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  • Le Grand J.T. des Territoires du 19 septembre

    Le Grand J.T. des Territoires du 19 septembre

    Cette semaine dans le Grand J.T. des Territoires

    Flambée du prix des carburants : ces Français qui passent au bioéthanol sans changer de véhicule

    Vélos électriques : coup de frein sur les débridages illégaux.

    Exemple à Bordeaux Haltérophilie : en Martinique, les femmes soulèvent la fonte et les préjugés

  • LFI refuse de sauter l’étape du Sénat

    LFI refuse de sauter l’étape du Sénat

    Après quelques cafouillages sur les attestations, les insoumis ont été les derniers à déposer leur liste pour les sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône, le 11 septembre. Il faut dire que c’est la première fois que le mouvement mélenchoniste se lance dans ce scrutin dans le département, pour une élection qui lui est défavorable. « Nous n’avons pas beaucoup de maires, mais nous avons un bon accueil », euphémise ainsi la tête de liste, Michelle Blanchard-Svoboda, élue d’opposition à La Bouilladisse, qui présentait, ce vendredi, « une liste représentative du territoire, sans maire ni d’élus à des postes de responsabilités ».

    Avec cette neuvième liste, le département connaît un nombre record de candidatures pour les sénatoriales. Une situation qui fait baisser drastiquement le nombre de grands électeurs nécessaires pour obtenir un siège dans ce scrutin proportionnel. À gauche, l’éparpillement des voix pourrait ainsi coûter une place au profit de la droite ou l’extrême droite. « Nous sommes le premier parti de gauche en France, nous n’allons enjamber aucune élection », assume l’eurodéputée Marina Mesure, venue en soutien. Soulignant que les insoumis s’étaient déjà retirés aux régionales sans que la gauche ne siège au final.

    Au-delà du programme du Nouveau front populaire, les insoumis rappellent aussi leur proposition pour supprimer la Métropole, et déclinent localement les « écorégions » défendues par Jean-Luc Mélenchon avec « des intercommunalités écoresponsables sur les bassins-versants », défend la tête de liste.

  • Journées du patrimoine : idées à piocher dans le Gard et l’Hérault

    Journées du patrimoine : idées à piocher dans le Gard et l’Hérault

    béziers : dans les coulisses du spectacle vivant

    La Scène de Bayssan invite le public à franchir les portes des espaces habituellement fermés. Accompagnés par l’équipe du lieu, les visiteurs découvrent le plateau, les coulisses, les équipements techniques et les secrets de fabrication d’un spectacle. Une manière originale de regarder autrement ce lieu culturel et de comprendre ce qui se joue derrière le rideau : métiers techniques, scénographie, machinerie et préparation des spectacles. Une plongée dans l’envers du décor.

    St-Sébastien d’aigrefeuille : un trail au cœur de l’histoire

    Le 20 septembre, Saint-Sébastien-d’Aigrefeuille accueille la première édition du Trail du patrimoine, organisé par le Cévennes Trail Club. Deux courses chronométrées et une randonnée invitent à découvrir autrement les paysages cévenols. Sur les traces de 2 000 ans d’histoire, les parcours traversent hameaux, drailles ancestrales, terrasses en pierre sèche, sous-bois et sites remarquables comme le Chaos de l’Amous. Plus de 500 participants sont attendus pour cette rencontre entre sport, nature
    et patrimoine.

    Infos : 06.75.77.88.71
    cevennes-trail-club@outlook.fr

    Sète : Une visite théâtralisée du cimetière marin

    À l’occasion des Journées européennes du patrimoine, la Ville de Sète inaugure une nouvelle façon de découvrir l’un de ses lieux les plus emblématiques : le cimetière marin, en proposant une visite théâtralisée. Au fil de la balade, les visiteurs chemineront de sépulture en sépulture à la rencontre de personnalités qui reposent au cimetière marin et dont le destin raconte une part de l’histoire de Sète : Paul Valéry, Jean Vilar, mais aussi des artistes, des jouteurs et d’autres figures sétoises. Cette visite fera intervenir de jeunes comédiens pour redonner, le temps d’une halte, une voix et une présence à ces personnalités. Proposée gratuitement le dimanche 20 septembre à 10h, cette première visite donnera le coup d’envoi de cette nouvelle initiative culturelle.

    Renseignements et inscription au : 04.99.04.72.08.

    Bagnols-sur-Cèze : dans le secret de la source

    C’est probablement l’une des propositions les plus insolites : à Bagnols-sur-Cèze, une ancienne source à l’origine de la fondation de la ville (grande fontaine du square Joseph Thome) ouvre exceptionnellement son bassin souterrain.
    On descend ainsi sous l’espace public pour découvrir l’histoire de cette eau qui a contribué à faire naître la cité.

    Gratuit, sans réservation, visites à la demande.

    Uzès : une ville racontée par ses métamorphoses

    Comment Uzès est-elle devenue la cité que nous connaissons aujourd’hui ? Cette exposition présentée à l’ancien évêché revient sur son évolution architecturale, depuis la création du secteur sauvegardé en 1965 sous l’impulsion de la loi Malraux. Photographies, cartes postales, archives, vidéos et témoignages d’habitants composent un parcours sensible dans la mémoire de la cité ducale. Des visites guidées gratuites sont proposées tout au long du week-end.

    Gratuit.

  • [Entretien] « J’espère que 2026 sera un tournant dans les états d’esprit »

    [Entretien] « J’espère que 2026 sera un tournant dans les états d’esprit »

    La Marseillaise : Après cet été marqué par les canicules et les incendies, peut-on parler d’un tournant face aux risques naturels ?

    Alix Roumagnac : De manière large, je dirais que 2026 toute entière a marqué un tournant. On a commencé l’année avec de nombreuses tempêtes et inondations dans l’ouest de la France, puis nous avons connu une succession de canicules dès la fin du printemps. Predict fête ses 20 ans cette année. Tous les jours, notre travail consiste à observer les événements en région, en France et même à l’international. Objectivement, on constate une augmentation assez généralisée de leur fréquence et de leur gravité.

    Le Gard et l’Hérault ont été un peu des lanceurs d’alerte. L’idée de Predict est née après les événements qui ont touché l’Aude en 1999, puis le Gard en 2002 et 2003. Depuis, on observe une accélération. Et on prend conscience que cela ne concerne plus seulement le Gard et l’Hérault, mais l’ensemble du bassin méditerranéen.

    On vit dans un monde où les extrêmes se succèdent : on passe de sécheresses absolues, avec des incendies violents, à des inondations majeures. C’est pourquoi j’espère que 2026 sera aussi un tournant dans les états d’esprit. Quand nous nous éloignerons de ces chaleurs, de ces incendies et de ces orages, il ne faudra pas oublier que cette route vers les événements extrêmes est écrite. On ne s’en sortira pas si nous ne prenons pas des décisions fortes.

    Peut-on parler d’un système
    de risques en cascade ?

    A.R. : Tout est lié, en effet. Le dérèglement climatique renforce les extrêmes et génère des effets en cascade. Les canicules provoquent des sécheresses, qui favorisent les incendies violents. Elles contribuent aussi aux canicules marines. Aujourd’hui, la température de la Méditerranée bat tous les records, avec une valeur médiane supérieure à 29,5°C sur l’ensemble du bassin. C’est une énorme énergie disponible pour les épisodes méditerranéens.

    Pour le moment, les modèles que nous suivons ne voient pas de dépression susceptible de déclencher un tel phénomène dans les jours ou les semaines à venir. Mais la saison va être longue : plus la Méditerranée est chaude, plus le potentiel est important en septembre, octobre, novembre, voire décembre.

    Comment votre travail évolue-t-il face à cette accélération des risques ?

    A.R. : Notre métier évolue en permanence. L’alerte précoce, ce n’est pas simplement de la prévision météorologique ou l’envoi de messages. Elle repose sur quatre piliers : connaître le risque, s’y préparer, le monitorer et diffuser les messages le plus en amont possible pour permettre de prendre les bonnes décisions.

    La mobilisation s’intensifie. Nous suivons les événements près de 250 jours et nuits par an. Les collectivités nous demandent également de plus en plus de les accompagner sur les feux de forêt : détection des départs de feu, simulations de propagation, messages de sécurité, analyse d’images satellites… Nous devons adapter en permanence nos méthodes et nos outils. Mais les événements restent anticipables : les modèles et les outils d’observation deviennent de plus en plus précis.

    Les collectivités sont-elles aujourd’hui mieux préparées
    pour faire face aux risques ?

    A.R. : En 20 ans, nous avons vraiment observé un changement d’état d’esprit. La prise de conscience des risques et des problèmes climatiques par les élus n’a plus rien à voir. Nous avons également progressé sur les outils. La spécificité cette année, c’est qu’avec les élections municipales, de nombreuses nouvelles équipes sont en place. Nous avons donc dû aller à leur rencontre pour qu’elles prennent rapidement conscience des risques et des moyens d’agir.

    Nous avons par ailleurs mis en place les « Mercred1 » : tous les premiers mercredis du mois, les sirènes sonnent dans les communes de France. À 10 heures, nous organisons, avec les communes partenaires, un exercice de crise jusqu’à midi. Beaucoup d’élus participent et viennent s’entraîner avec leurs équipes municipales pour être prêts le jour J. Plus de 80% des communes travaillent avec nous dans le Gard et l’Hérault. À l’échelle nationale, ce sont plus de 25 000 communes sur les 35 000 existantes qui utilisent les outils de Predict.

    Et les habitants ? Sont-ils suffisamment préparés ?

    A.R. : Pour qu’il y ait une bonne gestion de crise, il faut que tout le monde joue la même partition. Le citoyen doit donc être acteur de sa propre sécurité. Dans l’Hérault, nous sommes dans un département qui accueille beaucoup de nouveaux arrivants, notamment dans la métropole de Montpellier. Lorsqu’ils voient ce beau ciel bleu, ils ne s’imaginent pas forcément qu’en passant à côté du Lez ou du Verdanson, une crue peut survenir en deux heures. D’où l’importance de l’acculturation et de l’information en début de saison (lire p6).

    Que faut-il attendre des prochaines décennies dans nos départements ?

    A.R. : Je ne souhaite absolument pas dramatiser. Mais, de manière très factuelle, l’Hérault détient le record national de température, avec 46°C à Vérargues en 2019. Les 50°C sont écrits dans les modèles comme pouvant être dépassés d’ici 2050, mais ça peut aussi bien avoir lieu l’année prochaine, compte tenu de l’accélération actuelle. Il ne faut pas effrayer, mais il faut se préparer. Avec une Méditerranée à 29 ou 30°C, si une dépression arrive, il peut y avoir la formation de « medicanes », des sortes de cyclones méditerranéens. Ce n’est pas de la science-fiction. Cela peut signifier des vents très importants, des tempêtes, des submersions marines et de fortes inondations. Mon message est simple : nous vivons dans un beau pays, donc ne cédons pas à la panique. Face à ces scénarios de peur, je crois que la bonne façon de prendre le dessus sur la peur, c’est d’être dans l’action. C’est ce que nous essayons de faire à Predict. Chaque citoyen, à son niveau, peut avoir la même démarche.

  • Au gré d’une balade insolite et photographique à Martigues

    Au gré d’une balade insolite et photographique à Martigues

    Captez l’âme de l’Île », tel est l’intitulé de cette balade photographique proposée par l’office de tourisme de la ville ce samedi à partir de 9h30 dans le quartier de l’Île.

    Aux côtés d’un professionnel et passionné de la photographie, membre du Photo club de Martigues, embarquez pour une découverte de deux heures. « Cette année, le thème des Journées européennes du patrimoine c’est le patrimoine photographique. C’est pour cela que nous avons mis en place cette balade, afin d’inviter les participants à poser un regard nouveau sur le patrimoine martégal », explique Mélissa Eliet, responsable au sein de l’office de tourisme.

    Apprendre à voir ce
    que l’on ne regarde plus

    L’occasion de se laisser guider dans les ruelles secrètes du quartier à la recherche de détails patrimoniaux qui pourraient se révéler sous votre objectif. Vous apprendrez à regarder de nouveau ce que l’on ne voit plus, une façade léchée par le sel et le temps, un volet bleu craquelé par l’été, le reflet d’un canal qui tremble dans la lumière dorée…

    « Les participants auront un itinéraire défini et ils partiront à la chasse aux détails sur les façades ou les monuments par exemple », continue-t-elle. « Et pour participer, nul besoin d’être un photographe aguerri ou d’avoir un appareil photo dernier cri parce qu’on peut faire de très beaux clichés avec un téléphone aussi ! »

    Au-delà des belles découvertes ou redécouvertes qui vous attendent lors de cette visite guidée insolite, le professionnel accompagnateur vous donnera aussi quelques conseils et astuces pour avoir des photographies de meilleure qualité et mieux révéler la poésie et l’histoire qui se cache derrière chaque pierre. « Le cadrage, la lumière, la profondeur photographique ou encore la composition et les détails sont autant de conseils précieux que délivrera le photographe au cours de la balade afin de joindre l’utile à l’agréable », souligne Mélissa Eliet.

    12 euros par participant. Rendez-vous devant l’office
    de tourisme.

    La réservation est conseillée.

  • [Rue de la République] Jérémy Bacchi : « Avec l’austérité, quand on s’attaque aux communes, on s’attaque à la France »

    [Rue de la République] Jérémy Bacchi : « Avec l’austérité, quand on s’attaque aux communes, on s’attaque à la France »

    Sénatoriales

    Didier Gesualdi : La gauche n’est pas majoritaire au Sénat. Pourquoi est-ce que les grands électeurs devraient voter pour vous ?

    Pour plusieurs raisons. La première est le bilan des sénateurs de gauche sortants… Je rappelle que Marie-Arlette Carlotti, Guy Benarroche et moi-même avons été élus pour la première fois en 2020. Un bilan notamment sur la riposte que nous avons menée aux différents gouvernements sur les coûts budgétaires aux collectivités, mais aussi un bilan de proximité sur l’ensemble des communes et départements où nous avons travaillé, notamment pour la défense des services publics. Je pense aux bureaux de poste, contre les fermetures de classes, quelle que soit, d’ailleurs, l’étiquette politique des mairies en question, parce que quand on œuvre dans l’intérêt général, on le fait dans l’intérêt des populations, sans se soucier d’ailleurs de l’étiquette politique des maires.

    Dans la période qui s’ouvre, le Sénat risque de jouer un rôle majeur. En fonction de ce qui sortira des urnes, j’espère pas le pire, en 2027, le Sénat sera une chambre de contre-pouvoir et je crois que l’expression de la gauche républicaine, dans cet hémicycle, doit être encore plus forte que ce qu’elle a été ces six dernières années.

    Léo Purguette : Vous cherchez donc à mordre, y compris sur un électorat qui n’est pas vraiment acquis ?

    La priorité des priorités, c’est de sécuriser le socle de gauche, écologiste, citoyen. Je rappelle aussi que nous avons une liste qui ressemble à notre territoire, avec plusieurs maires, Éric Garcin maire de Jouques, Loïc Gachon maire de Vitrolles, Hélène Gaillard maire de Gréasque, Jean-Pierre Squillari maire d’Aubagne, que l’ensemble des territoires du département sont représentés. Alors oui, effectivement, nous avons la vocation de s’adresser à tout le monde. D’autant que, en 2026 peut-être encore plus que sur les élections précédentes, on peut avoir une municipalité où le maire est étiqueté divers droite, sans étiquette ou de droite, et dans le conseil municipal, il
    y a 6, 7, 8, 9 personnes qui sont plutôt de sensibilité de gauche. Parce que quand vous créez une liste dans une commune, dans un village, parfois, vous faites appel aux bonnes volontés.

    Division à gauche

    Didier Gesualdi : La gauche arrive quand même avec un front divisé, comme la majeure partie des représentations politiques. Comment allez-vous réussir à faire la synthèse de tout ça ?

    Mon objectif est clair : nous avions fait 987 voix lors de l’élection sénatoriale de 2020, il faut que nous progressions en nombre de voix aujourd’hui, parce que nous avons cette capacité-là. Ensuite, on verra, et je le souhaite bien évidemment, si cette progression en nombre de voix est suffisante à l’obtention d’un quatrième siège. Mais il dépend de tellement de facteurs et notamment du résultat des autres listes… En tout cas, c’est l’objectif que l’on peut s’assigner.

    Léo Purguette: Dans nos colonnes vendredi, Benoît Payan pointe les divisions à gauche et indique que ces listes pourraient faire élire un sénateur d’extrême droite supplémentaire. Qu’avez-vous à dire à ceux des grands électeurs qui hésitent ?

    Effectivement, le mode de scrutin a plutôt tendance à favoriser les listes qui font le plus grand nombre de voix, parce que le mode de calcul est à la plus forte moyenne. En portant les suffrages sur la liste que j’ai l’honneur de conduire, on prend à la fois moins de risques avec l’élection d’un ou d’une sénatrice supplémentaire, soit d’extrême droite, soit éventuellement de droite aussi, ce n’est pas à exclure, et donc on a plutôt intérêt à jouer serré aujourd’hui.

    Extrême droite

    Didier Gesualdi : Le Rassemblement national est entré en force dans les collectivités territoriales et va désormais peser beaucoup plus, probablement, au Sénat, comme sur les futures les échéances nationales.

    De quelle façon le combattez-vous ?

    D’abord, en dénonçant la supercherie du Rassemblement national, notamment sur les collectivités. Le Sénat, c’est la chambre des collectivités. On ne peut pas dire que le RN ait été l’ami des collectivités, et encore moins des communes, au cours des dernières années, notamment sur la casse du service public, notamment sur la baisse des dotations en collectivités.

    Je rappelle les votes, notamment de Franck Allisio à l’Assemblée nationale, sur l’austérité à l’égard des collectivités. En réalité, tous ces gens-là, une fois qu’ils sont à Paris, prônent l’austérité, la casse des services publics, etc. Et lorsqu’ils sont ici, sur le territoire, ils vont faire des photos avec les maires ou des conférences de presse pour dire à quel point ils aiment les maires et que les maires n’ont pas assez d’argent pour boucler le budget. C’est un scandale, une schizophrénie assez insupportable. Mais j’observe quand même que sur le terrain, les maires ne sont pas dupes.

    Austérité

    Léo Purguette : Vous refusez l’austérité, mais quelles sont vos propositions concrètes pour redonner de l’air aux communes, aux maires ?

    Tout d’abord, il faut permettre que les baisses de dotation cessent, qu’il y ait une politique de rattrapage, qu’il ne puisse plus y avoir de transfert de charges ou de compétences de l’État sans compensation à l’euro près pour les communes.

    On se rend bien compte, dans une période de crise – sociale, sanitaire, environnementale… – que les communes sont un amortisseur essentiel pour des millions de Françaises et de Français. Je dirais même plus, un acteur économique essentiel, parce que les trois quarts de la commande publique émanent des collectivités locales et pas nécessairement de l’État. Quand on s’attaque aux communes, on s’attaque à la France dans son ensemble. Donc, il faut redonner aux communes les moyens d’agir et les moyens financiers d’agir.

    Rentrée sociale

    Didier Gesualdi : 2027 s’annonce compliquée au niveau politique, la CGT appelle à une énorme manifestation le 29 septembre pour répondre au projet de rigueur du budget de Sébastien Lecornu, des Gilets jaunes redescendent dans la rue… Quelle est votre analyse ?

    Je me réjouis que les travailleuses, les travailleurs, les jeunes, les retraités soient en capacité de s’organiser et de riposter face à l’ensemble de ces mauvais coups. En tant que communiste, on fera en sorte évidemment d’y participer, mais de réussir ces journées d’action. En parallèle, sur le travail budgétaire au Sénat et à l’Assemblée nationale, avec nos parlementaires, nous croiserons le fer pour donner à voir qu’il y a d’autres logiques que les logiques d’austérité voulues par Sébastien Lecornu.

    Didier Gesualdi : Vous ne croyez pas que cette situation compliquée ouvre une voie royale pour Marine Le Pen en 2027 ?

    Je ne sais pas si elle y arrivera ou elle n’y arrivera pas. Ce que je sais en revanche, c’est que nous avons, nous, la capacité d’enrayer un scénario prédit à l’avance par un certain nombre d’observateurs politiques. Nous y travaillons, bien évidemment. Et je crois que les mobilisations sociales des jours et semaines à venir sont une manière, aussi, de recentrer le débat sur les préoccupations premières des Françaises et des Français, le pouvoir d’achat, les salaires, le mieux vivre, le prix de l’énergie et des problématiques qui sont, pour le coup, portées par l’ensemble des forces de gauche et par le Parti communiste français, évidemment.

    Léo Purguette : Et pourtant, la gauche est encore très faible dans les intentions de vote.

    Vos arguments pour convaincre ces Français qui se sont détournés de la gauche et qui sont pourtant confrontés à l’urgence sociale ?

    Les guerres intestines de la gauche ont rabougri le rassemblement. Aujourd’hui, il faut que l’ensemble des composantes historiques de la gauche – la social-démocratie, on verra par qui elle est incarnée, une gauche réformiste radicale incarnée par Jean-Luc Mélenchon, on verra le score qu’il réalisera, une gauche révolutionnaire incarnée par le Parti communiste français et Fabien Roussel – fassent le plein des voix de leur périmètre. C’est ça qui redonnera demain à la gauche dans son ensemble la capacité à être majoritaire et à gouverner dans le pays.

    Fibre excellence

    Léo Purguette : Sur le dossier emblématique de Fibre Excellence, quelle alternative êtes-vous en mesure de porter ?

    Je suis intervenu au printemps dernier, notamment auprès du ministère, on avait des garanties de la part du ministre de rachat notamment du kilowattheure augmenté de 20% etc. Ils ont refusé l’offre de Matthieu Pigasse, je n’ai pas eu l’offre dans les détails, mais c’est quand même assez surprenant vu le contexte actuel industriel.

    Je crois, et Sophie Binet en parle très bien dans les colonnes de La Marseillaise, qu’il existe un nouveau projet. Il faut qu’on pousse là-dessus, les travailleuses et les travailleurs de l’usine connaissent mieux la situation que quiconque. Il faut que les pouvoirs publics, que l’État s’empare du dossier et accompagne, parce que nous avons besoin d’une filière de pâte à papier en France, c’est aussi une question de souveraineté nationale, et évidemment comme je le fais depuis plusieurs mois, je me tiendrai à leurs côtés.

    Métropole

    Didier Gesualdi : Sur la Métropole, comment sortir de l’impasse budgétaire ?

    Il y a deux sujets. Un sujet de gouvernance qui est à travailler sur le plus long terme et un sujet financier. Je prône l’augmentation du versement mobilité parce que c’est sur la partie transport que le bât blesse en matière budgétaire. Ce n’est pas mon premier choix, mais la piste d’un établissement public spécifiquement dédié aux transports ne me choque pas.

    Léo Purguette : En 2027, il semblerait que les difficultés de la Métropole vont s’accroître.

    Ne risque-t-elle pas l’explosion ?

    Soit on arrive à créer les conditions de sa réussite par un rapport de force. Soit il faudra réfléchir à une autre forme de métropole, à d’autres formes de coopération intercommunale.

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Julie :

    Vous avez indiqué à la télé que vous avez contribué à l’écriture du programme de Fabien Roussel pour 2027. Quelles mesures aimeriez-vous personnellement voir figurer dans ce programme ? Votre expérience de sénateur vous aidera-t-elle ?

    Il faut être modeste. Je suis en charge de l’animation de la rédaction du programme de Fabien Roussel en 2027. Nous avons un certain nombre de commissions dans le parti, d’experts, qui vont nous accompagner à la rédaction.

    Sur l’ensemble des mesures que j’aimerais voir personnellement dans le programme, on le voit bien aujourd’hui, il faut des mesures de rupture avec ce que nous vivons, notamment sur la question du pouvoir d’achat. Une autre mesure que j’aimerais voir portée et que nous allons porter, je ne m’avance pas trop en disant ça, c’est la réduction du temps de travail qui peut s’articuler sur deux aspects : soit une réduction hebdomadaire du temps de travail, soit sur la durée de cotisation. Nous sommes pour le retour de la retraite à 60 ans et à taux plein. Et ça, c’est une mesure qui figurera dans le programme de Fabien Roussel, à laquelle je tiens évidemment beaucoup, parce qu’on est dans une situation où on a besoin de mieux répartir le travail pour permettre à notre jeunesse, qui est très lourdement touchée par le chômage, de pouvoir rentrer sur le marché de l’emploi et de pouvoir aussi contribuer activement à la vie de notre société.

  • À Port-de-Bouc, l’urbanisme de demain se pense aujourd’hui

    À Port-de-Bouc, l’urbanisme de demain se pense aujourd’hui

    Les bâtiments qui vont tomber vont permettre de redéfinir deux îlots d’habitation à gauche et à droite de la route qui va relier les deux côtés de la mer », explique Séverine Mignot, architecte de Port-de-Bouc, au pied des immeubles des Aigues Douces. Vendredi matin, les membres de l’association Architecture et maîtres d’ouvrage (AMO) ont été invités à un tour d’horizon du renouvellement urbain de la ville.

    C’est entre terre et mer, à l’image de Port-de-Bouc, que les enjeux des années à venir se concentrent. De l’ancienne halle aux poissons devenue Maison des projets au bord de mer de la presqu’île, le parcours révèle plusieurs exemples. Devant la barre et la tour de la Lèque, la cheffe de projet, Fabienne Sanchez, indique qu’« ici, une fois la barre démolie et la tour rénovée, la Métropole refera les espaces publics en concertation avec les habitants », comme aux Aigues Douces. Séverine Mignot développe : « L’enjeu est de faire continuer le centre-ville jusqu’à la jetée » du Port. La démolition interviendrait début janvier, selon l’architecte, avant une dépollution à un million d’euros, financée par l’Agence nationale de renouvellement urbain, et promotion immobilière.

    Plus loin, place Lazzarino, Fabienne Sanchez parle de « désimperméabilisation » et de « doubler la plantation d’arbres » en plus de sécuriser la place face aux véhicules.

    « Créer des routes permet de redéfinir une ville »

    Idem aux Aigues Douces, où tout le quartier est voué à changer, comme il n’a cessé d’évoluer depuis sa construction : « L’État avait proposé huit tours pour protéger la ville du Mistral. Puis l’architecte Fuksas a arasé les tours et fait les trouées pour laisser passer le vent » dans les années 1990, détaille Séverine Mignot, « la création des parkings et des routes ont permis de redéfinir une ville » dans le quartier. Y compris pour les vélos. La nouvelle piste cyclable de la côte est expérimentale car « faite de matériaux réutilisés et de béton poreux », comme l’explique Fabienne Sanchez.

    « Toutes nos réflexions partent avec l’humain au centre », affirme l’adjoint aux finances Akrem M’Hamdi (PCF), face aux architectes, lors d’un échange pré-visite. À la veille d’enfin voir se réaliser le contournement autoroutier de Port-de-Bouc, l’adjoint évoque de « vraies opportunités à saisir » dans la requalification de la future ex-RN168, qu’il va falloir « réimaginer ». Son collègue délégué à l’urbanisme, Houssine Rehabi, complète : « Le PLUi en discussion depuis 2025 prévoit la création de 1 200 logements minimum à Port-de-Bouc. Nous aurons la possibilité de transformer la RN168 en boulevard urbain et de créer du logement autour, tout comme à la place du collège Éluard, qui va déménager au nord de la ville. »

    Après la visite, le vice-président d’AMO Gilles Féraud fait part d’un « grand intérêt », « les élus et leurs techniciens sont en train de contrôler un effort de reconstruction en travaillant l’art de vivre et la mixité sociale dans une très belle synergie », observe-t-il. « Port-de-Bouc a toutes les possibilités d’être une ville durable et nous, acteurs privés, devrons concentrer nos savoir-faire pour nous insérer dans cette idéologie urbaine généreuse », conclut-il. L’urbanisme de demain se pense donc aujourd’hui.

  • À Toulon, digne combat pour la paix mené dans l’unité sur la place d’Armes

    À Toulon, digne combat pour la paix mené dans l’unité sur la place d’Armes

    Il est à peine 17h ce vendredi sur la place d’Armes, baptisée pour l’occasion place de la Paix, et les militants des différentes organisations syndicales, politiques et associatives finalisent sur leurs stands les derniers préparatifs pour recevoir le public et l’informer. Le Village de la paix prend vie. Ça y est, panneaux, brochures et journaux sont en place : le débat va pouvoir commencer. Et il y a déjà du monde.

    Les premiers visiteurs s’arrêtent pour discuter dans ces espaces consacrés au débat et à la bataille des idées. En ligne de mire la militarisation en cours des esprits ciblant prioritairement les jeunes jusque dans les établissements scolaires, et l’économie de guerre qui fait flamber les budgets de l’armement au détriment de ceux des services publics comme la santé et l’éducation pourtant essentiels pour l’avenir de la nation et l’émancipation de ses citoyens.

    « Quand le droit international est bafoué, quand les guerres se multiplient, quand l’impunité des puissants devient la règle, cela nourrit aussi les attaques contre les libertés publiques et syndicales. Les militants sont parfois licenciés, menacés, poursuivis », prévient Richard Roméo-Giberti, le secrétaire général de l’Union départementale de la CGT.

    La lutte est joyeuse

    « Nous vivons un moment où la guerre semble redevenir la norme, alors que le droit international et la diplomatie devraient être nos premières armes pour construire la paix », explique Stéphane Sacco (GRS). Le responsable politique d’ajoute : « La paix repose aussi sur la justice sociale, la solidarité et le respect de chacun. »

    Même son de cloche pour Nadine Nazzi (PCF) qui pointe les politiques d’austérité subies par les populations pendant que « des dizaines de milliards d’euros sont détournées vers l’achat d’avions ou de systèmes de missiles, enrichissant les actionnaires de l’armement au détriment de l’hôpital public, de l’école ou de la transition écologique ».

    Dans son intervention, Isaline Cornil (LFI) a rappelé que, lors de son discours aux armées, Macron a déclaré que la France est prête à défendre « la liberté et le droit », « au prix du sang s’il le faut ». Et de tacler, donc : « C’est sûrement au nom de la défense de la liberté et du droit que l’État français a couvert les livraisons d’armes et d’équipements à Netanyahou qui assassine le peuple palestinien. C’est évidemment toujours au nom de la liberté et du droit que le gouvernement français a refusé d’approuver la suspension des accords entre l’Union européenne et Israël. » Et de conclure en citant Boris Vian : « S’il faut donner son sang, allez donner le vôtre, vous êtes bon apôtre, monsieur le président. »

    Sur la scène, la prise de parole organisée par le président de La Marseillaise, Léo Purguette, a commencé. Le secrétaire national du Mouvement de la Paix, Alain Rouy, expliquant comment la France pourrait prendre la tête, en tant que puissance nucléaire, d’un mouvement de désarmement, puis aller vers une nouvelle manière d’envisager les relations internationales, à savoir la « coopération », un mode de sécurité collective ou de sécurité commune. Tout un programme.

    C’est plus tard au rappeur marseillais K-Méléon qu’est revenu le privilège de clôturer la journée en chantant la paix.

  • [Entretien] « En France, nous avons un patrimoine unique qui a besoin d’être restauré »

    [Entretien] « En France, nous avons un patrimoine unique qui a besoin d’être restauré »

    Comment est venue l’envie de réaliser ce documentaire ?

    Thierry Jourdan : Au départ nous avons été contactés avec ma femme Lana par la mairie de Cavaillon pour réaliser des films courts sur certaines phases de réalisation. Pour la dernière vidéo, nous avons filmé la fonte des cloches à l’hippodrome. C’était un moment unique, un spectacle extraordinaire puisqu’ils ont coulé les cloches dans la terre même, une technique ancestrale médiévale. On ne voulait pas que de telles images historiques se retrouvent noyées au milieu de la rapidité des réseaux sociaux. Alors nous sommes allés voir le service de la mairie et nous avons demandé à faire ce film. On est devenu réalisateurs et producteurs de cette belle aventure.

    Au-delà de la restauration, c’est l’artisanat et une aventure humaine que vous mettez en lumière.

    T.J. : Je dirais que plus que des artisans ce sont des artistes complets, d’une précision incroyable. Ce sont des gens qui sont passionnés et l’aventure humaine elle est là. Au total plus de 40 corps de métiers étaient réunis et ils adorent transmettre leur savoir-faire et le partager notamment auprès des jeunes.

    Quel est le message derrière ce documentaire ?

    T.J. : On fait ce métier pour les générations futures. Pour leur dire la vie est là, venez la vivre. Il y a aussi un enjeu patrimonial puisqu’en France notre patrimoine est unique et il a besoin d’être restauré.