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  • Licenciés d’ID Logistics, ils contre-attaquent au tribunal

    « On n’a pas lâché la lutte. On était dans la défense, on passe à l’attaque, ce mercredi 15 octobre », explique Alex Regnault, porte-parole des ex-salariés de l’entrepôt marseillais. « Tout ce temps a été mis à profit avec notre avocate, Mathilde Lanté, pour consolider les dossiers que nous irons déposer devant le conseil des prud’hommes. »

    En octobre 2024, ID Logistics, lâché par son quasi unique client Amazon, fermait les portes du hangar investi deux ans plus tôt à Saint-Antoine, dans le 15e arrondissement. Usant d’une clause de mobilité scélérate, l’employeur mettait brutalement un terme aux contrats précaires de ses salariés. En dépit d’une grève de plus d’un mois pour défendre leurs emplois, tous ceux qui ont refusé la mutation sur le site de Bollène, dans le Vaucluse, à plus de 130 km, ont été licenciés pour « faute grave ».

    Durant deux années, les salariés se sont succédé sur le site des quartiers nord pour décharger des camions, à bout de bras ou au transpalette, scanner des colis qui pouvaient dépasser les 55 kg, les trier ou les étiqueter. Le tout en étant chronométrés et dans un entrepôt au toit fuyant, sans chauffage ni climatisation, sans toilettes ni accès à l’eau. « Les plannings étaient communiqués à la dernière minute, des collègues se faisaient appeler en pleine nuit pour aller travailler, de 3h à 11h. En hiver, on avait tous les mains gelées, on crachait noir tellement c’était poussiéreux et pas ventilé. lors d’une coupure d’électricité, une équipe a travaillé à la lueur des phares des camions », témoigne Alex. Des conditions de travail indécentes qui amenaient à un turn-over et au recours à des contrats intérimaires très importants. « Sur 80 employés, on pouvait avoir 50 intérimaires. »

    Les maillons de la chaîne logistique se fendent

    « Mais on avait besoin d’un travail », justifie l’ancien salarié, pour ceux qui, comme lui, ont tenu le coup pendant deux ans. « Nous sommes majoritairement des mères et pères de familles nombreuses, certains avec des maladies chroniques, d’autres qui habitaient loin de l’entrepôt ont même déménagé pour s’en rapprocher et fait changer d’école leurs enfants en cours d’année », précise le jeune homme, devenu porte-parole du collectif contre ID Logistics et Amazon.

    Quand la direction leur impose le choix entre accepter une mutation à Bollène ou démissionner, c’est le coup de massue. « Il faut compter plus de 270 km aller-retour quotidiennement, le tout payé au Smic, alors que le coût du déplacement, pour nous, aurait été de plus de 900 euros par mois ! », précise Alex. Les salariés entament une grève pour négocier. Tentative vaine en dépit des actions et conférences menées et des nombreux soutiens qu’ils trouvent avec l’UD CGT, comme auprès du syndicat créé par Hervé Street, ancien patron marseillais d’une société de transports, devenu un symbole de la lutte contre la précarisation dans la sous-traitance en s’attaquant à FedEx, et de parlementaires de gauche.

    Mais ils ont appris à se battre et « même si on a été virés, on ne lâche pas sur la dignité. On n’acceptera jamais la faute grave, c’est un truc qui vous colle à la peau toute une carrière et c’était totalement déloyal », explique le collectif, qui a décidé de saisir la justice. Aujourd’hui, « pratiquement tous au chômage et dans des situations très précaires, on cherche une sorte de justice qui reconnaisse le traitement abusif de ce système déjà bien rodé des plateformes de logistique, qui broie les salariés et use d’aides d’état », indiquent les ex-salariés d’ID Logistics. « Et qui pourrait faire jurisprudence pour tous les autres dans notre cas. »

    Car, « quand on a commencé la grève, on s’est rendu compte que ces problématiques étaient très répandues dans la majorité des entrepôts ». Leur pétition lancée sur change.org intitulée « Non aux licenciements déguisés ! Solidarité avec les ID Logistics Amazon Marseille ! » pourrait faire boule de neige. Rendez-vous est donné à 13h30 le mercredi 15 octobre devant le tribunal de la rue Rigord, une tribune à signer à l’appui.

  • Licenciés d’ID Logistics, ils contre-attaquent au tribunal

    Licenciés d’ID Logistics, ils contre-attaquent au tribunal

    « On n’a pas lâché la lutte. On était dans la défense, on passe à l’attaque, ce mercredi 15 octobre », explique Alex Regnault, porte-parole des ex-salariés de l’entrepôt marseillais. « Tout ce temps a été mis à profit avec notre avocate, Mathilde Lanté, pour consolider les dossiers que nous irons déposer devant le conseil des prud’hommes. »

    En octobre 2024, ID Logistics, lâché par son quasi unique client Amazon, fermait les portes du hangar investi deux ans plus tôt à Saint-Antoine, dans le 15e arrondissement. Usant d’une clause de mobilité scélérate, l’employeur mettait brutalement un terme aux contrats précaires de ses salariés. En dépit d’une grève de plus d’un mois pour défendre leurs emplois, tous ceux qui ont refusé la mutation sur le site de Bollène, dans le Vaucluse, à plus de 130 km, ont été licenciés pour « faute grave ».

    Durant deux années, les salariés se sont succédé sur le site des quartiers nord pour décharger des camions, à bout de bras ou au transpalette, scanner des colis qui pouvaient dépasser les 55 kg, les trier ou les étiqueter. Le tout en étant chronométrés et dans un entrepôt au toit fuyant, sans chauffage ni climatisation, sans toilettes ni accès à l’eau. « Les plannings étaient communiqués à la dernière minute, des collègues se faisaient appeler en pleine nuit pour aller travailler, de 3h à 11h. En hiver, on avait tous les mains gelées, on crachait noir tellement c’était poussiéreux et pas ventilé. lors d’une coupure d’électricité, une équipe a travaillé à la lueur des phares des camions », témoigne Alex. Des conditions de travail indécentes qui amenaient à un turn-over et au recours à des contrats intérimaires très importants. « Sur 80 employés, on pouvait avoir 50 intérimaires. »

    Les maillons de la chaîne logistique se fendent

    « Mais on avait besoin d’un travail », justifie l’ancien salarié, pour ceux qui, comme lui, ont tenu le coup pendant deux ans. « Nous sommes majoritairement des mères et pères de familles nombreuses, certains avec des maladies chroniques, d’autres qui habitaient loin de l’entrepôt ont même déménagé pour s’en rapprocher et fait changer d’école leurs enfants en cours d’année », précise le jeune homme, devenu porte-parole du collectif contre ID Logistics et Amazon.

    Quand la direction leur impose le choix entre accepter une mutation à Bollène ou démissionner, c’est le coup de massue. « Il faut compter plus de 270 km aller-retour quotidiennement, le tout payé au Smic, alors que le coût du déplacement, pour nous, aurait été de plus de 900 euros par mois ! », précise Alex. Les salariés entament une grève pour négocier. Tentative vaine en dépit des actions et conférences menées et des nombreux soutiens qu’ils trouvent avec l’UD CGT, comme auprès du syndicat créé par Hervé Street, ancien patron marseillais d’une société de transports, devenu un symbole de la lutte contre la précarisation dans la sous-traitance en s’attaquant à FedEx, et de parlementaires de gauche.

    Mais ils ont appris à se battre et « même si on a été virés, on ne lâche pas sur la dignité. On n’acceptera jamais la faute grave, c’est un truc qui vous colle à la peau toute une carrière et c’était totalement déloyal », explique le collectif, qui a décidé de saisir la justice. Aujourd’hui, « pratiquement tous au chômage et dans des situations très précaires, on cherche une sorte de justice qui reconnaisse le traitement abusif de ce système déjà bien rodé des plateformes de logistique, qui broie les salariés et use d’aides d’état », indiquent les ex-salariés d’ID Logistics. « Et qui pourrait faire jurisprudence pour tous les autres dans notre cas. »

    Car, « quand on a commencé la grève, on s’est rendu compte que ces problématiques étaient très répandues dans la majorité des entrepôts ». Leur pétition lancée sur change.org intitulée « Non aux licenciements déguisés ! Solidarité avec les ID Logistics Amazon Marseille ! » pourrait faire boule de neige. Rendez-vous est donné à 13h30 le mercredi 15 octobre devant le tribunal de la rue Rigord, une tribune à signer à l’appui.

  • Gouvernement Lecornu II : toujours aussi bancal et libéral

    Il fallait aller vite. À peine 48h pour composer une équipe gouvernementale destinée avant tout à déposer un projet de budget. En vertu de la Constitution, le Parlement doit disposer de 70 jours pour l’examiner, avant le 31 décembre. Il faudrait que le texte lui soit transmis en ce début de semaine, en principe après un passage en Conseil des ministres, ce mardi.

    Sébastien Lecornu, reconduit à Matignon par un président jusqu’au-boutiste, a dit dimanche soir, selon son entourage, avoir « proposé un mélange de société civile avec des profils expérimentés et de jeunes parlementaires ». Une équipe de 34 ministres encore et toujours marquée à droite, avec la participation de membres des Républicains, à l’image d’Annie Genevard, reconduite à l’Agriculture, ou du député Vincent Jeanbrun, porte-parole du groupe LR à l’Assemblée nationale, nommé au ministère du Logement et de la Ville. Malgré le mot d’ordre du parti LR de ne pas participer au gouvernement, dans un contexte d’éclatement du fameux « socle commun », entendre ses potentiels alliés de la droite et du centre. Dans la foulée de l’annonce du gouvernement, le parti de droite a indiqué exclure les ministres LR.

    Les électeurs de la première circonscription du Tarn-et-Garonne ont choisi dimanche, lors d’une élection législative partielle, un candidat soutenu par le RN, Pierre-Henri Carbonnel, plutôt qu’une socialiste, après l’appel du patron de LR, Bruno Retailleau, à ne donner « pas une voix » à la gauche.

    C’est dans ce contexte de rapprochement entre droite et extrême droite que Sébastien Lecornu s’était donné 48 heures pour rassembler un second gouvernement. « Repartir n’était pas une évidence pour moi » a-t-il confié à nos confrères de la Tribune Dimanche. Et de prévenir que « si les conditions n’étaient de nouveau plus remplies », il partirait de nouveau. « Je ne ferai pas n’importe quoi. On ne peut pas continuer comme avant, il faut un gouvernement plus libre, y compris dans la relation aux partis politiques », a-t-il ajouté. Une bonne partie des groupes de l’Assemblée nationale appellent à la censure.

    À droite, les Républicains ont explosé, leur bureau indiquant « un soutien texte par texte ». Décision sur laquelle le Modem et Horizons pourraient s’aligner. Laurent Panifous, président du groupe Liot, indique lui que son groupe ne censurera pas le futur gouvernement si celui-ci respecte quatre conditions : ne pas utiliser le 49.3, revenir sur la réforme des retraites, une mesure de justice fiscale et de nouvelles têtes.

    En embuscade, la cheffe de file du RN se frotte les mains, Marine Le Pen se disant prête à « censurer tout ». Mieux, 95 % de ses candidats seraient même pré-investis en cas de dissolution. De quoi inquiéter quand on se remémore le CV de ceux présentés aux législatives de 2024, entre incompétence crasse, casier judiciaire chargé et autres propos racistes.

    Le PS en arbitre ?

    À gauche, après avoir tenté la destitution, LFI opte aussi pour la censure sans attendre. Pour son coordinateur et député de Marseille, Manuel Bompard, « le cirque doit s’arrêter ! ». Du côté des communistes, réunis en conseil national samedi, la dissolution ne fait pas un pli non plus. Les Verts eux, ont encore besoin de se persuader. La secrétaire générale d’EELV, Marine Tondelier, appelle à un vote de confiance, préfère écouter le discours de politique générale avant une motion, persuadée que Lecornu ne parviendra pas à aboutir.

    Avec 69 députés, les socialistes se posent en arbitre. Sans l’abandon du 49-3, des mesures pour protéger et renforcer le pouvoir d’achat des Français et une suspension immédiate et complète de la réforme des retraites, ce sera la censure prévenait Pierre Jouvet, secrétaire général du Parti socialiste depuis la fête de la Rose à Marseille ce 11 octobre. « Une telle suspension n’épuiserait pas le débat sur le budget et l’avenir de la France, mais ce serait un gage de sa bonne foi et de sa volonté d’ouvrir une nouvelle période », a précisé Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, toujours dans La Tribune Dimanche.

    Pour le Premier ministre démissionnaire remissionné, « il y aura un moment de vérité. » Reste à savoir laquelle…

  • Gouvernement Lecornu II : toujours aussi bancal et libéral

    Gouvernement Lecornu II : toujours aussi bancal et libéral

    Il fallait aller vite. À peine 48h pour composer une équipe gouvernementale destinée avant tout à déposer un projet de budget. En vertu de la Constitution, le Parlement doit disposer de 70 jours pour l’examiner, avant le 31 décembre. Il faudrait que le texte lui soit transmis en ce début de semaine, en principe après un passage en Conseil des ministres, ce mardi.

    Sébastien Lecornu, reconduit à Matignon par un président jusqu’au-boutiste, a dit dimanche soir, selon son entourage, avoir « proposé un mélange de société civile avec des profils expérimentés et de jeunes parlementaires ». Une équipe de 34 ministres encore et toujours marquée à droite, avec la participation de membres des Républicains, à l’image d’Annie Genevard, reconduite à l’Agriculture, ou du député Vincent Jeanbrun, porte-parole du groupe LR à l’Assemblée nationale, nommé au ministère du Logement et de la Ville. Malgré le mot d’ordre du parti LR de ne pas participer au gouvernement, dans un contexte d’éclatement du fameux « socle commun », entendre ses potentiels alliés de la droite et du centre. Dans la foulée de l’annonce du gouvernement, le parti de droite a indiqué exclure les ministres LR.

    Les électeurs de la première circonscription du Tarn-et-Garonne ont choisi dimanche, lors d’une élection législative partielle, un candidat soutenu par le RN, Pierre-Henri Carbonnel, plutôt qu’une socialiste, après l’appel du patron de LR, Bruno Retailleau, à ne donner « pas une voix » à la gauche.

    C’est dans ce contexte de rapprochement entre droite et extrême droite que Sébastien Lecornu s’était donné 48 heures pour rassembler un second gouvernement. « Repartir n’était pas une évidence pour moi » a-t-il confié à nos confrères de la Tribune Dimanche. Et de prévenir que « si les conditions n’étaient de nouveau plus remplies », il partirait de nouveau. « Je ne ferai pas n’importe quoi. On ne peut pas continuer comme avant, il faut un gouvernement plus libre, y compris dans la relation aux partis politiques », a-t-il ajouté. Une bonne partie des groupes de l’Assemblée nationale appellent à la censure.

    À droite, les Républicains ont explosé, leur bureau indiquant « un soutien texte par texte ». Décision sur laquelle le Modem et Horizons pourraient s’aligner. Laurent Panifous, président du groupe Liot, indique lui que son groupe ne censurera pas le futur gouvernement si celui-ci respecte quatre conditions : ne pas utiliser le 49.3, revenir sur la réforme des retraites, une mesure de justice fiscale et de nouvelles têtes.

    En embuscade, la cheffe de file du RN se frotte les mains, Marine Le Pen se disant prête à « censurer tout ». Mieux, 95 % de ses candidats seraient même pré-investis en cas de dissolution. De quoi inquiéter quand on se remémore le CV de ceux présentés aux législatives de 2024, entre incompétence crasse, casier judiciaire chargé et autres propos racistes.

    Le PS en arbitre ?

    À gauche, après avoir tenté la destitution, LFI opte aussi pour la censure sans attendre. Pour son coordinateur et député de Marseille, Manuel Bompard, « le cirque doit s’arrêter ! ». Du côté des communistes, réunis en conseil national samedi, la dissolution ne fait pas un pli non plus. Les Verts eux, ont encore besoin de se persuader. La secrétaire générale d’EELV, Marine Tondelier, appelle à un vote de confiance, préfère écouter le discours de politique générale avant une motion, persuadée que Lecornu ne parviendra pas à aboutir.

    Avec 69 députés, les socialistes se posent en arbitre. Sans l’abandon du 49-3, des mesures pour protéger et renforcer le pouvoir d’achat des Français et une suspension immédiate et complète de la réforme des retraites, ce sera la censure prévenait Pierre Jouvet, secrétaire général du Parti socialiste depuis la fête de la Rose à Marseille ce 11 octobre. « Une telle suspension n’épuiserait pas le débat sur le budget et l’avenir de la France, mais ce serait un gage de sa bonne foi et de sa volonté d’ouvrir une nouvelle période », a précisé Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, toujours dans La Tribune Dimanche.

    Pour le Premier ministre démissionnaire remissionné, « il y aura un moment de vérité. » Reste à savoir laquelle…

  • Gouvernement Lecornu 2 : toujours aussi bancal et libéral

    Gouvernement Lecornu 2 : toujours aussi bancal et libéral

    Il fallait aller vite. À peine 48h pour composer une équipe gouvernementale destinée avant tout à déposer un projet de budget. En vertu de la Constitution, le Parlement doit disposer de 70 jours pour l’examiner, avant le 31 décembre. Il faudrait que le texte lui soit transmis en ce début de semaine, en principe après un passage en Conseil des ministres, ce mardi.

    Sébastien Lecornu, reconduit à Matignon par un président jusqu’au-boutiste, a dit dimanche soir, selon son entourage, avoir « proposé un mélange de société civile avec des profils expérimentés et de jeunes parlementaires ». Une équipe de 34 ministres encore et toujours marquée à droite, avec la participation de membres des Républicains, à l’image d’Annie Genevard, reconduite à l’Agriculture, ou du député Vincent Jeanbrun, porte-parole du groupe LR à l’Assemblée nationale, nommé au ministère du Logement et de la Ville. Malgré le mot d’ordre du parti LR de ne pas participer au gouvernement, dans un contexte d’éclatement du fameux « socle commun », entendre ses potentiels alliés de la droite et du centre. Dans la foulée de l’annonce du gouvernement, le parti de droite a indiqué exclure les ministres LR.

    Les électeurs de la première circonscription du Tarn-et-Garonne ont choisi dimanche, lors d’une élection législative partielle, un candidat soutenu par le RN, Pierre-Henri Carbonnel, plutôt qu’une socialiste, après l’appel du patron de LR, Bruno Retailleau, à ne donner « pas une voix » à la gauche.

    C’est dans ce contexte de rapprochement entre droite et extrême droite que Sébastien Lecornu s’était donné 48 heures pour rassembler un second gouvernement. « Repartir n’était pas une évidence pour moi » a-t-il confié à nos confrères de la Tribune Dimanche. Et de prévenir que « si les conditions n’étaient de nouveau plus remplies », il partirait de nouveau. « Je ne ferai pas n’importe quoi. On ne peut pas continuer comme avant, il faut un gouvernement plus libre, y compris dans la relation aux partis politiques », a-t-il ajouté. Une bonne partie des groupes de l’Assemblée nationale appellent à la censure.

    À droite, les Républicains ont explosé, leur bureau indiquant « un soutien texte par texte ». Décision sur laquelle le Modem et Horizons pourraient s’aligner. Laurent Panifous, président du groupe Liot, indique lui que son groupe ne censurera pas le futur gouvernement si celui-ci respecte quatre conditions : ne pas utiliser le 49.3, revenir sur la réforme des retraites, une mesure de justice fiscale et de nouvelles têtes.

    En embuscade, la cheffe de file du RN se frotte les mains, Marine Le Pen se disant prête à « censurer tout ». Mieux, 95 % de ses candidats seraient même pré-investis en cas de dissolution. De quoi inquiéter quand on se remémore le CV de ceux présentés aux législatives de 2024, entre incompétence crasse, casier judiciaire chargé et autres propos racistes.

    Le PS en arbitre ?

    À gauche, après avoir tenté la destitution, LFI opte aussi pour la censure sans attendre. Pour son coordinateur et député de Marseille, Manuel Bompard, « le cirque doit s’arrêter ! ». Du côté des communistes, réunis en conseil national samedi, la dissolution ne fait pas un pli non plus. Les Verts eux, ont encore besoin de se persuader. La secrétaire générale d’EELV, Marine Tondelier, appelle à un vote de confiance, préfère écouter le discours de politique générale avant une motion, persuadée que Lecornu ne parviendra pas à aboutir.

    Avec 69 députés, les socialistes se posent en arbitre. Sans l’abandon du 49-3, des mesures pour protéger et renforcer le pouvoir d’achat des Français et une suspension immédiate et complète de la réforme des retraites, ce sera la censure prévenait Pierre Jouvet, secrétaire général du Parti socialiste depuis la fête de la Rose à Marseille ce 11 octobre. « Une telle suspension n’épuiserait pas le débat sur le budget et l’avenir de la France, mais ce serait un gage de sa bonne foi et de sa volonté d’ouvrir une nouvelle période », a précisé Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, toujours dans La Tribune Dimanche.

    Pour le Premier ministre démissionnaire remissionné, « il y aura un moment de vérité. » Reste à savoir laquelle…

  • Top départ pour le congrès de l’Union départementale CGT

    En pleine crise politique et après un début de mouvement social intersyndical avec plusieurs journées d’actions en septembre, les militants de l’UD CGT 13 vont plancher, pendant trois jours, sur l’avenir de l’organisation, à partir de ce lundi à la Halle de Martigues. « Plus de 600 délégués sont attendus. Ils viennent d’Unions locales de tout le département et de tous les secteurs », campe Jessica Jadé, secrétaire de l’organisation.

    Votes sur l’activité financière, établissement des instances décisionnaires avec l’élection du bureau et du secrétariat de l’organisation, discussion générale et retour sur les luttes menées ces dernières années… Le programme allie sujets techniques et débats de fond. Pour rappel, le dernier congrès de l’organisation, en 2022, avait abouti à la réélection d’Olivier Mateu comme secrétaire général. Avant que ce dernier ne soit candidat à la tête de la confédération lors du congrès de 2023, sur fond de vives critiques du bilan de Philippe Martinez. Candidature qui n’avait pas fait l’unanimité parmi les militants. Olivier Mateu est en retrait depuis plusieurs mois.

    « Dans cette période de guerre ouverte contre les travailleurs et de volonté de casse totale des conquis sociaux, on a un intérêt, presque une obligation, que l’ensemble des syndiqués et des organisations CGT soient rassemblés et unis pour être efficace et utile aux travailleurs », développe Jessica Jadé. En résumé, ce congrès s’annonce comme un moment de débats intenses et de réflexion sur les « orientations » de l’organisation.

    Sécurité sociale

    et santé au travail

    « On va débattre des enjeux, des réalités de terrain dans la période et de quelle Union départementale on a besoin pour mettre en échec les stratégies patronales dans les entreprises », poursuit la secrétaire. Mais aussi la riposte « aux attaques des gouvernements via des coupes budgétaires ».

    Côté programme, le congrès s’ouvre avec un discours du maire de Martigues, Gaby Charroux (PCF), et plusieurs temps forts sont prévus. Notamment avec l’organisation d’une table ronde autour des 80 ans de la sécurité sociale et un débat sur la santé au travail et les risques industriels. De quoi faire le lien entre politique menée nationalement et conditions de travail dans le département. Et sur fond de poursuite, ou pas, de la démarche départementale initiée par l’organisation depuis plusieurs années déjà.

  • Top départ pour le congrès de l’Union départementale CGT

    Top départ pour le congrès de l’Union départementale CGT

    En pleine crise politique et après un début de mouvement social intersyndical avec plusieurs journées d’actions en septembre, les militants de l’UD CGT 13 vont plancher, pendant trois jours, sur l’avenir de l’organisation, à partir de ce lundi à la Halle de Martigues. « Plus de 600 délégués sont attendus. Ils viennent d’Unions locales de tout le département et de tous les secteurs », campe Jessica Jadé, secrétaire de l’organisation.

    Votes sur l’activité financière, établissement des instances décisionnaires avec l’élection du bureau et du secrétariat de l’organisation, discussion générale et retour sur les luttes menées ces dernières années… Le programme allie sujets techniques et débats de fond. Pour rappel, le dernier congrès de l’organisation, en 2022, avait abouti à la réélection d’Olivier Mateu comme secrétaire général. Avant que ce dernier ne soit candidat à la tête de la confédération lors du congrès de 2023, sur fond de vives critiques du bilan de Philippe Martinez. Candidature qui n’avait pas fait l’unanimité parmi les militants. Olivier Mateu est en retrait depuis plusieurs mois.

    « Dans cette période de guerre ouverte contre les travailleurs et de volonté de casse totale des conquis sociaux, on a un intérêt, presque une obligation, que l’ensemble des syndiqués et des organisations CGT soient rassemblés et unis pour être efficace et utile aux travailleurs », développe Jessica Jadé. En résumé, ce congrès s’annonce comme un moment de débats intenses et de réflexion sur les « orientations » de l’organisation.

    Sécurité sociale

    et santé au travail

    « On va débattre des enjeux, des réalités de terrain dans la période et de quelle Union départementale on a besoin pour mettre en échec les stratégies patronales dans les entreprises », poursuit la secrétaire. Mais aussi la riposte « aux attaques des gouvernements via des coupes budgétaires ».

    Côté programme, le congrès s’ouvre avec un discours du maire de Martigues, Gaby Charroux (PCF), et plusieurs temps forts sont prévus. Notamment avec l’organisation d’une table ronde autour des 80 ans de la sécurité sociale et un débat sur la santé au travail et les risques industriels. De quoi faire le lien entre politique menée nationalement et conditions de travail dans le département. Et sur fond de poursuite, ou pas, de la démarche départementale initiée par l’organisation depuis plusieurs années déjà.

  • La « carte blanche », une impasse

    C’est une nouvelle fois dans la précipitation et dans une vaste pagaille politique que le gouvernement a été nommé, dimanche soir. Un exécutif sans relief, bancal et toujours libéral, piloté par un Premier ministre en sursis.

    En reconduisant Sébastien Lecornu à Matignon, Emmanuel Macron ne cherche pas à résoudre la crise politique, il l’aggrave. Ce choix illustre un refus obstiné d’écouter le peuple.

    Car cette crise est l’héritage direct de la dissolution de 2024. Une manœuvre présidentielle qui a tourné au désastre. Le Nouveau Front populaire (NFP), rassemblant les partis de gauche, est sorti vainqueur de ces législatives, porté par une dynamique forte. Mais, au lieu de respecter ce verdict, Emmanuel Macron a préféré ignorer les urnes, contourner les équilibres parlementaires et imposer un Premier ministre sans majorité. Depuis, règne une instabilité sans précédent.

    Paysage fracturé

    Sébastien Lecornu se retrouve avec une « carte blanche » qui ressemble surtout à une impasse. Il a composé un gouvernement dans un paysage politique fracturé, où les soutiens traditionnels se dérobent et où les oppositions se préparent à censurer. À gauche, la colère est légitime, avec des exigences concrètes : retrait de la réforme des retraites, justice fiscale ou encore un meilleur pouvoir d’achat.

    La semaine qui s’ouvre s’annonce tumultueuse, avec un gouvernement équilibriste déjà proche de chuter, juste en place pour déposer un projet de budget dans les temps.

    Il est temps que la gauche prenne le gouvernail du pays, avec une alternative crédible, sociale, écologique et démocratique. Le peuple a parlé en 2024. Il est urgent que le pouvoir l’écoute, enfin.

  • La « carte blanche », une impasse

    La « carte blanche », une impasse

    C’est une nouvelle fois dans la précipitation et dans une vaste pagaille politique que le gouvernement a été nommé, dimanche soir. Un exécutif sans relief, bancal et toujours libéral, piloté par un Premier ministre en sursis.

    En reconduisant Sébastien Lecornu à Matignon, Emmanuel Macron ne cherche pas à résoudre la crise politique, il l’aggrave. Ce choix illustre un refus obstiné d’écouter le peuple.

    Car cette crise est l’héritage direct de la dissolution de 2024. Une manœuvre présidentielle qui a tourné au désastre. Le Nouveau Front populaire (NFP), rassemblant les partis de gauche, est sorti vainqueur de ces législatives, porté par une dynamique forte. Mais, au lieu de respecter ce verdict, Emmanuel Macron a préféré ignorer les urnes, contourner les équilibres parlementaires et imposer un Premier ministre sans majorité. Depuis, règne une instabilité sans précédent.

    Paysage fracturé

    Sébastien Lecornu se retrouve avec une « carte blanche » qui ressemble surtout à une impasse. Il a composé un gouvernement dans un paysage politique fracturé, où les soutiens traditionnels se dérobent et où les oppositions se préparent à censurer. À gauche, la colère est légitime, avec des exigences concrètes : retrait de la réforme des retraites, justice fiscale ou encore un meilleur pouvoir d’achat.

    La semaine qui s’ouvre s’annonce tumultueuse, avec un gouvernement équilibriste déjà proche de chuter, juste en place pour déposer un projet de budget dans les temps.

    Il est temps que la gauche prenne le gouvernail du pays, avec une alternative crédible, sociale, écologique et démocratique. Le peuple a parlé en 2024. Il est urgent que le pouvoir l’écoute, enfin.

  • Le PCF censurera Lecornu et se prépare à la dissolution

    Le PCF censurera Lecornu et se prépare à la dissolution

    Pour les communistes, la censure est une évidence après la reconduite de Sébastien Lecornu à Matignon en dépit de son échec et de celui de ses prédécesseurs. « Nous censurerons, nous appelons à retourner aux urnes », a indiqué Fabien Roussel, secrétaire national, en ouverture du conseil national du PCF, qui se tenait à Paris, ce samedi. Pour le dirigeant communiste, il faut prendre la mesure du « dégoût de la politique », provoqué par l’attitude du président de la République, dont une majorité de Français souhaite le départ.

    Les communistes ne doutent pas qu’une dissolution interviendra rapidement, peut-être d’ici vendredi prochain, car si le chef de l’État et son Premier ministre veulent à tout prix présenter le projet de budget ce lundi, c’est pour permettre à un texte d’austérité d’être lancé dans les délais constitutionnels et de servir de base de discussion, quelle que soit la suite des événements.

    Périmètre du rassemblement

    Au regard de la dislocation du socle commun et de l’inflexibilité présidentielle, la direction communiste table sur l’hypothèse de l’adoption d’une motion de censure dans la semaine suivie d’une dissolution. Dans cette optique, Fabien Roussel liste trois objectifs : « empêcher l’extrême droite de l’emporter, faire gagner la gauche et renforcer le PCF partout en France comme à l’Assemblée nationale ».

    Dans la discussion, la question du périmètre du rassemblement a été posée, certains intervenants souhaitant renouer avec le périmètre du Nouveau front populaire, d’autres rappelant qu’il n’avait pas permis d’être majoritaires et que le PCF ne s’était vu attribuer qu’une cinquantaine de circonscriptions. Des limites qui avaient été pointées lors d’une conférence nationale du PCF après les dernières législatives.

    Stéphane Peu, président communiste du groupe GDR a indiqué : « le groupe m’a donné explicitement mandat : aller partout où se discutent les conditions d’une alternative progressiste sans se substituer à la responsabilité exclusive du parti qui est de négocier un accord électoral. » Son homologue du Sénat, Cécile Cukierman, a fait part de son scepticisme sur un accord « à quatre, car dans les quatre, il y en a deux qui n’en veulent pas : le PS et la FI ».

    Dans une résolution adoptée par 86 voix pour, 12 contre et 7 abstentions, les communistes lancent « un appel aux travailleurs et travailleuses, aux forces syndicales et associatives du pays et à toutes les forces de gauche, à débattre des propositions de rupture que nous portons, à s’unir pour obtenir le changement de politique tant attendu et pour battre la droite et l’extrême droite. » Le texte souligne aussi l’importance des municipales « pour protéger les habitants et développer les services publics locaux ».