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  • Des Olympiens de plus en plus épatants sur le terrain

    Des Olympiens de plus en plus épatants sur le terrain

    Après le Paris Saint-Germain et Strasbourg, les Olympiens ont ajouté l’Ajax Amsterdam à leur tableau de chasse. Ils se sont collectivement métamorphosés depuis le déplacement à Madrid, à l’occasion de la première journée de la Ligue des champions. Mais Roberto De Zerbi estime que le « déclic » est apparu plus tôt dans la saison : « Je pense que quelque chose a changé quand le mercato s’est terminé. […] La bonne humeur est revenue, l’optimisme aussi. J’aime la façon de travailler de mes joueurs, le plaisir qu’ils prennent et la relation qu’ils créent avec les supporters »

    L’entraîneur italien est aussi ravi de la prestation d’Igor Paixão, l’homme de la soirée, mardi, avec un doublé et une passe décisive délivrée face aux Néerlandais. « Avec le staff technique, on a cherché à augmenter son temps de jeu au fur et à mesure et ce soir (mardi) il a marqué. Déjà à Strasbourg, on a vu des choses différentes », a souligné le technicien italien en conférence de presse d’après-match, conscient que cette prestation de haute volée a permis à l’ailier brésilien de refaire le plein de confiance. « J’ai eu une blessure de quatre mois, donc je suis très heureux de cette opportunité et de l’équipe. Nous avons joué un bon football et marquer mes deux premiers buts ici au Vélodrome est quelque chose de spécial », a souri l’ancien pensionnaire de Feyenoord, dont la prestation a été jugée « épatante » par Medhi Benatia.

    Le directeur du football s’est également enflammé pour Nayef Aguerd et Arthur Vermeeren. Concernant le défenseur international marocain, « c’est un joueur de niveau international, il s’est adapté rapidement et communique dans plusieurs langues. Il apporte calme et sérénité, que ce soit dans la relance ou dans les replis. Pour moi, en plus d’être un très bon joueur, c’est un leader. Et on en avait besoin », ajoute le bras droit du président Pablo Longoria.

    Vermeeren tape dans l’œil

    Parmi les grandes surprises affichées par Roberto De Zerbi, la première titularisation du milieu belge Arthur Vermeeren, qui a permis à Pierre-Emile Højbjerg de souffler avant de rejoindre la sélection danoise lors de la prochaine trêve internationale, s’est révélée être une bonne surprise. « Arthur est un super joueur. On avait déjà essayé de le recruter l’an dernier. Pour son âge, il joue déjà comme un ancien. Premier match au Vélodrome, il était très tranquille. Techniquement, toujours orienté, toujours en mouvement. C’est un vrai joueur de football. Même s’il n’est que prêté, si le projet lui plaît et s’il enchaîne ce genre de prestations, on pourrait le voir ici pour plusieurs années », a estimé Medhi Benatia, persuadé que tout le monde aura son rôle à jouer dans une saison chargée entre les compétitions en club et celles en sélection.

    « On ne doit pas avoir peur d’utiliser les autres joueurs de l’effectif. On doit donner à tout le monde le même respect et la même attention » , a insisté l’entraîneur olympien, dont l’esprit est déjà tourné vers le déplacement à Metz, « une équipe vive, physique, qui sait défendre » malgré sa position de lanterne rouge en championnat.

  • Plongée dans la danse des rêves à Aix-en-Provence

    Au son de synthétiseurs lancinants et de percussions quasi martiales qui battent la chamade en direct, les corps se déploient dans une transe toute chorale. Un ton libérateur scandé tout au long de Theatre of dreams, pièce conçue par Hofesh Schechter qui prend ses quartiers vendredi 3 et samedi 4 octobre au Grand Théâtre de Provence (GTP).

    « Cette pièce est portée par nos imaginaires collectifs qui concernent nos vies et nos sociétés avec leurs règles, les attentes auxquelles nous faisons face et ce qu’on nous permet de réaliser », résumait au moment de sa création le compositeur et chorégraphe, auprès du Théâtre de la Ville à Paris.

    Dans ce spectacle, 13 danseurs engagent leur corps pour embarquer le public dans ce qui se cache au plus profond des rêves. Une traversée de l’envers du décor physique et psychique des songes qui nous remuent. « C’est comme une plongée effrénée dans l’inconscient collectif pour mettre au monde une œuvre. Mais une déconstruction du récit collectif, ce théâtre des rêves dans lequel nous vivons et où se créent les structures de nos imaginaires », décortique Hofesh Schechter à propos d’une heure et demi lors de laquelle les artistes s’abandonnent sur scène. « L’idée était d’amplifier tout état dans lequel on se trouvait, de se laisser emporter et d’accepter de perdre ».

    Les 3 et 4 octobre à 20h. Entre 10 et 47 euros

  • Plongée dans la danse des rêves à Aix-en-Provence

    Plongée dans la danse des rêves à Aix-en-Provence

    Au son de synthétiseurs lancinants et de percussions quasi martiales qui battent la chamade en direct, les corps se déploient dans une transe toute chorale. Un ton libérateur scandé tout au long de Theatre of dreams, pièce conçue par Hofesh Schechter qui prend ses quartiers vendredi 3 et samedi 4 octobre au Grand Théâtre de Provence (GTP).

    « Cette pièce est portée par nos imaginaires collectifs qui concernent nos vies et nos sociétés avec leurs règles, les attentes auxquelles nous faisons face et ce qu’on nous permet de réaliser », résumait au moment de sa création le compositeur et chorégraphe, auprès du Théâtre de la Ville à Paris.

    « Accepter de perdre »

    Dans ce spectacle, 13 danseurs engagent leur corps pour embarquer le public dans ce qui se cache au plus profond des rêves. Une traversée de l’envers du décor physique et psychique des songes qui nous remuent. « C’est comme une plongée effrénée dans l’inconscient collectif pour mettre au monde une œuvre. Mais une déconstruction du récit collectif, ce théâtre des rêves dans lequel nous vivons et où se créent les structures de nos imaginaires », décortique Hofesh Schechter à propos d’une heure et demi lors de laquelle les artistes s’abandonnent sur scène. « L’idée était d’amplifier tout état dans lequel on se trouvait, de se laisser emporter et d’accepter de perdre ».

    Les 3 et 4 octobre à 20h. Entre 10 et 47 euros

  • Un centre de santé, premier pas du programme de Joël Peyre

    Il n’y a qu’un seul médecin dans ce quartier et il a mon âge, donc il ne va pas exercer encore 20 ans. C’est pour cela qu’il faudrait un centre de santé municipal ici, et c’est la première chose que je porterais », lance Joël Peyre, candidat (PRG) aux élections municipales d’Avignon, ce 1er octobre dans le quartier de Saint-Chamand, quartier populaire d’Avignon.

    Une présentation d’une des premières mesures que l’actuel conseiller municipal délégué aux finances mettrait en place, en cas d’élection. Une idée qu’il a exposée également aux quelques habitants qu’il a pu croiser lors d’une déambulation dans certains lieux du quartier. À commencer par les membres de l’Association pour la culture et l’éducation des Comoriens d’Avignon (APCECA), qui a prêté ses locaux pour les premières esquisses. « Je suis né à Avignon et j’ai exercé en tant que médecin pendant 40 ans. Il faudrait normalement un médecin pour 1 000 personnes, et dans cette zone d’environ 6 000 personnes, dont 4 000 en QPV, il n’y en a qu’un. De plus en plus de personnes renoncent aux soins et une offre adéquate est indispensable », assure l’ancien médecin, à la retraite depuis fin 2024 et qui n’a pour l’heure pas prévu de renfiler la blouse.

    Le projet, qu’il aimerait voir se déployer ensuite dans d’autres quartiers de la ville, serait que des médecins généralistes salariés s’installent en permanence dans des locaux pour l’heure pas encore définis. Et ce, dans des conditions « adaptées à ce que recherchent les médecins qui sortent d’études. Ce sont en majorité des femmes qui ne veulent pas travailler seules, mais plutôt entourées, et en étant déchargées des démarches administratives, par exemple. Cela se fait notamment beaucoup en région parisienne et ça marche », expose ensuite Bernard Autheman, soutien de Joël Peyre, également conseiller municipal délégué aux bibliothèques, aux musées et à la culture provençale, ainsi que médecin psychiatre. L’établissement accueillerait également des kinés, des infirmiers, un orthophoniste ou encore des médecins spécialistes de façon alternée.

    Autres thématiques

    Une mesure qui semble enchanter la dizaine d’habitants croisés au cours de la matinée dans les quelques commerces ouverts. « Ces difficultés, on les voit au quartier. Le médecin d’ici n’ouvre parfois que de 8 heures à 11 heures. Cela pourrait être très efficace », confie dans ses locaux Ahamada Athoumani, président de l’APCECA et habitant du quartier. « Cela serait très bien. J’ai trouvé un médecin, mais il part également bientôt. Il me trouve mes autres rendez-vous car je n’arrive pas à le faire seule », confie Mireille Guyer, cliente de la pharmacie Filio Pierre, en plein cœur des tours. « Je vais souvent du côté de l’hôpital, mais je dois prendre le bus et le tram, car ce n’est pas à côté. Un seul docteur pour le quartier, ce n’est vraiment pas assez », ajoute Annick, habitante croisée dans la boulangerie.

    Un premier rendez-vous d’annonces qui en appelle d’autres. En effet, Joël Peyre assure que sa campagne sera ponctuée de « points mensuels sur des sujets comme la sécurité, le logement ou encore l’économie ». Une première réunion publique est organisée le jeudi 13 octobre à 18h30 en mairie Nord d’Avignon.

  • Top départ pour Octobre Rose au Centre Hospitalier Intercommunal Brignoles-Le Luc en Provence

    Créé en 1992 aux États-Unis, importé en France en 1994, Octobre Rose s’est peu à peu imposé comme un rendez-vous santé incontournable. Sa vocation : sensibiliser les femmes – mais aussi les hommes – au dépistage du cancer du sein. Plus celui-ci est précoce, plus la prise en charge sera efficace, favorisant la guérison.

    C’est dans ce cadre que, comme chaque année, le Centre hospitalier intercommunal Brignoles-Le Luc-en-Provence (CHIBLL) met en place plusieurs initiatives à l’intention des citoyens et patients. Mais aussi des soignants, puisque ces derniers (parmi lesquels 91% de femmes) ont eu droit à une journée de prévention, en lien avec les Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) Provence verte, ce mercredi, « pour ne pas les oublier, car ils donnent beaucoup pour les patients, mais se mettent un peu au second plan et ne prennent pas forcément le temps de faire les examens nécessaires. Donc on a voulu commencer par une action à leur profit », explique Mathilde Corvoisier, attachée d’administration au CHIBLL.

    Une fois les cordonniers chaussés, plusieurs journées d’information et de prévention sont prévues pour les habitants du territoire, notamment les 10 et 17 octobre sur les Centres Leclerc de Brignoles et du Luc-en-Provence, avec les soignants du CHIBLL, des CPTS Provence verte et Cœur du var. La Maison de santé pluridisciplinaire Thorsantis organise aussi une matinée de sensibilisation au cancer du sein, le 11 octobre au Thoronet, en partenariat avec les CPTS, qui porteront aussi la traditionnelle Rando’rose (avec la Maison de Santé de Valbelle) le 11 octobre à Tourves.

    Une première collecte

    de fonds au profit de la Ligue

    Pour les femmes ne pouvant pas se déplacer, où qui vivent dans des zones isolées peu dotées en personnels de santé, le gynécobus sillonnera une trentaine de communes et proposera également une journée de prévention à l’intention des professionnels de santé à la polyclinique de Nans-les-Pins, le 23 octobre.

    Enfin, grande première : une collecte de fonds au profit de la Ligue contre le cancer et du CHIBLL a été mise en place, afin de financer l’acquisition de matériel, d’accessoires (casques, gants et chaussons réfrigérants pour adoucir les effets post-chimio, pédaliers pour conserver une activité physique douce…), et de séances de soins (diététique, physique, maquillage) pour améliorer le bien-être, le confort et la résistance des patients en chimiothérapie à l’hôpital de jour de cancérologie. Le festival Drôles de Chouettes s’y associe par ailleurs, à travers une soirée « Girl Power » le 10 octobre, dédiée à l’humour féminin, et une soirée de gala le 11, dont les bénéfices seront reversés à cette collecte.

    Infos et cagnotte sur le page Facebook du CHIBLL

  • Top départ pour Octobre Rose au Centre Hospitalier Intercommunal Brignoles-Le Luc en Provence

    Top départ pour Octobre Rose au Centre Hospitalier Intercommunal Brignoles-Le Luc en Provence

    Créé en 1992 aux États-Unis, importé en France en 1994, Octobre Rose s’est peu à peu imposé comme un rendez-vous santé incontournable. Sa vocation : sensibiliser les femmes – mais aussi les hommes – au dépistage du cancer du sein. Plus celui-ci est précoce, plus la prise en charge sera efficace, favorisant la guérison.

    C’est dans ce cadre que, comme chaque année, le Centre hospitalier intercommunal Brignoles-Le Luc-en-Provence (CHIBLL) met en place plusieurs initiatives à l’intention des citoyens et patients. Mais aussi des soignants, puisque ces derniers (parmi lesquels 91% de femmes) ont eu droit à une journée de prévention, en lien avec les Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) Provence verte, ce mercredi, « pour ne pas les oublier, car ils donnent beaucoup pour les patients, mais se mettent un peu au second plan et ne prennent pas forcément le temps de faire les examens nécessaires. Donc on a voulu commencer par une action à leur profit », explique Mathilde Corvoisier, attachée d’administration au CHIBLL.

    Une fois les cordonniers chaussés, plusieurs journées d’information et de prévention sont prévues pour les habitants du territoire, notamment les 10 et 17 octobre sur les Centres Leclerc de Brignoles et du Luc-en-Provence, avec les soignants du CHIBLL, des CPTS Provence verte et Cœur du var. La Maison de santé pluridisciplinaire Thorsantis organise aussi une matinée de sensibilisation au cancer du sein, le 11 octobre au Thoronet, en partenariat avec les CPTS, qui porteront aussi la traditionnelle Rando’rose (avec la Maison de Santé de Valbelle) le 11 octobre à Tourves.

    Une première collecte

    de fonds au profit de la Ligue

    Pour les femmes ne pouvant pas se déplacer, où qui vivent dans des zones isolées peu dotées en personnels de santé, le gynécobus sillonnera une trentaine de communes et proposera également une journée de prévention à l’intention des professionnels de santé à la polyclinique de Nans-les-Pins, le 23 octobre.

    Enfin, grande première : une collecte de fonds au profit de la Ligue contre le cancer et du CHIBLL a été mise en place, afin de financer l’acquisition de matériel, d’accessoires (casques, gants et chaussons réfrigérants pour adoucir les effets post-chimio, pédaliers pour conserver une activité physique douce…), et de séances de soins (diététique, physique, maquillage) pour améliorer le bien-être, le confort et la résistance des patients en chimiothérapie à l’hôpital de jour de cancérologie. Le festival Drôles de Chouettes s’y associe par ailleurs, à travers une soirée « Girl Power » le 10 octobre, dédiée à l’humour féminin, et une soirée de gala le 11, dont les bénéfices seront reversés à cette collecte.

    Infos et cagnotte sur le page Facebook du CHIBLL

  • Un personnage qui incarne un appel à se dé-chaîner

    Il restera évidemment anonyme pour préserver la puissance du personnage. Juché sur le camion de la CGT énergie ou devant la banderole, d’aucuns l’appellent « le diable ». Une apparition casquée, mélange de Mad Max et de bestiole à cornes diabolique, équipée de chaînes, effrayante et galvanisante. Mais, qu’on ne s’y trompe pas, c’est un « martyr » au sens premier et profond, aux accessoires et à l’attitude savamment calculés. « La mort, les tourments, la souffrance du monde ouvrier qu’on enchaîne, anonyme, rebelle et qui n’accepte pas cette condition. C’est ça que je voulais représenter », explique-t-il, où loin de « toute fanfaronnade », « tout a un sens ». Du bokken, sabre de bois japonais, à la cravache, « pour montrer aux gens qu’on abuse d’eux, qu’ils acceptent une certaine soumission », pétris par le « discours dominant ».

    « Je voulais montrer, aussi, qu’il ne faut pas être faible avec les forts, que le monde ouvrier va se battre », ajoute-t-il. Au fil des réunions syndicales, le personnage est venu « tout doucement » s’imposer. L’idée : mettre en image le discours des « copains, qui ont de la faconde », au micro. « Moi, je suis là pour les épauler, pour choquer, marquer », poursuit-il. Heureux que les « gens viennent le voir après la manif » pour le remercier de sa présence, il ne se voit pas en « étendard ».

    Car pour ce gars du Nord, né d’un immigré arraché à son soleil italien pour se retrouver au fond d’une mine de Lorraine, l’engagement coule de source. « Mon père était syndiqué, militant, et entre mineurs, ça discutait sévère ! J’ai baigné là-dedans et connu tôt la violence du monde du travail », raconte l’énergéticien qui, à 14 ans, avant d’aller à l’école, faisait « les postes », se réveillant à 3h30 le matin pour descendre au fond, malgré ses capacités artistiques remarquées par la prof de dessin.

    L’énergie, un bien vital

    Un avenir tout tracé. Mais, revenu de l’armée à 19 ans, il voit s’envoler la promesse d’embauche. La France misant sur l’atome, le charbon, c’est fini. « Né en 68, j’ai fait partie de la dernière section, celle qui n’a pas été prise pour les houillères, j’ai passé un examen pour rentrer à EDF », poursuit-il. Au sein du service public de l’énergie, il retrouve les « valeurs et l’esprit de famille » de la mine, se syndique à la CGT.

    « Je savais ce que c’était de défendre un bien indispensable, fondamental », insiste-t-il avant d’évoquer une lente dégradation. Il se souvient de la privatisation d’EDF en 2005, où « on voulait se partager le gros gâteau ». Et de marteler : « on a voulu être compétitif, mais de quoi ? Comment l’imaginer quand on parle de quelque chose de vital ? » L’alignement du prix de l’électricité nucléaire sur celui du gaz, à la merci du marché, le révolte tout autant. « [Indépendants], on aurait dû être des nababs ! » balance-t-il.

    Parce qu’il n’accepte pas de vivre dans « un pays qui crève la faim, qui a peur, où on ne peut plus vivre dignement de son travail », il sera là ce jeudi. Et de lancer : « J’ai envie de dire aux gens libérez-vous de vos chaînes, osez vous fédérer, osez dire que vous n’êtes pas d’accord avec des réformes qui ne sont bonnes ni pour vous ni pour vos enfants. »

  • Un personnage qui incarne un appel à se dé-chaîner

    Un personnage qui incarne un appel à se dé-chaîner

    Il restera évidemment anonyme pour préserver la puissance du personnage. Juché sur le camion de la CGT énergie ou devant la banderole, d’aucuns l’appellent « le diable ». Une apparition casquée, mélange de Mad Max et de bestiole à cornes diabolique, équipée de chaînes, effrayante et galvanisante. Mais, qu’on ne s’y trompe pas, c’est un « martyr » au sens premier et profond, aux accessoires et à l’attitude savamment calculés. « La mort, les tourments, la souffrance du monde ouvrier qu’on enchaîne, anonyme, rebelle et qui n’accepte pas cette condition. C’est ça que je voulais représenter », explique-t-il, où loin de « toute fanfaronnade », « tout a un sens ». Du bokken, sabre de bois japonais, à la cravache, « pour montrer aux gens qu’on abuse d’eux, qu’ils acceptent une certaine soumission », pétris par le « discours dominant ».

    « Je voulais montrer, aussi, qu’il ne faut pas être faible avec les forts, que le monde ouvrier va se battre », ajoute-t-il. Au fil des réunions syndicales, le personnage est venu « tout doucement » s’imposer. L’idée : mettre en image le discours des « copains, qui ont de la faconde », au micro. « Moi, je suis là pour les épauler, pour choquer, marquer », poursuit-il. Heureux que les « gens viennent le voir après la manif » pour le remercier de sa présence, il ne se voit pas en « étendard ».

    Car pour ce gars du Nord, né d’un immigré arraché à son soleil italien pour se retrouver au fond d’une mine de Lorraine, l’engagement coule de source. « Mon père était syndiqué, militant, et entre mineurs, ça discutait sévère ! J’ai baigné là-dedans et connu tôt la violence du monde du travail », raconte l’énergéticien qui, à 14 ans, avant d’aller à l’école, faisait « les postes », se réveillant à 3h30 le matin pour descendre au fond, malgré ses capacités artistiques remarquées par la prof de dessin.

    L’énergie, un bien vital

    Un avenir tout tracé. Mais, revenu de l’armée à 19 ans, il voit s’envoler la promesse d’embauche. La France misant sur l’atome, le charbon, c’est fini. « Né en 68, j’ai fait partie de la dernière section, celle qui n’a pas été prise pour les houillères, j’ai passé un examen pour rentrer à EDF », poursuit-il. Au sein du service public de l’énergie, il retrouve les « valeurs et l’esprit de famille » de la mine, se syndique à la CGT.

    « Je savais ce que c’était de défendre un bien indispensable, fondamental », insiste-t-il avant d’évoquer une lente dégradation. Il se souvient de la privatisation d’EDF en 2005, où « on voulait se partager le gros gâteau ». Et de marteler : « on a voulu être compétitif, mais de quoi ? Comment l’imaginer quand on parle de quelque chose de vital ? » L’alignement du prix de l’électricité nucléaire sur celui du gaz, à la merci du marché, le révolte tout autant. « [Indépendants], on aurait dû être des nababs ! » balance-t-il.

    Parce qu’il n’accepte pas de vivre dans « un pays qui crève la faim, qui a peur, où on ne peut plus vivre dignement de son travail », il sera là ce jeudi. Et de lancer : « J’ai envie de dire aux gens libérez-vous de vos chaînes, osez vous fédérer, osez dire que vous n’êtes pas d’accord avec des réformes qui ne sont bonnes ni pour vous ni pour vos enfants. »

  • Une centaine de chercheurs en commerce en conférence

    Martigues accueille un colloque universitaire sur la recherche en commerce et distribution, la semaine prochaine, à l’occasion de la 28e conférence Étienne Thil, organisé par l’association du même nom.

    Le co-président du comité d’organisation est Gilles Paché, professeur en sciences de gestion à Aix-Marseille université. « Le 9 octobre, des professionnels de haut niveau participeront à des tables rondes et le président de l’université d’Aix-Marseille se déplacera pour l’ouverture de la conférence, aux côtés du maire de Martigues », promet-il.

    La particularité de cette édition est, pour Gilles Paché, d’être « pour la première fois » organisée « dans une ville moyenne n’ayant pas le statut universitaire, puisque les précédentes conférences se sont tenues dans des universités et écoles de commerce », indique le professeur, comme à Montpellier l’année dernière, ou Paris Dauphine auparavant.

    Le programme n’est pas déconnecté du territoire. L’ouverture du colloque est à 9h jeudi 9 octobre, en compagnie du maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux. La première table ronde sur le thème de la redynamisation des centres-villes par le commerce est animée par Béatrice Siadou-Martin, professeure en marketing à l’université de Montpellier, avec comme intervenants le Pr Pierre Lescoat de l’école de commerce Neoma, ainsi que Louis Roux, chef de projet à l’Agglomération de Montélimar.

    L’après-midi à 14h, une autre table ronde sur la distribution à l’ère de la décarbonation et la circularité est proposée avec Aurélien Rouquet, ingénieur de l’école centrale de Lille et rédacteur en chef de la Revue Française de Gestion.

  • « À horizon 2050, un déficit de 90 millions de m3 »

    La Marseillaise : Quel est l’état de la nappe actuellement ?

    Céline Tramontin : La nappe se recharge à 70% par l’irrigation gravitaire nécessaire à la production de foin de Crau, donc de l’eau de Serre-Ponçon qui arrive par la Durance, et à 30% par les eaux de pluie. Elle se vidange l’hiver et se remplit l’été, avec l’arrosage des agriculteurs, de mars à octobre. Ce qui soutient l’étiage, c’est-à-dire le niveau minium pour assurer l’ensemble des usages sur le territoire, ce sont les eaux de pluie. Depuis Serre-Ponçon, il y a 1,5 milliard m3 d’eau dérivée vers les Bouches-du-Rhône, dont 420 millions vers la Crau. Cette année, il y a eu de l’eau, le barrage était plein. Par contre, on a eu un hiver relativement sec. On est donc partis en début de saison avec des niveaux très hétérogènes en fonction des secteurs, avec des zones comme les Coussouls qui étaient bien remplies, avec des niveaux supérieurs à la moyenne, et d’autres avec les niveaux historiques les plus bas qu’on ait jamais relevés depuis dix ans. On a pu stabiliser le niveau grâce aux eaux de la Durance.

    Avec le réchauffement climatique, la sécheresse des hivers risque de devenir monnaie courante. Comment y faites-vous face ?

    C.T. : On a mené une étude scientifique dont l’objet était l’évolution du changement climatique et des besoins en eau sur ce territoire, puisque la nappe alimente 300 000 habitants en eau potable, l’agriculture, l’industrie de Fos et les bases militaires d’Istres et de Salon-de-Provence. Le résultat est sans appel : à horizon 2050, on aura un déficit de 90 millions de m3 au niveau du remplissage de la nappe, si on continue comme ça. Pour ne pas en arriver là et devoir faire des choix qui auront des impacts sur notre cadre de vie et le développement du territoire, on a lancé un Schéma d’aménagement des eaux avec les collectivités locales et les acteurs qui est élaboré dans le cadre d’une Commission locale de l’eau, installée fin août.

    L’idée est de prioriser les usages ?

    C.T. : Non. Il faut réduire le prélèvement de la Durance, parce que les effets du réchauffement climatique se feront ressentir aussi au niveau de Serre-Ponçon. On a déjà vécu une situation de sécheresse en 2022. Eux ont élaboré un plan de résilience à leur niveau. Il faut qu’on soit plus résilients aussi de notre côté. Il y a des solutions, comme la réhabilitation des canaux, créés pour les premiers au temps d’Adam de Craponne au XVIe siècle, pour les derniers au XXe siècle. On a aussi lancé une grande étude pour aller chercher des sources profondes en sondant le sol. On a fait trois forages, à Istres, Salon et Saint-Martin-de-Crau avec des pièzomètres profonds, entre 80 et 100m. Les matériaux carottés sont désormais à l’analyse. On sait d’ores et déjà qu’on va laisser tomber le forage d’Istres. Les résultats devraient être connus d’ici la fin 2026.

    Vous réfléchissez aussi à un partage des coûts plus équitable.

    C.T. : C’est la deuxième équation à résoudre. Ce sont les Associations syndicales autorisées intervenant pour l’irrigation collective, donc les agriculteurs, qui payent actuellement l’eau et son transport sur le territoire pour assumer l’usage agricole, mais aussi d’eau potable, d’eau industrielle etc. Il faut que ça évolue, que chaque bénéficiaire supporte ce coût.

    Entretien réalisé par Alice Magar