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  • Une nouvelle plongée dans l’épave Camarat 4 pour mieux comprendre son histoire

    Une nouvelle plongée dans l’épave Camarat 4 pour mieux comprendre son histoire

    Découverte par hasard en mars 2025 au large de Ramatuelle, à plus de 2 500 mètres sous le niveau de la mer, l’épave Camarat 4 est le site archéologique le plus profond jamais référencé dans les eaux françaises. Datée du XVIe siècle, elle est considérée comme un témoin clé de l’histoire maritime, dont l’étude permettra de mieux saisir l’époque, notamment grâce à sa mise en perspective avec son contexte et les autres épaves découvertes sur le littoral.

    Les équipes du Centre expert plongée humaine et intervention sous la mer (Cephismer) de la Marine nationale et du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm – ministère de la Culture) y ont ainsi mené une mission conjointe du 6 au 8 avril. Celle-ci avait pour premier objectif de réaliser une photogrammétrie de l’objet, afin d’en produire un modèle numérique à partir de près de 67 000 photos, en collaboration avec le CNRS. L’intérêt : pouvoir étudier avec une grande finesse l’architecture de l’épave et les détails de son matériel (canons, ancres, céramiques, chaudronnerie…), ainsi que questionner la répartition originelle des mobiliers, l’effondrement de ses structures, mais aussi les conditions de son naufrage.

    Un intérêt militaire

    La mission a également permis le prélèvement ponctuel d’objets céramiques (en l’occurrence trois pichets et une assiette), qui ont eux aussi ont été numérisés pour être étudiés sans risquer de les endommager. Ils ont été remontés à l’aide d’un véhicule télé-opéré depuis la surface (ROV), développé par la société Travocean. Cet engin, pouvant intervenir jusqu’à 4 000 mètres de profondeur a été mis en œuvre par l’équipe du Groupe d’intervention sous la mer (Gismer) du Cephismer, avec l’appui scientifique du Drassm et technique de Travocean.

    Bien que l’archéologie ne soit pas son domaine d’action principal, cette opération a permis de faire monter en compétence le personnel du Gismer quant au pilotage du ROV et à l’utilisation des techniques photogrammétriques. Un aspect essentiel pour la Marine nationale, pour qui ces coopérations civilo-militaires permettent de mieux maîtriser l’usage de ces technologies.

  • Une grande amicale du hip-hop à Marseille

    Une grande amicale du hip-hop à Marseille

    Réunissant 38 figures du hip-hop marseillais ainsi que quelques-uns de leurs acolytes internationaux, Marseille & friends répand ses effluves hip-hop à l’ancienne dans les bacs de disquaires et sur les plateformes de streaming depuis fin 2025. Pilotée par la galaxie Galette Records, une grande amicale boom bap qui se donne rendez-vous vendredi 8 mai dans la salle de concerts du Dodu, à la Belle de Mai. « Back to the old school hip-hop », aguiche le disquaire de la rue des trois frères Barthélémy (6e), à propos de cette soirée qui convie sur scène interprètes, producteurs et Dj’s du projet.

    Faf Larage, Napoleon Da Legend, Inoki, Imhotep…

    Cette « release party » de Mars & friends, opus au cours duquel les Mc’s livrent leurs visions de Marseille, invite une trentaine d’artistes parmi lesquels les internationaux Napoleon Da Legend, Mc américain installé dans la ville, et Inoki, « équivalent d’AKH en Italie », cadre Olivier Gilles, taulier de Galette Records. Beaucoup de rappeurs locaux sont aussi évidemment annoncés comme Gino 1313 qui clame sur l’album avoir « grandi entre le Panier et l’Opéra, et traîné jusqu’à l’heure où les requins côtoient les rats », Faf Larage et son Ronin de Mars, ou encore Imhotep, K-Meleon, Maze, Jo Popo, Muge Knight, Costello et bien d’autres.

    Vendredi 8 mai à partir de 20h30 au Dodu. 22, rue Jobin (3e). 25 euros sur www.shotgun.live/fr

  • [Entretien] Nadjib Touaibia : « J’ai voulu mettre en exergue les actes des soldats israéliens »

    [Entretien] Nadjib Touaibia : « J’ai voulu mettre en exergue les actes des soldats israéliens »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir décidé d’écrire une fiction du point de vue d’un médecin-soldat franco-israélien ?

    Nadjib Touaibia : Avant d’adopter ce point de vue, il y a un fait central : un crime particulièrement épouvantable qui est le bombardement par l’armée israélienne d’une maison où se trouvaient neuf enfants [le 23 mai 2025 à Khan Younès, Ndlr.]. J’ai écrit plusieurs articles sur cet événement [sur le site mediaterranee.com]. Puis, je me suis dit qu’un tel crime n’était pas possible. Hormis L’Humanité, beaucoup de médias ont banalisé ce crime. L’idée m’est alors venue d’écrire une fiction. Je me suis dit que dans ce camp de tueurs, il y avait bien quelqu’un qui avait réagi comme un être humain. Et comme on est à Marseille, j’ai imaginé qu’il serait Marseillais. Je suis convaincu que ce type de personnage existe. Je reviens sur son enfance jusqu’à son attitude devant ce crime. À travers cela, j’ai voulu mettre en exergue le comportement des soldats israéliens. Il y a des soldats qui ont désobéi sans le dire, certains ont pris conscience de l’horreur une fois revenus, d’autres sont restés mutiques… et il y a aussi ce que j’appelle « l’uniforme sans tremblement », c’est-à-dire ceux qui ont participé à ces crimes passibles de justice. Moi je suis en rapport avec Efraim Davidi, un militant communiste en Israël. Il dit que la grande majorité de l’opinion israélienne approuve aveuglément ce que dit Netanyahou. Ça le rend dingue car il a l’impression que l’opinion est sous emprise de l’extrême droite. Mais selon lui, quelque chose couve dans l’armée. Il me parle d’un possible effondrement car l’armée est excessivement sollicitée.

    Le sujet principal du livre, c’est l’engrenage dans lequel un soldat peut être pris, malgré ses contradictions intérieures ?

    N.T. : Oui. Et il faut souligner que lorsqu’on est médecin-soldat en Israël, il n’y a pas d’ordre écrit mais des non-dits. Ils n’ont par exemple pas le droit de soigner des blessés palestiniens.

    La question du dilemme est aussi très présente dans votre récit.
    Le personnage principal est ainsi tiraillé entre la chimère du sionisme transmise par sa mère et ses réelles origines marocaines, par son père, prof d’histoire…

    N.T. : Et lui se trouve au milieu : entre sa mère qui veut absolument que son fils choisisse Israël, et son père qui est communiste. J’ai fait exprès d’en faire un descendant d’Abraham Serfaty [militant communiste mort en 2010 considéré comme le « Mandela marocain », emprisonné et torturé par le régime d’Hassan II dont il était un opposant, et aussi farouchement antisioniste, Ndlr.]. Je conseille d’ailleurs ses Écrits sur la Palestine qui témoignent d’une vision remarquable [réédités fin 2025 par son petit-fils Théo, Ndlr.]. Pour revenir à mon récit, le père du médecin-soldat est détaché de la religion et regarde la trajectoire de son fils. Paradoxalement, c’est le personnage central du récit. C’est lui qui a la subtilité d’observer son fils et de le laisser cheminer, avant d’entrer en contact avec lui au moment où il sent qu’il est mûr dans sa conscience. La façon qu’il a d’emmener son fils vers le concept de génocide est fine.

    Vous écrivez que le médecin-soldat franco-israélien est « étranglé entre deux fidélités »…

    N.T. : Il revient avec un poids sur la conscience mais a des remords vis-à-vis de ses grands-parents, de sa mère. Il n’a pas tout rompu mais revient sur Marseille, dans un univers où il retrouve sa famille et vit le fait d’être juif de façon sereine. En fait, il a fui un environnement épouvantable.

    Outre l’arrêt de la guerre et du génocide, quelles solutions politiques voyez-vous au conflit ?

    N.T. : L’horizon immédiat est d’abord l’arrêt de la souffrance des Palestiniens. À l’heure où nous parlons, leur situation humanitaire est épouvantable. La question palestinienne est noyée entre l’Iran et les États-Unis. À terme, l’idéal serait que les deux États vivent côte à côte et en paix. Mais aujourd’hui, cela paraît hélas tellement utopique. Sans compter la situation de la Cisjordanie où les colons vandalisent, tuent et violent sous l’œil complice de l’armée.

    « L’heure et la poussière » est notamment disponible dans la librairie marseillaise L’île aux mots ainsi que sur commande.heureetlapoussiere@yahoo.com

  • [Entretien] Emmanuel Maurel : « Une volonté de détruire l’audiovisuel public »

    [Entretien] Emmanuel Maurel : « Une volonté de détruire l’audiovisuel public »

    L’Assemblée nationale publie ce mardi matin le rapport du député ciottiste Charles Alloncle rédigé à l’issue des six mois d’une commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public décriée. Le document de 400 pages a été adopté la semaine dernière de justesse, par 12 voix contre dix, et huit abstentions. Il contient les 80 recommandations de l’élu d’extrême droite qui relayent les obsessions de son clan d’une cure d’austérité de France Télévisions, la soumission des journalistes à une prétendue « neutralité ». Démanteler pour mieux privatiser, résume le député GRS Emmanuel Maurel.

    La Marseillaise : Le rapport sur l’audiovisuel public de Charles Alloncle est rendu public ce lundi. Vous étiez contre sa publication ?

    Emmanuel Maurel : J’étais surtout opposé au rapport sur le fond. C’est un rapport assez médiocre, avec beaucoup d’approximations, d’insinuations et des préconisations que je conteste absolument. Le fait qu’il soit publié, il n’y a pas de problème à ce niveau-là, de toute façon les auditions menées étaient publiques. Je ne suis pas un censeur dans l’âme. C’est le fond que je conteste.

    Sur les 80 préconisations du député ciottiste laquelle vous alerte particulièrement ?

    E.M. : Mon désaccord principal, c’est la volonté du rapporteur d’économiser 1 milliard d’euros sur le budget de l’audiovisuel public notamment par une série de fusions ou de suppressions qui aboutissent à ce résultat. C’est clairement une volonté d’affaiblir, de démanteler, voire de détruire l’audiovisuel public. Je suis en désaccord total avec ça. C’est un rapport qui n’a pas beaucoup de hauteur de vue parce que l’audiovisuel public participe largement à la création audiovisuelle et cinématographique en France. C’est un secteur qui, en réalité, est bénéfique économiquement pour le pays.

    Jordan Bardella a annoncé que s’il arrivait au pouvoir, il privatiserait l’audiovisuel public. Si ce n’est pas écrit dans le rapport, c’est l’objectif à terme de l’extrême droite ?

    E.M. : Je crois surtout que Charles Alloncle a mis en place une entreprise de dénigrement de l’audiovisuel public, en inventant des histoires, en montant en épingle des faits qui sont complètement dérisoires pour préparer le terrain. Et ce, dans le but de mettre en place ce que veut Bardella et sûrement ses amis, y compris économiques. Il est évident que le groupe Bolloré a eu une influence dans cette affaire. L’idée à terme est de démanteler et de vendre l’audiovisuel public à la découpe, c’est ce qu’ont démontré ces six mois d’auditions. Des questions légitimes se posent sur l’audiovisuel public, ce qui est normal après tout. Ces vrais enjeux qui sont de savoir comment on adapte la télévision au tout numérique, comment on fait face à l’intelligence artificielle, comment l’audiovisuel public se défend face à l’hégémonie des Gafam, des plateformes américaines, ont été passés sous silence au profit de ragots.

    Que contient la contribution que vous avez apportée à ce document ?

    E.M. : Dans la première partie de ma contribution, j’expose les intentions de Charles Alloncle qui voulait démontrer que l’audiovisuel public n’était pas impartial, n’était pas neutre. En réalité, sa démonstration est très faible voire inexistante. Il y a des pages et des pages de ragots qui n’aboutissent à pas grand-chose. La deuxième partie est une démonstration assez rigoureuse sur pourquoi couper un milliard d’euros dans l’audiovisuel public, c’est une folie aussi bien en matière d’exception culturelle que de conséquences économiques et industrielles. Puis, la troisième partie contient un certain nombre de préconisations qui posent notamment la question importante du recours croissant à l’externalisation, c’est-à-dire faire appel à des sociétés privées pour réaliser des émissions de débat. Il y a aussi quelques mesures pour essayer de faire en sorte que France Télévisions, notamment, soit à la hauteur des enjeux du numérique.

    L’association AC !! Anticorruption a déposé samedi plainte contre X pour prise illégale d’intérêts et trafic d’influence, visant Charles Alloncle et la direction de Lagardère News.

    E.M. : Il est évident que M. Alloncle a un agenda politique qui coïncide avec celui du groupe Bolloré. Ça, tout le monde le sait, il suffisait de regarder les auditions pour s’en rendre compte. C’était, d’une certaine façon, transparent. On verra ce que donnera cette plainte.

    Cette commission d’enquête parlementaire instaure un précédent ?

    E.M. : C’était une tonalité très inquisitoriale et en même temps une stratégie de victimisation permanence. M. Alloncle, après avoir posé des questions très agressives, se plaint d’être malmené, critiqué. C’est pour ça que j’avais eu cette formule qui ne lui avait pas plu, en lui disant : « Vous commencez en Torquemada et vous finissez systématiquement en Calimero. » Je suis surtout déçu. Le rapport n’est vraiment pas bon. C’est vraiment une occasion manquée. On verra ce que ça donnera après sa publication mais ça en dit long sur les intentions de l’extrême droite.

  • Une exposition pour ne pas oublier l’horreur des camps

    Une exposition pour ne pas oublier l’horreur des camps

    L’espace des Rotatives de La Marseillaise a accueilli le vernissage de cette exposition portée par l’Amicale de Mauthausen, association qui œuvre à la mémoire de ce terrible patrimoine historique. Cette exposition, qui rappelle les horreurs du camp de Mauthausen, est à découvrir jusqu’au 8 mai. Les photos présentées témoignent des atrocités de Mauthausen, camp de concentration situé en Autriche qui aura vu passer plus de 198 000 détenus de vingt nationalités différentes, entre 1938 et 1945. L’exposition investit l’espace des Rotatives à l’initiative d’Antoine de Gennaro, membre de l’Amicale et du Collectif Saint-Jean 24 janvier 1943.

    Transmettre

    étaient également présents lors de ce vernissage Léo Purguette, président de La Marseillaise, Lisette Narducci, conseillère municipale déléguée à la mémoire et aux anciens combattants à la Ville de Marseille, Antoine Mignemi, rescapé de la rafle de Marseille en 1943 et Anne-Marie Thomazeau, fille de Marcel Thomazeau, dirigeant historiuqe de La Marseillaise qui a survécu au camp de Mauthausen. L’avocat Pascal Luongo, qui a déposé une plainte en 2019 visant à inscrire la rafle du Vieux-Port comme « crimes contre l’humanité », s’est aussi déplacé.

    Parmi les prises de parole, Léo Purguette a indiqué soutenir la démarche pour inscrire le camp des Milles, à Aix, au patrimoine mondial de l’Unesco. « Il est déterminant de faire comprendre aux jeunes générations que les engranges qui mènent au pire sont les toujours les mêmes », a-t-il souligné. Antoine Mignemi a aussi pris la parole : « Ce témoignage est pour moi un devoir de transmettre la mémoire et, en même temps, prononcer un message de paix et d’espoir, en particulier pour toutes les jeunes générations. Je déclare que le racisme et l’antisémitisme sont des délits majeurs. Soyons vigilants, aujourd’hui et pour l’avenir. » Une conférence-débat avec le collectif Saint-Jean a conclu le soirée.

    17, cours d’Estienne-d’Orves, entrée libre de lundi à vendredi, entre 10h et 18h. Jusqu’au 8 mai.

  • [Entretien] Dimitri Payet : « Le sport doit avant tout être un jeu »

    [Entretien] Dimitri Payet : « Le sport doit avant tout être un jeu »

    La Marseillaise : Vous avez lancé au mois d’avril un stage de perfectionnement pour les jeunes à Salon-de-Provence et à Gémenos. Quel bilan en tirez-vous ?

    Dimitri Payet : C’était le premier stage que nous mettions en place avec mon équipe. L’objectif était de leur transmettre quelques conseils et de les faire progresser sur une semaine. Nous avons aussi tenu à les accompagner sur tout ce qui se joue en dehors du terrain : la récupération, la nutrition, les réseaux sociaux, ou encore la question du harcèlement scolaire. L’idée était vraiment de les faire évoluer à la fois comme footballeurs et comme adolescents.

    Quel est le conseil le plus important que vous puissiez donner à un jeune joueur ?

    D.P. : Prendre du plaisir. Le sport doit avant tout être un jeu. Il ne faut pas se mettre trop de pression : on ne peut pas savoir à cet âge qui deviendra professionnel et qui ne le deviendra pas. L’essentiel, c’est d’être heureux sur le terrain, d’avoir envie d’aller à l’entraînement, de créer des liens. Jouer avec ses amis, gagner et perdre ensemble : à cet âge-là, c’est déjà beaucoup.

    Ce stage s’inscrit davantage dans une démarche sociale que sportive. À quel point cet engagement vous tient-il à cœur ?

    D.P. : Le sport est un formidable moyen de s’exprimer et de s’ouvrir au monde. Il permet aux jeunes de découvrir des choses et de se construire. C’est une force que l’on doit exploiter. J’ai grandi sur une île, avec peu d’opportunités, mais j’ai su en saisir une. Aujourd’hui, beaucoup de jeunes en manquent, et c’est à nous de leur en offrir.

  • [Entretien] Elsie Nicolas : « Si on est honnête dans ce qu’on fait, ça marche bien »

    [Entretien] Elsie Nicolas : « Si on est honnête dans ce qu’on fait, ça marche bien »

    La Marseillaise : En parallèle de votre engagement politique, vous êtes infirmière de formation. Exercez-vous toujours ?

    Elsie Nicolas : Je suis infirmière de métier depuis 2008, d’abord en milieu hospitalier. En 2023, j’ai fait un changement, je suis venue à Saint-Bonnet dans ce qu’on appelle une CPTS, une communauté professionnelle territoriale de santé. Je suis chargée de mission sur de la santé publique. On travaille sur les parcours de soins des patients, on fait beaucoup de prévention, on a aussi un volet sport-santé. On aide les professionnels libéraux des territoires pour organiser au mieux leur travail.

    En tant que maire, avez-vous donc une sensibilité particulière à ce secteur public en souffrance ?

    E.N. : Oui, même si ce n’est pas mon premier mandat, puisque j’ai été avant conseillère et adjointe, notamment sur la communauté de communes. Ce lien que j’ai avec la santé et cette connaissance du territoire, c’était pour moi aussi une façon de relayer la parole de mon milieu et de pouvoir donner mon sentiment et apporter ma voix, en tant qu’élue, mais aussi en tant que professionnelle. Je ne me proclame pas porte-parole de tout le monde dans mon secteur, mais disons que ça permet de sensibiliser un peu plus les élus qui ne sont pas du tout du milieu, de leur faire comprendre ce que ressent chaque professionnel, parce qu’on a toujours nos points de vue à nous, mais quand on ne se met pas à la place des autres, c’est parfois difficile de comprendre pourquoi ça ne va pas.

    Les Hautes-Alpes présentent un certain paradoxe : il y a beaucoup de médecins, mais mal répartis.

    E.N. : Oui, nous sommes un milieu rural avec un grand territoire, mais une population qui est minime par rapport à celui-ci, puisqu’on n’est que 140 000 habitants. D’autres régions sont bien plus densément peuplées. On était parfois, je dirais… pas les personnes oubliées, mais au vu du peu d’habitants, on avait moins de moyens. Maintenant, ça commence à changer. On a aussi le problème de la distance. Certains départements ont beaucoup d’agglomérations, un professionnel de santé n’a pas beaucoup de distance à y faire. À Chabottes, on a un professionnel qui vient de s’installer en libéral, mais il est conscient qu’il va avoir aussi un vaste territoire à couvrir, de route à faire pour avoir une patientèle et pouvoir survivre. Ce sont des choses qui freinent un peu l’installation des personnes. C’est pourquoi dans mon travail, au CPTS, nous essayons de promouvoir notre territoire et d’aider au maximum à l’installation. Maintenant, sur notre garde, le Champsaur-Valgaudemar, on est assez bien lotis, on a pas mal de médecins, on a trois maisons de santé pluriprofessionnelles, deux cabinets médicaux de montagnes, beaucoup d’infirmières, de kinés… Mais la situation est assez variée sur les Hautes-Alpes, d’autres endroits, comme le Buech-Dévoluy, sont en manque de professionnels, parce qu’ils ont autant de population, mais un territoire plus vaste.

    Parvenez-vous à concilier cette activité avec la charge de maire ?

    E.N. : Oui, même si j’ai diminué mon temps de travail à la CPTS parce que sinon, ça ne marchait pas. Et j’ai aussi une vie de famille, j’ai deux enfants, je suis maman et je suis veuve. Donc, je ne peux pas non plus compter sur mon mari le soir pour s’occuper des enfants. J’ai fait ce choix-là parce que je voulais vraiment m’impliquer dans la mairie. Pour le moment, ça se passe plutôt bien. L’installation au poste de maire est toujours compliquée parce qu’il y a beaucoup de sollicitations des différents acteurs, des personnes du village aussi, qui veulent se présenter… Petit à petit, je pourrai avoir un peu plus un rythme de croisière et une meilleure organisation.

    Ensuite, pour la conciliation de deux postes, j’arrive assez bien à faire la différence, à être objective dans mes décisions. Quand je suis au travail, il m’arrive de prévenir à haute-voix : « Attention, là je vais vous parler en tant qu’élue parce que j’ai cette expérience-là ». Ce qui permet de mettre des barrières là où elles ont besoin d’être. Mais, si on dit les choses et si on est honnête dans ce qu’on fait, ça marche bien. Il faut garder ce côté impartial, éviter les conflits d’intérêts. Déjà, lorsque j’étais à la Communauté de communes, je n’ai jamais travaillé sur des dossiers qui concernaient la CPTS car elle la subventionne. Et je me suis toujours retirée des votes pour être hors de décision et ne pas avoir de conflit d’intérêts, ce qui est normal. Je peux apporter mon expérience, mais il faut savoir se dégager de ce genre de projet quand on sait qu’on peut avoir un intérêt de quelque manière que ce soit.

  • Le Cross Med lance la campagne de sécurité des loisirs nautiques

    Le Cross Med lance la campagne de sécurité des loisirs nautiques

    « La prudence c’est vous, la sécurité c’est nous. ». Telle est la devise martelée par les acteurs de la sécurité maritime à travers le pays, apanage du Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage de Méditerranée (Cross Med) dans notre région, ainsi que sur les quelque 1 700km de côtes et les neuf départements de la zone. C’est dans ses locaux de la Garde, fraîchement rénovés, et qui seront inaugurés fin mai par la ministre de la Mer et de la Pêche Christine Chabaud, qu’a été lancée, lundi, sa campagne de sécurité des loisirs nautiques et de la plaisance 2026.

    En maître mot, un sigle : PEA, soit « se préparer », « s’équiper », « alerter ». Car « les premières causes d’interventions sont l’inexpérience, l’impréparation, l’inconscience et l’irresponsabilité », souligne le vice-amiral Christophe Lucas, préfet maritime de Méditerranée, après une recrudescence en la matière en 2025 (14% d’opérations supplémentaires sur la saison haute, +6% sur l’année, et 87 décès, soit une hausse de 26%).

    De nouveaux moyens

    de communication

    La campagne 2026, qui s’étend de mai à octobre, recense trois leviers : prévention et sensibilisation, contrôle, et réglementation. Sur le volet prévention, Christophe Lucas invite les usagers à « se tenir informés des conditions météo et de baignade, connaître le milieu dans lequel ils évoluent », ainsi qu’à « vérifier leur matériel », avant chaque sortie. Un accent particulier est mis sur la pratique du paddle, toujours plus importante, et sur la plongée, qui a vu son nombre d’accidents doubler sur le mois d’avril et le premier week-end de mai par rapport à la même période l’an dernier (avec deux décès à déplorer). « Le facteur fatigue intervient dans 60% des cas d’accidents de plongée », alerte Muriel Vergne, médecin urgentiste, responsable du Samu de coordination médicale maritime Méditerranée (SCMM), qui appelle chacun à « savoir s’écouter et dire non ».

    En cas d’accident ou danger, la technologie a également un rôle à jouer, avec le traditionnel canal 16 pour les signaux de détresse radio, et le 196, numéro d’urgence téléphonique. Pour optimiser leur fonctionnement et traiter les alertes toujours plus nombreuses (5 700 en 2025, un record), quatre nouvelles stations radio, en lien avec les 19 sémaphores de la zone, ont été installées en Méditerranée (portant leur nombre à 26), et le réseau de téléphonie optique a été modernisé. Un autre outil d’alerte, déjà déployé dans l’Hérault et en Corse, qui consiste en l’envoi de SMS pour alerter sur les conditions météorologiques et maritimes, va aussi être déployé dans les mois à venir, et des messages diffusés sur les panneaux numériques autoroutiers pour informer les personnes arrivant en zone littorale. « Il y a de plus en plus en plus d’usagers, ce qui nécessite de multiplier les moyens de communication », commente Aymeric le Masne de Chermont, directeur du Cross Med.

    Si la prévention reste la priorité, les contrôles, dont le nombre (12 000) est en augmentation de 10% sur 2025 (+12% d’infractions relevées), demeurent la suite logique. « On en fait une petite moitié sur les défauts de matériel de sécurité, et une petite moitié sur la vitesse », précise le préfet maritime, qui prône la tolérance zéro quant aux comportements dangereux.

    Et pour éviter d’être mis à l’amende, connaître la réglementation est la meilleure solution. Parmi les fautes récurrentes, l’absence d’un des deux coupe-circuit obligatoires sur les bateaux, ou le non-port d’une combinaison en néoprène, réglementaire pour l’usage d’un jet-ski. Des obligations consignées dans la division 240, texte qui fixe les règles de sécurité sur les embarcations de longueur inférieure ou égale à 24 mètres, et que chacun peut consulter sur l’application Nav&Co, également conçue comme un outil d’aide à la navigation.

  • Le livre jeunesse en fête à Manosque et Forcalquier

    Le livre jeunesse en fête à Manosque et Forcalquier

    Permettre à tous les enfants, nourrissons comme adolescents, d’accéder à la lecture et à la culture : tel est l’objectif de la fête du livre jeunesse, qui revient pour sa 26e édition du 18 au 23 mai. Coorganisée par deux associations spécialisées dans la littérature jeunesse, Éclat de lire et Croq’livres, la fête du livre accueillera cette année neuf invités à Manosque et Forcalquier.

    L’invité d’honneur de cette édition 2026 sera Jérémie Fischer, illustrateur installé à Manosque depuis deux ans. « Lui qui est invité à travers toute la France, il disait que cela avait une saveur particulière que de préparer une fête dans la ville où il habite, qui va bénéficier à des enfants qu’il a peut-être déjà croisés », rapporte Marion Dizès, de l’association Croq’livres. « On prend soin de choisir un invité d’honneur qui peut s’adresser à différents âges, du bébé à l’adolescent », précise Virginie Gontrand de l’association Éclat de lire.

    Cette collaboration entre les deux associations manosquine et forcalquiérienne permet « de croiser nos différents réseaux, d’avoir une plus grande richesse de propositions sur tout le territoire et de mutualiser les coûts », se réjouit Virginie Gontrand. La mise en commun de leurs moyens financiers permet de louer des expositions et de rémunérer les artistes pour six jours d’interventions.

    Atteindre les familles éloignées du numérique

    Le programme de la fête, conçu par l’invité d’honneur, a déjà été distribué à tous les écoliers des communautés de communes de la DLVA (Durance Luberon Verdon Agglomération) et du Pays de Forcalquier – Montagne de Lure. « On veut que chaque famille ait accès à cette communication, puisqu’il y a des familles qui sont éloignées du numérique », explique Virginie Gontrand.

    « On défend des livres faits par des éditeurs indépendants, avec un vrai souci graphique et de fabrication », avance Marion Dizès. Papier découpé, collage, dessin en rond, gravures, calque… Une multitude de techniques sont à découvrir chez les différents invités. « Il y a aussi cette volonté de partager ce qu’est le métier d’auteur et d’illustrateur jeunesse, et d’éveiller à la fois une rencontre avec le livre, mais peut-être aussi une vocation, une envie pour plus tard », ajoute Marion Dizès. L’idée est ainsi de « rendre accessible des savoir-faire, des techniques, des professions, des idées », conclut Virginie Gontrand.

    Tous les événements sont gratuits ou à prix libre, sauf la journée professionnelle, à destination des adultes, qui coûte, elle, 20 euros. Lors de l’inauguration de la fête le 18 mai, une classe de CM2 proposera une lecture en langue des signes. Le mardi 19 mai est prévue à Manosque une matinée pour les tout-petits, de 0 à 3 ans. « C’est pris d’assaut chaque année, car il n’y a pas beaucoup d’événements pour les tout-petits », explique Virginie Gontrand. « Le livre est un facteur d’inégalité entre les enfants et les familles », rappelle Marion Dizès.

  • Amateurs et professionnels jouent à égalité à la Player Cup

    Amateurs et professionnels jouent à égalité à la Player Cup

    Mettre les clubs amateurs et professionnels sur un même pied d’égalité. Nabil Abdou, fondateur de la Player Academy à la Ciotat, propose un concept unique en rassemblant ces deux côtés du ballon rond au travers d’un tournoi international dédié aux U11. Pour sa troisième édition, organisée le 9 et 10 mai au stade Valentin Magri, la Player Cup va rassembler douze équipes amateurs et douze formations professionnelles pour faire passer un message aux joueurs des deux camps. « Ceux qui ont la chance d’être dans un club professionnel vont comprendre qu’il y en a d’autres qui rêveraient d’être à votre place. Et que ce n’est pas le moment de se reposer sur ses lauriers. Inversement, les joueurs amateurs auront à cœur de montrer ce dont ils sont capables. Donc du coup, ça stimule les deux entités », résume Nabil Abdou. L’organisateur, qui a longtemps été animateur dans divers centres sociaux de différents quartiers de la région, a eu l’idée de créer son académie, et par extension sa compétition, après avoir exercé pendant quatre ans le poste de responsable de la section U13 à l’Olympique de Marseille, entre 2020 et 2024.

    Parrains d’exception

    « J’avais identifié un besoin dans ma ville », raconte le Ciotaden. « Il y avait des clubs de foot qui faisaient du mieux qu’ils pouvaient pour faire leur travail. Simplement, il manquait une structure où les jeunes pouvaient venir se développer, se perfectionner davantage via des méthodes d’entraînement qu’on peut voir un petit peu dans les clubs professionnels français et européens, que moi je repérais dans le cadre de mes fonctions à l’OM », poursuit celui qui a eu sous ses ordres Noa Payet, le fils aîné de Dimitri Payet. Aux côtés du capitaine de l’équipe de water-polo du Cercle des nageurs de Marseille, Ugo Crousillat, l’ancien milieu de terrain olympien sera le parrain de cette troisième édition. « On essaie de faire ce qu’on pense le mieux pour les enfants », explique le Réunionnais. « On sait que c’est notre avenir, donc on essaie de faire en sorte de leur donner aussi ce que nous on n’a pas eu. C’est des événements qu’on aurait aimé avoir en tant que jeunes. Ils ont la chance d’avoir des équipes professionnelles, d’avoir des entraîneurs qui arrivent à les encadrer, à leur sortir de leur milieu et de faire en sorte qu’ils aient une chance dans la vie ou dans le sport. C’est pour ça que ça me tenait à cœur de faire partie de cette aventure », ajoute l’international français aux 38 sélections. Sur le papier, on pourrait aisément se dire que les clubs professionnels sont avantagés. Mais dans les faits, les deux premières éditions ont été remportées par des clubs amateurs. « Quand on voit le travail fait par des clubs comme Air-Bel, le Burel ou Nanterre, en région parisienne, qui a terminé premier de sa poule devant des monstres comme le Paris Saint-Germain et le Stade Rennais, la frontière est plus fine que l’on croit. Il ne faut jamais dénigrer les clubs amateurs », martèle Nabil Abdou.