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  • [Entretien] Elisa Goudin-Steinmann : « En Allemagne, le “mur pare-feu” contre l’AfD se fissure »

    [Entretien] Elisa Goudin-Steinmann : « En Allemagne, le “mur pare-feu” contre l’AfD se fissure »

    La Marseillaise : Un an après son accession au pouvoir, le chancelier Friedrich Merz est à un niveau d’impopularité record. Comment l’expliquer ?

    Elisa Goudin-Steinmann : La CDU fait les frais de la situation économique difficile liée à des facteurs qui ne sont pas dus à l’Allemagne elle-même. Il y a eu coup sur coup l’arrêt du gaz russe pas cher et les tensions géopolitiques. On entre dans la troisième année de récession, ce qui n’est pas du tout habituel pour les Allemands, en tout cas ceux de l’Ouest qui n’ont pas connu ça depuis le « miracle économique ». Ça a créé l’impopularité du chancelier de fait. Il pâtit également des difficultés de dialogue au sein de la coalition avec le SPD.

    Le noyau dur de l’électorat du CDU et du SPD qui se partagent le pouvoir depuis 1949 est en train de disparaître. Y a-t-il une lassitude ?

    E.G.-S. : Je ne dirais pas qu’ils sont en train de disparaître. Les scores du SPD, le PS en rêverait. Ils perdent des électeurs, ça c’est sûr. Pas seulement au profit de l’AfD mais aussi de l’abstention, de la gauche plus radicale Die Linke ou dans certains cas des Verts. Mais oui, ce qu’on appelle les « Volkspartei », les partis de masse traditionnels [CDU et SPD Ndlr], sont un peu usés par le fait d’avoir gouverné ensemble plusieurs fois depuis 2005. On a du mal à voir la différence entre l’offre politique. Le SPD est un petit peu plus progressiste sur les questions sociétales mais à part ça, c’est la même politique économique qui sera menée au final, donc à quoi bon choisir ? C’est ce que disent les électeurs et les partis en sont conscients. C’est pour ça qu’ils n’étaient pas très motivés à l’idée de gouverner ensemble. Arithmétiquement parlant, le Bundestag est bloqué parce que la CDU ne veut pas s’allier avec la gauche radicale. Le cordon sanitaire tient pour l’instant autour de l’AfD, personne ne veut gouverner avec eux mais ils ont quand même 152 députés. Par ailleurs, en Allemagne, on ne dit pas « cordon sanitaire » mais on parle de « mur pare-feu ». L’AfD n’arrête pas de dire qu’il faut faire tomber ce mur, comme on a fait tomber le mur de Berlin et qu’on va libérer les Allemands une deuxième fois. Ils ont une stratégie très claire de chercher des moyens pour, finalement, gouverner avec la CDU, ce qui finira peut-être par arriver. Je suis incapable de le dire. Mais des voix à la CDU disent qu’il faut mettre fin à ce mur pare-feu. C’est en train de se fissurer.

    Pour récupérer les électeurs de l’extrême droite, la CDU a durci son discours sur l’immigration, ce qui a finalement bénéficié à l’AfD ?

    E.G.-S. : La CDU reprend un peu les éléments de discours de l’AfD pour essayer de récupérer les électeurs mais on sait très bien que ça ne marche pas. Ça s’est vérifié partout. Les Républicains ont essayé de faire ça aussi avec certains thèmes du Rassemblement national. On ne récupère pas d’électeurs comme ça. Ça crée juste une droitisation, en général, de leur politique et ça légitime le discours de l’AfD, ça le normalise. En Thuringe, Björn Höcke a repris le slogan nazi « Deutschland über alles » (« L’Allemagne au-dessus de tout »). Alexander Gauland [président d’honneur de l’AfD, Ndlr], a utilisé le mot « entsorgen » à l’encontre d’une ministre d’origine turque. Ce qui veut dire qu’il fallait la déporter. Ce n’est plus ambigu, c’est un langage ouvertement nazi.

    L’AfD ambitionne de remporter plusieurs régions à l’Est lors des élections de septembre. Pourquoi fait-elle de bons scores dans l’ex RDA ?

    E.G.-S. : Si on regarde les marqueurs sociaux comme le chômage par exemple, la population à l’Est est plus défavorisée donc, elle a une plus grande probabilité de voter AfD. Même si ça ne représente pas la totalité des électeurs, bien sûr. Le deuxième facteur est historique. Les électeurs sont souvent des personnes ayant grandi en RDA ou socialisés par des parents qui vivaient dans l’ex Allemagne de l’Est, où il n’y a pas eu ce travail sur le passé nazi. On racontait l’histoire en disant qu’on était les héros de la Résistance, qu’on était les communistes donc on ne s’est pas du tout interrogé sur la culpabilité. Il y a ce manque d’un travail historique et d’une conscience historique à l’Est qui a été en partie comblée après la chute du Mur. Enfin, le troisième et plus gros facteur d’explication, selon moi, ce sont les injustices économiques et sociales commises après 1990. Le vote AfD est souvent un vote de protestation. Mais il ne faut pas stigmatiser les Allemands de l’Est, l’extrême droite progresse aussi et plus rapidement à l’Ouest, d’où viennent tous ses dirigeants.

    81 ans après la capitulation nazie, le parti dirigé par une petite-fille de SS est en tête des sondages. L’Allemagne renie son passé ?

    E.G.-S. : Le 2 avril dernier, l’hebdomadaire allemand Die Zeit a mis en ligne un moteur de recherche qui permet à chacun, en deux clics, de savoir s’il avait des grands-parents nazis ou pas. Ça a provoqué un gros débat en Allemagne et une prise de conscience. Tout le monde tombe des nus en découvrant qu’il avait un grand-père ou une grand-mère nazi. C’est une petite révolution. L’espoir est que ça mette à mal la stratégie de l’AfD qui essaye de balayer tout le travail de mémoire fait depuis 1945. Les sondages montrent que seulement un quart des Allemands pensent avoir eu un nazi dans sa famille, ce qui est hyper sous-estimé. Est-ce que ça va empêcher de voter AfD ? Ça, c’est encore une autre question. Je n’ai pas la réponse. En tout cas, on ne pourra plus dire mais les nazis, c’est la famille des autres.

  • L’impérieux devoir de mémoire du 8-Mai

    L’impérieux devoir de mémoire du 8-Mai

    Le 8 mai 1945 marque « la capitulation sans concession de l’Allemagne nazie » et la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe. « Notre combat est celui pour la paix, la guerre à la guerre, et contre les idées de l’extrême droite », insiste Patrick Saintenoy, président de l’Association républicaine des anciens combattants (Arac) des Bouches-du-Rhône. Elle fut « la seule association d’anciens combattants à dire non à Pétain ». Tous ses dirigeants furent arrêtés et fusillés.

    Ce 8-Mai inscrit dans la mémoire collective comme la date de la victoire sur le fascisme et la barbarie reste « une date fragile », note Jean-Marie Guillon. Supprimé en 1959, redevenu férié en 1982, « ce jour est concurrencé dès 1945 par le 11 novembre, il y a le 18 juin pour les Gaullistes, les fêtes de la Libération dans les communes, et cet éclatement du souvenir de la Seconde Guerre mondiale entre diverses mémoires », poursuit le professeur d’histoire honoraire d’Aix-Marseille Université. « Perdus dans les fériés de mai, beaucoup ne savent plus ce qu’il représente, or une commémoration ne tient que s’il y a une adhésion populaire mais le 8 mai n’a jamais joué le rôle rassembleur du 11 novembre ».

    Quatre-vingts ans plus tard, cette commémoration ne relève pourtant pas que du souvenir. Ce repère historique et républicain interroge le présent. La défaite militaire du nazisme n’a pas été celle des idéologies autoritaires. Les résistants en avaient conscience et ont accompagné la Libération d’un projet politique et social ambitieux, celui du Conseil national de la Résistance. Le programme des Jours heureux a posé les bases de l’État social français avec un objectif clair : tarir les sources économiques, sociales et politiques ayant permis la montée du fascisme dans les années 1930.

    Un héritage détricoté depuis des décennies, désormais au cœur d’une autre bataille. Résistance, peuple, patriotes, souveraineté, liberté, ces mots et notions forgés dans le combat contre l’occupant nazi sont aujourd’hui employés à rebours de leur sens originel. Là où la Résistance portait un projet d’émancipation collective, l’extrême droite s’en sert pour légitimer le repli, l’exclusion ou la contestation de l’État de droit.

    « Ils captent cet héritage de façon complètement indue. Ce vol a commencé dans les années 90 et n’a fait que se renforcer au fur et à mesure que l’extrême droite a prospéré et cherché à se donner une image respectable. Le père Le Pen disait qu’il était pour la Résistance. C’était celle à l’immigration, il jouait déjà sur les mots », rappelle Jean-Marie Guillon. Une inversion sémantique qui affaiblit les repères et brouille la mémoire.

    Ne pas se laisser voler

    le 8-Mai

    Aujourd’hui, les représentants d’un courant dont le principal parti, le Rassemblement national, a été fondé par ses adversaires, vont jusqu’à se ranger derrière la figure de De Gaulle. En nombre et en première ligne lors des commémorations. « Il faut se rappeler l’histoire, ils l’ont condamné à mort quand il était colonel », reprend Patrick Saintenoy. « On parle de ça dans nos commémorations patriotiques où tout le monde est représenté. Ils sont élus, ils n’ont pas fait un coup d’État. Il ne faut rien renier de nos valeurs républicaines mais avec diplomatie. »

    L’an dernier lors d’un hommage à la Résistance du maquis de Sainte Anne sur le plateau de Manivert, des anciens combattants ont tourné le dos au dépôt de gerbe du député d’extrême droite. À Marseille, où la mairie des 9e et 10e arrondissements est passée aux mains du RN, les communistes des 9-10, « fidèles à l’esprit de la Résistance » ont choisi de se détourner cette année de la cérémonie. « C’est une insulte que les héritiers du fascisme d’hier puissent rendre hommage à celles et ceux qui les ont combattus. Nous refusons de nous tenir aux côtés des représentants de nos ennemis historiques », justifie le PCF du 10e dans un communiqué listant les noms de rue donnés aux communistes tombés « face aux nazis et à leurs collaborateurs ».

    Les « héritiers du parti des fusillés comme il était appelé à la Libération, ne se laisseront pas voler le 8-Mai » et déposeront des gerbes, hors du cadre imposé par le RN. « La gauche a laissé partir le patriote du côté de la droite et de l’extrême droite, laissant une confusion entre nationalisme et patriotisme. Or le patriotisme était intimement lié à l’idée de République », assure Jean-Marie Guillon.

    Une bataille idéologique inscrite dans un contexte international marqué par la montée des droites autoritaires poussées par Donald Trump. Dans leur sillage, avec l’invasion russe en Ukraine et l’escalade en Iran signe de l’effondrement progressif du droit international hérité de l’après-guerre, ce
    8-Mai ne peut être réduit à un rituel figé. Le Conseil national de la Résistance portait une intuition toujours actuelle : sans justice sociale, sans droits garantis, sans coopération, les idéologies de haine trouvent un terrain favorable.

    LES RENDEZ-VOUS

    Bouches-du-Rhône

    Marseille. 11h, cérémonie commémorative à l’Arc de Triomphe, 19 place Jules-Guesde.

    Aix-en-Provence. 17h, Défilé patriotique sur le cours Mirabeau suivi par une cérémonie place du Général de Gaulle.

    Lyunes. 10h, cérémonie au monument aux morts, Espace Decastille.Allocution de Sophie Joissains, maire d’Aix.

    Les Milles. 11h45, cérémonie devant le monument aux morts, avenue Durbec.

    Martigues. 9h30, au monument aux morts de la Couronne, 10h45 à Saint-Julien-les-Martigues avec un dépôt de gerbe ; à 11h30 au monument aux morts 39/45, place du 8-Mai, 11h30 à Saint-Pierre-les-Martigues.

    Miramas. 9h, messe devant l’église Saint-Louis puis devant l’hôtel de ville, 10h, cérémonie au cimetière de Miramas-le-Vieux, 11h, départ du défilé.

    Châteauneuf-les-Martigues. 14h, bal d’époque, parc municipal François-Mitterrand avec exposition et défilé de véhicules militaires d’époque.

    Port-de-Bouc. 11h, cérémonie au monument aux morts de la Lèque.

    Entressen. 10h, cérémonie devant la mairie annexe. Départ du cortège vers le Monument aux morts.

    Istres : 10h30, cérémonie devant le Portail d’Arles, puis à 11h, devant la stèle de la Paix, esplanade Bernardin-Laugier.

    Aubagne. 9h30, rassemblement à l’entrée du cimetière des Passons,

    10h, rassemblement devant l’hôtel de ville.

    La Ciotat. 9h30, rassemblement au cimetière de Sainte-Croix à La Ciotat et à 11h, place des Héros à Ceyreste.

    Var

    Toulon. 9h40, cérémonie sur la Place d’Armes, déambulation de l’avenue Jean-Moulin à la place Gabriel-Péri, de 13h30 à 17h30 : ouverture à la visite du Fort Saint-Antoine avec exposition de véhicules et matériels militaires historiques.

    La Seyne. 9h, cérémonie au monument de la Victoire, esplanade du Souvenir Français.

    Fréjus. 9h45, cérémonie au Monument aux Morts, place Agricola.

    Hyères. 10 h, place Théodore-Lefèvre, à 10h, à Porquerolles, 12h à Giens.

    Draguignan. 8h45, cimetière Américain Rhône, 9h15, monument de la Résistance, 11h30, monument aux Morts, cour d’Honneur de l’Hôtel de Ville, 11h45, monument aux Morts, Jardin Anglès.

    Brignoles. 10h, cérémonie place Clemenceau et monument aux morts.

    Vaucluse

    Avignon. 9h, cérémonie au monument aux morts place de l’armée d’Afrique, 10h15, monument aux morts de Montfavet, 11h15, prise d’armes sur la place du Palais des Papes, 12h, monument aux morts du Rocher des Doms.

    Apt. 11h30, cérémonie au monument aux morts.

    Carpentras. 12h, cérémonie au monument de la Victoire.

    Orange. 10h cérémonie cours Pourtoules.

    Alpes-de-Haute-Provence

    Manosque. 16h, cérémonie au monument des martyrs de la résistance des Basses Alpes, boulevard Elemir-Bourges.

    Digne-les-Bains. 10h30, cérémonie au rond-point du monument aux morts.

    Sisteron. 9h15, départ du cortège depuis la mairie pour la cathédrale, 11h, rassemblements au monument de la résistance et à 11h40 au monument aux morts.

    Les Mées. 9h30, cérémonie au Monument aux morts du cimetière des Petits Camps, 11h, départ du cortège, Fontaine de la République, 11h30, cérémonie au Monument aux morts, square de la Paix.

    Oraison. 10h30, cérémonie sous la mairie.

    La Brillanne. 10h30, cérémonie devant la mairie.

    Reillanne. 11h15, cérémonie monument aux morts.

    Hautes-Alpes

    Briançon. 11h, au monument aux morts.

    Gap. 11h, au monument aux morts.

    Embrun. 11h15, messe à la Cathédrale Notre Dame du Réal, 12h30, cérémonie au monument aux morts.

    L’autre 8-Mai, hommages aux victimes des massacres de Sétif

    Plusieurs cérémonies et manifestations auront lieu ce vendredi 8 mai, à Marseille, Martigues et Aix-en-Provence, pour commémorer le massacre de milliers d’Algériens en 1945, à Sétif, mais aussi Guelma et Kherrata, dans le Constantinois. Le jour de la capitulation de l’Allemagne nazie, un défilé est organisé dans plusieurs villes d’Algérie. La situation dégénère rapidement et les rassemblements sont très férocement réprimés, répression qui aurait fait de 10 000 à 30 000 morts, selon les historiens. La Ville de Marseille organise vendredi 8 mai, une cérémonie au parc de la Porte d’Aix à 15h avec le dévoilement d’une plaque commémorative, la Ville de Martigues est à l’initiative d’un hommage au cimetière de Réveilla, à partir de 10h30 tandis que la France insoumise commémorera les victimes de ces massacres à Aix-en-Provence, place des Martyrs, à partir de 10h30.

    Carmen Vollenweider

  • Les Marseillaises battues par Dijon

    Les Marseillaises battues par Dijon

    Dans un match dominé par le DFCO, ce sont bien les Dijonnaises qui se sont imposées
    (0-1) pour cet ultime match. Suite à un penalty manqué par Leclercq, Gabriela Grzybowska a fini par conclure alors que le temps additionnel de la première période était bien entamé. En fin de partie, la jeune Sarah Compaoré a été expulsée côté Olympiennes. La course au maintien a été folle jusqu’au bout avec Saint-Etienne, reléguée à la suite d’un but de Fleury à la dernière minute. Lens descend aussi, Montpellier est sauvé.

  • [Entretien exclusif] Renaud Muselier et Jean Castex « Les JO, accélérateur de la révolution ferroviaire »

    [Entretien exclusif] Renaud Muselier et Jean Castex « Les JO, accélérateur de la révolution ferroviaire »

    La Marseillaise : Vous avez fait ensemble des annonces importantes pour le ferroviaire dans la région. Peut-on parler d’un « effet Jeux olympiques » ?

    Renaud Muselier : Il y a incontestablement un effet JO dans la région, pas simplement sur le ferroviaire. Mais nous avions commencé par le premier budget vert d’Europe, ce qui entraîne la décarbonation. Dans une région où on ne peut pas avoir de route et dans laquelle il faut des trains. La boucle est bouclée. On a fait ce qu’il fallait sur l’arc bucco-rhodanien, pour libérer, organiser, structurer Tarascon, Arles, Miramas, la Côte bleue, donc l’Ouest de Marseille. On a, sur la Métropole niçoise, réglé le problème de Nice-Breil, ce qu’on appelle le train des merveilles, mais aussi le Nice-Digne, le train des pignes. On a obtenu des moyens pour la Ligne nouvelle Provence Côte d’Azur qui est le premier maillon de l’arc méditerranéen entre l’Italie et l’Espagne, financé par l’Europe. Dans le cadre de l’application des règles européennes transcrites dans le droit français, nous avons fait des appels à concurrence. Quel est l’accélérateur de la révolution ferroviaire ? Oui, c’est l’effet Jeux. Il permet d’obtenir plus vite les livraisons, l’organisation d’une structuration qui a été anticipée depuis longtemps.

    Jean Castex : Les JO d’hiver c’est le bébé de Renaud Muselier, mais permettez-moi de rappeler qu’avant d’être Premier ministre, j’ai été délégué interministériel aux Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024. Cela me permet de dire que des Jeux réussis, ce sont ceux qui laissent un héritage sur le territoire sur lequel ils sont organisés. Je ne peux que me réjouir, avec ma casquette de président de la SNCF, qu’Alpes 2030 aura un héritage ferroviaire majeur. La ligne des Alpes sur laquelle nous nous trouvions, mardi, avec le président Muselier, en est l’illustration. La force de la région, c’est d’avoir su drainer une partie des financements olympiques sur un objet ferroviaire qui va rester bien au-delà de l’échéance de 2030. L’ambition est là. Bravo la région ! Après, il faut réaliser. L’avantage des Jeux, je l’ai mesuré à Paris, c’est qu’il y a une échéance. On ne peut pas dire au monde entier qu’on n’est pas prêt et que, finalement, on va les faire en 2032. On sait faire. On a fait des lois olympiques pour accélérer les procédures. C’est aussi une vertu des Jeux de nous apprendre à travailler autrement pour rendre possible ce qui d’ordinaire est impossible ou, du moins, très difficile.

    Quel impact de cet héritage ferroviaire sur la vie quotidienne de la population ?

    Jean Castex : La ligne des Alpes, mais ce n’est pas la seule, a un taux de régularité qui peut être amélioré. C’est ça que regardent nos concitoyens. Le cumul de l’ouverture à la concurrence lot n° 3 et des travaux olympiques va nous permettre d’agir sur tous les registres avec des impacts concrets pour nos concitoyens. Augmentation de l’offre ferroviaire à terme de 30%, ça veut dire par exemple un train par heure à heure de pointe. Dans les causes des retards, aujourd’hui, il y a la vétusté de l’infrastructure. À l’issue des 340 millions d’euros qu’on va engager sur la ligne Marseille-Briançon, tout cela va changer. La région va, par ailleurs, commander de nouvelles rames, certains retards étant liés à des pannes sur des rames anciennes. On va construire également un atelier de maintenance à Briançon. Bravo la région ! On comprend bien que rapprocher la maintenance de la ligne accroît la performance. Des pannes, il peut y en avoir, c’est inévitable. La question c’est : dans quel délai on peut les réparer.

    Donc, vous considérez que ce ne sont pas seulement des investissements pour transporter une masse de touristes durant les 15 jours des Jeux ?

    Renaud Muselier : Je pense d’abord aux citoyens de la région qui sont entre les trois grandes métropoles voire quatre avec Avignon, plus les bassins de vie enclavés dans nos terres. Je commence par là. Par exemple, au-delà de l’augmentation des trains dont a parlé le président Castex, on diminue le prix du billet de 20% pour les abonnés. Parallèlement, il augmente de 20%pour le ticket unique. Donc, celui qui vient en vacances, il prend le train et il paye beaucoup plus cher. C’est le seul moyen que l’on a pour désengorger, décarboner, fluidifier, organiser, structurer en refaisant la totalité de nos gares. On nous avait accusés, au début du mandat, de vouloir fermer des gares. On n’en ferme aucune. Au contraire ! On crée des pôles multimodaux partout avec le train, les cars Zou! qui ont été augmentés et décarbonés, les parkings, les prises de recharge, les vélos…

    Jean Castex : La force des Jeux et du président Muselier, c’est d’avoir réussi à attirer des financements extérieurs à la région. Nous avons posé, ensemble, le premier cube du Pôle d’échange multimodal de la gare de Briançon. C’est un projet ambitieux de 20 millions d’euros qui sera financé par la Solidéo [Société de livraison des ouvrages olympiques Ndlr]. Ce ne sont pas des fonds régionaux, pas des fonds SNCF.

    Il est aussi question, avec votre déplacement, Jean Castex, d’ouverture à la concurrence. Et puis… finalement, c’est l’opérateur historique qui l’emporte ? Cela n’aurait‑il pas été plus simple d’avancer sans en passer par là ?

    Renaud Muselier : On augmente de 30% le niveau de service. La concurrence a quelque chose de bon, c’est qu’en sortant du monopole, tout le monde se retrousse les manches. Que le meilleur gagne. Dans les lots ouverts, il y en a quand même un qui a été gagné par un concurrent. Nous avons été les premiers en France à ouvrir la concurrence, il a fallu que la SNCF s’adapte.

    Jean Castex : Évidemment, c’est un challenge pour la SNCF, mais on aime bien être challengé. Ne croyons pas que le service public soit incompatible avec l’amélioration de la performance, à l’adaptation à des attentes nouvelles… Le monde bouge. Mais, vous vous en doutez bien, c’est un challenge quand vous êtes en monopole depuis quand même 1937. Je le dis : l’objectif stratégique de la SNCF est de se succéder à elle-même. Elle est mise en concurrence, c’est la loi. Les autorités organisatrices des transports sont exigeantes, M. Muselier l’a rappelé. Nous devons faire des offres qui sont performantes sans nous renier, sans casser le jouet. On reste la SNCF ! On a des valeurs de service public auxquelles je suis parfaitement attaché, mais les modalités évoluent. Cela suppose un processus d’accompagnement du changement, par le dialogue social. Qu’est-ce qui résout l’équation ? L’accroissement de l’offre. C’est-à-dire qu’on nous donne des moyens, que l’on peut investir… Si on restait à offre constante, sans aucun moyen d’évoluer à l’investissement, on pourrait se dire « tout ça pour ça ». Non ! Ce n’est pas comme ça. On est heureux de garder ce service, on veut gagner tous les lots, même si on ne les gagne pas tous, c’est la loi du genre. Le point commun avec l’autorité organisatrice des transports, c’est que l’on est satisfait quand nos voyageurs, nos usagers, le sont aussi.

    Votre prédécesseur à la tête de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, avait quand même reconnu qu’il avait un doute sur l’efficience économique de la concurrence. Est-ce que vous partagez ce doute ?

    Jean Castex : Aucun système n’est jamais parfait, bien entendu. J’ai d’ailleurs appelé de mes vœux la constitution d’un observatoire neutre. Vous le savez, le TGV est lui aussi ouvert à la concurrence. Il y a des dessertes qui sont très rentables et d’autres qui sont déficitaires. C’est comme ça, parce que le TGV va partout et je tiens à ce que ça continue. Il n’y a pas besoin d’être docteur en gestion. Si les aimables concurrents ne vont que sur les sections rentables pour laisser à la SNCF les dessertes non rentables ça ne fonctionne pas. Pour moi, oui à l’ouverture à la concurrence, mais avec des obligations et des règles du jeu qui sont les mêmes pour tous. L’aménagement du territoire, c’est la péréquation. Les élus politiques des territoires le savent et ont ce souci.

    Renaud Muselier : Oui, d’ailleurs, nous-mêmes en tant qu’autorité organisatrice des transports, on a intégré cette exigence. On a toujours fait des lots équilibrés. On sait bien quels sont les territoires sur lesquels il y a beaucoup de monde et les autres.

    Jean Castex : Sur les TGV, c’est une activité « librement organisée », il n’y a pas d’autorité organisatrice des transports comme pour les TER avec les Régions. Mais attention, on est sur du service à la Nation ! Le train c’est un atout de développement du territoire.

    C’est le cas aussi pour les trains de nuit, vous reconnaissez cette logique ?

    Renaud Muselier : La desserte de Marseille ou Nice, ce n’est pas la même chose que la desserte de Briançon. Quand on arrive sur Briançon, on voit bien que tout le matériel est obsolète. C’est un peu compliqué aussi parce que, si nous nous avons fait des efforts, on se connecte à un autre réseau sur une autre région qui ne fait pas forcément les mêmes efforts en termes d’électrification. Donc, si on veut être prêt pour 2030, le train de nuit a une importance capitale pour circuler entre la capitale et les Hautes-Alpes. On a la nécessité de commander les locomotives et les rames, d’ici la fin de l’année. On a un allié qui est le ministre des Transports.

    Jean Castex : Tout à fait. Vous avez devant vous le Premier ministre qui a relancé les trains de nuit, rouvert le Paris-Nice, mais aussi le Paris-Tarbes ou le Paris-Aurillac. Je crois au train de nuit, les faits me donnent raison parce que ça marche. Je me suis rendu lundi soir – pas un week-end – à Briançon par train de nuit. Il était quasiment plein. Le Paris-Nice fonctionne très bien. Sur ce type de train, qu’on appelle intercités, c’est l’État l’autorité organisatrice des transports. Ils vont aussi être mis en concurrence. Ce serait un crève-cœur que ce ne soit plus la SNCF qui les exploite. Sur Paris-Briançon en particulier, je vais remercier les Jeux et M. Muselier : Les voies vont être refaites de Veynes à Briançon. Ensuite, il y a la section entre Veynes et Valence qui mériterait sans doute le même effort d’investissement. Mais le vrai sujet sur cette ligne, c’est le matériel roulant. Depuis Paris-Austerlitz jusqu’à Valence, le train roule avec une locomotive électrique, puis à 4h du matin, on met une locomotive diesel jusqu’à Briançon. Ces locomotives sont fragiles et en nombre limité. Elles expliquent beaucoup d’annulations, de problèmes, dont je suis parfaitement conscient. Nous attendons le résultat des appels d’offres lancés par l’État pour des locomotives bimodes, neuves, qui permettraient de ne pas en changer sur la longueur du trajet, économisant un temps précieux.

    Renaud Muselier : Ces locomotives seront livrées prioritairement chez nous, parce qu’on a les Jeux !

    M. Castex, vous avez rencontré à Marseille les organisations syndicales, qui redoutent un scénario semblable à celui vécu à France télécom, avec les bouleversements liés à la concurrence. Que répondez-vous ?

    Jean Castex : Je suis à l’écoute et je comprends les inquiétudes. C’est normal que les processus de changement inquiètent. Mon devoir, c’est d’écouter, de comprendre, mais aussi de trouver les voies et moyens pour rassurer. Tout ce que l’on vient de se dire montre qu’il n’y a, en aucun cas, un abandon du service public ferroviaire ou de la SNCF puisque ceux qui ont la capacité de choisir, nous choisissent. On investit de plus en plus dans le ferroviaire, on a de plus en plus de voyageurs. Effectivement, il faut prévenir les risques psychosociaux. Chaque agent doit être traité avec l’attention qu’il mérite. Ne doutez pas de ma détermination sur le sujet. La réussite pour nos usagers ne peut pas se faire sans réussite pour nos agents.

    Avez-vous quantifié l’effet de ces grands chantiers ferroviaires sur l’économie régionale, sur l’emploi ?

    Renaud Muselier : Dans la globalité des Jeux, après avoir fait notre rencontre « meet the buyers » sur les appels d’offres avec les entreprises, on peut estimer à la louche que c’est 4 milliards d’euros investis pour les Jeux. Ce qui fait 2,1 milliards pour la Région Sud, dont 700 millions pour le pôle de Briançon, 700 pour le pôle Alpes-Maritimes et 700 qui vont arriver sur le reste de la région. C’est un effet de levier économique très important, sans compter l’héritage.

  • Les calanques marseillaises lentement dépolluées

    Les calanques marseillaises lentement dépolluées

    Titanesque, le chantier de dépollution des calanques, entre le Mont Rose et Callelongue, a connu sa première phase, du 1er septembre au 31 mars dernier. Pour mémoire, l’État avait été contraint par une décision de justice, en décembre 2024, de le mener à bien d’ici juin 2038, suite au recours de trois associations, celle de Santé littoral sud (ASLS), Union calanques littoral et la Fédération d’action régionale pour l’environnement Sud. Avant que ne démarre la seconde phase, les principaux acteurs de l’opération ont tiré un premier bilan sur les sites de l’Escalette et de Samena, ce mercredi 6 mai.

    Le but : traiter les rejets industriels déposés par l’industrie au fil des XIXe et XXe siècles. Des scories contenant des taux élevés de cadmium, de mercure, d’arsenic ou de plomb, comme le relevait en 2005 une étude de l’Institut de veille sanitaire. « Sept dépôts sur vingt devaient être traités, trois n’ont pas été terminés », indique Louise Walther, directrice de l’environnement à la préfecture. En cause : la mauvaise météo, des contraintes réglementaires avec la nécessité d’employer des corps de métiers très spécialisés pour des finitions « léchées » en plein site classé, explique-t-elle. Se sont ajoutés d’autres paramètres : respecter des espèces protégées, prendre en compte les habitants et la fréquentation touristique. Bref, « un chantier très atypique dans un site très contraint », résume-t-elle.

    Des surprises au menu

    Les maîtres d’ouvrage ont également eu quelques surprises, notamment sur les tonnages, « 44% de plus » que prévu, précise Louise Walther. Soit 3 500 tonnes au lieu des 2 500 prévues initialement.

    Concrètement, à Samena, des restanques ont été créées, « il a fallu creuser le calcaire », explique Mélody Gros, cheffe de projet sites pollués à l’Ademe. Seuls deux des trois dépôts ont été traités. L’année prochaine, il faudra « retirer la membrane qui ne supporte pas les UV » pour faire du définitif avec l’habillage paysager, ajoute-t-elle.

    Le port de l’Escalette n’est pas achevé non plus. Reste, là encore, la végétalisation, des parements de pierre à réaliser, mais les scories sont confinées, assure Melody Gros. À la calanque des Trous, un mur et un enrochement ont vu le jour, mais « on s’est arrêté là, car l’insertion paysagère demande de prendre beaucoup de temps », complète-t-elle.

    Financièrement, ces couacs n’ont rien ajouté aux 14,9 millions d’euros de budget. « On avait prévu des marges », assure la responsable de l’Ademe.

    Pour la seconde phase, prévue du 1er septembre au 31 mars, il reste à traiter seize dépôts. Soit 6 000 tonnes de scories à enlever sur neuf zones géographiques distinctes. Le gros morceau sera le belvédère de Callelongue, qui « va demander du temps, 7 mois de travaux à lui seul », prévient Mélody Gros, avec à la clé, pour les riverains, de « grosses perturbations de circulation et de stationnement ».

    Un mal pour un bien. « On s’est bagarrés pendant plusieurs années pour ces travaux, on ne va pas se priver du plaisir de voir que ça se fait », commente Rolland Dadena, président d’ASLS, qui souligne aussi « le dialogue » instauré avec la mise en place d’un comité de suivi en 2024. Mais, pour lui, il faudrait aller plus loin en dépolluant aussi le site de Legré-Mante.

    En termes de santé, s’il n’y a « pas eu d’alerte particulière », les services de l’État restent vigilants. Il y a deux voies d’exposition rappelle Cécile Morciano, responsable du service santé environnement à la délégation des Bouches-du-Rhône de l’ARS : « L’ingestion de la terre et de sable contaminés par les enfants et la consommation d’oursins et de moules. » Après un historique mené sur 10 ans, « aucun signal sanitaire sur ce secteur ne nous a été remonté », insiste-t-elle. Si le confinement des scories supprime le risque, la qualité de l’air restera sous surveillance durant le chantier et 7 mois après. Mais la pêche aux moules n’est pas pour demain, « les sédiments côtiers restent », reconnaît Cécile Morciano.

  • Les Aixois face à une montagne avant les playoffs

    Les Aixois face à une montagne avant les playoffs

    C’est presque un air de Top 14 qui va souffler, ce jeudi soir, entre les travées du stade Maurice-David. Provence Rugby reçoit Vannes, leader incontesté du championnat, pour le compte de l’avant-dernière journée de Pro D2. Un défi XXL qui aura également des allures de phases finales, alors que ce rendez-vous va très vite arriver pour les deux formations. Les Aixois doivent encore assurer une 3e place, la meilleure position atteignable sur cette fin de saison. Julien Dupuy sait très bien que la tâche sera difficile pour vaincre l’ogre breton. « Vannes fait son championnat, on fait le nôtre. Ils vont venir avec l’équipe que le staff de Vannes pense être la meilleure. C’est surtout à nous de nous concentrer sur ce que l’on fait bien récemment. »

    L’entraîneur des arrières poursuit avec une phrase choc : « Vu leur calendrier, de les battre, ce serait un miracle. » Les Vannetais évoluent sur une autre planète depuis l’ouverture du championnat, fin août 2025. Assurés de la première place, ils comptent déjà 110 points et réalisent l’une des plus grosses saisons de l’histoire du championnat. Les 1 000 points marqués ont été dépassés (1 014), soit près de 200 unités de plus que Provence Rugby, 3e attaque sur 16.

    Thomas Sauveterre donne lui des raisons d’y croire avant cette rencontre. Le talonneur affirme qu’il n’y a pas spécialement de stress avant un tel match. « On a eu un exemple qui a été bien fait par Angoulême il y a quelques semaines [victoire 29-26 des Charentais, Ndlr]. On sait qu’il va falloir mettre une très grosse énergie, gagner les collisions, ne pas les laisser s’installer dans le match. Il ne faut pas qu’ils jouent dans un fauteuil. Pas de pression, on le prend surtout comme un test à cette période de l’année », appuie le massif première ligne provençal.

    Plus de fraîcheur à l’entame du sprint final

    Après deux semaines de trêve, le groupe veut prendre match par match et ne pense pas encore au déplacement à Valence, la semaine prochaine. Surtout que cette courte période sans jouer a permis de conserver une fraîcheur mentale et physique. Important pour ne pas arriver cramé lors de ces phases finales si importantes pour l’avenir du club.

    « Physiquement, je trouve qu’on est très bien. Certains qui ont beaucoup joué ont peut-être été un peu ménagés. On avait eu beaucoup de blessures la saison dernière et on est arrivé avec un groupe qui avait très peu tourné. Nous avions beaucoup de joueurs avec des blessures plus ou moins graves lors de ce match à Grenoble », se rappelle Thomas Sauveterre.

    La dynamique est donc inversée par rapport à la même période en 2025. Les blessés s’accumulaient à ce moment, alors que, ce mois de mai, plusieurs joueurs clés retrouvent aujourd’hui le groupe. Des retours qui vont forcément faire un bien fou aux Provençaux. Teimana Harrison, Charly Gambini, Andres Zafra, ils sont tous présents dans l’effectif pour affronter le leader vannetais. Leur énergie, leur puissance et leurs efforts ont pu parfois manquer lors de certains matches, ces deux derniers mois.

    La performance face à Vannes donnera une première indication sur ce que peut réaliser Provence Rugby lors de cette fin de saison. Il n’y a plus une seule rencontre abordable dans ce sprint final de Pro D2. Comme si les phases finales avaient déjà débuté dans les Bouches-du-Rhône.

    29e journée de Pro D2

    Stade Maurice-David (21h)

    Arbitre : Adrien Marbot

    PROVENCE : Vareiro – Lapegue, Bituniyata, Finau, Cellio-Zwiler – Muntz, Coville – Jalagonia, Gambini, Tuisue – Rodda, Van Eerten – Yemsi, Sauveterre, Taofifenua

    VANNES : Bouthier – Surano, Roudil, Boudehent, Senga-Kouo – Debaes, Judd – Kalamafoni, Gorrissen, Augry – Desjeux, Marks – Medrano, Beziat, De Benedittis

  • 8-Mai, leçons pour nos temps troublés

    8-Mai, leçons pour nos temps troublés

    La capitulation sans condition de l’Allemagne nazie, le 8-Mai 1945, symbolise la victoire des Alliés sur une armée et, surtout, une idéologie mortifère aux multiples crimes de guerre et contre l’humanité, dont le génocide des juifs d’Europe, avec la complicité d’États collaborateurs zélés, à l’instar du gouvernement de Vichy, en France.

    C’est, à ce titre, bien plus qu’une page de notre Histoire. Car les mécanismes qui ont accouché du fascisme et du nazisme semblent se remettre en branle, en ce premier quart du XXIe siècle. Il est donc impérieux de tirer les leçons de l’ascension de ces idéologies racistes et antisémites, qui charrient la haine de l’autre.

    Le patronat mise sur le RN

    Car leurs héritiers, les partis d’extrême droite contemporains, misent sur l’amnésie quatre-vingt-un an après la capitulation nazie. L’entreprise leur est facilitée par les partis conservateurs, dits de droite classique, qui font leurs les thèmes obsessionnels de l’extrême droite : la famille, la patrie, la xénophobie, le nationalisme, la guerre… En 2007, Nicolas Sarkozy crut avoir dompté le FN. Près de vingt ans plus tard, le parti des Le Pen a avalé la droite. Désormais, le patronat français mise clairement sur le RN.

    La mécanique est la même outre-Rhin. Qui aurait pu croire que le parti des héritiers des nazis, l’AfD, puisse obtenir des scores records et supplanter les conservateurs ? L’accession de l’extrême droite au pouvoir est-elle résistible ? Oui, si les forces progressistes se réveillent et font déferler un tsunami de progrès social comme ce fut le cas après-guerre. C’est la grande leçon du 8-Mai.

  • Avignon : le Palais des Papes s’ouvre à des espaces inédits

    Avignon : le Palais des Papes s’ouvre à des espaces inédits

    C’est ce qu’annonce Avignon Tourisme dans un communiqué de presse. « Cette nouvelle étape de valorisation du monument proposera, à terme, trois parcours thématiques permettant d’explorer autrement la richesse historique, architecturale et symbolique du site », précise l’organisme. Avignon Tourisme annonce également la mise en ligne, depuis ce 1er mai, de la web‑application « Les clefs du palais », « conçue pour enrichir la découverte du monument directement depuis un smartphone ».

  • Toulon : cinq nouveaux récipiendaires des Palmes Académiques

    Toulon : cinq nouveaux récipiendaires des Palmes Académiques

    Créé en 1808 par Napoléon 1er, il s’agit de l’ordre honorifique civil français le plus ancien, destiné à récompenser les personnes qui se sont distinguées dans le domaine éducatif. Les insignes ont été remis par le président du conseil départemental du Var, Jean-Louis Masson, et le président départemental de l’Association des Membres de l’Ordre des Palmes Académiques, Lucien Pelletier. Gerard Espié et Charles Albert, anciens principaux de collège, ont reçu la plus haute distinction (Commandeur de l’Ordre des Palmes Académiques). Marie-France Dufour, directrice de périscolaire, Françoise Wis, ancienne directrice d’école maternelle, et Pascal Pellegrino, professeur en enseignement technique, ont quant à eux été reçus au grade de Chevalier de l’Ordre des Palmes Académiques.

  • Les étudiants non européens passent à la caisse

    Les étudiants non européens passent à la caisse

    La nouvelle a été annoncée par le ministre de l’Enseignement supérieur le 20 avril dans un entretien donné au Parisien. Philippe Baptiste revient sur la hausse des frais d’inscription à l’université pour les étudiants extra-européens en annonçant un nouveau plan « Choose France For Higher Education » afin de favoriser l’attractivité de l’enseignement supérieur français.

    Si la mesure est sur la table depuis 2019 dans le cadre du plan « Bienvenue en France », les universités avaient une marge de manœuvre leur permettant d’exonérer jusqu’à 10% des étudiants non-boursiers. Toutefois, bon nombre d’établissements dépassaient ce seuil. Mais à partir de la rentrée prochaine, ce ne sera plus possible. Ainsi, les étudiants extra-européens vont donc devoir débourser 2 895 euros par an en licence contre 178 euros aujourd’hui et 3 941 euros en master contre 254 euros. Les universités conserveront néanmoins une exonération de 10% d’étudiants étrangers, qui viendra s’ajouter aux Bourses déjà distribuées par les établissements.

    « Ce n’est pas aux étudiants de payer pour l’université, l’État doit leur donner des moyens », s’indigne Enola Kraemer, du Syndicat de combat universitaire de Montpellier (Scum) à l’université Paul-Valéry. L’établissement montpelliérain compte actuellement 21% d’étudiants étrangers. « Étant donné qu’un étudiant sur deux est boursier, notre limite de 10% est atteinte rapidement. Et les universités qui dépassaient les 10% étaient déjà obligées de prendre des mesures de non-exonération. Nous, par exemple, on applique les droits différenciés. En mettant une exonération pour tout le monde, on était à 13% des effectifs étudiants lors de l’entrée en vigueur du dispositif. On a alors décidé d’exonérer tous les primo entrants et ensuite, tous ceux qui réussissaient, qui progressaient dans leurs études. N’étaient soumis aux droits différenciés que les étudiants qui échouaient », détaille Anne Fraïsse, présidente de l’université Paul-Valéry. Les exonérations ont néanmoins baissé au fil du temps, pour atteindre 11% des étudiants de la faculté montpelliéraine cette année.

    Les précaires pénalisés

    Pour justifier sa décision, le ministre évoque des frais d’inscription modestes comparé à d’autres pays, notamment l’Angleterre. Les sommes avancées représenteraient « 30% du coût de la formation » et le ministre entend ainsi récupérer 250 millions d’euros chaque année. Dans une situation budgétaire on ne peut plus délicate, les universités se retrouvent ainsi au pied du mur et n’ont d’autre choix que de s’exécuter. « Il y a un risque d’une mesure antisociale très évidente. Pour moi, le gros problème, c’est qu’on ne voit ça qu’à travers le prisme du financement insuffisant des universités, on cherche de l’argent et l’idée c’est d’en trouver dans la poche des étudiants. C’est extrêmement dangereux car il aurait fallu avoir une compensation sociale – un système de bourses par exemple – qui est absolument indispensable pour envisager ce genre de choses », poursuit Anne Fraïsse, qui craint que la mesure ne s’applique aux étudiants nationaux dans les prochaines années.

    Car en attendant et comme souvent, ce sont les plus précaires qui en pâtiront. « C’est une sélection sociale et raciste qui s’opère. Certains vont devoir s’endetter, se salarier alors que l’on sait que le salariat étudiant est l’une des premières causes de l’échec scolaire. C’est scandaleux », fait valoir Enola Kraemer. Le Scum s’est d’ailleurs mobilisé pour dénoncer ces frais différenciés, le 30 avril, devant la préfecture à Montpellier. Une pétition nationale* a été lancée et une opération coup de poing est prévue le 4 mai, à l’Université Paul-Valéry, afin d’interpeller les étudiants.