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  • Dans les Alpes, le secteur du Bois noir en feu

    Dans les Alpes, le secteur du Bois noir en feu

    « Le feu s’est déclaré dans une zone de montagne particulièrement escarpée, au pied et sur une barre rocheuse, rendant son accès impossible aux véhicules des sapeurs-pompiers. Les conditions d’intervention de moyens terrestres et aériens sont rendues particulièrement complexes par la topographie des lieux et le vent dominant de secteur sud-est, qui favorise la progression du feu vers la crête », précise la préfecture des Hautes-Alpes.

    96 sapeurs-pompiers mobilisés

    L’incendie s’est poursuivi durant la nuit de lundi à mardi. Il a déjà ravagé quelque 150 hectares. D’importants moyens sont mobilisés : 96 sapeurs-pompiers. Sur BFM, le préfet des Hautes-Alpes, Philippe Bailbé a annoncé que le « répit » est attendu samedi, avec des orages attendus. Le feu « est alimenté de la fin de matinée jusqu’à la fin de journée par un vent thermique qui le relance après qu’il s’est apaisé dans le courant de la nuit », a-t-il précisé lors d’un point presse, mardi après-midi. La situation météo restera la même jusqu’à la fin de semaine. « Nous sommes dans des conditions qui sont très propices au feu », à savoir des températures élevées, une faible humidité et des rafales de vent. « L’enjeu, pendant ces trois jours qui nous séparent de samedi, va être de contenir le feu sur les flancs et sur le plateau. Nous devrions avoir du répit samedi et c’est à ce moment-là que l’on pourra envisager de concentrer des moyens supplémentaires contre le feu sur le plateau. »

  • Aux Arcs, un soulagement mesuré après la fixation de l’incendie

    Aux Arcs, un soulagement mesuré après la fixation de l’incendie

    Mardi matin, c’est un sentiment « d’apaisement » qui animait le maire (DVC) des Arcs-sur-Argens, Marcel Florent, après la fixation, lundi soir, de l’incendie qui a parcouru 200 hectares sur sa commune et celle de Taradeau. Pendant près de 48h, il a, avec son équipe, participé à l’appui du Sdis 83 (fourniture de repas, mise à disposition de douches, aide aux évacuations…) tout en se mobilisant pour ses administrés. Ex-sapeur-pompier, il est rompu à ces moments où chaque minute compte, comme ce fut déjà le cas aux Arcs, en 2003, lorsqu’un feu s’était déclaré « déjà sur la colline de Taradeau, suivant le même chemin que dimanche, à part qu’il n’avait pas touché les maisons », se remémore-t-il.

    Des habitations depuis lesquelles il a assisté, alors qu’il participait aux évacuations des habitants dimanche, au passage « d’une boule de feu », décrit-il, qui « a transpercé sur 200 à 300 mètres les villas des quartiers résidentiels de la partie haute de la ville », avant de mettre feu à des végétaux dans la forêt environnante. Le bilan reste limité : onze habitations endommagées, quatre détruites, et onze familles relogées. Les habitants sont appelés à se signaler pour recenser les dégâts, alors qu’un assureur va épauler la municipalité pour la prise en charge des sinistres. Une demande de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle a par ailleurs été adressée à la préfecture. « Les pompiers ont sauvé une centaine de maisons. Ils ont mis le paquet dès le départ et ont été d’une grande efficacité », salue Marcel Florent.

    Le vent ne va pas s’arrêter

    Toute la nuit durant, ces derniers ont réalisé « un travail de fourmis afin d’aller sur chaque point chaud, chaque lisière pour qu’on ait très peu ou pas de risque de reprise de feu en limite de celles-ci », décrit le lieutenant-colonel François Barretti. Car les conditions annoncées ce mardi, entre vent chaud et hygrométrie (humidité de l’air) très faible, autour de 15% contre 40 à 60% en temps normal, étaient particulièrement défavorables. Les opérations de noyage se sont ainsi poursuivies durant la matinée grâce à 220 sapeurs-pompiers, mais ont été largement ralenties suite au départ de feu déploré à Pontévès à la mi-journée.

    Il convient désormais, dans une saison record (42 000 hectares brûlés en France depuis début 2026), et alors que le vent va continuer de souffler en fin de semaine, d’améliorer, à court terme, ce qui peut l’être, en attendant des politiques plus engageantes vis-à-vis du changement climatique. « Il faut prendre toutes les précautions : améliorer le débroussaillement notamment sur les haies de résineux, élaguer les branches qui passent au-dessus des habitations, et à moyen terme, mettre des sens uniques dans des chemins très étroits pour favoriser l’accès des pompiers », soumet le président (LR) du conseil départemental, Jean-Louis Masson.

  • [C’est l’été] Au centre social La Martine à Marseille, on reste ouvert en août, une première

    [C’est l’été] Au centre social La Martine à Marseille, on reste ouvert en août, une première

    Pour la première fois de son histoire, le centre social de La Martine (15e) ne fermera pas au mois d’août, cette année, comme 42 autres structures réparties dans tous les arrondissements de Marseille grâce au déblocage d’une enveloppe de 551 000 euros, répartis entre la préfecture des Bouches-du-Rhône, la CAF, le Département et la Ville de Marseille.

    Kader Allem, coordinateur jeunesse au sein du centre, ne cache pas sa satisfaction. Arrivé au center social voilà deux ans, « je trouvais ça un petit peu incohérent de ne pas ouvrir à cette période, sans connaître encore le quartier, on a une mission de service public », nous confie-t-il, entouré de sa directrice et de Noëlle Smith, coordinatrice technique et pédagogique des équipements sociaux à la Ville de Marseille. Il explique que le mois d’août reste « un moment très charnière pour les publics qu’on reçoit, que ce soit les enfants, les ados ou les familles, parce qu’il se joue beaucoup de choses à ce moment-là et beaucoup d’équipements sociaux sont fermés ».

    Bien que la Ville « prévoit pas mal de choses et d’animations dans les quartiers prioritaires, on va être clair, ils se retrouvent dans la galère la plus totale et on est aussi sur des familles qui restent à la maison », poursuit-il. Des familles dont les conditions de vie restent compliquées. « Ils n’ont pas de balcon, ils n’ont pas de terrasses, pas des 80 000m2, hein », ironise Kader. L’été creuse les inégalités. D’autant qu’en août, les travailleurs sociaux restaient de toute façon à disposition des familles, joignables par téléphone, pour poursuivre l’accompagnement alors que tout est fermé. « Il y a des jeunes, par exemple, qui n’ont pas trouvé de collèges ou de lycées pour la rentrée », illustre l’éducateur.

    « Recréer du lien social »

    « Il y a quelques années, on entendait parler d’acheter la paix sociale dans les quartiers, de façon générale, quand il y avait une ouverture au mois d’août », se souvient-il, mais « aujourd’hui, on n’est plus dans ça. On est vraiment dans une nécessité, du côté des habitants, mais aussi les partenaires, les politiques qui ont compris tout l’intérêt d’ouvrir à cette période-là », estime Kader.

    Le programme de ce mois particulier sera un peu différend. « On prévoit des animations familiales, intergénérationnelles, même si, bien entendu, il y aura des choses pour les ados, parce que c’est un public spécifique. Mais l’idée est de recréer aussi du lien social entre les enfants et leurs parents », précise Kader. Mais « peu importe le contenu, ce qui compte, c’est surtout la forme, on va être en horaire décalé. Faire beaucoup de choses à partir du début, milieu d’après-midi, jusqu’au début, milieu de soirée, pour permettre aux familles qui travaillent aussi de profiter de ces moments-là avec leurs enfants », détaille-t-il. Dans la même idée d’impliquer tout le monde, « on va travailler avec deux associations du quartier, la Martinoise et aussi le club de boules avec qui on va organiser un tournoi de pétanque, on ne se voit pas faire sans eux », ajoute-t-il. À la Martine, seront aussi accueillis les habitants de Kalliste ou de la Savine. Pour la suite, après un bilan et une enquête de satisfaction, l’expérience pourra être reconduite.

  • Vague de déprogrammations au Delta Festival

    Vague de déprogrammations au Delta Festival

    Acid Arab, Trinix, le DJ Mosimann… des dizaines d’artistes de la scène électronique et associations annulent leur venue au Delta Festival deux jours avant le début de l’événement. En cause, une enquête de Marsactu, publiée vendredi, dévoilant que le président et cofondateur du Delta Festival, Olivier Ledot, est accusé de violences sexuelles par des salariées, bénévoles ou stagiaires qui travaillent, ou qui ont travaillé pour le festival. Aucune plainte n’a cependant encore été enregistrée par le Parquet de Marseille.

    Le collectif marseillais de musique house Say Less a été le premier à se retirer du festival en annonçant leur déprogrammation dans une story Instagram : « Cette décision fait suite à des informations portées à notre connaissance, auxquelles nous ne pouvons pas nous associer. »

    De son côté, Olivier Ledot s’est retiré de la direction de l’événement. Présumé innocent, il nie les faits qui lui sont reprochés. « Je mesure la gravité de ces sujets et je respecte le droit de chacun à être entendu. Je conteste toutefois formellement avoir exercé une quelconque violence sexuelle, une contrainte ou adopté un comportement non consenti », s’est exprimé le président du festival, dans un droit de réponse publié par ICI Provence. Sur son compte Instagram, le festival déclare avoir lancé « une enquête interne indépendante ».

    Le Delta Festival a annoncé, dans un communiqué publié mardi après-midi, se maintenir. Avant la crise, 150 000 personnes étaient attendues pendant trois jours, avec six scènes et quelque 200 artistes invités.

  • Un « sommelier de poche » développé grâce à une IA

    Un « sommelier de poche » développé grâce à une IA

    Laurent Vagharchak, créateur de cette intelligence artificielle (IA), est parti d’un constat simple : « La plupart des gens ne sont pas experts, ni même initiés en vin, mais aiment en boire. Malheureusement, souvent, le commun des mortels se heurte à la centaine voir le millier de références disponibles, et repart les mains vides ou avec un vin choisi au hasard. »

    Selon lui, 73% des clients se disent « perdus » face au rayon vins. Pour résoudre ce problème, cet ancien restaurateur a eu une idée : proposer une application aux grandes surfaces, magasins spécialisés ou restaurants. « Dans l’exemple d’une grande surface, vous avez de petites languettes dans les rayons, il suffit soit de scanner un QR code, soit de faire un contact avec votre téléphone, comme pour payer. Ensuite, une page web arrive directement sur le téléphone du client, et, à partir de là, un parcours est mis en place. En une quinzaine de secondes, il permet de suggérer le bon vin selon les préférences, un accord avec un plat, ou une occasion. »

    Nommé Leboncru.app, cet outil s’appuie sur plus de 265 000 références. Cette base œnologique comprend cépages, régions, profils aromatiques et accords mets-vins. Le tout est croisé en temps réel avec l’assortiment effectif du point de vente et ses prix réels. Chaque recommandation est proposée sur trois paliers de prix, avec un argumentaire rédigé, comme le ferait un sommelier. « Une fois le choix du client fait, l’IA peut même le guider dans le rayon via un plan 2D ou 3D pour mettre la main sur la référence », ajoute l’Aubagnais.

    À partir de la semaine prochaine, la borne devrait même proposer des idées de recettes à accorder avec les vins, ou à composer autour d’un ingrédient.

  • La CGT de l’hôpital de Manosque déplore les mesures d’économie

    La CGT de l’hôpital de Manosque déplore les mesures d’économie

    Le personnel n’est pas responsable des difficultés financières de l’établissement et refuse toute mesure impactant négativement ses conditions de travail, sa santé et les soins qu’il prodigue » : dans un communiqué diffusé lundi soir, la CGT de l’hôpital de Manosque déplore la stratégie d’économies et de « réduction d’effectif » envisagée par la direction, qui a annoncé de nombreuses « réorganisations » ces dernières semaines. « Comment peut-on prétendre développer l’activité de l’hôpital avec toujours moins de personnel ? », s’interroge le syndicat, alors que Camille Galtier (DVD) vient d’être réélu président du conseil de surveillance et a indiqué souhaiter rencontrer les syndicats avant la rentrée.

    L’hôpital est « confronté à une situation financière fortement dégradée », avec « un niveau d’endettement élevé et une trajectoire déficitaire persistante », explique la direction, qui annonce une réunion, début septembre, pour présenter le plan d’efficience aux cadres. Elle nie tout plan de licenciement, mais reconnaît « des départs non remplacés ». Selon la CGT, « l’établissement doit déjà près de 30 000 heures de travail non récupérées aux agents, les équipes travaillent en sous-effectif » et « les absences sont de moins en moins remplacées ».

    En conséquence, le syndicat appelle à une journée de mobilisation et de grève le 15 septembre, en attendant le prochain conseil de surveillance du 9 octobre, « où un plan social définitif doit être présenté par la direction », selon la CGT.

  • [C’est l’été] Passez un mercredi « les pieds dans l’eau » à La Garde

    [C’est l’été] Passez un mercredi « les pieds dans l’eau » à La Garde

    C’est une sortie qui invite à la découverte et à la sensibilisation environnementale. Les participants y apprennent que la nature est fragile, qu’il faut la préserver et en prendre soin. Avec l’animation du mercredi, « Les pieds dans l’eau », proposée par le pôle Var du Naturoscope, les enfants dès 3 ans et leurs parents prennent le temps d’observer les petits êtres qui peuplent le littoral.

    « C’est une animation que nous proposons tous les mercredis de l’été et qui est importante pour nous parce que nous savons que pendant les vacances, les enfants adorent observer les animaux des rochers en bord de mer. Souventn ils utilisent les épuisettes pour les attraper d’ailleurs. Or, il faut les manipuler avec précaution, explique Marion George, responsable du pôle Var du Naturoscope et animatrice de la sortie. Notre thématique principale, ce sont ces petites bêtes que l’on aime observer, toucher aussi tout en étant le moins intrusif possible. »

    Comprendre les bons gestes à adopter

    Pendant deux heures et uniquement avec les outils mis à leur disposition, petits et grands vont donc pouvoir partir à la découverte du petit écosystème marin qui borde le littoral de l’Anse Magaud, un site préservé et riche en biodiversité. « En réalité, c’est une sortie très opportuniste parce qu’on va faire avec ce qu’on a sous les yeux au moment de l’observation. C’est très pédagogique et ludique comme moment, car nous livrons des anecdotes et apprenons aux participants des informations sur les espèces que l’on trouve », continue-t-elle. La délicatesse est donc de mise avec cette balade où il est possible d’attraper avec les doigts et surtout, sans épuisette les animaux observés, « bien que le retour à l’habitat de départ est indispensable ». « C’est un moment très agréable et les enfants comprennent très bien ce qu’on leur explique, au moins, ils pourront avoir les bons gestes plus tard », souligne Marion George.

    Dans le même temps, une randonnée subaquatique est proposée pour les familles et les enfants dès 8 ans, pour observer les scènes de vie des petits fonds marins.

    5 euros par personne

  • Le calendrier de la démolition de la résidence L’Alicante à Manosque

    Le calendrier de la démolition de la résidence L’Alicante à Manosque

    La base de vie du chantier de démolition de la résidence L’Alicante sera installée lundi et le désamiantage commencera le 10 août, a annoncé, lundi, la communauté d’agglomération DLVA, en charge du chantier. Cet immeuble vieillissant, abritant 68 logements sociaux dont les occupants ont été relogés, doit être détruit pour laisser place à la Maison des solidarités du département, regroupant le centre médico-social et le CCAS, ainsi qu’à un hôtel d’entreprises, dans le cadre du projet de renouvellement urbain du cœur de ville de Manosque.

    La première phase de démolition du bâtiment doit commencer le 7 septembre, puis le chantier doit être arrêté au niveau des fondations le 15 octobre, a annoncé la DLVA lundi. Une phase « d’archéologie préventive » doit ensuite avoir lieu du 19 au 30 octobre, « sous réserve de validation définitive de la convention ».

    La reprise ultérieure des travaux (démolition des fondations, de la cage et des deux garages) « reste soumise au calendrier de la procédure juridique » de déclaration d’utilité publique carence en cours, précise la DLVA. Ce chantier « d’envergure » est porté par l’entreprise 4D et supervisé par la maîtrise d’œuvre Harfang.

    Le choix du concessionnaire qui aura le projet sera fait début octobre et une réunion publique sera organisée courant novembre pour présenter concrètement le projet, indique la mairie de Manosque. La livraison finale est prévue en 2030.

    Une annexe de la médiathèque et une Maison France Services sont également prévues pour remplacer la résidence L’Alicante.

    Un quartier précaire

    Le quartier prioritaire des Plantiers est particulièrement précaire et est composé à 30% de demandeurs d’emploi. Les logements sociaux représentent 45% du quartier.

    La Ville de Manosque bénéficie du dispositif de l’Anru (Agence nationale pour la rénovation urbaine) pour le renouvellement urbain de ce quartier. Le coût de ce projet est estimé à environ 50 millions d’euros. Il doit être financé à 30% par la DLVA, à 18% par le Département, à 12% par la Ville de Manosque, à 5% par le Fonds Vert et à 1% par l’Anru et par la Région.

    Le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, s’était rendu dans ce quartier de Manosque au début du mois pour « mettre en lumière » ce projet de renouvellement urbain et « les actions conduites en faveur des quartiers prioritaires ».

  • À Avignon, six mois de prison ferme pour insultes racistes et violences

    À Avignon, six mois de prison ferme pour insultes racistes et violences

    Christian G., 23 ans, a été condamné par le tribunal d’Avignon à six mois de prison ferme pour violences aggravées par deux circonstances suivies d’une incapacité n’excédant pas huit jours, violences suivies d’une incapacité supérieure à huit jours commises avec une circonstance aggravante et en raison de la race, de l’ethnie, de la nation ou de la religion, ainsi que violences sur un mineur de 15 ans sans incapacité. De nationalité italienne, il a également été condamné à une interdiction du territoire français pendant cinq ans à l’issue de sa peine.

    Le mercredi 27 mai dernier, deux mères de famille, cousines, font leurs courses dans un Carrefour d’Avignon. Alors qu’elles rangent leurs achats, elles autorisent leurs trois filles, âgées de 8 à 11 ans, à aller observer les animaux du cirque installé à proximité. Selon le dossier, en passant devant une caravane, les enfants sont insultées à plusieurs reprises de « sales nègres » par un homme. Paniquées, elles retournent auprès de leurs mères, qui décident d’aller confronter Christian G. Toujours selon le dossier, alors qu’elles demandent des explications, l’homme s’emporte et pousse d’abord l’une d’elles au sol, puis frappe les deux mères de famille avec ses poings et ses pieds, tout en réitérant ses insultes racistes. Un coup de chaise est même porté à la tête de l’une des deux femmes, engendrant une blessure qui a valu dix jours d’ITT. « C’était tellement violent. Les filles doivent voir un psy, car elles ne comprennent pas pourquoi on leur dit des choses comme ça », lâche, en pleurs, l’une des deux mamans à la barre.

    Deux témoins présents ce jour-là, qui n’ont aucun lien avec les deux mamans, vont dans le sens du récit des victimes. De son côté, le prévenu, toujours détenu depuis les faits, a affirmé depuis le box qu’il « n’est pas coupable ». Il soutient ensuite que ce sont les deux femmes qui l’auraient insulté de « sale gitan ». « Si je les avais vraiment tapées, elles seraient dans le coma », assure-t-il, en rappelant qu’il pèse 115 kg.

    « Pas dans ces sphères »

    L’avocat des victimes, Maître Paul-Roger Gontard, pointe notamment les conséquences pour les mères de famille, tel que « devoir accompagner les filles face à un cauchemar, une peur, qui n’est que la conséquence de ce qui s’est passé ce jour-là ». Rappelant l’histoire du terme « nègre », qui « n’a pas été inventé à Avignon en 2026 », l’avocat a souligné qu’il s’inscrivait dans une longue histoire d’oppression. « Si on ne fait rien face à ce genre de propos, on risque de glisser vers des actes racistes étatiques. On se dirigerait vers des heures sombres », poursuit maître Véronique Marcel, avocate des parties civiles, pour la Ligue des droits de l’Homme. « Le mot “nègre” renvoie à la suprématie blanche, à la négation du statut de l’autre », rappelle la procureure, Sandrine Fabre.

    La défense de Christian G., Maître Jalil Amr, glisse qu’il pense effectivement que l’homme de 23 ans a bien prononcé les insultes à caractère raciste. L’avocat tente toutefois de tempérer en assurant que son client « n’est pas dans ces sphères-là » et que ce « n’est rien d’élaboré ». « Ce monsieur s’insulte lui-même dans ses propos. Il n’a jamais été éduqué », ajoute-t-il. Christian G. a en effet très peu fréquenté l’école au cours de sa vie et n’a jamais entrepris de démarches pour trouver un emploi.

  • Les syndicats se préparent à la concertation à l’hôpital de Martigues

    Les syndicats se préparent à la concertation à l’hôpital de Martigues

    C’est un petit soulagement. Après l’action de jeudi dernier, les agents de l’hôpital de Martigues ont obtenu deux engagements de la part de la direction : « L’assurance que les mesures ne seront pas mises en place dès maintenant et qu’il y aura un dialogue social », détaille Laure Privat, déléguée syndicale CGT.

    Plusieurs sujets cristallisent les inquiétudes : la révision envisagée du temps de pause méridienne, du mode de rémunération des astreintes, des heures supplémentaires des agents à temps partiel, ainsi que du dispositif de garde des infirmiers anesthésistes.

    Ces dispositifs, « en vigueur au sein du centre hospitalier depuis la fin des années 1990 et le début des années 2000 », ne sont pas conformes à la réglementation selon « les travaux engagés à la suite des observations de la Chambre régionale des comptes en 2025 et des analyses conduites avec l’Agence nationale d’appui à la performance en 2026 », affirme le directeur de l’établissement, Loïc Mondoloni. « Si certaines recommandations (…) ont des conséquences financières, ce n’est pas ce qui conduit à l’engagement de la démarche », assure-t-il.

    Un discours auquel la CGT ne croit pas. Le syndicat y voit une recherche « d’économies » et dit travailler de concert avec la CFDT, une avocate et un cabinet d’expertise « sur de possibles dérogations » pour pouvoir maintenir ses conquis sociaux.

    Une injonction de retour à la légalité

    Au bloc opératoire, une grève est toujours en cours, selon le syndicat. Jeudi dernier, Manon, qui y est infirmière, témoignait : « On tourne avec deux trois intérimaires par jour, personne ne veut venir chez nous parce qu’on perd en qualité au niveau de nos conditions de travail. On n’est pas assez attractifs et aujourd’hui, on veut nous retirer en plus un acquis au niveau des astreintes. »

    Alice, infirmière anesthésiste, s’inquiétait quant à elle d’une mise en place d’une ligne en 12h à la place des gardes de 24h. « Le personnel n’y est pas et ça va nous enlever énormément de jours de repos de compensation. Sans compter que les patients pourraient pâtir du manque d’effectifs et de la fatigue qui va s’accumuler. »

    Laure Privat assène : « Notre mot d’ordre, c’est de ne pas céder de terrain. Aucune régression de nos droits. » Si « aucune modification de cycle ou d’organisation ne serait mise en œuvre avant l’aboutissement des concertations », la direction prévient : celles-ci devront « aboutir, dans la mesure où nous avons une décision de justice qui l’exige ». L’établissement a reçu, en octobre 2025, une injonction de retour à la légalité du procureur général auprès de la Cour des comptes concernant la pause méridienne.

    Sur ce point, l’établissement souhaite prendre en compte « les exceptions liées aux situations où les agents demeurent mobilisables pendant leur pause, ainsi que le traitement de certaines organisations spécifiques ». Les syndicats craignent des conséquences pour certaines catégories, à l’instar des administratifs. « Il va falloir qu’on trouve des failles », glisse Laure Privat.