Category: social

  • À Martigues, CGT et CFDT se mobilisent pour les acquis des soignants

    À Martigues, CGT et CFDT se mobilisent pour les acquis des soignants

    La réunion devait avoir lieu dans le bureau de Loïc Mondoloni. Le directeur du centre hospitalier de Martigues l’a finalement déplacée dans la salle de la Pinède, où se tient habituellement le conseil de surveillance. À raison : plus d’une centaine de personnes s’y sont rassemblées à 10h, ce mardi, parmi lesquelles les représentants syndicaux CGT et CFDT de l’établissement, les soignants, la CGT de l’hôpital d’Aubagne, l’Union locale CGT martégale et de celle des quartiers sud de Marseille, afin de connaître les intentions de la direction sur la révision d’accords locaux.

    Laure Privat, représentante CGT, explique : « Après la publication du rapport de la Chambre régionale des comptes, la réponse du directeur consiste à faire des économies sur les accords locaux signés en 1999. » Trois jours de repos médailles et cinq jours de repos retraite sont concernés. « Ça correspond à 0,87 emploi temps plein par an, donc c’est ridicule en termes d’économies », dénoncent Laurence Virazel et Nathalie Martin, de la CFDT. Loïc Mondoloni justifie : « Une injonction de rappel à la loi a été prononcée. Si ce n’est pas respecté, le directeur de l’établissement est responsable civilement et financièrement. »

    Une action lors du CSE

    Mais ce qui mobilise le plus reste la fin de la prise en compte du temps de pause méridienne dans le temps de travail. La CGT et la CFDT craignent un « plan social déguisé », puisque dans son rapport, la Chambre régionale des comptes indique : « Cette pratique conduit l’établissement à rémunérer indûment chaque année près de 73 800 heures, soit près de 46 équivalents temps plein. » Pour Damien Maurin, représentant CFDT, l’inquiétude porte surtout sur « certaines catégories administratives et techniques ».

    Le directeur de l’hôpital affirme : « L’examen des organisations et cycles de travail s’effectuera avec les partenaires sociaux. Ils seront consultés pour chacune d’entre elles au cours de l’année 2026. (…) Le retour à la légalité n’est pas un plan social. (…) L’hôpital connaîtra l’année prochaine de nombreux développements significatifs, avec de l’emploi à la clé. »

    Le rassemblement de ce mardi n’était qu’une première étape. L’organisation entend maintenir la pression avec un nouveau rassemblement lundi 15 décembre à 9h, lors du Comité social et économique (CSE).

  • Avignon : les agents territoriaux lèvent leur préavis de grève

    Avignon : les agents territoriaux lèvent leur préavis de grève

    Il n’y aura pas de grève ni rassemblement prévu ce mardi matin devant l’Hôtel de ville d’Avignon. L’intersyndicale (CFDT-CGT-FO-Fédération autonome des agents territoriaux) a levé le préavis de grève illimité déposé depuis jeudi dernier après s’être mis d’accord avec la Ville quant à une revalorisation salariale (Rifseep).

    « Nous avons obtenu la revalorisation de tous les agents de catégorie C, à l’exception des encadrants qui faisaient partie de la deuxième phase du réexamen du Rifseep prévue en 2026 », indique l’intersyndicale dans un communiqué. Le point bloquant jusque-là était que seulement 60 % des agents étaient concernés par cette augmentation.

    « Sur l’enveloppe des 300 000 euros prévus pour 2025 et autant en 2026 nous avons ponctionné sur celle de 2026 où il restera environ 170 000 euros », détaille Claude Nahoum, le Premier adjoint. Plus de 1 000 agents vont ainsi voir leur fiche de paye augmenter de 15 à 80 euros selon les postes. « Les 132 Atsem [agents des écoles maternelles], qui avaient un petit Rifseep à 160 euros, vont prendre 80 euros supplémentaires avec une rétroactivité sur 9 mois, et ce juste avant Noël », se félicite Nicolas Garcia (FO).

    L’intersyndicale a joué la prudence, acceptant « à contre-cœur, l’arbitrage du cabinet du maire qui menaçait de supprimer l’enveloppe budgétaire de 300 000 euros et de la rétroactivité de 9 mois à laquelle les agents auraient pu prétendre ». « On n’a pas voulu prendre de risque », concède Nicolas Garcia qui ne digère tout de même pas la méthode. Cet accord sera conclu ce mardi matin en comité social technique (CST).

  • Pour la prime de Noël, les chômeurs CGT manifestent

    Pour la prime de Noël, les chômeurs CGT manifestent

    La prime de Noël, on s’est battu pour la gagner. On se battra pour la garder ! » C’est le slogan qu’ont inlassablement répété les militants de la CGT qui ont manifesté de l’agence de la Caisse d’allocations familiales du centre de Marseille jusqu’à la porte d’Aix, ce samedi matin. À l’occasion de la « Journée nationale de lutte pour les privés d’emploi », le comité CGT Chômeurs et précaires des Bouches-du-Rhône s’est mobilisé notamment pour défendre la prime de Noël.

    Une aide versée à partir de la mi-décembre aux plus démunis, notamment les personnes bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA). Et issue d’une longue lutte victorieuse débutée à La Ciotat en 1993 qui s’est étendue à Marseille puis aux Bouches-du-Rhône. « La prime de Noël, ce n’est pas de la charité. C’est un conquis gagné par une lutte fantastique pour les plus précaires », tempête Jean-Charles Baccarelli, secrétaire départemental de la CGT Privés d’emploi devant la CAF 13. Avant de dénoncer : « Le gouvernement veut aujourd’hui la supprimer ! » Une référence au projet de loi de finances pour l’année 2026 dans lequel il était initialement prévu de restreindre la prime de Noël seulement pour les bénéficiaires des minima sociaux ayant des enfants. « On a commencé à 23 chômeurs et après, nos luttes ont mobilisé des dizaines de milliers de chômeurs à Marseille. C’est un conquis, oui, mais rien n’est jamais acquis si on ne se bat pas. C’est un combat permanent », rappelle Charles Hoareau, figure de la lutte des privés d’emploi. Comme un symbole de la convergence entre travailleurs et chômeurs contre la fermeture des accueils de ces organismes, la mobilisation a rassemblé des militants de plusieurs organisations CGT, dont des travailleurs des organismes sociaux.

    Le député Manuel Bompard en soutien

    « L’assurance maladie, la sécurité sociale et les services publics disparaissent sous nos yeux. Les privés d’emploi et les assurés sociaux doivent être sacrifiés sur l’autel de l’austérité pour les capitalistes », abonde David Garcia, au nom de la fédération CGT des organismes sociaux. Et la situation qu’il décrit ne risque pas de s’arranger. « La réforme de l’assurance chômage actuellement débattue à l’Assemblée nationale et inscrite dans le budget est la plus violente jamais connue dans ce pays », analyse François Canu, pour l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône.

    Dans ce combat, les militants ont reçu « tout le soutien » du député insoumis de la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône, Manuel Bompard, présent à la mobilisation. Il critique une « remise en cause de la prime de Noël inacceptable ».

  • Une vie debout pour les droits des salariés

    Une vie debout pour les droits des salariés

    On ne le verra plus, le cheveu en bataille, un mégaphone à la main. Richard Abauzit, figure du quartier Figuerolles à Montpellier, est décédé jeudi 27 novembre, chez lui, entouré des siens. Il avait 76 ans. Il laissera à Montpellier et bien au-delà le souvenir d’un défenseur opiniâtre des salariés. Il était l’image même du syndicaliste qui se bat sans relâche. L’image de la probité et du courage.

    Qu’il ait représenté le SNUipp, SUD Éducation, ou les Gilets jaunes, qu’il ait été conseiller du salarié ou défenseur d’hommes et de femmes victimes d’injustice, Richard Abauzit s’est toujours porté aux côtés des plus faibles contre les puissants.

    Longtemps inspecteur du travail, il a apporté à ceux qu’il soutenait ses immenses connaissances en droit du travail. Ce fut le cas en 2016 au moment de la loi El Khomri, qu’il analysa en particulier dans un livre coécrit* avec l’autre grand défenseur des salariés, Gérard Filoche. Ou encore avec le même Gérard Filoche en 2017 pour l’ouvrage Détricoter les ordonnances Macron pour mieux les combattre.

    Devenu instituteur, il rencontra en même temps que ses premières classes la longue grève de 1995, à laquelle il participa comme on l’imagine avec beaucoup d’application. Comme à toutes celles qui ont suivi. Conseiller du salarié, mission qu’il effectuait dans la discrétion, Richard a également mené de grands combats juridiques et politiques contre l’injustice. Celle qui avait frappé l’instituteur gardois Rolland Veuillet, victime de l’acharnement de l’Éducation nationale et de la police. Celle encore subie par le Biterrois André Menras, dont l’Éducation nationale refusait de reconnaître les années de prison sous la dictature saïgonnaise. À cette occasion, il avait bataillé avec les plus hauts responsables de l’Éducation nationale, dont un inspecteur général descendu de Paris, leur donnant la leçon sur le dossier de son collègue instituteur.

    Aucune lutte pour la justice sociale ne lui était étrangère, que ce soit pour empêcher
    la fermeture du collège Clemenceau ou pour participer très activement au mouvement des Gilets jaunes, dont il fut un infatigable participant de l’occupation du rond-point des Prés d’Arènes, rond-point le plus longtemps occupé de la région.

    Ses combats évidemment n’étaient pas appréciés du pouvoir. En 2017, il avait même été mis en examen –avec une journaliste de La Marseillaise– pour avoir défendu trois ex-salariés de l’Institut Saint-Pierre à Palavas. Mais dans le monde du travail, ce sont ses compétences, son opiniâtreté et son extrême gentillesse qu’on regrettera. Les obsèques de Richard Abauzit auront lieu samedi 6 décembre à 10h30 à Grammont.

    La Marseillaise, qui l’a souvent accueilli dans ses colonnes, présente ses plus sincères condoléances à sa famille et à toutes les personnes que ce deuil afflige.

    * « Comment résister aux lois Macron, El Khomri & Cie »
    (Le Vent se lève).

  • Les personnels des urgences de Nîmes se mettent en grève

    Les personnels des urgences de Nîmes se mettent en grève

    Urgences de Nîmes en danger : soutenez les soignants », invite une pétition en ligne sur Change.org qui a rassemblé quelque 2 000 signatures.

    Les personnels mobilisés ne contestent pas, loin s’en faut, l’ouverture prévue d’une unité d’hospitalisation de courte durée (UHCD), destinée à « mieux accueillir des patients au lieu de les laisser sur des brancards pendant 24, 48 voire 72h », explique Audrey Solignac, secrétaire départementale du syndicat FO santé. « Les patients y seront accueillis dans des lits et non sur des brancards. Des travaux sont en cours pour améliorer dans les meilleurs délais les conditions d’accueil des patients en attente d’hospitalisation ou de retour à domicile », précise de son côté, dans un communiqué, la direction du CHU de Nîmes, qui rappelle que l’établissement « dispose d’un des services d’urgences les plus importants en France avec plus de 120 000 passages par an ». Sur le principe, donc, tout le monde est d’accord. C’est la mise en œuvre qui pose problème.

    Car l’ouverture de cette nouvelle unité de 19 lits se fait à effectifs constants. Le projet prévoit donc de transférer vers l’UHCD un poste d’aide-soignant(e) qui officie actuellement à l’accueil des urgences en journée. « Ils ne veulent pas le remplacer. Pour eux, un infirmier est capable de gérer tout le flux », dénonce Audrey Solignac.

    En grève le 5 décembre

    Le projet prévoit par ailleurs « des effectifs UHCD différents entre le jour et la nuit, alors que les besoins de surveillance et de soins sont identiques 24h/24 ». L’unité bénéficierait ainsi de deux infirmiers et deux aides-soignants le jour, mais seulement d’un infirmier et un aide-soignant la nuit. « La direction nous dit : pourquoi mettre du personnel supplémentaire, puisque vous vous occupez déjà de ces gens en attente sur des brancards ? Sauf qu’à créer une unité, il faut pouvoir mieux les prendre en charge. Si c’est pour les mettre dans des box sans s’en occuper plus que ce qu’on le faisait dans les couloirs, je ne vois pas l’intérêt », dénonce la responsable FO.

    Suite à un CSE qui s’est déroulé le 1er décembre sans apporter d’avancée, le syndicat FO, majoritaire, a déposé un préavis de grève aux urgences pour le 5 décembre. Les personnels mobilisés se rassembleront devant l’entrée du CHU pour réclamer « un aide-soignant pérenne sur le service d’accueil des urgences, les mêmes effectifs de jour comme de nuit à l’UHCD et, pour la période hivernale, un renfort d’aide-soignant sur les urgences en général, qu’on avait et qu’on nous a enlevé », indique Audrey Solignac.

  • Avec 2 ans de retard, 13 Habitat met le paquet sur Pasquet

    Avec 2 ans de retard, 13 Habitat met le paquet sur Pasquet

    Sortie de terre en 1933, la cité Pasquet n’a pas l’allure d’une quasi centenaire. Situés en plein cœur de ville, ses 22 bâtiments roses aux volets bleus d’un ou deux étages ont des allures de pavillons. « C’est aéré, c’est vert, ça a du charme et il n’y a aucun problème de stationnement car il y a de l’espace », présente le maire de Berre-l’Étang Mario Martinet (DVG) à la nouvelle direction de 13 Habitat, propriétaire des lieux, en arpentant les jardins de la résidence.

    En mars 2023, la précédente équipe du bailleur social avait annoncé une rénovation thermique sur ce parc de 147 logements, leur performance énergétique étant insuffisante (étiquette F). Nora Preziosi, l’ancienne présidente, avait tablé sur un démarrage des travaux courant 2025 pour un investissement de 8 millions d’euros. Le projet a pris du retard, mais sera bel et bien mis en œuvre. Damien Vanoverschelde, le nouveau directeur de 13 Habitat, précise : « On va faire de l’isolation par l’extérieur. Le permis de construire sera déposé au premier semestre 2026 pour que le chantier puisse débuter en 2027 pour une durée de 25 mois. »

    Au-delà de cette rénovation énergétique, d’un coût d’un peu plus de 10 millions d’euros, 2,2 millions d’euros sont également fléchés pour démolir et reconstruire le bâtiment 8, en proie à des fissures dues à des « désordres structurels géologiques » – probablement des retraits d’argile – et vide depuis des années. Sur demande de Mario Martinet, des places de stationnement devraient également être créées sur l’avenue de la Libération pour permettre une meilleure accessibilité aux commerces, situés de l’autre côté de la rue.

    En pleine réorganisation

    Le nouveau président de 13 Habitat Jean-Marc Perrin concède : « Oui, on doit s’améliorer. On a pris un retard très important sur notre patrimoine, on l’assume. On hérite de deux tiers de notre parc qui a plus de cinquante ans, et qui n’a pas assez subi d’intervention et d’entretien. » À Pasquet, l’état du bâti est loin d’être catastrophique, contrairement à d’autres cités de Marseille ou de Martigues.

    Le nerf de la guerre reste l’argent. « Un certain nombre de recettes ne rentrent plus, comme les Droits de mutation à titre onéreux versés par le Département qui ont chuté depuis le Covid, poursuit-il. Le rapport de l’Ancols [le gendarme du logement social, Ndlr.] pointe un certain nombre de points d’amélioration. On est par exemple mauvais en relocation, avec une moyenne de 126 jours entre le moment où un locataire part et un autre arrive, ce qui est un gros manque à gagner en termes de loyer. On n’a pas non plus été très performants dans notre politique de vente. »

    En pleine réorganisation, la nouvelle direction essaye désormais d’insuffler les bonnes pratiques.

  • Une alternative pour sauver le dépôt SNCF de Béziers

    Une alternative pour sauver le dépôt SNCF de Béziers

    Après trente-deux ans de lutte, les salariés ne sont pas près d’abandonner le dépôt SNCF de Béziers. Face à la position jusqu’au-boutiste de la direction, qui semble décidée à tout pour fermer le centre, les syndicats avancent leurs pions. « On nous a confirmé en septembre dernier que les départs à la retraite ne seraient pas remplacés et que le site fermerait d’ici trois ans », soupire Nicolas Midague, secrétaire de la CGT des cheminots de Béziers. Un crève-cœur pour la quarantaine de salariés restants.

    Pourtant, le projet de création d’un Centre de maintenance du matériel (CMR) pourrait assurer l’avenir de ce site historique. « On a besoin de ce centre. Les deux existants sur la région [à Nîmes et à Toulouse, Ndlr] sont saturés. Tout le monde l’attend », soutient Jérôme Vallet, des cheminots de Béziers. D’autant qu’avec la volonté affichée par la Région Occitanie de développer le train, les besoins sont flagrants. « La convention signée entre la Région et la SNCF a pour objectif d’augmenter l’offre de 25%. Ce qui veut dire qu’on va avoir besoin d’augmenter la composition des trains, de rouvrir des petites lignes, donc il faut du matériel et du personnel », fait valoir Bruno Brechon, secrétaire fédéral de la CGT des cheminots de Montpellier. À cela s’ajoute l’arrivée de la Ligne à grande vitesse (LGV) entre Montpellier et Béziers dans un premier temps, impliquant le développement des TER à partir d’autres villes pour rejoindre cette LGV.

    Narbonne reste à quai ?

    Sauf que la direction ne l’entend pas de cette oreille. « Ils réfléchissent à implanter ce nouveau CMR à Narbonne, pour être au carrefour du Languedoc-Roussillon. Deux fonciers seraient visés : un premier au nord de la gare, mais il est proche d’un quartier résidentiel et impacterait la vue d’un hôtel quatre étoiles. Sur l’autre terrain, ce serait faisable mais il manque un axe routier, ce qui est techniquement difficile à réaliser et coûterait au minimum 15 millions d’euros », reprend Bruno Brechon. Si bien que l’édile narbonnais semble hésiter quant à donner son feu vert à ce projet.

    Or à en croire les syndicats, tout est prêt dans la cité de Riquet pour recevoir ce CMR. En effet, sur site, trois activités sont toujours développées. « Nous avons un centre d’excellence de contacteurs et cheminées, c’est notre spécificité, nous réparons tous les contacteurs de France. Ensuite, il y a un technicentre pour restaurer les locomotives thermiques. Et enfin, un centre de détagage », énumère Guillaume Berthezène, secrétaire technique de la filière matériel de la CGT cheminots de Béziers. Une preuve que subsiste encore de l’activité industrielle, n’en déplaise à la direction. Et outre le savoir-faire, le foncier -contrairement à Narbonne- est disponible. « Notre gare de triage comporte déjà 27 voies, ce qui est beaucoup. On pourrait s’en servir pour relancer le fret, tout est possible. Et l’axe routier est garanti », note Jérôme Vallet. Une aubaine pour l’emploi également, les syndicats tablant sur « la création de 40 à 80 emplois, ce qui n’est pas déconnant pour une ville sinistrée comme Béziers ».

    Face à la « position dogmatique » de la direction, la CGT espère débloquer une étude de faisabilité sur le site de Béziers, rejetée jusqu’alors. Pourtant, cette alternative pourrait mettre un coup d’arrêt à la casse sociale opérée ces dernières années.

  • Les retraités mobilisés à Toulon pour transformer la colère en action

    Les retraités mobilisés à Toulon pour transformer la colère en action

    « L’objectif de notre conférence de presse c’est de continuer l’action qu’on a enclenchée depuis un certain temps, notamment le 6 novembre », commence Gilberte Mandon (FSU). Elle annonce d’ailleurs la reprise vendredi matin en bas du marché, à Toulon, de la distribution de tracts. Il s’agit, poursuit-elle, d’informer la population sur les conséquences pour les retraités de ce qui est en train de se décider au Parlement, que ce soit « la suppression de l’abattement de 10%, le gel de l’Allocation de solidarité aux personnes âgées versée aux plus modestes ou encore le doublement des franchises médicales ».

    Et ce que rencontrent sur le terrain les militants, ajoute la syndicaliste, c’est « une vraie colère ». À ses côtés Brigitte Cheinet (CGT) prend le relais : « Le problème c’est que pour l’instant cette colère ne se traduit pas aujourd’hui suffisamment en acte, trop peu participent aux manifestations alors qu’il faudrait qu’on soit en masse dans la rue. » Les militants syndicaux et associatifs du groupe des 9 vont donc à leur rencontre pour leur expliquer « qu’il y a d’autres manières de trouver l’argent, entre autres en récupérant les 211 milliards versés aux grandes entreprises sans contrepartie ».

    « Ce n’est plus possible ! »

    « Aujourd’hui, on est sur une situation de lutte des classes », reprend Brigitte Cheinet (CGT), avec « d’un côté, ceux qui gouvernent avec ceux qui détiennent l’argent, et de l’autre, le reste de la population ».

    Et de poursuivre : « Quand tu as quelqu’un qui a une toute petite retraite, qui t’explique qu’il a 100 euros de dépassement pour les médicaments, et qu’il fait un choix entre se soigner et manger. Un mois, il prend les médicaments, et le mois d’après, il achète à manger. Ce n’est plus possible ! » Christian Godmet (Solidaires) est revenu, lui, sur le financement de la Sécurité sociale : « On demande qu’il soit assuré par les seules cotisations afin d’éviter le hold-up d’un pouvoir aux abois », lance-t-il.

    Françoise Denis (FGR) a également mis en avant la déclaration liminaire du groupe devant le conseil départemental de la citoyenneté et de l’autonomie (CDCA) qui s’est réuni la semaine dernière.

    L’occasion de mettre en garde, là encore, sur « les conséquences que risquent de faire peser certaines annonces sur la situation des retraités ». Mais aussi plus largement sur les finances des collectivités et dans les domaines de la protection sociale et de la santé. La mobilisation va donc continuer.

    * Le groupe des 9 regroupe lq CGT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires, FCR, LSR, et Ensemble & Solidaires-UNRPA

  • À Béziers, une mobilisation en demi-teinte contre l’austérité

    À Béziers, une mobilisation en demi-teinte contre l’austérité

    Une mobilisation en demi-teinte. Voilà comment on pourrait résumer celle qui s’est déroulée à Béziers, le 2 décembre. Quelques têtes présentes néanmoins, à l’image des autres rassemblements ayant eu lieu dans le département de l’Hérault à l’instar de Montpellier et Nîmes. Pourtant, la colère gronde. « Nous dénonçons ce budget de 2026. Toutes les mesures qui avaient été arrachées pour taxer les grandes entreprises et les ultra-riches viennent d’être enlevées par la droite et l’extrême droite au Sénat. Et on continue la casse des services publics, de démanteler l’hôpital, etc. », déclare Sébastien Perret, de l’Union locale biterroise de la CGT.

    Mais force est de constater que le gouvernement n’envisage pas de bouger d’un iota sa politique de l’offre. « Le problème, c’est qu’il n’y a aucune volonté de faire payer les riches. Quand on voit tous les dividendes distribués, que Bernard Arnaud fasse des milliards de profits en une journée et qu’on vienne taxer les chômeurs et baisser les aides des plus précaires, c’est scandaleux, ça met en rage », soutient Françoise Le Bris, secrétaire de Solidaires Béziers. Et s’il ne semble pas avoir de l’argent pour réduire les inégalités et permettre ainsi une meilleure redistribution dans la société, l’argent devient magique dès qu’il s’agit de défense, en témoignent les dernières déclarations d’Emmanuel Macron, jouant les petits chefs de guerre. « La guerre fait taire les révoltes, participe à une vision selon laquelle la nation doit se ranger derrière un chef. Tout est fait dans ce sens, le retour du service militaire, etc. », poursuit Françoise Le Bris.

    « On continue… »

    Mais au vu du faible nombre de personnes regroupées devant la Bourse du travail, la mobilisation a du plomb dans l’aile – même si la pluie en explique une partie. « Aujourd’hui, les gens ont tellement la tête sous l’eau qu’il devient compliqué de les mobiliser », reprend Sébastien Perret. Le contexte des fêtes de fin d’année doit également peser sur le portefeuille. À cela s’ajoute la résignation à la vue des actions menées par Emmanuel Macron. « Les gens se disent que ça ne sert plus rien. On a l’impression que quoiqu’on fasse, ça ne marche pas, ils passeront en force. Il n’y a rien qu’à voir les résultats des législatives de 2024 », analyse Françoise Le Bris.

    Pour autant, les syndicats gardent espoir. « On continue à se battre. À la sortie de la guerre 39-45, tout ce que nous avons obtenu, c’est grâce au rapport de force. Alors qu’il n’y avait plus d’argent, que le pays était à reconstruire, on a réussi à créer la Sécurité sociale en deux ans », fait valoir Sébastien Perret. La lutte continue.

  • Les agents de sécurité de Grand Littoral se mobilisent

    Les agents de sécurité de Grand Littoral se mobilisent

    « On fait face à des agressions verbales tous les jours et les agressions physiques sont récurrentes. » Kamel Benmohammed, représentant syndical de la section syndicale de la CGT Prévention Sécurité 13 sur le centre commercial Grand Littoral, dans le 16e arrondissement de Marseille, fait part d’une « insécurité présente et indéniable » sur le site. « On a déjà eu des agents agressés à l’arme blanche, d’autres renversés par des voitures », énumère-t-il, en amont d’un mouvement social qui se déroulera ce vendredi. Son organisation a déposé un préavis de grève de 24 heures et prévoit un rassemblement avec un piquet de grève au niveau de la porte 4. Ils œuvrent pour la société Triomphe Sécurité, en charge de la sécurité du site.

    « Ça décourage les agents »

    « Dernier fait en date : une personne avait volé une veste dans un magasin, la police arrive et constate les faits. Elle lui passe les menottes mais l’a finalement laissée partir… Après, certains voleurs reviennent narguer les agents ! Et ça les décourage », développe Kamel Benmohammed. D’où la demande d’une juste reconnaissance « des risques réels » pris par les petites mains de la sécurité dans ce centre commercial majeur de Marseille avec une « prime de risque à hauteur de 150 euros environ ».

    La CGT Prévention Sécurité 13 met aussi sur la table d’autres revendications salariales. « On veut la revalorisation de la prime de Noël qui n’a pas bougé depuis des années. C’est pareil pour la revalorisation des coefficients de salaire… On ne demande pas la lune », poursuit le syndicaliste.

    Contactée, la société Triomphe Sécurité n’a pas encore répondu à nos sollicitations.