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  • « Dans l’immédiat, on n’est pas les favoris »

    « Dans l’immédiat, on n’est pas les favoris »

    La Marseillaise : Quel bilan dressez-vous de cette défaite face à Valence-Romans, devant votre public ?

    Philippe Saint-André : On a fait un début de match catastrophique, où l’on n’a pas été connectés défensivement, avec un début de première période où l’on a été beaucoup indisciplinés et pénalisés. Malgré tout, on repasse devant à 30-27 et là, au lieu de ne pas paniquer et de rester froid, on se fait pénaliser par deux fois. On ne trouve pas une pénaltouche dans un moment où l’on doit marquer. Valence-Romans a été efficace, réaliste, ils ont eu moins d’occasions d’essais que nous, mais sur quatre tentatives en première période, ils en ont aplati trois. On montre des valeurs pour revenir et passer devant, mais quand tu fais le plus dur, il ne faut donner le bâton pour se faire battre. On le fait en ce moment, ça se travaille. Comme je l’ai dit aux joueurs, ce n’est pas le début espéré. Le rugby, c’est une école d’humilité. On en manque, aussi bien les joueurs que le staff. Maintenant, il n’y a qu’une chose à faire : rapidement devenir une équipe.

    Est-ce que vous estimez que la pression était trop forte ?

    P.S.-A. : Quand tu joues au rugby, tu vis de ta passion, elle est où la pression ? Elle est dans la bière, pas sur le terrain. Il n’y a pas de pression à avoir. D’entrée, on doit marquer un essai sur notre première action, mais on ne prend que trois points. Derrière, Valence-Romans revient dès sa première opportunité, sur un coup d’envoi où l’on croit qu’il y a un en-avant et tout le monde s’est arrêté. Ils ont été intelligents en s’accrochant parfois aux branches, alors que nous avons cruellement manqué d’efficacité et de maîtrise collective. Si ça pèse dans nos têtes, tu ne reviens pas. Ils font un premier quart d’heure de jeu de grande qualité, où ils nous ouvrent en deux. Mais, on avait les capacités de pouvoir passer devant. Deux pénalités prises et une pénaltouche pas trouvée, ça fait six points pour Valence-Romans. Ce n’est pas eux qui ont gagné les pénalités, c’est nous qui leur avons donné. C’est là où je suis le plus énervé.

    Est-ce que ces deux défaites peuvent remettre en question votre statut de favori ?

    P.S.-A. : Dans l’immédiat, on n’est pas les favoris. Vannes, Brive et Grenoble sont considérés comme les favoris, ce qui n’est pas faux compte tenu du début de saison. On n’a pas de fardeau de favori. Oui, on a un gros budget, oui, on a une grosse écurie, mais ça ne sert à rien si tu ne fais pas le job sur le terrain. Actuellement, on ne le fait pas et on ne mérite donc pas la victoire. Le rugby c’est une science exacte, même si c’est un ballon ovale avec des rebonds indécis. On n’a pas assez contrôlé de choses que l’on aurait pu contrôler. Par contre, il va falloir rester solidaires, lever la tête, prendre des coups et commencer à être beaucoup plus efficaces individuellement et collectivement.

  • Gérard Traquandi dialogue avec Bruno Ely

    Gérard Traquandi dialogue avec Bruno Ely

    Dans la vie quotidienne, en privé comme en public, Gérard Traquandi est toujours courtois et franc du collier. Chaleureux, incisif, rieur et précis. Jamais embêtant, capable d’évoquer rapidement, parce que c’est important et éclairant, le maniérisme italien de Pontormo, le bleu flamboyant du janséniste Philippe de Champaigne, une toile de Soutine que lui avait révélé Daniele Giraudy, des contemporains disparus comme Philippe Guston ou Eugène Le Roy.

    Gérard Traquandi aime raconter affectueusement que c’est un autre disparu, Jean-Jacques Ceccarelli, qui l’a emmené voir les débuts du Maître d’Aix, sa « période couillarde », son adieu au baroque. Il a énormément copié, en dessins et aquarelles, en céramique, un petit format prolixe, charnel et déconcertant, La Tentation de Saint-Antoine. L’une des toiles qu’il vénère, presque tragique et bouleversante avec son humour, c’est le portrait d’Achille Emperaire du musée d’Orsay : un outsider incompris, un visage de mousquetaire, un corps de nain traité comme un Tintoret, dérisoirement juché sur un fauteuil du Jas de Bouffan.

    Pendant les vingt dernières années, et toujours aujourd’hui, Gérard Traquandi a énormément peint dans un atelier secret et clandestin d’Aix, la voûte et la fraîcheur d’une ancienne chapelle, sur les hauteurs de la rue de l’Opéra, pas loin de la maison natale de Cezanne ; un prêt infiniment généreux, inconditionnel d’un ami qui ne voudra pas qu’on dise son nom.

    On saluera l’initiative de Bruno Ely qui montre qu’Aix a souci d’un peintre : quelques semaines avant sa retraite, Bruno Ely invite au dialogue un artiste qu’il avait autrefois présenté au musée des Tapisseries. On remerciera aussi Dominique Bluzet qui commandita pour le Théâtre du Jeu de Paume un magnifique rideau de scène de Traquandi. L’exposition Cezanne au Jas de Bouffan compte déjà plus de 200 000 visiteurs.

  • Jonas Vingegaard entre dans le sprint final vers son premier titre espagnol

    Jonas Vingegaard entre dans le sprint final vers son premier titre espagnol

    Qui pourra arrêter Jonas Vingeggard dans son ascension vers son premier sacre à La Vuelta ? Le coureur de 28 ans, déjà double vainqueur du Tour de France avec la Team Visma / Lease-a-bike (anciennement Jumbo Visma), est en tête du classement général du Tour d’Espagne avant d’entamer, ce mardi à 13h05 (départ fictif), la 16e étape entre Poio et Mos. Castro de Herville, au nord-ouest du Portugal. Une nouvelle aventure dans les montagnes, où le Danois semble débarquer plus en forme que jamais. « On voulait ménager un peu nos jambes aujourd’hui, a lancé Jonas Vingeggard à l’arrivée de la 15e étape dimanche. Finalement, Dylan [van Baarle] et Wilco [Kelderman] ont encore dû travailler, malheureusement je ne pense pas qu’ils aient eu une journée facile. On a géré l’étape comme on le souhaitait. La journée de repos va faire du bien. Je pense que mes jambes en ont besoin. »

    Almeida, seul au monde

    Derrière le leader, seul João Almeida semble être en capacité de pouvoir titiller le grand favori de cette Vuelta 2025. Avec 48 secondes de retard, le Portugais a encore sept étapes pour rattraper son retard. Il va devoir prendre des risques et profiter d’une étape périlleuse, comme cette 16e étape, pour faire la différence avec un Vingegaard surmotivé.

  • Sécurité estivale : le maire insiste pour des renforts

    Sécurité estivale : le maire insiste pour des renforts

    Le maire du Rove, Paul Sabatino, a reçu en mairie le nouveau commandant de la gendarmerie de Carry-le-Rouet, Franck Molnar le mercredi 5 septembre. L’occasion d’évoquer les enjeux de sécurité, notamment dans les calanques de Niolon et de La Vesse, hautement fréquentées en été. Le maire a rappelé son souhait de voir des renforts saisonniers installés à demeure à Niolon, comme par le passé, afin d’assurer proximité et réactivité.

    Il a notamment proposé la mise en place de rencontres trimestrielles réunissant mairie, gendarmerie, pompiers et partenaires. Il souhaite également organiser des exercices d’évacuation grandeur nature avec déclenchement de sirènes, et réaliser des audits dans les écoles pour vérifier l’application des consignes de sécurité.

    Le 28 août, lors de la visite de la nouvelle sous-préfète de région, Paul Sabatino, représenté par son adjoint, avait déjà insisté sur la nécessité de loger des renforts à Niolon, la surfréquentation estivale entraînant stationnements sauvages, incivilités et tensions. Corinne Simon avait alors présenté le bilan 2025 du Dispositif estival de protection des populations (Depp). Avec 30 militaires mobilisés, dont 18 supplémentaires par rapport à 2024, jusqu’à 15 patrouilles quotidiennes ont été assurées sur mer et à terre. Le commandant Jean-Yves Curci a salué des résultats probants : -30% de délinquance, – 33% d’atteintes aux biens et -50% de vols liés aux véhicules.

    Si ces chiffres sont positifs, le maire du Rove rappelle que Niolon et La Vesse demeurent des zones sensibles. La commune multiplie les initiatives : caméras supplémentaires, fermetures ponctuelles de routes, potelets anti-stationnement, contrôles à la gare de Niolon. Mais Paul Sabatino le rappelle régulièrement « si la sécurité publique relève d’abord de l’État, la commune prend toute sa part de responsabilité et met en œuvre les moyens qui relèvent de ses compétences. Mais face à une fréquentation toujours plus importante, l’appui de l’État demeure indispensable. »

    Ces rencontres s’inscrivent dans une même dynamique : porter la voix des habitants du Rove pour garantir sécurité, tranquillité et respect du patrimoine naturel des calanques.

  • « La musique blues m’a aidée à guérir mes blessures »

    « La musique blues m’a aidée à guérir mes blessures »

    Entretien

    Pour rallier les ghettos de Lagos, dans son Nigeria natal, aux scènes européennes, où sa voix résonne désormais avec une puissance jubilatoire, Justina Ogunlolu, alias Justina Lee Brown, en a parcouru, du chemin. Confrontée à l’extrême pauvreté et à des abus ayant fauché son enfance, cette chanteuse, qui se propulse avec une énergie aussi bien soul que rock, comme le prouve son album Lost Child, incarne à elle seule l’essence du blues : surmonter ses pires traumatismes pour en faire belle œuvre.

    La Marseillaise : Au cours de votre enfance dans les ghettos de Lagos, votre mère vendait des sachets d’eau dans la rue. Pendant qu’elle travaillait, vous tapiez sur une bassine avec un bâton pour vous exercer à chanter. Quels souvenirs gardez-vous de cette période ?

    Justina Lee Brown : Je garde de beaux souvenirs de ma jeunesse innocente. Petite, j’étais peu conscience de l’insécurité qui m’entourait. Pourtant, nous étions constamment affamés avec ma mère, c’était très dur de se nourrir. Sans compter l’absence d’un foyer stable, avec des déplacements constants. Mais l’amour m’a permis de surmonter tout cela. J’étais heureuse car les rues regorgeaient de divertissements.

    Qu’est-ce que cela vous a appris sur vous-même ?

    J.L.B. : Cela m’a appris à ne jamais abandonner, à attendre toujours des jours meilleurs.

    Votre chanson « Billiki » raconte l’histoire d’une jeune fille qui disparaît après que sa mère lui demande d’aller chercher de l’eau au ruisseau. À quel point est-ce inspiré de votre vie ?

    J.L.B. : « Billiki » parle surtout de l’ironie du sort qui touche de nombreuses filles dans la société. L’insécurité est pesante et nous n’avons ni le gouvernement, ni le système nécessaire pour protéger les jeunes qui grandissent dans mon pays. Énormément de jeunes filles disparaissent, avant d’être violées et maltraitées. Mais le gouvernement ne fait rien. En ce qui me concerne, avoir été maltraitée à l’âge de 6 ans à peine m’a laissée avec une grande souffrance que seul dieu peut guérir. Pour éviter que les prochaines générations aient à endurer cela, je me dois de sensibiliser les gens à ce phénomène. J’espère qu’un changement pourra advenir. Parce que, quand un enfant est brisé, il n’y a pas de réparation possible.

    Le blues est une musique afro-américaine créée dans les champs de coton par des personnes qui ont subi la ségrégation raciale, aussi bien pour exprimer leurs peines que leurs espoirs. Joue-t-il le même rôle dans votre vie ?

    J.L.B. : Le blues que je joue est un son d’espoir et de guérison car quelque chose était brisé en mon for intérieur. Et en dehors de cela, en tant qu’Africains, nous sommes remplis de tant de joie et d’amour : le blues est donc pour nous un cri de bonheur et d’enthousiasme gospel. À bien des égards, la musique m’a sauvé la vie, mais aussi celle de ma famille. Je suis donc reconnaissante envers la musique, et plus particulièrement le blues. Le blues m’a aidée à guérir de mes blessures.

    Vous avez également créé la JLB Care Foundation pour venir en aide aux enfants maltraités au Nigeria. Comment parvenez-vous à leur apporter du soutien ?

    J.L.B. : Ce qui m’a inspirée pour créer cette fondation, c’est que la situation à laquelle j’ai moi-même été confrontée il y a de nombreuses années, perdure. Énormément d’enfants des rues souffrent de la faim et aucun enfant ne mérite de vivre ainsi. Mon objectif est d’essayer de préserver autant que possible les enfants avec lesquels je suis en contact : les aider à accéder à un toit, leur donner de quoi manger, une bonne santé et une éducation adéquate pour qu’ils puissent se débrouiller seuls plus tard. On essaie de briser le cercle vicieux de la pauvreté.

  • Contre la lesbophobie, un rassemblement bouleversant

    Contre la lesbophobie, un rassemblement bouleversant

    Une vive émotion s’est emparée de la place Félix-Baret (6e) lundi à 18h, au pied de la préfecture, où une centaine de personnes se sont rassemblées en hommage – ou « femmage » – à Caroline Grandjean-Paccoud. Mariée à une femme, la directrice d’une école de Moussages, dans le Cantal, s’est suicidée le 1er septembre, jour de la rentrée scolaire, après plusieurs mois de harcèlement lesbophobe sur son lieu de travail.

    Vécu comme un moment de recueillement collectif, le rassemblement s’est ouvert avec la lecture d’une lettre écrite par Christine Paccoud, épouse de Caroline, suivie d’une minute de silence. Dans les mains des participantes émues, un slogan revient : « La lesbophobie tue ». « Il faut le répéter encore et encore. Les LGBTphobies isolent, détruisent et tuent. Les LGBTphobies et le silence institutionnel brisent des vies. Caroline n’est pas la première », s’est indigné Camille Dutta Gupta, co-président du centre LBGT Marseille. Nous pensons à toutes celles et ceux dont les noms ne sont pas médiatisés. En vos noms, nous demandons enfin des moyens pour que vous ne soyez pas partis pour rien ».

    L’Éducation nationale mise en cause

    Parmi les institutions pointées du doigt dans l’affaire : l’Éducation nationale, accusée de ne pas avoir soutenu la fonctionnaire face au harcèlement qu’elle subissait. Après que le rectorat de Clermont-Ferrand a suggéré à Caroline Grandjean-Paccoud de changer d’établissement en 2024, une première proposition mal vécue par la directrice d’école, l’Éducation nationale a porté plainte en diffamation, en 2025, contre Remedium, auteur de bande dessinée qui avait relayé l’histoire de Caroline sur son blog « Cas d’école ».

    « La justice française et l’Éducation nationale sont coupables. Les politiques sont coupables (…) de nous faire taire lorsqu’il s’agit de nous soutenir. Nous sommes une foule en colère de t’avoir perdue, Caroline », s’est émue Ambre, militante féministe. Sophie Roques, adjointe au maire en charge de l’état civil et à l’initiative du rassemblement avec plusieurs associations locales de défense des droits LGBT, s’est elle aussi exprimée. « En tant qu’élue, je veux dire avec force que la République, l’école, les institutions ne peuvent pas rester aveugles. Elles ont le devoir de protéger, de reconnaître et de soutenir », a-t-elle rappelé. Et d’ajouter : « Son nom – celui de Caroline- portera l’exigence de combattre chaque parole, chaque geste lesbophobe. Nous portons aussi ensemble la promesse que ce combat sera mené ». Des membres de la FSU-Snuipp 13, syndicat des instituteurs, étaient présents lors du rassemblement mais n’ont pas pris la parole.

    Selon SOS homophobie, les jeunes LGBT ont 2 à 7 fois plus de risques d’effectuer une ou plusieurs tentatives de suicide au cours de leur vie que le reste de la population.

  • Le collège Éluard en grève pour garder sa surveillante

    Le collège Éluard en grève pour garder sa surveillante

    Collègues, cheffe d’établissement et même inspection académique s’accordent sur un point : Delphine Guiraud, assistante d’éducation (AED) au collège Paul-Éluard de Bollène, remplit parfaitement sa mission. Le rectorat, contacté par nos soins, parle de « bons états de service ». Le gros hic, c’est qu’au bout de six années de contrat à durée déterminée au sein du même collège, la surveillante s’est vu refuser un CDI à Éluard.

    Une décision incompréhensible pour l’ensemble de ses collègues, cheffe d’établissement et parents d’élèves, dont une centaine a signé la pétition pour que Delphine Guiraud puisse être titularisée. Une grève a donc été menée, ce lundi, impliquant l’ensemble de la vie scolaire et une quinzaine de professeurs. Devant l’établissement, une trentaine de personnes s’est réunie à l’appel des syndicats Snes-FSU et CGT Éduc’action, en présence également d’Anthony Zilio, maire (SE) de Bollène et conseiller départemental qui a adressé un courrier de soutien.

    « Le 14 mars, le rectorat a refusé ma demande de CDI par une réponse non officielle, en prétextant que mon établissement comptait déjà “trop de CDI”. Après de très nombreuses relances, je reçois enfin une réponse officielle le 11 juillet : un refus sans aucun motif inscrit », retrace Delphine Guiraud, dépitée. Avec l’appui de la CGT, la justice a été saisie, le 1er août, afin de forcer le rectorat à revoir sa décision. Une requête qui a abouti le 21 août, puisque le tribunal administratif a suspendu en urgence le non-recrutement en CDI, enjoignant le rectorat à « réexaminer la situation ». Ce qui est fait puisqu’un « contrat à durée indéterminée à temps complet, au sein du collège Joseph-d’Arbaud de Vaison-la-Romaine, lui a été remis en main propre, prenant effet le 1er septembre », nous répond le rectorat, estimant qu’il s’agit du « poste non pourvu le moins éloigné de son domicile ».

    Cela reste « une injustice » pour Delphine Guiraud, qui a jusqu’au 13 septembre pour répondre à la proposition, située à 40 minutes de son domicile. « Rien ne justifie ce poste. En attendant, le collège Éluard, qui avait gelé son poste, va devoir embaucher quelqu’un d’autre en CDD », s’étrangle la CGT, qui ne comprend pas le soi-disant quota de CDI à respecter. « Le rectorat désorganise tout un établissement et une vie personnelle », ne décolère pas le syndicat, qui compte, à nouveau, sur la justice.

  • L’interdiction des poids lourds sur la rocade se précise

    L’interdiction des poids lourds sur la rocade se précise

    La municipalité d’Avignon maintient son choix d’exclure les poids lourds de plus de 38 tonnes de la Rocade Charles-de-Gaulle.

    En effet, celui-ci a été confirmé lors d’une réunion de présentation, en présence de représentants des services de l’état en Vaucluse. Ces véhicules seront ainsi interdits, à partir d’une date qui n’a pas encore été communiquée, de 7 heures à 19 heures tous les jours, sur la section du boulevard Charles-de-Gaulle comprise entre le carrefour de l’avenue de Tarascon et l’avenue Pierre-Sémard. Et ce afin de « dégager de la fluidité sur la rocade aux heures de pointe, de sécuriser les piétons et les vélos tout au long de la journée, d’améliorer la qualité de l’air ainsi que la qualité sonore, de faciliter la circulation des transports en commun et des véhicules de secours. » La première année servira d’expérimentation. Un nouveau comité de suivi réunissant les acteurs territoriaux et économiques est prévu le 17 septembre prochain.

    Un projet déjà défendu lors du dernier conseil municipal, le jeudi 26 juin, où la première édile de la Cité des Papes, Cécile Helle (PS), poussait encore pour la mise en place de cet arrêté « parce qu’il en va d’un enjeu de santé publique aujourd’hui pour tous les habitants ». Elle dénonçait également les remarques d’élus du nord du département des Bouches-du-Rhône qui sont contre cette interdiction, car elle déporterait le trafic sur leur territoire.

    Ceux-ci poussent pour la poursuite de la Liaison Est-Ouest (LEO), aujourd’hui au point mort, car le Grand Avignon et Avignon s’y opposent, avancée comme une solution par Marcel Martel, maire (DVD) de Châteaurenard. Mais les échéances électorales à venir, avec les municipales de l’an prochain, bloquent le dossier au moins pour les prochains mois. Une mesure qui n’est pas non plus complètement nouvelle. Dès 2022, la municipalité souhaitait interdire les poids lourds sur ce même axe routier, très fréquenté aux heures de pointe. Mais sa mise en place n’avait alors pas pu se faire, notamment à cause d’une mobilisation des entreprises de transport.

    Péril économique

    « On peut entendre la question de la santé de la population, mais il aurait fallu faire les choses dans l’ordre et commencer par une concertation », regrette de son côté Stéphane Paglia, président de la CCI d’Arles, dont un collaborateur a assisté à la réunion de présentation de l’arrêté. « Tout le monde a dit non autour de la table. Il faut trouver une solution intelligente. Déplacer le problème de quelques kilomètres n’en est pas une. D’autant que les trajets vont s’allonger alors que le but est d’économiser des kilomètres. Malgré les frontières administratives, on vit tous sur le même territoire, car cette décision est un non-sens économique », ajoute-t-il.

    Les organisations syndicales de transporteurs s’opposent aussi à nouveau au projet. « Fermer la rocade ne supprime pas ces flux, cela détourne près de 600 camions quotidiens vers les communes voisines, allongeant les distances parcourues, générant plus de rejets d’émissions de CO2 et de risques routiers », assurent-ils, ajoutant que « la rocade constitue aujourd’hui la voie la plus adaptée pour concilier circulation des marchandises, sécurité routière et qualité de vie des habitants. » Pour eux, cette décision « met en péril les entreprises locales par des surcoûts logistiques », « déplace la circulation vers de nouveaux habitants et sature des axes secondaires moins adaptés ». Elle remettrait aussi en cause le report modal, car « 450 camions/jour qui circulent aujourd’hui par le rail reviendraient sur la route, compromettant l’avenir du terminal de Courtine, une centaine d’emplois et 90 000 tonnes de CO2₂ économisées chaque année », complètent-ils, les conteneurs étant chargés sur des trains à la plateforme rail-route en zone Courtine, à Avignon.

    La décision ne pourra être validée qu’avec l’accord du préfet, car la rocade dépend de l’état.

  • La maire de Toulon (SE) Josée Massi bien placée

    La maire de Toulon (SE) Josée Massi bien placée

    Beaucoup pensent que le mauvais feuilleton n’a que trop duré face au risque de voir l’extrême droite reprendre la Ville qu’elle était parvenue à rafler, en 1995, la laissant exsangue cinq ans plus tard. Autant dire que les intrigues, les fâcheries, et autres vexations ne vont pas tarder à fatiguer l’électorat de la majorité municipale.

    D’autant plus que tout paraissait réglé dès le 16 juin, date à laquelle, en primeur dans La Marseillaise, Hubert Falco annonçait apporter tout son « soutien » à la maire sortante Josée Massi, en expliquant avoir « confiance » en elle pour 2026, et la désignant comme « l’avenir », « entourée d’une équipe solide et expérimentée, mais aussi d’une nouvelle génération de jeunes élus ».

    Avec le soutien d’Hubert Falco

    Or, depuis cet été, on traîne les pieds lorsqu’on ne se fait pas carrément de croche-pattes. Pendant ce temps, le député (Ren.) Yannick Chenevard crie à qui veut l’entendre (pas grand monde) qu’il faudra compter sur lui pour les municipales. Le sénateur (LR) Michel Bonnus, très proche du très droitier Bruno Retailleau, jure s’être réconcilié avec Hubert Falco, avec qui, pourtant, il n’a pas été très tendre lorsqu’il était à terre. Et ce dernier, fâché, nous jure en marge d’une manifestation : « Je ne soutiens plus personne ! », laissant planer le doute sur ses intentions.

    Josée Massi, quant à elle, s’affiche comme la plus constante. Forte de sa légitimité et de son positionnement modéré, elle pourrait bien s’imposer face à des rivaux peu enclins à reconnaître son poids politique.

    Pour pousser l’analyse sur les chances des uns et des autres de l’emporter, en se limitant ici au camp de la majorité municipale, nous nous sommes procuré l’intégralité du sondage Elab, réalisé au mois de mars, dont une partie seulement avait été commentée, à l’époque. Des résultats à prendre avec beaucoup de pincettes, même s’ils dessinent de grandes tendances exprimées à un moment donné.

    Il en ressort que Josée Massi, à qui ses détracteurs reprochent un manque de popularité, arrivait devant en termes de bonnes opinions et d’intention de vote, devançant Michel Bonnus de 3 points. Ce n’est certes pas énorme, mais ça compte. Ceci dans le cadre d’un scénario où la majorité municipale part unie derrière un seul candidat.

    En revanche, et cela est passé inaperçu à l’époque, dans l’hypothèse de plus en plus probable où plusieurs candidats s’affronteraient au premier tour, faisant alors en quelque sorte office de primaires, les résultats sont encore nettement plus favorables à Josée Massi. La maire sortante, toujours selon ce sondage, collecterait 35% des voix contre seulement 9% pour Michel Bonnus, la plaçant en très bonne place pour affronter la candidate d’extrême droite Laure Lavalette, estimée dans ce cas-là à 38%. Le report des voix de la gauche assurant son échec.

    Encore faut-il que la raison l’emporte sur les ambitions personnelles et la colère. Et qu’Hubert Falco reste fidèle à ses engagements. Rien d’insurmontable, donc. Pour ce qui est de l’ambiance, rien n’a filtré de la réunion de majorité, qui s’est déroulée lundi après-midi.

  • La rentrée de la MJC bat son plein entre théâtre et musique

    La rentrée de la MJC bat son plein entre théâtre et musique

    Je l’inscris à la MJC car il baigne dedans depuis qu’il est petit », confesse Marilyne Pellegrino aux inscriptions de rentrée de la Maison des jeunes et de la culture (MJC) de Martigues mardi dernier. Son fils Hugo vient y découvrir le théâtre, « car je veux devenir Youtubeur et tourner dans un film » argue le jeune garçon en CM2 à La Couronne.

    Un rêve Parmi d’autres, au milieu des dizaines de parents, enfants et autres intéressés par les activités de la MJC. Avec comme nouveauté cette année l’atelier musical des minots, Qui permet à des enfants n’ayant jamais fait de musique de découvrir plusieurs instruments. « On a eu besoin de trouver un moyen pour désengorger les cours de musique qui sont pleins chaque année » indique Elsa Ferrier, chargée de la communication de la MJC. Une nouveauté complétée par un atelier de percussion africaines et de rythmes du monde par Jean-Christophe Herrmann.

    Avec plus de 990 adhérents l’année dernière, la MJC se donne pour « objectif d’atteindre le même nombre cette année » projette Elsa Ferrier, alors qu’ « entre 250 et 300 personnes étaient déjà réinscrites en fin de saison dernière » et que « le temps fort de l’inscription dure jusqu’à la Toussaint ».

    Un ancrage local

    Cette affluence à l’inscription s’explique entre autres par la présence et l’historique de la MJC de Martigues. « On vient voir des pièces de théâtre depuis très longtemps » reprend Marilyne Pellegrino. « Je suis déjà venu voir des spectacles de ma grand-mère » abonde son fils Hugo. Le large éventail d’activités permet d’ailleurs de s’y retrouver à tous ces âges. Comme le dit la mère de Nils Fruit, « il faisait du saxophone avant. Je voulais qu’il fasse une autre activité culturelle alors je l’ai inscrit au théâtre car j’en ai moi-même fait avant ». « Car c’est un sacré comédien » complète-t-elle sur le ton de l’humour.

    Et ces activités ne sont pas que pour remplir le mercredi. « il voulait continuer le saxo mais son ancien professeur arrêtait, alors on est venu ici » conclut la mère de Nils Fruit. On retrouve cette « connaissance intergénérationnelle des habitants », souligne le directeur Isidore Gomis, qui insiste sur « le renouvellement du package, issu chaque année des discussions avec les adhérents sur ce qu’ils ont envie de faire ». Cette liberté est rendue possible par « l’engagement constant de la Ville sans laquelle on fermerait nos portes » indique le directeur, qui revendique l’« équipement le mieux doté dans les Bouches-du-Rhône. Quand je discute avec d’autres collègues je vois qu’ils ne sont pas soutenus comme nous » en comparaison avec les autres structures analogues.

    À noter, le prochain temps fort qu’est la soirée Kanaky le 4 octobre.