Et c’est l’école des Rotondes, à Avignon, qui remporte le concours devant l’école de Velleron et l’école Alphonse-Daudet, à Vedène. Au total, ce sont 2 002 élèves du territoire qui ont été sensibilisés aux impacts environnementaux de l’industrie textile. L’intercommunalité évoque aussi « un engagement exceptionnel autour de la réparation et de la customisation textile, avec 652 vêtements réparés ou transformés par les élèves ». Ce qui est un record national en la matière.
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Un bus pour assurer le suivi médical des tout-petits à La Roque-d’Anthéron
Dans une salle d’attente improvisée dans l’une des pièces d’accueil de la mairie, des jouets pour enfants trônent au sol. Des mères patientent avec leurs petits. Parmi elles, une maman redirigée par la Chaumière, foyer d’hébergement d’urgence et de réinsertion sociale, attend avec ses enfants de 2 et 3 ans : « D’ici, les PMI sont trop loin. »
Ce mardi, l’un des deux bus de la Protection maternelle infantile (PMI) du Département vient de s’installer sur le parvis de l’hôtel de ville. Ce bus, sorte de cabinet médical amovible, est habilité à accueillir les enfants de 0 à 6 ans et à leur offrir un suivi médical dans des communes parfois éloignées des services pédiatriques. Objectif, « lutter concrètement contre les déserts médicaux », rappelle le Département, qui a lancé le dispositif en septembre 2025.
Tout au long de la journée, les consultations, ouvertes à tous, s’enchaînent. Ici, on propose des « consultations pour faire le suivi médical des enfants, le suivi des cours de croissance, l’éveil, le langage, la propreté, toutes les questions autour de la parentalité également. On oriente vers des spécialistes lorsqu’il y en a le besoin », explique l’une des puéricultrices. Le bus revient une matinée par mois, pour assurer un suivi régulier auprès des familles. « Ici, il y a exactement tout ce que l’on peut retrouver dans un cabinet médical, explique Gaëlle Jeanjean, infirmière puéricultrice. Sur La Roque, nous avons beaucoup de familles qui ne sont pas véhiculées. La PMI est sur Aix. C’est un accueil de proximité qui est apprécié par les usagers. »
Autre avantage, « aucun frais n’est avancé par les parents », assure le docteur Lucile Moreau. Pour ce dispositif, le Département a bénéficié d’aides de l’ARS et le Fonds d’intervention régional (FIR), à hauteur d’1,2 million d’euros.
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La fréquentation touristique à Aubagne a battu des records l’an dernier
Les vignerons parleraient d’un millésime exceptionnel. Pascal Coudurier, directeur de l’Office de tourisme intercommunal (OTI), qui regroupe 12 communes et compte 111 705 habitants sur une superficie de plus de 244 km2, évoque, pour 2025, « une fréquentation exceptionnelle. » 2025 a même coiffé sur le poteau l’année 2019, jusque-là « meilleure année de référence ».
Il détaille : « La fréquentation physique de l’Office progresse de 14 %, avec 12 967 visiteurs accueillis » dans les locaux actuels du 8, cours Barthélémy. L’OTI a par ailleurs comptabilisé 18 319 actes d’accueil ou ensemble des demandes traitées par l’Office en 2025 (+ 9% par rapport à 2024).
Pour Gérard Canavese, président de l’OTI, l’autre raison de se réjouir est que désormais « les flux touristiques sont étalés toute l’année. » La fréquentation repose majoritairement sur une clientèle française (91% des visiteurs). Parmi eux, 40% sont issus de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. À Aubagne, les visiteurs sont intéressés par l’univers de Marcel Pagnol, mais aussi par les activités de randonnée, le patrimoine et les manifestations locales.
43,5 millions de retombées économiquesAnnée Pagnol oblige (2025 a marqué les 130 ans de la naissance de l’écrivain à Aubagne), la visite de la maison de Marcel Pagnol a « crevé le plafond ». 16 795 visiteurs y sont venus l’an dernier, soit le niveau de fréquentation le plus élevé depuis au moins dix ans. « La dynamique observée à la Maison natale se retrouve sur l’ensemble des sites touristiques du territoire », fait observer Pascal Coudurier. Le Petit Monde de Marcel Pagnol enregistre 12 618 visiteurs en 2025, soit une hausse de 6% par rapport à 2024, et affiche l’un de ses niveaux de fréquentation les plus élevés depuis 2019.
Si l’OTI fonctionne avec une subvention de fonctionnement, allouée par la Métropole Aix-Marseille à partir de la taxe de séjour encaissée, soit près de 627 000 euros en 2024 pour le territoire ; son budget est notamment abondé par ses ressources propres : vente de prestations touristiques, commerce en boutique. Le chiffre d’affaires de l’OTI a atteint l’an dernier près de 368 000 euros. Le territoire totalise près de 790 000 nuitées touristiques, pour une consommation touristique estimée à 43,5 millions d’euros, hors excursionnistes. « Les retombées économiques directes et indirectes pour le territoire sont éblouissantes », commente Gérard Canavese. Alors que, assure-t-il, le personnel de l’OTI est à l’étroit dans ses locaux loués ; l’OTI est à l’origine de la volonté de construire un nouvel Office de tourisme à plus de 1,8 million d’euros sur le cours Voltaire, ce qui nourrit une polémique à Aubagne depuis plusieurs mois. Certains y voient un projet inutile, coûteux disent-ils pour le peu de touristes visitant Aubagne, et qui nuirait aux commerces. Le président de l’OTI pense tout le contraire.
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Les élèves de l’école municipale de danse du Rove récompensés pour leurs efforts
Cet examen a pour objectif d’accompagner la progression individuelle de chaque élève. Le jury délivre un diplôme avec mention, sans conditionner le passage de niveau. La préparation permet aux élèves de développer leur technique, leur sens artistique, leur autonomie et la gestion du stress, tout en favorisant l’effort et la persévérance.
Présentés seuls ou en duo, les élèves ont interprété une variation imposée dans chaque discipline. Le jury était composé de Juddith Abou, professeure de danse classique, et de Amandine Sainati, professeure de danse jazz, toutes deux titulaires d’un diplôme d’État ou certificat d’aptitude, accompagnées des professeures de l’école municipale, Sylvie Andréotti en danse classique et Sophie Gangloff-Mirian en danse jazz. Les parents auront l’occasion de découvrir ces variations lors du spectacle de fin d’année qui se déroulera au Théâtre des Salins à Martigues le 3 juin 2026. La remise des diplômes s’est déroulée le soir même en présence du maire du Rove, de son premier adjoint et adjoint à la culture, des parents et des élèves.
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Mobilisés pour briser le silence et lutter contre l’excision
« On doit tous se sentir concernés », avertit Jennifer Salles, conseillère régionale et avocate, lors de la 19e Journée mondiale de lutte contre l’excision, vendredi dernier. Dans la seule région Paca, 3 000 femmes victimes de mutilations sexuelles ont été recensées.
Une réalité sous silence. « J’ai rencontré des femmes qui avaient vécu ça en France. On pense que ça se passe dans le pays d’origine mais c’est encore perpétué sous silence ici », témoigne la psychologue clinique Kawiyat Mohamed. Cette pratique d’ablation de l’appareil génital externe, touche majoritairement les femmes de culture africaine, depuis des générations. Condamné par la loi française et 18 pays d’Afrique, cet acte social ancré par les traditions reste pourtant toujours pratiqué.
L’association Gams SUD s’engage dans la lutte contre l’excision, avec des actions qui se définissent en 3 mots :
« Prévenir, protéger et reconstruire ». Les onze Maisons régionales des femmes font le relais pour la prise en charge de ces femmes. Ces institutions, unies contre les violences faites aux femmes, sont soutenues à hauteur de 10 millions d’euros par la Région Paca.Sensibilisation et prise en charge des victimesMéconnue par la population, le milieu médical et institutionnel, l’association Gams SUD s’engage à sensibiliser sur l’excision dès le plus jeune âge. Les bénévoles interviennent dans les lycées de Provence pour informer sur ces mutilations sexuelles féminines, comme au lycée Monnet de Vitrolles. Mais aussi auprès des parents et famille : le programme « Les vacances, c’est fait pour s’amuser, pas pour être mutilée » est mis en place pour repérer les signes précurseurs du risque d’excision pour une fille. Départ au pays, mention de « l’attachement aux traditions » : ces détails doivent alerter l’entourage. « Il faut sensibiliser auprès des familles », rappelle une participante, victime d’excision. « Une fois l’excision faite, on peut réparer mais il y a quelque chose de brisé. »
La gynécologue Emmanuelle Cohen-Solal détaille la prise en charge de ces femmes, prévue par la Maison des femmes 13 :
« Psychologique, sexologique, sociale, parfois juridique, et lorsque c’est nécessaire, je m’occupe de la réparation chirurgicale », précise-t-elle. Et d’affirmer qu’il faut améliorer les « actions de prévention dès le plus jeune âge, et renforcer la formation des personnels de santé ». -

S’initier aux sports d’hiver au village sportif de l’hôtel du Département
Les chutes étaient nombreuses. Les jeunes collégiens des Bouches-du-Rhône ont pu tester le ski et différentes disciplines des sports d’hiver à l’occasion de la tournée « Provence Terre de Sports ». Le village sportif, hébergé à l’Hôtel du département, se tient jusqu’à vendredi.
Bobsleigh, patinoire, curling, biathlon…« Un clin d’œil aux Jeux olympiques » de Milano-Cortina, décrit Martine Vassal, la présidente (DVD) du département et candidate à la mairie de Marseille. Dans le grand hall de l’Hôtel du département, chaque stand abrite un sport. Les animateurs accompagnent les jeunes dans ces activités organisées, pour certaines avec des simulateurs.
Snowboard, bobsleigh, patinoire, curling, biathlon, handisport, e-sport et réalité virtuelle, ou encore « le ski, le hockey sur glace », testés par cette famille d’Isère en vacances. Les enfants ont leur préféré « la luge ! ». Pour la première fois, ils ont pu tester ces sports. « Une super initiative », estime leur mère Julie. « Nous on vient d’Isère, là où il y a les stations de ski, mais on n’a pas ça. Donc on se dit que ce serait bien d’en organiser dans notre département », lance-t-elle, avant de se diriger vers la patinoire à la demande de sa fille « Maman, je veux faire du patin à glace ! ».
L’édition d’hiver « est inédite pour le département », rappelle les organisateurs de l’événement, et c’est aussi l’occasion de « réunir les générations à travers le sport ». Enfants, parents, personnes âgées, ces animations se destinent à tous. Cette semaine, 500 personnes sont attendues chaque jour. Un lieu convoité par les collèges et centres de loisir, mêlant activités sportives et éducation. L’objectif premier est de « faire connaître », insiste Martine Vassal, « et de permettre aux jeunes de découvrir des sports qui ne connaissent pas particulièrement et des disciplines qui n’auraient pas l’habitude de pratiquer ».
À visée pédagogiqueUn objectif partagé par Adrien, éducateur familial au sein de SOS Villages d’Enfants, bénévole au stand de la Fédération française de Hockey sur glace. Ayant un enfant au club de hockey des Spartiates, il trouve le projet « génial ». Le bénévole appelle à la participation des écoles primaires, car « pour le hockey, c’est mieux de débuter étant petit ». Adrien perçoit ce village comme une réelle opportunité d’attirer les jeunes vers une carrière sportive. Les visiteurs pourront rencontrer les joueurs de hockey sur glace des Spartiates de Marseille ce vendredi 13 février à 14h30. La semaine prochaine, la tournée « Provence Terre de Sports » poursuivra son chemin dans le département. La présidente des Bouches-du-Rhônes détaille : « Ce village de sport va sillonner les communes qui le souhaitent pour faire connaître les épreuves olympiques. »
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Une journée porte ouverte à Marseille pour découvrir l’alternance
Présentation des différents types d’apprentissage, conseillers d’orientation, ateliers de CV… Ce mercredi, le Centre de formation de la Bourse du travail organise des portes ouvertes au 15 rue des convalescents à Marseille (1er) pour faire découvrir l’apprentissage.
Du certificat d’aptitude professionnelle (CAP) accessible après la 3e au brevet de technicien supérieur (BTS), accessible après le bac, tous les types de formation seront représentés dans des domaines très variés, allant du bâtiment aux prothèses dentaires en passant par l’optique et par le commerce. « Ces portes ouvertes sont vraiment pour tout le monde, de celui en 3e, à celui dans les études supérieures. Car on peut faire de l’apprentissage jusqu’à 29 ans, et même plus si l’on est en situation de handicap », explique Valérie Bronchart, responsable du pôle administratif du centre de formation de la Bourse du travail. Des conseillers d’orientation seront présents pour aider les jeunes dans leur choix. Pour ceux qui ont déjà choisi leur domaine, un atelier sera également mis en place pour les accompagner dans leur recherche d’entreprise.
Un bon moyen pour tous de découvrir la diversité que peut offrir l’apprentissage. « Le triptyque entre le jeune, le formateur et le tuteur permet à l’apprenti de se dire : “ Je peux le faire. ” Et les introduire dans le monde professionnel, ça les booste souvent », affirme Valérie Bronchart.
Mercredi de 9h à 16h30.
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Stéphane Ravier condamné en appel pour prise illégale d’intérêts
Alors que Stéphane Ravier comparaissait en matinée de ce lundi pour favoritisme à Marseille, à Aix, la cour d’appel rendait dans son délibéré dans un dossier de prise illégale d’intérêts concernant le sénateur d’extrême droite. Dans cette seconde affaire, l’élu, condamné à six mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité pour avoir embauché son fils, Thomas Ravier, aux espaces verts des 13e et 14e arrondissements de Marseille en août 2018, voit sa condamnation confirmée par le parquet. La relaxe est prononcée pour son fils.
Son avocat, Julien Pinelli, estime à l’issue du délibéré que la « décision, au plan juridique, n’est pas fondée. Même si la peine infligée à Stéphane Ravier demeure très inférieure à celle sollicitée par le parquet de Marseille en première instance, qui demandait à son encontre 5 ans d’inéligibilité, nous allons former un pourvoi devant la chambre criminelle de la cour de cassation. Notre recours suspend naturellement l’exécution des sanctions prononcées à l’encontre de Monsieur Ravier. »
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La situation s’éclaircit aux Prud’hommes de Sète
L’année 2026 s’ouvre sur une bonne nouvelle : « la permutation des greffières prévue pour ce début d’année et qui avait été suspendue en septembre suite à notre mobilisation n’aura finalement pas lieu. La greffière rattachée au Conseil des prud’hommes a obtenu, en janvier, de passer dans le corps des cadres greffiers. Le motif qui justifiait cette permutation n’existe donc plus », se félicite le président sortant du conseil des Prud’hommes (CPH) de Sète, Bertrand Lacabanne (CGT).
Aux côtés de son vice-président Joachim Yapi (Medef), auquel revient la présidence en 2026, il était monté au créneau pour dénoncer cette réorganisation « en dépit du bon sens » , imposée par la direction du greffe du tribunal judiciaire de Montpellier. La greffière qui occupait le poste aux Prud’hommes de Sète depuis plusieurs années – « et qui maîtrise donc totalement la procédure » – se retrouvait en effet affectée au service des tutelles… et vice versa. Une permutation « sans lien avec leurs compétences respectives » qui n’aurait pas manqué d’impacter le bon fonctionnement du CPH, selon les chefs de juridiction. Ce risque est désormais écarté. Un soulagement pour ce Conseil de petite taille dont l’existence est conditionnée, Bertrand Lacabanne en est persuadé, à ses bons résultats : « On a un conseil qui fonctionne bien [la durée de vie des affaires terminées, toutes sections confondues, est de 9,8 mois, ce qui est très peu, Ndlr.] et c’est ce qui permet sa pérennité. »
Les chefs de juridiction exigent d’être consultésAutre point positif : « l’administration nous a accordé une salariée administrative à partir du 1er mars », laquelle assurera « des tâches chronophages qui libéreront davantage la greffière ». Elle n’est affectée qu’à 80%, mais « ce dispositif devrait permettre au conseil de mieux fonctionner. »
Un bémol, toutefois, assombrit un peu le tableau : « ils veulent utiliser notre greffière des Prud’hommes trois jours par mois au tribunal de proximité : deux mercredis et un vendredi », explique Bertrand Lacabanne. Ce qui impliquerait donc, trois jours par mois, une fermeture du CPH au public (pour les gens qui viennent se renseigner ou déposer des requêtes). « Il faut s’imaginer des salariés qui viendraient de Mèze, par exemple, et qui trouveraient porte close », illustre le vice-président. « Comme ça a déjà été le cas pour la permutation des greffières, la direction du greffe nous met devant le fait accompli alors qu’elle est tenue de nous consulter. On a donc écrit pour réclamer que cette consultation ait lieu, comme le prévoit la loi. Après, nos avis ne sont que consultatifs : s’ils veulent faire comme ça, ils feront comme ça… »
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![[Entretien] Stéphane Audebeau : « Les collèges de l’Académie de Montpellier vont être les grands sacrifiés de la rentrée 2026 »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/02/a95bd7deaa44af0731505acf29f3c74d.jpg)
[Entretien] Stéphane Audebeau : « Les collèges de l’Académie de Montpellier vont être les grands sacrifiés de la rentrée 2026 »
La Marseillaise : Les collèges vont être particulièrement impactés par des suppressions de postes à la rentrée ?
Stéphane Audebeau : Dans le second degré, on se retrouve, dans l’académie de Montpellier, avec une baisse de 73 ETP (équivalent temps plein, équivalents en termes de postes), répartis entre collèges, lycées, lycées pro, etc. C’est là que les choses vont faire mal : les collèges vont être les grands sacrifiés de la rentrée 2026. Ce sont eux qui vont absorber la quasi-totalité de la baisse des ETP, puisque l’Académie prévoit – 90 ETP dans les collèges. Les lycées, avec zéro suppression prévue, sont moins maltraités.
Quelles vont être les répercussions sur les élèves ?
SKA : Ces suppressions de postes dans tout un ensemble de disciplines vont entraîner des classes globalement un peu plus chargées. Et il y aura des profs qui vont manquer. Comme on ne crée pas non plus de titulaires remplaçants, ça veut dire qu’il faudra, au dernier moment, recruter des contractuels, si on arrive à les trouver… On s’attend à ce que la rentrée 2026 soit beaucoup plus compliquée pour les élèves que cette année.
Le rectorat fait valoir une baisse démographique…
S.A. : C’est un prétexte ! Il y a, selon nous, une instrumentalisation et une exagération de la baisse démographique. Il y a bien une petite inflexion, mais en réalité c’est une très légère baisse et non pas un effondrement, comme c’est dit partout. Au niveau académique dans le second degré, il y a 1 692 élèves de moins attendus. Rapporté au nombre total d’élèves dans l’Académie, ça fait -0,8 %… Et dans les lycées, on est sur une baisse de 270 élèves au niveau académique : ce n’est rien du tout. Il est vrai que la baisse attendue dans les collèges, d’environ 1 500 élèves, est plus forte. Mais c’est pareil, il faut relativiser : on est sur du 1,3%.
Cet argument de la baisse démographique revient en permanence. La rectrice l’a repris lors du CSA, en disant : il y a une baisse démographique, donc on est obligé d’avoir un raisonnement comptable. Nous ne sommes pas d’accord. La baisse, on la connaît depuis 2017 : depuis l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence, tous les ans il y a eu des baisses de postes, alors même qu’il y avait augmentation des effectifs. Et maintenant qu’on se dit qu’on va un peu plus respirer dans les classes, le gouvernement et les rectorats en profitent pour supprimer davantage de postes.
Les difficultés socio-économiques particulièrement marquées dans certains territoires de l’Académie ne sont pas prises en compte ?
S.A. : Hélas non… Au niveau de l’académie de Montpellier, on a pourtant quatre départements parmi les premiers, au niveau hexagonal, en termes de taux de pauvreté, de taux de boursiers et de taux de chômage, les Pyrénées-Orientales en tête. Nous avons dit à la rectrice qu’elle n’avait pas su faire valoir correctement au niveau ministériel la réalité de son académie. Notamment dans les collèges des PO, du Gard et de l’Hérault, très fortement soumis à la non-mixité sociale et très fortement concurrencés par le privé. Cette réalité n’est pas prise en compte à sa juste mesure.
Cette dégradation des moyens risque d’ouvrir un boulevard à l’enseignement privé…
S.A. : C’est certain… Le Rectorat assume de prévoir une baisse démographique quatre fois moins forte dans le privé que dans le public. Dans le Gard notamment, non seulement l’enseignement privé est déjà très favorisé par rapport au public, mais ce département va absorber 44 % de la baisse démographique académique, ce qui va favoriser encore davantage l’enseignement privé. La problématique de la fuite vers le privé existe aussi dans l’Hérault sur certains territoires : Montpellier, Béziers notamment. Ce sont les endroits où la concurrence du privé est la plus forte. Cela concerne les élèves les plus socialement favorisés, c’est pour ça qu’on parle de ségrégation sociale et scolaire.
