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  • Eurenco face à un conflit social durable

    Eurenco face à un conflit social durable

    Les revendications

    Depuis le début du conflit entre la CGT, FO et la direction d’Eurenco, les syndicats portent toujours les mêmes revendications. À savoir une augmentation générale de 130 euros pour tous, le passage immédiat de la prime d’ancienneté à 20% (1% par an avec effet immédiat), une prise en charge par l’employeur de 70% du coût de la mutuelle et de la prévoyance, ainsi que la transformation en CDI des travailleurs intérimaires. « Ce sont des bases. Comme pour tout, ce sont des demandes qui sont négociables. Encore faut-il avoir envie de le faire », confie Jérémy Caillé, délégué CGT d’Eurenco. Le tout alors que les syndicats pointent des « bénéfices records pour 2025 » et « un carnet de commandes valorisé à 3 milliards d’euros ».

    Impliquer l’État

    Une situation qui a toutefois évolué ces derniers jours. Mercredi 29 avril, une rencontre a été organisée entre une délégation de la Fédération nationale des travailleurs de l’État CGT, avec la présence de Jérémy Caillé, et le conseiller social du ministre des Armées, afin de lui détailler les causes du conflit en cours, le fabricant de poudre étant propriété de l’État.

    « On lui a réexpliqué la situation de notre point de vue. Il avait déjà celui de la direction », explique Jérémy Caillé qui attend désormais « une réunion tripartite entre Eurenco, nous et l’État. »

    Grève illimitée

    Depuis ce jeudi 30 avril à 20h, la décision a été prise par les syndicats d’appeler à une grève « illimitée ». C’est-à-dire « que c’est au libre choix des salariés. Ils peuvent se mettre en grève quand ils le veulent, de nuit comme de jour », explique Jérémy Caillé. Jusqu’ici rythmé par une grève de 24h chaque semaine, le mouvement prendra cette nouvelle forme tant que de nouvelles négociations ne s’ouvriront pas. « La détermination est toujours présente. Il y a eu des hauts et des bas comme dans tous les mouvements de grève, mais il est loin d’être enterré », poursuit le responsable syndical.

    Réponse de la direction

    Contactée par La Marseillaise, Eurenco offre une autre lecture de la situation. Elle assure notamment qu’elle a proposé « des augmentations salariales de 2,7 fois le niveau de l’inflation, positionnant ainsi Eurenco France parmi les entreprises industrielles ayant consenti les engagements les plus significatifs au titre des NAO 2026 ». De plus, elle assure avoir « clairement démontré, ces dernières années, sa capacité à investir massivement, à recruter (474 CDI en trois ans) en réinvestissant 100% de ses résultats dans l’outil industriel ». La direction rappelle enfin que le troisième syndicat, la CFDT, a demandé l’organisation d’un référendum dans l’entreprise concernant les dernières propositions formulées. Celles-ci se limiteraient, d’après la CGT et FO notamment, à 500 euros « de prime Macron », sans avancée sur la prime d’ancienneté ni sur les embauches. Le sujet de la mutuelle serait, quant à lui, renvoyé aux NAO 2027.

  • En difficulté, Gibert-Joseph se redéploie sur l’occasion

    En difficulté, Gibert-Joseph se redéploie sur l’occasion

    « Je suis plutôt un grand lecteur, alors à raison de 4 à 5 bouquins par mois, le neuf c’est hors budget » explique Patrick, Marseillais retraité du secteur bancaire, en fouillant dans les bacs de livres d’occasion devant l’enseigne historique du boulevard Dugommier. Fataliste « face à cette société du numérique, il espère cependant que ces pionniers de l’occasion arrivent à se restructurer, car ce serait une perte pour le livre et l’emploi. Et pour le lecteur car je serais contrarié de commander sur des plateformes ».

    Le groupe Gibert, qui se revendique premier libraire indépendant de France, avait demandé son placement en redressement judiciaire le 27 avril. Comme de nombreux libraires, il fait les frais d’un recul global de la lecture, accru par la concurrence des sites de vente sur internet. « Le papier a un coût, estime aussi Perrine, même si je vais à la médiathèque, en neuf je prends des Poche, l’occasion c’est une autre démarche, le plaisir de chiner dans les bacs. » Documentaliste dans un établissement scolaire, elle note « de moins en moins de jeunes attirés par la lecture, Et pour les livres scolaires, il y a de plus en plus de numérique. Mais ceux qui y viennent aiment les boutiques plus cosi, avec des ambiances. Or ici, c’est quand même vintage, peu attrayant ». Avec son lino vétuste, ses fils électriques visibles derrière les néons du plafond, l’enseigne marseillaise, qui emploie 15 salariés sur les 500 employés dans les 16 librairies du groupe en France, aurait en effet besoin d’un coup de neuf. L’ouverture de la procédure judiciaire, « c’est pour sécuriser l’emploi, les boutiques, précise Véronique Pernin, du service communication, et c’est justement l’occasion de redynamiser l’enseigne, avec plus d’initiatives sur le terrain. On a aussi un partenariat avec un logisticien depuis un an pour développer les ventes ».

    Revitaliser

    Pour assurer sa pérennité, Gibert-Joseph « mise sur un virage stratégique autour du livre d’occasion, marché porteur qui connaît 10% de croissance par an et offre une meilleure maîtrise de la chaîne de valeur et des marges », complète un communiqué du groupe. L’objectif étant de « doubler la part des ventes de livres d’occasion d’ici 2029 ». Du côté de la déléguée du personnel, Sophie Rachet, l’inquiétude s’est exprimée. Elle redoute des mesures défavorables aux salariés alors que les travailleurs attendent des garanties concrètes concernant le maintien de leurs emplois dans les magasins.

    La librairie n’est pas fermée. À Noailles, on y apprécie le savoir-faire des salariés. Comme Zora : « Je suis venue chercher un livre pour mon fils, demandé par l’école, en occasion, et j’ai pris un manuel de cuisine végétarienne, pour tester. Ici, les vendeurs savent nous guider, nous conseiller. »

  • À Vitrolles, un premier budget de mandat sous la contrainte

    À Vitrolles, un premier budget de mandat sous la contrainte

    « C’est un budget de transition », estime l’adjoint aux finances, Didier Saura. Vitrolles a voté un budget empreint d’incertitudes, jeudi, à l’aune d’« un nouveau cycle d’investissements et de décisions qui ne dépendent pas de nous », a expliqué l’élu, évoquant « 1,4 million d’euros de contraintes nouvelles en une seule année ».

    Pour autant, la majorité du maire (PS), Loïc Gachon, parvient à présenter un budget de 123 millions d’euros, dont 92 millions consacrés au fonctionnement et 31 millions à l’investissement.

    Le rapporteur du budget insiste sur « la réalité humaine » derrière les 52 millions d’euros de masse salariale, en baisse de 1%, mais représentant 66,8% des dépenses. « Il y a des agents municipaux derrière le fonctionnement quotidien de la Ville, des services rendus aux habitants et une présence publique dans les quartiers », souligne Didier Saura, mais aussi « un effort réel de maîtrise malgré les hausses de cotisations ».

    « Des services qu’aucune autre ville ne propose »

    « On ne peut pas parler de masse salariale sans parler de service public », confirme l’adjoint, Michel Piquet (MoDem). « Lorsque La Poste a fermé le bureau du village, la Ville a ouvert une agence. Les enfants bénéficient de l’accueil du matin et du soir et la Ville a fait le choix d’un agent d’école maternelle par classe quand la réglementation ne prévoit qu’un poste par école », liste l’élu.

    Même son de cloche pour l’adjoint PCF, Malik Mersali : « Un ménage avec deux enfants, soit 50% des ménages vitrollais, bénéficie de services qu’aucune autre commune ne propose, comme les plus de 500 places de crèche, des garderies périscolaires et des activités éducatives au conservatoire.  L’adjointe Isabelle Rovarino (PS) rappelle que « c’est grâce à cette gestion rigoureuse et la volonté d’assurer un service public de qualité que Vitrolles tient le cap », dans le brouillard budgétaire de l’État.

  • À Martigues, la majorité fait le choix de la résistance budgétaire

    À Martigues, la majorité fait le choix de la résistance budgétaire

    « Notre budget est fidèle aux engagements pour lesquels nous avons été élus, ce n’était pas des intentions », lance le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux, à son opposition lors du conseil municipal du 30 avril.

    La séance budgétaire a été marquée par la présentation du budget primitif 2026 par le 1er adjoint (SE), Henri Cambessédès. Le projet affiche un équilibre à 192 millions d’euros de dépenses et de recettes, dont 161 millions dédiés au fonctionnement et 30 millions à l’investissement. Parmi les évolutions notables figurent une hausse de 2% des recettes de fonctionnement par rapport à 2025, ainsi qu’une « baisse de 19,3% des compensations de l’état pour les exonérations de taxes sur les locaux industriels », a précisé l’adjoint, soit un manque à gagner d’environ un million d’euros.

    Autre point abordé : la masse salariale, en augmentation de 1,92%. Celle-ci s’explique principalement par « la hausse des cotisations retraite d’1,13 million d’euros et la tenue des élections municipales, car on mobilise les personnels pour la démocratie », rapporte l’adjoint.

    C’est sur l’investissement que l’opposition a concentré ses remarques. 23 millions d’euros sont mobilisés. Principalement pour la reconstruction du pont de Lareraille, à Carro pour plus d’1 million d’euros, pour l’extension à 600 000 euros des locaux de la piste d’athlétisme au parc Julien-Olive, et pour la poursuite du programme de mise en accessibilité à 800 000 euros. Les écoles bénéficient également d’un million d’euros, destiné aux rénovations et à la création d’îlots de fraîcheur.

    Mais Jean-Luc Di Maria (DVD) n’est pas convaincu : « Les montants sont là et les annonces sont nombreuses, mais quel est le cap ? Cela fait 37 000 euros par établissement, mais pour rénover, mettre aux normes, ou déguiser de l’entretien en investissement ? » se demande l’élu. À l’extrême droite, le double discours d’Emmanuel Fouquart (RN), lui, relève « un bon budget éloigné de l’effet ciseau », mais pointe aussi « la baisse de l’investissement net, passé de 20 millions d’euros à 15 cette année ».

    « Subir ou résister »

    La réponse est unanime. « Le budget est fidèle à notre trajectoire politique », souligne l’adjoint Gilles Picard (PCF). « La fraîcheur des écoles montre notre volonté de justice sociale et environnementale », abonde l’adjoint. Saoussen Boussahel (PS) insiste sur le fait que « ce budget est élaboré dans un cadre contraint. Entre subir ou résister, nous avons choisi le service public fort, le bouclier martégal ».

    Le maire relève « un seul point d’accord » avec son opposition. « Oui, un budget traduit une vision et des choix politiques. Derrière les chiffres, la réalité : des écoles entretenues, modernisées, comme les équipements sportifs aussi rendus accessibles, des espaces publics entretenus et un service municipal présent au quotidien. Bref, tout ce qui contribue à l’amélioration de la qualité de vie », argumente l’édile. Le budget a été adopté sans les voix de l’opposition.

  • Des drones pour contrôler la végétation

    Des drones pour contrôler la végétation

    Des drones pour contrôler la végétation à proximité des lignes électriques est une pratique qui se démocratise. « Ces appareils sont aujourd’hui utilisés pour la moitié des contrôles, le reste étant réalisé par hélicoptère », explique l’entreprise Enedis.

    Moins coûteux, plus respectueux des écosystèmes, mais plus longs, les survols organisés à La Ciotat se déroulent sur près de trois semaines. Ces contrôles sont généralement effectués au printemps, pour définir les zones à élaguer. Sur son site internet, la municipalité invite les habitants à ne pas se positionner sous les appareils. Elle précise que les pilotes des drones sont identifiables et disposés à « répondre à d’éventuelles questions » sur cette opération. Enedis assure ne pas disposer de droits de diffusion sur les images, notamment d’éventuels passants.

    Mona Lobert

  • Gardanne : Sabrina Roubache en visite au lycée de l’étoile

    Gardanne : Sabrina Roubache en visite au lycée de l’étoile

    Dernière étape de la visite de la ministre déléguée Sabrina Roubache, ce lundi : la section professionnelle du lycée Fourcade de Gardanne, site du lycée de l’Étoile. Celui-ci regroupe plus de 300 élèves contre 1950 sur la totalité du site. Après ses visites à Istres et Salon-de-Provence, Sabrina Roubache a rencontré les équipes pédagogiques avant d’échanger avec les élèves en formation dans les services d’aide à la personne.

    Une problématique bien spécifique a été portée à sa connaissance par le proviseur, Jean-Paul Peyrache. Il y a 9 ans, le lycée professionnel de l’étoile a été rattaché au lycée général et technologique (LGT) de Fourcade. « Une fusion qui demeure insatisfaisante à ce jour. Les professionnels que nous sommes ont su s’adapter. Mais, là ou l’école doit œuvrer à la mixité sociale et l’intégration, nos élèves de la Section d’enseignement professionnel (SEP) vivent leur scolarité à un kilomètre de leurs camarades du LGT », a expliqué le proviseur. Il a aussi rappelé que « le LGT affiche un IPS [indice de position sociale] de 126,8, quand celui de la SEP est de 92,3, soit 34 points de moins. Quand le recrutement des filières générale et technologique s’effectue à 75% sur un secteur résidentiel privilégié, celui de la SEP a le même taux sur des quartiers marseillais défavorisés et éloignés. Ce qui pourrait n’être qu’un constat classique des différences habituelles entre enseignement pro, général et technologique, prend une dimension bien plus stigmatisante dans ce lycée ». Une seule solution pour Jean-Paul Peyrache : implanter l’étoile sur le site du lycée général et technologique. Le foncier, selon lui, est disponible.

    « La voie pro attire »

    « Vous avez une ministre qui a été choisie par le président pour reprendre ce portefeuille qui, depuis 2024, n’existait plus trop, rappelle Sabrina Roubache. Je suis venue vous voir pas seulement pour visiter, mais pour prendre votre dossier, travailler et vous apporter le maximum de solutions. » La ministre a précisé que, sur ce dossier, « ce qu’on nous demande, c’est d’avoir quelque chose qui ressemble plus à une cité scolaire, plutôt que deux pans de formation qui ne se croisent pas. C’est un problème de bâti, de structure, de foncier ».

    Ce point local abordé, la ministre a élargi les échanges aux enjeux plus globaux de la voie professionnelle, qu’elle affirme toujours attractive. Et rappelle que « 650 000 lycéens professionnels représentent un tiers des lycéens ». En apprentissage, les apprentis seraient passés de 300 000 en 2017 à un million à ce jour. « Que la voie professionnelle n’attire pas, ce n’est pas vrai », assure la ministre, qui souhaite « déployer les internats, donner des possibilités d’hébergement aux familles pour que chaque enfant qui a envie de faire une formation [puisse la faire] ».

    Elle réitère son projet de « réforme de carte des formations professionnelles » articulée autour d’une question : « Comment créer, dans des bassins d’emploi, notamment chez nous avec Gardanne, Istres, Fos et Berre, des formations qui vont donner d’ici 2030 entre 6 000 et 10 000 emplois ? » Et assure, sur les baisses des aides aux entreprises pour le recrutement en alternance : « Il n’y a pas de baisse drastique, il y a un réajustement à la maille, mais c’est une politique qui a démarré il y a 9 ans. »

  • La Mission locale de Salon, un modèle pour le gouvernement

    La Mission locale de Salon, un modèle pour le gouvernement

    En déplacement dans le département, Sabrina Roubache revient sur les traces de sa famille. « Ma mère a grandi là » s’émeut la ministre déléguée chargée de l’Enseignement et de la formation professionnels et de l’apprentissage face à Jérémy, un jeune salonais qui lui présente son travail d’archives destiné à faire vivre la mémoire du quartier des Canourgues, alors qu’une opération de renouvellement urbain y est en cours. Le vingtenaire mène ce projet en partenariat avec la Mission locale de la ville.

    Cette structure a déménagé en septembre dernier dans de nouveaux locaux, boulevard Pasquet, là où était autrefois installé Pôle emploi. Racheté par la municipalité pour 1,5 million d’euros, cet espace de 1 000m2 a été rénové pour rassembler en un lieu unique les quatre bureaux de la commune et permettre un meilleur accompagnement des 2 300 jeunes, âgés de 16 à 25 ans, suivis chaque année. « Il y a plein de dispositifs, un peu essaimés, qui ont été relocalisés, glisse le maire de Salon, Nicolas Isnard (LR). Ça nous permet aussi de rouvrir une antenne de Centre d’information et d’orientation à la rentrée prochaine pour faire une véritable Maison de la promotion des métiers. »

    Parmi les autres innovations de la Mission locale : la Gaming House. Romuald, son référent, explique : « Les jeunes font une simulation qui dure de 45 minutes à une heure. À l’issue, ils sont évalués sur dix compétences psychosociales comme la planification, la gestion du stress, la gestion du temps, le leadership, etc. Ce qui est vrai dans les jeux vidéo peut être transposé dans la vie réelle. » L’an passé, 56 jeunes ont bénéficié de ce dispositif. Autant depuis janvier.

    Avec ces outils numériques et la réunion d’une multiplicité d’acteurs, la structure poursuit un objectif : « Que ce lieu soit un lieu pour la jeunesse et pas seulement des locaux professionnels », affirme son directeur, Jean-François Bruneau. « Ça va être un modèle du genre », s’émerveille Sabrina Roubache.

    Un budget en baisse

    Pourtant, le budget alloué aux Missions locales est en baisse dans la loi de finances 2026. Initialement annoncée à 13%, la baisse devrait finalement se situer entre 7% et 8%. Parallèlement, les structures du réseau constatent une hausse significative de la demande d’accompagnement. Depuis septembre 2025, le nombre de premiers accueils aurait ainsi augmenté d’environ 8% et même de 10% pour les mineurs, selon l’Union nationale des Missions locales.

    « Ça n’a échappé à personne qu’on est en période de discipline budgétaire et qu’on ne peut pas imaginer, quel que soit le secteur ou le segment, qu’on n’essaie pas de réajuster à la marge, justifie la ministre déléguée chargée de l’Enseignement et de la formation professionnels et de l’Apprentissage. Mon combat est de ne pas faire de coupe brutale. On m’a déjà interpellée, notamment sur les premiers équipements pour les apprentis, et on regardera à la maille des territoires, là où on peut aider et là où on peut faire des péréquations. Quand on voit une mission locale comme celle de Salon, tout le monde en rêve. Ça veut dire une chose : quand vous avez des pouvoirs publics qui travaillent ensemble, avec des élus locaux qui s’emparent de la question, l’État et des jeunes qui sont en demande, ça fonctionne. Et on va appuyer ça. (…) On sait aller chercher des crédits là où c’est utile. »

    Sabrina Roubache assure rentrer à Paris « en s’en inspirant » : « Je vais demander que l’on m’aide à en faire le modèle de ce que peut être une Mission locale, quand il y a une volonté municipale. »

  • Inquiétude syndicale pour les agents de la Métropole

    Inquiétude syndicale pour les agents de la Métropole

    Le blocage du budget de la Métropole AMP a de quoi inquiéter les petites mains des services publics métropolitains.

    Alors que le préfet Jacques Witkowski devrait saisir la chambre régionale des comptes (CRC), ce mardi, suite à la décision des élus métropolitains de ne pas voter le budget de l’établissement public (lire notre article du 30/04/2026), les syndicats montent au créneau pour que les agents ne paient pas l’addition. « Ce n’est pas du côté des agents qu’il faut chercher à faire des économies, on n’a pas du tout confiance en la CRC », tonne Serge Tavano, secrétaire général de la FSU AMP, ce lundi.

    Pour rappel, face à un trou de plus de 120 millions d’euros, c’est l’État qui reprend la main sur les finances d’AMP et qui va s’en remettre à la CRC pour un budget à l’équilibre. « Notre message est simple : les agents pèsent moins de 18% du budget, c’est peanuts », développe le syndicaliste. Manière de prévenir la très libérale CRC, adepte de franches politiques d’austérité, qu’il n’y a pas d’économie à faire du côté des travailleurs. Reste que l’inquiétude est réelle. Elle est même quasi commune pour l’ensemble des organisations syndicales d’AMP. « La CRC a pour mission de proposer un budget équilibré et ses choix pourraient inclure des ajustements sur les dépenses de personnel », analysait en parallèle la CGT AMP, qui rencontre le président de la Métropole, Nicolas Isnard (LR) le 11 mai. Comme la FSU, elle demande « de ne pas mettre les agents et les usagers à contribution ».

    « Un remède de cheval pour rétablir l’équilibre »

    Concrètement, les syndicats s’inquiètent d’un tas de mesures potentielles à l’encontre des agents. « On insiste sur le fait qu’on ne veut pas de suppressions de poste », martèle Serge Tavano, son organisation rencontrant aussi le président d’AMP, la semaine prochaine. Autres éléments de l’arsenal à disposition de la CRC redouté par les syndicats : non-renouvellement des contractuels, fin de primes pas obligatoires… « Un remède de cheval pour rétablir l’équilibre budgétaire », résume la CGT AMP, qui prévient : « S’ils coupent les contrats précaires, ce sont plus de 1 000 agents qui perdent leur emploi. »

    L’organisation FO Territoriaux de Marseille et de la Métropole, qui mutualise les agents des deux collectivités et dirigée par Patrick Rué, a lancé un « appel au président de la Métropole » doublé d’une lettre à ce dernier, ce lundi. « Notre syndicat vous demande de vous adresser aux agents métropolitains afin de les rassurer sur ces possibles restrictions », réclame l’organisation. Avant de développer : « Les agents vous soutiennent dans votre démarche, mais ne veulent pas en subir les frais. » Puis s’adresse à l’État cette fois : « L’État a spolié la Métropole de 120 millions d’euros en deux ans en baisse de dotations, nous demandons au préfet de préserver les intérêts des agents. »

    Enfin, Force ouvrière Métropole, syndicat dissident du FO historique dirigé par Patrick Rué, explique également que « les contraintes budgétaires à venir pourraient entraîner plusieurs conséquences sur le fonctionnement des services et les conditions de travail des agents ». Dans tous les cas, la balle est dans les mains des magistrats de l’austérité.

  • La 4e édition des Grappes d’Or dévoile ses lauréats

    La 4e édition des Grappes d’Or dévoile ses lauréats

    Le domaine de la viticulture était à l’honneur ce lundi 4 mai à l’hippodrome de Pont-de-Vivaux. Les Grappes d’Or étaient de retour pour une 4e édition. Une initiative qu’organisent la Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône et le Département.

    C’est un événement qui permet de promouvoir la filière viticole avec la présence notamment de Martine Vassal, la présidente (DVD) du conseil départemental qui a remis les six trophées en jeu : Gonnin Sylvia du Comptoir des Vignes pour le Prix Caviste, Adrien Long de l’EARL la Dorgale pour le prix du jeune viticulteur, le Restaurant Maison Sainte Victoire à Saint-Antonin-sur-Bayon pour le prix restaurateur, le Château Calisanne à Lançon-Provence pour le prix de l’innovation marketing, Jean-Claude Pellegrin de l’Association des vignerons de la Sainte-Victoire pour le prix de la démarche collective et le prix coup de cœur qui revient aux Caves du Roy René à Lambesc.

    Au programme de cette soirée, une conférence de presse a ouvert le bal avec Laurent Israélian, président de la Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône, Hervé Granier, conseiller départemental et représentant de Martine Vassal, mais également Yvon Gary, président de l’Association des sommeliers Alpes-Marseille-Provence.

    Puis s’est tenue la fameuse remise des trophées, avec notamment un discours de tous les lauréats des Grappes d’Or. « C’est un vrai moment de partage et d’échanges autour de la viticulture des départements et je pense que c’est un événement qui va durer quand même encore très longtemps dans le département », annonce Laurent Israélian. Hervé Granier complète : « C’est un événement qui monte en puissance par rapport aux précédentes éditions et notre objectif est de promouvoir nos produits. »

    Un événement avec différents enjeux

    « Le marché s’effondre clairement », observe Fabien Doudon. Alors que cette région semble pour l’instant épargnée par le phénomène de l’arrachage elle fait toutefois face à une dégringolade des prix. Bien que le territoire représente 10 000 hectares avec 6 appellations dont 3 IGP, les ventes se portent mal. Avec de plus faibles volumes, les vignerons doivent baisser leurs prix. L’objectif de cette cérémonie est donc de favoriser la rencontre entre les différentes chaînes du commerce viticole. Vignerons, cavistes, mais aussi restaurateurs se rassemblent pour consolider une communauté qui honore un savoir-faire local et pallie la crise.

    Lors de la cérémonie, les vins produits dans les Bouches-du-Rhône sont exposé avec fierté, mais on réfléchit aussi à l’avenir. Des cépages étrangers plus résistants et donc moins gourmands en eau pourraient bientôt s’enraciner dans ce territoire.

  • Greenwood et l’OM, l’aventure touche à sa fin

    Greenwood et l’OM, l’aventure touche à sa fin

    Le glas va bientôt sonner pour Mason Greenwood. C’est en tout cas ce qui se dessine, puisque l’avenir olympien du joueur anglais s’assombrit grandement. Alors que la saison est à son crépuscule, l’attaquant formé à Manchester United n’est tout simplement plus le même depuis quelque temps. Le meilleur buteur du club lors de cet exercice 2025-2026 ne s’est pas vraiment remis de sa béquille subie contre Lille
    (1-2, le 22 mars). Depuis, il n’a plus marqué et a même été placé sur le banc, par son coach, face à Nice. Habib Beye l’a justifié par une méforme liée à sa blessure, mais la relation entre les deux hommes est également de plus en plus froide.

    C’est un secret de polichinelle, Mason Greenwood est plus discret dans le vestiaire depuis le départ de Roberto De Zerbi. Également en froid avec Medhi Benatia, le natif de Bradford se contente de jouer au football, mais son esprit est en train de s’éloigner des Bouches-du-Rhône. Il sait pertinemment que la suite de sa carrière se déroulera loin de Marseille et cela, vraisemblablement, dès cet été. Son affaire de violences conjugales, qui l’a indirectement mené à Getafe puis Marseille, fait que le joueur est toujours blacklisté en Angleterre. Les options sont donc plus fines pour lui. L’Espagne en est sans doute une et, bien entendu, l’appel de l’Arabie Saoudite n’est jamais bien loin.

    Il ne reste donc plus que deux matches à celui qui a porté l’OM depuis son arrivée, il y a près de deux ans. Rien que cette saison, l’Anglais a inscrit 25 buts et délivré 10 passes décisives, toutes compétitions confondues. Décisif, entre autres, contre Monaco (1-0, le 14 décembre) au Trophée des Champions ou encore à l’Union Saint-Gilloise, il a sauvé son club à bien des reprises. Mais cette phase est bien terminée, tant l’équipe est plongée dans une crise où il est impossible de savoir quand elle s’arrêtera. Greenwood est désormais à l’image de ses coéquipiers, traversant les rencontres comme il le peut, mais sans briller. Six matches qu’il n’a pas marqué, une disette rare pour l’attaquant de 24 ans.

    Son comportement s’est aussi modifié

    Son comportement est également pointé du doigt, comme bon nombre de ses coéquipiers. De manière générale, la flamme s’est éteinte dans l’effectif. Tous n’attendent qu’une seule chose, la fin d’une saison qui aura viré au cauchemar. Mason Greenwood a développé un langage corporel en adéquation avec l’environnement dans lequel il vit, à l’OM. Souvent tête basse, blasé, il ne dégage plus une confiance certaine. Jeffrey De Lange le disait, samedi, à la suite du match à Nantes : « On est trop paresseux, on pourrait se forcer à en faire un peu plus. » Il n’est plus le joueur virevoltant et sûr de lui d’il y a plusieurs mois. Rien que sur ses dribbles, quelque chose a changé. Beaucoup plus d’échecs, plus de déchets, ses puissants appuis, pour déborder ses adversaires, l’ont quitté.

    Mason Greenwood est donc de plus en plus proche de clore son chapitre marseillais et son départ devrait être l’un des feuilletons de l’été.

    Fin de saison pour Hamed Junior Traoré

    Ce refrain a souvent été entendu, cette saison, à propos de Hamed Junior Traoré. L’international ivoirien passé par Sassuolo et Auxerre a vécu plusieurs gros moments de blessure. La première aura duré tout l’automne, suite à sa sortie prématurée contre Lyon, avant la première fenêtre internationale. Sorti sur civière lors du match à Nantes, le couperet est tombé pour lui.

    Sa blessure est une lésion à l’adducteur droit et il ne pourra pas revenir pour les deux confrontations face au Havre et Rennes. Sa saison est donc bien terminée, pour celui qui a désormais un contrat jusqu’à juin 2030, son option d’achat ayant été levée automatiquement.