Category: social

  • La CGT de l’hôpital d’Arles vent debout contre la fusion des services

    La CGT de l’hôpital d’Arles vent debout contre la fusion des services

    « Nous avons déclaré l’alerte aux risques psychosociaux car les agents sont en pleurs dans nos bureaux. » L’air est soudain devenu glacial à l’entrée du centre hospitalier d’Arles ce jeudi après-midi, à l’écoute de la secrétaire générale du syndicat CGT Anne-Marie Lesage. Le syndicat a tenu une conférence de presse en plein air avec les agents de l’hôpital pour alerter le public sur les conditions de travail.

    Particulièrement en ce qui concerne l’organisation du service de cardiologie, qui est prévu de fusionner avec celui de gastro-entérologie. « La direction veut supprimer 28 lits dans ces deux services, au prétexte que nous ne sommes pas remplis », explique la syndicaliste. Conséquence première, les agents « changent tout le temps d’horaires ce qui complique énormément la vie de famille », détaille-t-elle. « C’est aussi notre organisation personnelle qu’ils remettent en cause » tance Julie* aide-soignante du service de cardiologie, « c’est annoncé pour dans 15 jours, au mépris total des agents et des usagers », insiste-t-elle.

    Des risques sanitaires ?

    Cette décision inquiète également les agents pour leurs patients. Amélie*, infirmière en cardiologie, fait part d’un « manque de formation dans les spécialités » des patients d’autres services hébergés en cardiologie. Alors, la demande d’une infirmière en renfort a été faite. « Demande refusée, manque d’argent oblige », lâche-t-elle.

    « On fait de la cardio depuis longtemps, faire une autre discipline dans deux services est dangereux pour les patients », insiste Sylvie, une troisième infirmière de cardiologie, déplorant « deux-trois jours de formation » seulement.

    Et soulève un autre problème : « Les patients en gastro-entérologie, qui viennent par exemple pour une coloscopie, ne sont pas “propres” par rapport à ceux de cardiologie, où on accueille des soins intensifs, dont des arrêts cardiorespiratoires. » « Ils veulent fusionner deux spécialités différentes avec des pathologies incompatibles dans un même service, ce qui met à mal la qualité des soins », reprend sa collègue Amélie, parlant de « risques pour les patients différents aussi ».

    Le dialogue social est malgré tout compliqué. « Quand on parle de revendications ou de fatigabilité, qui se reporte sur les patients, on nous répond qu’on exagère, et que personne n’est irremplaçable », déplore Sophie. « On travaille dans le stress et sous tension en permanence. La direction vient nous voir pour faire des annonces de changement de planning en pleine journée difficile, c’est désolant », se déleste l’infirmière. Sa collègue Julie l’assume : « Beaucoup d’agents cherchent ailleurs, et moi j’attends une nouvelle affectation. Ce projet de fusion ne me plaît pas et après 26 ans de cardiologie comme aide-soignante je suis contrainte de partir. »

    Un plan d’efficience

    Suppression de deux aides-soignantes sur trois au bloc opératoire, manque de personnel, de formation, suppression de lits, fusion de services : l’éléphant dans la pièce est le plan d’efficience de l’Agence régionale de santé (ARS) dénoncé par la CGT. « On fait des économies sur le personnel », tranche Anne-Marie Lesage. « Comment allons-nous soigner la population du territoire ? La direction répond à nos alertes en disant c’est obligé, c’est l’ARS. Mais ça ne nous satisfait pas », insiste-t-elle. « On cotise tous pour avoir droit à des soins de qualité sans regarder son statut social », objecte son collègue brancardier.

    « L’opposition est complètement solidaire avec vous face à cette casse du service public », assure aux agents Lucille Venet, élue de l’Union pour Arles au conseil municipal.

    La revendication principale reste l’arrêt de la fusion de ces deux services.

    * Les prénoms ont été changés

  • [Budget Métropole] Les agents redoutent une dégradation des services

    [Budget Métropole] Les agents redoutent une dégradation des services

    Au moins 4,4 millions d’euros d’économie sur la « charge de personnel et frais assimilés »… C’est ce que propose la Chambre régionale des comptes (CRC) pour rééquilibrer le budget déficitaire de la Métropole Aix-Marseille-Provence. Une économie sur les recrutements qui dégraderait les conditions de travail des agents et du service public, selon les syndicats.

    « Inquiet du gel d’une partie

    des recrutements »

    Bien que rassuré que la CRC ne préconise pas de baisse de salaire, Serge Tavano, secrétaire général du syndicat FSU-Territoriaux des Bouches-du-Rhône, se dit « inquiet du gel d’une partie des recrutements d’agents permanents ». Pour le syndicaliste, c’est le signe du « non-remplacement d’un départ sur deux ». Une perte de postes qui aura des conséquences sur les conditions de travail des agents, qu’ils soient dans l’administration ou l’opérationnel. « Parce qu’on demande souvent aux agents de faire des efforts et ils le font, car ils ont le sens du service public. Ils peuvent le faire sur du court terme, mais pas sur le long terme, ce n’est pas possible », s’alarme l’agent territorial.

    D’autant que cette baisse de budget risque de limiter le renouvellement des contractuels ou même leur recrutement, avec donc l’impossibilité de remplacer des arrêts maladies. Ce qui pourrait par exemple affecter le travail des éboueurs qui connaissent une augmentation de l’activité l’été. « On doit faire des choix budgétaires, mais pas sur les métiers de l’opérationnel », insiste-t-il.

    « Nous réclamons en urgence une table ronde avec l’ensemble des organisations syndicales pour que toute la transparence soit faite », partage de son côté la responsable de la CGT à la Métropole, Véronique Dolot, craignant les lourdes répercussions. « On essaie de présenter cela comme un exercice comptable, mais il s’agit bien de choix politiques, les seuls qui ont à y perdre sont les populations et les services publics. »

  • Nouveau rassemblement pour défendre la gratuité des transports

    Nouveau rassemblement pour défendre la gratuité des transports

    « C’est la suite logique de notre première réunion. On veut continuer à appuyer nos élus et faire la lumière sur cette question de la gratuité », souligne Maurice Marsiglia, président de l’Association se déplacer en liberté (Asdel), qui appelle au rassemblement samedi, à partir de 10h au Pôle d’échanges d’Aubagne.

    L’objectif : défendre le maintien de la gratuité des transports en commun dans les 12 communes du Pays d’Aubagne et de l’Étoile*, en place depuis 2009 et menacée par le budget de la Métropole, en déficit de 123 millions d’euros. En effet, après que les élus de la collectivité ont refusé de voter leur budget, jugé unanimement « intenable », sa gestion a été déléguée à la préfecture qui a, dans la foulée, saisi la Cour régionale des comptes (CRC) pour son élaboration (lire page 2 à 4). Une situation qui inquiète les défenseurs de la gratuité, l’institution portant un regard critique sur le système. « La gratuité (..) entraîne, pour les réseaux importants et étendus, des effets négatifs sur le plan financier, tout en ne s’accompagnant que d’un report modal des automobilistes très limité », lit-on dans un de ses rapports, rendu public en septembre 2025.

    « Un bien commun »

    Mais, pour l’Asdel, comme pour de nombreux élus et citoyens locaux, un retour en arrière est inenvisageable. L’association avait d’ailleurs déjà appelé à la mobilisation à la fin du mois de mai, lors d’une réunion publique qui avait rassemblé 450 personnes. L’occasion, pour Maurice Marsiglia et ses soutiens, de revenir sur l’impact financier du système : « La gratuité correspond à un déficit de 2 millions d’euros par an, et représente 0,04% du budget total de la Métropole, ce qui est totalement anodin sur une dette de 123 millions d’euros », avait-il alors défendu. Jean-Pierre Squillari, maire (DVG) d’Aubagne, avait lui aussi rappelé son attachement à cet acquis social vieux de 17 ans : « La gratuité est notre bien commun. Elle fait partie de notre paysage et de notre fierté. On ne parle pas d’une utopie mais d’un acquis qui passera bientôt l’âge adulte. » Au-delà du bouclier financier qu’elle peut constituer pour les ménages, la gratuité est aussi défendue pour ses impacts positifs sur la santé publique et l’environnement.

    *Aubagne, Auriol, Belcodène, Cadolive, Cuges-les-Pins, La Bouilladisse, La Destrousse, La Penne-sur-Huveaune, Peypin, Roquevaire, Saint-Savournin et Saint-Zacharie.

  • [Entretien] Denis Philippe, Cress Paca : « Cette amputation de crédits représente 4 millions d’euros »

    [Entretien] Denis Philippe, Cress Paca : « Cette amputation de crédits représente 4 millions d’euros »

    La Marseillaise : Pouvez-vous rappeler les missions de la Cress ?

    Denis Philippe : La Cress est la Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire. Sa mission a été fixée par la loi de 2014, qui reconnaît et encadre les organisations représentatives de l’économie sociale et solidaire (ESS). En Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’ESS représente près de 200 000 emplois. On compte également 12 000 entreprises et 14 000 établissements. Nous avons donc pour mission de représenter ce modèle économique et les entreprises qui le portent.

    Dans votre lettre, vous appelez à soutenir l’initiative de l’ESS France, qui demande au gouvernement de « maintenir les crédits ». Pourquoi cette démarche ?

    D.P. : La loi de finances pour 2026 a été votée en début d’année avec l’article 49.3. Dans ce cadre, nous avons appris qu’une réduction des crédits liés à l’économie sociale et solidaire allait être appliquée. Pourtant, l’État s’était engagé à maintenir le financement de l’ESS au même niveau que celui de 2025. Le 5 juin dernier, nous avons appris que le gouvernement, par une décision subite et incompréhensible pour nous, voulait diminuer de 30% ces crédits dédiés à l’ESS. En parallèle, ce qui nous pose problème, c’est qu’aujourd’hui, on ne sait toujours pas quelle est la stratégie de la France concernant l’économie sociale et solidaire. À un moment, il faut se positionner.

    Quelles vont être les conséquences d’une réduction de 30% des financements pour l’ESS ?

    D.P. : Cette amputation de crédits représente 4 millions d’euros. Imaginez les conséquences pour les organisations qui portent ces dispositifs sociaux, au moment où nous allons leur dire qu’on ne peut pas les financer.

    Tout cela va participer à une dégradation beaucoup plus rapide de la situation de nos concitoyens, notamment les plus pauvres.

    Qu’attendez-vous de l’État désormais ?

    D.P. : Nous, la Chambre régionale de Provence-Alpes-Côte d’Azur, nous ne voulons pas que ce soit l’État qui nous finance alors qu’il n’est pas au rendez-vous quand nous avons besoin de lui. Nous considérons que ce serait à nos entreprises de financer la Chambre régionale, via une taxe perçue par l’État et qui devrait donc nous être reversée directement. Cela éviterait que, lorsque l’État fait face à des difficultés économiques, il ne soit obligé de raboter le budget pour remédier à sa dette abyssale.

    Quel regard portez-vous sur l’avenir du secteur ?

    D.P. : Moi, je partage la position de l’ESS France. C’est-à-dire que nous n’allons plus nous asseoir autour de la table du Conseil supérieur de l’économie sociale et solidaire (CSESS) tant que l’État n’a pas de stratégie pour ce modèle. J’entends qu’il y ait des difficultés économiques dans notre pays, elles sont réelles. Mais, quand nous faisons des propositions concrètes, comme le fait de nous financer par nous-mêmes, c’est refusé. Quel choix nous laisse-t-on ?

    Il faut qu’on s’organise par nous-mêmes, parce que je ne crois pas à la capacité de l’État, demain, de pouvoir continuer à soutenir l’économie sociale et solidaire.

  • Face à l’habitat indigne, les acteurs locaux prônent une réponse collective

    Face à l’habitat indigne, les acteurs locaux prônent une réponse collective

    À Marseille, selon l’Adil, 27 770 logements sont aujourd’hui qualifiés de potentiellement indignes dans le parc privé : moisissures, risque d’effondrement, concentration de plomb… Le sujet n’est pas nouveau. L’Hôtel du Département a accueilli, ce mercredi, une conférence-débat dédiée à ce sujet, organisée par l’Adil des Bouches-du-Rhône. « Un habitat est considéré comme indigne lorsqu’un logement possède des conditions qui ne répondent pas à des exigences minimales, portant atteinte à la santé ou à la sécurité des personnes », explique Thierry Moallic, directeur de l’Adil 13.

    Les acteurs locaux de l’habitat tentent de répondre « collectivement » à ce fléau. La plateforme « Signal Logement », lancée par le gouvernement, permet aux habitants de signaler en ligne leur situation. 3 475 signalements ont été réalisés dans le département en 2025, selon l’Adil.

    Isabelle Epaillard, préfète déléguée à l’Égalité des chances, rappelle l’importance du relogement : « Il faut proposer un logement pendant les travaux du bâtiment, et pas seulement dans les hôtels. Il est nécessaire d’anticiper ces besoins avec la Métropole. » Autre volonté : étendre le « permis de louer » actuellement appliqué dans le quartier de Noailles, à Marseille : « Dès le préavis de départ, les professionnels de l’immobilier ont l’obligation de prendre connaissance des problématiques. On ne peut pas louer un logement insalubre », déclare Laurence Pont, présidente de la Fédération nationale de l’immobilier des Bouches-du-Rhône.

    Des variables sociales

    Plusieurs conditions favorisent l’habitat indigne. « Les offres dignes et abordables sont insuffisantes. Les ménages sont de plus en plus précaires et la résolution des désordres est complexe et très longue, témoigne Cyrille Guiraudou, membre de l’Association de défense des locataires HLM (ADLH). Il y a un sentiment de redevabilité envers le bailleur qui a été le seul à fournir un toit, mais aussi un sentiment de honte et une peur de se retrouver à la rue. »

    Selon Audrey Garino, adjointe (PCF) au maire de Marseille déléguée au logement et présidente de l’Office Provence Métropole Logement, une vingtaine de propriétaires ont été condamnés, cette année.

  • L’État passe au rabot ses chercheurs et ingénieurs

    L’État passe au rabot ses chercheurs et ingénieurs

    Un pillage en règle des fonds de la recherche publique. Comme à Paris, Toulouse ou Grenoble, ingénieurs, chercheurs, directeurs de recherche se sont retrouvés ce jeudi 11 juin sur la place Charles-de-Gaulle pour dénoncer les baisses de subventions successives opérées par l’État envers les établissements publics de recherches. CNRS, Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (Inria)… Tout le monde est concerné.

    « Ils sont allés taper dans les fonds de roulement, les ressources propres fléchées et non fléchées. On est à l’os », résume Didier Gori, secrétaire régional du SNTRS (Syndicat national des travailleurs de la recherche scientifique)-CGT Provence Corse, ingénieur chimiste de l’environnement.

    Concrètement, toutes les strates du budget des laboratoires sont touchées. D’abord l’argent que ces derniers réussissent à décrocher dans le cadre de partenariat avec les entreprises, « qui améliore l’ordinaire et permet notamment d’acquérir du matériel ou de l’entretenir », commente le syndicaliste. C’est sur cet apport aussi que « nous réalisons les travaux préliminaires de nos recherches qui vont nous servir à décrocher des projets, car nous devons tout justifier », ajoute Véronique Alphand, du Syndicat national de la recherche scientifique (SNCS)-FSU, chercheure en chimie « en interface avec la biologie ».

    Les financements obtenus auprès de l’Agence nationale de recherche (ANR), de l’Europe sont aussi concernés assurent les syndicats. L’Agence voyant ses possibilités revues à la baisse de 9% s’indigne Didier Gori. « France 2030 sera impactée de 100 millions, la Mission interministérielle Recherche et Enseignement supérieur (Mires) de 139 millions d’euros », liste-t-il. Des coupes qui s’ajoutent au milliard d’euros d’économie annoncé par le gouvernement sur les services publics, avec 62,2 millions en moins pour les établissements de recherche publique.

    Les CDD gelés au CNRS

    Les conséquences se font sentir. Dans une lettre adressée ce vendredi 8 juin aux directeurs d’instituts, délégués régionaux et directeurs d’unités, le patron du CNRS détaille des mesures conservatoires pour coller au budget « rectificatif » où Bercy réclame l’annulation de 20 millions d’euros supplémentaires. Sur la « masse salariale limitative », 70% des recrutements ou renouvellement d’agents en CDD sont gelés jusqu’au 30 septembre. Sur les fameuses « ressources propres », 100% des recrutements d’agents en CDD sont gelés. À noter que le CNRS Paca Corse, avec ses 82 structures de recherche, 1 008 chercheurs, 1 238 ingénieurs, techniciens et administratifs dont 727 contractuels, 222 doctorants, et 277 millions d’euros de budget annuel est parmi « les investissements les plus conséquents du CNRS en région », indique son site Internet.

    Conditions de travail dégradées, turn-over important dans l’administratif, manque d’attractivité, s’ajoutent à la mise en péril des projets témoignent les manifestants. Nathan qui travaille au laboratoire d’astrophysique de Marseille, déplore la mise en concurrence à l’intérieur même de l’unité. « On met à mal la recherche fondamentale », se désole un autre collègue. Tout ça au profit d’une « économie de guerre », s’agace Didier Gori, alors que face « aux défis environnementaux, climatiques, sociétaux », la recherche a toute sa place, estime-t-il, lui qui travaille justement au quotidien sur la pollution.

    « Un pays qui n’investit plus dans sa recherche, c’est un pays qui perd sa souveraineté », pose le syndicaliste. Et un « déni démocratique », embraye Véronique Alphand. « Lutter contre le complotisme ambiant, montrer que la science ça sert c’est aussi ça l’intérêt de la recherche », assène-t-elle.

  • Au Centre pénitentiaire de la Farlède, une grève pour plus de sécurité après la prise d’otage d’une infirmière

    Au Centre pénitentiaire de la Farlède, une grève pour plus de sécurité après la prise d’otage d’une infirmière

    À l’entrée du Centre pénitentiaire de la Farlède, ce jeudi matin, trône une banderole sur laquelle on peut lire : « Prenez soin de nous comme on prend soin de vous. » Un message qui fait écho à la prise d’otage subie par une infirmière dimanche dernier, ressentie comme « une prise d’otage générale, qui a eu beaucoup de répercussions au niveau des salariés », décrit Ludivine, l’une des infirmières de l’établissement. Celles-ci se sont toutes réunies en blouses blanches, dès 7h, devant le centre pénitentiaire, répondant à l’appel à la grève des syndicats FO du Centre hospitalier Toulon-La Seyne (CHITS) et de l’établissement psychiatrique du Var.

    Un mouvement soutenu par les syndiqués FO Pénitentiaire avant leur prise de poste, la grève ne leur étant pas permise. Et qui pourra être reconduit « pour faire comprendre qu’on a besoin de réponse », affirme Jessica Michel, secrétaire générale FO CHITS, reçue ce vendredi par l’Agence régionale de santé (ARS), en compagnie de membres du personnel. « On va exiger de mettre la pression sur la direction du centre pénitentiaire pour mettre en œuvre les choses qu’on a demandées », promet-elle.

    Car selon la syndicaliste, cette situation aurait pu être évitée si les infirmières avaient été écoutées. Or, « on a toujours eu des réponses négatives de la part de la direction du centre, qui rétorque qu’on ne peut pas tout faire en milieu pénitentiaire. On peut l’entendre, sauf que la sécurité des agents est notre priorité, et que ce qu’on réclame est a priori faisable ».

    La surpopulation, facteur d’insécurité pour tous

    Les mesures demandées, dès lors : la création d’un troisième poste d’infirmière le week-end – elles n’étaient que deux au moment de l’incident -, et le renforcement du dispositif de sécurité. Cela, au moyen de portiques de sécurité positionnés devant l’infirmerie, d’un système d’alarme silencieuse déclenchable à tout moment contrairement aux alarmes sonores pouvant faire davantage dégénérer les situations. Mais aussi par un réaménagement des bureaux, avec l’installation d’alarmes, et un positionnement dos à la porte pour que les soignants puissent s’enfuir plus rapidement, chose qui a déjà commencé à être mise en place cette semaine.

    Derrière ces demandes, une réalité : celle d’un système carcéral à bout de souffle, où la surpopulation (130% à la Farlède, 850 détenus pour 660 places) « met en jeu la sécurité de tous, des détenus comme des personnels pénitentiaires et génère des pertes de qualité, bien évidemment », déplore Marion, l’une des infirmières. Pour autant, elle et ses collègues n’ont jamais pensé à exercer ailleurs, elles qui évoluent dans ce milieu par vocation et humanisme au nom de « l’accessibilité aux soins pour tous, à ces personnes-là qui sont au ban de la société ». Des détenus sur lesquels elles refusent de jeter l’opprobre : « Ils sont à nos côtés et sont généralement les premiers à nous protéger », appuie Ludivine.

    Au-delà de ces revendications, le manque de reconnaissance financière est également déploré par les soignants, à qui l’on octroie seulement une famélique prime de risque de 90 euros bruts mensuels : « Une revalorisation nationale du salaire infirmier est attendue depuis des années. Est-ce que la vie d’un soignant en détention vaut 90 euros, pour soigner des gens qui, comme on a pu le voir, peuvent nous prendre en otage ? », demande Ludivine.

    Des questions adressées aux pouvoirs publics à travers une lettre ouverte, alors que les syndicats ont sollicité une entrevue avec le préfet (jusqu’ici restée sans réponse), et que des échanges auront lieu entre les directions des établissements de santé et du centre pénitentiaire, les 24 et 25 juin.

  • Le lycée Jean-Moulin de Béziers miné par la vétusté des équipements

    Le lycée Jean-Moulin de Béziers miné par la vétusté des équipements

    « Les dysfonctionnements du réseau paralysent l’ensemble des missions quotidiennes des personnels », alertent, dans un communiqué commun, les représentants des sections locales CGT, SUD et Unsa du lycée Jean-Moulin, à Béziers. « Certains collègues des filières professionnelles ne peuvent littéralement plus assurer leurs cours. »

    Si les syndicats de l’établissement sont aujourd’hui désemparés, c’est notamment car l’un de leurs principaux outils de travail, les ordinateurs sont d’une vétusté si avancée que le travail des enseignants en devient impossible. Des « machines vieillissantes, toujours sous Windows 7 — système abandonné par Microsoft depuis janvier 2020 », utilisées quotidiennement pour des tâches allant de la notation des présences et absences des élèves à la communication aux familles, ou encore à la projection de cours dans les salles de classe. Des machines frappées par un virus informatique qui rend ces simples tâches impossibles à réaliser.

    Une rénovation

    qui se fait désirer

    « Entre la vétusté, la problématique des mises à jour, l’accès aux drivers sur les applications, l’accès aux drivers sur les imprimantes par exemple, les professeurs ne peuvent même plus imprimer, ils ne peuvent plus utiliser les ordinateurs pour projeter en classe », développe Maxime Barbazange, représentant de l’UL CGT de Béziers et salarié de l’Éducation nationale. Il prend la parole pour dénoncer une situation qui rend le travail de ses collègues très compliqué et s’étonne de la réaction de la direction de l’établissement qui, après avoir reçu les plaintes du corps enseignant, aurait proposé aux professeurs en guise de solution d’apporter leurs ordinateurs personnels. « On est des fonctionnaires d’État, on doit avoir du matériel pour bosser », assène-t-il.

    Dans un article publié dans Midi Libre, la direction de l’établissement a appelé à la patience. Une réponse qui peine à convaincre le personnel éducatif dont la moitié du parc informatique est inutilisable depuis la rentrée des vacances de printemps. Que ce soit au niveau des bâtiments ou du matériel informatique, Maxime Barbazange rappelle que « la Région est en retard sur la rénovation », bien que la direction se targue de l’avancement de cette dernière.

    Les sections locales CGT, SUD et Unsa de l’établissement rappellent également que « le lycée Jean-Moulin accueille des élèves dont le niveau de vie figure parmi les plus faibles de France. Ce sont précisément ces jeunes, ceux qui n’ont pas les moyens de pallier par eux-mêmes les défaillances de l’institution, qui pâtissent le plus de l’absence d’outils numériques fonctionnels, de locaux dégradés et d’une infrastructure vétuste. » Les quelque 3 000 élèves de l’établissement, actuellement en période d’examens du baccalauréat, ont passé les épreuves dans des salles de classe à 34 degrés, « dans des conditions déplorables », s’inquiète le dirigeant syndical.

    C’est pourquoi les syndicats accompagnent leur communiqué de plusieurs revendications pour permettre à tous de réussir à travailler et à étudier dans de bonnes conditions, à savoir le remplacement des machines sous Windows 7 par des équipements sous système d’exploitation maintenu et sécurisé, un plan de rénovation complet et chiffré pour l’ensemble des locaux dégradés, avec « calendrier contraignant », ou encore de pouvoir échanger avec les élus régionaux au sujet de la situation de ce lycée qui scolarise une grande partie des élèves du Biterrois.

    Sans réponse concrète, les enseignants mobilisés se réservent le droit d’amplifier leur mobilisation.

  • Pour les cheminots de Miramas, la privatisation et la concurrence, c’est « non »

    Pour les cheminots de Miramas, la privatisation et la concurrence, c’est « non »

    Le contexte est particulièrement tendu, en attestent les visages graves des cheminots rassemblés en ce mercredi matin devant l’entrée de la gare de Miramas.

    Car au-delà de l’existence même du triage de Miramas possiblement remise en cause par la privatisation de Fret SNCF, comme l’expliquait le secrétaire général des cheminots CGT de Miramas Christophe Morard dans notre édition de mercredi, c’est « la remise en cause du cadre social » de « la famille SNCF » que craint particulièrement son camarade Christophe Degand, cheminot CGT d’Hexafret (ex Fret-SNCF). « La CGT demande des augmentations des salaires pérennes au vu de l’inflation, le pouvoir d’achat des cheminots étant très faible », poursuit le syndicaliste d’Hexafret, dénonçant au passage des primes « soumises à objectif et sans cotisations sociales ». Mais plus que de salaires, Christophe Degand insiste sur « la sécurité et les risques psychosociaux, alors qu’on a beaucoup d’accidents du travail mortel, de licenciements, et que 13 agents SNCF ont mis fin à leurs jours depuis début janvier ».

    En cause, selon le syndicaliste, des « réorganisations incessantes » et la « pression insupportable à la productivité ». Avec comme exemple « des agents qui changent trois fois de poste en cinq ans, qui signifie souvent changer de lieu de travail ».

    Dans le viseur de Christophe Degand, une cible principale : « C’est l’ouverture à la concurrence qui cause les risques » pour les travailleurs. « Le rouleau compresseur de la privatisation est une réalité », abonde Natacha Malet, du comité régional CGT Paca et également cheminote. Travailleurs et usagers sont tous deux perdants, selon eux. D’un côté, « les droits des salariés ne seront pas les mêmes dans les entreprises » s’emparant du rail. De l’autre, « l’usager doit être attentif au fait que le service public sera de meilleure qualité à un endroit, mais pas partout ». En exemple, « les énormes investissements sur les Alpes pour les JO », qui préparent l’ouverture à la concurrence selon la syndicaliste. Ou de l’argent public mobilisé pour le privé, « qui n’assume pas les coûts d’entretien » conclut Natacha Malet. Les dés de la concurrence seraient-ils pipés ? En attendant les luttes des cheminots et des usagers convergent sur la même voie.

  • À Sisteron, une crèche fermée après des arrêts maladie à la chaîne et un licenciement

    À Sisteron, une crèche fermée après des arrêts maladie à la chaîne et un licenciement

    La décision est tombée mardi soir : la crèche Les p’tits Babadins sera fermée pendant au moins trois mois, après que l’ensemble de ses salariés se soit mis en arrêt maladie sur fond de « management toxique ». L’une des salariées a elle été licenciée suite à une grève organisée en avril. 15 familles se retrouvent ainsi du jour au lendemain sans aucun mode de garde pour leurs enfants. « La réponse à la grève a été des sanctions, un licenciement et encore plus de toxicité dans le management », affirment les parents des enfants inscrits. « Les salariées sont encore en dépression, elles ne peuvent plus sortir de leur lit, elles pleurent tous les jours », décrit Audrey Marchal, mère d’un enfant gardé aux p’tits Babadins. Le nouveau directeur, arrivé il y a un mois, est lui aussi en arrêt maladie. « Il ne dort pas la nuit à cause du stress, il travaillait 50 heures par semaine », expliquent les parents. « Même les prestataires de musique ne viennent plus car ils n’étaient plus payés. Les prestations de ménage ont cessé. »

    Interrogée par un parent, la directrice d’exploitation a répondu ne « pas être en mesure de s’engager sur une réouverture à la rentrée ». Les parents ont du mal à trouver une solution pour faire garder leurs enfants, alors que les listes d’attente sont longues et que « les trois crèches municipales sont déjà pleines ». « Je m’arrange avec mon mari qui a pris des congés, mais je crains que l’un de nous perde son travail », témoigne une maman. Certains enfants font des terreurs nocturnes depuis la fermeture de la crèche. « Mon fils m’a dit qu’il pouvait se garder tout seul », rapporte Maëlia Paumard. Contactée, la direction n’a pas répondu à nos sollicitations. Le groupe d’opposition de gauche Demain Sisteron ! alertera de la situation au prochain conseil municipal.