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  • Opération coup de poing contre l’armurier Eurolinks

    Opération coup de poing contre l’armurier Eurolinks

    Le drapeau palestinien qui s’agite devant le site d’Eurolinks (13) ce midi, porte la colère d’une vingtaine de militants marseillais venus protester. Certains haussent leurs pancartes, d’autres secouent leurs bombes de peinture, et le mégaphone passe de main en main. C’est au tour d’Ipiu, d’adresser un mot à la foule : « Aujourd’hui, nous commémorons les 78 ans des déplacements forcés de centaines de milliers de Palestiniens. Depuis ce découpage imposé par les puissances occidentales, les actions génocidaires menées par l’État Israélien n’ont cessé. »

    Cette manifestation, « c’est l’occasion de poursuivre notre combat contre Eurolinks, qui participe à ce génocide », conclut la fervente manifestante. Malgré des appels de l’ONU, plusieurs médias révèlent en 2024, que la société n’a cessé ses activités. Elle est donc aujourd’hui poursuivie suite à deux plaintes de l’association des juristes pour le respect du droit international (Jurdi) et la Ligue des droits de l’Homme (LDH), qui dénoncent « un risque génocidaire ». Des procédures qui rassurent les militants mais ne « suffiront pas à contraindre l’entreprise à se reconvertir », interpelle Ipiu, qui en appelle aux Marseillais : « Nous avons plus que jamais besoin d’une pression populaire. »

    Un enjeu local

    L’implantation d’Eurolinks dans le quartier avait déjà éveillé la colère d’habitants à son installation en 2019, car jugée « polluante ». Camille, l’un des militants s’en souvient : « Certains riverains se plaignaient de l’odeur. C’est une entreprise familiale, qui ne sert même pas l’économie locale. Elle menace la santé des Marseillais, offre des emplois intérimaires précaires, et s’enrichit sur la mort des autres », dénonce-t-il.

  • Uber à l’abordage des bateaux du Vieux-Port

    Uber à l’abordage des bateaux du Vieux-Port

    Loin du système de navettes, Uber choisit de s’associer à l’opérateur Click&Boat, plateforme déjà présente à Marseille, pour se lancer dans la location de bateaux entre particuliers. « 1 500 navires » seront mis à disposition de la plateforme, selon les deux partenaires. Un onglet “Bateau” sera tout simplement ajouté à l’application Uber. « L’idée est de s’appuyer sur Uber pour mettre en avant la démocratisation de la location de bateau mais aussi l’expertise, le professionnalisme et l’offre locale », assure Bastien Rambert, chargé de relation presse Click&Boat.

    Entre loi et laisser-faire

    Mais l’arrivée d’Uber Boat, en plus d’instaurer selon ses détracteurs « une concurrence déloyale » entre loueurs professionnels et particuliers, se heurte au cadre réglementaire souvent méconnu du grand public. « Le particulier n’a pas le droit de louer son bateau sans AOT, sans être agréé », affirme Amine Gharbi, président de LocaBoat, société de location de bateaux implanté sur le Vieux-Port.

    L’article 4.2 du règlement portuaire de la métropole stipule qu’« il est interdit, à tout usager, d’autoriser à un tiers l’usage, à titre gratuit ou contre rémunération, du poste à flot ou à terre qui lui a été attribué ». Pour autant, « sur le port de la pointe rouge ou de l’Estaque, il y a une partie privée où nous pouvons nous amarrer en tant que particulier », observe un propriétaire de bateau qui loue via Click&Boat, souhaitant rester anonyme. « Les ports devraient être à tout le monde. Les places sont réduites pour avoir une AOT. Alors oui, on loue sans. Un bateau, ça coûte cher à entretenir, donc on trouve des solutions », plaide le plaisancier. Il déplore toutefois un manque d’encadrement : « Click&Boat n’a pas assez d’équipes pour réfléchir aux réglementations ici. Il ne s’intéresse pas aux normes de la Métropole… Personne n’est aiguillé », estime-t-il. Car au-delà des règles portuaires locales, un cadre national s’applique : dès qu’un bateau de plaisance est mis en location contre rémunération, il devient un navire de plaisance à utilisation commerciale. Dans ce cas, il doit obligatoirement détenir un permis d’armement, une fiche d’effectif et un statut de gens de mer pour son capitaine, selon le droit maritime français. Quasiment impossible, pour un particulier à cause de son coût et sa complexité administrative de s’y conformer…

    Face à cette pression croissante, Amine Gharbi et d’autres collègues loueurs professionnels ont monté une association : la Nautic Marseille. « Nous voulons solidifier les différentes structures de contrôle. Ce que nous voulons proposer, c’est d’instaurer un code couleur de drapeaux pour les professionnels, qui permettrait aux forces de l’ordre maritime de nous reconnaître et de faire le tri afin de se concentrer sur les particuliers qui n’ont pas été contrôlés en amont. » Par ailleurs, l’association écologique Terre Bleue, exige qu’avant toute autorisation nationale accordée à ce nouveau système de location, les opérateurs fassent preuve d’une totale transparence quant à leurs activités, surtout concernant « un littoral particulièrement fragilisé, confronté au réchauffement de ses eaux et à une forte pression humaine », insiste la structure.

    Les autorités ont déjà commencé à sévir. « Il y en a plein qui se sont fait dégager sur le Vieux-Port », partage Nicolas Petit, directeur commercial de ZeBoat, loueur de bateaux de luxe. Des locations « irrégulières » sont souvent épinglées et condamnées par la justice depuis plusieurs années déjà, avec des peines pouvant aller jusqu’à 2 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. Loueurs comme plaisanciers craignent une privatisation des espaces maritimes qui selon eux doivent rester publics. « Ce que nous voulons, ce n’est pas du volume mais de la qualité. La Métropole sait que nous avons des bateaux identifiés et sécurisés, aux normes qui produisent moins de CO2. Sortir des personnes en mer, c’est risqué. Pourquoi ne pas professionnaliser Uber, et se concentrer sur nous, pour régulariser la demande ? », estime Amine Gharbi. Le débat est loin d’être clos.

  • Avec le chausseur Minelli, l’hécatombe continue

    Avec le chausseur Minelli, l’hécatombe continue

    S’habiller en 100% local devient de plus en plus complexe. Mercredi 13 mai, Minelli publie un communiqué officiel. « C’est avec le cœur lourd que nous vous annonçons que Minelli ferme ses portes définitivement », placée en redressement judiciaire pour la deuxième fois en trois ans, après 50 ans, la marque marseillaise fondée en 1973 tire le rideau. Déjà absente des rues marseillaises depuis quelques années, elle tenait pourtant une place importante au sein des foyers. Pour Carmen, ce sont surtout des souvenirs avec sa mère : « De mes 5 ans à mes 10 ans, j’achetais mes sandales à Minelli. C’était notre référence parce que c’était la seule qui faisait des sandales sobres et élégantes adaptées à mes pieds fins, puis c’était un budget adapté aux revenus de ma mère. » Avec la fermeture de l’enseigne, ce sont 21 magasins et 86 employés qui en pâtissent. « C’est bien triste », déplore Sandrine, fonctionnaire vivant en zone rurale. Pour elle, comme pour de nombreux consommateurs à travers la France, les marques comme Minelli étaient une valeur sûre : « Je me déplaçais en ville, rien que pour ça, c’est chez eux que je trouvais mes chaussures. Honnêtement, avec les boutiques qui ferment les unes après les autres, je me retrouve obligée d’aller sur internet. »

    Dans le paysage régional, les magasins qui mettent la clé sous la porte sont malheureusement une réalité. Kaporal, marque de jeans, avait été liquidée en 2025 entraînant la suppression de 280 emplois. La même année, la célèbre marque de doudounes Jott, qui possédait 7 magasins dans le Var, les Alpes-Maritimes et Monaco, avait licencié 183 salariés. Une crise bien antérieure, entamée par San Marina, qui a fermé ses 163 magasins en février 2023. Demeure l’entreprise, Fil Rouge, actuellement en redressement, laissant ses 70 salariés dans l’expectative.

    Un climat de crise pour

    le prêt-à-porter français

    Ces marques locales sont l’exemple d’un climat défavorable pour le prêt-à-porter français. Camaïeu, Jennyfer, Kookaï ou encore Naf Naf, toutes ces marques qui ont disparu des centres-villes par effet domino. Selon Yann Rivoallan, président de la Fédération, les entreprises de fast-fashion en ligne sont un accélérateur du déclin de ces boutiques de prêt-à-porter. Pourtant selon l’Union française des industries Mode & Habillement, le secteur représente 2 500 entreprises qui emploient 350 000 salariés en France et à l’étranger. Selon les dernières données récoltées par France Info, les prévisions sont pessimistes : « 50 000 à 80 000 emplois détruits d’ici 2030. »

    Selon l’étude de 2025 de Vie Publique : « Près de trois Français sur dix (29%) ont acheté au moins une fois, au cours des douze derniers mois, un article sur une plateforme d’ultra-fast commerce comme Shein ou Temu. » Pourtant, Yann Rivoallan pointe du doigt ces structures. Dans des communiqués publiés sur ses réseaux sociaux, il alerte sur la situation : « Ce qui est en train de se passer est d’une gravité inouïe et je veux que chacun en mesure toutes les conséquences. » Petit à petit, les marques de prêt-à-porter françaises disparaissent, laissant derrière des employés mais aussi des consommateurs qui peinent à trouver des alternatives.

  • Les conditions de travail des skippers restent dans le vague

    Les conditions de travail des skippers restent dans le vague

    Les violentes vagues agitent les bateaux du Vieux-Port, et le mistral se déchaîne contre les quelques voiliers. Les pontons des entreprises nautiques sont déserts. Aujourd’hui, personne en mer. Une question de « sécurité », pour Yannick Long, formateur de skippers et gérant de localanque, qui rappelle : « Lorsque le temps est capricieux, il peut être très dangereux pour un navigateur de piloter un bateau. Malheureusement, il arrive malgré tout que certains acceptent par contrainte. Et cela risque d’arriver de plus en plus si les offres avec skipper se multiplient. »

    Contraintes et précarité

    « Sur Click&Boat, il est parfois compliqué de différencier accompagnateur et skipper », reproche Carine, utilisatrice de la plateforme. Pour éviter toute confusion, Uber a décidé de proposer seulement les offres avec skipper. Une mesure qui poussera les particuliers à signer davantage avec ces navigateurs, mais qui « intensifiera certains débordements que l’on constate déjà », déplore Martin, skipper à son compte. Le trentenaire est titulaire d’un Brevet d’aptitude à la conduite des petits navires (BACPN), adapté à ceux de moins de 12 mètres. Des restrictions qui n’ont pas empêché certains particuliers de lui proposer la conduite de « gros bateaux », confie le skipper, « pour ne pas avoir à payer un marin bien plus cher », explique-t-il. Martin n’est pas le seul à subir de telles incitations. Lucas, jeune skipper à son compte en témoigne : « Nous savons pertinemment que certains bateaux ne sont pas correctement armés, et que des moteurs ne sont pas en état de prendre la mer. Mais si nous refusons un, deux, trois contrats, les propriétaires finissent par ne plus nous appeler. Pour la plupart, nous avons besoin de gagner notre vie », lance-t-il.

    Des règles maritimes
    souvent contournées

    « Un skippeur BACPN qui s’embarque sur un bateau de plaisance doit détenir un statut d’entreprise en transport maritime et déclarer son embarquement. Mais comment le déclarer si le départ n’est pas autorisé par la Métropole ? », interpelle Yannick Long. Sur Click&Boat, on relève plusieurs annonces avec des bateaux sans permis d’armement, qui partent de ports métropolitains… Ce qui est théoriquement interdit. Alors qui assure qui ? Certains particuliers parlent de « flous juridiques déstabilisants ». D’autres professionnels utilisent des doubles contrats, qui remettent les responsabilités sur une assurance civile allemande à seulement 225 euros par an.
    « Mais comment un skipper peut-il être couvert sans bulletin de salaire rattaché à ses activités commerciales », interroge le formateur.

  • La mairie des 15-16 solidaire de la flottille pour Gaza

    La mairie des 15-16 solidaire de la flottille pour Gaza

    Alors que s’ouvre la Saison méditerranéenne avec, dans les 15e et 16e arrondissements de Marseille, le vernissage ce samedi à Jeanne-Barret de l’exposition Déplacer le silence en soutien aux artistes de Gaza, la mairie du 8e secteur dirigée par le communiste Jean-Marc Coppola, a tenu, à travers un communiqué publié ce mercredi, apporter son soutien aux équipages des flottilles humanitaires qui tentent de briser le blocus de Gaza. Après l’arraisonnement dans la nuit du 29 au 30 avril de navires civils par la marine israélienne dans les eaux internationales, la mairie d’arrondissements condamne ainsi « des violations graves du droit international ».

    « La mairie des 15ᵉ et 16ᵉ arrondissements réaffirme son attachement aux principes de paix, de justice et de solidarité internationale et adresse son soutien aux civils engagés dans ces missions humanitaires », appuie le communiqué. Qui rappelle aussi que « Marseille, ville portuaire ouverte sur la Méditerranée, historiquement attachée aux valeurs de fraternité entre les peuples avait accueilli, préparé et soutenu depuis le port de l’Estaque une de ces flottilles parties vers Gaza le 4 avril dernier ».

    Alors face à la situation humanitaire et sanitaire dans la bande de Gaza sur laquelle alertent les organisations internationales, « ces actions de solidarité destinées à acheminer une aide humanitaire vers Gaza doivent pouvoir être menées dans des conditions de sécurité et de respect du droit », insiste la mairie de secteur qui demande à l’État de « garantir le droit de la Palestine à accepter souverainement l’aide humanitaire dans ses ports, sans interférences d’État étrangers ».

  • Alès réduit le nombre de corridas pour sa feria

    Alès réduit le nombre de corridas pour sa feria

    Avant la Feria de Pentecôte à Nîmes, c’est la traditionnelle Feria d’Alès, réputée plus familiale, qui ouvre les festivités dans le Gard. Celle-ci a débuté mercredi 13 mai par son traditionnel défilé d’inauguration, rapidement suivi par les premières animations taurines et le grand feu d’artifice en fin de soirée. Les quinze bodegas ont aussi pris place sur le boulevard Louis-Blanc pour accueillir les 300 000 personnes attendues sur les cinq jours.

    Les festivités se poursuivent ce vendredi 15 mai par un festival d’abrivado (11h) autour de la place Gabriel-Péri. Des animations de vachettes sont prévues dans la petite arène dans l’après-midi avec la manade Tommy Maire (14h et 17h). Suivra une course Gardonnenque (15h30) où douze cavaliers s’affrontent sur un parcours entre les berges du Gardon et le lit de la rivière où ils devront allier vitesse et technicité.

    Les arènes du Tempéras ouvriront ensuite à 16h30 pour une course camarguaise. Pour ce spectacle payant, les raseteurs devront redoubler de courage pour décrocher les cocardes, glands ou ficelles accrochés aux cornes des taureaux. Cette course camarguaise récompensera le meilleur raseteur de la catégorie 3 de la saison taurine qui sera qualifié de « champion de France Espoir ». Deux encierros avec la manade Conti (19h) et la manade Agniel (22h) viendront clôturer la journée. Entre les deux, les arènes du Tempéras accueilleront la soirée alésienne des gardians, qui mettra à l’honneur la culture camarguaise avec des démonstrations équestres et des épreuves inspirées du travail en manade.

    La tauromachie espagnole

    à l’honneur samedi 16

    Samedi 16, le week-end s’ouvrira par un lâcher d’anoubles (jeunes taureaux d’un an) dans le Gardon (11h). À la même heure se tiendra une novillada non piquée avec un mano à mano entre le Marseillais Matias (20 ans) et le Nîmois Remy Asensio (18 ans). Après une animation de vachettes dans la petite arène en bord de Gardon (14h), la seule corrida de la feria se déroulera ensuite à 17h avec, sur la piste, Sanchez Vara, El Rafi et Carlos Olsina face aux toros de la Curé de Valverde et de Margé. À la même heure, Alès innove avec le premier concours de serveurs de paella, sur le même format que les courses de garçons de café. Il sera suivi par des nouvelles animations vachettes dans la petite arène (19h). Le concours du plus grand paquito revient aussi (20h), avec un record à battre de 430 mètres. Un encierro piscine clôturera les activités du samedi (22h).

    Dimanche 17, la dernière journée de la feria sera marquée par une messe sévillane (9h) et un toro piscine (16h) dans les arènes du Tempéras. À noter aussi que pendant toute la durée de la feria, une boutique éphémère est ouverte au 24 rue Saint-Vincent pour y retrouver toutes sortes de souvenirs (chapeaux de paille, bobs, mugs, éventails ou magnets) à l’effigie de la Feria d’Alès.

  • Les robes noires ne baissent pas la garde sur la Loi Sure

    Les robes noires ne baissent pas la garde sur la Loi Sure

    La colère ne retombe pas chez les robes noires. Dans le Gard et l’Hérault comme partout en France, les avocats poursuivent la mobilisation contre le projet de loi Sure, porté par Gérald Darmanin. Le texte, adopté à l’Assemblée le 14 avril avant son passage au Sénat, reste dans le viseur des barreaux. Leur mot d’ordre est clair : retrait pur et simple.

    Au cœur du bras de fer, l’instauration d’un « plaider-coupable » en matière criminelle. Pour le gouvernement, il s’agirait de désengorger les tribunaux. Pour les avocats, cela entraînerait une justice au rabais, plus rapide parce que moins contradictoire, moins publique, moins humaine. « Ce que nous refusons, c’est une justice expéditive, sans vrai procès, qui irait peu à peu vers la suppression des cours d’assises ou des jurés, parce qu’ils coûteraient trop cher », alerte Salomé Auliard, avocate et coprésidente du SAF Nîmes. Sous pression, le garde des Sceaux a toutefois commencé à lâcher du terrain. Le 12 mai, Gérald Darmanin a proposé d’exclure de cette procédure les viols, tous les crimes sexuels et l’ensemble des crimes relevant des cours d’assises. Le dispositif ne concernerait plus que certains crimes jugés en cour criminelle départementale, comme les coups mortels ou certains braquages. Un recul qui réduit le champ de la mesure, sans éteindre la colère.

    Une fronde dans les palais

    Sur le terrain, la contestation prend des formes multiples. À Nîmes, les avocats refusent de plaider en comparution immédiate et lisent des motions à l’audience. À Montpellier, la grève du zèle s’est traduite par l’intervention de plusieurs avocats sur un même dossier, pour rallonger les débats et rendre visible la colère. À Alès, le barreau a maintenu la pression par la lecture systématique d’une motion à chaque ouverture d’audience. À Béziers, les robes noires ont de nouveau fait grève le 7 mai.

    Les instances nationales appellent, elles aussi, à inscrire la lutte dans la durée : grèves hebdomadaires, défense de masse, rassemblements devant les palais, réunions publiques, interpellation des parlementaires. Les syndicats veulent élargir le front aux magistrats, aux associations de défense des droits et aux collectifs de victimes, pour empêcher l’État de droit devenir une variable d’ajustement budgétaire.

  • Vivian Maier et les Alpes, un récit de la photographe en trois chapitres

    Vivian Maier et les Alpes, un récit de la photographe en trois chapitres

    Elle faisait tellement de photos qu’on la prenait pour une espionne. Un commissaire de police l’a même interrogée un jour à ce sujet. Comme toujours, elle ne s’est pas laissée faire. » Fort caractère au parcours jalonné de zones d’ombre, la photographe Vivian Maier partage une histoire intime avec les vallées alpines, que le réalisateur René Mannent a mise en lumière à travers un film d’1h39. Vivian Maier, origine d’un talent retrace ces trois moments de vie, où l’Américaine, originaire du Champsaur par sa mère, s’est rendue dans les Hautes-Alpes. « Durant deux années de recherche, on a découvert dans un recensement que Vivian Maier était à Gap quand elle était petite, elle allait à l’école du Sans-Cœur, raconte le réalisateur. Elle est revenue vers l’âge de 25 ans à Gap, et c’est là qu’elle a acheté son premier appareil photo et qu’elle s’est mise à parcourir les vallées à vélo, en prenant des photos. Elle est revenue en fin une troisième fois, à 30 ans. »

    Des photos découvertes dans une valise

    Si son nom est désormais emprunt d’une renommée mondiale, sa reconnaissance tient à une découverte par hasard. « Elle avait mis toutes ses photos dans un garde-meuble. Ce n’est qu’après son décès, en 2007, lorsque le collectionneur John Maloof a racheté les valises avec tous ses clichés pour trois fois rien, que l’on a découvert tout son travail fait dans des petits villages des Alpes », rappelle René Mannent. Une troisième avant-première est prévue mercredi 20 mai à Saint-Bonnet-en-Champsaur. Pour la suite, René Mannent est en discussion pour une diffusion nationale.

  • Une expo-photo retrace le Vieux-Port de la Belle Époque

    Une expo-photo retrace le Vieux-Port de la Belle Époque

    Avez-vous déjà vu le pont Transbordeur, reliant le fort Saint-Nicolas au Fort Saint-Jean ? Et saviez-vous qu’il existait jusque dans les années 50 plus de 80 lignes de tramways dans Marseille, dont une sur le Vieux-Port ? Autant d’anecdotes à découvrir ou redécouvrir durant deux semaines aux Docks.

    À l’origine de ce projet d’exposition, un collectionneur passionné : Thierry Masson. En 2012, le chercheur en physique-mathématiques découvre une série de clichés du photographe Camille Brion, datant de 1869. Il décide de reconstituer l’ensemble, une vue panoramique du Fort Saint-Jean et du Vieux-Port. « C’est comme ça que je suis tombé dedans ! », explique en riant le collectionneur aux plus de 17 000 clichés.

    Un projet collectif

    Il y a quelques mois, Thierry Masson crée son association, « Il était autrefois Marseille », pour valoriser sa collection. Le passionné s’est fait connaître grâce à l’historienne Judith Aziza, conférencière médiatique. « Je lui ai donné accès à mes photos et de son côté, elle parle de mon travail », explique Thierry Masson. Il s’est entouré de Margaux Bidat, architecte-urbaniste, et de David Haccoun, conférencier passionné par l’histoire de Marseille. « C’était une chance de rencontrer un collectionneur comme Thierry ! », se réjouit David Haccoun. Originaire de la banlieue parisienne, ce dernier fait la connaissance du collectionneur en tant que vendeur de clichés anciens. Margaux Bidat, quant à elle, est animée par l’évolution des bâtiments de Marseille, notamment après la Seconde Guerre mondiale. « Trouver des photos est devenu presque addictif », avoue-t-elle en souriant. « Nous voulons transmettre cette passion aux spectateurs. Pour cette exposition, notre parti pris n’est pas de faire un cours d’histoire, mais de voyager dans le temps », continue l’architecte.

    Le déroulé de l’exposition, qui compte 66 reproductions de clichés anciens, suit le tracé du Vieux-Port. « En rentrant, on est plongé sur la rive du quai Saint-Jean. Les clichés suivent un ordre géographique, jusqu’au Quai de la Rive-Neuve », explique Thierry Masson. Une immersion dans le Marseille des années 1870 à 1910, avec des clichés de commerçants, de véhicules d’époque, de bâtiments aujourd’hui disparus. Les visiteurs pourront profiter des connaissances des curateurs passionnés, ainsi que d’une équipe de bénévoles ravis de transmettre un peu de leur temps pour expliquer les clichés. « Cette exposition est la première, j’espère, d’une longue série », se réjouit Thierry Masson. L’exposition reste visible sept jours sur sept durant deux semaines, accessible à tous les âges. De quoi en apprendre un peu plus sur le passé de cette ville chargée d’histoire et d’anecdotes.

    Les Docks Village – Marseille

    10 place de la Joliette

    Tous les jours du 18 au 31 mai 2026, de 10h à 19h.

    Entrée libre.

  • [Kallisté] La politique, affaire corse ?

    [Kallisté] La politique, affaire corse ?

    En Corse, la politique n’a jamais été une affaire lointaine. Elle s’est longtemps mêlée à la vie quotidienne, à l’organisation des villages, aux solidarités familiales, à la gestion des terres et à la défense des intérêts collectifs. Dans une île marquée par l’insularité et les dominations extérieures successives, la question du pouvoir a toujours occupé une place centrale.

    L’histoire corse porte l’empreinte d’un engagement ancien. Au XVIIIe siècle, Pasquale Paoli incarne cette aspiration à l’autodétermination. Souvent présenté comme le « Père de la patrie », il dote la Corse d’une constitution en 1755, l’une des plus modernes de son temps.

    Mais l’engagement politique corse ne se limite pas à la question institutionnelle ou identitaire. La Corse a régulièrement vu ses enfants prendre part à la vie publique nationale et aux grands débats de leur époque. Cette relation s’explique aussi par l’importance du local. En Corse, la commune, le village, ont longtemps été au cœur des préoccupations : accès à l’eau, routes, écoles, emploi. La politique n’était pas perçue comme un sujet réservé à Paris, mais comme un prolongement direct de la vie collective.

    Bien sûr, cette culture politique s’est parfois accompagnée de pratiques plus discutables : poids des clans, clientélisme, personnalisation du pouvoir. La Corse n’a pas le monopole de ces réalités, mais elles ont nourri une image particulière de sa vie politique.

    Alors, les Corses sont-ils réellement plus politisés que les autres ? Difficile à mesurer. Mais une chose semble certaine : sur cette terre où l’histoire, l’identité et le collectif occupent une place si forte, la politique n’a jamais été un simple décor. Elle fait partie du récit…