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  • Des déchets stockés à l’air libre prennent feu au centre Suez d’Istres

    Des déchets stockés à l’air libre prennent feu au centre Suez d’Istres

    Le centre de tri de Suez, implanté au sein de l’éco-pôle Tubé Nord à Istres, a été touché par un incendie mercredi soir, peu avant 23 heures. Selon le Service départemental d’incendie et de secours des Bouches-du-Rhône (Sdis 13), des déchets organiques stockés à l’air libre dans l’enceinte du site ont pris feu.

    L’action rapide et « conjointe des Pompiers 13 et des moyens du site a permis de contenir le sinistre à environ 600 mètres cubes », d’après le Sdis, soit un volume légèrement inférieur à celui cumulé d’une dizaine de conteneurs maritimes standards. Jointe jeudi soir, la préfecture parle quant à elle de 3 mètres cubes brûlés, équivalent à un petit véhicule utilitaire.

    Les services de l’État se sont rendus, jeudi après-midi, sur le site de Suez Istres suite à l’incendie. « Au regard des premières constations réalisées par les inspecteurs, il apparaît qu’il n’y a aucune trace de pollution des milieux », note la préfecture.

    Suez recyclage et valorisation Istres avait été mise en demeure en avril dernier par la préfecture des Bouches-du-Rhône. « Sur les deux mises en demeure dont l’exploitant a fait l’objet, en avril 2026, pour des travaux sur l’enrobé et le forage, l’exploitant ayant répondu à la première mise en demeure, une visite de récolement est en cours pour la seconde. à ce jour, aucune non-conformité n’a été constaté », concluent les services de l’État.

    Du combustible CSR

    avait pris feu en 2020

    Ce site de Suez a connu un incendie il y a six ans. La zone de confection de Combustible solide de récupération (CSR) à partir de déchets s’était embrasée : 5 000 m² de déchets et de machineries avaient pris feu en juillet 2020. Un arrêté préfectoral en avait ordonné l’arrêt en raison de « l’accumulation de déchets métalliques ayant entraîné échauffement puis incendie » par les convoyeurs, avant une propagation du feu entre les ateliers.

    À noter que le CSR est le produit au centre du projet de « chaufferie » porté par Suez sur le même site, fortement contesté par la Ville d’Istres et des associations locales, qui le considèrent comme un incinérateur. Sollicité, Suez n’a pas répondu à nos sollicitations.

  • Face aux « risques », le concert d’Amir annulé aux Terrasses

    Face aux « risques », le concert d’Amir annulé aux Terrasses

    « Un « impératif de sécurité » invoqué pour annuler le concert du chanteur franco-israélien, Amir. Prévu ce 26 juillet sur aux Terrasses du Port, cet événement gratuit n’aura finalement pas lieu. « Compte tenu de l’affluence attendue et des risques identifiés, les conditions n’étaient pas réunies pour assurer le maintien de cette animation destinée à un public familial », détaille Alice Moreau, directrice de l’agence organisatrice.

    Cette annulation survient à la suite d’appels au boycott de l’événement par plusieurs collectifs pro-palestiniens. En cause, selon eux, les positions politiques d’Amir. : « Cet artiste soutient activement l’armée et la politique israéliennes. Il a notamment participé à des événements dans des colonies en territoire palestinien occupé », dénonce l’Union pour la Palestine Marseille (UPM), dans un communiqué.

    À l’inverse, d’autres organisations s’opposent à cette annulation et se disent « inquiètes ». Parmi elles, le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) « refuse que l’identité franco-israélienne d’un artiste puisse devenir un motif de mise à l’index. La culture ne doit jamais céder devant la volonté d’exclusion ».

    De son côté, l’UPM « se félicite » de l’annulation du concert et rappelle la démarche « exclusivement pacifique » de son action.

  • Le Delta Festival ouvre sous le regard prudent des participants

    Le Delta Festival ouvre sous le regard prudent des participants

    « J’ai pris connaissance des accusations il y a une semaine, j’ai réfléchi pendant trois jours avant de décider de maintenir mon stand. C’était une décision difficile », confie Manon, présidente de l’association d’éducation sexuelle Les fleurs de clitoria. Comme beaucoup d’autres associations, elle a choisi de maintenir son stand, malgré les accusations de violences sexuelles à l’encontre du président du Delta Festival, Olivier Ledot, qui conteste les faits.

    Ce jeudi, à 15h, sur la plage du Prado, le festival ouvrait ses portes, mais avec des espaces vides. Depuis une semaine, des artistes, des associations et des festivaliers se désengagent de l’événement. D’autres font le choix de rester. C’est le cas de Manon, qui justifie sa décision : « L’asso fait de la prévention et de la sensibilisation au consentement. On s’est dit que si on n’était pas là, peut-être que personne ne passerait ce message. »

    Stéphane Mollet, secrétaire général de la CFDT Paca, explique que le syndicat est présent tous les ans « pour sensibiliser les jeunes à leurs droits ». Cette année, l’approche de la CFDT a évolué en lien avec les récentes révélations. « On a directement décidé d’annuler notre présence sur les animations organisées par le Delta, mais de nous maintenir sur le forum pour parler librement des questions de violences sexuelles aux festivaliers et aux travailleurs », commente Stéphane Mollet.

    Du côté des spectateurs comme des associations, on ne sait sur quel pied danser. Alors que les premiers DJ montent sur la scène, Aaron, Marseillais de 19 ans, se montre partagé : « C’est un sujet compliqué. Le directeur a été écarté, le Delta a fait un communiqué… Je ne veux pas incriminer toutes les équipes du festival à cause d’un mec qui est dans tous les cas mis de côté. »

    « Un avant et un après »

    Clara et Inès, 22 ans, sont déçues car leurs artistes préférés ont annulé leur concert : « On comprend leur décision, mais en même temps, ça pénalise les mauvaises personnes, on comprend mieux les artistes qui reversent leur cachet aux assos ». « J’ai trouvé le communiqué du Delta très bien et je comprends leur volonté de maintenir et de ne pas renoncer », salue une bénévole de l’association PSSM, qui forme et sensibilise à la santé mentale. Face aux accusations, le Delta festival a expliqué, dans un communiqué, que « l’intégralité des bénéfices potentiels du festival sera reversée à la cause des violences sexistes et sexuelles ».

    Si le communiqué laisse Manon et les membres de son association « mitigés », elle salue la réactivité des équipes : « Il y a beaucoup de festivals que l’on sait problématiques, comme le Hellfest, et ou personne ne fait rien. On voit que les choses changent, il y aura un avant et un après Delta festival. »

  • La calade de Fontville restaurée à l’ancienne

    La calade de Fontville restaurée à l’ancienne

    La voie n’est pas répertoriée sur le GPS, mais elle est bien connue des habitants de Miramas-le-Vieux. Au départ du bas du village, à proximité du cimetière, la calade du chemin de la Fontville permet de rejoindre le parc de la Poudrerie Royale. Les enfants l’empruntent quotidiennement pour prendre le bus qui les amène à l’école. Du moins en période scolaire. À l’époque, les anciens y descendaient pour aller au lavoir. La légende raconte même que Catherine de Médicis l’aurait arpentée alors qu’elle était en visite à Salon-de-Provence.

    Aujourd’hui, à force de passages, ce sentier médiéval est abîmé. Après avoir été interpellée par le Conseil de quartier des 4 chemins, la Ville de Miramas a fléché 12 000 euros pour sa restauration. Depuis le 20 juillet et jusqu’à la fin du mois, une dizaine de bénévoles de l’association Opus s’affairent sur la voie historique en s’appliquant à respecter les techniques traditionnelles : un revêtement en pierres sèches plantées à la verticale, en contact les unes avec les autres, sur un lit de mortier de chaux à sec. Luc Alain, animateur technique du chantier, explique : « Ça permet au sol de respirer tout en canalisant les eaux de pluie. »

    Une aventure humaine

    avant tout

    Pour cet artisan muralier d’Aix-en-Provence, encadrer des bénévoles via une association est une première : « C’est intéressant, ça permet d’être dans la transmission du savoir-faire et de les intéresser au patrimoine. Ce que je leur ai dit, c’est qu’ils travaillent sur un ouvrage qui est là depuis probablement plus de 500 ans, et que les pierres qu’ils manipulent ont déjà été manipulées il y a des centaines d’années par d’autres personnes. »

    Le message semble être passé. Accroupis sur le chemin, les jeunes, âgés de 18 à 22 ans, sont concentrés. Leurs journées bien chargées. Le réveil sonne à 6h, pour débuter les travaux une heure plus tard. Ils et elles passent la matinée à enlever les pierres des zones cabossées ou bétonnées, remettre de la chaux et replacer le revêtement. À 13h, retour au Parc de la Poudrerie, où ils sont logés. L’après-midi, place aux activités et à la découverte de la région.

    Amandine et Ilda, qui travaillent en binôme sur la calade, ont d’abord été attirées par « l’aventure humaine » que propose Opus. « C’est l’idée de partager deux semaines avec des gens qu’on ne connaît pas, de découvrir de nouvelles personnes, de nouvelles cultures, parce que c’est un chantier international », détaille la première, étudiante en kinésithérapie à Lille. Leur meilleur souvenir ? La soirée passée la veille, lors de laquelle elles ont découvert des chants turcs de leurs camarades originaires du pays d’Asie.

    Dans quelques semaines, d’autres bénévoles d’Opus viendront restaurer le canal du Parc de la Poudrerie. Le partenariat de la Ville avec l’association, qui dure depuis près de vingt ans, a notamment permis à de nombreux éléments du patrimoine de cet ancien domaine industriel d’avoir une seconde vie, à l’instar du lavoir, des moulins à poudre, ou encore de la chapelle.

  • 50 à 100 nouveaux départs de feu dans le Gros Bessillon, espoir de fixer le feu vendredi ou samedi

    50 à 100 nouveaux départs de feu dans le Gros Bessillon, espoir de fixer le feu vendredi ou samedi

    Le scénario redouté mercredi s’est produit jeudi dans le massif du Gros Bessillon. Au cours d’une nuit plutôt calme, qui a permis de reposer une partie des troupes, 650 sapeurs-pompiers (contre 1 200 la veille) étaient mobilisés jusqu’en début d’après-midi pour éteindre les points chauds et noyer les lisières de l’incendie, qui avait alors parcouru 2 500 hectares. Mais à 13h, comme attendu, la reprise du mistral, conjuguée à des conditions hygrométriques défavorables (un taux d’humidité de 10 à 15 %), a provoqué « entre 50 et 100 départs de feu, de 13h à 18h, sur des périmètres déjà brûlés et en lisière de forêt », indique le préfet Simon Babre.

    En conséquence, l’ensemble des personnes qui avaient pu regagner leur domicile dans la matinée a de nouveau été évacué. On en comptait 500 jeudi soir. L’incendie a relativement peu progressé, de 2 500 à 2 700 hectares, mais approchait à nouveau les communes de Carcès, Montfort-sur-Argens et surtout Cotignac, qui était « réellement menacé », obligeant la mise en place d’« un maximum de moyens pour sa défense », précisait le préfet. Deux foyers s’y sont déclarés dans les quartiers ouest. Ils ont été maîtrisés et les habitants du village, ainsi que ceux de Pontevès, ont pu regagner leurs domiciles en début de soirée.

    Un espoir de fixer le feu vendredi ou samedi

    Une soixantaine de maisons ont été touchées, dont 25 détruites, mais aucune nouvelle ce jeudi. Cela, grâce à « des moyens conséquents qui ont permis d’éviter des dégâts », se félicitait éric Grohin, directeur du SDIS 83. Ceux-ci ont été répartis sur l’ensemble du département de manière préventive, dans une journée à haut risque durant laquelle deux départs de feux ont eu lieu du côté du Revest-les-Eaux (1 hectare brûlé après l’explosion d’une caravane), et cinq, considérés comme suspects, à Brignoles, occasionnant l’ouverture d’une enquête par le Parquet de Draguignan.

    550 sapeurs-pompiers étaient mobilisés du côté du Gros Bessillon, équipés de 120 véhicules feux de forêts, 4 canadairs, 2 DASH, 3 hélicoptères bombardiers d’eau dont un lourd, 60 militaires et autant de gendarmes nationaux appuyés par les policiers municipaux. Les effectifs ont été portés à 800, et 109 militaires pour la nuit, avec de meilleures conditions météo (brise marine apportant de l’humidité) permettant de passer « d’une stratégie de combat à une stratégie de sécurisation », détaillait le préfet. Des drones devaient aussi être envoyés pour repérer les points chauds.

    Avec l’espoir de fixer l’incendie vendredi ou samedi : « On devrait avoir un répit de vent d’ouest pendant trois ou quatre jours, qui va permettre de ne plus avoir à combattre point à point toutes les flammes, et de sécuriser avec du retardant et du déforestage », espérait Eric Grohin. La course contre la montre se poursuit.

  • La DZ mafia nie avoir menacé le maire d’Alès

    La DZ mafia nie avoir menacé le maire d’Alès

    Six personnes cagoulées derrière une table recouverte d’un drap avec le logo DZ, qui n’est pas sans rappeler la vidéo publiée après le meurtre, en octobre 2024, d’un chauffeur de VTC à Marseille par un adolescent de 14 ans. Dans ce nouveau film de quelques minutes posté mercredi soir sur les réseaux sociaux, des membres assurant appartenir à l’organisation criminelle se dédouanent, niant toute implication dans les menaces visant le maire d’Alès dans le Gard, Christophe Rivenq, exfiltré de son domicile par le Raid en pleine nuit.

    L’homme au centre de l’image assure que l’organisation « n’est en aucun cas responsable » des menaces visant l’édile, qualifiées « d’acte lâche et odieux fait par des personnes voulant nuire à la société, rabaissant la moralité française, mais surtout en visant le groupe de la DZ ». Plus inquiétant encore, il assure également que le groupe cherche à identifier les auteurs de « cet acte qui nuit énormément à (leurs) affaires ».

    Une enquête

    toujours en cours

    Contacté, le Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco), chargé de l’enquête sur l’ensemble des menaces visant le maire, nous indique qu’à « ce stade, il a eu connaissance de cette vidéo », et que les « investigations se poursuivent ».

    Le maire LR d’Alès, Christophe Rivenq, a reçu le 16 juillet une enveloppe contenant deux balles de calibre 9 mm, ainsi que des inscriptions menaçantes taguées sur le mur de sa clôture, signées « DZ NG », pour DZ Mafia nouvelle génération, possible scission du groupe. Placé sous protection policière depuis, il a été exfiltré de son domicile par le Raid, dans la nuit de lundi à mardi, après la remontée d’une menace évoquant la possible présence d’une voiture piégée, information non confirmée à ce stade.

  • Des cendriers de poche offerts pour contrer les jets de mégots

    Des cendriers de poche offerts pour contrer les jets de mégots

    Dans le cadre d’une semaine de sensibilisation aux mégots mal jetés, la Confédération des Buralistes, la Métropole Aix-Marseille-Provence et Alcome, éco-organisme dédié à la réduction des mégots dans l’espace public, se sont associés pour mener une campagne intitulée #MonMégotOùIlFaut. Ils sont venus présenter leur initiative, ce jeudi, sur la terrasse de la brasserie Le Delibes (8e), avec comme mot d’ordre : « Neuf déchets sur dix sont des mégots. »

    Au total, 129 buralistes marseillais s’engagent à distribuer gratuitement à leurs clients près de 70 000 cendriers de poche. Une initiative qui vise à lutter contre la présence de ces déchets dans la rue. « Aujourd’hui, le mauvais jet du mégot par terre est inconscient », explique Jonathan Decottignies, directeur des opérations d’Alcome. Il appelle à « une réelle prise de conscience », alors que « quatre à cinq mégots sont présents en permanence tous les 10 mètres de voirie », affirme cette fois Hedi Ramdane, conseiller métropolitain délégué à la propreté et adjoint au maire de Marseille.

    En contact direct avec les fumeurs, les buralistes sont « le premier maillon à solliciter », explique Jonathan Decottignies. Un avis partagé par Frédéric Pourchier, président de la Fédération départementale des buralistes des Bouches-du-Rhône. Ce dernier se dit prêt à faire de la « prévention auprès des clients », car, selon lui, « c’est aux buralistes d’habituer les consommateurs ». Une manière également de montrer que les buralistes peuvent « s’engager pour l’écologie ».

    Pas de solution miracle

    À la fin de leurs discours, les trois hommes ont testé les cendriers. Ceux-ci peuvent contenir, selon eux, « une dizaine de mégots de cigarettes » et « ne dégagent aucune odeur dans les sacs ».

    Ainsi, les cendriers de poche restent l’outil « le plus important » pour sensibiliser la population, selon le président de la Fédération des buralistes. Pourtant, un seul cendrier ne suffit pas à répondre à l’ampleur du problème. En effet, « il en faut quatre à cinq à chaque fumeur pour qu’ils soient utilisés de façon régulière », afin « d’en avoir toujours un à disposition », explique Aliénor Galamez, déléguée régionale d’Alcome. Elle l’assure toutefois : « Le stock a été calculé pour que tout le monde puisse être équipé. »

    Si la Métropole et Alcome affirment agir tout au long de l’année face à ce phénomène, ils admettent « renforcer leurs efforts » en période estivale, où un nombre plus important de déchets est constaté. En effet, le jet de mégots sur la voirie est « un problème particulièrement récurrent en milieu festif et sur les plages où ont lieu de nombreux apéros », note Aliénor Galamez. Des « hot spots » (lieux où les déchets sont nombreux) ont été identifiés par la Ville afin de renforcer la prévention.

    Provence-Alpes-Côte d’Azur est la région qui compte le plus de fumeurs en France, selon une étude de Santé publique France publiée en 2024.

  • [Tour de France] Richard Carapaz le plus fort dans les Hautes-Alpes

    [Tour de France] Richard Carapaz le plus fort dans les Hautes-Alpes

    Un maillot de leader a failli changer d’épaules après l’arrivée à Orcières- Merlette.

    Ce n’est pas le jaune, qui reste solidement sur celles de Tadej Pogacar. Mais après l’avoir virtuellement cédé définitivement au sommet d’Orcières-Merlette, le Slovène l’a finalement conservé, bénéficiant d’une défaillance de Valentin Paret-Peintre dans les deux derniers kilomètres.

    Le Français était parti chasser les points, après avoir pris le bon wagon en suivant Richard Carapaz. L’Équatorien était le mieux classé des six qui ont attaqué. Mais sa douzième place, à plus de 25 minutes du maillot jaune, ne constituait pas un grand danger pour Tadej Pogacar.

    La chasse aux pois rouges

    Accompagné des coureurs du top 10, le champion du Monde a géré sa course, gardant un œil sur Remco Evenepoel, son dauphin, et secondé par Isaak del Toro, à la lutte avec Paul Seixas pour le maillot blanc et la troisième place sur le podium.

    Entre la tête de course et les leaders, deux autres groupes s’étaient intercalés. Celui d’Egan Bernal restait en embuscade, ses sept membres, dont le local Nicolas Breuillard, naviguait à une minute trente derrière. Alors que le groupe du maillot vert Mads Pedersen pointait à plus de quatre.

    Devant Valentin Paret-Peintre continuait sa chasse aux points. Comptant sur les deux derniers cols du jour et les douze points à aller chercher, notamment la montée d’Orcières-Merlette classée première catégorie, pour combler ses sept unités de retard sur Tadej Pogacar.

    Dans la côte de Saint-Léger-les-Mélèzes, Brandon McNulty mettait pied à terre. Le lieutenant de Tadej Pogacar ne s’était pas remis de son accident dans le contre-la-montre de mardi. Classée en troisième catégorie, cette difficulté voyait le groupe maillot jaune accélérer et grignoter un peu de son retard, revenant sur celui du maillot vert. Tout comme les groupes intermédiaires pouvaient espérer revenir se mêler à la lutte pour la victoire.

    Au sommet de Saint-Léger-les-Mélèzes, Valentin Paret-Peintre passait encore le premier. Le maillot à pois était à portée de main. Il lui fallait résister encore 19 kilomètres et terminer sur le podium pour cela. Le Français et ses compères d’échappée avaient encore cinq minutes d’avance à l’attaque de la montée d’Orcières-Merlette. Alors que le peloton avalait Mads Pedersen et ses compagnons.

    À quatre kilomètres de la ligne Valentin Paret-Peintre et Richard Carapaz lançaient l’attaque finale. L’Equatorien en gardait sous la pédale pour une nouvelle accélération, à trois kilomètres d’Orcières-Merlette, alors que Valetin Paret-Peintre montrait des signes de fatigue.

    Richard Carapaz passe sous la flamme rouge du dernier kilomètre avec trente-six secondes d’avance. Avant de franchir en solitaire la ligne. Valentin Paret-Peintre, après avoir tout donné, termine quatrième, et laisse la tête du classement de la Montagne à Tadej Pogacar pour un point.

    La Grande boucle revient à l’Alpe d’Huez

    Les rescapés s’élanceront de Gap pour rejoindre, après 127,9 kilomètres de haute montagne, une arrivée mythique.

    Les derniers 13,8 kilomètres de la 19e étape seront sur la fameuse route départementale 211, célèbre pour ses 21 lacets et une montée à 7,9% de moyenne. Les fans auront reconnu la côte finale menant à l’Alpe d’Huez.

    Depuis 2022, le peloton n’y était pas revenu. Mais pour cette édition, les coureurs auront droit à deux arrivées. Fausto Coppi fut le premier à s’y imposer. Tout comme Joop Zoetemelk, Bernard Hinault ou encore Lucho Herrera.

    Tadej Pogacar sait ce qu’il lui faut faire pour les rejoindre dans la légende du site.

  • Les salariés de Fibre Excellence occupent l’usine

    Les salariés de Fibre Excellence occupent l’usine

    Ils ne lâcheront rien. Après Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, les salariés de Fibre Excellence de l’usine de Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône, ont débuté, jeudi, l’occupation de leur site « à durée indéterminée ». « Notre mobilisation se poursuivra aussi longtemps que la situation l’exigera, jusqu’à ce que de véritables réponses soient apportées », prévient la Filpac CGT Fibre Excellence Provence, dans un communiqué.

    Les travailleurs du groupe de pâte à papier placé en redressement judiciaire, en avril dernier, entendent ainsi maintenir la pression avant l’examen lundi, par le tribunal de commerce de Toulouse, de l’offre de reprise portée par le financier Matthieu Pigasse. Ce projet est le seul qui garantissait la reprise de la totalité des salariés, soit 660 personnes, auxquels s’ajoutent les 228 de la papeterie de la Chapelle-Darblay – dont Fibre Excellence est repreneur – et plus de 10 000 emplois indirects. Sur les banderoles déployées sur les sites, le ton est accusateur : « Macron va-t-il tuer 10 000 emplois ? », interrogent les protestataires.

    « Quels sont les engagements de l’État pour rééquilibrer le marché du bois et garantir la viabilité du projet de reprise ? », écrivent dans un courrier adressé au couple exécutif Carole Delga, présidente (PS) de la Région Occitanie, Renaud Muselier, président (Ren) de la Région Sud, et les numéros un de la CGT, Sophie Binet, de la CFDT, Marylise Léon, et de FO, Frédéric Souillot. Ces derniers se sont prononcés en faveur du projet du banquier d’affaires dit « de gauche » avec Combat Holding.

    Mais le gouvernement se montre très critique. Interrogé lors de l’ultime séance de questions au gouvernement, mardi, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, estime que « l’offre de reprise (…), à ce stade, n’est pas au niveau parce qu’elle demande une aide supplémentaire de l’État ». Si l’on suit les calculs du locataire de Bercy, l’État, qui a déjà engagé plus de 90 millions d’euros dans le sauvetage du groupe et se dit prêt à ajouter 100 millions d’euros supplémentaires, devrait mettre 100 millions d’euros de plus pour suivre le plan de Matthieu Pigasse. Tandis que ce dernier alignerait « cinq misérables millions d’euros », dixit le ministre, « ça me rappelle non pas Robin des bois, mais le shérif de Nottingham qui fait des actions avec l’argent des autres », tacle-t-il. Sur franceinfo ce jeudi matin, il accuse le patron auquel on prête des ambitions élyséennes de « faire de la politique sur le dos des salariés ».

    Le temps presse. L’État doit se positionner et vite. « S’il y a liquidation, personne ne pourra dire qu’il ne savait pas sur la disparition de près de 80% de la capacité française de production de pâte marchande, de 660 emplois directs, de plusieurs milliers d’emplois indirects et d’un outil industriel stratégique qu’il sera pratiquement impossible de reconstruire », préviennent les syndicats et les collectivités.

  • Le Off d’Avignon, entre précarité et succès

    Le Off d’Avignon, entre précarité et succès

    Le Festival d’Avignon, In et Off, se termine ce samedi 25 juillet après trois semaines intenses sur les planches, entre les remparts (et un peu au-delà) de la Cité des Papes. Ce jeudi 23 juillet, l’association Avignon Festival & Compagnies (AF&C) a indiqué que, selon ses estimations, environ 54 % des places mises en vente par les 141 théâtres avaient été vendues. Ces salles ont réalisé 27 000 levers de rideau de 1 812 spectacles.

    Des « chiffres stables », ont estimé, lors d’une conférence de presse, les dirigeants de la structure qui gère et organise l’événement. C’est en effet la première fois, depuis sa création, qu’ils parviennent à disposer d’un chiffre plus précis de la situation. « Il n’y a pas de billetterie centralisée, donc c’est compliqué d’avoir les données exactes. Mais cette année, oui, grâce aux remontées des différents prestataires », détaille Harold David, directeur délégué de l’AF&C. Les chiffres recueillis représentent 52 % de la billetterie totale au 21 juillet, soit 1 371 000 billets sur 2 600 000. Ce qui est « assez représentatif, car il y a une grosse variété et ça va du plus grand, la Scala, au plus petit, le Chapeau Rouge », estime le directeur délégué. Avec des calculs supplémentaires, il est aussi estimé que la billetterie représente 22 millions d’euros de chiffre d’affaires.

    Vision du futur

    Un peu plus de la moitié du taux de remplissage donc. Si, de l’extérieur, les rues pleines, les tractages à la pelle par des compagnies déguisées, souriantes, et les multiples spectacles de rue animent joyeusement les rues d’Avignon, le bilan est cependant presque systématiquement salé pour les compagnies. « Même si c’est tout le temps complet, c’est dur d’être à l’équilibre économiquement. 54 %, ce n’est pas satisfaisant », confirme Harold David, qui a lui-même été comédien et patron de théâtres. « Avignon, c’est stricto sensu déficitaire. Parce que c’est basé sur l’espoir que l’on va être programmé plus tard dans d’autres théâtres et se refaire, en quelque sorte », ajoute Laurent Domingos, coprésident de l’AF&C.

    En fin de conférence de presse, plusieurs compagnies ont également tenu à témoigner. David Nathanson, des Ailes de Clarence, estime que les « chiffres ne disent pas grand-chose de la suite des diffusions des spectacles » et que les « compagnies ne se payent pas à Avignon ».

    Une réflexion sur l’avenir est ainsi nécessaire. Car les budgets ne cessent de diminuer, tout comme les subventions versées par les collectivités. Selon l’AF&C, 80 % des compagnies ne percevaient aucune subvention en 2026, contre 78 % en 2025. « On est à la croisée des chemins. Il faut se rendre compte de la gravité de la situation. Moins d’aides, c’est aussi moins de programmateurs. Ce qui veut dire moins de théâtres et moins de compagnies. Et, à terme, plus de Off si on se projette dans 5, 10 ou 15 ans », alerte Raymond Yana, autre coprésident de l’AF&C. L’organisation rappelle qu’elle a adressé une lettre ouverte aux candidats à la présidentielle et que huit d’entre eux, surtout des personnalités de gauche, se sont rendus à Avignon pour échanger sur la question de la place de la culture dans leur programme. « Il faut interpeller ceux qui font les lois, car on dépend d’eux malgré tout », glisse Raymond Yana.

    Pistes d’amélioration

    D’autres pistes d’amélioration ont été évoquées, notamment concernant l’accueil et les transports, tant pour les spectateurs que pour les compagnies et leurs équipes. « Mon spectacle se tient à 21h. Mais pour rentrer à Nîmes, par exemple, les derniers trains sont dans ces eaux-là et ça me fait perdre des ventes », glisse un festivalier au micro. D’autant que 41 % du public provient du quart sud-est de la France. Un travail est en cours avec le Grand Avignon, notamment sur les transports en commun pour se rendre dans les villes environnantes. « Les habitants des villages d’à côté aimeraient bien pouvoir louer leurs apparts ou leurs maisons. Mais il n’y a souvent pas de transports. Parfois, il y en a même moins que le reste de l’année puisque l’on est en horaires d’été », pointe Laurent Domingos. Il reste un peu moins d’une année pour réfléchir à ces enjeux. Avec, entre-temps, une élection qui risque de tout chambouler.

    REPÈRES

    54 %

    de taux de remplissage estimé dans les salles de théâtre du Off.

    1 400 000

    billets vendus, d’après ces mêmes estimations.

    27 000

    levers de rideau pendant les trois semaines de l’événement.

    22 000 000

    d’euros de chiffre d’affaires ont été générés grâce à la seule vente de billets.