Category: societe

  • Le quartier ultra sécurisé de Luynes est sur les rails

    Le quartier ultra sécurisé de Luynes est sur les rails

    Annoncée par le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, dans le cadre de la loi de juin 2025 « visant à sortir la France du piège du narcotrafic », la création du Quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO), au sein de la maison d’arrêt de Luynes 2, va entrer dans l’opérationnel à partir de mi-avril pour une ouverture programmée au troisième trimestre 2026.

    La consultation des entreprises est lancée depuis lundi et se poursuivra jusqu’à la mi-mars, pour aménager le 3e QLCO de France après celui de Vendin-le Vieil (Pas-de-Calais) avec 100 places ouvert en juillet et celui de Condé-sur-Sarthe (Orne) avec 40 places ouvert en octobre. à terme, c’est un maillage national de six quartiers ultra sécurisés qui est prévu avec Valence (Drôme), Réau (Seine et Marne) et Saint-Laurent-du-Maroni (Guyane).

    La durée prévisionnelle du marché est estimée à 14 semaines, dont 4 semaines de préparation. Les travaux, de plusieurs millions d’euros, programmés d’avril à août, visent à adapter le bâti existant, le centre national d’évaluation qui est déplacé, la maison d’arrêt n°2, les parloirs, l’unité de consultation et de soins ambulatoires (UCSA), ainsi que les espaces extérieurs à des conditions de détention complètement étanches.

    Le QLCO de Luynes 2 comptera 30 places d’encellulement individuel, en régime de quasi-isolement sensoriel. Le bâtiment dédié comprendra 15 cellules au rez-de-chaussée et 15 au premier étage, ainsi que 2 en quartier disciplinaire. Il s’agit de déplacer 170 détenus en détention classique pour adapter le bâtiment en transformant les cellules existantes en « 30 cellules durcies » pour y recevoir « un public plus violent », à savoir des figures du narcobanditisme, des chefs de réseau qui ne devront jamais pouvoir communiquer entre eux, ni avec l’extérieur, hormis le parloir avocat, derrière un hygiaphone.

    Les entreprises candidates sont prévenues que « le dossier est suivi par notre administration centrale et par le cabinet du garde des Sceaux », avec une exigence de respect du planning. Les travaux, qui se dérouleront en site occupé, visent à créer un bâtiment totalement étanche, dont l’accès est équipé d’un portique à ondes millimétriques (scanner corporel) et d’un portique de détection classique. Même le chantier doit être étanche. Les oliviers des deux cours de promenade seront retirés et transplantés ailleurs dans l’établissement afin de dégager l’espace pour la surveillance. Des dalles de béton seront coulées dans ses cours. Filins anti-drones, grilles et bardages de protection doivent empêcher tout contact visuel et toute projection depuis l’extérieur.

    Il faudra aussi desceller les fenêtres existantes et les remplacer par des fenêtres à double grillage avec vitrage anti-effraction. Des portes à crémaillère de 90 kg, indégondables, seront posées, équipées d’un œilleton sécurisé et d’une trappe « passe-menotte ». Pour la sécurité des surveillants, un système permet de moduler l’ouverture et la fermeture de la porte suivant quatre crans « pour repousser le détenu en cellule ». Le mobilier est fixé (lit métallique, tablette, tabouret, étagère) et indémontable. Les vis sont inviolables et indéboulonnables.

    Ces quartiers d’exception sont qualifiés de « tombeaux » par l’Observatoire international des prisons. La vingtaine d’agents pénitentiaires aguerris choisis pour y exercer exigent une anonymisation renforcée vis-à-vis des détenus pour empêcher toute pression extérieure. Avant d’ouvrir, le QLCO de Luynes subira une phase de « marche à blanc », sans détenus, pour tester les dispositifs sécuritaires, notamment de brouillage d’ondes, dans cette cocotte-minute carcérale.

    L’ambiance pénitentiaire à Aix-Luynes reste marquée, en ce début d’année, par la grave agression de trois surveillants commise le 9 janvier par un détenu de 23 ans, avec un ciseau.

  • Inna accompagne ceux qui vivent ce qu’elle a connu : « Repartir de zéro »

    Inna accompagne ceux qui vivent ce qu’elle a connu : « Repartir de zéro »

    Inna est arrivée en France en 2022, évacuée d’Odessa avec ses enfants par l’Alliance Française. Au départ, elle pensait repartir si la guerre prenait fin rapidement. Trois ans plus tard, ses enfants sont scolarisés ici, elle a étudié le français à l’université Paul-Valéry, créé une micro-entreprise de consultation juridique et rejoint l’association SOS Montpellier Ukraine comme bénévole. Elle accompagne des Ukrainiens, mais aussi des Arméniens, des Polonais ou des personnes issues de communautés russophones dans leurs démarches administratives et juridiques. Quatre ans après le début du conflit, elle constate que les départs d’Ukraine se poursuivent et s’intensifient. Elle échange quotidiennement avec des familles nouvellement arrivées, confrontées aux mêmes obstacles que ceux connus en termes de logement, de sécurité sociale et de reconnaissance des diplômes. Car sans équivalence, certains métiers restent inaccessibles. Sans emploi, le logement l’est aussi. « Le plus difficile, c’est de comprendre le système administratif français, puis d’y trouver sa place.  » Elle constate que les démarches administratives semblent plus longues qu’au début du conflit. En 2022, des dispositifs d’urgence avaient été mis en place. Aujourd’hui, les délais pour obtenir un rendez-vous en préfecture, un numéro de sécurité sociale ou un logement peuvent s’étirer sur plusieurs mois, dans un contexte de saturation administrative générale.

    Entre soutien et lassitude

    L’attention internationale, elle, s’est émoussée. Les positions évoluent sous l’effet des débats politiques. Elle comprend la fatigue des Français mais regrette qu’elle coïncide avec l’arrivée de nouvelles familles ukrainiennes, celles qui ont le plus besoin d’être accompagnées. Et pour beaucoup d’Ukrainiens, repartir de zéro, avec un moral fragilisé et des enfants à charge, est particulièrement éprouvant. Elle, estime avoir surtout perdu des biens matériels. « J’ai gagné en force, en sécurité. La santé, la sécurité, le moral pour les enfants, c’est tout ce qui compte. » A.S.

  • À Port-de-Bouc, la gratuité du stationnement pour un espace public accessible

    À Port-de-Bouc, la gratuité du stationnement pour un espace public accessible

    Dans la petite ville communiste de l’Ouest des Bouches-du-Rhône, « le stationnement a toujours été gratuit », affirme l’adjoint au maire délégué aux finances, Akrem M’Hamdi. « On estime que l’espace public n’est pas une marchandise, mais un bien commun qui devrait être accessible à tout le monde, étaye-t-il. (…) On est plutôt pour l’impôt direct que l’impôt indirect, caché, le stationnement, c’est comme la TVA, c’est un impôt qui manque d’équité puisqu’il repose sur toute la population de la même manière, sans distinction de revenu. »

    Par ailleurs, selon l’élu, imposer une tarification sur les places de parkings ne changerait pas significativement le budget de cette commune de 17 000 habitants. « On gagnerait peut-être 20 000 à 30 000 euros », estime-t-il. Une broutille à côté des bienfaits affichés de la gratuité. « On n’impose pas de barrière financière pour venir se promener en centre-ville, faire les magasins ou participer aux activités qu’on organise », affirme Akrem M’Hamdi.

  • Quand le stationnement de Martigues se met au vert

    Quand le stationnement de Martigues se met au vert

    Cette transformation aurait entraîné une réduction du nombre de places de stationnement disponibles.

    La concertation menée auprès des habitants, à la fois en ligne et lors de réunions publiques, a finalement conduit au maintien des 120 places de stationnement, une demande largement exprimée par les riverains et tout particulièrement par les commerçants. Des places en gravier stabilisé perméable, agrémentées de nombreuses plantations de différentes essences d’arbres et d’arbustes méditerranéens, réalisées par les écoliers du quartier, en mars 2025. La politique tarifaire est la même que partout en ville : le stationnement est gratuit pendant une heure et devient payant après, de 9h à 19h, sauf le dimanche.

  • Détention prolongée dans une affaire d’agressions homophobes à Avignon

    Détention prolongée dans une affaire d’agressions homophobes à Avignon

    Kaysse A., son frère Ayoub A. et Mohamed K., âgés de 19 et 20 ans, ont été présentés ce lundi 23 février en comparution immédiate devant le tribunal judiciaire d’Avignon. Ils sont poursuivis pour « violences aggravées par trois circonstances, suivies d’incapacité n’excédant pas 8 jours » et « extorsion commise en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre de la victime ». Le tribunal a décidé de renvoyer l’examen de l’affaire au jeudi 16 avril. Dans l’attente, les deux frères ont été placés en détention provisoire, le président Lionel Mathieu évoquant un risque de réitération, car « les faits ont été commis sur une durée relativement longue et sont extrêmement récents ». Le troisième, Mohamed K., a été placé sous contrôle judiciaire.

    Selon les éléments présentés à l’audience, les frères auraient, à deux reprises, le 31 janvier à Avignon et le 10 janvier à Vedène, tendu des « guets-apens » à au moins deux personnes homosexuelles contactées sur un site de rencontre avec un faux compte. Les victimes auraient ensuite été agressées. Dans l’un des cas, les prévenus auraient tenté de soutirer de l’argent, sans succès.

    Les arguments du parquet

    Mohamed K. n’est poursuivi que pour son implication présumée dans les faits du 10 janvier. Deux mineurs auraient également participé à l’une des agressions. Les trois jeunes adultes sont tous domiciliés chez leurs parents respectifs et n’exercent aucune activité professionnelle. Un précédent fait datant de 2022 a été mentionné, mais il concernerait une période où ils étaient tous mineurs.

    Lors de l’audience, le procureur, Nicolas Delpierre, a sollicité le maintien en détention, relevant « deux ou trois éléments » malgré les « dossiers lisses » des prévenus. Il note des « faits revendiqués », car les agressions ont été filmées, et estime que « tous les hommes homosexuels sont des cibles potentielles ». Il confie que les frères auraient affirmé que « tous les pédés sont des pédophiles (sic) » et qu’ils « devraient être en prison comme dans d’autres pays ».

    La défense d’Ayoub A. et Kaysse A., Me Isabelle Cuilleret, estime dans sa plaidoirie que « la détention provisoire n’est pas adaptée et qu’il y a d’autres moyens », évoquant pour l’aîné un « caractère influençable » et différents troubles neurologiques. Une expertise médico-psychiatrique a été demandée. Tandis que Me Jalil-Henri Amr, avocat de Mohamed K., estimait que les 48h de détention de son client constituent une « pédagogie suffisante » et qu’il est le seul à toujours être scolarisé (bac pro climatisation). Il assure que ce dernier n’a été « que le cinéaste » de l’agression et qu’« aucun élément dans le dossier n’indique qu’il a adoré faire cette œuvre cinématographique ». Dans le box, tous trois se sont excusés auprès des victimes.

  • Une association accompagne les exilés dans la vallée de l’Ubaye

    Une association accompagne les exilés dans la vallée de l’Ubaye

    Cours de français langue étrangère, accompagnement pour les démarches administratives, transport jusqu’à la préfecture de Marseille… Depuis 2015, l’association Solidaritat Ubaye accompagne les demandeurs d’asile dans leurs démarches. « En 2015, en voyant la photo du petit garçon mort sur la plage dans Paris Match, on s’est demandé, dans la vallée, si on pouvait pas participer à l’accueil de ces personnes qui fuyaient, surtout la Syrie à l’époque », se rappelle Fabienne Cordier, l’une des cofondatrices de l’association.

    Un groupe de personnes à Saint-Paul-sur-Ubaye a d’abord eu pour projet d’accueillir des familles dans l’ancienne gendarmerie, alors que le peloton de gendarmerie de haute montagne venait d’être dissous. « Il y avait des appartements qui avaient été rénovés par la mairie, qui étaient inoccupés », explique Fabienne Cordier. À l’époque, « l’État a décidé de démanteler les campements de la porte de la Chapelle et de Calais, et de répartir les demandeurs d’asile sur tout le territoire français », précise l’ancienne présidente de l’association. C’est comme cela qu’un centre d’accueil et d’orientation a été ouvert à Barcelonnette en novembre 2016. Sept appartements ont alors permis d’accueillir 40 personnes.

    L’association Solidaritat Ubaye s’est alors mise à proposer des cours de français langue étrangère, de l’aide pour les démarches administratives, un accompagnement médical, des activités ou encore sorties sportives. Il y avait un groupe de trois ou quatre bénévoles pour chaque appartement. Le centre a ensuite fermé en 2022, suite à un regroupement des occupants de tous les petits centres d’accueil sur une grande structure de 150 places à Digne-les-Bains.

    Une épicerie sociale et solidaire itinérante

    Au même moment, en 2022, plusieurs familles ukrainiennes sont arrivées dans la vallée et ont pu être accompagnées par l’association. « On a pris l’habitude de faire la ramasse d’invendus des supermarchés pour leur proposer des produits alimentaires et d’hygiène », précise Fabienne Cordier. L’association a alors commencé à être sollicitée par des habitants de cités HLM de l’Ubaye qui souhaitaient également bénéficier de ces produits. « On était la seule zone du 04 à ne pas avoir d’épicerie sociale et solidaire », explique l’ancienne présidente. C’est comme ceci que l’association a créé une épicerie sociale et solidaire itinérante.

    « C’est des personnes qui sont dans l’attente du statut de réfugié, donc ils n’ont pas le droit de travailler, ils ont 4 euros par personne par jour, c’est des situations compliquées », regrette Fabienne Cordier. « En 2022, ça a changé, les familles ukrainiennes n’étaient pas accueillies de la même façon que les Soudanais ou les Erythréens. Ils avaient le droit de travailler, aux allocations logement… », se remémore l’ancienne présidente. « On avait eu que des hommes célibataires venus d’Afrique ou d’Afghanistan qui essayaient de s’intégrer et de faire venir leur famille, alors que, pour les Ukrainiens, c’était provisoire », explique la bénévole. L’association a donc adapté son accompagnement au fil du temps, en fonction des besoins des bénéficiaires.

  • La présentation du livre de Gisèle Pelicot affiche complet à Avignon

    La présentation du livre de Gisèle Pelicot affiche complet à Avignon

    À un peu plus de 2 km du lieu où elle a dû affronter à nouveau l’horreur lors du procès, Gisèle Pelicot viendra présenter son ouvrage en Cité des Papes, le 1er juin prochain à 19h30, à la FabricA, du Festival d’Avignon.

    L’événement est gratuit, mais il n’y a déjà plus aucune place disponible, selon le site du Festival, alors que la billetterie n’avait ouvert que ce dimanche 22 février. L’organisation précise toutefois que « des places supplémentaires pourront être mises à disposition à la mi-mai ».

    « Reconstruction »

    Cette rencontre sera l’occasion d’entendre une femme qui a transformé une tragédie personnelle en acte politique et universel, indique le Festival d’Avignon sur ses réseaux sociaux. Elle permettra ainsi d’évoquer le contenu de cet ouvrage coécrit avec Judith Perrignon, journaliste, écrivaine et essayiste, publié par Flammarion.

    Ces 320 pages retracent les différentes étapes de sa reconstruction, notamment sa décision de rendre le procès public, alors que beaucoup s’attendaient à ce qu’elle demande le huis clos. Ce choix a fait d’elle un symbole, en affirmant sa volonté que « la honte change de camp ».

    « Je voudrais, par ce livre, mettre des mots sur ce que j’ai traversé. Dire que je n’ai plus peur d’être seule, que j’ai retrouvé la joie de vivre. Dire que je suis vivante », assure Gisèle Pelicot. « Son histoire, intime et universelle, raconte la sidération, la faille, la reconstruction et la reconquête d’une joie possible », ajoute le Festival d’Avignon dans sa présentation.

  • Une association toujours engagée pour les Ukrainiens à Auriol

    Une association toujours engagée pour les Ukrainiens à Auriol

    Ce rassemblement à l’occasion des 4 ans de l’invasion russe en Ukraine, en présence de diverses structures, sera ponctué de discours rappelant la situation des civils, qui s’aggrave face aux coupures de courant constantes et au manque de chauffage. « Une grande partie de la diaspora ukrainienne de Marseille sera présente », explique Marc Castelli, président du collectif Solidarité Ukraine Auriol.

    La situation est d’autant plus alarmante qu’aujourd’hui, « l’Ukraine a perdu plus de la moitié de sa capacité de production d’énergie et 80% du pays a été touché par des coupures de courant. Cette situation s’inscrit dans un contexte hivernal où les températures sont descendues en dessous de -15 °C », détaille Amnesty International dans son enquête sur la situation des civils dans le pays, parue le 10 février 2026.

    Face à ce constat, l’association Solidarité Ukraine Auriol s’est mobilisée pour envoyer trois générateurs. Arrivés ce lundi dans l’Est de l’Ukraine, « ils permettront de chauffer et de fournir de l’électricité à des centres de soins, des maternités ou encore des groupes de quelques maisons », confie le président de l’association. Marc Castelli explique que la stratégie russe a évolué : « Ils bombardent les infrastructures énergétiques pour démoraliser la population afin qu’elle se retourne contre le gouvernement ukrainien. Mais, encore une fois, le Kremlin se trompe, comme il l’a toujours fait sur ce pays. »

    Des civils qui souffrent du froid

    Adrian Prokip, directeur du programme d’énergie au Ukrainian Institute of Future, dénonce : « Geler les Ukrainiens fait partie de la stratégie militaire des Russes. » Le président de l’association rappelle que même Kiev est particulièrement touchée. « Je fais chauffer de l’eau dans une tasse sur un poêle au kérosène, je remplis deux bouteilles, l’une que je place sous mes pieds et l’autre dans mes mains, pour ne pas être gelée. Et nous dormons tous habillés… Tout ce que nous avons, nous le portons pour dormir », confie pour Amnesty International Svitlana, retraitée vivant à Kiev.

    Marc Capelli ajoute : « On a été galvanisés par le fait que l’ambulance de soins dentaires qu’on a envoyée se révèle extrêmement utile pour les civils ukrainiens. On arrive à faire des choses qu’on n’imaginait même pas au départ. » En août dernier, l’association et ses partenaires ont acheté et aménagé ce véhicule spécialisé. « On a acheté l’ambulance et on l’a transformée en unité de soins dentaires mobile. » L’association a reçu une nouvelle demande pour la création d’une seconde ambulance, qu’elle compte honorer au plus vite. « On va aussi récupérer tout un cabinet gynécologique, donc il est probable qu’on fasse une unité gynécologique mobile », conclut le président.

    Rassemblement à partir de 18h devant la mairie de Marseille

  • Pépites patrimoniales à Marseille : deux ventes et un bail

    Pépites patrimoniales à Marseille : deux ventes et un bail

    Dévoilement lundi des lauréats de l’appel à projets baptisé « Pépites patrimoniales », destiné à « réinventer des usages » à des édifices municipaux à l’abandon pour les rouvrir aux Marseillais.

    Trois biens sur les six propositions ont trouvé leur lauréat. D’abord, le fleuron Art Déco du 90 boulevard des Dames (2e) dessiné en 1928 par l’architecte Jean Rezan pour le siège de la compagnie de navigation Paquet. Racheté en 1972 par la Ville, c’était sa direction des ressources humaines jusqu’en 2020. Le lauréat est le groupement conduit par Adim Provence (Vinci Construction) avec l’entreprise de restauration Girard, l’agence Rougerie + Tangram, Indigo Energie, EODD, ICD Energies, Alpes Contrôles, le Collectif Marseille Devant ! et d’autres futurs exploitants. Tangram avait racheté en 2015 au Département le beau bâtiment des Affaires maritimes, rue des Phocéens, pour le rénover et y installer son agence.

    Surprise de taille, c’est une « vente sous conditions » de l’édifice qui est annoncée pour un prix non encore dévoilé et un montant de travaux inconnu à ce stade. Aucun calendrier prévisionnel n’est publié. Le montage contractuel qui reste à élaborer devra être validé par une délibération du conseil municipal de la prochaine mandature. D’où l’incertitude sur ce projet de reconversion en un lieu totem nommé « Les Dames » dédié au cinéma, à la formation des métiers du 7e Art. Benoît Payan s’est réjoui que cette belle endormie « soit dédiée à des métiers d’avenir, à une filière qui a besoin d’avoir un bâtiment totem que seront “Les Dames” dans le respect de l’histoire de ce bâtiment. On va aussi permettre à des jeunes en formation, à des apprentis, des compagnons de dévoiler leurs talents, et pour nous c’est quelque chose de magnifique. Ce n’est pas rien d’avoir le droit de rêver et vous nous avez montré que c’est possible », a-t-il dit aux lauréats.

    Même configuration pour le lauréat du 62, corniche Kennedy (7e), une maison en contrebas du pont du Vallon des Auffes qui sera cédée pour le projet retenu « La Pointe » porté par Joseph Legrand, Stephen Grives, Michel Athenour et La Confraglation, avec MOA Architecture, Marsxelles, Polymer, Pièce à part, BET Collet et Index Structures. Il s’agit, après requalification lourde du site, de créer « un lieu ouvert, culturel et convivial » avec une offre de restauration, une programmation culturelle, l’accueil d’artistes, des espaces ouverts au quartier.

    Quant au Pavillon de partage des eaux des Chutes-Lavie de 1901, le projet « Les gardiens de la mémoire et de l’eau à Marseille » est retenu. Il est porté par le collectif Objectif Tore avec Valentine Pilliard, Corrado de Giuli Morghen (l’architecte du patrimoine bien connu qui a restauré le Palais Longchamp et les fabriques du parc), Isabelle Miard et John Morin pour un lieu pédagogique autour de l’eau. Pour ce joyau architectural, un « bail de longue durée » associé à une phase préparatoire de construction avec les habitants serait l’option retenue.

    En revanche, ni la bastide de Château-Gombert (13e), ni la Villa Athéna (13e), ni le 63 rue Sauveur-Tobelem (7e) n’ont trouvé de lauréat, faute de propositions ou de projets qualitatifs.

  • Hôtel Belsunce à Marseille : fermeture suspendue en référé

    Hôtel Belsunce à Marseille : fermeture suspendue en référé

    Le tribunal administratif a suspendu l’arrêté préfectoral de fermeture administrative pris à l’encontre d’un hôtel du cours Belsunce. Cette sanction d’un mois faisait suite au contrôle effectué, le 18 décembre 2025, sur de nombreux hôtels du centre-ville. Une opération baptisée « Jumbo Hotels » lancée par la préfecture de police sur la salubrité, la sécurité et la recherche d’infractions.

    Le bilan communiqué alors était de six constats d’infraction de travail dissimulé, huit étrangers en situation irrégulière, quatre procédures au titre de la lutte contre l’habitat indigne.

    Lors de ce contrôle, un étranger sans-papiers, ni contrat de travail, se trouvait à l’accueil de l’Hôtel Belsunce, au 22 du cours. C’est l’un des 64 hôtels sous convention avec le SIAO 13, le service public d’hébergement d’urgence des familles précaires. L’activité représente 80% de son chiffre d’affaires. Le juge des référés a considéré que la preuve du travail dissimulé n’était pas rapportée. « C’est à la demande expresse du réceptionniste de nuit, en fin de service et en raison du retard de la salariée du matin, que la personne identifiée par les agents de police était présente à l’accueil de l’hôtel lors du contrôle. Cette seule présence, alors même qu’elle était propre à pallier l’absence d’un employé de l’établissement, n’est pas suffisante pour justifier par elle-même et à elle seule, de l’existence d’un travail subordonné, en l’absence de tout autre élément », tranche le juge des référés, selon qui cette fermeture porte « une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés d’entreprendre et du commerce ». L’état devra verser 1 500 euros à l’hôtelier.