Category: social

  • La CGT défend la paix et s’oppose à la militarisation manifeste des esprits

    La CGT défend la paix et s’oppose à la militarisation manifeste des esprits

    Dans un contexte de hausse continue des budgets militaires, de banalisation de l’armement et de multiplication des dispositifs orientant jeunes et demandeurs d’emploi vers ces secteurs, la CGT profite de l’ouverture du Salon Toulon Défense Event pour alerter sur une dérive : celle d’une société qui s’habitue progressivement à la guerre et à ses logiques.

    « Présenter l’industrie de Défense comme une opportunité professionnelle ordinaire, sans interroger ses finalités, revient à occulter des enjeux fondamentaux de paix, de souveraineté et de responsabilité collective », commence le secrétaire général de l’UD CGT 83, Richard Roméo-Giberti. Le responsable syndical fait remarquer que « pendant que des moyens considérables sont consacrés à l’armement, les besoins sociaux restent immenses dans l’éducation, la santé et les services publics ». Ce choix politique n’est pas neutre et doit nous interroger. Alertée par ses syndicats, la CGT veut démontrer qu’« il y a un effet de fond, dans la société, pour promouvoir la guerre et la militarisation ». Y compris à l’école. Pour Élodie Hernandez, de la CGT Éduc’action, certaines évolutions de l’Éducation nationale posent question. Elle cite notamment un guide publié en novembre, intitulé Acculturer les jeunes à la Défense. « Un glissement est en train de s’opérer », alerte-t-elle. Le document encourage en effet à « multiplier très tôt les partenariats à l’école et les classes de Défense ». « Ça pose vraiment un problème, parce qu’on n’est plus dans les missions de l’école qui sont d’éduquer, former, de douter, se justifier, argumenter, questionner le monde. Mais dans la transmission d’une culture basée sur l’obéissance. ».

    Responsabilité collective

    Richard Roméo-Giberti rappelle également l’alerte lancée par la CGT à la suite de l’annonce d’une conférence sur les drones militaires programmée en mars dans un collège de Saint-Maximin : « On a essayé d’interpeller le rectorat pour leur demander si c’était nécessaire dans le moment qu’on était en train de vivre. » Vaine tentative.

    Du côté de France Travail, on met également le paquet, dénonce le délégué CGT Olivier Moreau : « L’an passé, on a eu l’annonce par notre ministre du Travail de la création d’une cellule de recrutements spécifique à l’intérieur de France Travail, avec à sa tête un général d’armée, pour recruter dans ces secteurs-là, de façon spécifique. » Et d’insister sur la « forte pression exercée » sur les demandeurs d’emploi pour les inciter à se rendre au Toulon Défense Event. « On veut rappeler à tout le monde que la guerre n’est pas un jeu vidéo, c’est des morts, des déplacés, des viols, des drames, insiste Richard Roméo-Giberti. Mais on est aussi capable de dire, à la CGT, qu’il nous faut une industrie de Défense et une armée pour soutenir la population. »

    Rendez-vous est donné ce jeudi, dès 10h30, place d’Armes, à toutes celles et ceux qui souhaitent armer leur conscience plutôt que marcher au pas.

    ILS SE MOBILISENT

    Richard Roméo-Giberti, secrétaire de l’UD CGT Var

    « Aujourd’hui, 65% de l’armement qu’on produit en France est vendu à l’étranger à des états qui ne sont pas des démocraties. Et donc, qui tuent. Ce n’est pas ce qu’on peut appeler une condition favorable à la paix, que ce soit en France ou ailleurs. »

    Élodie Hernandez, CGT Éduc’action

    « L’affiche du Toulon Défense Event reprend le code graphique des jeux vidéo et des films d’animation.

    Ça rend la guerre à la fois lointaine et abstraite. Et on observe qu’elle s’immisce de plus en plus dans notre univers et que ça la banalise. »

    Olivier Moreau, CGT France Travail

    « On utilise France Travail comme un outil de coercition sur tous les privés d’emploi, avec les précaires, pour justement les amener vers des métiers dit aujourd’hui en tension, qui sont les métiers de l’industrie de la guerre, de l’industrie de la Défense, notamment. »

    Cyril Agostino, CGT IAI de Cuers

    « Ils veulent des militaires et équiper les industries françaises, comme Dassault, qui vend à tire-larigot des Rafales et des canons César. Ils veulent recruter du monde pour pouvoir les produire et les vendre à l’extérieur. Pas pour ouvrir des postes dont on manque. »

    Patrice Moulun, UL CGT de Toulon

    « Ce qu’on voit dans les images télé, quand on nous montre, par exemple, les Américains frappant l’Iran, se réduit à une image de jeu vidéo. On voit une explosion, une grande lumière, mais pas les dégâts ni les morts provoqués en dessous. »

  • Appels à la mobilisation pour soutenir Pascal Galéoté

    Appels à la mobilisation pour soutenir Pascal Galéoté

    « L’ensemble de nos organisations CGT appelle à soutenir nos camarades le mardi 28 avril à partir de 8 heures, devant le tribunal correctionnel de Marseille. » Dans un communiqué commun, la Fédération CGT des Ports et docks, l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône et la CGT au niveau confédéral donnent le ton de la riposte syndicale prévue la semaine prochaine.

    Une riposte face à la convocation de Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT du Grand port maritime de Marseille (GPMM), ainsi que de Bernard Cristalli, trésorier, au tribunal, dans le cadre d’une procédure autour de la gestion du comité social et économique (CSE) du port.

    Des dizaines de motions de soutien

    Les organisations mettent les points sur les i : « Ces attaques sont orchestrées par les autorités politiques avec la complaisance d’un patronat souhaitant mettre fin à toute forme de contestation. » De quoi faire écho à l’envoi de dizaines de motion de soutien par une myriade de syndicats CGT de toute la région et au-delà (lire notre brève du 21/04). Plusieurs unions locales de Marseille, dont celle des Quartiers nord ou celle de La Rose, ont réalisé des communiqués apportant une solidarité « inconditionnelle » aux deux syndicalistes et donnent également rendez-vous à leurs militants devant le tribunal. Même principe pour l’Union locale d’Istres ou encore la CGT d’ArcelorMittal. Et que dire du communiqué commun entre plusieurs organisations de la CGT du secteur de l’énergie qui tonne : « Portuaires et énergéticiens, même combat. » Et évoque une « répression généralisée contre la CGT ».

  • La prison de Luynes bloquée pour manque d’effectifs

    La prison de Luynes bloquée pour manque d’effectifs

    Après la mobilisation des agents pénitentiaires d’Avignon, il y a cinq jours, ce sont désormais ceux de la prison de Luynes qui se mobilisent. Depuis lundi 20 avril, les surveillants sont postés devant l’entrée de l’établissement. Le mouvement se poursuivait encore ce mardi.

    À l’origine de cette action : la demande de « moyens humains, tout de suite », selon un communiqué de presse du Syndicat national pénitentiaire des surveillants CEA, organisation minoritaire qui soutient la mobilisation. Des renforts d’effectifs sont réclamés sur le terrain, face à une surpopulation carcérale chronique et à l’arrivée prochaine d’un quartier de haute sécurité (QLCO). Ufap-Unsa Justice et FO n’ont pas rejoint le mouvement. « Nous avons eu l’engagement du directeur interrégional adjoint que nous serons établissement prioritaire pour combler les postes vacants, indique Ufap Unsa. Nous laissons une chance à l’administration avant d’agir. »

  • La Poste de Gap réduit ses horaires au Carré Pro, les usagers protestent

    La Poste de Gap réduit ses horaires au Carré Pro, les usagers protestent

    Depuis près d’un mois, la direction du Carré Pro de La Poste de Gap a supprimé une heure de service sur la pause méridienne, entre 12h30 et 13h30. Depuis, le personnel reçoit des courriers de plainte de la part de clients habituels, en particulier des professionnels, pour qui la perte de ce créneau horaire nuit à leur activité.

    « Je suis venue un jour, comme souvent, livrer mes colis entre midi et deux. Et là je découvre que c’est fermé. Or c’était pratique parce que c’était un moment plus calme, où le guichet et plus accessible », rapporte Anne-Marie, gérante de la boutique de chaussettes Coccinelles à Gap, qui envoie régulièrement des commandes via ce service. « C’est dérangeant parce que ça n’aide vraiment pas à la fluidité des entreprises », estime-t-elle.

    Le créneau compris entre 12h et 14h était particulièrement apprécié des commerçants, comme Frédéric Morgan, gérant d’Optimum, une entreprise de support en publicité visuelle : « Ça me permettait de faire des opérations d’envois et retraits en dehors des horaires d’ouverture de notre commerce. Et je soutiens également, en particulier, les salariés à l’accueil du Carré Pro […]. J’ai pu constater qu’en rouvrant à 14h, ils faisaient face à une grande affluence, source de tensions. »

    « Nous restons

    un service public »

    Après plusieurs semaines de réception de courriers, la CGT Fapt des Hautes-Alpes a publié ce lundi un communiqué dénonçant une « décision mise en œuvre sans information préalable des usagers concernés, ni mise à jour des horaires en ligne, provoquant incompréhensions et déplacements inutiles ». Le syndicat dit avoir reçu entre vingt et trente courriers, principalement de professionnels, « exprimant leur incompréhension et leurs difficultés face à ces changements », et affirme que ces horaires ajoutent aux salariés des « contraintes supplémentaires dans des journées de travail déjà chargées ».

    « On nous a dit clairement que maintenir cet horaire, ce n’était pas rentable, rapporte Gilles Garcia, salarié syndiqué de La Poste. Mais nous, nous considérons que même si La Poste est devenue une entreprise privée, on rend toujours une mission de service public, surtout dans un territoire où ces services disparaissent comme neige au soleil. » Dans son communiqué, la CGT Fapt 05 dénonce par ailleurs une évolution qui « s’inscrit dans une dynamique plus large de réduction des services postaux sur le territoire, notamment pour les professionnels. À Tallard, Chorges ou encore Saint-Bonnet, les usagers entreprises doivent désormais réaliser eux-mêmes certaines opérations d’affranchissement. » Le syndicat estime que c’est en creux « la question du service public postal qui est posée ». Un service qui « ne peut pas être piloté uniquement par des logiques de rentabilité ».

    Contactée, la direction explique que sa décision « repose sur une analyse de la fréquentation, qui ne justifiait pas une ouverture en continu sur ce créneau ». Elle précise que l’espace pro reste toutefois « largement accessible », étant ouvert 8h30 par jour du lundi au vendredi et 4 heures le samedi matin. La direction assure également avoir informé les clients trois semaines avant l’entrée en vigueur des nouveaux horaires, « par voie d’affichage en salle et en direct par les chargés de clientèle ».

  • La bataille juridique continue pour les syndicats de Free

    La bataille juridique continue pour les syndicats de Free

    On n’est pas contre la fusion, mais on veut que les salariés soient représentés. C’est pour eux notre combat aujourd’hui. » Au sortir de l’audience, ce mardi 21 avril, du recours en référé engagé par la CGT Telecoms, suivie de la fédération SUD Telecoms et de la CFDT S3C Provence Alpes, les représentants du CSE (comité social économique) de Certicall à Marseille, un des trois centres d’appels de Free, devenu marque du groupe Illiad, restent inquiets. Ils dénoncent la décision de leur direction de fusionner ces entités puis de les absorber dans une filiale, Protelco, renommée « Free assistance », au détriment du nombre de représentants du personnel.

    « Illiad a décidé de fusionner, c’est son droit. Mais le faire sans consultation du personnel, en affirmant que les mandats disparaissent… », argumente leur avocate, Mathilde Fruton-Létard. Et de dénoncer l’attitude de l’entreprise, qui fait « tout pour gagner du temps », alors que la fusion doit être effective début mai. L’audience devait se tenir la semaine dernière, mais la partie adverse a obtenu un renvoi. Pour l’avocate, la requête des syndicats est légitime quand la fusion va avoir « indéniablement des impacts au niveau local ».

    « Pas de magouille »

    Elle revient sur la position de la direction selon laquelle rien ne change pour les salariés. « Ce sont les mêmes effectifs, le même périmètre, alors pourquoi la représentation du personnel doit-elle changer ? » avance-t-elle. Elle s’interroge sur la démarche entamée, un prétexte à « se débarrasser des représentants du personnel », estime-t-elle, soutenue dans sa demande par l’avocate du syndicat SUD.

    Mais, pour la partie adverse, le recours est tardif. « La consultation a commencé le 18 décembre, l’ensemble des CSE ont reçu les informations et trois mois après, ils viennent plaider l’urgence. Il y a un délai pour agir », estime une des avocates de la direction. Quant à la caducité des mandats des représentants du personnel, « c’est un effet juridique automatique », assène-t-elle. Et le processus de fusion en deux temps, « ce n’est pas une fraude, mais c’est le Code du commerce, il n’y a pas de magouille », assène maître Pellequer, intervenant pour Protelco. Pour elle, vouloir bloquer la fusion est même « une atteinte à la liberté d’entreprendre des sociétés ».

    Un argumentaire qui agace les représentants des salariés. Ils dénoncent des conditions de travail déjà détériorées avec aussi la mise en place de mini-centres d’appels, les « Free proxi ». Des structures légères au plus près des clients, estime la direction. Un moyen d’isoler les salariés, rétorque la CGT, qui évoque de forts risques psychosociaux. Et le rachat de SFR par Bouygues, Orange et leur entreprise, annoncé le 17 avril, ne les rassurent pas franchement non plus.

    Délibéré les 28 et 29 avril.

  • Droit d’alerte à l’accueil des Finances publiques du Prado

    Droit d’alerte à l’accueil des Finances publiques du Prado

    « Injures, insultes, menaces ou encore agressions verbales et comportementales. » Dans un communiqué de presse diffusé ce dimanche, la CGT des Finances publiques des Bouches-du-Rhône tire la sonnette d’alarme à propos de la situation subie par les agents de l’accueil du service impôts des particuliers (SIP) du Prado à Marseille. Communiqué qui fait suite à l’exercice d’un « droit d’alerte auprès de la direction régionale des Finances publiques », le 17 avril dernier.

    Une alerte pas anodine puisque la CGT évoque des agents « en état de vulnérabilité ». « Un risque psychosocial sévère induit par l’absence de prise en compte de la conflictualité, une charge mentale de plus en plus difficile à supporter : menaces de mort, insultes [et] une exposition aux risques d’agression physique », développe le syndicat dans le courrier faisant état du droit d’alerte. La raison de cette hausse de tension sur l’accueil du SIP provient, selon l’organisation syndicale, du « choix opéré par la direction régionale de fermer l’accueil généraliste de la Trésorerie amendes ».

    Un choix qui fait effet boule de neige : « Les redevables d’amendes s’adressent aux seuls services des Finances publiques ouverts au public, les SIP », explique la CGT. « Sur les trois premiers mois de 2026, le nombre de signalements effectués par les agents du service, c’est déjà la totalité des signalements pour l’année 2024. » Si la direction avait pris quelques mesures, le 2 avril dernier, dont l’arrivée d’un 3e vigile, la CGT revendique une réouverture de l’accès physique à la Trésorerie amendes de manière permanente, de même que plus de mesures de protection pour les agents.

  • Une collecte de la CGT en faveur du Secours populaire à Toulon

    Une collecte de la CGT en faveur du Secours populaire à Toulon

    Lancée en 2025, l’initiative solidaire de l’UD CGT Var en faveur du Secours populaire du Var, dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes, célébrée chaque 8 mars, a été reconduite cette année. Le principe : récolter des produits d’hygiène féminine et maternels (protections menstruelles, couches-culottes, lait infantile…) à l’intention des familles monoparentales, et notamment des femmes isolées, « qui représentent un bénéficiaire sur cinq, même s’il n’y a plus de public type », précise Olivier Masini, secrétaire départemental du Secours populaire du Var.

    « La précarité touche de plus en plus de travailleurs », alerte Manon Magagnosc, déléguée syndicale du centre hospitalier intercommunal de Toulon-La Seyne (CHITS), l’une des porteuses de l’initiative. « L’an dernier, nous avions voulu organiser une collecte, et c’était sur ces produits-là que le Secours populaire avait le plus de besoins car les gens n’y pensent pas, et car c’est très cher. »

    C’est ainsi qu’au mois de mars, les militants CGT de l’ensemble du département ont mis en place une centaine de points de collectes sur leurs lieux de travail respectifs, dans le privé comme dans le public. « Ça permet de donner du sens à la solidarité, des points les plus reculés du département, jusqu’à Toulon, avec des dons n’émanant pas uniquement de personnes syndiquées. Ça montre que la solidarité n’a pas de frontières », salue Olivier Masini.

    Les dons ont été remis ce vendredi 17 avril dans les locaux du Secours populaire du Var, à Toulon. Un « volume important, équivalent à celui de l’année dernière », se réjouit le secrétaire départemental de l’association, trié et partagé dès ce lundi, avant d’être envoyé dans les dix centres de distribution que recense le département.

    Une collecte

    de fournitures scolaires

    Ce partenariat « naturel », tel que le souligne ce dernier, au vu « des valeurs de solidarité, du rôle d’éducation populaire » que partagent les deux organisations, sera renouvelé pour une troisième année consécutive. « Et il va dans les deux sens », assure-t-il, rappelant que « la proximité des valeurs date de la création du Secours populaire, à la fin de la seconde guerre mondiale. Lors des grandes grèves des mineurs de 1946, le Secours populaire était aux côtés des familles de grévistes, et pour porter la solidarité avec la CGT ».

    Et le syndicat compte poursuivre en ce sens, en organisant, en septembre, une deuxième collecte, de fournitures scolaires cette fois-ci, à destination des étudiants, en soutien à une campagne du Secours populaire. « Les mairies s’occupent généralement des fournitures pour les plus jeunes, c’est moins le cas pour les étudiants. On y pense moins, pourtant ça coûte de l’argent », lance Manon Magagnosc.

  • Un accord « gagnant-gagnant » pour les femmes de chambre

    Un accord « gagnant-gagnant » pour les femmes de chambre

    Ce lundi, devant l’hôtel Saint-Charles qui fait face à la gare du même nom à Marseille, les sourires et les accolades ont remplacé le bruit des casseroles qui étaient présentes pendant les plusieurs semaines de grève d’une partie du personnel.

    « On signe aujourd’hui un protocole de fin de conflit. La lutte a payé », campe Gaëlle Barbero, défenseure syndicale et juriste de la CNT-SO 13, la joie sur son visage. Une conclusion heureuse pour un conflit qui remonte à la fin décembre dernier (lire notre article du 18/04), où femmes de chambre et plusieurs salariés de cet ex-Holiday Inn avaient entamé une grève de plus de 15 jours contre une vague de « licenciements économiques », dont le bien-fondé était contesté. Si ces derniers n’ont pas été empêchés, reste que l’accord trouvé est plus que favorable aux petites mains du mouvement. « Après plusieurs semaines d’attente, on a réussi à trouver une solution qui arrange les deux parties, c’est gagnant-gagnant », résume Toufiq Ghodbane, ex-employé de l’hôtel et délégué syndical de la CNT-SO. Ce dernier fait partie des six licenciés économiques. S’il a « un goût amer », il « part la tête haute » : « Sans la lutte, sans le courage des camarades femmes de chambre, sans le rapport de force et le travail de la CNT-SO, je n’aurais pas eu autant. »

    Et pour cause : l’accord entre direction et syndicat « accorde des sommes très avantageuses aux salariés licenciés, via des dommages et intérêts », explique Gaëlle Barbero. Avant de développer : « Pour les anciens grévistes qui sont toujours en poste, on a obtenu une protection de deux ans et l’assurance qu’ils ne seront pas licenciés pour deux ans. » Cerise sur le gâteau : « On a aussi négocié des ruptures conventionnelles qui seront accordées si les femmes de chambre souhaitent partir d’ici mars 2027 et le paiement des jours de grève à 50%. »

    Un chemin sinueux

    Un dernier point qui n’est pas anodin : « Comme la moitié de l’équipe a été licenciée, si elles sont en surcharge de travail, il y a cette porte de sortie », ajoute-t-elle. On comprend mieux l’importance de ces négociations : « Il y a plus de travail qu’avant », dénonce Dibaros, femme de chambre toujours en poste sur l’établissement. Si elle se dit « mécontente » pour ses collègues licenciés, elle voit aussi le positif de cette fin de conflit : « Ça fait plaisir ! » D’autant que le chemin a été sinueux : « Les négociations n’avaient rien donné après les 15 premiers jours de grève », se remémore Gaëlle Barbero. Puis l’établissement a fermé ses portes pour travaux avant de rouvrir le 2 avril dernier, le mouvement social avait été suspendu. C’est finalement la menace d’une reprise de la grève qui aura permis cette fin de conflit. Présente sur place, la directrice de l’établissement n’a pas souhaité faire de commentaires.

  • À Marseille, un pacte local des solidarités pour les travailleurs pauvres

    À Marseille, un pacte local des solidarités pour les travailleurs pauvres

    « On propose un suivi social et professionnel. On aide les gens à réclamer leurs aides ou à trouver des solutions en les redirigeant vers les bons organismes sociaux », présente Yolande Eskenazi, commissaire à la lutte contre la pauvreté auprès du préfet de la région Paca. Parmi les démarches récurrentes liées au pacte local des solidarités, « la demande de la prime d’activité ». Parmi les autres accompagnements : proposer des solutions aux parents qui doivent faire garder leurs enfants lorsqu’ils travaillent.

    Trente personnes suivies

    Pour construire ce projet, « on a réuni des acteurs économiques, de l’emploi et du logement », explique Yolande Eskenazi. Le dispositif regroupe aussi bien des agents économiques, comme le Medef Sud, que trois collectivités locales que sont la Ville, la Métropole et le Département. L’État agit également en poussant des partenariats avec France Travail, la CAF ou encore l’Assurance maladie. « Le projet met autour de la table toutes sortes d’acteurs qui peuvent apporter leur soutien d’une quelconque manière », détaille la commissaire.

    Concrètement, pour agir, ce pacte s’appuie sur un opérateur, en l’occurrence l’association Soliha. Celle-ci suit actuellement 30 personnes à Marseille pour mieux déterminer « les besoins, les raisons et donc les solutions ». Le secteur de l’intérim représente également un enjeu essentiel. « C’est un levier d’action, ça permet de compléter des volumes d’heures en temps partiel », complète la commissaire.

    En vigueur depuis un an et demi, le projet doit encore gagner en visibilité : « On se mobilise pour que les entreprises orientent vers nous des salariés qui auraient des difficultés. »

  • La CFDT Var apporte son soutien à la CGT Toulon après les menaces de mort

    La CFDT Var apporte son soutien à la CGT Toulon après les menaces de mort

    Après les menaces de mort à l’encontre de l’UL CGT de Toulon et celle de son secrétaire Patrice Moulun, découvertes le mercredi 1er avril sur des panneaux et des tableaux électriques d’urbanisme, près du pont de la Gare de Toulon, les soutiens du monde syndical se multiplient.

    Après les Unions départementales CGT du Var et des Bouches-du-Rhône, ainsi que la Fédération CGT des services publics notamment, c’est au tour de la CFDT du Var d’apporter « son plein soutien » et « son entière solidarité » aux cégétistes toulonnais, comme elle l’a fait savoir dans un communiqué diffusé ce vendredi 17 avril.

    « De tels agissements sont inadmissibles. Ils constituent une attaque intolérable contre un homme, mais aussi contre l’ensemble de celles et ceux qui s’engagent, souvent avec courage et désintéressement, dans l’action syndicale au service des salariés, de leurs droits et de leur dignité, indique la CFDT. La menace, l’intimidation et la violence ne sauraient avoir leur place dans le débat démocratique et social. Dans une société de droit, les désaccords, même profonds, ne peuvent jamais justifier que l’on s’en prenne à des militants en raison de leur engagement. S’en prendre à un syndicaliste, c’est chercher à faire taire une voix légitime du monde du travail et viser la liberté syndicale elle-même. »

    La CGT Var en attente

    de nouvelles

    Une condamnation et une solidarité sans réserve malgré les divergences qui peuvent parfois exister entre les deux syndicats :

    « Au-delà des appartenances syndicales, il est des circonstances où l’essentiel doit nous rassembler. Lorsqu’un militant est menacé de mort pour son engagement, c’est l’ensemble du mouvement syndical qui est concerné. Dans un tel moment, la solidarité n’est pas une option : elle est un devoir. La CFDT du Var réaffirme donc son attachement indéfectible à la liberté syndicale, à la protection des militants, au respect du pluralisme et au refus absolu de toute forme de haine ou de violence politique, sociale ou idéologique. Elle adresse à la CGT du Var, à son militant visé, ainsi qu’à l’ensemble de ses adhérents et responsables, son soutien fraternel et sa vigilance résolue. »

    Le syndicat appelle ainsi « les autorités compétentes à tout mettre en œuvre pour identifier les auteurs de ces menaces, afin qu’ils répondent de leurs actes devant la justice ». Contactée, l’UD CGT Var, qui a déposé une plainte, dit attendre des nouvelles de la procédure.