Category: societe

  • Sciences Po Aix à l’épreuve du climat

    Sciences Po Aix à l’épreuve du climat

    Mars 2026, l’Institut d’études politiques (IEP) d’Aix-en-Provence célèbre ses 70 ans. Et pour ouvrir l’année universitaire, Alessia Lefébure, qui entame sa première année à la tête de l’institution, présente ce lundi la ligne de conduite de Sciences Po Aix pour l’année à venir. Année au cours de laquelle l’établissement s’attache à renforcer son engagement en termes de « développement durable, de la responsabilité sociétale et de l’engagement collectif ». À ses côtés, pour une conférence face aux étudiants, Marine Braud, fondatrice de la société de conseil Alameda, autrice du livre Qui aurait pu prédire ? et ancienne conseillère écologie au cabinet d’Élisabeth Borne, alors au ministère de la Transition écologique. « Sciences Po en général, a pour mission principale de former à partir de la recherche en sciences humaines et sociales des gens qui vont prendre des postes à responsabilité dans tous les secteurs d’activité qu’ils soient privés ou publics, contextualise Alessia Lefébure, d’ailleurs première femme à la tête de Sciences Po. On considère que l’enjeu de la transition écologique est un enjeu majeur et transversal. Au moment de cet anniversaire, au moment où je prends mon poste, on l’inscrit de façon encore plus lisible, plus volontariste, plus affirmée, comme ligne de fond qui va orienter tout ce que l’on fait, dans la formation, dans la recherche et dans la gestion de l’établissement. » Les « festivités », de ce 70e anniversaire, vont durer 12 mois, jalonnés de rendez-vous, d’invitations de « figures inspirantes », et une demande d’adhésion au label DD and RS. Entre autres. « J’étais sur ces bancs il y a 20 ans, les décideurs publics et privés que je rencontre aujourd’hui ont le même logiciel, dans lequel la transition écologique rentre difficilement. Un logiciel de croissance, où les symboles de réussite ne sont pas forcément bons pour la planète, explique Marine Braud. Je trouve ça très bien que mon école se pose ces questions-là, jusque dans la question des enseignements. » En toile de fond donc, former « différemment » les prochains décideurs. « En invitant des personnes [comme Marine Braud], on contre-attaque en montrant qu’on peut être quelqu’un qui réussit, en adoptant un mode de vie différent. On propose des alternatives, ce sera à eux de choisir », estime Alessia Lefébure.

  • Du neuf dans d’anciens taudis de la Coutellerie

    Du neuf dans d’anciens taudis de la Coutellerie

    Un ancien hôtel meublé misérable et en péril depuis des décennies vient d’être réhabilité par la Société française d’habitat économique (SFHE), une filiale du groupe Arcade. Les 10 chambres d’origine du 27, rue Coutellerie (1er) ont été transformées en 5 logements de type T2.

    « Il s’agit de logements locatifs intermédiaires (LLI), des logements à loyers réglementés à des tarifs inférieurs au prix du marché. À la Coutellerie, les loyers seront 15 à 20% en deçà du prix du marché, afin de permettre l’accès à un logement abordable au plus grand nombre, dans un secteur particulièrement tendu », détaille le bailleur social.

    L’immeuble de 5 étages avec une façade en 4 fenêtres, est la propriété de SFHE depuis 1995, année de sa mise en péril. En janvier 1994, c’était un hôtel meublé très dégradé, propriété du groupe Amhôtel, que la commission de sécurité avait déclaré non conforme aux règles de sécurité, alertant sur son instabilité structurelle, ses infiltrations d’eau. Un an plus tard, le 3 février 1995, les toilettes d’une chambre au 2e étage cédaient, laissant sa locataire « accrochée à son lavabo, les pieds dans le vide », écrit Le Provençal. « La sécurité des occupants est gravement menacée », diagnostique un architecte, justifiant l’arrêté du 24 février 1995 qui ordonne l’évacuation, donnant un délai d’un mois aux occupants pour partir, laissés sans proposition de relogement, ce qui témoigne de ce qu’était la gestion des risques avant même la prise de fonction de Jean-Claude Gaudin. Le Provençal se faisait l’écho du sort de la locataire sinistrée qui en avril se maintenait avec son ami dans la même chambre semi-effondrée tout en s’acquittant de 1 300 francs de loyer.

    Un foyer pour femmes isolées jusqu’en 2014

    L’immeuble est ensuite devenu un foyer pour femmes isolées. En janvier 2014, l’immeuble est frappé d’un péril non imminent. Le foyer ferme. Après une quasi-décennie d’abandon et devant « l’aggravation des désordres constructifs », la Ville a relancé en décembre 2023 le dossier, menaçant de travaux d’office. D’où la lourde opération de confortement structurel finalement engagée qui a permis en octobre 2025 de prononcer la mainlevée de tous les arrêtés de mise en sécurité.

    « Nous avons engagé une opération ambitieuse pour sécuriser durablement le bâtiment, préserver sa structure existante et recréer de nouveaux logements confortables et spacieux », explique-t-on chez SFHE. Le sauvetage de l’immeuble représente 1,9 million d’euros d’investissement. « C’était une opération lourde qui a nécessité une purge complète des planchers avant d’entreprendre une restructuration plus cohérente des 10 studios en 5 logements », décrit Sofian Sahraoui, chargé d’opération chez SFHE. « Cela a pris du temps et deux études structurelles car il fallait vraiment être minutieux et ne pas prendre de risque sur du bâti ancien. On a utilisé des matériaux qui n’alourdissent pas l’immeuble. D’où le choix de poutres Nailweb qui associent l’aluminium et le bois. C’est un beau projet qui s’achève. » L’aménagement intérieur est quasi fini. La façade a été totalement refaite, magnifiant le balcon et sa ferronnerie possiblement du XVIIIe. L’arrivée des locataires est prévue en mai.

    Le 27, rue Coutellerie n’a jamais cessé durant un siècle d’accueillir une population modeste. Ses « garnis » ont nourri la chronique locale. A défilé au 27, rue Coutellerie toute une population modeste et laborieuse, exerçant des petits métiers, serveur, marin de passage, tricoteuse, repasseuse, brodeuse, femme de ménage, etc. Madame Renée, « une vraie voyante venue de Paris » y faisait en 1906 commerce de ses prédictions. En 1916, la police y cueille un marin chinois, « contrebandier d’opium ». En 1934, l’hôtel meublé est tenu par la veuve Marie Mabile. Pour l’anecdote, Le Petit Provençal du 28 novembre 1897 y avait interviewé dans sa chambre un marin de la Pénitentiaire qui surveillait dans une chaloupe les abords de l’île du Salut où est alors détenu le capitaine Dreyfus.

    Une nouvelle page se tourne pour cet immeuble sauvé qui va retrouver une vie, et soulagé 5 locataires dans la difficile quête d’un logement à Marseille.

  • Alerte sécurité à la savonnerie du Fer à cheval

    Alerte sécurité à la savonnerie du Fer à cheval

    La savonnerie du Fer à Cheval, fondée en 1856 prône une fabrication authentique et traditionnelle. Fêtant ses 170 ans cette année, le bâtiment, classé monument historique, peut toutefois présenter certaines contraintes en matière de sécurité industrielle, notamment pour la modernisation des installations. L’inspection du 12 novembre 2025, destinée à vérifier le respect des dispositions de l’arrêté préfectoral de mise en demeure du 30 juin 2023, a révélé de nouveaux manquements sécuritaires. Le Q18, à savoir le compte rendu de vérification des installations électriques, conclut que « l’installation électrique peut entraîner des risques d’incendie ou d’explosion ». Le chargé de la bonne application du droit de l’environnement, a relevé que « 12 extincteurs et 4 robinets d’incendie armés (RIA) [étaient] non satisfaisants ».

    L’inspection constate également des faits inquiétants liés « à un stockage de soude fuyard et la rétention maçonnée associée est également fuyarde ». En bref, la soude utilisée pour fabriquer le fameux savon de Marseille fuit. Problème : le produit est corrosif et dangereux. Le bac de rétention, censé servir de protection en cas de fuite de soude, est lui aussi fissuré.

    Aussi, le préfet des Bouches-du-Rhône a mis « l’entreprise en demeure de se mettre en conformité avec les normes de sécurité demandées, dans un délai de deux mois », en vertu des dispositions de l’article L.171-8 du Code de l’environnement, Contacté, les communicants de l’entreprise expliquent « ne pas être au courant de cet arrêté » et mettent la faute sur « la vétusté du bâtiment qui a 170 ans ».

  • Une nouvelle saison de menus insolites et populaires

    Une nouvelle saison de menus insolites et populaires

    À l’occasion de la première édition du Sirha Méditerranée, Provence Tourisme a présenté la programmation de Marseille Provence Gastronomie 2026, ouverte sur le territoire.

    Le public pourra retrouver l’un des événements phares des sept éditions précédentes du Marseille Provence Gastronomie : les dîners insolites. Organisés du 1er au 31 juillet à travers le territoire des Bouches-du-Rhône, ils seront une nouvelle fois placés sous la direction artistique d’Emmanuel Perrodin. Une vingtaine de repas sont prévus afin d’« offrir une réelle expérience culturelle et gustative », comme le décrit Isabelle Brénond, directrice générale de Provence Tourisme. Comme les années précédentes, les tarifs devraient se situer entre 80 et 100 euros. Chaque dîner proposera un menu en cinq plats, boissons comprises, mettant à l’honneur les chefs et les produits locaux du département.

    Deux street food festival au programme

    Autre temps fort : l’organisation de deux street food festivals. Le premier se tiendra à Aix-en-Provence, au parc Jourdan, les 18, 19 et 20 juin. Le second aura lieu à Marseille, sur l’esplanade de la Major, les 10, 11 et 12 septembre. D’après le succès des éditions précédentes, l’événement devrait attirer plusieurs milliers de personnes chaque soir, de 17h à minuit. L’entrée restera gratuite afin de permettre au public de partager la gastronomie locale autour de grandes tablées et de DJ sets, avec des produits issus du savoir-faire du territoire.

    Parmi les nouveautés de cette édition figure le « banquet bouillabaisse » prévu le 9 septembre, à la veille du street food festival de Marseille. Préparé par plusieurs chefs locaux, ce grand dîner réunira près de 400 convives de 18h à 23h. Les tarifs n’ont pas encore été communiqués mais la présidente de Provence Tourisme souhaite rendre cet événement « le plus accessible possible ».

    Des expériences originales

    Autre expérience originale : un dîner olfactif organisé à Istres le 29 mai, pouvant accueillir jusqu’à 120 personnes sur réservation. Ce repas s’inscrit dans le cadre des Rencontres parfumées 2026 et mêlera senteurs et saveurs le temps d’une soirée.

    L’événement met également en avant son engagement environnemental. Désormais certifié ISO 20121, un label qui atteste d’une gestion durable d’événements, Provence Tourisme souhaite « approfondir encore plus son engagement de durabilité », assure Isabelle Brénond. « Nous voulons sensibiliser les partenaires sur ces sujets afin qu’ils s’engagent à leur tour. » Les organisateurs encouragent notamment l’utilisation de vaisselle réutilisable, le tri des déchets et la valorisation des produits locaux. Des actions de sensibilisation et des animations pédagogiques seront aussi proposées afin d’impliquer le public et les partenaires dans cette démarche écologique.

    Pour tout renseignement et réservation : https://mpgastronomie.fr

  • Grande journée de mobilisation dans les lycées contre l’austérité

    Grande journée de mobilisation dans les lycées contre l’austérité

    Depuis le 5 mars, des lycées marseillais s’activent suite aux annonces début février de la baisse des moyens attribués par le rectorat de l’académie d’Aix-Marseille, pour préparer la rentrée 2026. Alors que les personnels éducatifs et les lycéens en lutte ont décidé de reconduire le mouvement le 17 mars, l’intersyndicale de l’éducation des Bouches-du-Rhône (FSU, CGT Éduc’action, SUD Éduc, FO-Fnec, Sgen-CFDT) annonce « soutenir leur mobilisation et appelle à une journée de grève et de mobilisation départementale dans tous les établissements ».

    Une mobilisation d’ampleur attendue

    Le 17 mars, Marthe Bonifay, professeure de lettres et histoire au lycée Denis-Diderot (13e) et CGT Éduc’action, s’attend à « un mouvement massif ». « Nous avons rarement vu autant de professeurs mobilisés, affirme-t-elle, avec presque une soixantaine d’entre nous présents à la réunion d’information syndicale en cette veille de grève. » Même chose dans les autres établissements qui se soulèvent depuis deux semaines. À Marseille, les lycées Saint-Charles (1er), Victor-Hugo (3e), Nelson-Mandela (12e) et Antonin-Artaud (13e) ont connu des blocages et des grèves depuis le 5 mars. Les enseignants du lycée Mongrand (6e) déclarent que plus de 90% des professeurs étaient en grève le 10 mars.

    Pour encourager à rejoindre le mouvement, « un travail de sensibilisation a été conduit », explique Maria Ignacio, enseignante au lycée Antonin-Artaud (13e) et membre du Snes-FSU 13. Elle raconte qu’une « assemblée générale des établissements en lutte s’est réunie le 10 mars pour décider collectivement des actions », mais aussi que « des temps de discussion avec les élèves et parents d’élèves sont organisés pour éclairer les raisons de la mobilisation ». À l’initiative du Mouvement des parents d’élèves 13 (MPE13) une réunion d’information s’est d’ailleurs tenue au lycée Montgrand lundi soir.

    Le 17, un rassemblement est prévu à 11h aux Réformés à Marseille, avant de se rendre à la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN), où une demande d’audience a été déposée par les syndicats. Une AG des personnels en lutte se tiendra ensuite à la Bourse du travail à 14h.

    Faire converger les luttes

    Le mouvement de colère a démarré quand l’annonce des dotations horaires globales (DHG) pour la rentrée 2026, qui déterminent les heures d’enseignement dans les établissements, a révélé des réductions considérables dans de nombreux lycées du département. « On accuse le coup d’années successives de restrictions budgétaires qui obligent à une gestion de la misère. On demande simplement des moyens à hauteur des besoins, pour préserver le service public de l’éducation », fulmine Marthe Bonifay. « Et les élèves comprennent parfaitement les enjeux, ils savent qu’ils vont en payer les frais. » Le lycée Diderot était de nouveau bloqué par les lycéens ce lundi. Elle conclut : « Face à la stratégie de division du rectorat qui cherche à nous mettre en compétition pour la distribution des heures, nous appelons à un mouvement de convergence de la lutte. » Une nouvelle journée de grève a déjà été annoncée par les syndicats le 26 mars, à l’échelle nationale cette fois-ci.

  • Transfert forcé des demandeurs d’asile

    Transfert forcé des demandeurs d’asile

    Ils ont fui la guerre, les conflits armés, la persécution, la torture, la prison, ont été placés dans un centre d’accueil de Sisteron, et vont devoir encore déménager sous la contrainte. 51 demandeurs d’asile vont être transférés au centre d’accueil de Digne-les-Bains, celui de Sisteron devant fermer ses portes entre avril et juin. Pour l’association qui leur vient en aide, Solidarité Réfugiés Sisteron, il n’y a pas de doute : « C’est une question d’argent et d’économies. » À Digne-les-Bains, ils seront hébergés dans un centre où se trouvent déjà plus de 130 autres demandeurs d’asile, dans des chambres partagées, dans un ancien hôpital, avec des conditions bien moins confortables.

    « L’impression

    d’être un objet »

    Les deux anciens travailleurs sociaux du centre d’accueil n’avaient déjà pas été remplacés à leur départ, laissant un avenir incertain pour le site, sur lequel il ne reste plus qu’une seule travailleuse sociale pour les 51 demandeurs d’asile. « On est consternés. On a travaillé pour les intégrer. Trois familles ont des enfants scolarisés à Sisteron », regrette André Bach, le président de l’association Solidarité Réfugiés Sisteron. Une famille rwandaise vient notamment d’arriver dans le centre de Sisteron il y a à peine trois semaines, et va déjà devoir repartir. D’autres viennent d’Afghanistan, de Syrie, du Bangladesh, de la Côte d’Ivoire, du Nigeria ou encore du Soudan.

    « Cela les affecte tous. Certains sont déjà dans une situation très instable. D’autres sont là depuis un moment et ont pris leurs marques », déplore Michèle Giamarchi, qui leur donne des cours de français. « Ils ont déjà l’angoisse liée à leur statut, et on les fait déménager, changer d’intervenant social. » La première chose dont ils se sont inquiétés quand ils ont appris leur transfert, c’est les cours de français. À Digne, ils n’auront qu’un seul cours par semaine, alors qu’ils en ont actuellement cinq, grâce à l’association Solidarité Réfugiés Sisteron. « Il y en a un qui m’a dit “j’ai l’impression d’être un objet” », relate Michèle Giamarchi.

    Ce centre d’accueil avait été ouvert au moment du démantèlement de la jungle de Calais. Deux cars remplis de demandeurs d’asile étaient alors arrivés à Sisteron.

  • Comparutions immédiates : « une justice d’abattage » ?

    Comparutions immédiates : « une justice d’abattage » ?

    Chaque soir à 20h, du 11 au 14 mars, le théâtre Jean-Claude Carrière, situé au Domaine d’O, propose une représentation de la pièce de théâtre Léviathan, mise en scène par Lorraine de Sagazan. Fruit de nombreuses rencontres avec avocats, magistrats, victimes et détenus, ce spectacle s’intéresse aux lacunes de la justice institutionnelle, et en particulier aux comparutions immédiates. « Cette procédure simplifiée et expéditive, qui est une exception française, juge l’auteur présumé d’une infraction à sa sortie de garde à vue. Publique et durant en moyenne moins de trente minutes, elle est de plus en plus répandue et favorise largement l’incarcération puisque 70% des peines prononcées correspondent à des peines de prison ferme », indique Lorraine de Sagazan dans la note d’intention de son spectacle.

    Un spectacle auquel s’associe, dans le cadre d’un partenariat national, la Ligue des droits de l’Homme (LDH). En amont de la dernière représentation, samedi 14 mars, la section locale de Montpellier organise donc, de 16h à 18h au théâtre Jean-Claude Carrière, une table ronde sur le sujet.

    « Prime à l’accusation »

    Se succéderont un avocat, un magistrat ainsi que des représentants du Spip (Service pénitentiaire d’insertion et de probation) et d’une association, Wake Up Café, qui vient en aide à cette structure officielle. L’avocat montpelliérain membre de la LDH Jean-Jacques Gandini animera cet échange, en amont duquel il a assisté à quatre audiences de comparutions immédiates au tribunal correctionnel de Montpellier.

    Le caractère expéditif de cette procédure, désormais massivement appliquée dans le cadre des mobilisations sociales (Gilets jaunes, réforme des retraites, émeutes dans les quartiers populaires), réduit les droits de la défense. « C’est est un moyen pour évacuer les flux. C’est une justice d’abattage, un peu caricaturale, où la prime est donnée à l’accusation et où la défense a une part congrue », résume Jean-Jacques Gandini. Qui pointe également le côté discriminant de cette procédure : « Les gens qui passent en comparution immédiate sont pratiquement tous issus des classes sociales défavorisées, avec des revenus très faibles quand ce ne sont pas des SDF. Il y a aussi pas mal d’étrangers, car précaires eux aussi. »

  • Un dimanche à deux urnes et des électeurs déboussolés

    Un dimanche à deux urnes et des électeurs déboussolés

    Deux électeurs piaffent à l’entrée de l’école Bernabo (15e), dont on peut rappeler que le flanc gauche conserve le vestige d’un bunker de l’occupant nazi qui verrouillait le chemin de la Madrague Ville en 1943. 83 ans plus tard, il est huit heures tapante quand le planton du bureau 1507 grimpe sur une chaise et hisse le drapeau tricolore. « Mais qu’est-ce qu’il fait, il dort le président ? » plaisante un électeur. « On ouvre dans cinq minutes dès que j’ai le feu vert ».

    497 bureaux de vote ont ouvert jusqu’à 20h pour accueillir 552 997 inscrits, 50 000 de plus qu’en 2020 avec un mode de scrutin qui a désarçonné, même en rabâchant aux électeurs les modalités du circuit à double urne. École élémentaire Arenc Bachas, (15e). 8h30. Une vingtaine de personnes ont déjà voté au bureau 1501. L’école en brique est particulièrement majestueuse. « Et vous n’avez pas vu la cour de l’école maternelle. Elle a été désimperméabilisée et végétalisée », glisse fièrement une ATSEM.

    À deux pas du Vieux-Port, le bureau 202 au centre d’animation, rue des Martégales, 2e, un préfabriqué posé sur les vestiges exceptionnels d’une villa gréco-romaine du Ve siècle avant notre ère. « 4% des 626 électeurs ont déjà voté à 9h », dit Gérard Azibi, le président du bureau, par ailleurs conseiller municipal en mairie de secteur qui s’attend à un dépouillement tardif. « La Marseillaise ? Vous avez l’air sympathique mais vous pouvez me montrez votre carte de presse ? » fronce une électrice avant de sourire : « On n’est pas du même bord mais presque. J’ai mis beaucoup d’énergie à m’inscrire et à venir voter. C’est plus direct pour voter pour le maire. Mais pourquoi ce n’est pas pareil pour la Métropole ? » interroge la sexagénaire.

    École élémentaire Grand Saint-Giniez, avenue de Mazargues : « Ah oui, bien sûr que c’est important de voter aujourd’hui même si on ne votait pas pareil qu’en 2020. Moi mon vote il est toujours le même et je ne vous dirai pas pour qui. Le scrutin pour Marseille est plus important pour mois car avec tous les problèmes qu’elle a, c’est une ville qui exige un bon maire », explique Delphine, quinquagénaire. Maison blanche, siège de la mairie de secteur des 9-10. Des assesseurs font comme partout œuvre de pédagogie pour répéter leurs explications sur le mode de scrutin. parfois il faut rattraper l’électeur dans le parc : « Eh Titi, reviens ! Tu n’as pas voté pour la mairie de secteur ! »

    « Je fais quoi ? Je le mets dans le PV et après ? »

    22% de participation à 11 heures au bureau 701 de l’école Madrague de Montredon, boulevard de la Verrerie, 8e, le plus au sud des bureaux de vote de Marseille. « Moi je le vois, tout part au vau-l’eau » grinche tout haut un électeur. « Mon dieu, ça fait une éternité que je suis pas revenu ici », sourit un nostalgique. « Ayé, A voté ! » s’écrit, jovial, un troisième. « Pour le résultat, ça sera peut-être une surprise. C’est ça la démocratie ! ». Midi, école Prado Plage, avenue du Commandant Rolland, 8e, sous la Cadenelle. Discrètement protégée par deux gardes du corps, la candidate Martine Vassal, visage fermé, fait une apparition en solitaire.

    Au bureau de vote 501, rue Chape (4e), petit moment de panique à 14h. Un électeur s’est trompé de file et a glissé dans l’urne de la mairie de secteur l’enveloppe destinée au vote pour la mairie centrale. Impossible de la récupérer. « Je fais quoi ? Je le mets dans le PV mais après ? » se demande un assesseur. « C’est compliqué pour nous aussi, c’est nouveau. » École élémentaire Bois Luzy, 12e : un écart notable de 35 électeurs à 16h sur les deux urnes du bureau de vote 1209. Certains, peut-être mal orientés, n’ont pas voté pour la mairie de secteur.

    Au Palais de la Bourse, c’est le grand calme au bureau 1399 dit dérogatoire car dédié essentiellement aux personnes détenues des cinq maisons d’arrêt des Bouches-du-Rhône et quelques Marseillais expatriés : 373 inscrits mais seulement 4 votants : 1,04% de participation à 18h quand les 140 Frioulais du bureau voisin étaient déjà 55% à avoir pris le bateau pour venir voter, l’urne par sécurité ne pouvant prendre la navette maritime.

    « Eh Titi, reviens ! Tu n’as pas voté pour la mairie de secteur ! »

  • Les élèves s’éduquent sur la protection des océans

    Les élèves s’éduquent sur la protection des océans

    Je ne suis pas prof aujourd’hui », répond Anne Mauffrey à une élève qui vient lui poser une question. La collégienne repart vers son groupe de camarades, quelques mètres plus loin sur la plage située sous le phare du Cap Couronne. Vendredi 13 mars, les CM2 de Carro et les 5e d’Henri Wallon ont participé à une journée d’exploration sur la Côte Bleue. Au programme : randonnée scientifique en bord de mer, observation de la biodiversité et identification des menaces pesant sur le littoral.

    L’enseignante de Sciences de la vie et de la terre à l’origine du projet, Anne Mauffrey, explique : « Ça se déroule ans le cadre de la participation de ma classe au concours pédagogique Oceano pour Tous, organisé par l’Institut océanographique de Monaco. Quand j’ai appris que la primaire bénéficiait d’une Aire marine éducative (AME), je me suis dit que c’était l’occasion de faire de la transmission de savoir ! »

    Des porteurs de parole

    Depuis 2020, cette zone de l’Anse d’Arnettes est « mise en valeur et protégée » par les élèves de classe de CM2 de Carro qui « repèrent les menaces qui pèsent sur elles », explique leur professeur Guillaume. Derrière, les enfants proposent des projets avec un principe : « Tout doit partir d’eux. »

    L’objectif de cette AME est simple : sensibiliser les jeunes à la question écologique. Et il est rempli. Mathilde et ses amies, toutes âgées de 10 ans, affirment : « On voudrait faire un sentier sous-marin, comme à Port-de-Bouc, pour mettre des panneaux qui donnent des informations sur les poissons et leur habitat. On a appris énormément de choses grâce à l’AME, sur la posidonie, le plancton, la chaîne alimentaire… Ça nous a donné envie de transmettre tout ce qu’on sait ! »

    Et ça commence ce vendredi, dans le cadre d’ateliers tantôt dirigés par les CM2, tantôt par les 5e. Pour Anne Mauffrey, les bénéfices de cette pédagogie sont nombreux : « Quand on met les enfants en position d’acteur, c’est là où ils se révèlent vraiment. Les fesses collées à la chaise toute la journée c’est bien, mais à un moment il faut transformer l’essai avec des projets, qui sont décloisonnés, où on mélange le français, les mathématiques, les sciences. Et surtout, on fait des élèves des porteurs de parole de la protection de mers et des océans. Chaque enfant a quelque chose à dire, peut nous aider sur ces grandes causes, et inversement ces grandes causes peuvent nous aider à sauver beaucoup de ces enfants. »

  • Atypique met en avant les fruits et légumes mal-aimés

    Atypique met en avant les fruits et légumes mal-aimés

    Les fruits et légumes qui ne correspondent pas aux standards de beauté, chez Atypique, c’est leur rayon. En compagnie de pommes, carottes et courges biscornus, le distributeur spécialisé dans les produits déclassés de saison et labellisés, est présent à la première édition de Sirha Méditerranée, du 15 au 17 mars au parc Chanot, le nouveau rendez-vous des professionnels de la restauration.

    Collaborant depuis 2024 avec plus de 50 producteurs locaux et 150 clients professionnels dans la région, Atypique souhaite s’implanter davantage et rencontrer les restaurateurs.

    L’histoire de ce grossiste commence par un constat. « Mes parents sont agriculteurs et avaient beaucoup de mal à commercialiser leurs fruits et légumes hors standard, donc ils les gaspillaient », explique Simon Charmette, 33 ans, un des cofondateurs.

    Acheter les invendus chez les producteurs, puis les vendre à des restaurations collectives et commerciales, le circuit est simple. Des produits destinés aux cantines scolaires, cantines d’entreprises, cafés, restaurants…

    45 tonnes de gaspillage évitées par mois

    Les produits sont de qualité même s’ils ne respectent pas les normes des grandes surfaces et sont avantageux par leur prix. « L’enjeu est de les aider à aller vers des produits de meilleure qualité, utilisables en cuisine, tout en respectant leur budget », indique Simon. Sur le territoire régional, ils « sauvent » chaque mois 45 tonnes de fruits et légumes du gaspillage.

    Ils travaillent avec des producteurs locaux de Châteaurenard, Aix-en-Provence et Toulon. « Nous valorisons ces produits pour apporter un complément de revenu aux producteurs qui les avaient gaspillés jusqu’à maintenant. »