Category: societe

  • Les deux maternités de Sète vont fusionner

    Les deux maternités de Sète vont fusionner

    En 2023, un rapport national rédigé par le professeur Yves Ville, de l’hôpital Necker à Paris, préconisait de réduire de 20% le nombre de maternités en France, visant notamment les structures avec une activité de moins de 1 000 naissances par an. L’épée de Damoclès qui menaçait déjà la maternité de la polyclinique Sainte-Thérèse et celle de l’hôpital Saint-Clair à Sète depuis 2023 vient de tomber. Au 1er juillet 2026, les deux plateaux techniques devraient fusionner et tous les accouchements auront lieu au sein de la structure hospitalière.

    « Une situation catastrophique » selon FO

    D’après l’ARS Occitanie, ce « rapprochement » est dû à la baisse des naissances ces dernières années sur l’Île singulière. Fin 2025, 470 et 414 naissances avaient été comptabilisées respectivement dans chaque établissement. Un chiffre qui n’est pourtant jamais passé sous la barre des 300 par an et par maternité, seuil sous lequel le code de la santé publique prévoit une fermeture.

    L’autre raison majeure de cette fusion est, bien sûr, budgétaire. Pour Sébastien Mazel, le secrétaire régional et départemental santé de Force ouvrière, « c’est une situation catastrophique qui traduit la politique économique nationale ». Il établit un lien entre la diminution de la natalité à Sète et une baisse d’activité dans les maternités et donc de bénéfices. « Mais ce raisonnement me gêne. On tente de faire de la rentabilité et de la gestion financière sur de l’humain. »

    Le syndicaliste s’inquiète pour une patientèle qu’il estime « lésée ». « Je n’ai rien contre l’hôpital public mais je pense que le citoyen devrait avoir le choix d’une institution ou d’une autre pour préparer une naissance. »

    La CGT optimiste

    Autre son de cloche du côté de Véronique Mauroy, la secrétaire générale de la CGT des hôpitaux du Bassin de Thau. « On ne voit pas ce rapprochement d’un mauvais œil. Actuellement, rien qu’avec le personnel de la maternité de l’hôpital, on est en capacité d’absorber 800 naissances par an [soit plus de 90% des naissances des deux établissements cumulés, Ndlr.]. Alors ce ne sera que mieux si du personnel arrive du privé. » D’après la secrétaire générale, la direction de l’hôpital serait en discussion avec les salariés de la polyclinique pour les replacer.

    « Une aubaine pour l’hôpital »

    « En plus, la maternité a été récemment rénovée, ce qui garantit de très bonnes conditions d’accueil pour les mamans et leur bébé », rassure Véronique Mauroy. Elle voit même cette arrivée de nouvelles naissances comme « une aubaine pour l’hôpital ». « L’établissement avait prévu des travaux dans quelques années pour rapprocher le bloc obstétrical du bloc opératoire. Avec ces nouvelles entrées, les financements seront certainement disponibles cette année. »

    L’ARS Occitanie se veut elle aussi rassurante et garantit des conditions d’accueil exemplaires à la maternité de l’hôpital Saint-Clair. Le service est équipé d’un plateau technique complet comprenant une salle de césarienne au bloc opératoire, trois salles de naissance, une salle physiologique et le matériel nécessaire à l’accueil des bébés prématurés.

  • Narcotrafic, logement et agriculture au menu du préfet de Vaucluse

    Narcotrafic, logement et agriculture au menu du préfet de Vaucluse

    Malgré un « horizon un peu bouché », le préfet de Vaucluse, Thierry Suquet, n’a, lors de ses vœux aux personnalités du département ce mardi 13 janvier en début de soirée, pas manqué d’évoquer les nombreux projets lancés sur le territoire.

    Lors de son discours, après avoir rapidement évoqué les réussites de 2025 comme le Festival d’Avignon, le passage du Tour de France ou encore l’arrivée des nouveaux avions de chasse Rafale à la base aérienne d’Orange, il a notamment appuyé sur la lutte contre le narcotrafic comme première « priorité de l’État pour 2026 ».

    « Je suis sensible au fait que ce n’est pas seulement un problème de sécurité, c’est vraiment un problème de société », a-t-il ainsi lancé. Évoquant que la problématique a été évoquée lors des vœux des maires auxquels il a assisté ces dernières semaines, il estime que « c’est une bonne chose que cette prise de conscience se fasse sur l’ensemble du territoire ». Et assure que l’État a notamment « investi de façon importante dans les outils juridiques » à sa disposition, citant comme « exemple concret » les fermetures « d’un certain nombre d’établissements qui perturbent la vie quotidienne ».

    « La ville sur la ville »

    « Mais la sécurité n’est pas notre seule priorité », embraye-t-il immédiatement, affirmant que « sur le plan agricole, écologique et économique, l’État pense qu’il doit se rendre en soutien à une transition adaptée aux réalités locales ». Il souhaite ainsi continuer à « soutenir le développement d’une agriculture nourricière », sans évoquer que les syndicats d’agriculteurs enchaînent les mobilisations devant la préfecture ces dernières semaines. Un maintien de l’agriculture qui « passe aussi par la préservation des terres agricoles ». À concilier donc également avec « l’enjeu logement » et le travail avec les communes sur « la réhabilitation, l’acquisition, l’amélioration et la reconstruction de la ville sur la ville ».

    Il s’est aussi exprimé sur l’hôpital d’Apt, assurant être attentif à la promesse de l’ARS d’injecter 10 millions d’euros pour moderniser le site, qui vient de perdre son service de chirurgie. En fin de propos, il évoque finalement la volonté de décentralisation du Premier ministre Lecornu comme une « opportunité à saisir collectivement » et estime « qu’il faut être exigeant avec l’État dans ce domaine ».

  • Succès pour la déchetterie éphémère en centre-ville d’Avignon

    Succès pour la déchetterie éphémère en centre-ville d’Avignon

    « Il faut absolument le refaire, c’est une super idée », lance une dame croisant les équipes de ramassage des déchets du Grand Avignon, ce mercredi 14 janvier, alors qu’une déchèterie éphémère a été mise en place par l’intercommunalité et la Ville d’Avignon sur la place Pie.

    « On a fait cette action pour répondre à un vrai besoin. Et cela évite les dépôts autour des points de collecte. Pas tout le monde ne peut se rendre en voiture en déchèterie », explique Laurence Lefevre, adjointe au maire d’Avignon déléguée à la qualité de vie. Ainsi, de 8 heures à 14 heures, chacun était libre de déposer les encombrants au personnel présent sur place. Ceux-ci ont ainsi pu trier les objets par catégorie et même proposer ceux encore en état au don sur place. Pas moins de 150 personnes ont utilisé le service avant midi.

    « Je n’ai pas de moyens de transport et je n’ai pas tout le temps envie de demander à un voisin. Il faut le faire ici, mais aussi en extra-muros », s’exclame Françoise Blanchouin, la septuagénaire et habitante de l’intramuros de la Cité des Papes, qui vient tout juste de déposer un grille-pain et un transistor qui ne fonctionnent plus. « Ce sera aux prochaines équipes de maintenir cela, mais c’est un succès », estime de son côté Régis Vaz, responsable des encombrants au Grand Avignon.

  • [Entretien] Benjamin Jarjaval : « On veut un outil citoyen accessible à tous à Tarascon »

    [Entretien] Benjamin Jarjaval : « On veut un outil citoyen accessible à tous à Tarascon »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir lancé une plateforme citoyenne de participation à Tarascon ?

    Benjamin Jarjaval : C’est un outil citoyen, c’est parti d’un constat. On est un petit collectif d’une quinzaine de personnes, et l’idée, c’était de voir ce qu’on pouvait faire. Il s’agit d’un outil d’ingénierie citoyenne, pour permettre aux gens de parler et de faire des constats sur des choses qui les touchent directement. C’est pour l’habitant qui va être expert de son trottoir, expert de son cadre de vie. Il n’y a pas que ceux qui votent : les jeunes, dès 17 ans, ont besoin d’apporter des précisions sur ce qui leur manque à Tarascon. On veut un outil accessible à tout le monde, de 17 à 97 ans, voire plus.

    Cette plateforme est-elle liée aux municipales ou à un projet politique ?

    B.J. : La plateforme est vraiment apolitique. Le fait qu’elle sorte pendant les municipales peut prêter à confusion, mais la vérité, c’est que le temps de la mettre en place a été long en n’étant pas spécialistes. On ne cherche pas de siège. On a envie que tout le monde participe à cette plateforme, quelle que soit son étiquette, quel que soit son vote. On invite d’ailleurs tous les candidats déclarés à venir participer à la plateforme.

    Quel regard portez-vous sur la situation politique et sociale à Tarascon aujourd’hui, après deux mandats de droite ?

    B.J. : Il y a eu des réussites au niveau des murs, avec la création de la maison multi-accueil qui s’est faite sur Tarascon, le CCAS, une crèche, la rénovation du théâtre… Par contre, la population augmente, et une partie des habitants reste touchée par la précarité : le taux de précarité est proche des 31 voire 33%. Il y a aussi plus de 12,5% de chômage à Tarascon et pas d’agence France Travail. Les habitants sont obligés de se déplacer jusqu’à Arles. Donc, il manque encore des infrastructures pour cette population grandissante. Il y a des actions sociales, mais il y a encore des choses à faire. Ensuite, pour ce qui est de l’offre politique, ma sensibilité est plutôt à gauche et je ne me retrouve pas dans l’offre actuelle à Tarascon. Il n’y a plus de candidat de gauche depuis 2014 : aujourd’hui, ce qui est proposé, c’est la droite ou l’extrême droite. Aux dernières municipales, il y a eu plus de 50% d’abstention , donc je ne crois pas que l’offre politique soit représentative de la population.

  • [Entretien] Yves Métayer : « Notre pays est en sécurité »

    [Entretien] Yves Métayer : « Notre pays est en sécurité »

    Yves Métayer a pris ses fonctions le 1er août à la suite de Thierry Laval. Élève de l’école des officiers de l’Armée de Terre à Saint-Cyr, il a ensuite été affecté en unité opérationnelle à Canjuers mais aussi en Bretagne, en Nouvelle-Calédonie, à la Réunion où il a été commandant des forces armées de la zone sud de l’océan indien. Il a aussi été affecté à l’état-major des Armées durant huit ans au total. Il est marié et père de cinq enfants.

    La Marseillaise : Comment envisagez-vous votre rôle de gouverneur militaire ? Quelle place entendez-vous donner au lien armée-nation ?

    Yves Métayer : La colonne vertébrale du rôle et des missions d’un officier général de zone de défense, ce sont les opérations d’aujourd’hui mais aussi la préparation et l’anticipation de scenarii plus complexes. On a, par ailleurs, des interfaces notamment avec la jeunesse et le monde de l’éducation, plus récemment avec le monde économique également. Les Armées expliquent dans leur quotidien le sens de leur engagement et facilitent ainsi la diffusion de l’esprit de défense.

    Un climat d’inquiétude se développe dans la population qui constate des interventions hors du droit international, des guerres… Notre pays est-il en sécurité ?

    Y.M. : Oui notre pays est en sécurité parce qu’il dispose d’un outil de défense très large qui repose principalement sur la dissuasion nucléaire qui offre une capacité de défense face aux menaces du haut du spectre en toute souveraineté. Notre pays n’est pas seul, il est partie prenante d’alliances, si on devait faire face à des menaces critiques ne serions pas isolés. Il ne faut pas que le regard lucide que l’on pose sur le climat stratégique du moment soit anxiogène. Il faut que cela nous amène à être déterminés et à agir mais surtout pas à avoir peur. Nous avons la chance de vivre en France et en Europe, nous avons des leviers colossaux pour éviter que des cataclysmes n’arrivent.

    Emmanuel Macron vient ce jeudi présenter ses vœux aux Armées à Istres. Pouvez-vous nous éclairer sur ce choix ? En quoi la base d’Istres est-elle stratégique ?

    Y.M. : Le président de la République choisi chaque année un site emblématique de l’armée de Terre, puis de la Marine, puis de l’armée de l’Air. Istres, c’est un site stratégique, c’est un « Roissy militaire », c’est-à-dire que toutes nos capacités de transit-projection sont là avec les MRTT, ces appareils à la fois capables de faire du transports de fret, de passagers et de ravitaillement en vol. C’est un base qui a des fonctions, bien au-delà de la défense aérienne, c’est un hub logistique stratégique absolument fondamental pour les Armées. C’est certainement une des raisons du choix de ce lieu pour les vœux.

    Le chef de l’État a annoncé un nouveau porte-avions. Quelles conséquences pour notre région ?

    Y.M. : Cela a un impact majeur. J’en discute régulièrement avec l’Amiral Christophe Lucas qui est le commandant de la zone maritime Méditerranée et qui témoigne de l’ampleur des adaptations et des projets sur la base navale de Toulon autour des quais et des installations techniques nécessaires à l’accueil de ce porte-avions. Il y a un chantier industriel colossal qui est lancé à Toulon et qui a été très largement anticipé. Il y a une vraie dynamique économique tirée par ce projet.

    Comment participez-vous à la transmission du devoir de mémoire auprès des jeunes générations ?

    Y.M. : Cela fait partie de nos missions. Regarder ce qui s’est passé avant nous, c’est prendre en compte ce que nous ont légué nos anciens, Bien sûr que l’on peut être critique sur notre société mais nous sommes dans un pays où on vit librement, où on dispose de leviers pour s’épanouir. Il faut absolument le préserver. C’est un trésor qui a été attaqué par le passé et défendu également. C’est la fameuse phrase de Churchill, les peuples qui tournent le dos à leur passé sont condamnés à revivre les drames. Quand on pense aux événements fondateurs de La Marseillaise, on se rappelle que notre pays n’a pas toujours été en paix et quand des idéologies totalitaires sont venues prendre le contrôle de la population, heureusement des gens se sont levés, ont résisté. Avec l’aide de pays alliés, on a pu vivre la Libération et revenir aux fondamentaux de notre pays. À la fin des années 80, il y a eu une forme de mirage collectif à penser que c’était la fin de l’histoire. On a été rattrapé par l’état du monde qui est loin d’être apaisé.

    Il y a pourtant une aspiration forte à la paix.

    Y.M. : Le meilleur moyen de protéger ce que nous sommes et d’essayer d’étendre ce projet de paix au-delà de notre sphère, c’est de se donner les moyens d’entraver les démarches totalitaires qui s’affranchissent du droit, de la dignité humaine et cherchent à tout écraser sur leur passage. Les Armées sont en train de pivoter pour se préparer à affronter ces nouvelles menaces, elle ne peuvent pas le faire seules. Ça ne veut pas dire qu’on embarque le pays dans une démarche belliqueuse, guerrière, mais que l’on se donne les moyens de faire face. Nous les militaires qui avons eu l’occasion d’arpenter des terrains d’opération dans le monde avec des sociétés effondrées, des populations en souffrance, on sait que l’unité de la population est un bien majeur. On a la chance de vivre dans un pays libre, on a les moyens du débat démocratique, tous les gens qui sont tentés de fracturer au point d’opposer de façon violente les différentes composantes de la société, ont une responsabilité très grave.

  • À Marseille, l’adjointe au chef du fichier des empreintes volait

    À Marseille, l’adjointe au chef du fichier des empreintes volait

    Le tribunal administratif a annulé, le 24 décembre 2025, la révocation par le ministre de l’Intérieur d’une technicienne en chef de police technique et scientifique, à Marseille, qui volait ses collègues, estimant la sanction disproportionnée.

    La technicienne occupait depuis 2021 le poste d’adjointe au chef de la section du Fichier automatisé des empreintes digitales (FAED) au sein du Service régional de police technique et scientifique, basé à l’Évêché. La fonctionnaire de police avait été interpellée le 12 juin 2023 en flagrant délit de vol de numéraire de son supérieur. L’enquête a mis en évidence au moins 15 vols entre février et juin 2023, pour un montant total de 755 euros. La fonctionnaire était également soupçonnée d’avoir tenté de dérober une enveloppe de participation financière à un repas de cohésion et d’autres vols au sein du service. Dans ses effets personnels, on retrouvait une tablette sécurisée déclarée manquante qu’elle utilisait à des fins personnelles pour se créditer des heures de travail non réalisées.

    L’annulation peut paraître surprenante. En réalité, seuls deux vols de numéraire pour un montant total de 45 euros étaient reconnus, ce qui a valu à l’intéressée d’être condamnée, le 14 novembre 2023, par le tribunal correctionnel, à 4 mois d’emprisonnement avec sursis et 600 euros d’amende. En droit, la révocation ne pouvait se fonder même en partie sur des vols dont la preuve n’était pas rapportée. Si « ces faits présentent un certain degré de gravité eu égard aux fonctions exercées », le tribunal administratif note « que les sommes dérobées s’élèvent néanmoins à un montant très faible de 45 euros et le total des heures de travail indues établi s’élève à 5h36 ». D’où la disproportion retenue par le jugement du 24 décembre 2025, qui conduit à annuler la révocation, ce qui « implique nécessairement » que Leila H. soit réintégrée dans son corps d’emploi à la date de sa révocation et que sa carrière soit reconstituée.

    Alors que le narcotrafic développe ses tentacules pour infiltrer des administrations les plus sensibles, recruter des auxiliaires, des informateurs, des souris aussi pour consulter de manière illicite des fichiers, il est évident qu’un fonctionnaire aux abois financièrement, au sein d’un service sensible, est une proie facile et corruptible. D’autant qu’une commission d’enquête du Sénat a souligné « l’intérêt marqué des narcotrafiquants pour les fichiers et autres informations détenus par les forces de l’ordre ». Son rapport de mai 2024 ajoute même que « le terminal “NEO” des policiers et gendarmes donne ainsi accès à des informations qui n’étaient auparavant pas consultables à distance, voire à des informations auxquelles les effectifs concernés n’avaient pas forcément accès par le passé, augmentant les opportunités de corruption ».

    L’affaire est ancienne, mais d’actualité. En 2000, on découvre qu’un agent du laboratoire interrégional de police scientifique de Marseille (LIPS) a dérobé les cartes bancaires de trois collègues. Pire, il a pioché dans les scellés qu’il avait pour mission de réceptionner et d’enregistrer. Fort de son badge d’accès qui lui ouvre les trois niveaux de ce bastion, on découvre qu’il a sorti un scellé de 235g de cocaïne du TGI de Tarascon et un autre de 15,8g d’héroïne du TGI d’Ajaccio pour les revendre à un dealer de la Castellane.

    L’agent avait planqué, sous son matelas, quatre revolvers et un pistolet automatique, des cartouches, deux chargeurs sortis du laboratoire. Il était même en possession du microfilm d’un dossier de trafic d’armes sur le Liban et est en relation avec une figure du milieu. Il a écopé, en 2002, de 4 ans ferme, d’une mise à l’isolement, prix de cette « connexion entre un fonctionnaire dévoyé d’un service particulièrement sensible et le milieu parfaitement infréquentable de la voyoucratie ».

  • Trafic de pesticides interdits : un réquisitoire sévère

    Trafic de pesticides interdits : un réquisitoire sévère

    On a vendu des produits français, au prix français, traités avec des produits espagnols interdits. Même si peu de volumes ont étés retrouvés, vous devez jugez un mode d’organisation, pas des volumes », martèle le vice-procureur de la République, Michel Sastre, dans son réquisitoire, face au tribunal. De lourdes peines d’emprisonnement et d’amendes ont étés requises par ce dernier à l’encontre des sept prévenus et leurs sociétés. Ils sont mis en examen pour « détention et utilisation de pesticides interdits, non élimination de produits interdits, distribution, vente et importation de produits phytopharmaceutiques falsifiés, faux et usage de faux en écriture » (lire notre édition de ce lundi 12 janvier).

    Pour rappel, l’affaire porte sur un trafic organisé de produits phytopharmaceutiques interdits, importés d’Espagne, puis stockés et potentiellement utilisés sans autorisation de mise sur le marché (AMM).

    Le parquet insiste sur « le sentiment d’impunité d’exploitants prospères qui fournissent les plus grandes enseignes françaises », matérialisé par une démarche simple présentée lors de l’audience : de fausses étiquettes, du film noir pour cacher les produits lors du transport et de fausses factures. Selon le vice-procureur, la « démarche est fondée exclusivement sur la recherche du profit maximal, sans aucune prise en compte des impacts sur l’environnement et la santé des consommateurs ».

    Par ailleurs, Michel Sastre rappelle fermement que critiquer la législation européenne concernant l’import de fruits et légumes revient à « confondre le droit et la politique. Nous sommes là pour appliquer le droit voté à l’Assemblée nationale, non pas pour le faire ».

    Mépris ou négligence

    Pour le vice-procureur, l’argument de la négligence n’est pas acceptable non plus de la part de professionnels et « de grosses entreprises qui dominent le marché ». « Mépriser les règles, c’est mépriser le consommateur », ajoute-t-il. Un discours dans le prolongement de la position tenue la veille par la Confédération paysanne. Pour le syndicat, cette affaire entache la réputation des agriculteurs, même en règle, auprès des consommateurs.

    Les réquisitions du vice-procureur affichent une volonté de faire de cette affaire hors-norme un exemple. Elles tiennent compte « des personnalités, des âges, de l’implication et de la taille des exploitations », précise le parquet.

    Pour Alain H., désigné comme « chef d’orchestre de l’affaire » par bon nombre des parties civiles, 10 mois d’emprisonnement ferme et 65 000 euros d’amende sont requis, ainsi qu’une interdiction d’exercer des activités agricoles. Les réquisitions prononcées à l’encontre des autres prévenus s’étalent entre 8 mois de prison avec sursis et 80 000 euros d’amende.

    Délibéré attendu le 7 avril.

  • Mai, date butoir pour reprendre l’enseigne Alinea

    Mai, date butoir pour reprendre l’enseigne Alinea

    Les 1 172 salariés de l’enseigne d’ameublement, décoration, aménagement intérieur et extérieur de la maison Alinea, répartis dans 35 magasins, peuvent souffler. Au moins pour l’instant. Ce lundi 12 janvier, le tribunal de commerce a acté « le tribunal des affaires économiques de Marseille a jusqu’au 26 janvier pour examiner les offres de reprise, partielle ou globale, de l’enseigne de décoration et mobilier Alinea placée en redressement judiciaire à l’automne dernier», a déclaré, au sortir de l’audience, Sébastien Laisne de la Couronne, délégué syndical central (CFDT) à Néomarché, maison-mère de l’enseigne Alinea.

    Le siège social est établi à Aubagne. Cette enseigne française fait partie de « la galaxie Mulliez », qui possède Kiabi, Norauto, Midas… Alinea a été fondée en 1989 à Avignon. Le rendez-vous du 12 janvier avait été fixé lors du jugement du 20 novembre dernier, lorsque Alinea avait été placée en redressement judiciaire. Alinea devait présenter en cette mi-janvier au tribunal « des pistes sérieuses de restructuration ». Peu de choses ont filtré de l’audience, qui s’est tenue à huis clos. Les représentants du personnel n’ont rien voulu commenter. Le délégué syndical central a lui-même été peu disert. « S’il n’y avait plus eu de trésorerie, le tribunal aurait rendu un avis différent », a observé Sébastien Laisne de la Couronne.

    « Les salariés inquiets »

    Sous entendu, ce feu vert pour la poursuite de la période d’observation est un nouveau petit pas. « Les repreneurs ont jusqu’au 20 mai prochain pour proposer des offres de reprise, globale ou partielle. Le tribunal étudiera ces offres. Nous aussi, au comité social et économique (CSE) central, nous pourrons auditionner ces repreneurs, analyser leur plan. Mais c’est le tribunal qui tranchera. Et s’il n’y a pas de repreneur, ce dernier prononcera la liquidation », explicite le délégué syndical. Pour l’heure, confie-t-il, « les salariés sont dans l’attente. Ils sont de plus en plus inquiets, mais ils sont toujours impliqués pour montrer que notre entreprise a du potentiel et peut être reprise. Elle vaut le coup ». Le jugement du 20 novembre dernier soulignait que « le résultat d’exploitation d’Alinea se creuse. Il est pressenti pour l’exercice 2025 à moins 44 millions d’euros. L’écosystème Mulliez a soutenu la débitrice à hauteur de 170 millions d’euros ».

    Alinea, déjà placée en redressement judiciaire en 2020, avait alors perdu 17 magasins sur 26, et subi une hémorragie de près de 1 000 salariés sur 1 800. Elle avait été finalement reprise par ses propres actionnaires, opération rendue possible par une ordonnance gouvernementale prise à la faveur de la crise sanitaire.

  • Quand Nîmes ralentit, Alès en plein boom

    Quand Nîmes ralentit, Alès en plein boom

    Si son évolution démographique est un peu moins forte que celle de l’Hérault, le Gard poursuit sa progression avec une population de 770 940 personnes en 2023, contre 744 178 au 1er janvier 2017, soit une augmentation totale de 3,6%.

    Première ville du Gard, la croissance démographique de Nîmes est néanmoins en perte de vitesse ces dernières années. Entre 2012 et 2017, elle augmentait à hauteur de 0,4% par an. Mais sur la période suivante, sa progression s’étiole, plafonnant à 0,1% d’habitants supplémentaires chaque année entre 2017 et 2023. Elle est donc passée de 150 610 à 151 839 habitants.

    Si elle est encore bien loin de détrôner la capitale départementale, la ville d’Alès affiche en revanche une dynamique inverse. Alors que la commune perdait des habitants dans la période précédente, elle présente désormais un taux de croissance annuel de 2,3%. La population de la capitale des Cévennes est donc passée de 40 219 à 46 125 résidents.

    Une santé de fer entièrement due au solde migratoire, mais qu’il faut analyser sur le temps long. Selon Katia Le Goaziou, de l’Insee, Alès serait en effet boostée par des effets de rattrapage, notamment à la faveur de programmes de construction de nouveaux logements après plusieurs décennies de stagnation (lire son entretien).

    De leur côté, les troisième et quatrième villes du Gard que sont Bagnols-sur-Cèze et Beaucaire ont plutôt tendance à perdre des citoyens ; tandis que les petites communes de Nages-et-Solorgues et Beauvoisin caracolent en tête des secteurs les plus attractifs, avec un taux de croissance démographique annuelle de 4,1% chacune.

  • Vaucluse : de nouveaux investissements après une année chargée chez les pompiers

    Vaucluse : de nouveaux investissements après une année chargée chez les pompiers

    Avec pas moins de 50 000 interventions en 2025 pour les pompiers de Vaucluse, « soit une en moyenne toutes les dix minutes » précise, ce mardi 13 janvier à l’occasion de la cérémonie des vœux, le colonel Christophe Paichoux, directeur du Service d’incendie et de secours de Vaucluse (Sdis), l’année a été particulièrement animée.

    Ce fut également le cas pour les feux de forêt, avec 476 départs recensés dans le département. « Des chiffres en hausse », confirme le préfet de Vaucluse Thierry Suquet. Qui en tire pourtant « un bilan positif », expliquant que les surfaces sont faibles, le plus gros incendie ayant brûlé 11 hectares de surface. Avant d’ajouter que l’utilisation d’hélicoptères, dans ces situations, a « été d’une grande aide », avec 184 largages d’eau pendant l’exercice.

    « J’ai cru comprendre que notre plan de charge pour 2026 sera aussi ambitieux », a lâché Christophe Paichoux. Une impression confirmée par Thierry Lagneau, président du conseil d’administration du Sdis de Vaucluse. Ce dernier confirme divers investissements et avancées. En commençant par l’acquisition de tablettes numériques « permettant la dématérialisation des bilans médicaux et garantissant un niveau d’intervention toujours plus performant ». Mais aussi de « multiparamètres » pour les véhicules d’intervention, comprenez des moniteurs qui regroupent défibrillateurs et fonctions de surveillance. Ainsi que la réalisation du plateau technique de formation pour les futurs pompiers.