Category: social

  • Bras de fer autour de la CDIsation d’un surveillant

    Bras de fer autour de la CDIsation d’un surveillant

    Au terme d’une mobilisation de longue haleine, les assistants d’éducation (AED), souvent appelés surveillants, ont obtenu, en septembre 2022, la publication par le ministère de l’Éducation nationale d’un décret autorisant leur CDIsation. Ces personnels précaires « qui travaillent 41 heures par semaine pour 1 400 euros par mois avec des contrats d’un an faits au bon vouloir des chefs d’établissement pour les maintenir sous pression, étaient les seuls personnels non-titulaires de la fonction publique qui ne se voyaient pas proposer de CDI après 6 ans de service dans les établissements scolaires », explique Karine Abauzit, enseignante en lycée professionnelle dans l’Aude et militante Sud Éducation.

    Depuis, nombre d’entre eux tentent de faire valoir ce droit fraîchement obtenu dans leurs académies respectives. « La plupart essuient des refus. On se bat poste par poste pour obtenir des CDI », confie Karine Abauzit. « Esteban avait reçu un avis favorable de son chef d’établissement, il y avait des besoins dans son lycée de Lézignan », poursuit-elle. Le Rectorat a néanmoins refusé sa CDIsation, ce qui a débouché, entre 2023 et 2025, sur deux années de procédures juridiques qui se sont soldées par une décision victorieuse pour l’AED, le tribunal administratif ayant ordonné sa CDIsation. « La première décision de ce type à ma connaissance », souligne l’avocate montpelliéraine Sophie Mazas, qui assure la défense d’Esteban Jimenez.

    « Le rectorat a modifié les conditions de son contrat »

    L’histoire aurait pu s’arrêter là. Sauf qu’à la réception du contrat début janvier, « le Rectorat lui impose de travailler à plus de 100 km de chez lui, sans proposition préalable pour les transports, sur un poste comportant deux nuits par semaine, sachant qu’il a ses deux enfants en garde alternée », énumère l’avocate. Le tout « avec 8 jours pour signer ». Mission impossible pour Esteban, dans l’impossibilité de réorganiser sa vie en si peu de temps. « Le Rectorat, ce faisant, a modifié les conditions de son contrat en opérant une mutation de sa résidence administrative, qui correspond normalement à son établissement d’origine, à Lézignan  », souligne Me Mazas.

    Un argument qu’a fait valoir la délégation reçue ce jour-là au Rectorat dans l’espoir de trouver une solution. « Le Rectorat ayant été enjoint de proposer un CDI avant le 5 février, ses représentants disent qu’ils ont fait ce qu’ils ont pu, à savoir proposer le seul poste qu’ils avaient. Nous leur avons signifié que la règle étant de respecter la résidence administrative, ils auraient dû lui proposer un poste à Lézignan », rapporte Karine Abauzit. Les deux parties se sont quittées sur l’engagement, pris par le Rectorat, que « des efforts seraient faits pour trouver un poste plus près. M. Jimenez devrait être contacté d’ici le 20 février. De notre côté nous avons maintenu que si le poste n’était pas sur le lieu de la résidence administrative, nous saisirions une nouvelle fois le tribunal. »

  • Face à la crise, une sécu du logement comme solution

    Face à la crise, une sécu du logement comme solution

    La Confédération nationale du logement (CNL) de Vaucluse tenait ce vendredi un forum en Cité des Papes, au cours duquel a été abordée une proposition qu’elle porte fièrement : la sécurité sociale du logement.

    Devant quelques élus de la ville et du Département, tous de gauche, ainsi que des habitants, le président national de l’organisation, Eddie Jacquemart, présentait cette proposition comme une solution alors que « tous les voyants sont au rouge », expose-t-il. Il évoque 3 millions de personnes qui attendent un logement social et 10 millions de personnes « mal logées », pour « seulement » 80 000 logements sociaux construits en 2025.

    Face à cette situation, la CNL présente depuis l’an dernier une proposition de « sécurité sociale du logement » pour « donner espoir aux habitants car cela ne doit pas continuer comme ça », explique Eddie Jacquemart. Une mesure qui permettrait à toute personne « qui a eu un accident de la vie, comme le décès d’un proche, un divorce ou la perte d’un travail » de bénéficier d’une « indemnité de sécurité locative jusqu’à 24 mois, de façon dégressive », ainsi que « du droit au maintien dans les lieux inconditionnel pour tous les ménages et de loyers accessibles, encadrés et ajustés aux revenus ». Le tout serait suivi d’un accompagnement social. « Il y a plus de 80 ans, on a réussi à mettre en place la sécurité sociale alors que le pays était en ruine. On doit pouvoir y arriver aussi. On est le 7e pays le plus riche au monde et on continue de jeter des gens dans la rue, comme au Moyen Âge. Il faut que ça cesse ! », appuie-t-il. Pour assurer une autonomie financière du système, la CNL imagine plusieurs possibilités, comme une réaffectation de fonds existants, tels que la garantie Visale, le Fonds de solidarité pour le logement ou l’impôt sur la fortune immobilière ; la mutualisation des dépôts de garantie ; ou encore une cotisation des bailleurs sur les loyers perçus, entre 1% et 2%. Le tout est décrit dans « Le manifeste pour la sécurité sociale du logement », à retrouver sur le site de la CNL.

    Criminalisation

    C’était également l’occasion d’interpeller les municipalités, ainsi que les candidats aux élections, sur les leviers qu’ils peuvent actionner. L’organisation a ainsi proposé ses « 25 orientations » à l’attention des listes en lice, comme par exemple encourager la construction de logements sociaux sur leur territoire, imposer des standards de qualité, encadrer les loyers et maîtriser les prix du foncier. Ou encore rendre obligatoire la mise à disposition de locaux collectifs résidentiels, favoriser l’information pour prévenir les expulsions locatives ou garantir la sécurité publique dans un cadre apaisé, par exemple en favorisant la présence de la police municipale et de travailleurs sociaux.

    « Chaque jour, la crise est plus aiguë, avec une extrême saturation des logements sociaux et la criminalisation des locataires les plus fragiles », insiste Michel Mus, président de la CNL de Vaucluse. Dans le public, Claude Nahoum, actuel 1er adjoint (Place publique) au maire d’Avignon, s’exprime, lui, sur « la difficulté de l’entretien du logement social », tout en insistant sur « l’exemplarité d’Avignon avec 35% de logements sociaux ».

  • Marseille : les quartiers Nord gardent leur Château en Santé

    Marseille : les quartiers Nord gardent leur Château en Santé

    Installé depuis 2021 au cœur du Parc Kalliste, proches des cités Granière et La Solidarité dans le 15e arrondissement de Marseille, le centre de santé pluridisciplinaire et expérimental s’est vu menacé par des coupes budgétaires impliquant la fin du dispositif Secpa, annoncée par le Premier ministre. De quoi soulever l’inquiétude parmi la population pour qui l’utilité de la structure n’était plus à prouver. Les équipes de soignants, d’assistantes sociales et de traducteurs s’étaient rassemblées le 6 février pour demander au gouvernement de sauver leur château. Un plaidoyer entendu au ministère de la santé le 17 février dernier et qui a permis à la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, de confirmer le maintien du dispositif et de son financement jusqu’à la fin de l’année. Un espace de travail pour préparer l’inscription des Secpa dans le droit commun est également ouvert.

    Relire Un plaidoyer populaire pour le Château en santé

  • À Eurenco, la direction pointe l’impact de la mobilisation

    À Eurenco, la direction pointe l’impact de la mobilisation

    Depuis le 20 janvier, chaque mercredi, plus d’une centaine de salariés du poudrier Eurenco (tout comme sur l’autre site Eurenco à Bergerac, en Dordogne), à Sorgues, se mettent en grève et se mobilisent devant le site pour de meilleures conditions de travail et de meilleurs salaires. Mais ce mercredi 18 février, la mobilisation s’est exportée aussi à quelques centaines de mètres de là, à Villa Park, où la direction a organisé un comité social et économique central (CSEC) extraordinaire.

    Pour aborder les revendications des syndicats ? « Non. Ils ont exposé la situation économique de l’entreprise à la fin janvier et ont expliqué l’impact de la grève. Mais n’ont proposé ni solutions ni rendez-vous. Une simple discussion sur la vie d’entreprise », confie Jérémy Caillé, secrétaire général CGT Eurenco. Une quarantaine d’employés s’étaient ainsi déplacés devant le siège « pour faire entendre leurs voix au directeur général qui, courageusement, ne s’est pas présenté devant eux », regrette le syndicat dans un post sur les réseaux sociaux. D’après Jérémy Caillé, tous les ateliers de fabrication étaient à l’arrêt de ce mardi 17 février à 20 heures jusqu’à ce jeudi 19 février à 4 heures du matin.

    Économies

    La CGT et FO demandent une revalorisation générale des salaires de 130 euros bruts pour chaque employé, la revalorisation de la prime d’ancienneté, une prise en charge plus importante de la mutuelle et de la prévoyance par l’entreprise, ainsi que la transformation des contrats d’intérim en CDI. « Mais au lieu de ça, on nous a fait comprendre qu’il faudra faire des économies sur certains services, avec les conséquences que cela peut avoir », assure le responsable syndical. La direction du site aurait évoqué des pertes de commandes et des retards de livraison pour certains clients.

  • L’Union locale CGT s’inscrit dans une lutte internationale

    L’Union locale CGT s’inscrit dans une lutte internationale

    L’Union locale CGT de Martigues adhérera à la Fédération syndicale mondiale (FSM) lors de son prochain congrès. Elle l’a annoncé ce jeudi matin, lors d’une matinée de formation sur le thème du syndicalisme international en présence de Matthieu Bolle Reddat, membre du secrétariat de la FSM.

    « C’est un débat qui peut faire un peu polémique puisqu’officiellement, au niveau confédéral, la CGT est à la Confédération européenne des syndicats (CES) et donc à la Confédération syndicale internationale (CSI) », rappelle-t-il. « En 1995, lors du même congrès, la CGT a laissé libre choix aux organisations d’adhérer à d’autres collectifs internationaux », développe le secrétaire général de L’UL Daniel Bretonès. Résultat des courses : Les unions départementales des Bouches-du-Rhône, du Val-de-Marne, du Nord ou encore les fédérations de la chimie, du commerce et de l’agroalimentaire ont rejoint la FSM.

    Construire des ponts

    À Martigues, les territoriaux ont déjà acté leur affiliation lors de leur dernier congrès. L’UL suit le mouvement. Daniel Bretonès explique : « Il nous semble, à Martigues, qu’elle représente plus nos orientations politiques et notre manière de militer dans une logique de coopération. » Matthieu Bolle Reddat reprend : « Il y a une idée de retour aux fondamentaux de lutte de classes anticapitaliste et anti-impérialiste. La pertinence pour une union locale d’avoir un échelon international, c’est de faire en sorte que l’internationalisme ne soit pas qu’un truc d’une espèce de bureaucratie syndicale, politique ou économique, mais qu’il existe dans nos entreprises. À l’heure où les grands dirigeants impérialistes construisent des murs entre les travailleurs, il faut que nous, syndicats, construisions des ponts et des solidarités parce que l’exploitation nous touche partout. »

  • [ArcelorMittal en quelques dates] une bataille politique et syndicale

    [ArcelorMittal en quelques dates] une bataille politique et syndicale

    23 avril 2025. Nationaliser : la solution des salariés

    Le 23 avril 2025, le couperet tombe, ArcelorMittal prévoit plus de 600 suppressions de postes dans le Nord de la France. Rapidement, les salariés portés par la CGT parlent de nationaliser l’entreprise pour sauver leurs emplois.

    13 mai 2025. Sophie Binet interpelle Emmanuel Macron

    Lors d’un débat télévisé, la cheffe de la CGT interpelle le président qui lui oppose une fin de non-recevoir : « non, je ne vais pas nationaliser ArcelorMittal », répond-il et l’assure « nous allons sauver et Dunkerque et Fos, je vous le dis les yeux dans les yeux ». Les salariés attendent toujours.

    30 octobre 2025. Le Sénat rejette la nationalisation

    Des paroles aux actes. Les sénateurs communistes soumettent au vote la proposition de loi de nationalisation d’ArcelorMittal dans leur espace réservé. Le texte est largement rejeté par la majorité sénatoriale de droite à 107 voix contre 235.

    26 novembre 2025. Les insoumis font adopter le texte

    Les députés insoumis s’emparent du texte qu’ils réussissent à faire adopter en première lecture lors de leur niche parlementaire du 27 novembre dernier à 127 voix contre 41. Une adoption rendue possible grâce aux autres groupes de gauche qui restent mobilisés pour ce projet.

    25 février 2026. Le projet de loi à nouveau devant les sénateurs.

    La navette parlementaire se poursuit au Sénat. Le groupe communiste présentera, une nouvelle fois, la PPL fraîchement adoptée dans la chambre basse de l’hémicycle. Rendez-vous le 25 février à 16h30, à l’issue de la séance de questions au gouvernement. 11 juin 2026. Un retour dans une niche à l’Assemblée ? En cas de rejet du texte au Sénat, les députés communistes ont d’ores et déjà prévu de poursuivre la bataille à l’Assemblée nationale. Leur chef, Stéphane Peu, envisage d’inscrire la PPL lors de la prochaine journée réservée du groupe prévue le 11 juin prochain.

  • Surendettement en hausse en Vaucluse chez les foyers les plus fragiles financièrement

    Surendettement en hausse en Vaucluse chez les foyers les plus fragiles financièrement

    En 2025, il y a 1 264 dépôts de dossiers de surendettement pour les particuliers en Vaucluse, soit une augmentation de 8,5% par rapport à 2024, avec 99 cas de plus. Un constat établi lors de la réunion de la commission de surendettement dans les locaux vauclusiens de la Banque de France ce mercredi 18 février à Avignon.

    Si ce chiffre n’a fait qu’augmenter ces dernières années, on constate une décélération de la hausse des dépôts, avec par exemple une progression de 16% entre 2023 et 2024. L’endettement médian des ménages surendettés atteint 20 849 euros. Un chiffre en hausse de 5%, qui reste toutefois assez largement au-dessus des moyennes régionale et nationale. Mais également « une dynamique » qui « demeure toutefois moins soutenue qu’au niveau régional (+13,6%) et national (+9,8%) », précise l’organisme dans un communiqué. « On revient au niveau de 2019, avant le Covid, soit un niveau à peu près habituel », glisse Christine Gord, directrice de la Banque de France Vaucluse.

    Traitement qui diffère

    La dirigeante de la Banque de France en Vaucluse, appuyée par la préfecture, représentée ce mercredi par le sous-préfet sur le départ Sébastien Maggi, assure que des « solutions concrètes et durables » ont été apportées. D’après les chiffres donnés dans un dossier, « 90% des dossiers traités ont bénéficié d’une solution pérenne, permettant un apurement total ou une restructuration durable de la dette ». Parmi les dossiers clos, un montant total de 24% de la dette a pu être effacé, dans une « logique de tendre une perche et de donner une deuxième chance dans une situation intenable sur le plan budgétaire et personnel », glisse Sébastien Maggi.

    Des dossiers notamment marqués « par la fragilité financière », les ménages surendettés présentant « des caractéristiques révélatrices de vulnérabilité sociale ». Ainsi, 93,8% sont locataires ou hébergés, 63,7% n’ont pas de personnes à charge et plus d’un tiers disposent d’un revenu inférieur à 1 222 euros par mois. « On accompagne toujours les personnes avec des travailleurs sociaux », précise Christine Gord. Selon les cas, la dette peut être étalée, voire même effacée, même si cela reste plus rare. « Notre objectif est de les aider à rembourser », précise toutefois la directrice.

    En cas de difficultés financières, appelez le 34 14

  • Christelle Thieffinne (CFE-CGC) en tournée électorale à Marseille

    Christelle Thieffinne (CFE-CGC) en tournée électorale à Marseille

    La guerre de succession de François Hommeril, actuel président de la CFE-CGC, passe par Marseille. Alors qu’il doit passer le flambeau après plusieurs mandats lors du congrès de juin prochain, Christelle Thieffine, candidate annoncée, est « venue prendre le pouls » des sections syndicales locales pendant deux jours. La salariée de Thalès, issue de la fédération de la métallurgie et secrétaire nationale à la protection sociale va faire face à Frédéric Guyonnet, banquier et président du Syndicat national de la banque (SNB) lors du scrutin. Elle a donc un programme chargé pour cette tournée électorale, entre visite du Centre de formation d’apprentis industriel (CFAI), rencontre avec les marins de Corsica Linea ou encore passage à la CMA-CGM. « Ce qui m’importe, c’est comment on arrive à défendre un modèle social face à un dumping. Je viens découvrir comment les équipes font face aux enjeux de décarbonation, sur l’étang de Berre et Fos », entame-t-elle, entourée de Pierre Maupoint de Vandeul, président de la CFE-CGC transport et logistique et officier de Corsica Linea et de Jérôme Yvernault pour la métallurgie. Elle défend notamment « la décarbonation et la transition écologique » mais à condition que ça ne se fasse « pas au détriment de la compétitivité des entreprises ».

    Rappelons que François Hommeril s’était attaché à casser l’image d’un syndicat réformiste pas vraiment contestataire attribué à la CFE-CGC, avec de nombreuses sorties de haute volée à l’encontre du gouvernement lors de la lutte contre la réforme des retraites (lire notre article du 07/10/2022). Le tout, en restant conciliant avec le patronat dans les négociations sur le terrain et dans les entreprises. Christelle Thieffine entend s’inscrire dans ses pas évoquant une « continuité ». Elle met en avant le « volet responsable de nos revendications » tout en taclant « certains observateurs du monde économique qui ne veulent pas du bien aux organisations syndicales ». « On a une voix atypique. On est la seule organisation représentative qui progresse d’élection en élection », développe-t-elle. En effet, le syndicat talonne Force ouvrière pour la troisième place en matière de représentativité au niveau national. Et se targue d’être la première organisation dans certains mastodontes dont EDF, Stellantis, chez les personnels sédentaires des entreprises de navigation ou encore au siège marseillais de la CMA-CGM.

    Le cas d’Alliance

    et l’extrême droite

    Reste le sujet épineux du très droitier syndicat de policiers Alliance, affilié à la CFE-CGC, à l’origine de manifestations fin janvier à laquelle ont participé de nombreux représentants de l’extrême droite, dont Marion Maréchal Le Pen ou encore Sarah Knafo. L’adversaire de Christelle Thieffine, Frédéric Guyonnet, était d’ailleurs au second rang à la manifestation parisienne. « On est un syndicat apolitique, on ne fait pas de politique politicienne. Tant que je serai là, on tiendra cette position », martèle Christelle Thieffine. Une référence à une lettre de François Hommeril critiquant la présence des dits élus. « Il y a eu de la réactivité des autres organisations, ce moment n’a pas été simple à gérer », reconnaît Pierre Maupoint de Vandeul.

  • À l’hôpital des Rayettes, un plan d’efficience alarme les syndicats

    À l’hôpital des Rayettes, un plan d’efficience alarme les syndicats

    Les syndicats de l’hôpital sont inquiets. Un plan d’efficience leur a été présenté par la direction lors du Comité social et économique de décembre. La CGT affirme que « plus de 90 suppressions de postes sont envisagées d’ici 2030 ». Dans un courrier envoyé à la ministre de la Santé Stéphanie Rist le 27 janvier, la CFDT parle de « politique de réduction d’effectifs déguisée » par le biais d’un « mécanisme de départs à la retraite non remplacés ».

    Jointe, la direction répond avoir « fait une évaluation globale » des moyens « à optimiser ou ne pas remplacer » sans avoir précisément identifié de secteur à ce jour. « Une évaluation externe est en cours de réalisation par l’Agence nationale d’appui à la performance, qui aidera l’établissement à déterminer les projets à engager, apprend-elle. Il est tout à fait envisageable que le nombre initial soit modifié au regard des conclusions. »

    La CGT dénonce un double discours. Alors qu’un plan d’investissement de 100 millions d’euros vient d’être annoncé, principalement pour financer un nouveau bâtiment qui abritera un bloc opératoire, des urgences et une unité de soins critiques d’ici 2032 (60 millions d’euros), « une transformation profonde de l’hôpital public se prépare : externalisations, mutualisations et remise en cause de services essentiels », s’agace-t-elle.

    Des besoins en hausse

    Une élue de la CFDT pointe « l’absence de logique » : « Ils augmentent le capacitaire, les locaux, ils veulent plus d’activité mais ne renouvellent pas le personnel qui part. » D’autant que les besoins du territoire risquent d’évoluer à la hausse avec l’arrivée de nouvelles usines dans la zone industrialo-portuaire qui devraient créer près de 10 000 emplois directs d’ici quelques années. Dans sa lettre au gouvernement, le syndicat pointe : « Un établissement de santé ne se réforme pas uniquement avec du béton, ce sont les professionnels qui font fonctionner le service public hospitalier. »

    La direction confirme que des externalisations et des mutualisations sont étudiées, mais elles ne concernent « pas les activités de soins, pour lesquelles l’objectif premier est de les conforter sur le territoire », tente-t-elle de rassurer.

    Une réponse qui ne satisfait ni la CGT, qui demande un plan d’investissement public porté à 170 millions d’euros et la création immédiate de 90 postes statutaires à temps plein ; ni la CFDT, qui milite pour un plan pluriannuel de remplacement systématique des départs à la retraite avec la résorption des emplois précaires et une réorientation des politiques ARS vers les ressources humaines et non exclusivement l’immobilier.

  • À Fos, les salariés attendent un soutien politique fort à leur projet d’avenir

    À Fos, les salariés attendent un soutien politique fort à leur projet d’avenir

    La proposition de loi de nationalisation d’ArcelorMittal, votée par l’Assemblée nationale, construite avec les salariés de l’entreprise et leurs syndicats CGT, est « sans conteste une bonne nouvelle, réaffirme Stéphane Martins de Araujo, secrétaire CGT, mais elle concerne surtout Dunkerque ». À Fos, la situation reste « catastrophique », alertent les salariés, extrêmement déterminés à défendre, et leur santé, et les 4 000 emplois sur site et quelques dizaines de milliers d’emplois induits sur la place portuaire.

    Rien que pour 2025, un incendie s’était déclaré en avril, puis un autre octobre qui avait mis l’aciérie à l’arrêt durant deux mois… « C’est accident industriel sur accident, déplore le secrétaire CGT, sans compter que les travailleurs restent exposés quotidiennement à des risques majeurs liés à la présence d’amiante et aux agents CMR [Cancérogènes, Mutagènes et Reprotoxiques, Ndlr.] sans aucune protection adéquate. » Soutenu par Maitre Julie Andreu, du cabinet d’avocats TTLA, le dossier de demande de reconnaissance de l’amiante a pris la direction du ministère.

    Réinvestir sur 20 ans

    Dans cette bataille-ci, les chiffres pèsent : « Plus de 600 travailleurs bénéficient d’un suivi médical renforcé en lien avec l’amiante. Près de 400 ont des expositions quasi récurrentes au quotidien », précise Zidane Merabet. Ce responsable CGT au pôle juridique décrit « un climat d’angoisse dans l’usine où on a vu des collègues décéder, où on a des collègues d’à peine 40 ans qui développent des pathologies, des cancers. Ceux qui trouvent du travail ailleurs partent sans hésiter ».

    « Des outils dangereux, des départs à la retraite non remplacés », les motifs d’inquiétudes persistent sur le haut-fourneau. Car c’est aussi sur l’emploi que les menaces pèsent. Si un projet de four électrique géant, maintes fois reporté, a été annoncé pour décarboner le site ArcelorMittal France à Dunkerque, le plan Zénith du sidérurgiste prévoirait une coupe de 1 650 emplois dans l’Hexagone. Or, pour la zone de production du Sud « à Fos, c’est toujours zéro perspective » regrette Stéphane Martins de Araujo. D’autant plus amer, qu’il rappelle que « Mittal a refusé 850 millions de crédit de l’Europe pour investir dans l’infrastructure, protestant sur les frais d’énergie ».

    Un désengagement sur Fos représenterait « une perte de 7 milliards par an pour l’État avec les dizaines de milliers d’emplois supprimés », fait le compte le syndicaliste. Les salariés et leur syndicat travaillent depuis plus d’un an avec des experts à un projet alternatif de décarbonation dans lequel avec « 4,5 milliards d’investissements, on repart sur 20 ans ». La convergence de tous les groupes de gauche en leur faveur a permis une première victoire « mais on a besoin de conforter ce rapport de force » pour un coup de pression sur le gouvernement… et sur Mittal.