 900 millions d’euros. « Nos ancêtres ont su reconstruire un vignoble après une crise majeure, pourquoi serions-nous condamnés aujourd’hui à le détruire ? », interroge Didier Gadéa.

    Autre revendication forte : l’instauration d’un prix plancher garanti à 2 euros le litre. « Laisser faire le marché, c’est organiser la chute des prix. Il faut protéger le revenu des producteurs », insiste Didier Gadéa, qui appelle également à une réforme du code rural pour encadrer les négociations. Dans ce contexte, la perspective d’une baisse de 22% des aides de la PAC d’ici 2027 ne fait qu’accentuer les inquiétudes. Pour le Modef, ce sont d’abord les petites exploitations qui paieront le prix fort.

    Refusant les actions coup de poing, le syndicat mise sur l’interpellation politique. Un courrier a été adressé aux parlementaires pour les alerter. Mais le message est aussi interne au monde agricole : « Il faut changer les dirigeants syndicaux qui nous ont menés dans le mur depuis trente ans », lâche Didier Gadéa. Derrière le débat technique, c’est bien une bataille de modèle qui se joue. Entre une viticulture soumise aux logiques de marché et une agriculture familiale que le Modef entend défendre, la ligne de fracture est désormais clairement tracée.

  • [Entretien] Serge Ragazzacci : « Augmenter les salaires, les minimas sociaux et les pensions de retraite »

    [Entretien] Serge Ragazzacci : « Augmenter les salaires, les minimas sociaux et les pensions de retraite »

    La Marseillaise : En quoi ce 1er-Mai 2026 est particulier ?

    Serge Ragazzacci : Pour trois raisons. Il y a d’abord le contexte de guerre partout dans le monde et le 1er-Mai est une journée internationale. C’est la date choisie en 1889 pour avoir une journée de mobilisation internationale avec un même mot d’ordre qui était à l’époque la réduction du temps de travail, avec, également, l’objectif de rappeler les solidarités ouvrières. Ce qui frappe en 2026, c’est l’étendue des guerres et le retour des visées impérialistes. Il faut donc se mobiliser pour la paix. Le deuxième élément, c’est la nécessité de se mobiliser suite aux tentatives de remettre en cause le caractère férié du 1er-Mai et, au-delà, de disputer le symbole et l’histoire des luttes ouvrières.

    Enfin, il faut profiter de ce 1er-Mai pour faire entendre toutes les revendications et toutes les colères en particulier sur la vie chère puisqu’il y a une nouvelle inflation avec la guerre alors qu’il y avait déjà une inflation forte en particulier des produits alimentaires. Il y a une nécessité que l’on augmente les salaires, les minima sociaux et les pensions de retraite.

    Quelles sont vos propositions face à la hausse des prix du carburant ?

    S.R. : Aujourd’hui il y a la question du détroit d’Ormuz mais il y a aussi les choix politiques de la France qui inquiètent. Crise après crise, c’est toujours la même attitude puisqu’il y a un refus de prendre en compte celles et ceux qui travaillent et d’aller vers les augmentations de salaires. On fait comme s’il n’y avait plus de dividendes dans le pays, comme si des entreprises ne continuaient pas à s’enrichir énormément et comme s’il n’y avait pas 300 milliards d’aides publiques versées sans contrôle ni contrepartie. Il y a des secteurs très fortement touchés puisque la semaine dernière, il y a eu un appel à la grève des aides à domicile de l’Hérault, par exemple. Dans certains secteurs, la voiture est l’outil de travail et, pour d’autres, c’est le moyen d’aller travailler. Il faut vraiment redonner du souffle parce qu’il va y avoir des conséquences sur notre département et sur le tourisme durant la saison estivale. Il y a donc aussi une nécessité de blocage des prix. Il faudrait également avoir une politique industrielle.

    On nous dit qu’il faut aller vers plus d’électrification, mais encore faudrait-il en avoir les moyens. On n’a pas de politique industrielle à hauteur des enjeux économiques et environnementaux. Nous militons toujours pour un retour de ce qu’était EDF-GDF avec une gestion 100% publique. Nous voulons aussi une baisse de la TVA pour les particuliers et les entreprises parce qu’on considère que l’électricité est un bien de première nécessité.

    Les premières conséquences sur l’emploi se font-elles déjà sentir ?

    S.R. : Cela va arriver, surtout chez les artisans et les plus petites entreprises. On ne comprend pas non plus qu’il y ait des remises en cause du télétravail. Au lieu d’inciter au télétravail, ce qui permettrait d’économiser un peu d’argent, on remet en cause ces accords.

    Certains dans le bloc central et à droite voulaient remettre en cause le 1er-Mai. Comment avez-vous vécu cette bataille finalement remportée ?

    S.R. : Il y a une volonté d’être à l’offensive sur ce jour férié et de pouvoir encore libéraliser parce que ça permet de faire sauter des verrous dans le Code du travail. C’est extrêmement important. Ce verrou est primordial car le 1er-Mai est le symbole de la réduction du temps de travail.

    On voit bien les velléités de revenir sur ces réductions du temps de travail, que ce soit sur le droit à la retraite, la semaine de 35 heures ou la journée de huit heures. Il faut que les salariés prennent la mesure du danger. L’objectif est de dérégulariser l’ensemble de certains secteurs. Et pas pour le bien des artisans et des commerçants. Parce que derrière, il y a les grandes surfaces. C’est le cheval de Troie qui a conduit à l’ouverture généralisée des grandes surfaces le dimanche. Il faut aussi rappeler que le volontariat n’existe pas car le contrat de travail est un lien de subordination donc on ne parle pas d’égal à égal avec son patron.

    Le prochain 1er-Mai, en 2027, se déroulera en pleine élection présidentielle, comment appréhendez-vous les prochains mois ?

    S.R. : Il faudra que les gens se mobilisent. Il y a des choses qui se passent dans les entreprises qui permettront peut-être des avancées. On ne sait pas comment va se dérouler l’année à venir, mais nous appelons les salariés à ne pas rester attentistes dans une séquence électorale parce que de l’autre côté, les patrons, eux, ne sont pas attentistes. On voit [après l’invitation de Jordan Bardella par le Medef et la rencontre entre Marine Le Pen et les patrons du CAC 40, Ndlr] la porosité et l’absence de moralité du patronat. Nous sommes dans un phénomène de banalisation et le patronat ne voit pas le caractère raciste, xénophobe, islamophobe et antisémite de l’extrême droite. C’est aussi la conséquence de la démission d’un certain nombre de formations politiques, en particulier à droite, qui ont mis de sacrés coups dans le barrage républicain. Ça devient extrêmement dangereux. C’est un signal d’alerte et il y a besoin d’une réaction à la hauteur. L’autre raison de manifester le 1er-Mai, c’est donc pour s’opposer à la montée de l’extrême droite partout en Europe et plus particulièrement en France. C’est un sujet qui nous mobilise et qui va continuer de nous mobiliser jusqu’à l’élection présidentielle.

    Entretien réalisé par Tristan Arnaud

  • Les rendez-vous pour aller manifester ce 1er-Mai

    Les rendez-vous pour aller manifester ce 1er-Mai

    LES RENDEZ-VOUS PACA

    Marseille à 10h30 au Vieux-Port. Martigues à 10h, place Jean-Jaurès. Aix-en-Provence à 10h30, place de la Rotonde. La Ciotat à 10h30 à l’Union locale. Tarascon à partir de 10h30 à la gare. Salon-de-Provence à 10h, devant la mairie. Port-de-Bouc à 10h, parking des Sardinades. Port-Saint-Louis à 10h à la Bourse du Travail. Arles à 10h30, place de la République. Toulon à 10h30 à la Bourse du travail. Draguignan à 10h30 à la Bourse du travail. Saint-Raphaël à 10h30 au rond-point Kennedy. Avignon à 10h30, cours Jean-Jaurès, puis cortège vers le Palais des Papes. Digne-les-Bains à 10h30, place Général-de-Gaulle. Manosque à 11h place Rossini. Gap à 10h place de la République. Briançon à 10h30, esplanade de la mairie.

    LES RENDEZ-VOUS OCCITANIE

    Montpellier à 10h30 place Albert Ier. Sète à 10h30 place de la Mairie. Béziers à 10h30 Bourse du travail. Agde à 10h, haut de la promenade. Lunel à 10h30 hôpital. Bédarieux à 10h30 Maison des syndicats. Clermont-l’Hérault à 11h allée Roger Salengro. Ganges à 11h mairie. Nîmes à 10h30, Maison carrée. Alès à 10h30, devant la mairie. Bagnols-sur-Cèze à 10h30, devant la Poste. Le Vigan à 11h, devant la mairie. Vauvert à 10h30, à l’Union locale.