Category: societe

  • Le jardin du Mail à Marseille débarrassé des déchets et seringues

    Le jardin du Mail à Marseille débarrassé des déchets et seringues

    Le parc mitoyen du collège Édouard-Manet est redevenu un jardin praticable dans le 14e arrondissement. Dans notre édition du 16 septembre, des riverains avaient alerté sur son insalubrité, notamment en raison de présence d’un nombre impressionnant de seringues qui jonchaient toutes ses pelouses.

    « Dès le lendemain, à 6h du matin, nos équipes et les agents d’une société spécialisée dans le ramassage de produits liés aux stupéfiants sont intervenus pour débarrasser les déchets divers entassés dans ce jardin », a immédiatement réagi Hedi Ramdane, adjoint au maire délégué à la propreté de la ville, qui s’est donné pour « priorité d’être présent partout où c’est nécessaire ». L’élu reconnaît volontiers que la tâche était ardue au regard du nombre de déchets. « Les agents y ont passé la journée entière, mais les habitants doivent retrouver un cadre de vie décent », considère Hedi Ramdane.

    Si la réaction a été immédiate, il regrette cependant qu’il n’y ait pas eu de signalement au préalable. « Parfois, les gens ne nous alertent pas. C’est le cas sur ce jardin. Trop longtemps, les Marseillais ont trop souffert de ce type de situation sans que rien ne se passe car entre Métropole, Ville ou mairie de secteur, chacun se renvoyait la balle sur la question des responsabilités. » C’est pourquoi l’élu, également conseiller métropolitain, s’est engagé lorsqu’il a pris sa délégation « à trouver une solution à chaque problème, où qu’il se situe, conformément à la volonté du maire ».

    Déplorant également « un manque de moyens de contrôle en raison d’un budget contraint », une adresse mail dédiée a été mise en place pour plus d’efficacité : propreté@marseille.fr.

  • Un avant-goût de la Foire internationale sur le Vieux-Port

    Un avant-goût de la Foire internationale sur le Vieux-Port

    De 10h à 18h, le Vieux-Port sera inondé par la culture du bassin méditerranéen. Pour la deuxième fois consécutive, la Foire a décidé de sortir des murs du Parc Chanot pour présenter en avant-première la thématique de cette édition 2026. Une initiative importante pour Hélène Caico, responsable communication de l’événement : « On veut monter en puissance, venir au contact des Marseillais et donner des éléments précis pour montrer dans quel sens va se tourner l’édition. Je pense que les gens sont attachés à cet événement, ils sont contents de voir la Foire chaque année. »

    Ce village va vous faire naviguer à travers la culture locale. Un jardin méditerranéen, offrant une pause sieste à l’ombre entouré d’oliviers et de citronniers, le tout accompagné d’une bande-son immersive, du chant des cigales au souffle du vent dans les pins avec le port d’un casque.

    Exposition

    Les papilles gustatives seront aussi sollicitées avec un bar à citronnade et des dégustations d’huiles et d’épices locales. De plus, la mer bordant la cité phocéenne fera l’objet d’une exposition photo « Spots secrets de Méditerranée » constituant un ensemble de clichés avec des angles surprenants et inédits. Tout au long de la journée, différents goodies seront distribués et, pour les plus chanceux, des places offertes pour la Foire internationale qui se déroulera du 25 septembre au 5 octobre.

  • Incendies : le débroussaillement dans la ligne de mire de l’État

    Incendies : le débroussaillement dans la ligne de mire de l’État

    Après un été hors-norme, lors duquel près de 100 000 ha d’espaces naturels et de forêts sont partis en fumée, le gouvernement veut mettre l’accent sur la prévention face aux incendies. Ce vendredi 18 septembre, le ministre de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, a arpenté le plateau pédagogique dédié à la sensibilisation des publics aux Obligations légales de débroussaillement (OLD), dont le sentier ponctué de panneaux explicatifs et d’ateliers slalome dans la forêt de pins située au-dessus du centre de formation départemental des pompiers 13.

    « Neuf habitations sur dix qui ont été détruites cet été l’ont été parce qu’elles n’étaient pas ou peu débroussaillées », affirme-t-il. Ces manquements sont surtout « l’une des causes de propagation des feux ». Le responsable du service DFCI des Bouches-du-Rhône de l’Office national des forêts (ONF), Laurent Vélasco, est sans appel : « L’effort à faire sur les OLD est devant nous. Le respect de cette mesure de prévention est déjà insuffisant pour le risque actuel, donc d’autant plus pour les risques à venir. »

    De la cohérence

    et du cas par cas

    Les OLD, dont les conditions précises sont fixées par arrêté préfectoral, visent à limiter la masse combustible des incendies en créant une ceinture de sécurité aux abords des constructions, chantiers et installations de toute nature. Elles sont à réaliser par les propriétaires de terrains situés à moins de 200 mètres des bois et forêts sur une profondeur minimale de 50 mètres à partir de l’habitation, et peuvent donc s’étendre à une parcelle voisine.

    Mathieu Lefèvre reconnaît la technicité des obligations, avec des « arrêtés parfois difficiles à lire » et des « freins » qui peuvent être d’ordre financier ou « psychologique ». « C’est à tous ces enjeux que la mission parlementaire doit être capable de répondre », poursuit-il. Lancée le 12 août par le Premier ministre Sébastien Lecornu, ses conclusions doivent être rendues le 21 septembre. Les sept parlementaires « commencent à formuler des propositions, le contrôleur général a été reçu », précise le ministre. « On est là sur une politique publique qu’on doit regarder dans le détail, qui ne doit pas se faire de façon planifiée verticale depuis Paris, mais massif par massif, forêt par forêt. »

    Le directeur du Sdis 13, Jean-Luc Beccari, prévient : « On pense qu’on a un dispositif assez complet et cohérent, mais il faut continuer à l’animer, à le financer. Il y a des enjeux forts en matière d’OLD, de DFCI, d’aménagement du territoire ». Et d’appeler à plus de cohérence entre les enjeux environnementaux, de biodiversité et de prévention incendie. « On sent qu’il y a un travail interministériel un peu plus poussé à mener. »

  • Ils s’élèvent contre l’offensive anti-LGBT+ en Turquie

    Ils s’élèvent contre l’offensive anti-LGBT+ en Turquie

    Maazallah, célèbre chanson de l’artiste turque transgenre Bülent Ersoy, a porté un message de résistance, vendredi, au pied du consulat général de Turquie (8e). Derrière l’enceinte stéréo qui diffusait sa musique, orientée vers les policiers venus protéger l’institution, se tenaient une centaine de personnes, rassemblées pour dire toute leur solidarité avec la communauté LGBT+ turque, depuis dimanche dernier sous le coup d’une violente répression de la part du gouvernement de Recep Tayyip Erdogan.

    « Ce sont des attaques contre les droits. Elles piétinent les libertés et détruisent l’autonomie, s’est indigné un représentant du Centre LGBT+ Marseille. Les termes utilisés par le gouvernement turc sont vagues et empreints d’une morale étroite. Ils reflètent une idéologie que nous refusons. » En effet, si depuis plus d’une décennie, la parole publique turque prend pour cible les personnes LGBT+, son président les qualifiant de « pervers » responsables du déclin de la natalité, l’État a franchi, dimanche, une nouvelle étape dans sa politique répressive. Tôt le matin, des unités des forces de l’ordre ont procédé à de nombreuses perquisitions et arrestations dans les bars et domiciles des personnes défendant les droits LGBT+, à Ankara, Istanbul et dans une dizaine de provinces du pays. Des dizaines de personnes ont alors été arrêtées pour « obscénité », « aide à la prostitution » ou « liens financiers avec l’étranger ».

    L’opération, intitulée non sans ironie « Ma famille en sécurité », est présentée comme relevant de la « décennie de la population et de la famille 2026-2035 », lancée par le président en mai dernier. Elle s’est poursuivie mardi, avec l’interpellation de 91 personnes lors d’une manifestation.

    « Nous avons porté avec fierté [la nationalité turque], nous [avons été] fiers d’un pays à majorité musulmane où nous pouvions voir la démocratie, la liberté et la diversité avancer (…). Aujourd’hui, cette même nationalité est devenue une source de honte et de peur, s’est ému l’un des participants, reprenant les mots d’une lettre écrite par un ami turc. (…) C’est une honte de voir notre propre pays se détruire et de ne plus pouvoir parler avec fierté des avancées que la Turquie avait connues. » Et d’ajouter : « Nous ne sommes pas le problème. La haine est le problème. »

    Pour l’heure, l’homosexualité n’est pas réprimée pénalement en Turquie. Selon l’Observatoire des inégalités, elle l’est dans 64 pays. Elle est passible de peine de mort dans 12 d’entre eux.

  • Dominique Simonnot loue le rôle des juges

    Dominique Simonnot loue le rôle des juges

    Le président Thierry Trottier a dressé, vendredi, un bilan d’activité spectaculaire du tribunal administratif de Marseille. En trois ans, le nombre de recours a doublé, passant de 12 000 à 21 500 requêtes pour 45 magistrats, 53 agents et 11 aides à la décision.

    « C’est un tribunal harassé que vous avez devant vous », a-t-il lancé. Plus de 20% des référés de toute l’année ont été enregistrés et traités en juillet et août. « Le dévouement, le travail de week-end ou la réduction des vacances ne sont pas extensibles à l’infini. Nous avons atteint nos limites », alerte le chef de juridiction, qui réclame des « effectifs conséquents » et salue « la mobilisation extraordinaire du personnel ».

    Ainsi, à Marseille, les référés ont « littéralement explosé » en contentieux des étrangers, avec 368% d’augmentation ! « Rien que cette semaine, nous avons enregistré 200 requêtes en référés étrangers. » En cause, le dysfonctionnement de la plateforme ANEF, la simplicité à saisir le juge avec des recours sans avocat et rédigés avec l’IA, mais surtout, lance le président en s’adressant au préfet, « le fonctionnement du service des étrangers de votre préfecture » car « ces recours émanent d’étrangers auxquels il n’est pas répondu dans les délais et surtout à qui on ne délivre pas de récépissé ou d’attestation de prolongation d’instruction de leur demande. Des personnes qui parfois perdent leur travail, leur stage ou leurs droits sociaux ».

    Thierry Trottier a aussi déploré une baisse de 35% des médiations, pointant là encore l’état avec « des refus croissants des administrations d’entrer en médiation ». « Je le regrette d’autant plus que nous avons parfois signé des conventions nous engageant mutuellement à favoriser ce mode de règlement des litiges. »

    « Des constats,

    pas des allégations »

    La rapporteure publique, Audrey Houvet, a ensuite évoqué des décisions touchant le centre de rétention du Canet, des commissariats de police et des établissements pénitentiaires, afin « d’assurer le respect en toutes circonstances des personnes privées de liberté, de leur dignité et en premier lieu de leurs besoins primaires, la soif, la faim, l’hygiène et la sécurité ».

    Invitée d’honneur de cette audience solennelle, Dominique Simonnot, la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté depuis 2020 : « Vous avez rendu des décisions d’une énorme importance, pas seulement pour les détenus. Je me souviens d’un jeune autiste qui était retenu en soins sans consentement alors qu’il avait été normalement admis dans une maison spécialisée, mais faute de place, il végétait totalement dans un service de psychiatrie ».

    Alors que son mandat s’achève en octobre, Dominique Simonnot a dit le « bonheur » ressenti à des décisions des juridictions administratives après ses recommandations en urgence, sur l’infirmerie psychiatrique, de la préfecture de police de Paris et le quartier de lutte contre la criminalité organisée de Condé-sur-Sarthe. « En tant qu’autorité administrative indépendante, nos recommandations se fondent sur des constats, pas des allégations. Dans les dernières semaines qui me restent, j’essaierai de peser, de dire qu’il faut plus de magistrats administratifs, plus de moyens », a-t-elle conclu.

  • Vingt ans d’actions face aux troubles psychiques

    Vingt ans d’actions face aux troubles psychiques

    C’est dans une ambiance faite de fraternité, de convivialité et de bienveillance que deux structures marseillaises d’Espoir-Provence, le Service d’accompagnement à la vie sociale (SAVS) et le Groupe d’entraide mutuelle (GEM), ont fêté leurs 20 ans, dans les locaux rénovés et agrandis du 26 rue Bérard, dans le 5e arrondissement de Marseille. Élus, salariés, bénévoles, adhérents et personnes accompagnées, soit plus de 150 participants, étaient au rendez-vous de ce bel évènement convivial. L’occasion de multiplier les prises de parole et les échanges autour de l’impérieuse nécessité d’améliorer l’inclusion, de changer les regards pour une citoyenneté pleine et entière pour tous et toutes.

    Martine Yobé, présidente, et Olivier Fantino, directeur de la structure, ont rappelé les valeurs que défend Espoir Provence depuis sa création. Née en 1982 sur l’initiative de l’Unafam, un acteur majeur dans le domaine de la santé mentale, « Espoir Provence est à l’origine une association de familles qui repose sur la participation active de ses bénévoles », rappellent ses responsables. Son but est « de mettre en œuvre tous les moyens susceptibles d’améliorer l’état d’adultes sujets à des troubles psychiques ». Aussi « l’entraide » et la « solidarité » restent les mots d’ordre de l’action de l’association en faveur des personnes atteintes de troubles psychiques.

    Espoir Provence gère actuellement cinq structures dans les Bouches-du-Rhône : un foyer de vie, un Groupe d’entraide mutuelle et Service d’accompagnement à Aix-en-Provence et un Groupe d’entraide mutuelle et un Service d’accompagnement à Marseille. Jean-Marc Perrin, vice-président du conseil départemental des Bouches-du-Rhône, était présent lors de cet anniversaire, ainsi que Zayad Amad, qui représentait la mairie des 4-5.

  • Le chantier patrimonial du collège Defferre s’achève

    Le chantier patrimonial du collège Defferre s’achève

    La perspective des Journées du patrimoine a été l’occasion pour le conseil départemental de présenter « un magnifique chantier », pour reprendre les mots de sa présidente (DVD). Celui du « seul collège en France installé dans une ancienne caserne militaire, un monument historique revalorisé à destination des enfants », appuie Martine Vassal, satisfaite de présenter « le plus ambitieux » projet de son plan Charlemagne.

    Dix ans de gestation, trente mois de travaux

    Initié en 2017, doté d’un budget de 40 millions d’euros (26 millions de travaux) dont 2,5 millions de Fonds européens, ce collège va être livré après trente mois de chantier. Construite en 1862 au pied du fort Saint-Nicolas, la caserne d’Aurelle de Paladine, tourne une page de son histoire. Début 2027, les élèves du vieux collège Gaston-Defferre vont y prendre leurs quartiers.

    Le nouvel établissement (18 à 24 classes sur trois étages) pourra accueillir 720 élèves sur plus de 12 000 m2, pour moitié sur l’ancienne caserne, entièrement optimisés pour les scolaires. Il sera équipé d’un gymnase, d’une salle polyvalente, d’un jardin pédagogique, d’une cantine de 600 places, d’un plateau sportif et de logements de fonction.

    Les travaux ont mobilisé une cinquantaine d’entreprises locales et jusqu’à 100 personnes sur un chantier qui a participé à faire « développer un savoir-faire de menuiserie et de taille de pierre devenu assez rare », notent les services du Département. Même le chantier d’insertion du Fort Saint-Nicolas a été mis à contribution sur le portail d’entrée.

    Sous les futurs collégiens se trouve l’ancien centre de transmission de la caserne, formé d’un impressionnant labyrinthe de couloirs. Les travaux ont d’ailleurs livré quelques surprises. Si le diagnostic archéologique de l’Inrap n’a mis au jour que « quelques assiettes », des galeries et des écuries ont été découvertes, nécessitant la création d’un dossier Drac.

    « Dans le bâtiment, on a retrouvé d’énormes citernes servant de réserve d’eau », note Alkis Voskarides, directeur de l’architecture et de la construction au Département. « On a fait réaliser des sondages parce que tout n’était pas représenté, mais ils étaient passés à côté », détaille, Romain Bajolle, un des architectes du projet confié aux agences Leteissier Corriol (mandataire) et Bajolle & Gianni (associé). « On les a trouvés en forant pour un ascenseur. Si on l’avait su au premier jour, on aurait essayé de les valoriser. On a donc juste aménagé un accès. »

    Car si la caserne n’est pas classée aux monuments historiques, sa situation, au pied du Fort d’Entrecasteaux et à deux pas de l’abbaye de Saint-Victor, a nécessité le respect des règles entourant un site « remarquable ». Les échanges avec les bâtiments de France ont été continus. 385 maquettes ont ainsi été réalisées, surtout sur les éléments de façade, dont les cheminées restituées dans leur état d’origine pour devenir conduits d’aération, où ces épontilles replacées sur la toiture. La cour centrale où un immense préfabriqué a été retiré, conservera la vocation de place d’armes de l’établissement militaire. Elle sera entourée de seize arbres.

    Autre enjeu, la préservation des perspectives visuelles sur le Fort. Le gymnase posé en fond de cours a été enterré quatre mètres sous le sol pour préserver la vue depuis l’entrée principale, et un toit végétalisé se fondant avec les roches du Fort a été imaginé. Sa construction de type « ouvrage d’art en poutre postcontrainte », une structure de génie civil utilisée pour les viaducs, lui confère une hauteur de sept mètres ayant même permis d’installer un mur d’escalade.

  • [Journées européennes du patrimoine] À Château-Ville-Vieille, le fort Queyras reçoit 500 000 euros

    [Journées européennes du patrimoine] À Château-Ville-Vieille, le fort Queyras reçoit 500 000 euros

    Le fort Queyras fait partie de l’Histoire, et est un site emblématique des Hautes-Alpes », dit fièrement Anne-Laure Veyne, qui a racheté le monument avec Nicolas Chabrand fin 2023. Dans le cadre du Loto du patrimoine, partenariat entre la Française des jeux et la Mission pour le patrimoine portée par Stéphane Bern, le fort a été retenu comme site emblématique 2026 pour la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Il bénéficie d’une dotation de 500 000 euros pour mener à bien les travaux de restauration prévus par les propriétaires. À l’occasion des Journées européennes du patrimoine 2026, un chèque symbolique de soutien leur a été remis ce vendredi, devant des représentants des différents partenaires privés et publics et d’élus locaux.

    Huit siècles d’histoire

    Perché à 1 390 mètres d’altitude, le monument de Château-Ville-Vieille a subi de nombreuses dégradations ces dernières décennies, dues principalement aux conditions climatiques. « Quelques mois seulement après avoir acquis le fort, le rempart ouest s’écroulait à la suite d’épisodes pluvieux : le fort était en danger », se souvient l’entrepreneur Nicolas Chabrand. Pour « transmettre et permettre aux visiteurs de rencontrer huit siècles d’histoire », le couple a entamé de grands travaux de rénovation, qu’ils espèrent voir arriver à terme en 2028. Au programme : réparation de remparts, de la toiture, menuiserie, accordage en eau et électricité… L’ancienne poudrière deviendra un espace consacré à des projections vidéo, un gîte sera aménagé au-dessus de la boulangerie du XVIe siècle et la place de l’artillerie pourra accueillir des concerts. De quoi faire profiter les 20 000 visiteurs annuels du lieu !

    Fondé au XIIIe siècle, le fort Queyras est un véritable témoin de l’histoire du territoire. À l’origine un château médiéval, il devient un lieu stratégique du Dauphiné avant d’être rattaché au royaume de France en 1349 et de connaître différents épisodes militaires jusqu’à la seconde guerre mondiale. Le fort est finalement démilitarisé en 1944 et à présent inscrit aux monuments historiques. Les propriétaires ont fait une demande de classement historique, qu’ils espèrent voir aboutir prochainement.

  • [Journées européennes du patrimoine] À Aix, les archives dévoilent le régime de Vichy

    [Journées européennes du patrimoine] À Aix, les archives dévoilent le régime de Vichy

    Traces indélébiles des rouages du régime de Vichy, elles étaient depuis quatre-vingts ans conservées dans le grenier d’une famille anonyme. Dans la salle des dessins du Camp des Milles, disposés sur une table drapée de noir, trois documents, tous issus de l’année 1941, revoient le jour. Ils seront dévoilés au public à l’occasion des Journées du patrimoine, dans l’auditorium du site. D’abord, un carnet de dessin ayant appartenu à Franz Meyer, artiste allemand qui, après avoir fui le régime nazi, sera interné, sous le régime de Vichy, dans cette ancienne tuilerie devenue camp d’internement français. Camp où furent notamment détenus des réfugiés allemands et autrichiens, puis des juifs avant leur déportation vers les camps de la mort.

    Les « rouages »

    d’une bureaucratie

    Juste à côté du carnet à la couverture noire, le rapport original rédigé par André Jean-Faure, haut fonctionnaire et préfet français, nommé en 1941 par le régime de Vichy comme inspecteur général des camps d’internement. En octobre de cette année, missionné sur le Camp des Milles, il y détaille l’organisation des lieux, des prétendues activités aux repas décrits comme copieux, de l’organisation matérielle des lieux, des chambres et des sanitaires. Un monument de mensonges éhontés.

    Il s’agit d’un outil de communication politique et de propagande, façonné par, et pour le régime de Vichy, alors qu’interrogations et colères émanent dans la population, dans cette zone de France non occupée. Mais aussi un outil de compréhension, pour les scientifiques, de celui-ci. « Il y a l’idée de produire des rapports pour montrer que le régime de Vichy est irréprochable, et que les camps sont bien organisés. Les conditions d’internement des camps au temps de Vichy sont extrêmement déplorables, on sait que les internés étaient entassés, n’avaient pas de lit, qu’ils étaient 3 500 en même temps dans le camp… », rappelle Lena Casiez, responsable du pôle éducation et culture. Si le rapport était, avant sa découverte, accessible en version numérique, des détails jamais connus ont été découverts par les équipes du Camp des Milles. À l’instar d’un schéma – toujours faussé – du camp, fruit d’une mise en scène le jour de la visite, ou d’une fable totale. Exposé à côté de cet épais rapport, un second, rédigé en 1942 sous la main de Jean-Faure, un an après sa première visite. Déjà, les déportations ont eu lieu, qualifiée de « départs » et de « transferts ». Preuve, d’une des méthodes de « déshumanisation » des juifs, explique Nicolas Sadoul, directeur de la Fondation du Camp des Milles. Enfin, un carnet de dessins offert par les hébergés du Camp à l’inspecteur du Camp des Milles et dans lequel les traits de Meyer sont identifiables. Autour de cette archive, les hypothèses planent : une commande imposée par le directeur du Camp, une traduction de l’humour développé par les artistes pour dénoncer leurs conditions d’internement ? Pour Léna Casiez, le document témoigne des « zones grises » qui planent autour de cette période. « Chaque action est à analyser, c’est une manière de parler de l’être humain (…) c’est très complexe mais aussi très intéressant d’un point de vue pédagogique », appuie cette dernière. Conservées de façon « extraordinaire », ces archives ont passé un an dans les laboratoires du Camp des Milles, examinés par divers historiens, archéologues, spécialistes de la documentation pour être authentifiés. « Cela nous montre aussi les rouages d’une bureaucratie, de manière précise, qui va essayer quoi qu’il en coûte de démontrer que les décisions indignes qui ont été prises, sont des décisions quasi-humanitaires », analyse Nicolas Sadoul. Des archives qui prennent une résonance particulière à l’heure où certains discours cherchent à réécrire des faits historiques.

    Les archives seront présentées à 11h30 et 16h les samedi 19 et dimanche 20 septembre. Réservations obligatoires.

    « Des rapports destinés
    à montrer que le régime est irréprochable »

  • [Journées européennes du patrimoine] À Marseille, une visite de la Citadelle réinventée et valorisée

    [Journées européennes du patrimoine] À Marseille, une visite de la Citadelle réinventée et valorisée

    Et si la journée démarrait dans un transat face au lever du soleil ? C’est la promesse que fait la Citadelle de Marseille en donnant un rendez-vous avec vue dès 7h samedi matin, pour lancer ses journées du patrimoine. « C’est gratuit, on vous offre même le café ! Mais il ne faut pas oublier de s’inscrire sur notre site, le nombre de places est limité », invite Mathilde Rubinstein la directrice déléguée du lieu. Bien plus qu’un café, c’est un moment un peu hors du temps qui est proposé, avec des chances d’observer les nombreux oiseaux qui s’éveillent eux aussi sur le site.

    Pour le grand public plus tardif, c’est de 10h et jusqu’à 18h durant deux jours que ce lieu, très longtemps en mode défensif, ouvre grand ses grilles aux visiteurs qui auront la forme pour monter le long escalier qui mène au site. Une fois à l’intérieur, la grimpette continue, des chaussures confortables sont recommandées. La vue sur la mer se mérite. Construit en 1660 à l’entrée du Vieux-Port par Louis XIV, comme fort pour surveiller les Marseillais et leur esprit de rébellion, labellisé monument historique en 1969, il est devenu depuis deux ans, un tiers-lieu patrimonial de créations et d’innovations. Les trois associations qui occupent le site accueillent régulièrement des artistes en résidence et les partenaires des structures, dont Acta Vista, acteur majeur de l’inclusion par le patrimoine.

    Un large programme

    Visites, démonstration de métiers, lutte et escrime médiévale ou encore trois expositions orientées vers le patrimoine du fort Saint-Nicolas sont au programme. Les visites gratuites spécialement conçues pour ces journées, permettront d’explorer au mieux la Citadelle. Découverte, faune et flore, Matrimoine, balade sonore, métiers du bâti ancien, proposées par les équipes in situ, l’association Vauban et les architectes du patrimoine sont sur réservation via le site internet. Des « visites flash » sont libres et assurées par les salariés des trois associations. Rencontres, activités jeune public, stand patrimoine naturel et bien sûr, la Guinguette attendent le public.