Category: social

  • Une nuit au plus près des démunis et sans-abri

    Une nuit au plus près des démunis et sans-abri

    C’est tout sauf une opération de communication ! » Au sein de La Grande Maison dans le 3e arrondissement de Marseille, un centre d’hébergement d’urgence géré par le CCAS (centre communal d’action social) et plusieurs associations, la Ville et l’État ont présenté les grandes lignes de la prochaine nuit de la solidarité. Cet événement, qui rassemble 1 000 bénévoles, a pour objectif de « mesurer les besoins des personnes sans-abri à un instant T » et se tiendra le 22 janvier prochain, de 17h à 23h. « À travers un questionnaire anonyme, on essaie d’identifier les urgences auxquelles ils et elles sont confrontés », rappelle Audrey Garino (PCF), adjointe au maire de Marseille, en charge des affaires sociales et de la solidarité. « Ces données permettent de qualifier les urgences sur notre territoire. Et de pouvoir déployer des dispositifs pour y répondre », développe l’adjointe communiste. L’opération est d’ampleur : « Elle agrège un très large réseau d’acteurs de la solidarité », avec une dizaine d’associations parties prenantes. Le tout, dans un cadre national puisque se déroulant sur plusieurs communes simultanément.

    Une dimension scientifique et humaine

    Mais forcément, elle a une résonance particulière dans la cité phocéenne. « Notre ville souffre d’un taux de pauvreté conséquent, plus que la moyenne nationale. Ce taux ne fait qu’augmenter et tous les chiffres locaux en attestent », déplore Audrey Garino. « On n’a jamais eu autant de places d’hébergement mais il n’y a jamais eu autant de personnes dans la rue », abonde Léopold Carbonnel, directeur adjoint de la Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS).

    Ce dernier pointe l’importance d’un tel événement : « Il y a aussi une dimension scientifique car nous sommes sur des phénomènes qui ne sont pas simples à mesurer. La grande précarité est souvent invisible et il y a un vrai enjeu à mieux l’appréhender. » Pour cette 5e édition, l’opération a évolué : Elle prendra la forme de maraudes dans certains arrondissements. La Ville prévoit aussi la distribution de produits pour lutter contre le froid grâce à une grande collecte menée depuis plusieurs semaines. Et des formations sont prévues pour les bénévoles qui participeront à l’opération, délivrées par l’association La Cloche. « Plus de 700 et 800 Marseillais ont été formés sur les premières éditions à l’aller vers, c’est-à-dire la déconstruction des clichés », explique Pauline Deluca, responsable de l’association. Elle insiste sur ce volet humain « pour mieux comprendre la grande exclusion ». D’où un site internet* pour les inscriptions des volontaires. « Il y a besoin de bénévoles, sans eux cette opération n’est pas réalisable », martèle Audrey Garino. Avant de rappeler que cette nuit est « un point d’appui indispensable pour engager des politiques publiques ».

    *nuit-solidarite.marseille.fr

    « Un point d’appui indispensable pour engager des politiques »

  • La CGT, qualifiée de « mafia des dockers », porte plainte

    La CGT, qualifiée de « mafia des dockers », porte plainte

    Dans un communiqué commun diffusé ce mercredi, la CGT des dockers et portuaires de Fos, les dockers CGT de Marseille, le syndicat CGT du Grand Port maritime et de Fluxel, ainsi que la fédération nationale CGT des ports et dock, ont annoncé qu’ils allaient déposer plainte suite à des « propos mensongers et insultants », tenus par le chroniqueur de l’émission « Les Grandes Gueules », Jean-Loup Bonnamy, sur les ondes de RMC ce mardi.

    « Les dockers de la CGT ont complètement détruit l’activité du port de Marseille, les bateaux préfèrent aller à Gênes, où c’est bien tenu, plutôt qu’à Marseille, où c’est complètement tenu par la mafia des dockers. Ils jouent un rôle dans le narcotrafic », osait le normalien, dans la foulée d’une visite à Marseille sans annonces concrètes d’Emmanuel Macron.

    « Les ouvriers dockers et travailleurs portuaires sont les premières victimes de ce narcotrafic et nos camarades du Havre en ont payé un lourd tribu avec l’assassinat d’un des leurs », rappellent les organisations syndicales, cinq ans après l’assassinat d’un docker CGT par des trafiquants dans le port normand. « Comment peut-on affirmer que les marchés sont détournés vers Gênes, “mieux organisé”, alors que la réalité est très différente avec une précarisation des emplois et des problématiques justement d’organisation qui amènent régulièrement à des tensions sociales en Italie ? », interpellent aussi les signataires du communiqué, soulignant que, au contraire, les propositions formulées par leurs organisations « ont été partagées par de nombreux acteurs économiques et politiques et plus particulièrement du port de Marseille – Fos ».

    « Ce genre de dénigrement nous conforte dans nos valeurs d’unité, de solidarité et de lutte des classes pour améliorer nos acquis sociaux, nos emplois et développer nos activités de nos ports », écrivent-ils. Des actions sont envisagées pour obtenir des excuses du chroniqueur, mais aussi de la chaîne et de ses propriétaires, la CMA CGM.

    De son côté, le sénateur PCF Jérémy Bacchi a aussi apporté une condamnation immédiate des propos. « Laisser entendre qu’ils seraient complices est grave, faux et irresponsable », appuie-t-il, rappelant qu’ils sont « des travailleurs essentiels qui défendent leurs droits et un outil stratégique pour le pays ».

  • Face au tout sécuritaire, ils prônent une justice humaniste

    Face au tout sécuritaire, ils prônent une justice humaniste

    « On est dans le viseur clairement. » Rassemblés sur les marches du Palais Monthyon ce mardi 16 décembre à l’appel de la CGT, agents du SPIP (Service pénitentiaire d’insertion et de probation), de surveillance électronique ou directeurs sont venus rappeler à quel point leur métier est utile. Une vision de la justice humaniste qui se heurte de plein fouet à la promotion du tout sécuritaire dans lequel se complaît le président de la République, en visite à Marseille.

    « Nous sommes taxés d’animateurs d’activités ludiques et provocantes or nous sommes des professionnels consciencieux », défend Élodie Bartolini, secrétaire départementale CGT SPIP 13, faisant référence aux déclarations fracassantes du ministre de la Justice, Gérald Darmanin. « Nos missions sont fortement attaquées et dénigrées, par les annonces du garde des Sceaux qui s’enchaînent, et des déclinaisons [autoritaires] dans les notes du directeur interrégional », dénonce la responsable syndicale. Pire, les détenus étrangers sont particulièrement visés avec « consignes de mettre des avis défavorables pour toute initiative d’aménagements de peine », assure-t-elle. Les permissions de sortie, surtout collectives, sont « balayées, vidées de sens », ajoute Somaya Fouzri, secrétaire départementale adjointe SPIP 13 or elles permettent « d’accompagner les personnes pour qu’elles se réadaptent pour l’insertion professionnelle, la reprise des liens familiaux ».

    D’autres manières

    de sanctionner

    Avec 100 à 110 personnes suivies par agent, les SPIP font dans l’ultra-priorisation. Pour Somaya, « la question c’est de savoir si on veut que les gens s’en sortent, ou si on veut qu’ils portent à vie l’étiquette de condamnés » quand le taux de récidive atteint les 30% en cas de sortie « sèche » assure-t-elle. La réalité, « c’est trois détenus dans 9m2, des conditions de détention indignes, dans le sécuritaire pour le sécuritaire, on ne trouve pas notre place. or il y a d’autres manières de sanctionner », martèle Élodie. Si elles ne remettent pas en cause les ravages du narcotrafic, elles ont plus souvent affaire aux « petites mains », tombées dans le réseau pour « manger » ou par appât du gain, vite « piégées ». « Qu’est-ce qu’on attend, que ce soit trop tard pour réagir ? », balance Somaya.

    Éducateurs spécialisés, Nadia et Mouloud sont venus en soutien. « Débordés, nous n’avons même plus le temps d’échanger avec nos collègues », raconte la première quand le second considère que « rien n’est fait pour stabiliser et sécuriser les personnes que ce soit en matière de logement, d’emploi, de formation ». Là encore, le manque de moyens reste patent déplorent-ils, dénonçant une volonté politique qui va « à l’encontre de ce qu’il faudrait faire ».

    Le syndicat national des magistrats (SNM) est là aussi. C’est une « situation inédite de pressions répétées et majeures du ministre de la Justice sur tous les personnels qui interviennent dans le domaine de l’application et de l’exécution des peines », commente Laurence Blisson, déléguée locale du SNM. Une année vécue comme « une séquence scandaleuse qui met en cause l’indépendance de la justice » avec « une vision de la prison passéiste dans laquelle la loi est dévoyée ».

    Aussi maillon de la chaîne judiciaire, les avocats. « On partage les mêmes problématiques, d’avoir des échanges avec les personnels pénitentiaires sur les directives pénales qu’ils peuvent recevoir », explique Adrien Mawas pour le SAF (Syndicat des Avocats de France). Après 4 ans d’exercice, il constate que « le mouvement vers une violation de plus en plus systématiques des droits des détenus », est bien engagé. De façon plus personnelle, sur le tout sécuritaire face au narcotrafic, « on a un discours qui fait abstraction des phénomènes et des causes sociales, pourtant le nœud du problème est là ».

  • Des enfants sans accompagnants en Vaucluse

    Des enfants sans accompagnants en Vaucluse

    Une vingtaine d’AESH étaient devant la direction académique de Vaucluse ce mardi 16 décembre pour réclamer de meilleures conditions de travail et un « vrai » statut de fonctionnaire catégorie B. Car actuellement, « ce n’est pas suffisant et ce sont les élèves qui en pâtissent », assure l’une d’entre elles.

    Car dans le département, d’après les chiffres communiqués à la rentrée de septembre aux syndicats, il y aurait 1 300 AESH sur le territoire, dont 893 à temps plein, pour 5 800 élèves qui ont besoin d’être accompagnés. 300 d’entre eux sont restés sur le carreau. Et ce, alors « que certaines sont obligées d’avoir un autre métier à côté car elles ne gagnent pas assez », regrette Magali Genin, cosecrétaire départementale Snes-FSU.

    Promesses de recrutements

    Une réunion est prévue avec le directeur académique des services de l’Éducation nationale (Dasen) ce mercredi 17 décembre pour connaître les avancées sur les promesses de recrutement faites il y a quelques mois. Car la charge est de plus en plus lourde pour les AESH. « On doit désormais gérer des cas de handicap lourd et des enfants violents, ce qui n’est pas censé être le cas. Et on se retrouve souvent seuls avec les jeunes, ce qui n’est absolument pas légal », confie l’une d’entre elles, sans vouloir être nommée.

  • En finir avec la précarité des élèves handicapés

    En finir avec la précarité des élèves handicapés

    « Je dois gérer 11 élèves en situation de handicap en 24 heures par semaine, comment appeler ça un accompagnement digne de ce nom ? ». Ce mardi, à la Bourse du travail de Marseille, les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) tapent du poing sur la table. À l’occasion d’une journée d’action et de grève dans tout le pays, à l’appel de plusieurs syndicats (FSU, Unsa, CFDT, CGT et Sud), ces personnels se sont mobilisés pour réclamer « un vrai statut » pour leur profession. Et pour cause : « On est indispensable au fonctionnement de l’école inclusive mais nous sommes invisibles et maintenus dans la précarité », résume Cécile, AESH depuis plus de 11 ans dans le département, sous la bannière de la FSU-SNUipp 13. Comme ses homologues, elle met en avant des arguments qui en disent long sur le traitement de ces personnels au sein de l’Éducation nationale : « Contrats précaires avec des temps partiels imposés, des revenus en dessous du seuil de pauvreté, avec peu ou pas de formation. »

    Avant un rassemblement devant la DSDEN (direction des services départementaux de l’Éducation nationale), les témoignages qui font part d’une détresse s’enchaînent en conférence de presse. « Des enfants qui doivent être accompagnés plusieurs heures ne le sont souvent qu’une heure… Une AESH qui a 9 ans d’expérience ou 1 an, a quasiment le même salaire, ce n’est pas normal », dénonce Murielle, AESH à Port-de-Bouc depuis 2009, pour la CGT Éduc’Action 13. Les organisations syndicales évoquent plus de 45 000 élèves sans accompagnement, au niveau national, du fait « d’un recrutement insuffisant ».

    Un salaire net en dessous du seuil de pauvreté

    Avec une majorité de contrats qui tournent autour des 24 heures hebdomadaires, nombreuses sont les AESH à recevoir un salaire net en dessous du seuil de pauvreté. « C’est une urgence sociale et éducative, on accompagne les enfants les plus vulnérables. On ne peut parler d’inclusion scolaire sans parler d’un vrai statut pour nous », dénonce Cécile. D’où le coup de pression du jour à l’attention du ministère de l’Éducation nationale. « Il se tient aujourd’hui une instance au ministère, dans laquelle il est prévu des interventions des syndicats sur la nécessité de créer un statut pour ces personnels », expose Franck Delétraz, pour le SE-Unsa. La pétition intersyndicale revendiquant « la création d’un corps statutaire de fonctionnaires pour les AESH » rassemble plus de 88 000 signatures. Une « nécessité » pour les syndicats : « C’est le deuxième corps de l’Éducation nationale mais ils ont un statut précaire. » Élodie Boussarie, pour Sud Éducation 13 résume la problématique : « On ne peut plus conditionner l’accès aux droits des enfants aux conditions de travail ! »

  • Vaucluse : fin de la grève à Ducros-Vahiné

    Vaucluse : fin de la grève à Ducros-Vahiné

    Fin de la grève sur les trois sites Ducros-Vahiné de Monteux et Carpentras après un accord entre la direction et les salariés, trouvé ce lundi 15 décembre.

    L’augmentation générale a été doublée, passant pour les ouvriers de 19,6 euros nets en plus par mois à 40 euros par mois. Le travail a été repris par l’ensemble des grévistes ce mardi 16 décembre en matinée. Après quatre jours de grève, ce n’est « ni une victoire, ni une défaite » pour Denis Cauchy, secrétaire général CGT. Le syndicat réclamait, « à la demande des salariés », une égalisation des augmentation car deux tiers de l’enveloppe allait à l’encadrement et non aux ouvriers.

  • À Sète, le lycée Joliot-Curie se bat pour arracher des moyens

    À Sète, le lycée Joliot-Curie se bat pour arracher des moyens

    Ils n’en peuvent plus de gérer la pénurie. Les personnels du lycée Joliot-Curie, à Sète, ont décidé de tirer la sonnette d’alarme et d’afficher un front intersyndical uni face à une situation qui se dégrade dangereusement.

    Après s’être rassemblés le 2 décembre devant l’entrée principale du lycée, ils ont sollicité, par le biais d’une intersyndicale au complet*, une audience au rectorat. Le 4 décembre, les représentants des parents d’élèves, des personnels et des élèves ont par ailleurs voté contre le budget du lycée lors du conseil d’administration.

    Au cœur de cette mobilisation : le manque de moyens. En termes de personnels, d’abord.  « Il manque au moins trois postes d’AESH [accompagnants d’élèves en situation de handicap, Ndlr] pour être en mesure d’accompagner tous les élèves qui ont une notification », assure Marine Trégan, professeure de philosophie au lycée Joliot-Curie et représentante de SUD Éducation. Les AED, assistants d’éducation, seraient également en sous-effectifs. « Certes leur nombre correspond à une moyenne académique, mais cela ne tient pas compte des spécificités de notre établissement. Le lycée est très grand, avec beaucoup de bâtiments, si bien que pour assurer une surveillance optimale et permettre une sécurité des élèves dans l’ensemble de l’établissement, on a besoin de plus d’AED. En outre, il se situe dans une zone particulièrement difficile socialement, sans que cela ne se traduise par un nombre accru d’AED », relève Marine Trégan. « Or il y a régulièrement des violences entre élèves dans notre lycée, et cette année on a une explosion », s’inquiète-t-elle.

    Le dispositif de lutte contre le harcèlement menacé

    Autre point noir soulevé par l’intersyndicale : la baisse globale du nombre d’heures allouées à l’établissement, « notamment des heures qui permettent aux collègues d’assurer des missions supplémentaires, alors même que ces missions ne cessent d’augmenter. Et on les trouve importantes », insiste Marine Trégan. Elle prend l’exemple du dispositif Phare de lutte contre le harcèlement scolaire. « À l’échelle d’un lycée de 2 000 élèves, c’est un travail colossal. Chaque semaine, une équipe réalise des entretiens avec des élèves témoins ou acteurs du harcèlement pour désamorcer des situations. Grâce à ce dispositif, l’année dernière plus de 80% des situations gérées ont été réglées. Sauf que les collègues ont déjà un arriéré de 80 heures qui n’ont jamais été payées et cette année, on nous a annoncé que les caisses étaient vides. Or une centaine d’heures Phare ont déjà été effectuées depuis septembre. Du coup le dispositif risque de s’arrêter », prévient la syndicaliste, inquiète de l’ampleur que pourrait prendre le harcèlement au sein de l’établissement. Pour les mêmes raisons de dotation horaire insuffisante, les enseignements obligatoires d’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité (Evars) pourraient également être remis en cause.

    Par ailleurs, contrainte de gérer la pénurie, la direction envisage de supprimer les primes pour les coordonnateurs de disciplines, ce qui « remettrait notamment en cause l’organisation des épreuves d’entraînement aux différents examens (Bac blancs, entraînements oraux, etc.) », explique la représentante de SUD Éducation. « Nous refusons de devoir sacrifier une de ces missions, et de les exercer de façon précaire ou bénévole ! » La balle est désormais dans le camp du rectorat.

    * SUD Éducation, CGT, FSU, CNT, Snetaa FO, Snalc

  • À Arkema, en grève pour une vraie hausse de salaire

    À Arkema, en grève pour une vraie hausse de salaire

    « Rien ne rentre et rien ne sort. » Devant l’usine d’Arkema du quartier de Saint-Menet à Marseille, ce lundi, plusieurs dizaines de salariés tiennent un piquet de grève nec plus ultra. Un grand écran et une sono pour être connectés avec leurs homologues d’autres sites dans le pays qui sont en mouvement également, un chapiteau pour se protéger du mistral et un barbecue qui tourne à plein régime…

    Voilà depuis jeudi dernier qu’ils ont débuté une grève, reconduite très largement jusqu’à jeudi prochain sur le site lors d’une assemblée générale qui s’est déroulée à midi. « On demande la réouverture des NAO [négociations annuelles obligatoires] et une vraie hausse de salaire, de 160 euros sur le salaire de base pour tout le monde ! », résume Rémi Thuaire, délégué syndical du site, salarié posté polyvalent dans le secteur amination qui fait les 3×8.

    Ce dernier ne cache pas son énervement quant au déroulement des NAO : « La direction prévoit une hausse générale de seulement 1,2%, c’est méprisant quand on connaît les finances du groupe. Et avec un talon (augmentation minimale) de 35 euros bruts, c’est le plus bas depuis 2002 ! » Son organisation syndicale met en avant le fait qu’Arkema aurait bénéficié de plus d’une dizaine de millions d’euros d’exonérations de cotisations sociales cette année.

    Une proposition jugée « correcte » par la direction

    « La situation financière du groupe est très saine, les propositions pour les salaires sont très faibles. Et on nous annonce des dividendes d’un très bon niveau. L’action est à 8% de rendement… », explique Sébastien Jonas, secrétaire du syndicat CGT Arkema Marseille. Avant de s’indigner : « On va distribuer 100% de notre résultat net après impôts, notre bénéfice, à nos actionnaires ! ». Concrètement, la CGT revendique 160 euros d’augmentation pour tous et espère bien que la direction « revienne à la raison ». Philippe Gomez, directeur du site explique que l’entreprise a regardé « deux paramètres » pour justifier cette proposition de hausse d’1,2%, qui est jugée « correcte » : « L’inflation et les résultats du groupe, en deçà de ce qui était prévu ». Il prend pour exemple « l’action du groupe en baisse cette année ». Avant de noter « qu’un retour à la table des négociations n’est pas prévu à ce jour ».

  • D’autres livreurs d’Amazon salement liquidés

    D’autres livreurs d’Amazon salement liquidés

    Exploités, pressurisés, puis virés comme des Kleenex. C’est devenu le lot commun des salariés des sous-traitants des grandes plateformes de logistique. La fermeture du site niçois a des airs de déjà-vu à Marseille avec ID Logistics, voire aux quatre coins du pays.

    Ils étaient encore une quarantaine de livreurs et agents de dispatch à travailler sur la plateforme niçoise avant février 2025. Ils ne sont plus que huit, depuis la fermeture brutale du site le 12 à espérer obtenir « justice », rassemblés devant le siège de Cogepart, au 120 boulevard de Paris. Avec entre 1 et 5 ans de boîte, père de famille ou célibataires, ces salariés précaires témoignent tour à tour de « démissions forcées », de « convocations pour faute grave », de « pressions pour accepter un reclassement à Toulon, sans dédommagement ». Magali, responsable d’exploitation sur le site du MIN niçois, décrit : « J’ai constaté une grosse chute des volumes en février, j’ai demandé si on allait fermer. On m’a répondu non. » Depuis deux mois, ils sont sans salaire. Le site a fermé. « La société a perdu son contrat avec Amazon et Vinted, elle a tiré le rideau et forcé ses salariés à partir avec des conditions inacceptables, comme ça s’est passé dans le 15e arrondissement avec le sous-traitant ID Logistics », rappelle Hervé Street.

    Coureurs des derniers km

    Président du syndicat ADSTTF, il a tenté en vain la médiation avec le groupe, créé par le millionnaire en cryptomonnaies soupçonné en 2022 de blanchir des bitcoins rançonnés, Jérôme Dor, et « également responsable de la liquidation de l’une des plus anciennes entreprises de transport françaises, les Transports Bonnard, ce qui avait déjà suscité de vives inquiétudes quant à ses pratiques ». Refuser le licenciement économique pour s’épargner la longue, coûteuse et embarrassante mise en place d’un plan de sauvegarde de l’emploi devient légion chez les sous-traitants de la livraison et dans cette course au profit, les salariés des derniers km trinquent. Comme pour les ex-ID Logistics, ceux-ci entendent contre-attaquer devant les tribunaux. Contactée la direction n’a pas donné suite.

  • Hôpital de Martigues : vent debout contre la suppression de congés

    Hôpital de Martigues : vent debout contre la suppression de congés

    Rebelote. Une cinquantaine de personnels de l’Hôpital de Martigues ont manifesté en préambule de la séance du Comité social et économique (CSE) de ce lundi matin à l’appel du syndicat CGT. En cause : la suppression de 5 + 3 jours de congés occasionnels ainsi que de la pause méridienne pour les agents du Centre hospitalier de Martigues. Ces dispositions, fruit d’un accord datant d’une quinzaine d’années, sont des « irrégularités » selon le rapport de la Chambre régionale des Comptes portant sur la période 2019-2023 ( nos éditions du 4/11 et 9/12 ).

    À la sortie de la séance, la secrétaire générale CGT du syndicat de l’hôpital Laure Privat regrette que « le directeur reste sur ses décisions » et qu’« aucune négociation ne soit possible depuis le début au prétexte du rapport de la Cour des comptes ». « Ça va vraiment être compliqué pour la pause méridienne car il est plus facile de l’enlever aux agents administratifs qu’à ceux au pied du lit du patient », détaille la responsable, « on en déduit que certaines catégories professionnelles ne pourraient plus s’absenter du service » dans certains cas.

    Sollicitée sur place, la direction du CH de Martigues a refusé de nous répondre au sujet du dialogue social.

    Un manque criant de personnel

    En marge du CSE, la lectrice de la déclaration de la CGT Valérie Rossero, aide-soignante en cardiologie, insiste sur le fait que, « la suppression de la pose méridienne veut nécessairement dire réduction du personnel », sans compter « l’épuisement à force de faire des jours à rallonge ». « À 58 ans si je passe à 12 heures par jour je ne sais pas comment je gérerais la charge de travail sur mes épaules », se demande la syndicaliste.

    Plus encore, « on nous demande d’être polyvalents car on manque de personnel et on fonctionne en mode dégradé », relève Valérie Rossero. C’est-à-dire « aller combler le manque dans les autres services ou travailler sur plusieurs postes à la fois, et il y a un vrai risque de faire des erreurs », conclut-elle.

    Par un surprenant hasard, l’une des élues CGT au CSE a du précipitamment sortir de la séance pour cette raison. « Il manque du personnel au 7e ! », lâche Fabienne Guibaud en courant. Son collègue infirmier du bloc opératoire, confirme : « La direction n’arrive pas à recruter et il manque la moitié de l’équipe spécialisée au bloc » indique-t-il.

    Alors, les offres d’intérim sont pléthoriques. Sur son téléphone, il montre celles proposées pour la semaine. « Il y a 5 missions de remplacement sur 12h ou pour la nuit » précise l’infirmier, sachant que « c’est entre 10 et 12 en période normale ». « C’est pas en retirant les acquis sociaux qu’on recrutera alors que les gens se barrent » déplore-t-il.