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  • Santé et action sociale mobilisées contre l’austérité à Montpellier

    Santé et action sociale mobilisées contre l’austérité à Montpellier

    « Nous pensons que c’est important de peser sur la rentrée », explique Nathalie Argenson. Alors que se profile la discussion du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), cette représentante de la CGT du CHU de Nîmes dénonce les économies annoncées (l’Assurance maladie propose de réaliser 3,9 milliards d’économies pour l’année 2027) sur « un budget qui a déjà été contraint les précédentes années. (…) Alors que nos hôpitaux, nos Ehpad, le secteur du handicap, le social et le médico-social sont déjà à bout, on nous demande encore de faire des économies », dénonce-t-elle.

    « Le gouvernement veut faire payer davantage les patients, augmenter les franchises médicales et les participations forfaitaires, remettre en cause les droits liés aux affections de longue durée, limiter les arrêts maladie, réduire les droits des personnes en situation de handicap et supprimer des postes dans la fonction publique. Toujours la même logique : faire payer ceux qui ont le moins et demander toujours plus d’efforts aux salariés et aux patients », s’indigne la cégétiste sous les applaudissements. « Nous refusons cette logique et nous refusons l’idée selon laquelle il n’y aurait pas d’argent. L’année dernière, quand Madame Vautrin a changé de ministère, bizarrement elle a trouvé 7 milliards pour aller faire la guerre », ironise-t-elle.

    Au CHU de Montpellier, Philippe Engelmann, infirmier aux urgences psychiatriques et militant CGT, témoigne d’un « été caniculaire et catastrophique, avec des conditions de travail affreuses pour les collègues et des conditions de prise en charge terribles pour les patients. On a mis des couvertures de survie dans certaines chambres pour essayer de gratter un ou deux degrés », rapporte-t-il. L’installation électrique ne permettant pas d’utiliser suffisamment de climatiseurs mobiles, « pour un service de 20 lits, on devait choisir les 8 chambres où on pouvait en installer, donc trier les patients ». Comme Nathalie Argenson, il dénonce l’obsession du gouvernement de faire toujours plus d’économies sur la santé, « alors que le travail nous casse de plus en plus : syndromes du canal carpien, hernies discales, cervicalgies, burnouts : on en entend tous les jours. Et que fait le gouvernement ? Il plafonne les arrêts maladie à un mois, il dérembourse certains médicaments, il diminue le taux de remboursement des transports sanitaires… »

    Antoine Feletti, de SUD Santé sociaux, évoque, lui, « 15% de baisse de budget annoncée pour 2026 » dans le secteur social, à Montpellier. Avec des conséquences qui se font déjà sentir : fermeture du service de Gammes destiné aux moins de 25 ans à la rue, fermeture, au 30 septembre, du centre d’hébergement d’urgence à la nuitée de Coallia, menace sur le Planning familial de l’Hérault…

    Pour les syndicats, ce rassemblement constituait une étape avant la mobilisation du 29 septembre dans la fonction publique. « La question est la suivante : quelles sont nos priorités ? Nous faisons le choix de la santé, de la solidarité et des services publics », résume Nathalie Argenson.

  • [Entretien] Carole Delga : « Il faut une nouvelle politique de “l’attention” »

    [Entretien] Carole Delga : « Il faut une nouvelle politique de “l’attention” »

    Bram accueille samedi 19 septembre, la 6e édition des Rencontres de la gauche initiées par Carole Delga. L’élue socialiste, présidente de la Région Occitanie, y convie militants de tous horizons, personnalités de toutes disciplines, élus locaux, nationaux et européens. Une édition particulière comme elle l’explique à La Marseillaise dans cet entretien exclusif.

    La Marseillaise : Avant les rencontres de Bram, vous avez dit : «À 200 jours du premier tour de l’élection présidentielle, notre responsabilité collective est immense. » Au regard du nombre des candidatures à gauche, comment proposer un grand projet progressiste qui permette à la gauche de l’emporter ?

    Carole Delga : La France est un peuple politique, mais sur le terrain les Français n’ont franchement pas encore la tête à la présidentielle, préoccupés par la rentrée, le prix de l’essence et les difficultés à la fin du mois. Donc il est toujours temps de débattre à gauche et dans l’immédiat pour ma famille politique, ses militants, ses sympathisants de désigner notre candidat. J’appelle d’ailleurs tous les citoyens intéressés, particulièrement celles et ceux qui ont pu s’éloigner de la politique ces dernières années, à s’inscrire sur la plateforme Choisir 2027 avant le 5 octobre. D’autres partis ne prennent pas cette peine, sans aucun processus démocratique. Nous, même si j’ai conscience que rien n’est parfait, nous débattons. Et nous choisirons dans 20 jours celui ou celle qui, au lendemain de la primaire, devra rassembler le plus largement possible.

    Après bientôt 10 ans de présidence Macron qui ont tant abîmé notre société, je suis convaincue que les Français n’ont jamais eu autant besoin de la gauche. Et pour moi, celui qui a le projet le plus crédible, à la fois pour redresser la France, pour porter sa voix à l’international et battre le RN, c’est Raphaël Glucksmann.

    Bram est à la fois un moment convivial et de débats. Est-ce que justement ce n’est pas ce qui fait défaut à la gauche, ces temps de débats sur le fond ?

    C.D. : Dans l’histoire de la gauche, il y a toujours eu des débats engagés, parfois vifs, et tant mieux. Hélas, ces dernières années, le débat d’idées a trop souvent laissé sa place à la politique du spectacle, aux petites phrases médiocres, parfois aux invectives, à des mises en scène désastreuses sur les réseaux sociaux. C’est la triste représentation de responsables politiques qui ne parlent plus qu’à eux-mêmes. C’est cruel, mais c’est ce que j’entends tous les jours sur le terrain. C’est aussi pour cela que j’ai voulu lancer les Rencontres de la gauche, à Bram. Parce que nous avons besoin de parler à tous les Français. Je suis fière d’amener ces débats de fond dans un petit village, loin de Paris, et de permettre aux gens d’ici de débattre de l’avenir de la France avec des personnalités reconnues au niveau national.

    À Bram, on ne donne pas de grandes leçons. On construit ensemble. C’est comme ça qu’avec ma majorité à la Région, socialistes, communistes, radicaux, écologistes, place publique, citoyens, on propose depuis 10 ans, avec travail et humilité, des solutions pour les Occitans et les Catalans.

    La Nupes puis le NFP ont permis de susciter l’espoir à gauche et d’obtenir un nombre conséquent de députés. Le refus de tout accord électoral de Raphaël Glucksmann -que vous soutenez- avec Jean-Luc Mélenchon et LFI n’hypothèque-t-il pas les chances de la gauche aux législatives qui suivront la présidentielle ?

    C.D. : Ma conviction, c’est que ce type d’accord, en vérité plus technique que politique, ne fonctionne pas bien longtemps. Certes, cela permet à certains de sauver quelques circonscriptions. Mais à terme, on ne construit pas son parcours politique avec des alliances contre nature. Nous l’avons vu dans de nombreuses villes, lors des élections municipales. Pour ma part, je n’ai jamais transigé et je ne transigerai jamais. Il faut une rupture claire avec la direction de LFI, sans quoi nous perdons notre raison d’être. Le populisme, c’est non. Le communautarisme, c’est non. Les dérives antisémites, jamais de la vie. Sans clarté, comment voulez-vous que les gens nous fassent confiance ? La moindre des choses, quand on s’engage en politique et qu’on sollicite la confiance de nos compatriotes, c’est d’être sincère et cohérent.

    Nous célébrons les 90 ans du Front populaire. À l’époque, les gauches avaient d’énormes différents, des conceptions très clivantes. Mais face à la montée du fascisme, ces formations ont su s’unir. Ne peut on pas en tirer des leçons pour aujourd’hui quand les extrêmes droites menacent ?

    C.D. : L’an prochain, ce n’est pas une élection présidentielle comme les autres. Nous sommes à un moment de bascule pour la France et l’Europe. Dans ce monde dangereux, avec les bouleversements internationaux et la multiplication des conflits, l’urgence climatique qui nous prend à la gorge et le déclassement qui mine notre pays, les Français sont inquiets et parfois découragés. Les populistes, et en particulier l’extrême droite, sont les champions pour profiter de ces peurs et de ces colères. Et je le dis à tous ceux qui seraient tentés : le projet du RN est mortifère. Un programme de haine contre l’étranger, contre l’immigré, contre la femme voilée. Un programme qui s’assied sur la Justice et l’État de droit. Un programme qui nous mettrait au ban de l’Europe. Cela ajouterait du chaos au chaos. Mais je garde une conviction profonde, de mon expérience des dernières campagnes que j’ai gagnées largement contre le RN : on ne combat pas Marine Le Pen avec des tambouilles électorales. On la combat avec une candidature crédible, un récit positif et des solutions apportées aux Français.

    Vous avez consacré un ouvrage à Léon Blum intitulé « Quand Vichy jugeait le Front populaire ». C’est un des visages, si ce n’est l’incarnation du Front populaire. C’est un parcours qui vous inspire humainement et donc politiquement ?

    C.D. : Humainement et politiquement, ça a été toujours pour moi un repère, un exemple. Léon Blum, c’est la droiture d’un véritable homme d’État, pétri de courage, d’humilité, de sincérité et de volonté. Il était à la fois intellectuel et proche du peuple, aussi à l’aise dans les cercles littéraires parisiens que dans les vignes de sa circonscription à Narbonne.

    Blum est resté debout alors qu’il était une cible : tant pour sa politique de justice sociale qui a transformé le pays que parce qu’il était juif. J’ai voulu raconter le procès de Riom. Un procès fait non seulement à un homme, mais au Front populaire et surtout à la République que le régime de Vichy et les nazis voulaient abattre. En somme, un procès contre la démocratie et la souveraineté du peuple. C’est un moment décisif de notre histoire que doivent connaître les nouvelles générations.

    À travers le procès de Riom, j’ai voulu raconter la victoire de la conviction, de la force des faits face à l’injustice. C’est un formidable message d’espoir, la vérité peut triompher.

    Vous vous êtes engagée, avec votre majorité du conseil régional d’Occitanie, pour l’industrie et notamment pour que l’usine Fibre Excellence continue son activité en portant un projet de reprise. En quoi ce combat est essentiel ?

    C.D. : Fibre Excellence, c’est le dernier fabricant de pâte à papier en France. Concrètement, il produit de l’emballage papier – une alternative incontournable à l’emballage plastique – et aussi du matériel sanitaire – nous avons vu pendant le Covid combien il était primordial d’avoir une production française . C’est un combat à la fois économique, social et écologique, pour ne pas dépendre à 100 % des importations nord-américaines, chinoises ou brésiliennes.

    C’est aussi un combat politique que je mène face à ceux qui, parfois obnubilés par la start-up nation, délaissent la France des usines, des ouvriers, des territoires. Fibre Excellence, ce sont des salariés avec un savoir-faire unique. J’ai défendu jusqu’au bout auprès du tribunal la solution des deux sites. Aujourd’hui je pense aux salariés de Tarascon qui ont perdu leur emploi. On ne les laissera pas tomber : pour garantir la sécurité du site, pour empêcher son démantèlement et proposer un nouveau projet avec la Région Sud.

    À Saint-Gaudens, 270 salariés attendent toujours d’être fixés sur leur sort depuis plusieurs mois. Avec mes équipes, nous travaillons d’arrache-pied pour trouver des industriels en capacité de bâtir un modèle économique robuste. Les deux investisseurs intéressés doivent maintenant finaliser leur projet de reprise. Nous avons jusqu’au mois de décembre pour convaincre le tribunal de commerce.

    Les actions du conseil régional que vous présidez sont importantes pour la vie quotidienne des habitants. Les Régions ne devraient-elles pas avoir encore plus de leviers budgétaires ? Une fiscalité « de combat » ? Faut-il une nouvelle étape dans la décentralisation ?

    C.D. : Je suis convaincue qu’il faut renforcer les pouvoirs locaux et laisser l’État se concentrer sur le régalien. Les Français aussi, puisqu’ils sont 75% à demander plus de prérogatives pour les Régions. Ils sont même 2 sur 3 à être favorables au fédéralisme. Pourtant, Emmanuel Macron a clairement mené, avec mépris, une politique de recentralisation ces dix dernières années. Il a sciemment asséché les budgets des collectivités, et en particulier des Régions. En 2026, l’État les a ponctionnées d’un milliard d’euros. Je refuse la logique qui affaiblit les échelons de proximité, alors même qu’ils portent majoritairement l’investissement public et des politiques utiles au quotidien : école, transports, santé, etc.

    Demain, si on veut retisser du lien social et territorial, il faudra engager un nouvel acte de décentralisation, fondé sur une répartition claire des compétences, la confiance et l’efficacité de l’action publique. C’est une réponse nécessaire au sentiment d’abandon que ressent une partie de la population qui doit s’accompagner par une nouvelle politique de l’attention que je présenterai, dans le cadre des Rencontres de la Gauche, demain à Bram.

    Les Rencontres de la gauche 2026 : information et inscription sur caroledelga.fr

  • Des pistes en Occitanie face à la crise du climat

    Des pistes en Occitanie face à la crise du climat

    Le changement climatique pourrait amputer le produit intérieur brut (PIB) de 3,6% en 2050 en cas d’inaction climatique, selon une note du ministère français de l’Économie présentée vendredi 11 septembre par le ministre Roland Lescure.

    « En l’absence de mesures supplémentaires d’adaptation au dérèglement climatique et de mesures de réduction des rejets de gaz à effet de serre, le changement climatique pourrait aussi par conséquent dégrader le déficit public, de 1,8 point de PIB en 2050 », précise ce document de la Direction générale du Trésor, présenté par le ministre lors d’un séminaire consacré à ce sujet. L’impact financier commence à faire réagir l’exécutif, sur le papier. L’aveu fait dans ce rapport est frappant : « La littérature académique suggère que les solutions d’adaptation mises en œuvre jusqu’à présent auraient permis d’éviter jusqu’à la moitié des coûts liés aux dommages climatiques sur l’activité. » Mais les pistes esquissées par cette note du Trésor sont quasi inexistantes, hormis des exemples d’investissements privés. Un peu court pour élaborer une stratégie.

    Dans les communes, notamment du Gard et de l’Hérault, les mesures sont prises en particulier pour prévenir et se prémunir des phénomènes méditerranéens, ces pluies diluviennes qui pourraient déferler cet automne. À Montpellier, les jours d’inondations ou d’incendies, tous les acteurs sont réunis en cellule de crise qui sera centralisée dans le futur hôtel des sécurités. Il ouvrira dans le quartier Celleneuve début 2029.

    Mais gérer l’urgence ne suffira pas. À Nîmes, la nouvelle majorité de gauche conduite par le maire Vincent Bouget, veut désormais agir sur la ville elle-même : parcours fraîcheur entre fontaines et points d’eau, voiles d’ombrage, permis de végétaliser renforcé, cours d’école désimperméabilisées et végétalisées. À noter que 1,78 million d’euros ont déjà été engagés cette année pour le confort thermique des écoles (lire page 7). Dans le Gard Cévenol, les plus anciens se souviennent notamment des inondations de 1958.

    L’importance des barrages

    À l’époque le Gardon, le Vidourle et la Cèze, en crue, provoquèrent d’importants dégâts sur 45 communes, tuant plus de 30 personnes. Pour les trois barrages situés sur le Vidourle, c’est aussi 600 000 euros d’entretien chaque année à débourser. Ces barrages, dont deux sont écrêteurs de crue, permettent chacun de retenir 10 millions de mètres cubes d’eau. Pourtant, leur impact est limité. « Si l’orage est un kilomètre après le barrage, ça ne sert à rien », prévient Jacques Dautheville, maire de Conqueyrac et ancien vice-président de l’Établissement public territorial de bassin (EPTB) du Vidourle. L’élu a surtout constaté qu’en 2002, les deux barrages situés sur sa commune n’avaient pas empêché l’importante crue de toucher sa mairie, qui s’était retrouvée sous 1,5 mètre d’eau. (lire page 7).

    La prévention des pluies et des inondations fait l’objet d’une campagne nationale qui concerne 15 départements du pourtour méditerranéen, dont le Gard et l’Hérault. Au total, les inondations menacent 9 millions d’habitants sur le pourtour méditerranéen, en particulier en automne. Après les canicules hors normes de l’été, les épisodes orageux de grande ampleur sont attendus. Appelés phénomènes cévenols, ces intempéries sont désormais qualifiées de phénomènes méditerranéens car il concerne les régions Occitanie, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Corse.

    Or, le coût des inondations est considérable et pourrait augmenter à l’avenir, d’où l’importance d’anticiper au maximum les éventuels facteurs de risque. Sur le pourtour méditerranéen, entre 1995 et 2022, 75 % des communes ont connu des sinistres indemnisés par les assureurs au titre du régime des catastrophes naturelles pour l’inondation ; 5 communes du département des Alpes-Maritimes ont été reconnues plus de 30 fois entre 1982 et 2025 ; 12 communes du pourtour méditerranéen ont un coût cumulé des sinistres causés par des inondations supérieur à 100 millions d’euros entre 1995 et 2022.

    Les collectivités dans le Gard et dans l’Hérault se mobilisent également via des politiques telles que le développement des transports en commun. C’est le cas à l’échelle de la Région Occitanie qui mise sur le déploiement du service public ferroviaire et d’une tarification incitative. À Montpellier la gratuité des transports sur l’ensemble des communes de la métropole a fait décoller la fréquentation des tramways et des bus. Autant d’actions de fond pour faire baisser les émissions. de gaz à effet de serre.

    Paradoxalement, le cycle de l’eau est devenu « plus irrégulier et imprévisible », avertit l’ONU, soulignant que « les cours d’eau du monde entier avaient connu en 2025 l’une des années les plus sèches depuis plus de trois décennies ».

    L’année 2025 compte désormais également parmi les plus sèches de ces 35 dernières années en matière de débit fluvial, selon un nouveau rapport de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) sur l’état des ressources en eau dans le monde.

  • La Fête de l’Humanité : luttes, joie et débats pour le Syndicat des avocats de France (SAF)

    La Fête de l’Humanité : luttes, joie et débats pour le Syndicat des avocats de France (SAF)

    Par le SAF Marseille

    Chaque semaine, retrouvez « Robes noires », une chronique dédiée au monde de la justice, proposée par des avocats du SAF, issus des barreaux d’Aix-en-Provence, de Marseille et de Montpellier.

    Ce week-end se tenait en région parisienne l’historique rassemblement du Parti communiste français : la Fête de l’Humanité, ou « Fête de l’Huma » pour les intimes. Ces 91 dernières années, ce rassemblement s’est élargi aux associations, syndicats et autres partis politiques de gauche. Le Syndicat des avocats de France (SAF) est un habitué de la « Fête de l’Huma », où il tient régulièrement un stand depuis plusieurs années. En 2023, le Syndicat de la magistrature (SM) a lui aussi fait son entrée, marquant sa toute première participation à la grande messe de la gauche. Les deux syndicats ont depuis scellé leur alliance en partageant un stand commun, transformant leur QG en lieu de débats sur de nombreux sujets touchant à la justice, l’accès au droit, ou encore la répression judiciaire des militants. Sur les trois jours de cette fête, les bénévoles du stand commun du SAF / SM ont organisé plusieurs tables rondes et moments festifs pour les militant.es et curieux.ses s’intéressant à ces sujets.

    Un prisme international

    Un prisme international a été choisi en évoquant d’abord les évolutions des droits des personnes étrangères en 2027, ainsi qu’une table ronde sur la justice internationale sous pression politique, questionnant l’avenir du droit international notamment face à des États faisant fi des normes internationales.

    La politique pénale nationale n’a pas été laissée de côté, des experts ont exposé l’impact de la récemment créée amende forfaitaire délictuelle, dont l’application par la police municipale « surpénalise » la jeunesse racisée. Des chercheurs et avocats ont pu partager leurs constats face à une jeunesse endettée pour des infractions mineures, et les modalités de lutte face à ce phénomène inquiétant.

    Les questions de justice climatique ont également été centrales et notamment la question de la criminalisation de la défense de l’environnement. Cette table ronde a permis de revenir sur certains procès récents de militants écologistes dans le cadre d’actions de lutte menées pour la défense de l’environnement.

    Les violences sexistes et sexuelles, sujet brûlant et remis à la Une depuis l’affaire Lyhanna, ont également été évoquées avec des professionnels et professionnelles du secteur afin d’identifier comment améliorer la réponse pénale face à ce phénomène de société massif, tout en partageant un prisme anti-carcéral à la lumière d’une surpopulation croissante dans nos prisons. Le stand SAF / SM a également su partager de la joie et des rires en invitant une fanfare pour enjoindre les militants à danser en fin de journée, ainsi qu’un humoriste de stand-up et plusieurs DJs pour clôturer ces denses journées d’échanges. La lutte, oui, mais avec de la joie toujours !

    Une question ? Besoin d’un conseil ? Contactez nos chroniqueurs par mail avocats@lamarseillaise.fr

  • Le Département des Bouches-du-Rhône inaugure deux équipements

    Le Département des Bouches-du-Rhône inaugure deux équipements

    L’établissement a notamment été agrandi, sa performance énergétique améliorée et des îlots de fraîcheur aménagés. Le Département a consacré 59 500 euros à cette réhabilitation, soit « 70% du montant total ». Martine Vassal s’est ensuite rendue dans le village de Maussane-les-Alpilles pour inaugurer le parc Benjamin-Priaulet, où des chemins et des équipements de loisirs ont été créés et renouvelés. Le Département a financé cet aménagement à hauteur de 150 000 euros, soit la moitié du coût des travaux.

  • Les cheminots font vivre la fraternité au Village de la paix de Toulon

    Les cheminots font vivre la fraternité au Village de la paix de Toulon

    Un stand, une soirée culturelle avec concert et une expertise unique sur la culture de paix… Voilà ce que propose le Casi (Comité des activités sociales interentreprises) des Cheminots de la région Paca, à l’occasion de l’organisation de ce Village de la paix à Toulon. « On a répondu naturellement à la sollicitation des organisations progressistes pour ce Village de la paix, cela fait 40 ans qu’on fait vivre la culture de paix », explique Michel Mafioly, président de la commission des activités sociales et culturelles du Casi. Présent avec un stand, c’est toute « une équipe de bénévoles » qui se déploie sur l’événement, afin de « développer et expliquer l’implication et la démarche du Casi pour la paix ».

    Au programme : l’organisation d’une soirée festive et culturelle avec un concert de rap français, mais aussi « des ateliers graphiques » autour de la paix et l’animation de débats. De quoi rappeler le travail de l’organisation pour promouvoir l’amitié entre les peuples plutôt que l’armement à tout va.

    « Nous avons organisé des séjours mémoriels au Japon, à Hiroshima et Nagasaki. Nous sommes également allés à l’ONU, à New York, pour porter la voix du désarmement », se remémore Michel Mafioly.

  • Sammy Stein exhume des archives iconoclastes à Digne

    Sammy Stein exhume des archives iconoclastes à Digne

    Dans son exposition visible au Cairn jusqu’au 1er novembre, l’artiste parisien Sammy Stein rend accessibles des archives d’Alexandra David-Néel, mais aussi de Jean Perdrizet, inventeur de soucoupes volantes et de machines à communiquer avec les morts, qui a lui aussi passé beaucoup de temps à Digne. « Je suis sceptique, je ne crois pas aux soucoupes volantes, mais je suis intéressé par l’imaginaire que cela peut faire surgir », explique l’artiste.

    Dans la salle d’exposition du Cairn, on retrouve notamment des écrits anarchistes d’Alexandra David-Néel. « C’est une partie qui m’intéressait beaucoup chez elle, ces écrits de jeunesse anarchistes, féministes », confie Sammy Stein. « Très jeune, elle sent qu’elle ne veut pas se laisser porter par la place des femmes dans cette société. »

    « Cela permet de rendre accessibles des titres de la bibliothèque réservée aux chercheurs, et le fonds exceptionnel conservé par la maison Alexandra David-Néel », avance Laurie Honoré, responsable du développement des publics et de la programmation culturelle. « Cela m’intéresse de rendre visibles des choses qui sont cachées et qui nous emmènent vers différents imaginaires », abonde Sammy Stein. « On essaye de maintenir cette convergence entre patrimoine et création », explique Sandra Cattini, directrice du Cairn. Au milieu de la salle d’exposition, des scans des livres de la bibliothèque d’Alexandra David-Néel rassemblent dans des fanzines sa collection d’ouvrages anarchistes, communistes et féministes. Pour réaliser cette exposition, Sammy Stein est venu à maintes reprises en résidence à Digne. « C’est une résidence unique, un travail sur le long cours. C’est un accès privilégié où on peut se couper de tout et travailler intensément sur un projet », se réjouit l’artiste, qui confie rêver de vivre entre Digne et Paris.

  • Santés humaine, animale et environnementale sont interdépendantes

    Santés humaine, animale et environnementale sont interdépendantes

    « Le principe “Une seule santé” consiste en une approche intégrée et unificatrice qui vise à équilibrer et à optimiser durablement la santé des personnes, des animaux et des écosystèmes. Il reconnaît que la santé des humains, des animaux […] et de l’environnement […] est étroitement liée et interdépendante. » La définition est donnée immédiatement. Soigner n’est pas une affaire de médicament, mais d’interdépendances : une seule santé.

    Mercredi s’est tenu dans la grande salle de la brasserie Zoumaï la reprise du Bar des sciences, une rencontre mensuelle organisée par les chercheurs de l’Observatoire des Sciences de l’Univers. L’objectif : rendre accessible les recherches des scientifiques du laboratoire. Animée par deux étudiantes du master Information scientifique et médiation en environnement, trois experts aux postures complémentaires y sont conviés : Thierry Tatoni, professeur d’écologie, Zoé Le Monnyer, chargée de mission « Une seule santé » à L’Agence Régionale de la Biodiversité et de l’Environnement et Anthony Gonçalves, adjoint au Maire de Marseille délégué à la Santé.

    Le concept d’Une seule santé émerge dans les années 1990, dans un contexte de lutte contre la rage et du développement de l’antibiorésistance. Il est redéfini en 2022 par l’OHHLEP, groupe d’experts conseillant sur le sujet plusieurs organisations internationales comme l’OMS et la FAO.

    La destruction de notre habitat

    Thierry Tatoni, professeur d’écologie à l’Institut méditerranéen de biologie et d’environnement (IMBE), rappelle que l’écologie, du grec oikos logos, est l’étude de l’habitat, des conditions d’existence du vivant. Son regard sur les enjeux de santé publique est systémique.

    Remontant le temps au milieu du XIXe siècle, le chercheur revient sur la période de la révolution industrielle et du début de l’exploitation des matières fossiles. Production massive d’énergie et explosion démographique, ces changements majeurs ont été le point de départ d’une profonde déstabilisation de l’ensemble des dynamiques du vivant.

    Selon le dernier rapport du Planetary boundaries science Lab (2025), sept des neuf limites planétaires ont été dépassées, menaçant l’habitabilité même de la Terre pour l’espèce Humaine. Un million d’espèces animales et végétales sont menacées d’extinction, selon l’ONU.

    « L’espèce humaine, qui est la seule à expérimenter la notion de futur, est aussi la seule qui fait tout pour le flinguer », conclut le chercheur.

    Faire le pont entre biodiversité et santé

    Pour Zoé Le Monnyer, le concept « Une seule santé » est porteur d’espoir car porteur d’un pouvoir transformateur fort. Et si la santé devenait la boussole de nos politiques publiques ? Chaque année, 33 000 décès sont liés à la chaleur en France et 40 000 à la pollution de l’air, selon Santé Publique France.

    Missionné par l’ARS Paca dans le cadre d’un Plan Régional Santé Environnement, l’Agence Régionale de la Biodiversité et de l’Environnement vise à faire dialoguer les acteurs de la biodiversité et de la santé. L’ARBE coordonne depuis juin 2026 un réseau régional opérant plusieurs projets en cours : partenariat entre l’Hôpital du Pays salonais et le Conservatoire d’espaces naturels, surveillance de la faune locale en Camargue…

    À terme, l’objectif est de construire une vision macro de l’état de santé global du territoire.

    Un public participatif

    Dans la salle, les questions fusent, entre scepticisme et incompréhension. Comment gérer l’impact environnemental désastreux des projets de data center ? Des études sur l’impact des travaux dans le quartier de la Joliette sur la santé de ses habitants ont-elles été réalisées ? Le développement d’une gentrification verte liée à la création d’espaces verts dans les quartiers populaires est-il pensé

    L’adjoint au Maire de Marseille délégué à la santé Anthony Gonçalves rappelle l’importance d’une gouvernance démocratique de ces questions sensibles. Les compétences, souvent partagées, sont parfois difficilement mobilisables sans l’appui de la métropole ou de l’État, et la municipalité peut se retrouver bloquée. « Sans une impulsion nationale, la mairie restera un petit bras », regrette-t-il.

    Thierry Tatoni lui fait part de l’importance de la réhabilitation du Jarret et des Aygalades, cours d’eaux traversant les 14 et 15e arrondissements de Marseille. Aujourd’hui bétonnés, leur réhabilitation permettrait de changer radicalement le visage de ces quartiers.

    Prendre soin de la ville pour la santé de tous.

  • France Nature Environnement privée de local à Carpentras

    France Nature Environnement privée de local à Carpentras

    Plus de local pour l’association France Nature Environnement de Vaucluse. La municipalité conduite par le député-maire Hervé de Lépinau (RN) a décidé de ne pas prolonger le bail de l’espace qu’occupait la structure depuis une vingtaine d’années.

    La FNE, organisation agréée protection de l’environnement, reconnue d’Intérêt Général, habilitée à participer au débat public, agréée par l’Éducation Nationale, y fédérait 30 associations locales de défense de la nature. Dans un communiqué, elle regrette la décision du premier édile d’extrême droite, estimant qu’il « envoie un très mauvais signal à tous nos concitoyens, comme à tous nos partenaires publics et privés concernant sa conception de la vie démocratique locale ». « C’est dommage d’en arriver là car on fait un gros boulot. On fait avancer la cause environnementale sur le département en se tenant aux côtés des assos quand on conteste les projets qui ont un impact sur les terrains agricoles, les terrains naturels, on siège dans plusieurs commissions », expose la présidente de France Nature Environnement 84, Claude Ranocchi.

    Contactée par La Marseillaise, la municipalité n’a pas répondu sur les raisons de cet arrêt de la location du local, qui est de 500 euros par mois. En conseil municipal ce jeudi 17 septembre, le maire Hervé de Lépinau a estimé que « s’ils ont des salariés, ils ont un budget » et que « ce n’est pas une obligation communale ». Et assure qu’il a « demandé à l’association de se rapprocher de la mairie pour des mises à disposition ponctuelles. Il y a actuellement des échanges mais rien n’est acté ».

    Appel à mobilisation

    La FNE cherche donc un nouveau local. Et lance un appel « solennel à la mobilisation de toutes celles et ceux qui considèrent que son action, reconnue au niveau départemental, mérite mieux qu’une salle prêtée ponctuellement. Un local pour FNE Vaucluse, c’est un lieu de travail pour l’intérêt général. Mobilisons-nous pour le trouver et le financer ». « S’il y a eu un déchaînement de haine, il y a surtout eu un formidable élan de solidarité » ajoute Claude Ranocchi. En quelques jours, une demi-douzaine de propositions sont arrivées dans plusieurs villes du département comme Sorgues ou encore Orange.

    Contact de la FNE :
    presidence@fne-vaucluse.fr
    fne-vaucluse.fr/presentation

  • Legré Mante : la consultation du public est lancée

    Legré Mante : la consultation du public est lancée

    La consultation du public sur le permis de construire au 195, avenue de Montredon (8e), sur les friches industrielles polluées Legré Mante, est ouverte depuis lundi et pour 30 jours.

    Les 25 premières expressions par voie électronique sont divisées. « Pourquoi faut-il construire 140 logements, générer de nouveaux déplacements et augmenter encore la pression sur un quartier déjà saturé pour rendre possible la réhabilitation d’un site dont la pollution est connue depuis des années ? », interroge une adhérente de Santé Littoral Sud. « Ce projet traîne depuis des années et il est vraiment temps qu’il puisse enfin voir le jour. Au-delà des logements, c’est tout un quartier qui va pouvoir être réaménagé », estime au contraire Sandrine.

    En juillet 2024, le tribunal administratif a annulé les deux permis délivrés en raison de l’information très lacunaire du dossier d’enquête publique, mais surtout pour non-respect de la loi Littoral : 300 logements représentaient une densification excessive en bord de mer. En juin 2013, les permis d’Océanis Promotion avaient connu le même sort judiciaire.

    Le nouveau projet propose 139 logements collectifs, dont 30% sociaux dans les bâtiments existants dépollués et réhabilités, une villa individuelle ainsi que 400 m² de surfaces commerciales. La société de construction-vente LGM Madrague (Constructa et Ginkgo) ambitionne « de faire renaître cette friche industrielle et permettre aux riverains de se la réapproprier » avec l’agence d’architecte Kern +associés et le paysagiste Marc Richier. « Ce site d’exception sera rendu aux habitants, à la nature, aux futures générations, avec la volonté de valoriser son architecture industrielle historique et de l’inscrire comme un témoignage précieux du passé marseillais. »