Category: societe

  • [Entretien] Jean-Luc Beccari, directeur du Sdis 13 : « Pensez à nous, au bout du bout, il y a des vies »

    [Entretien] Jean-Luc Beccari, directeur du Sdis 13 : « Pensez à nous, au bout du bout, il y a des vies »

    La Marseillaise : Le risque incendie était estimé sévère ce jeudi 23 juillet, comment appréhendez-vous cette nouvelle alerte ?

    Jean-Luc Beccari : Avant de vous répondre, je voulais rendre hommage à nos collègues de Savoie et de Gironde, puisque ce sont trois sapeurs-pompiers qui sont décédés depuis le début de la saison, et qu’on a en tête leur sacrifice. On appréhende cette journée avec beaucoup de préparation, on sait faire. C’est une des journées où les indicateurs de risque sont les plus importants depuis le début de la saison, même si depuis mi-juin, on en a eu une succession. Aujourd’hui, quasiment 980 sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône sont prêts, dans leurs casernes, ou prépositionnés sur le terrain, pour faire face aux opérations de secours courantes, mais aussi surtout au départ de feu que l’on pourrait avoir dans des conditions de sécheresse et de vent extrêmes sur certaines zones du département.

    Concrètement, que se passe-t-il quand un feu est détecté ?

    J.-L.B. : Très souvent, c’est un appel de secours par un témoin qui voit une fumée ou directement le feu du bord de la route. Sur le 18 et le 112, on le prend en compte directement. La détection peut aussi se faire par notre réseau de vigies, une trentaine, positionnées sur des points hauts des massifs forestiers. L’ensemble de ces éléments sont récupérés ici, dans ce centre opérationnel, et vont nous permettre d’engager les premiers moyens d’intervention, souvent d’ailleurs des forestiers sapeurs du Conseil départemental qui maillent, avec 60 patrouilles, le territoire. Et on va faire converger les moyens de secours des casernes et du dispositif préventif que vous voyez derrière moi prépositionné sur le terrain.

    Quel premier bilan tirez-vous
    de cette saison par rapport
    à la précédente
     ?

    J.-L.B. : Nous avons eu 379 départs de feu depuis le 1er juin. C’est plus que l’an passé, mais les surfaces sont contenues. Pas moins de 95% des feux sont éteints avant d’atteindre les 5 hectares. L’an passé, nous avions eu trois feux qui avaient pratiquement créé la totalité de la surface. Mais soyons humbles, on a une grosse journée à passer, et surtout, nous sommes le 23 juillet, notre saison est encore devant nous.

    L’usage de nouvelles technologies, comme les caméras dotées d’intelligence artificielle, est-il un atout ?

    J.-L.B. : Ces caméras intelligentes sont pour l’instant expérimentales, utilisées en « back-up » du dispositif humain. Il faut les mettre à l’épreuve du réel car on a beaucoup d’activités autour des massifs et du monde qui circule sur les routes. Trois projets sont en cours, on en tirera des conclusions en octobre.

    Vous insistez aussi sur
    la prévention. Quel message souhaitez-vous faire passer
    à la population
     ?

    J.-L.B. : Tout notre dispositif a, bien évidemment, une limite. Celle des départs de feu multiples, celle de l’imprudence qui peut créer des départs de feu dans des zones extrêmement dangereuses, et aujourd’hui, malgré notre mécanisme mis en place, rien ne peut être plus efficace que le comportement de la population dans ces journées à risque. Alors quoi dire ? Pensez à nous ? Pensez à ceux qui sont tombés il y a quelques jours en Gironde. Pensez à eux quand vous êtes en voiture et que vous êtes tentés de jeter votre mégot par la fenêtre. Pensez aussi à ceux qui perdent leur maison. Peut-être, alors, que vous ne ferez pas un barbecue en bordure de massif cet après-midi ou que vous ferez très attention si vous voulez couper un métal avec une disqueuse à proximité d’un massif forestier. Plus de 90% des incendies sont d’origine humaine. Cette mobilisation de chacun est indispensable. Et c’est pour ça que, même si on le répète sans cesse, il va falloir aussi vraiment mobiliser les gens. Au bout du bout, il y a des vies et il y en a trois qui sont tombées, c’est déjà trois de trop.

    Alors que les incendies sont
    de plus en plus précoces
    et intenses, pensez-vous qu’il faille revoir votre doctrine, l’attaque massive des feux naissants
     ?

    J.-L.B. : Je pense que les grands principes de notre stratégie nationale sont toujours bons. Même si dans leur mise en œuvre, il y aura toujours de l’amélioration continue. L’évolution majeure est à avoir dans nos réflexions autour de l’aménagement du territoire. Il faut absolument qu’on réfléchisse au cloisonnement de nos massifs, à l’aménagement agricole et aux coupures vertes, à réinvestir les espaces qui peuvent être en friche, à travailler sur des ceintures peut-être vertes autour d’un certain nombre de villages, dans certaines configurations. L’aménagement DFCI pour « Défense de la forêt contre l’incendie », est capital pour accéder également aux massifs. Et puis il y a les obligations légales de débroussaillement. Il faudra, quoi qu’il en soit, passer un cap. Parce qu’on a encore trop de situations où la lutte et la défense des points sensibles sont rendues extrêmement compliquée, voire dangereuse, parce que l’habitation ou les accès ne sont pas débroussaillés, parce qu’il n’y a pas d’eau disponible et parce qu’on a de la voirie, parfois, qui ne nous permet même pas d’accéder avec nos véhicules sur des lieux habités. L’enjeu immédiat est probablement d’intervenir de manière plus conséquente et plus forte pour arriver à améliorer la « défendabilité » des zones d’interface entre habitat et forêt. Une oliveraie, une vigne entretenue, ou l’agro-pastoralisme qui existaient quand nous avons investi notre espace rural ou péri-rural et qui, petit à petit, ont perdu du terrain, peuvent aussi réellement être de nouveaux outils.

  • Justice sociale à l’agonie

    Justice sociale à l’agonie

    Par Léa Talrich, Avocate au Barreau de Marseille

    Hier, Mme Harcelée a saisi le conseil de prud’hommes de Marseille pour faire cesser le harcèlement qu’elle subit dans son travail, en payant un timbre de 50 euros. L’audience de conciliation, la première d’une série d’au moins trois audiences avant qu’un jugement soit rendu, a été fixée en février 2027. Une décision arrivera au plus tôt en 2028. Et pendant ce temps, sa souffrance s’aggrave. Depuis plusieurs mois, le conseil de prud’hommes attend des greffiers. En sous-effectif, ceux en poste sont épuisés et ne peuvent pas se dédoubler. Sans greffiers, pas d’audience. Sans audience, pas de droits.

    M. Blessé a subi un accident de travail il y a six mois. La Sécurité sociale n’a pas voulu reconnaître le caractère professionnel de l’accident. Il a saisi le Pôle social du tribunal judiciaire hier, en payant un timbre de 50 euros. La justice en a accusé réception. Il recevra l’information d’une date d’audience dans un an et demi. La décision sera peut-être rendue dans deux ans. Espérons qu’il sera guéri d’ici là, bien que cela rende le contentieux inutile.

    Mme Exploitée attend qu’on lui paie ses heures supplémentaires, réalisées par centaines dans son ex-entreprise de l’hôtellerie-restauration. Elle a saisi le conseil de prud’hommes gratuitement en 2020. Elle a eu un jugement en 2022. Son employeur a fait appel. Et elle attend depuis maintenant quatre ans qu’une date d’audience soit fixée. Faute de magistrats, les chambres sociales de la Cour d’appel d’Aix-en-Provence sont incapables de juger avant 4 ans d’attente.

    La justice des droits sociaux est (mal)traitée à l’image des droits qu’elle est supposée garantir. Alors que le choix du contentieux est souvent le dernier recours des justiciables, ils et elles font face à un mur de silence, de désintérêt et de mépris. Les personnels de justice sont essorés jusqu’à être contraints de se désensibiliser pour survivre à leurs conditions de travail indignes.

    Lorsque ce constat s’aggrave d’année en année, Monsieur Darmanin n’a rien trouvé de mieux pour dissuader les précaires de faire valoir leurs droits que de rendre l’accès au service public de la justice payant. 50 euros, c’est le prix de la honte du système judiciaire français. Si la justice sociale est l’outil de rééquilibre pour celles et ceux qui sont les plus faibles, le gouvernement veut détruire la balance. Lentement, en épuisant par le silence judiciaire.

    Le seul moyen de combattre le silence est le bruit. Intéressons-nous aux contentieux du travail, de la sécurité sociale, du handicap, car il s’agit souvent de récits de toute une vie, qui méritent mieux que d’être ignorés. Le service public de la justice a besoin de finances, de personnels et de délais raisonnables. Exigeons des moyens à la hauteur des besoins, nombreux, de celles et ceux qui subissent la violence du travail.

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  • [C’est l’été] Fête du Thor à Sisteron

    [C’est l’été] Fête du Thor à Sisteron

    Au programme : de nombreuses animations, des attractions foraines, une offre de restauration sur place et, bien sûr, le traditionnel feu d’artifice du dimanche soir.

  • [C’est l’été] Bivouac avec les ânes à Montbrand

    [C’est l’été] Bivouac avec les ânes à Montbrand

    Direction un petit coin de paradis où vous installerez votre camp et celui des ânes pour la nuit. Après un repas préparé et pris en commun, il restera à observer le spectacle du ciel et à s’endormir paisiblement. Le retour est prévu le lendemain, après le petit-déjeuner.

    Dès 16h et jusqu’à 11h30.
    Entre 35 et 55
     euros

  • [C’est l’été] La fabrique du Berlingot à Carpentras

    [C’est l’été] La fabrique du Berlingot à Carpentras

    Assistez à la cuisson du sucre dans des poêlons en cuivre, au travail du sucre liquide sur une table froide, au façonnage des raies blanches si caractéristiques du Berlingot de Carpentras, puis à sa mise en forme. Sans oublier la dégustation d’un berlingot encore chaud ! Une expérience unique à vivre à la Confiserie du Mont-Ventoux.

    Visite gratuite sur rendez-vous au 04.90.63.05.25

  • [C’est l’été] Jérôme, secouriste,premier de cordée

    [C’est l’été] Jérôme, secouriste,premier de cordée

    C’est lui qui est en première ligne quand il s’agit de descendre de l’appareil… Jérôme Gouiran, secouriste, trente années de marins-pompiers au compteur, fait aussi partie, depuis 1998, de la section du Grimp (Groupe de reconnaissance et d’intervention en milieu périlleux) et intervient depuis 4 ans depuis la base hélicoptère de Marignane.

    Si « chacun a sa place », comme sur « un échiquier », son rôle est d’aborder le premier la victime. « C’est moi qui vais au contact, assure la préparation de l’intervention », explique-t-il. « Je dois faire un bilan rapide pour qu’on puisse transmettre au médecin, savoir si la victime est consciente ou pas, si c’est un blessé léger ou grave. Et, à partir de là, on mettra en place une stratégie pour pouvoir l’évacuer », poursuit Jérôme. Cela peut être au moyen d’un triangle « comme une espèce de couche de bébé avec des anneaux où on va l’accrocher et on va pouvoir l’évacuer », en baudrier ou en civière. Il se souvient être intervenu sur le cas d’un marcheur qui est allé se promener sur un sentier puis a débordé sur une falaise, coincé. « Il ne pouvait ni reculer, ni avancer, ni monter, ni descendre. Il était pris au piège », détaille Jérôme.

    Mais, avant tout ça, il faut assurer la sécurité pour « éviter le suraccident ». Si la victime est « déjà tombée, le fait de bouger, qu’elle ait mal, elle peut rouler, c’est déjà arrivé, et subir une deuxième chute. Ça, pour nous, c’est une horreur », raconte le secouriste, qui doit aussi agir sur l’environnement du blessé. « Il faut sécuriser le relief. Le souffle des pales peut faire chuter des branches, des pierres », poursuit Jérôme. À l’aide d’une corde, il va installer une « main courante », pour permettre au médecin, à l’infirmier ou d’autres équipiers de venir l’aider à « conditionner la victime », comme « en montagne quand vous êtes encordés ». Tout ça en restant calme, concentré et en s’adressant constamment au blessé, pour le rassurer.

    « Pour faire ce métier, déjà, il faut aimer les gens. Si on n’a pas ça en nous, on ne peut pas le faire », explique Jérôme, « que ce soit des personnes qui sont en détresse ou à quelqu’un qui gagne bien sa vie, on ne fait pas de différence ».

    Un métier de rêve qui se réalise

    Pour lui, c’est aussi « un hobby ». Il sourit. « Je m’éclate dans ce que je fais. On est un peu des gamins… Quand vous êtes petit, vous regardez des dessins animés, vous regardez des films, vous vous dites “plus tard, j’aimerais être ça“. Et ce rêve se réalise par du travail bien sûr, mais ça nous amène à ce métier-là et c’est génial. » Il y a aussi évidemment l’esprit d’équipe. « De venir ici, sur la base, de travailler avec tout le monde au quotidien, ça n’a pas de prix parce qu’on est liés entre nous, comme une ligne de vie. On connaît nos limites, nos défauts, nos forces… », précise-t-il. Il estime également avoir la chance de travailler dans un environnement exceptionnel. « Quand il fait beau, qu’il y a le soleil, qu’il n’y a pas de vent, c’est beau de voler, on ouvre la porte, c’est magnifique de regarder le paysage, de faire une intervention qui se passe très bien. » Même si « ce n’est pas le quotidien », nuance-t-il. Le quotidien, « c’est quand il se met à pleuvoir ou à neiger, ou qu’il y a du vent. Des conditions météorologiques défavorables et là, ça amène effectivement un peu de stress pour tout l’équipage », témoigne-t-il, « et c’est là que rentrent en jeu les entraînements pour nous préparer au pire ».

    Chaque intervention est unique, et surtout imprévisible. « On part pour quelque chose de facile et c’est là qu’on tombe dans le piège : ça se complique, l’hélico doit être près de la paroi, il faut me déposer à côté… Ou alors l’inverse : vous partez sur quelque chose de très compliqué et finalement, vous vous posez, vous récupérez la victime et vous repartez », poursuit Jérôme.

    Pour tenir le choc sur le long terme, pas de recette miracle. « Je fais partie d’une génération où il n’y avait pas de suivi psychologique. Une fois qu’on avait terminé l’intervention, on rentrait en caserne, on buvait un café, on parlait, on sortait entre nous et on dédramatisait le truc. On était une famille, ce qui s’est un petit peu perdu à cause des réseaux sociaux, des portables… Mais on s’est constitué une carapace », assure-t-il.

    Le plus dur : être confrontés au quotidien à la mort, une mort parfois « sale » où « le corps peut être abîmé par la chute, et là c’est autre chose », soupire Jérôme. S’il ne lui vient pas en tête de faits marquants de sa carrière, il convient que porter secours à un enfant reste une épreuve : « On a beau avoir de la bouteille, c’est toujours compliqué. » Sinon, techniquement, il se remémore tout de même cette intervention difficile, « de nuit, dans une paroi très abrupte avec énormément de vent ». « Là, on sent que la machine bouge, que le pilote est à 200% de ses capacités, que le mécano aussi est là pour nous guider… Et quand on arrive à sortir la personne de là, qu’on referme la porte de l’hélico et qu’on se regarde tous, il n’y a pas besoin de parler. On sait qu’on a fait quelque chose de fort ensemble », assène-t-il.

    Mais le temps est venu pour Jérôme de raccrocher*. « J’arrive à la fin de mon cursus au niveau de la base. Aujourd’hui, c’est quasiment mon dernier vol. Je risque d’en faire deux encore, dont un avec mon fils, parce qu’il est rentré lui aussi aux marins-pompiers et fait partie du Grimp. La relève est assurée », se félicite-t-il. Alors oui, « le bruit des pales, l’odeur du kérosène et la sensation de vide au bout d’un câble », vont lui manquer. Mais il l’assure : « C’est une page qui se tourne, mais le livre était magnifique. »

    * Depuis, Jérôme Gouiran a été élu maire de Gignac-la-Nerthe

  • [C’est l’été] La peste de 1720 s’invite à Saint-Rémy-de-Provence

    [C’est l’été] La peste de 1720 s’invite à Saint-Rémy-de-Provence

    Pour la septième année consécutive, la bibliothèque municipale de Saint-Rémy-de-Provence invite le public à découvrir son escape game estival, accessible gratuitement du mardi au vendredi à partir de 18h30, et ce jusqu’au 22 août.

    Quand la peste frappe

    Avec ce nouvel escape game intitulé « 1720 : le grand fléau », l’intrigue plonge les participants au cœur de la terrible épidémie de peste qui frappe Marseille en 1720. En famille ou entre amis, les joueurs devront relever le défi en résolvant une série de mystères et d’énigmes pour espérer venir à bout de l’aventure. Pour y parvenir, ils disposeront d’une heure et demie, pas une minute de plus. Les sessions sont ouvertes à des groupes de quatre personnes minimum.

    Les enfants à partir de 10 ans sont les bienvenus pour cette animation proposée en français et en anglais. La réservation est toutefois obligatoire.

    Infos et réservation : 04.90.92.70.21

  • À Aix, une première « proposition » pour sauver l’Hôtel de Venel

    À Aix, une première « proposition » pour sauver l’Hôtel de Venel

    Après l’Hôtel de Caumont, le bâtiment d’Austerlitz de l’Espace Forbin, la Ville cède désormais l’ancien Hôtel de Venel. Un appel à candidature, ouvert jusqu’au 21 août, vient d’être diffusé sur le site de la Ville.

    Dans la foulée, Stéphane Salord, délégué Génération écologie pour le Pays d’Aix, qui se définit comme « citoyen, acteur engagé en faveur de l’économie sociale et solidaire », veut proposer une « solution » pour conserver ce bout de patrimoine du XVIIe siècle, pour éviter une « vente sèche ». « Le scénario est toujours le même : d’un côté, une municipalité qui invoque le coût de l’entretien, la lourdeur de la rénovation, la nécessité d’équilibrer son budget ; de l’autre, des habitants et des amoureux du patrimoine qui redoutent qu’un bien commun, transmis de génération en génération, ne bascule définitivement dans des mains privées et ne se ferme au public », constate Stéphane Salord, par voie de « tribune grand public ».

    Lui, propose un bail emphytéotique administratif « plutôt qu’une vente, un projet d’avenir plutôt qu’une transaction ». Selon lui, ce dispositif permettrait à un opérateur de financer la restauration et l’entretien du monument, en amortissant son investissement, sans que la commune n’en perde la propriété. La solution préserverait le patrimoine communal tout en évitant à la Ville de supporter le coût des travaux. Il demande « une réflexion publique sur une solution alternative ».

  • [Entretien] Ghislain Gauthier, CGT Spectacle : « Le gouvernement veut nous faire la peau »

    [Entretien] Ghislain Gauthier, CGT Spectacle : « Le gouvernement veut nous faire la peau »

    Entretien

    La Marseillaise : Quel bilan dressez-vous de ce 80e Festival d’Avignon ?

    Ghislain Gauthier : On sent bien que l’enjeu, pour nos secteurs, est de faire exister ce sujet pour la présidentielle, à un an de cette échéance. Dans les débats, la crise était sur les lèvres de tout le monde. Au niveau de la liberté de création, on sent que l’étau se resserre en ce moment, sans oublier la question des financements publics, qui sont en chute libre depuis deux ans.

    Pourquoi ces coupes budgétaires sont-elles sans précédent ?

    G.G. : Elles sont déjà inédites par leur ampleur, car on peut compter plusieurs millions d’euros qui manquent au secteur. L’état et certaines collectivités territoriales se sont désengagés conjointement des financements de la culture. Ce qui est inédit aussi, c’est que la culture est considérée comme une variable d’ajustement au nom de la résorption du déficit public. Il y a donc moins de projets qui se font. On est pourtant très nombreux à travailler : environ 250 000 personnes dans le spectacle vivant et le secteur audiovisuel. On a le sentiment que les politiques ont abandonné le champ culturel et ne le considèrent pas comme un enjeu pour le pays. Il y a deux sujets pour nous : on continue de se mobiliser pour un financement public de la culture à hauteur de 1 % du budget de l’État, mais aussi au niveau local pour ramener les collectivités autour de la table et regagner ces budgets, car la situation de l’emploi est catastrophique.

    La CGT parle d’une « catastrophe sociale » à venir…

    G.G. : Beaucoup de personnes n’arrivent pas à faire leurs heures en tant qu’intermittents. Il y a aussi une dégradation des conditions de travail. Tout ce qu’il se passe dans le Off d’Avignon est un scandale. On nous a indiqué, dans plusieurs endroits, qu’il n’y avait aucun jour de relâche pour les salariés. Ou encore des conventions de stages conclues, pour certains, afin de tenir la billetterie le matin et l’après-midi, puis ils ont un contrat de travail pour faire le bar, ont des horaires à rallonge avec un non-respect des 11h de repos minimum par jour. Sans compter le travail sous des chaleurs excessives et sous des préfabriqués… Les conditions d’accueil des compagnies sont aussi très difficiles.

    Qu’en est-il de la grève qui se profile en septembre pour les travailleurs
    du monde de la culture
     ?

    G.G. : Cela fait deux ans qu’on essaye de mobiliser notre secteur. Là, on a décidé de passer un cran. On annonce donc une semaine de mobilisation et de grève à partir du 21 septembre. On a le sentiment que le gouvernement veut nous faire la peau. Notre mouvement est essentiel par rapport au budget à venir et la présidentielle va être déterminante pour nos professions, avec l’extrême droite aux portes du pouvoir. Nous sommes déterminés à nous battre pour nos emplois et nos salaires. 95 % des personnes qui travaillent dans le spectacle sont des prolos. C’est insupportable d’entendre qu’on est dans l’entre-soi. On a du mal à payer nos loyers et à finir le mois. La colère est bien là. Ça devient une question de survie.

  • Le feu ralentit dans les Hautes-Alpes, les écologistes montent au créneau

    Le feu ralentit dans les Hautes-Alpes, les écologistes montent au créneau

    L’incendie à Bois noir avait parcouru 260 hectares jeudi soir, mais sa progression ralentit et est désormais « très lente », avec environ « 20 à 25 hectares parcourus par jour », selon la préfecture des Hautes-Alpes. 220 personnels étaient engagés jeudi, dont 60 sapeurs-pompiers haut-alpins, appuyés par des militaires, des bûcherons ou encore des agriculteurs équipés de camions-citernes. La priorité reste de protéger les hameaux, mais « un risque demeure du fait de vents très forts et de conditions météo très défavorables », a indiqué la préfecture jeudi soir. L’un des hélicoptères mobilisés, affrété par le département et la Communauté de communes, avait déjà réalisé 67 largages jeudi matin. Des citernes ont par ailleurs été installées. Cinquante personnes du camping Les Allouviers, à Freissinières, ont dû être évacués jeudi soir.

    « Une catastrophe écologique »

    Après les maires et les habitants haut-alpins, les écologistes sont à leur tour montés au créneau et ont déploré dans un communiqué jeudi les délais d’intervention : « Les écologistes haut-alpins dénoncent la gestion catastrophique du préfet. Nous demandons que cette erreur de jugement serve de leçon. En montagne, la configuration du terrain devrait impliquer un principe de précaution, en engageant dès le début des moyens aériens pour éviter une extension impossible à maîtriser ». Selon eux, « le préfet n’a pas cru bon d’envoyer des moyens aériens » pour attaquer le feu rapidement, « ce qui aurait permis de le fixer avant qu’il ne prenne la dimension que nous constatons aujourd’hui. C’est à une catastrophe écologique que nous assistons », ont déploré les Verts. « Devrons nous attendre passivement que la pluie daigne éteindre le feu ? Nous assistons une fois de plus aux conséquences de l’inaction climatique et au manque de moyens alloués par l’État. »