Category: politique

  • Nîmes Métropole : la majorité ferme la porte au RN

    Nîmes Métropole : la majorité ferme la porte au RN

    Ce devait être un conseil communautaire « technique ». Il a surtout été politique. Réunis le 21 avril, une semaine après l’élection de Vincent Bouget à la présidence, les 105 élus de Nîmes Métropole ont poursuivi l’installation de la mandature : 72 délibérations, des délégations attribuées au bureau, et surtout une rafale de désignations dans les satellites de l’agglomération (syndicats, sociétés publiques, commissions). Autant de postes où se jouent, loin des projecteurs, des décisions très concrètes : marchés publics, aménagement, déchets, répartition du foncier.

    En ouverture, Vincent Bouget a affiché la méthode qu’il veut imposer. Dans un territoire marqué par une abstention record, « le cœur des habitants bat encore moins pour leur agglomération », a-t-il lancé, appelant à des rendez-vous sur le terrain : « Pendant ces réunions, je vous propose que nous nous mettions en retrait pour laisser la place à la parole des habitants. Nous entendrons sûrement des choses avec lesquelles nous ne serons pas complètement d’accord. Mais je vous assure que cela nous fera du bien, collectivement. Cela donnera du sens à notre action commune. Et surtout, de la force à cette action. »

    L’extrême droite isolée

    Derrière ce discours, un exécutif se met en ordre de marche : 15 vice-présidents, un bureau où siègent les maires des 39 communes de l’agglo, et des délégations confiées pour fluidifier le fonctionnement. C’est précisément sur ce point que le RN, fort de ses 11 élus, a choisi d’ouvrir les hostilités. « Délégations abusives » et « sectarisme », a dénoncé Sylvie Josserand, contestant le périmètre financier confié au bureau. Bouget a répliqué en défendant la « qualité du débat » entre maires. Et Franck Proust, ancien président, est venu rappeler depuis l’opposition que le conseil garde la main : les décisions du bureau remontent à chaque séance, « l’avantage étant de réserver l’hémicycle aux débats primordiaux ».

    Mais c’est sur les représentations extérieures que la photographie politique s’est figée. À main levée, pour la SAT, la SPL Agate, le Scot Sud Gard, le PETR Garrigues et Costières, le RN n’a obtenu que ses seules voix : onze. Un contraste avec le vote d’installation, à bulletin secret, où la candidature de Julien Sanchez avait récolté 21 voix. Même lors d’un scrutin à bulletin secret réclamé par le RN pour le Sitom Sud Gard, l’extrême droite est restée cantonnée à ses 11 suffrages.

    La passe d’armes a eu sa phrase-clé. « Vous avez constitué une majorité avec des élus qui ne sont pas du même bord que vous. Mais manifestement, votre ouverture s’arrête aux frontières du RN », a accusé Stéphane Guillemin. Réponse sèche du président : « Oui, aux frontières du RN. » Une ligne rouge assumée, au nom d’une majorité ouverte dans sa composition mais décidée à ne pas banaliser l’extrême droite. Le RN a tout de même arraché deux sièges via les rares scrutins à la proportionnelle. Pour le reste, l’agglo a tranché : l’installation se fera sans le RN dans ses instances stratégiques. Et ainsi, le « technique » aura, déjà, dessiné l’axe du mandat.

  • Aix-Marseille : des finances « contraires à la réglementation » pour les transports

    Aix-Marseille : des finances « contraires à la réglementation » pour les transports

    Le projet de budget annexe des transports le reconnaît explicitement : « Le déséquilibre de la section d’exploitation et le défaut de couverture du remboursement du capital emprunté par des ressources propres sont contraires à la réglementation en vigueur pour l’établissement d’un budget annexe par une collectivité locale. »

    Après l’annonce, lors du débat d’orientation budgétaires le 16 avril, qu’il manquait 123 millions d’euros pour boucler le budget, après la décision par les maires du territoire de ne pas le voter le 28 avril pour protester contre les coupes budgétaires de l’état, la Métropole a donc fait le choix délibéré de présenter une délibération illégale pour ses transports. Rejetant la responsabilité des arbitrages vers la chambre régionale des comptes et la préfecture.

    Le nouvel exécutif métropolitain a beau avoir réalisé des coupes dans leur fonctionnement à hauteur de 15 millions d’euros environ, les charges d’exploitation des transports augmentent de 64 millions d’euros face à la mise en service des nouvelles lignes de bus et l’extension du tramway. D’autant plus que l’extension de la gratuité représente 10 millions d’euros de manque à gagner, et la subvention du budget principal reste inchangée pour l’équilibrer face aux baisses de dotations de l’État, de 60 millions d’euros. Résultat : il manque 78 millions d’euros pour assurer le fonctionnement et 45 millions pour rembourser les emprunts.

    De quoi plaider, comme l’ont fait les maires, pour augmenter le plafond du versement mobilité payé par les entreprises.

  • Dans l’agglo Sud Sainte-Baume, la gauche mènera le combat de la pédagogie

    Dans l’agglo Sud Sainte-Baume, la gauche mènera le combat de la pédagogie

    Parmi les 49 élus de la communauté d’agglomération Sud-Sainte-Baume, aucun représentant de gauche. Pourtant, Sylvie Vinceneux, à Saint-Cyr, et Jean-Pierre Meyer, à Sanary, tous deux candidats (PCF) aux élections municipales 2026, étaient présents dans l’audience pour ce premier conseil. Et ils assisteront aux prochains avec assiduité, conscients de l’importance que revêt l’échelon communautaire pour le quotidien des habitants.

    « Nous sommes en contact avec les progressistes d’autres villes », soutiennent les deux candidats aux municipales 2026, bien décidés à « porter ce débat » dans leurs communes respectives, reprochant notamment à leurs maires sortants d’avoir « très peu parlé de la communauté d’agglomération. »

    Leur cheval de bataille : réaliser un « travail pédagogique » auprès des citoyens sur le rôle de la collectivité, ce qu’« aucun des trois candidats n’a mentionné dans son discours, alors que les plus grandes décisions s’y prennent », pointe Jean-Pierre Meyer. Avec des dossiers chauds : « Le plan local d’habitat, la mobilité, l’eau, l’enclavement de la zone économique de Signes », énumère Sylvie Vinceneux, qui insiste sur « la question de la dette du Grand Prix du Castellet [pour laquelle une aide de 184 000 euros a été votée par le conseil en octobre, Ndlr] : est-ce normal que l’habitant paye des sommes astronomiques pour quelque chose qui ne lui apporte rien ? Qu’une petite agglomération ait financé un événement qui est un trou sans fond ? »

    Des sujets pour lesquels le référendum d’initiative locale, qu’ils ont tout deux porté durant les élections, « prendrait tout son sens. » « L’Agglo éloigne les citoyens de la décision. Certains n’avaient pas conscience qu’ils votaient aussi pour le conseil communautaire lors des municipales. Il y a un travail civique à mener, et on a l’intention de le faire », ajoute Jean-Pierre-Meyer.

  • Les délégations des élus sisteronais dévoilées

    Les délégations des élus sisteronais dévoilées

    Sports, vie associative, écoles, travaux… Les délégations des adjoints et des conseillers municipaux de la majorité, à Sisteron, ont été annoncées par la mairie, mercredi. Le premier adjoint Sylvain Jaffre sera ainsi en charge des sports et de la vie associative, tandis que la deuxième adjointe Stéphanie Sebani s’occupera des écoles, de la cuisine centrale et des garderies.

    Le troisième adjoint, Franck Perard, est désormais délégué aux travaux, à l’eau, l’assainissement, l’aménagement du territoire, la propreté urbaine et la coordination des services techniques. Nicole Peloux, quatrième adjointe, sera elle en charge de la culture, du patrimoine et des forêts. L’urbanisme, le logement, l’environnement et l’économie verte seront gérés par le cinquième adjoint, Jean-Louis Clément.

    Tous les conseillers

    de la majorité délégués

    La sixième adjointe, Djamila Girard Belhaoues, s’occupera des finances et du foncier, tandis que Christian Gallo sera délégué à la sécurité publique locale, aux pompiers et aux commissions d’appels d’offres. La huitième adjointe a, elle, été chargée des affaires sociales, de la santé, des personnes âgées et de la protection animale.

    Le maire de Sisteron, Jean-Pierre Templier (DVD), a également donné des délégations aux treize conseillers municipaux de sa majorité : démocratie locale, transports, grands événements, outils numériques, tourisme, commerces, prévention des violences intrafamiliales, promotion de l’égalité homme femme, affaires militaires, devoir de mémoire, petite enfance, agriculture, handicap ou encore artisanat.

    Jean-Pierre Templier a pris la suite de l’historique maire de Sisteron depuis 1983, Daniel Spagnou (DVD), en mars.

  • Pierre Luciano élu à la tête de la communauté d’agglomération Sud-Sainte-Baume

    Pierre Luciano élu à la tête de la communauté d’agglomération Sud-Sainte-Baume

    Cette séance inaugurale avait pour objet l’élection du président et des vice-présidents par les 47 conseillers communautaires nouvellement (ré)élus.

    La séance a été ouverte par le président sortant, Jean-Paul Joseph, ancien maire de Bandol, qui a dressé le bilan de l’action communautaire depuis son élection en janvier 2025. Il s’agissait de son dernier conseil communautaire : il annoncera en effet, ce jeudi, sa démission du conseil municipal, après douze années passées à sa tête. « On a attaqué certains dossiers de manière frontale, mais relativement efficace », a-t-il lancé, reconnaissant que « tous ne sont pas résolus, comme le Grand Prix pour lequel il reste plusieurs dizaines de millions à rembourser, le contournement du Beausset, le dossier du Bol d’or, qui était normalement clos avec un contrat de 4 ans, mais qui pourrait se rouvrir. »

    Mais c’est surtout le dossier de l’eau qu’il a mis en avant, sujet qui « tient au cœur de beaucoup de citoyens et a fait couler beaucoup d’encre ». Admettant des défauts de communication et des difficultés sur plusieurs points, notamment la grille tarifaire et ses tranches, Jean-Paul Joseph a toutefois estimé que la marge de manœuvre pour répondre aux contestations citoyennes « arrive à nos limites. » Si une modification de la délégation de service public lui paraît nécessaire, il a dit espérer que celle-ci « n’aboutira pas à une annulation. Ce serait catastrophique en termes de conséquences et provoquerait des contentieux avec les délégataires (Veolia et Suez) et le bureau d’études. J’espère que les avenants seront suffisants pour avancer sur ce dossier. »

    « Être responsables et unis »

    Vint ensuite le temps de la transition, avec l’élection du nouveau bureau communautaire, dans un conseil profondément renouvelé : sept nouveaux maires sur neuf, seuls ceux du Castellet, René Castell, et d’Évenos, Blandine Monier, ayant été reconduits. Trois d’entre eux 
    -trois nouveaux- se sont portés candidats à la présidence : le maire (SE) de La Cadière-d’Azur, Robert Deledda, celui de Sanary-sur-Mer, Philippe Héno (DVD, ex-candidat Reconquête aux législatives de 2022) et Pierre Luciano (DVD, Saint-Cyr-sur-Mer). Une joute presque inédite pour l’Agglomération, habituellement en déficit de candidats.

    Avant de passer aux urnes, chacun parlait d’un « tournant », au vu du large renouvellement des sièges. Arrivé en 3e position au premier tour, le maire de La Cadière s’est retiré, laissant ses deux concurrents au coude‑à coude avec 17 voix chacun. à l’issue du 2nd tour, c’est Pierre Luciano qui a hérité du siège de président avec 26 voix, (19 pour Héno, 2 bulletins blancs). « C’est le moment d’être responsables et unis. Nous sommes 47 élus et nous serons tous impliqués dans le processus décisionnel », a-t-il promis. « Notre territoire a beaucoup d’atouts. Nous en avons tellement que nos métropoles voisines voudraient bien nous absorber. »

    Les délégations seront décidées lundi, lors d’une réunion du bureau nouvellement élu.

    LE BUREAU

    1er vice-président : Robert Deledda (SE), maire de La Cadière-d’Azur

    2e vice-président : Claude Halimi (SE), maire du Beausset

    3e vice-président : René Castell (DVD), maire du Castellet

    4e vice-président : Franck Bertoncini (DVD), maire de Bandol

    5e vice-président : Laurence Menichini (RN), maire de Signes

    6e vice-président : Philippe Heno (DVD), maire de Sanary

    7e vice-président : Jean-Yves Dolisi (SE), maire de Riboux

    8e vice-président : Blandine Monier (SE), maire d’Evenos

  • [Entretien] Chantal Eyméoud : « Les JO sont une opportunité unique pour les Hautes-Alpes »

    [Entretien] Chantal Eyméoud : « Les JO sont une opportunité unique pour les Hautes-Alpes »

    La Marseillaise : Vous avez
    été confortablement reconduite à la tête d’Embrun et de la communauté de communes
    de Serre-Ponçon. Qu’est-ce qui, dans votre bilan et vos propositions, a selon vous convaincu les électeurs
     ?

    Chantal Eymeoud : Nous avons obtenu 74% des voix, ce qui est, pour un cinquième mandat que je briguais, une véritable reconnaissance de la part des Embrunaises et des Embrunais, à mon égard et à l’égard de la liste que je conduisais. On est honorés et fiers aussi de ce beau résultat, surtout quand le dégagisme était un peu le leitmotiv de la liste que nous avions en face. Depuis 2001, je suis réélue au premier tour systématiquement et je pense que le lien de simplicité et de réactivité avec les concitoyens que je pratique à Embrun, depuis le début, a fait beaucoup. Ensuite, vient la trajectoire que nous avons engagée depuis plusieurs années avec la mise en valeur des bâtiments culturels et cultuels, la politique du logement et la construction de logements pour tous, y compris social, et la lutte contre la vacance des logements. Et il y a tout le volet autour de la protection de l’environnement, du développement des voies douces, notamment du vélo, des sentiers pédestres, entre la ville et les quartiers.

    On a également mis en place une navette gratuite qui passe dans tous les quartiers, plusieurs fois par jour, qui récupère nos habitants et les amène dans le centre-ville, de façon à leur éviter d’utiliser leur véhicule quand ils en ont. On a également poursuivi la mise en place d’une politique d’animation pour toutes les générations et pour tous les goûts, qui est essentiellement gratuite aussi. Ça participe aussi au bien vivre ensemble, faire en sorte que nos habitants puissent se rencontrer le plus souvent possible. J’ai par ailleurs considérablement renouvelé mon équipe municipale. La plus jeune a 20 ans, j’ai quatre jeunes de moins de 30 ans, et sept ou huit entre 30 et 40.

    L’arrivée des JO en 2030 est
    un moment historique pour le département. En tant que vice-présidente de Région, entendez-vous aussi les craintes liées à leur impact environnemental
    et aux surcoûts pour
    les collectivités ?

    C.E. : Je pense qu’il faut tout écouter et, ensuite, avoir la capacité à répondre aux inquiétudes. Concernant les Jeux olympiques, c’est, pour un département comme celui des Hautes-Alpes, une opportunité absolument unique en matière d’aménagement du territoire. Plus jamais on aura la possibilité d’injecter autant d’argent public, notamment de l’État et de la Région, un peu du Département, pour réaménager les routes, les calibrer à la hauteur de la fréquentation que l’on a en période touristique. C’est une opportunité historique aussi de pouvoir améliorer la voie ferrée, le cadencement des trains et d’avoir le maintien du train de nuit, puisque des millions d’euros vont être injectés pour la rénovation de la voie ferrée. Plus jamais on aura cette possibilité. Par ailleurs, c’est une chance de traduire concrètement les engagements politiques pris par la Région en matière de respect de l’environnement. D’ailleurs, l’État, le CIO et le Cojop nous imposent des normes assez strictes de respect de l’environnement : pas de destruction de forêt, utilisation des équipements déjà existants et réutilisation de ceux qui seront créés… Tout est fait dans une logique d’économie, de façon à ce que la question de l’héritage de l’événement ne soit pas négligée. Personne ne peut imaginer qu’on investisse des millions d’euros pour un mois seulement. De plus, la transition écologique est une réalité que l’on ne peut nier. Les Jeux sont aussi une opportunité pour penser la montagne de demain et lui permettre de négocier un virage vers la transition qu’on aurait eu, de toute façon, parce qu’on ne peut pas échapper à cette remise en question.

    Plusieurs communes restent sans arrêt de train ni guichet, malgré l’apport des JO, au grand dam des maires et des habitants. La Région compte-t-elle agir ?

    C.E. : Bien sûr. Je suis en contact avec tous les maires des Hautes-Alpes et j’entends leurs attentes, leur volonté que leurs communes ne soient pas oubliées des Jeux. Ça ne peut pas être les Jeux d’un seul secteur du territoire. Pour la réouverture de guichets dans certaines gares, moi, je dis « pourquoi pas ? » Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs, attendons, mais il faut l’envisager. Jean-Pierre Serrus, vice-président en charge des transports, est aujourd’hui même à Savines-le-Lac. Il rencontre le maire pour discuter de l’éventuelle ouverture de la gare de Savines qui, si elle devait être rouverte, serait couplée avec l’ouverture de la gare de la Bâtie-Neuve et d’autres dans le département. Il faut avoir une analyse globale. On ne peut pas s’engager directement en disant « oui, oui, on va le faire ». Il faut que ça corresponde à une réalité de la fréquentation du train et des arrêts dans ces gares et ne pas vouloir le faire à tout prix, parce que ça coûte. L’argent public est rare. Mais, si effectivement il y a, et il peut y avoir, un sujet, il faut être en capacité de l’anticiper et donc démarrer les échanges aujourd’hui avec les élus concernés.

    Quelle a été votre réaction à l’annonce de la candidature de Renaud Muselier aux élections sénatoriales, et au fait que François de Canson, maire (divers droite) de La Londe-les-Maures (Var), soit pressenti pour lui succéder à la tête de la Région ? Avez-vous, vous-même, envisagé cette fonction ?

    C.E. : Renaud Muselier a fait ce choix, on le respecte, et pour le reste, François de Canson s’est positionné. C’est un élu qui travaille, un maire vraiment au boulot aujourd’hui, qui est président de son intercommunalité, qui connaît bien le terrain, connaît bien la région. Je pense que les choses se dirigent dans ce sens. D’autres conseillers régionaux avec lesquels on est en contact ont une approche qui pourrait être similaire. Personnellement, Renaud Muselier ne m’a pas sollicité. Son choix s’est porté sur François de Canson, dont acte.

  • Ce qui attend la Métropole si son budget n’est pas voté

    Ce qui attend la Métropole si son budget n’est pas voté

    « C’est une première, cela ne se passe pas comme ça habituellement », insistait le maire (DVG) de Marseille, ce mardi soir, à la sortie de la conférence métropolitaine des maires. Après l’annonce du refus de voter le budget de la Métropole, lors du prochain conseil le 28 avril, l’institution, si elle va jusqu’au bout de cette décision, s’avance sur un chemin inédit dans sa courte histoire. Mais il y a encore loin d’ici à toute forme de tutelle de la préfecture.

    Le Code général des collectivités territoriales balise la procédure. Ainsi, si le conseil métropolitain n’a pas adopté de budget en équilibre avant le 30 avril, la Chambre régionale des comptes doit être saisie par la préfecture sous un délai de 30 jours. À compter de cette saisine, elle dispose à son tour de 30 jours pour proposer à la Métropole « les mesures nécessaires au rétablissement de l’équilibre budgétaire ».

    à partir de la transmission des propositions des magistrats, le conseil métropolitain a un mois pour adopter une nouvelle délibération et approuver un budget à l’équilibre. Si l’hémicycle refuse une nouvelle fois de voter, ou si les mesures de redressement sont jugées insuffisantes par la Chambre régionale des comptes, celle-ci se prononce sous quinze jours, avant de passer la main au préfet, qui fait exécuter un budget préparé suivant les recommandations des magistrats. Mais sans obligation de s’y conformer à la lettre. « Si celui-ci s’écarte des propositions formulées par la Chambre régionale des comptes, il assortit sa décision d’une motivation explicite », précise le Code général des collectivités locales.

    Dans le département, plusieurs communes ont dû passer sous les fourches caudines de la Chambre. En juin 2025, celle-ci avait jugé « insincère » le budget présenté par l’ancien maire (DVD) de La Penne-sur-Huveaune, Nicolas Bazucchi, et demandait d’augmenter drastiquement les impôts locaux (notre édition du 12/06/2025).

    « Je ne me laisserai

    pas faire »

    C’était aussi le cas au même moment, à Gréasque, comme en a témoigné la maire (DVG) Hélène Gaillard, lors de la conférence des maires. Et, en 2014, pour Salon-de-Provence. En arrivant à la tête de la commune, le maire (LR) Nicolas Isnard avait refusé de voter un budget « insincère ». Et avait dû exécuter les décisions des magistrats : « J’ai fermé des services, j’ai arrêté des chantiers, je n’ai pas remplacé tous les départs à la retraite, j’ai remis tout à plat avant de retrouver des bases qui m’ont permis de retrouver l’ambition », expliquait-il à La Provence.

    « On n’a pas pris la mesure de dire quelles seront les conséquences », notait le maire (PS) du Puy-Sainte-Réparade, Jean-David Ciot, même s’il se ralliait au refus de voter le budget. En rappelant qu’en plus des hausses d’impôts ordonnées, la Chambre régionale des comptes préconisait aussi des coupes claires dans les subventions aux associations, dans les emplois de contractuels. Et craignant pour l’argent redistribué aux communes.

    « Je n’ai pas envie qu’on annule le Salon du livre à tel endroit, qu’on augmente le prix du ticket de métro, qu’on me dise que, finalement, on ne peut plus ramasser les poubelles, défendait de son côté Benoît Payan. Je ne me laisserai pas faire et les autres maires sont dans le même état d’esprit. » Jugeant que « l’état a décidé de prendre 100 millions dans les caisses de la Métropole, il peut décider de les rendre ».

    Les premières délégations des vice-présidents

    Gaby Charroux, 3e vice-président délégué à l’industrie, à la reconversion industrielle et à la décarbonation.

    Pascal Montécot, 7e vice-président délégué à l’aménagement, à l’urbanisme, au Scot, à la planification et aux marchés publics.

    Alexandre Doriol, 9e vice-président délégué aux ressources humaines et relations sociales.

    David Ytier, 11e vice-président délégué aux finances, au budget, à la stratégie financière, à la contractualisation avec l’État et les collectivités, au suivi des transferts, au pilotage des satellites.

    Martial Alvarez, 19e vice-président délégué à l’emploi, la cohésion sociale et territoriale, l’insertion, les relations avec le GPMM, l’habitat, le logement, les autorisations préalables de mise en location.

    Maxime Marchand, 20e vice-président délégué à la mer, aux ports et au littoral.

  • Toulon au centre de la stratégie de Défense

    Toulon au centre de la stratégie de Défense

    Premier port militaire d’Europe, Toulon s’impose depuis des décennies comme l’un des piliers de l’appareil de Défense nationale. Dans le Var, la filière revendique quelque 30 000 emplois directs, 13 000 emplois induits et près de 2 500 entreprises liées à la Défense. Toulon constitue un enjeu stratégique majeur pour le secteur à l’échelle nationale. Un territoire appelé à jouer un rôle central dans la montée en puissance affichée par le gouvernement. Car cette dynamique locale s’inscrit dans un cadre national et international précis.

    Les effectifs sont appelés à être encore renforcés dans le cadre de l’actualisation de la loi de programmation militaire 2024-2030. Votée en 2023, celle-ci prévoyait déjà 413 milliards d’euros de dépenses sur six ans. Mais dans la lignée des engagements pris par la France lors du sommet de l’Otan à La Haye, en juin 2025, et au regard d’un contexte international explosif, marqué par le bellicisme de plusieurs gouvernements d’extrême droite (États‑Unis, Israël et Russie en tête), Emmanuel Macron a annoncé, en juillet, que l’effort de Défense serait porté à 2,5% du Produit intérieur brut (PIB) à l’horizon 2030, soit environ 76,3 milliards d’euros. Conséquence directe : une augmentation du budget de la Défense de 6,7 milliards d’euros en 2026, pour atteindre 57,1 milliards. Ce budget est soumis depuis mardi à l’examen de la commission Défense de l’Assemblée nationale, avant d’être débattu en séance plénière dès le 4 mai.

    Une logique politique

    Pour traduire cette orientation sur le plan industriel, Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, s’est rendu dans le bassin toulonnais le 17 janvier, sur deux sites liés à la Défense, Naval Group et Acti. Il y a annoncé la création d’une « organisation particulière au sein de France Travail », « sous les ordres du ministère de la Défense », pour « aider les entreprises à trouver les compétences et ressources dont elles ont besoin ».

    Une semaine plus tard, la ministre de la Défense, Catherine Vautrin, s’est à son tour déplacée dans le département, en visitant la Direction générale de l’armement (DGA) à Toulon. Elle y a notamment suivi l’évolution du projet Drone de surface autonome naval à capacité d’armement embarqué (Danae), destiné à la protection des ports et à l’escorte de navires militaires. La ministre y a également affirmé la nécessité d’être « plus européen dans notre stratégie industrielle, avec des équipements capables d’agir de concert », appelant à une Europe de la défense « pour mieux peser sur l’Otan ». Catherine Vautrin a insisté sur le renforcement de la Base industrielle et technologique de défense (BITD), présenté comme « une condition de survie industrielle et un outil de puissance. Car là ou nos équipements sont déployés, notre influence stratégique s’enracine », avait-elle déclaré, rappelant que la France était le deuxième exportateur d’armes au monde, au terme d’une année 2025 au cours de laquelle les conflits armés ont fait des centaines de milliers de victimes.

    Ces positions complémentaires trouvent écho dans le Toulon Défense Event, où Jean-Pierre Farandou sera présent, ce jeudi. L’événement, porté par France Travail et le Centre d’information et de recrutement des forces armées (Cirfa), présentera, à travers 80 exposants, plus de 200 métiers liés à la Défense.

    De nombreuses animations 
    -échanges avec des professionnels, simulateurs de vol et d’aérocombat, démonstrations de drones, dispositifs des forces navales- seront proposées pour permettre aux visiteurs de découvrir métiers et équipements, « mais aussi de se projeter » et « susciter des vocations ». Car l’objectif principal de la journée sera de promouvoir plus de 5 000 offres d’emploi à pourvoir dans le secteur, l’augmentation des capacités défensives ne pouvant se faire sans main-d’œuvre.

    Pragmatique ? Nécessaire ? L’opération, éminemment politique, s’inscrit en tout cas pleinement dans les orientations budgétaires du gouvernement. Et induit des coupes budgétaires dans des domaines essentiels précarisés, de la santé à l’éducation, en passant par la culture.

  • Les délégations des vice-présidents de la Métropole Aix-Marseille continuent d’arriver

    Les délégations des vice-présidents de la Métropole Aix-Marseille continuent d’arriver

    Après la désignation des vingt vice-présidents de la Métropole, le 7 avril dernier, puis des onze autres conseillers délégués siégeant au bureau le 16 avril, le président (LR) de l’institution, Nicolas Isnard, avait promis qu’ils recevraient leurs délégations « dans quelques jours, sans surprises ».

    Les arrêtés confiant leurs responsabilités restent signés au fil de l’eau : après une première salve le 13 avril pour quatre d’entre eux, Alexandre Doriol et Maxime Marchand ont reçu à leur tour, ce mercredi, leurs délégations.

    Les délégations connues

    Gaby Charroux, 3e vice-président délégué à l’industrie, à la reconversion industrielle et à la décarbonation.

    Pascal Montécot, 7e vice-président délégué à l’aménagement, à l’urbanisme, au Scot, à la planification et aux marchés publics.

    Alexandre Doriol, 9e vice-président délégué aux ressources humaines et relations sociales.

    David Ytier, 11e vice-président délégué aux finances, au budget, à la stratégie financière, à la contractualisation avec l’État et les collectivités, au suivi des transferts, au pilotage des satellites.

    Martial Alvarez, 19e vice-président délégué à l’emploi, la cohésion sociale et territoriale, l’insertion, les relations avec le GPMM, l’habitat, le logement, les autorisations préalables de mis.

    Maxime Marchand, 20e vice-président délégué à la mer, aux ports et au littoral.

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Arnaud Drouot

    [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Arnaud Drouot

    Budget métropolitain, nouveau mandat, marins-pompiers, actualité marseillaise, proximité…

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