Category: social

  • À Marseille, les chauffeurs de La Poste en grève reconductible

    Les petites mains du service postal haussent le ton. « Sur 25 chauffeurs, 18 étaient en grève ce lundi. Et c’est comme ça depuis une semaine ! », s’exclame Sabrina Manca, élue CGT de La Poste et salariée de la plateforme industrielle de courrier Marseille Provence (Pic Vitrolles). En grève depuis mardi dernier, avec l’appui de la CGT, ces chauffeurs basés aux Aygalades et qui desservent les différents bureaux de poste marseillais tapent du poing sur la table face à une réorganisation faite « sans concertation » avec ces derniers.

    « Les chauffeurs récupèrent le courrier de la Pic à Vitrolles pour les dispatcher dans les services et qu’ils soient récupérés par les facteurs avant d’être livrés chez les usagers », explique Sabrina Manca. Un mode de fonctionnement pas anodin, puisque directement remis en cause par ce projet de réorganisation, selon l’organisation syndicale. « Aujourd’hui, les chauffeurs prennent leur service sur leur site des Aygalades et y récupèrent le courrier. Demain, avec la réorganisation, on leur demandera de récupérer le courrier à la Pic de Vitrolles puis d’aller livrer les bureaux de poste. Cela va avoir forcément un impact sur les trajets et la durée de ceux-ci », complète Karim Bouzana, délégué syndical CGT.

    D’où l’opposition des chauffeurs sur le fond et l’organisation d’un rassemblement, ce mercredi matin, sur leur site des Aygalades. Sabrina Manca pointe aussi une copie à revoir sur la forme pour la direction de La Poste : « Le projet de réorganisation a été rejeté massivement en CSE [comité social et économique, Ndlr], le 24 septembre. Malgré ce refus, la direction s’entête. »

    Des négociations

    au programme

    Autre point d’achoppement : « Au lieu de commencer à 4h30, ils débuteront plus tard », précise Karim Bouzana. Un dernier point qui pourrait paraître positif pour les chauffeurs. Que nenni : « Cela obligera à aller plus vite pour les livraisons, on leur demande de faire plus avec moins de temps. » En clair : « Une hausse de la charge de travail. » Face à cette situation, le syndicat demande notamment un « accompagnement social sur plusieurs volets : promotion, embauche ou indemnités pour les salariés. » « La Poste ne veut rien céder en matière de compensation, d’avancement de grades, de reconnaissance de la pénibilité… », dénonce Sabrina Manca.

    Contactée, La Poste explique que le projet de réorganisation a « pour objectif de recentrer les chauffeurs sur leur cœur de métier en les déchargeant progressivement des tâches de manutention ». L’entreprise assure que cela « a fait l’objet d’un dialogue social », lequel est toujours en cours, puisqu’une réunion est au programme, ce mercredi dans l’après-midi, entre grévistes, syndicat et direction de site.

  • « La Sécurité sociale n’est pas un coût, mais une richesse »

    « La Sécurité sociale n’est pas un coût, mais une richesse »

    Créée en 1945 pour protéger la population des aléas de la vie, la Sécurité sociale reste un acquis fondamental, universel et solidaire. C’est ce qu’a rappelé avec force, lundi après-midi, la secrétaire générale de la CGT CPAM, Séréna Mauro, devant le bâtiment de l’organisme social, à Toulon.

    La syndicaliste a alerté sur les conséquences des différents plans de financement, mis en place depuis 1995, qui ont complètement inversé l’idée fondatrice du « chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins ». « Aujourd’hui, on n’est plus du tout dans cette logique, puisque c’est le besoin qui doit s’adapter aux financements, qui sont volontairement asséchés par les gouvernements successifs », explique-t-elle.

    Les politiques d’austérité dénoncées

    La secrétaire générale déplore la casse d’un système démocratique qui était géré par les assurés, et d’un modèle solidaire dans lequel chacun se protégeait mutuellement. Après de nombreuses attaques subies, il est aujourd’hui géré par l’État de manière comptable, avec comme résultat le recul des droits des assurés sociaux. « Et le plan de financement de la Sécurité sociale de 2026 ne fait pas exception à cette règle, puisqu’il prévoit le passage de 3 à 7 jours de carence dans le cadre d’un arrêt de travail, le gel de nos salaires, le doublement des franchises médicales et éventuellement la suppression de la cinquième semaine de congés payés », dénonce la responsable syndicale.

    Ce qui ne passe pas du tout non plus, pour la CGT, c’est « le détournement du financement par une TVA dite “sociale” très injuste, parce qu’elle pèse exclusivement sur les assurés, contrairement aux cotisations ». Et de poursuivre : « Ce qui nous inquiète, c’est avant tout que toutes ces politiques d’austérité mettent en péril l’accès aux soins, notamment pour les personnes les plus précaires, et fragilisent les organismes. » Séréna Mauro rappelle qu’en 30 ans, plus de 5 000 lits d’hôpital ont été supprimés, et que des millions d’assurés ont renoncé aux soins faute de moyens, en raison d’un reste à charge trop élevé.

    La responsable syndicale met également en avant « les conditions de travail des salariés de la CPAM du Var qui se dégradent de la même manière que les financements diminuent ».

    Une situation qui n’est pas en passe de s’améliorer, puisque « les différentes conventions d’objectifs et de gestion prévoient encore des suppressions de postes ». Et ce alors que la charge de travail augmente, du fait du vieillissement de la population et de l’augmentation de la précarité qui amènent à devoir traiter encore davantage de demandes. « Pour répondre à ces besoins, nos directions privilégient les embauches en CDD et, surtout, nous proposent des heures supplémentaires à répétition que les agents acceptent, puisque les salaires sont trop bas et qu’ils en ont besoin pour pouvoir boucler les fins de mois », précise la syndicaliste.

    Mais cela, constate-t-elle, se fait au prix d’une grande souffrance au travail qui augmente les arrêts de travail. Et d’ajouter : « Nous ne pouvons pas accepter tout ça, la CGT refuse que celles et ceux qui font vivre la Sécurité sociale ne puissent pas travailler dans des conditions dignes et respectueuses. »

    Des rassemblements organisés ce jeudi

    La CGT appelle donc les salariés, les assurés sociaux, les retraités et les privés d’emploi à se mobiliser jeudi, à Paris et dans plusieurs villes de France, pour rappeler que « la Sécurité sociale n’est pas un coût, mais une richesse ». Les Varois iront rejoindre le rassemblement marseillais à 11h, devant les locaux de l’Agence régionale de Santé. « Une délégation varoise d’une quarantaine de camarades va également rejoindre d’autres délégations devant le ministère de la Santé à Paris », précise Richard Roméo-Giberti.

    Le secrétaire général de l’UD CGT du Var en profitant pour annoncer que le 21 novembre, sous le chapiteau Circoscène, aux Sablettes, une grande journée et soirée débat va être organisée autour des 80 ans de la Sécurité sociale et au cœur des 130 ans de la CGT. Tout un programme.

  • « La Sécurité sociale n’est pas un coût, mais une richesse »

    Créée en 1945 pour protéger la population des aléas de la vie, la Sécurité sociale reste un acquis fondamental, universel et solidaire. C’est ce qu’a rappelé avec force, lundi après-midi, la secrétaire générale de la CGT CPAM, Séréna Mauro, devant le bâtiment de l’organisme social, à Toulon.

    La syndicaliste a alerté sur les conséquences des différents plans de financement, mis en place depuis 1995, qui ont complètement inversé l’idée fondatrice du « chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins ». « Aujourd’hui, on n’est plus du tout dans cette logique, puisque c’est le besoin qui doit s’adapter aux financements, qui sont volontairement asséchés par les gouvernements successifs », explique-t-elle.

    Les politiques d’austérité dénoncées

    La secrétaire générale déplore la casse d’un système démocratique qui était géré par les assurés, et d’un modèle solidaire dans lequel chacun se protégeait mutuellement. Après de nombreuses attaques subies, il est aujourd’hui géré par l’État de manière comptable, avec comme résultat le recul des droits des assurés sociaux. « Et le plan de financement de la Sécurité sociale de 2026 ne fait pas exception à cette règle, puisqu’il prévoit le passage de 3 à 7 jours de carence dans le cadre d’un arrêt de travail, le gel de nos salaires, le doublement des franchises médicales et éventuellement la suppression de la cinquième semaine de congés payés », dénonce la responsable syndicale.

    Ce qui ne passe pas du tout non plus, pour la CGT, c’est « le détournement du financement par une TVA dite “sociale” très injuste, parce qu’elle pèse exclusivement sur les assurés, contrairement aux cotisations ». Et de poursuivre : « Ce qui nous inquiète, c’est avant tout que toutes ces politiques d’austérité mettent en péril l’accès aux soins, notamment pour les personnes les plus précaires, et fragilisent les organismes. » Séréna Mauro rappelle qu’en 30 ans, plus de 5 000 lits d’hôpital ont été supprimés, et que des millions d’assurés ont renoncé aux soins faute de moyens, en raison d’un reste à charge trop élevé.

    La responsable syndicale met également en avant « les conditions de travail des salariés de la CPAM du Var qui se dégradent de la même manière que les financements diminuent ».

    Une situation qui n’est pas en passe de s’améliorer, puisque « les différentes conventions d’objectifs et de gestion prévoient encore des suppressions de postes ». Et ce alors que la charge de travail augmente, du fait du vieillissement de la population et de l’augmentation de la précarité qui amènent à devoir traiter encore davantage de demandes. « Pour répondre à ces besoins, nos directions privilégient les embauches en CDD et, surtout, nous proposent des heures supplémentaires à répétition que les agents acceptent, puisque les salaires sont trop bas et qu’ils en ont besoin pour pouvoir boucler les fins de mois », précise la syndicaliste.

    Mais cela, constate-t-elle, se fait au prix d’une grande souffrance au travail qui augmente les arrêts de travail. Et d’ajouter : « Nous ne pouvons pas accepter tout ça, la CGT refuse que celles et ceux qui font vivre la Sécurité sociale ne puissent pas travailler dans des conditions dignes et respectueuses. »

    Des rassemblements organisés ce jeudi

    La CGT appelle donc les salariés, les assurés sociaux, les retraités et les privés d’emploi à se mobiliser jeudi, à Paris et dans plusieurs villes de France, pour rappeler que « la Sécurité sociale n’est pas un coût, mais une richesse ». Les Varois iront rejoindre le rassemblement marseillais à 11h, devant les locaux de l’Agence régionale de Santé. « Une délégation varoise d’une quarantaine de camarades va également rejoindre d’autres délégations devant le ministère de la Santé à Paris », précise Richard Roméo-Giberti.

    Le secrétaire général de l’UD CGT du Var en profitant pour annoncer que le 21 novembre, sous le chapiteau Circoscène, aux Sablettes, une grande journée et soirée débat va être organisée autour des 80 ans de la Sécurité sociale et au cœur des 130 ans de la CGT. Tout un programme.

  • Le marché solidaire s’installe au cœur du quartier de la Croix des Oiseaux

    Le marché solidaire s’installe au cœur du quartier de la Croix des Oiseaux

    La place du Tambour d’Arcole, dans le quartier de la Croix des Oiseaux d’Avignon, était particulièrement animée, ce lundi 6 octobre au matin, entre étalages de légumes, de produits et même d’un stand de vêtements et un autre de prévention contre le cancer. Et ce, à l’occasion du marché solidaire et bio qui vient de s’y installer pour la première fois.

    En effet, ce marché mensuel existait déjà depuis plus d’un an, mais se tenait dans la cour du centre social du quartier, « ce qui pouvait donner l’impression que c’était réservé à nos adhérents, alors que pas du tout », précise Jean-Michel Pelissier, directeur de l’établissement.

    Les produits frais sont proposés par l’association Semailles, qui les cultive à moins d’un kilomètre de là, dans la ceinture verte d’Avignon. Tandis que les produits secs sont vendus par le projet Gemvrac. Ceux-ci sont notamment proposés à des prix qui varient selon les moyens du foyer. Si les revenus sont de moins de 800 euros par mois, les fruits et légumes sont à moitié prix, moyennant une adhésion d’un euro par an aux structures.

    Lieu convivial

    « C’est vraiment un grand plaisir de voir ça. C’est top d’avoir la possibilité de manger bio. On sent la différence au niveau du goût, c’est très bon pour la santé, et je vais en parler autour de moi », se réjouit ainsi Souheila, habitante du quartier. « L’idée était de rendre cela plus visible pour les habitants et d’en accueillir le plus possible. Car c’est aussi un lieu de convivialité », poursuit de son côté Sophie Santana, chargée de mission en accessibilité alimentaire chez Semailles.

    Car, en parallèle du marché, Sylvie, bénévole de la structure, cuisine un plat à base de produits disponibles sur le marché, devant les habitants du quartier. « On promeut ainsi une alimentation durable dans un quartier politique de la ville. Souvent, l’aide alimentaire peut paraître de mauvaise qualité et on est là pour montrer que ce n’est pas le cas », poursuit la responsable de l’association. « Cela montre qu’il est possible de manger sainement, à bas prix, local. Il faut simplement bien choisir ses circuits de distribution », complète Marielle Martinez, cheffe de projet à Gemvrac.

    Détail des lieux et dates sur esscroixdesoiseaux.org

  • Le marché solidaire s’installe au cœur du quartier de la Croix des Oiseaux

    La place du Tambour d’Arcole, dans le quartier de la Croix des Oiseaux d’Avignon, était particulièrement animée, ce lundi 6 octobre au matin, entre étalages de légumes, de produits et même d’un stand de vêtements et un autre de prévention contre le cancer. Et ce, à l’occasion du marché solidaire et bio qui vient de s’y installer pour la première fois.

    En effet, ce marché mensuel existait déjà depuis plus d’un an, mais se tenait dans la cour du centre social du quartier, « ce qui pouvait donner l’impression que c’était réservé à nos adhérents, alors que pas du tout », précise Jean-Michel Pelissier, directeur de l’établissement.

    Les produits frais sont proposés par l’association Semailles, qui les cultive à moins d’un kilomètre de là, dans la ceinture verte d’Avignon. Tandis que les produits secs sont vendus par le projet Gemvrac. Ceux-ci sont notamment proposés à des prix qui varient selon les moyens du foyer. Si les revenus sont de moins de 800 euros par mois, les fruits et légumes sont à moitié prix, moyennant une adhésion d’un euro par an aux structures.

    « C’est vraiment un grand plaisir de voir ça. C’est top d’avoir la possibilité de manger bio. On sent la différence au niveau du goût, c’est très bon pour la santé, et je vais en parler autour de moi », se réjouit ainsi Souheila, habitante du quartier. « L’idée était de rendre cela plus visible pour les habitants et d’en accueillir le plus possible. Car c’est aussi un lieu de convivialité », poursuit de son côté Sophie Santana, chargée de mission en accessibilité alimentaire chez Semailles.

    Car, en parallèle du marché, Sylvie, bénévole de la structure, cuisine un plat à base de produits disponibles sur le marché, devant les habitants du quartier. « On promeut ainsi une alimentation durable dans un quartier politique de la ville. Souvent, l’aide alimentaire peut paraître de mauvaise qualité et on est là pour montrer que ce n’est pas le cas », poursuit la responsable de l’association. « Cela montre qu’il est possible de manger sainement, à bas prix, local. Il faut simplement bien choisir ses circuits de distribution », complète Marielle Martinez, cheffe de projet à Gemvrac.

    Détail des lieux et dates sur esscroixdesoiseaux.org

  • « La vraie question est celle de la répartition des richesses »

    « La vraie question est celle de la répartition des richesses »

    La Marseillaise : L’ex-Premier ministre, Sébastien Lecornu affirmait vouloir augmenter les salaires, une des pistes qui revenait était de réduire l’écart entre le salaire brut et net. Maintenant qu’il a démissionné, la CGT est-elle toujours inquiète pour l’avenir de la Sécurité sociale ?

    Jean-Marie Angeli : L’inquiétude est encore plus grande qu’avant ! Soit l’on va revenir devant les urnes, soit on va avoir un énième gouvernement Macron, ce qui ne changera pas le programme. On ne sait tout simplement pas ce que va devenir la sécurité sociale. Il faut d’abord comprendre qu’est-ce que la différence entre le salaire brut et le salaire net. Le brut, c’est avec les cotisations. C’est vrai que, quand on regarde basiquement un bulletin de salaire, on constate que le brut est plus important que le net. Les salariés se disent donc, de prime abord, que ça serait intéressant de réduire cet écart. Mais il faut avoir en tête ce qui est payé par ces cotisations, notamment la sécurité sociale et l’assurance maladie. Admettons que demain, il n’y ait plus de cotisations, que les employeurs paient au brut, cela implique que les salariés devront prendre une couverture privée. Dont le coût n’aurait à voir avec le coût de ce qui est pris en charge pour la sécurité sociale. La droite et le patronat font croire que gagner une pseudo-augmentation de salaires en rapprochant le brut du net ferait gagner en pouvoir d’achat. Mais ce que les salariés perdraient en cotisations serait remplacé par un système privé qui coûterait beaucoup plus cher. Rappelons donc que la meilleure solution pour augmenter les salaires est… D’augmenter les salaires tout simplement ! La droite, puisque ces propositions de réduction brut-net viennent de là, a depuis des années ce discours issu du grand patronat de dire que « les charges sur les salaires font qu’on ne peut pas augmenter les salaires ». Face à ces discours, il faut là encore rappeler que « ces charges » sont en réalité des cotisations. Et cette année, on est à plus de 80 milliards d’euros d’exonération de cotisations pour les patrons.

    Dans cette optique de réduction de l’écart brut-net, il est évoqué une baisse de la CSG pour une TVA sociale, quelles conséquences potentielles ?

    J.-M.A. : La problématique est que, pour compenser les exonérations de cotisations du patronat, une partie du financement de la sécu a été aspirée dans les impôts. La CGT propose le « 100% sécu » où il n’y a plus d’impôt dans le financement de la sécurité sociale. La CSG est donc supprimable dans cette optique. Mais la question est celle du remplacement de cette entrée de financements si elle est faite par ce gouvernement… Et passer par une TVA sociale, c’est encore une escroquerie. Ce terme est une aberration puisque la TVA est l’impôt le plus inégalitaire, puisque tout le monde la paie. Les propositions mises sur la table reflètent une volonté de faire payer toujours les mêmes : la classe moyenne et les plus pauvres, jamais les patrons. Revenons au fond du problème : Bayrou comme Lecornu évoquent un déficit de 44 milliards de l’État. Ce qu’on demande donc, c’est que l’État se désengage de la sécurité sociale, que les patrons n’aient plus d’exonérations. L’État n’aura donc pas à les compenser. Et c’est à mettre en lien avec le rapport du sénateur Fabien Gay qui fait état d’aides et de subventions à hauteur de centaines de milliards pour les entreprises, aux 100 milliards d’évasion fiscale.

    Que répondez-vous aux travailleurs qui se disent qu’une hausse de salaire est bonne à prendre quoi qu’il arrive ?

    J.-M.A. : Les salariés qui arrivent à avoir des organisations syndicales qui peuvent faire correctement le travail comprennent que c’est un piège, même si c’est de plus en plus compliqué de faire ce travail d’explication. Effectivement, on a un tel niveau de bas salaires, que les travailleurs sont au pied du mur. Et certains se disent « je vais le prendre même si ça me coûte ». Il faut bien rappeler que c’est une illusion et qu’en réalité, la hausse des salaires ne dépend que d’une volonté politique. L’argent est là et la vraie question est celle de la répartition des richesses.

  • « La vraie question est celle de la répartition des richesses »

    La Marseillaise : L’ex-Premier ministre, Sébastien Lecornu affirmait vouloir augmenter les salaires, une des pistes qui revenait était de réduire l’écart entre le salaire brut et net. Maintenant qu’il a démissionné, la CGT est-elle toujours inquiète pour l’avenir de la Sécurité sociale ?

    Jean-Marie Angeli : L’inquiétude est encore plus grande qu’avant ! Soit l’on va revenir devant les urnes, soit on va avoir un énième gouvernement Macron, ce qui ne changera pas le programme. On ne sait tout simplement pas ce que va devenir la sécurité sociale. Il faut d’abord comprendre qu’est-ce que la différence entre le salaire brut et le salaire net. Le brut, c’est avec les cotisations. C’est vrai que, quand on regarde basiquement un bulletin de salaire, on constate que le brut est plus important que le net. Les salariés se disent donc, de prime abord, que ça serait intéressant de réduire cet écart. Mais il faut avoir en tête ce qui est payé par ces cotisations, notamment la sécurité sociale et l’assurance maladie. Admettons que demain, il n’y ait plus de cotisations, que les employeurs paient au brut, cela implique que les salariés devront prendre une couverture privée. Dont le coût n’aurait à voir avec le coût de ce qui est pris en charge pour la sécurité sociale. La droite et le patronat font croire que gagner une pseudo-augmentation de salaires en rapprochant le brut du net ferait gagner en pouvoir d’achat. Mais ce que les salariés perdraient en cotisations serait remplacé par un système privé qui coûterait beaucoup plus cher. Rappelons donc que la meilleure solution pour augmenter les salaires est… D’augmenter les salaires tout simplement ! La droite, puisque ces propositions de réduction brut-net viennent de là, a depuis des années ce discours issu du grand patronat de dire que « les charges sur les salaires font qu’on ne peut pas augmenter les salaires ». Face à ces discours, il faut là encore rappeler que « ces charges » sont en réalité des cotisations. Et cette année, on est à plus de 80 milliards d’euros d’exonération de cotisations pour les patrons.

    Dans cette optique de réduction de l’écart brut-net, il est évoqué une baisse de la CSG pour une TVA sociale, quelles conséquences potentielles ?

    J.-M.A. : La problématique est que, pour compenser les exonérations de cotisations du patronat, une partie du financement de la sécu a été aspirée dans les impôts. La CGT propose le « 100% sécu » où il n’y a plus d’impôt dans le financement de la sécurité sociale. La CSG est donc supprimable dans cette optique. Mais la question est celle du remplacement de cette entrée de financements si elle est faite par ce gouvernement… Et passer par une TVA sociale, c’est encore une escroquerie. Ce terme est une aberration puisque la TVA est l’impôt le plus inégalitaire, puisque tout le monde la paie. Les propositions mises sur la table reflètent une volonté de faire payer toujours les mêmes : la classe moyenne et les plus pauvres, jamais les patrons. Revenons au fond du problème : Bayrou comme Lecornu évoquent un déficit de 44 milliards de l’État. Ce qu’on demande donc, c’est que l’État se désengage de la sécurité sociale, que les patrons n’aient plus d’exonérations. L’État n’aura donc pas à les compenser. Et c’est à mettre en lien avec le rapport du sénateur Fabien Gay qui fait état d’aides et de subventions à hauteur de centaines de milliards pour les entreprises, aux 100 milliards d’évasion fiscale.

    Que répondez-vous aux travailleurs qui se disent qu’une hausse de salaire est bonne à prendre quoi qu’il arrive ?

    J.-M.A. : Les salariés qui arrivent à avoir des organisations syndicales qui peuvent faire correctement le travail comprennent que c’est un piège, même si c’est de plus en plus compliqué de faire ce travail d’explication. Effectivement, on a un tel niveau de bas salaires, que les travailleurs sont au pied du mur. Et certains se disent « je vais le prendre même si ça me coûte ». Il faut bien rappeler que c’est une illusion et qu’en réalité, la hausse des salaires ne dépend que d’une volonté politique. L’argent est là et la vraie question est celle de la répartition des richesses.

  • Laboral Terra : la dernière audience reportée

    Laboral Terra : la dernière audience reportée

    Le procès en appel opposant deux travailleuses agricoles contre Laboral Terra, entreprise espagnole de travail temporaire et ses entreprises utilisatrices françaises, devait se tenir ce lundi 6 octobre, à la cour d’Aix-en-Provence. À quelques heures de l’audience en chambre sociale pourtant, le collectif Codetras (de défense des travailleurs saisonniers), annonce le report de l’audience au 1er avril. La raison : une des sociétés ayant eu recours à Laboral Terra, Qualité Prim, a annoncé sa liquidation judiciaire.

    « Un énième report, mais le combat continue », pointe le Collectif, qui soutient les plaignantes depuis les premiers face-à-face en justice ; huit années de combat judiciaire, durant lequel ces ex-salariées ont révélé un système d’exploitation (chantage, racisme, contrats à caractère illégaux…). Si les deux gérants de Laboral Terra ont été condamnés en 2021, au pénal, à 5 ans de prison, 10 000 euros d’amende et une interdiction d’exercer la mise à disposition de main-d’œuvre, ce lundi, un ultime recours à la justice devait permettre de faire reconnaître la fraude au détachement. Cette reconnaissance devait permettre à Yasmina Tellal, lanceuse d’alerte et sa co-plaignante, employées entre 2012 et 2017 en régime de travail détaché, d’obtenir « une requalification de leurs contrats en CDI, au versement des diverses indemnités dues et à la reconnaissance des délits de prêt illicite de main-d’œuvre et de marchandage » rappelait le Codetras, en amont de l’audience. « Ça n’en finit pas, réagit Yasmina Tellal, qui reste pourtant optimiste. Les sociétés font faillite les unes derrière les autres, pour ne pas être condamnées, déclarer sept ans de contrats en CDI risque de leur coûter cher. »

  • A Aix, les techniciens du 6MIC en grève contre la Nuit du Bien commun de Stérin

    A Aix, les techniciens du 6MIC en grève contre la Nuit du Bien commun de Stérin

    Les mobilisations contre la tenue de la Nuit du Bien Commun débutent plus tôt que prévues. Alors qu’un mouvement de protestation organisé par les organisations de gauche et syndicats doit se tenir dès 18h, pour dénoncer les liens sous-jacents entre le gala de charité et le milliardaire d’extrême-droite, exilé fiscal en Belgique assumé et ouvertement réactionnaire Pierre-Edouard Stérin (voir nos précédentes éditions), ce matin, les huit techniciens intermittents du spectacle employés à la journée pour assurer le déchargement et le montage technique de l’événement se sont mis en grève. Le piquet sera tenu jusqu’en soirée. Dans un communiqué intersyndical, signé par la CGT Spectacles, Sud Solidaires Culture, la CNT (Solidarité ouvrière), Stucs (Syndicat des travailleurs unis de la Culture et du Spectacle), et la STAA (Syndicat des Travailleurs Artistes-Auteurs), les grévistes indiquent s’associer, en plus d’être solidaires de l’opposition à la venue du rendez-vous controversé, « à l’ensemble des revendications actuelles portées par l’intersyndicale des organisations salariées des arts et de la culture dont « l’arrêt immédiat des coupes budgétaires culturels » et l’augmentation des salaires du secteur. L’intersyndicale rappelle également son attachement au service public tout en soulignant que la culture « ne doit pas être laissée aux mains de la privatisation. »

    « Ambiance bon enfant »

    Sur place, Catherine Lecoq, déléguée syndicale pour la CGT Spectacles rapporte une ambiance bon enfant, « sans animosité avec la direction ». Elle indique également que les « directeurs techniques du lieu ne sont pas inscrits sur le planning, une action en lien avec leur opposition au fait que Stérin vienne sur leur lieu ».

  • Première bataille gagnée pour les salariés d’Auchan

    Première bataille gagnée pour les salariés d’Auchan

    Coup de tonnerre dans le monde du travail. Le Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) d’Auchan a été invalidé par le tribunal judiciaire de Lille, le 23 septembre. Ce dernier prévoyait le licenciement de 2 389 emplois dans toute la France, dont 39 postes dans le Languedoc-Roussillon. Une victoire en demi-teinte pour les syndicats. « Nous sommes contents car nous avons gagné une bataille mais pour les salariés déjà licenciés, ça ne va pas changer grand-chose. La seule chose qu’ils pourront faire, ce sont des recours aux Prud’hommes. Mais ça n’enlèvera pas la souffrance qu’ils vivent », détaille Sébastien Perret, délégué syndical CGT d’Auchan Béziers.

    Une décision motivée par le fait que ce PSE aurait dû être signé par les syndicats des cinq composantes d’Auchan Retail France et non au niveau du groupe.

    La famille Mulliez visée

    De plus, le tribunal a reconnu un vice de procédure en estimant que l’information sur la situation économique donnée aux représentants du personnel ne concernait que la société Suraumarché – qui détient pratiquement l’ensemble du capital d’Auchan Retail France. Or, elle aurait dû être élargie pour comprendre celles exerçant un contrôle sur Suraumarché, à savoir Acanthe, Valorest et Cimofat.

    Car ces trois sociétés appartiennent toutes au même empire : celui de la richissime famille Mulliez. En ce sens, ce motif pourrait ouvrir une brèche dans le monde du travail. « La victoire était de faire reconnaître la famille Mulliez comme groupe. S’il y a un prochain PSE dans le groupe, pour tous les reclassements, ce n’est plus la même mayonnaise. Si on intègre Leroy Merlin, Décathlon, Kiabi, il y a beaucoup plus de possibilités de reclassement que s’il n’y a qu’Auchan. Surtout, que sur chaque territoire, il existe une trentaine d’enseignes leur appartenant », poursuit Sébastien Perret. Auchan a annoncé faire appel et l’affaire devrait être rejugée d’ici trois mois. La lutte continue.