Category: politique

  • Travaux, frais d’élus et aides aux internes en débat au Département

    Travaux, frais d’élus et aides aux internes en débat au Département

    La présidente du département Eliane Barreille a ouvert l’assemblée départementale en saluant les médailles gagnées au Salon de l’agriculture et le classement du département comme troisième préféré des Français, avant d’évoquer « le chantier du siècle », les travaux du Pas de la Rochaille, qui devraient coûter plus de 60 millions d’euros, contre les 30 millions initialement prévus. Cette route près de Barcelonnette « est fréquentée par de nombreux camions italiens », a expliqué Eliane Barreille, avançant comprendre que le projet soit difficile à accepter pour les habitants de l’Ubaye puisqu’il y aura « des coupures de circulation pendant cinq ans ».

    La présidente du département a ensuite fait voter le renouvellement d’une augmentation des frais de déplacement des élus, proposant notamment un remboursement des repas à hauteur de 30 euros au lieu de 20, ce à quoi la conseillère départementale d’opposition de gauche Geneviève Primiterra s’est opposée. « Il est légal, mais pas moral que des élus profitent de ces remboursements », a défendu l’élue. Eliane Barreille a dénoncé un « dérapage complet », niant le terme de « profiter ». Les conseillers départementaux ont voté pour le renouvellement de l’augmentation, avec un vote contre et une abstention.

    Nouvelles aides pour les internes

    Les élus ont également voté pour une nouvelle aide financière aux internes en médecine générale venant exercer dans le département. « Le nombre d’internes a doublé sur le département » depuis le renforcement de ces subventions en 2022, a salué la présidente du département. Ils sont actuellement au nombre de 46, dont 27 dans les hôpitaux, a-t-elle précisé. Le département espère qu’ils s’installent durablement dans les Alpes-de-Haute-Provence à la fin de leur internat. Cinq étudiants en médecine ont sollicité cette aide pour ce semestre.

    Les élus ont aussi voté un appel à projet de 10 000 euros ouvert aux 14 collèges « pour soutenir des initiatives en lien avec l’alimentation saine et durable et sensibiliser au gaspillage », ainsi que pour « promouvoir des produits bio et locaux ». L’élue d’opposition Genevière Primiterra a regretté une enveloppe trop faible. « Vous ne mettez pas les moyens », a-t-elle affirmé.

    Eliane Barreille a tenu à organiser une conférence de presse en soutien au maire sortant de Manosque, candidat à sa réélection et conseiller départemental Camille Galtier, à la fin de l’assemblée départementale, en présence des élus des cantons de Manosque. « Certains propos méritent des éclaircissements », a avancé la présidente du département, insistant sur les projets de contournement routier proposés par les différents candidats aux élections municipales. « Certaines propositions » pour désenclaver et désengorger Manosque « utilisent des terres agricoles en zone agricole protégée (ZAP) », a-t-elle déploré. « Il est impératif de ne pas pénaliser les agriculteurs », « Je m’y opposerai de toutes mes forces », a martelé la présidente.

    Elle a défendu le projet de contournement du maire sortant de Manosque, « non consommateur d’espaces agricoles » et qui pourra être soutenu par le département. Camille Galtier, candidat à sa réélection, a défendu « la plus grande zone agricole protégée de la région » et « l’une des trois plus grandes de France ». « On est heureux d’avoir du dynamisme et des bouchons, ça veut dire qu’on est attractifs », a-t-il soutenu, décrivant Manosque comme « la locomotive du département ». Il a dénoncé une potentielle « catastrophe écologique et environnementale » dans les projets de ses adversaires « parachutés à un mois de l’élection », faisant référence au candidat RN-UDR déclaré le dernier jour de dépôt des candidatures. « Depuis la fin du cumul des mandats de député et d’élu local, des gens de Paris se présentent en local alors qu’ils sont déconnectés », a-t-il affirmé.

  • [Rue de la République] Martine Vassal : « Je suis la seule alternative à Benoît Payan, le RN ne gagnera pas Marseille »

    [Rue de la République] Martine Vassal : « Je suis la seule alternative à Benoît Payan, le RN ne gagnera pas Marseille »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies. « Rue de la République » accueille chaque semaine une personnalité marquante de la vie
    du territoire. Ce week-end, Martine Vassal, présidente de la Métropole Aix Marseille Provence et du Département des Bouches-du-Rhône, candidate DVD à la mairie
    de Marseille.

    La dernière ligne droite

    Didier Gesualdi : Dans quel état d’esprit êtes-vous dans cette dernière ligne droite ?

    J’ai le sourire parce que j’ai une très belle liste, avec des personnes compétentes dans leur domaine que ce soit l’économie, l’éducation, la santé, le sport, la culture et avec des gens expérimentés. On déroule. On essaye de faire passer nos idées et de parler de fond.

    Didier Gesualdi : Vous évacuez les difficultés que des analystes ont pointées avec des sondages plus mauvais que quand vous avez commencé ?

    Tout à fait. Le sondage qui va compter, ce sera le résultat du 15 mars au soir.

    Didier Gesualdi : Ce n’est pas plié ?

    Une élection n’est jamais gagnée d’avance.

    Léo Purguette : Dans vos rencontres de terrain que vous disent les Marseillais ?

    Le mot d’ordre que je ressens, notamment depuis janvier, c’est « surtout ne lâchez pas ». Ça me fait chaud au cœur parce que je sens une population très déçue de ce qui s’est passé durant ces six dernières années. D’abord avec le « switch ». Le fait que Mme Rubirola ait gagné et qu’au bout de quelques mois elle ait été remplacée par M. Payan, ça ne passe pas du tout chez les Marseillaises et les Marseillais. Beaucoup me disent « vous avez fait plein de choses à la Métropole et au Département on espère la même chose pour la Ville ». Après, je sens aussi qu’il y a une forte montée du RN qui surfe sur les colères et les peurs. C’est vrai pour la totalité des Français, pas seulement ici à Marseille. Il ne faut pas confondre les élections. C’est une élection locale, pas nationale.

    Didier Gesualdi : Avez-vous un problème de positionnement politique, êtes-vous allé trop à droite ?

    Je pense qu’il y a eu une nationalisation du débat qui vole aux Marseillais leur élection. Un maire -j’en côtoie beaucoup à la Métropole- quelle que soit la grosseur de la commune, c’est quelqu’un de très engagé, qui défend ses habitants, qui les protège. C’est ça qui m’intéresse. C’est pour ça que j’ai rassemblé de l’écologie raisonnable en passant par le centre, jusqu’à la droite affirmée. C’est pour ça que j’ai gardé mon étiquette divers droite. Ma liste ressemble à Marseille.

    La Liste

    Léo Purguette : Ne reconnaissez-vous pas, tout de même, des erreurs dans la composition des listes ?

    La mienne ?

    Léo Purguette : Oui, dans les 11-12 par exemple avec Mme Philippe, une ancienne RN qui a choqué par ses propos.

    Écoutez, il faut expliquer qu’il y a eu un changement. Il y a eu la réforme PLM. Il y aura deux urnes. Une sur le secteur, une de 111 noms pour la mairie centrale, les mêmes pour toute la ville. Les élus de secteur, je les ai laissés composer leurs listes. Après, il y a eu peut-être quelques infiltrés qui ont essayé de nous mettre un peu la panique, mais ce n’est pas très grave. L’important c’est ce qu’on propose aux Marseillaises et aux Marseillais. J’ajoute que le législateur n’est pas allé au bout et ne nous a toujours pas donné les compétences des mairies de secteur. C’est un peu dommage cette réforme à la va-vite qui éloigne les citoyens des décisions.

    Didier Gesualdi : Donc pas d’erreur ?

    Franchement je suis très fière de mes 111 noms. 49 ans de moyenne d’âge, vous allez me dire que je suis dans la moyenne… Pas tout à fait, un peu plus… On va dire hors taxe. C’est une liste qui rassemble largement, notamment des personnes qui viennent de la société civile et qui sont quand même un peu choquées de la violence de cette campagne. C’est même un climat dégueulasse, j’ose le mot. C’est une campagne en dessous de la ceinture, au niveau des caniveaux. Je regrette vraiment qu’il soit si peu question de fond.

    La campagne

    Didier Gesualdi : La violence d’une campagne vous ne la découvrez pas, il faut presque y être préparé pour devenir maire.

    Oui mais elle va crescendo, elle va avec la violence qu’on retrouve dans la France entière. Les scrutins sont de plus en plus violents, agressifs… Ce qui m’intéresse, c’est ce qu’on veut faire de cette ville. On a perdu six ans, on ne va pas perdre encore sept ans de plus.

    Léo Purguette : Vendredi, Jordan Bardella était à Marseille. On sent bien que le RN veut faire de Marseille un grand symbole, et en cas de victoire, un laboratoire.

    Ça vous inquiète ?

    Mais je ne me suis jamais considérée comme un rat de laboratoire. On a nos spécificités ici à Marseille. Je laisse les Parisiens là où ils sont. On s’est toujours très bien débrouillé sans eux, et on va continuer comme ça. Vous savez, les appareils, la nomenklatura parisienne… Il n’y a qu’une chose qui m’intéresse c’est Marseille. C’est pour ça que je suis restée divers droite : mon parti, c’est Marseille. Ça fait 10 ans pour le Département, 8 ans pour la Métropole, que je préside des institutions formidables. On a refait le territoire avec tous les maires qui étaient volontaires. On a fait la révolution des transports, elle est là, on la voit.

    Le second tour

    Didier Gesualdi : À quoi va ressembler le second tour ? Quadrangulaire ? Triangulaire ?

    Je suis le rempart pour changer les choses, pour que le Printemps marseillais, avec la France insoumise, ne dirigent plus cette ville. Pourquoi je dis que le RN ne gagnera pas : parce que Marseille c’est 2 600 ans d’histoire, c’est du multiculturalisme, c’est des tas de personnes arrivées au fil des années. On a grandi de nos différences. On a vécu les uns à côté des autres. Elle ne sera jamais RN contrairement à ce que veulent instiller certains médias parisiens.

    Léo Purguette : Donc vous estimez être l’alternative à Benoît Payan ?

    Absolument, je suis la seule alternative. Si aujourd’hui, Benoît Payan ne parle pas de programme, ne veut pas faire de débat et qu’il agite le chiffon rouge c’est parce qu’il a eu un mandat où il n’a rien fait et qu’il espère un mandat où il ne fera rien.

    Les propositions

    Léo Purguette : Quelles sont vos propositions principales ? Vous avez beaucoup parlé sécurité.

    Effectivement vous avez raison. C’est une problématique qui revient régulièrement. Combien de fois j’ai entendu « je ne descends plus en ville parce que j’ai peur ». Moi je n’habite pas très loin, c’est vrai que sur le Vieux-Port à 20h on n’est pas très rassuré. Quand on veut aller au manège sur la place Charles de Gaulle avec les enfants et qu’on voit ce qu’il y a autour, ce n’est pas très engageant. Oui, il faut un choc d’autorité sur cette ville. Je ne suis pas dans la course à l’échalote sur les chiffres mais oui, il faut plus de policiers municipaux, plus de caméras, utiliser des drones…

    Didier Gesualdi : Benoît Payan a doublé la police municipale ce que vous n’aviez pas fait en 25 ans.

    Je suis présidente de la Métropole et du Département. Comme vous le voyez, je ne suis pas Jean-Claude Gaudin. J’ai beaucoup de respect pour lui, je ne suis pas sûr que d’autres élus marseillais aient le même respect pour leur mentor d’ailleurs. Oui, il faut que le maire assure la tranquillité publique, c’est sa mission. Il faut aussi qu’il soit dans un continuum de sécurité avec la police nationale, c’est là que j’ai proposé le dispositif Argos, c’est ce qu’on fait quand il y a des incendies, des inondations. On se met tous ensemble, on fait tomber les cloisons. C’est ce qui manque à Marseille, en matière de sécurité mais aussi dans d’autres domaines. Je veux que les jeunes qui sont borderline qui commencent à tomber dans la délinquance on les récupère tout de suite pour leur donner une seconde chance. C’est pour ça que je propose des maisons de la réussite. Le métier le plus compliqué, c’est celui d’être parent, il faut les soutenir. Il faut aussi assurer aux jeunes un autre avenir.

    Didier Gesualdi : Il faut pour cela des services publics, le Printemps marseillais dit en avoir remis en place, avez-vous des propositions sur le sujet ?

    Bien sûr, là aussi, il ne faut plus travailler en silo. Vous avez la Ville qui travaille avec le CCAS, la Métropole avec la politique de la Ville, le Département avec les maisons de la solidarité… Il faut être main dans la main. C’est ma conception une fois que le débat démocratique a eu lieu. À condition d’être sérieux. Excusez-moi, quand je vois le programme du Printemps marseillais, c’est un programme intelligence artificielle de 128 pages sorti en une semaine avec des choses complètement irréalistes, dingues, qui ne se feront jamais, comme la jetée amovible dans le port ou la forêt avec des arbres centenaires sur les plages du Prado. Tout cela est illusoire. De l’autre côté on a un RN, simpliste, avec un candidat qui appelle maman Le Pen et papa Bardella pour venir à son secours. Il l’a fait monter à Notre-Dame de la Garde, vendredi. J’espère qu’il a mis les pois chiches dans les chaussures mais il ne connaît rien à Marseille. C’est un touriste électoral. Quand on propose des pass pour interdire les plages à une partie de la population, quand on veut faire un couvre-feu, quand leur candidat dans les 6-8 dit que les jeunes qui font du foot ça fait du bruit… ça fait froid dans le dos. Que fait le RN ? Il surfe sur les peurs.

    Léo Purguette : Vous êtes un peu dans une tenaille. Vous dites que la gauche est irréaliste mais pour gagner il faut aussi faire un peu rêver, donner envie non ?

    La ville a tellement pris de retard qu’aujourd’hui il faut répondre aux problématiques qui sont simples : la sécurité, la propreté, la tranquillité, mais c’est aussi des endroits comme le Centre Bourse à revitaliser. La Belle de Mai, quartier le plus pauvre d’Europe où il y a des marchands de sommeil, des squatteurs… À côté d’une gare Saint-Charles qui va être absolument magnifique. Je l’ai fait inclure dans Euroméditerranée pour aménager ces espaces. Je vais peut-être vous choquer mais ce que j’aimerais, c’est qu’un maximum de Marseillais devienne propriétaire, parce que, quand on a sa propre maison, c’est un havre de paix. Aujourd’hui, on a du mal à louer, du mal à acheter. C’est pourquoi je veux instaurer un prêt à taux zéro pour les primo-accédants et un bail réel solidaire qui permet d’acheter les murs mais pas le sol et grâce auquel vous payez 40% de moins votre logement. C’est le droit à se loger, pas le droit à spéculer.

    La Métropole

    Didier Gesualdi : Vous proposez de réformer la Métropole, vous êtes à sa tête depuis un moment. Qu’est-ce qui cloche ?

    Elle est née avec les forceps, il y a 10 ans en 2016. J’ai eu l’honneur d’en prendre la présidence en 2018. Une loi a supprimé les conseils de territoires en 2022. Il faut lancer un acte III pour qu’on se recentre sur les compétences comme l’économie, la mobilité, l’environnement, la gestion des déchets… On a déjà commencé sur Aix, ça marche très bien. Marseille voulait récupérer la propreté mais au dernier moment Benoît Payan a reculé, c’était trop de travail.

    Didier Gesualdi : Il dit que vous ne lui donniez pas les moyens.

    C’est faux, il ment. Maintenant ce que je propose c’est qu’une fois les maires élus, on travaille pour qu’en 2027 on ait une Métropole stabilisée au niveau politique et financier.

    Léo Purguette : On vous entend vous projeter. Vous serez candidate à la présidence quel que soit le résultat des municipales ? Certains dans votre camp s’activent en coulisses.

    C’est normal. Personne n’est éternel. Mais on n’en est pas là. Il va y avoir un premier tour, un deuxième tour et après il y aura ce troisième tour.

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Jocelyne Alba :

    Bonjour Madame. Je ne partage pas vos idées mais je suis intéressée de connaître vos propositions pour les droits des femmes alors que nous approchons du 8 mars. Après tout, vous êtes seule candidate.

    C’est une question fondamentale. Aujourd’hui, il y a beaucoup trop de violences sur les femmes et les enfants, quelques hommes aussi, qu’il ne faut pas oublier. Pour les faire reculer, il faut mettre en place des dispositifs. Je l’ai fait au Département, je le ferai à la Ville de Marseille. Je voudrais acheter des logements sociaux et les mettre à disposition des femmes qui subissent des violences. Il faut aussi aider encore plus les associations qui font de l’accueil. Très souvent on oblige les femmes à raconter 50 fois leur histoire, c’est très compliqué. Il faut améliorer l’accompagnement sur le plan psychologique et judiciaire.

    Par ailleurs, on dit souvent que c’est difficile de pouvoir mener de front, quand on est une femme, sa vie professionnelle, familiale et personnelle. Je souhaite instaurer un droit opposable à la garde d’enfants. C’est-à-dire avoir une priorité pour les femmes qui vont travailler pour avoir une place en crèche. Je souhaite doubler leur nombre, faire un audit très précis des places publiques, privées et des assistantes maternelles. Je propose aussi d’agir pour ceux qu’on appelle « les orphelins de 16h30 », parce qu’ils se retrouvent tous seuls en fin d’après-midi, avec des « maisons de la réussite » et de l’intergénérationnel en embauchant des personnes retraitées pour faire de l’aide au devoir. C’est important parce qu’on est tous passé par là, après une longue journée de travail, ça peut finir dans les cris… Il faut tendre la main à chacun. L’égalité femme-homme n’est pas encore là. Il faut continuer dans ce sens.

  • La Cité Bergère s’invite dans la campagne

    La Cité Bergère s’invite dans la campagne

    À l’instar de la circulation perturbée sur les 4 boulevards, la Cité Bergère est un caillou dans la chaussure du maire de Montpellier.

    En cause la délivrance en août 2025 d’un permis de construire qui autorise 69 logements sur un terrain privé. Un choix qui, selon le collectif qui a déposé un recours en annulation au tribunal administratif, irait à l’encontre des promesses faites par le maire et écrites en novembre 2023 dans le magazine municipal par son adjoint écologiste Manu Reynaud. À savoir : préserver 100% de la Cité Bergère. « C’est un vestige de l’histoire de ce quartier [avenue Saint-Lazare], la dernière terre agricole exploitée en centre-ville qui produit encore des légumes pour ses habitants », insiste Julien Lorentz.

    Avant de lancer une pétition signée près de 28 000 fois, le président de l’association des « Vrais amis du Père Prévost » a bien rencontré M. Delafosse pour demander le rachat par la mairie des 4 400 m² de maraîchage qui seraient réduits à 1 800 m² après construction. « On pourrait en faire un lieu social et pédagogique pour les enfants, une ferme urbaine. » Impossible, selon la municipalité. « La famille Colomina n’est pas vendeuse au prix des terres agricoles », indique Laurent Nison. L’adjoint aux grands travaux précise que via le nouveau Plan local d’urbanisme intercommunal-climat (PLUI-C), la Ville a « rendu inconstructible 80% de la parcelle qui était constructible à 100% auparavant ». M. Delafosse aurait-il dû forcer le deal à 100% ? « On ne pouvait pas spolier le droit à construire sans justification majeure. Pour une expropriation, il aurait fallu une déclaration d’intérêt général, même en préemptant on était hors des clous. La famille aurait pu attaquer et gagner », assure Laurent Nison. « Le droit s’applique à tout le monde. »

    Délivré in extremis sous les règles de l’ancien PLU déplore Thierry Teulade (Vive Montpellier Nord), le permis de construire va notamment être attaqué sur des risques supposés. « C’est une zone potentiellement sujette aux inondations pour les caves et les parkings souterrains », illustre Tristan Baudoin, citoyen engagé. « Il y a la question de la sécurité hydraulique et l’étude d’un expert agricole qui indique qu’une partie du bâtiment se situe dans une zone boisée classée », ajoute l’avocate Me Tamaris Furstenheim.

    En pleine campagne, ce projet immobilier contre lequel 7 candidats (Roumégas, Müller, Oziol, Gaillard, Saurel, Altrad, Zbairi) se sont engagés, fait resurgir le périlleux sujet de l’urbanisme. A l’instar des vieilles batailles citoyennes pour le stade du Père Prévost ou le Parc Montcalm, les responsables associatifs Tony Chavard et Jean-Michel Justamon ont le sentiment que les engagements urbanistiques des maires respectifs font long feu à Montpellier.

  • Vincent Bouget, « les Nîmois seront le levier de l’avenir »

    Vincent Bouget, « les Nîmois seront le levier de l’avenir »

    La campagne à Nîmes s’intensifie à quelques jours du premier tour des élections municipales, dimanche 15 mars. Nous avons rencontré celui qui fait souffler un vent de renouveau sur la cité romaine avec la liste qu’il conduit, Nîmes en commun. Vincent Bouget (PCF), en tête dans les sondages, a su fédérer largement à gauche et, au-delà, chez les citoyens sur la base d’un projet co-réalisé avec les habitants. Rassembler et réconcilier la ville sont ses grandes priorités afin que toutes et tous vivent enfin bien à Nîmes.

    La Marseillaise : Si vous êtes élu maire de Nîmes, le 22 mars, quelle sera votre première mesure ?

    Vincent Bouget : Je serai fidèle à ma méthode et à mes engagements : j’irai voir les agents de la Ville qui seront dès le lendemain de l’élection et tout au long du mandat celles et ceux qui mettrons en œuvre la politique. Ils sortent de 25 ans d’une gestion assez autoritaire. Le maire n’a jamais rencontré les organisations syndicales du personnel municipal. Moi, j’ai besoin de les écouter, parce que c’est avec eux que nous allons agir.

    Ensuite, il faut s’occuper des enfants. D’abord, la préparation de la fin de l’année scolaire parce que l’année dernière 81 écoles sur 83 ont été fermées à cause de la canicule. Ensuite, il y a les vacances et on sait que, pour un certain nombre de nos enfants et de leurs familles, l’été est long, voire dur à passer. Il faut proposer à la fois une véritable offre d’activités à Nîmes, et des départs en vacances pour les plus modestes, en lien avec les associations. Et puis, il faut préparer la rentrée pour que l’école redevienne un lieu d’émancipation pour nos enfants. Et enfin, parce que les arbres qui feront de l’ombre dans 15 ans doivent être plantés aujourd’hui, nous lancerons très rapidement, en avril, le grand plan de végétalisation partagé, accompagné d’urbanistes, dans une démarche de concertation avec les Nîmois.

    Nîmes en commun, c’est un collectif mais c’est aussi une démarche participative menée depuis un an et demi. Est-ce que cela explique la dynamique de votre campagne ?

    V.B : Je fais confiance aux Nîmoises et aux Nîmois pour décider de leur avenir, donc nous avons commencé il y a 18 mois, en les écoutant. Je suis convaincu que cette façon de faire recrée du lien et de la confiance. Loin du spectacle national très rejeté par la population et très éloigné de la vie quotidienne. On ne résout pas les difficultés sociales à coups de tweets : la complexité des situations appelle des réponses de fond, partagées et travaillées avec les habitants. Nous avons donc largement donné la parole, sans la prendre nous, pour rompre avec cette distance entre les responsables politiques et la population. Il a d’ailleurs été beaucoup question de lien social, de retrouver des liens entre les gens. Et aujourd’hui, les propositions que nous faisons, construites avec les Nîmois, trouvent un véritable écho dans la population.

    Chacune de vos réunions publiques fait le plein. Comment l’expliquez-vous ?

    V.B. : Les Nîmois, comme partout ailleurs mais ici encore plus, ont été considérés comme des spectateurs ou des consommateurs de la politique. Notre volonté a été tout de suite de leur dire « soyez actrices et acteurs » en prenant part à la réflexion sur l’avenir de notre ville. Et au soin du 22 mars, nous continuerons. La politique que nous voulons mener ne pourra se réaliser pleinement que si, dans la ville, les Nîmoises et les Nîmoises y prennent toute leur part. La participation citoyenne est un levier de transformation de la ville et de la vie.

    Nîmes en commun c’est aussi une union forte des gauches (hors LFI), citoyenne et écologique. Cette union, dans la diversité, est-elle aujourd’hui indispensable pour proposer une véritable alternative ?

    V.B : Cette union n’est pas un accord électoral de partis où comme d’habitude on se partage des bouts de liste et des bouts de programme. Nous avons fait l’inverse. J’ai proposé à toutes les sensibilités de la gauche politique, sociale et citoyenne de se retrouver dans une démarche d’écoute et de mise en débat avec la population. Une très large majorité à dit « oui » et aujourd’hui, le collectif Nîmes en commun compte plusieurs centaines de personnes. Nous ne sommes pas une superposition de partis, mais un collectif solide, avec des composantes partisanes en soutien de cette démarche et apportant toute leur expérience militante. Nous avons naturellement conjugué nos différences et fait de la diversité un atout. Cette union demain restera toujours solide parce qu’elle est riche d’une expérience, de cette aventure qui dure depuis l’automne 2024. Et je crois que cela répond sincèrement à l’aspiration à l’unité qui est très forte dans la population. Le rassemblement est la seule voie crédible, une des conditions de la victoire.

    Cette culture de l’unité n’est pas propre à cette campagne ?

    V.B : J’ai toujours été convaincu que le rassemblement était la seule voie possible. Rassembler les partis, mais avant tout, rassembler les Nîmois. Je creuse un sillon depuis plus de dix ans. En 2020, c’était une amorce de ce que l’on fait aujourd’hui, c’est-à-dire d’ouvrir la construction du projet aux habitants. Et puis nous avons marqué des points aux municipales, ce qui nous a donné du crédit. En 2021, nous avons réussi l’union aux élections départementales et, avec mon binôme écologiste, nous avons gagné un canton sur la ville, face à la droite, puis à l’extrême droite. Depuis 2020, avec le groupe de gauche à la Ville, nous avons travaillé sur tous les dossiers, pour préparer l’élection de cette année. Quand à l’automne 2024 on a décidé de s’engager dans l’élection municipale on s’est appuyé sur toute cette histoire. J’espère que le travail paiera, au bout. En tout cas, il nous est crédité.

    Les Nîmoises et les Nîmois méritent tout cet engagement. Je ne crois pas qu’on leurre longtemps les habitants à coups de petites phrases, de coups de communication comme on le voit aujourd’hui à droite comme à l’extrême droite avec des gens qui font volte-face, trahissent ou qui débarquent dans cette ville et qui tels des vautours, fondent sur les difficultés sociales en espérant prospérer dessus.

    Je crois que les gens reconnaissent la sincérité, l’humilité, le travail. Je n’ai pas d’autre façon de faire de la politique. Il faut redonner toute sa dignité à l’action publique, c’est la seule façon de respecter les gens. Quand on respecte la parole des Nîmois, on reconnaît leur dignité démocratique.

    Nîmes est une ville qui a des difficultés importantes sur le plan social, économique, de l’emploi. Comment une municipalité peut-elle agir ?

    V.B : On pouvait penser que la droite était une experte en économie. En réalité on voit que les échecs sont nombreux et l’absence de réalisations est patente. L’exemple le plus marquant est la zone Magna Porta qui tous les ans est présentée comme celle qui va créer des milliers d’emplois et, au final, reste désespérément vide. Quand on discute avec les salariés, les chefs d’entreprise on s’aperçoit de l’isolement complet des responsables politiques qui ne dialoguent pas. C’est un constat que j’ai fait en rencontrant les entrepreneurs du territoire. Nous proposons que la Ville joue un rôle de lien. La Ville et l’agglomération doivent mettre autour de la table tous ceux qui participent à la création d’activités économiques. C’est ce que nous proposons avec la création d’une agence de développement économique qui n’existe pas. Et nous devons préparer l’avenir, en créant des filières dans les domaines de la transition écologique, de la gestion de l’eau. Enfin, Nîmes doit renouer avec son histoire, en s’investissant pleinement dans l’économie sociale et solidaire, qui est un vrai modèle vertueux et prospère. Nous créerons une école de la coopération. Cette fierté nîmoise doit être un levier de développement.

    Les sondages vous placent tous en tête du premier tour, le 15 mars. Mais vos adversaires de droite sont bien présents et, surtout, l’extrême droite menace. Pour l’emporter, Nîmes en commun doit largement rassembler. Quel est votre message aux Nîmois ?

    V.B : C’est le message que nous portons depuis le début : réunir les Nîmoises et les Nîmois est notre premier engagement. Réunir et respecter tout le monde. Pour nous, chacune et chacun comptent. Les 15 et 22 mars, les citoyens ont un choix : faire de Nîmes une ville méditerranéenne qui compte, ou ne rien changer, voire sombrer dans le repli sur soi et la haine de l’autre. Nous avons déjà suffisamment de Defi à relever : le réchauffement climatique, la drogue… Je ne me résoudrais pas à ce qu’en plus nous ayons l’extrême droite ! Ce danger, c’est la base de mon engagement. Notre message est donc simple : dès le premier tour, si nous voulons faire face, ensemble aux difficultés et avancer sereinement, il faut une large mobilisation. Être rassemblé, dans le respect des convictions et des différences de chacun.

  • Pas moins de trois candidats pour les Argentiérois

    Pas moins de trois candidats pour les Argentiérois

    Je pars avec cinq adjoints et deux conseillères de l’ancienne équipe, qui ont déjà l’expérience et la connaissance des dossiers de la commune », met en avant Alain Sanchez. Maire sortant, il a succédé à Patrick Vigne en 2021, dans un contexte difficile, suite au décès de ce dernier. L’édile met en avant une liste où se trouvent « cinq adjoints et deux conseillères de l’ancienne équipe, qui connaissent les dossiers et ont l’expérience de la gestion d’une commune. » Il entend s’appuyer sur son bilan en matière de redressement de l’endettement de la commune, une « rigueur budgétaire retrouvée » même si le chantier est loin d’être terminé selon lui.

    De son côté, Rémy Roux, conseiller municipal depuis 12 ans, et départemental depuis cinq ans, mène la liste « L’avenir au cœur de l’Argentière-La-Bessée », composée « d’une diversité qui représente les Argentiérois, des entrepreneurs, des membres du monde associatif, de la fonction publique… Tous et toutes compétents dans leur domaine. » Conseiller municipal pendant plus de trente ans et déjà présent en second dans l’équipe d’Alice Prudhomme en 2020, cette fois Jean-Pierre Rippert, conduira la liste « Quoi de neuf pour l’Argentière ? »

    Rénover le foncier municipal

    Parmi les préoccupations de campagnes, la question de l’aménagement de la friche industrielle des FAP occupe une place majeure pour les trois candidats. Autre problématique structurant à l’Argentière, tous trois ont fait de la question du logement et de la rénovation des logements municipaux une priorité. La commune manque d’offre locative, à la fois pour retenir et installer ses jeunes et pour offrir un habitat adapté à ses aînés.

  • À Sisteron, la liste d’union de la gauche fait salle comble

    À Sisteron, la liste d’union de la gauche fait salle comble

    Syndicalistes, associatifs, maires, députés de gauche et habitants se sont réunis vendredi, à Sisteron, pour soutenir la liste citoyenne d’union de la gauche Demain Sisteron lors de son meeting de fin de campagne. Les colistiers ont insisté sur « la défense des services publics à Sisteron», la santé et l’idée de «dépersonnifier le pouvoir politique». Cédric Volait, responsable de la CGT Santé 04, a évoqué la lutte pour la réouverture des urgences à Sisteron. «La lutte paye quand on a des relais locaux progressistes», a-t-il affirmé. «Tous les hôpitaux tiennent sur un fil, ils sont tellement à flux tendu qu’il suffit qu’un médecin parte à la retraite pour que le service soit menacé de fermeture», a déploré le syndicaliste.

    Michèle Bizot-Gastaldi, maire communiste d’un petit village de 350 habitants, La Palud-sur-Verdon, est également intervenue au meeting. «Il n’y a pas d’élections apolitiques, les listes sans étiquette n’existent pas. Une liste qui rassemble l’ensemble des forces de la gauche dans le département, c’est rare, je salue cette initiative», a-t-elle déclaré. «Tous les services publics sont fondamentaux», a-t-elle ajouté, félicitant les propositions de la liste Demain Sisteron.

    Recruter des médecins salariés

    Olivier Jourdan, deuxième sur la liste, a insisté sur leur proposition phare: recruter des médecins salariés. « Notre collectif s’est fondé sur un gros consensus : mettre les valeurs et le programme avant les noms et les visages », a-t-il martelé. « Nous voulons faire en sorte que chaque Sisteronais et Sisteronaise puisse avoir un médecin traitant, avec l’objectif d’un généraliste pour 1000 habitants », a-t-il expliqué. « Le salariat permet d’attirer médecins plus jeunes », a affirmé Olivier Jourdan.

    Véronique Verdié, secrétaire du collectif Solidarité Réfugiés Sisteron, dont plusieurs membres de la liste font partie, est également intervenue. Elle a insisté sur l’importance d’intégrer les réfugiés et d’avoir une ville accueillante. Claude Mikaelian, colisitier communiste et militant syndicaliste, a évoqué l’importance des «luttes pour le maintien de l’emploi» et a salué la proposition de créer «un lieu de refuge immédiat et sécurisé pour les femmes victimes de violences par un conjoint ou un ex-conjoint». Il a souhaité que Sisteron intègre «l’association internationale des communes pour la paix». L’ancien député Nupes Léo Walter a affirmé : « si on multiplie les communes de gauche dans le département, ça donnera de la force à nos luttes ». «Avoir une commune tenue par la gauche antifasciste est essentiel », a-t-il défendu. La salle était pleine à son comble.

  • À Avignon, Olivier Galzi et sa liste qui cadre à droite

    À Avignon, Olivier Galzi et sa liste qui cadre à droite

    Assis au premier rang, jeudi soir à la salle de Montfavet, le sénateur LR Jean-Baptiste Blanc, et l’un de ses prédécesseurs Alain Dufaut, viennent applaudir Olivier Galzi, qui présentait sa liste. « Je les découvre », assure le candidat (DVD) à Avignon, satisfait du soutien « avec l’étiquette laissée au vestiaire ». Si le Cavaillonnais Jean-Baptiste Blanc prospecte en vue des sénatoriales de septembre en quête de grands électeurs, sa présence vient confirmer que l’ex-journaliste TV est le candidat de la droite.

    Un créneau que préempte aussi Stéphan Fiori, l’entrepreneur qui ici même un mois plus tôt, dévoilait une liste très pro business. « Ce n’est pas mon sujet, on ne discute pas ensemble ni avant, ni après le premier tour », répond Olivier Galzi alors que Stéphan Fiori a assuré vouloir se maintenir, hypothéquant de fait une possible victoire de la droite. Mais avant cela, il y a un premier tour et 52 colistiers, de 18 à 77 ans. « Ils se sont engagés sans rien négocier, pas par calcul électoral ou personnel, la seule promesse que l’on s’est faite, c’est de donner notre temps et notre énergie », revendique Olivier Galzi.

    Le candidat, qui met en place une charte éthique pour ses colistiers, liste six principes : transparence, équité, lisibilité, responsabilité, intégrité et consultation. Des promesses distillées sous forme de critiques à l’endroit de la majorité sortante et de celui qui entend la poursuivre, David Fournier (PS). En parlant de transparence, Olivier Galzi aurait pu être un peu plus clair sur certains profils de colistiers, dont plusieurs ont déjà été élus (Valérie Wagner, Christian Paly, Isabelle Altayrac) sous la majorité de droite de Marie-Josée Roig (UMP). Jamais dans leur présentation, cela n’a été évoqué. Le seul dans ce cas fut Florian Borba-Da Costa, adjoint au commerce de la maire Cécile Helle lors du premier mandat. Ou Marc Serein, antépénultième de liste, et maire (PS) de Bollène (2000-2008). Les possibles délégations n’ont pas été confirmées, mais Jean-Luc Queyla (3e de liste) et ancien chef des pompiers d’Avignon [candidat en 2020 avec Michel Bissière (LR)] devrait s’occuper de la sécurité.

    On note beaucoup de cadres, consultants, entrepreneurs, directeurs, responsables. Un manque de diversité ? « Non, coupe court Olivier Galzi. On a énormément de gens qui sont issus de la méritocratie, qui ont des compétences et ont, comme point commun dans leur parcours, de s’être mis au service des autres. » À l’instar de sa « moitié, bien qu’elle ne soit pas là pour ça », Anaïs Haussmann.

  • À Avignon, Amine Kessaci appelle à voter David Fournier

    À Avignon, Amine Kessaci appelle à voter David Fournier

    Vous êtes un héros, Monsieur, je ne pensais pas vous voir ici », salue, la voix tremblante, un ado de 17 ans à destination d’Amine Kessaci. En ce début d’après-midi de vendredi, sur la place de l’Horloge, le militant antinarcotrafic, candidat aux municipales à Marseille en 3e position sur la liste de Benoît Payan (DVG), est là en appui de David Fournier (PS) et sa liste de rassemblement de plusieurs partis, dont les Ecologistes où Amine Kessaci milite. Même à Avignon, sa popularité dépasse celle du candidat local. « Tu es un exemple, ton aura, ton combat sont un modèle d’engagement », ne manque pas de souligner David Fournier, qui s’était rendu, mi-novembre à Marseille, à l’hommage rendu à Mehdi, petit-frère d’Amine Kessaci, froidement abattu dans un crime considéré comme d’intimidation.

    « Je n’ai pas peur, personne ne m’empêchera d’aller tracter », assure avec force et charisme Amine Kessaci, suivi de près par un impressionnant dispositif de sécurité. En aparté, il confie qu’il est plus facile pour lui de faire campagne hors de Marseille et défendre ses idées au niveau national par le biais de son association Conscience ou le projet qu’il porte avec l’association des maires de France. « On souhaite créer un dispositif très concret de dépaysement, qui permettra entre maires de s’entraider pour sortir des jeunes des réseaux de narcotrafic en les envoyant dans d’autres villes avec un emploi et un logement », illustre-t-il. En attendant, Amine Kessaci vient dire « toute sa confiance à David pour porter la dignité dans les quartiers populaires, pour réparer ce qui a été cassé, réapporter du service public, travailler avec la police municipale, qu’il ne faut pas désarmer », glisse-t-il, dans une allusion à certaines prises de position de la France insoumise.

    Un appel au vote utile

    dès le 1er tour

    David Fournier se pose en garant d’une approche globale sur la sécurité, défendant la proximité en misant sur des postes mutualisés entre police nationale et municipale, comme celui en travaux sur la Rocade (lire page 16), sans oublier les attentions portées aux enfants (petit-déjeuner dans les écoles, bas tarifs dans les cantines) ou à la jeunesse et leurs familles (sécurité sociale de l’alimentation, mutuelle communale pour le logement et les véhicules). Juste avant de conclure la séquence, Amine Kessaci insiste sur le vote utile. « Face à la droite et son extrême, la désunion n’est pas la solution, je dis à tous les électeurs de gauche, la seule liste en capacité de gagner, c’est celle de David dès le 1er tour, quand on se dit antifasciste, il faut aussi parfois accepter de se retirer », prévient-il.

  • Saint-Cyr à gauche dévoile son plan logement et transports

    Saint-Cyr à gauche dévoile son plan logement et transports

    Pour leur avant-dernier meeting, Sylvie Vinceneux et Saint-Cyr à gauche se sont penchés sur le logement et les transports, deux de leurs engagements phares. Un programme basé sur « la concertation », pour « un logement accessible à tous. » À ce titre, la liste milite pour la relance du logement social, à « 9% aujourd’hui alors qu’on devrait être à 25, ce qui fait payer à la ville une amende de 570 000 € par an ! », pointe la candidate.

    Outre celui-ci, Saint-Cyr à gauche veut renforcer le prêt locatif aidé d’intégration et le bail réel solidaire pour les plus précaires, l’encadrement des loyers, la taxation des résidences secondaires (45% des logements saint-cyriens), la limitation des Airbnb, ou encore la création de logements pour les saisonniers et d’une deuxième résidence seniors.

    « L’OAP Pradeaux Gare ne pourra pas se faire »

    Pour les transports, la candidate veut mettre en place « un véritable plan », qui comprendra la « réactivation de la ligne St-Cyr – La Ciotat », en bus et en navette maritime, des « navettes électriques à la demande pour seniors et PMR », ainsi qu’un stationnement « qui ne doit pas être augmenté mais revu » avec des zones bleues, et une limitation de la gratuité « pour éviter les voitures ventouses » dans certaines zones, telles que le parking de la gare.

    C’est d’ailleurs dans ce quartier de la gare que se tenait la réunion publique, pour aborder la question des orientations d’aménagement et de programmation (OAP) Pradeaux-Gare. Lancé en 2014, le projet n’avance pas, alors que la commune a obtenu la construction du pôle d’échange multimodal de la LNPCA Marseille – Nice, terminus du « RER toulonnais », en 2020 : « Le maire a voulu faire financer par la SNCF le réseau viaire autour de la gare, en espérant qu’elle allait s’occuper de l’acquisition des terrains pour aménager la gare, et qu’il puisse asseoir son programme immobilier autour », précise Joël Duret, l’un des colistiers. Mais la cinquantaine de familles qui doivent être expropriées, faute d’accord avec la mairie « qui propose des prix 30 à 40 % en dessous du marché », ne l’entendent pas ainsi et empêchent toute avancée. « Le projet ne pourra pas se faire », certifie Joël Duret. Et comme, par définition, l’OAP ne met « rien par écrit qui engage la mairie », elle pourra être entièrement redéfinie par la future municipalité. De son côté, Saint-Cyr à Gauche la fera valider par référendum.

  • Les progressistes au service de l’intérêt général à Six-Fours

    Les progressistes au service de l’intérêt général à Six-Fours

    La politique nous concerne tous c’est notre présent, notre futur, notre vie, ne la laissons pas à d’autres », commence le chef de file de Six-Fours à gauche, Pascal Cabras, en rappelant que « l’abstention est la pire des défaites ».

    Pour le syndicaliste apparenté communiste « les citoyens doivent redonner un nouveau souffle à la démocratie », et arrêter de laisser les autres décider à leur place.

    L’occasion de rappeler que la liste de rassemblement des progressistes leur donne justement l’opportunité de faire entendre leurs voix et refuser « l’entente bilatérale entre une droite extrême et une extrême droite ». En notant que 70 % des votes au conseil municipal sont communs à la majorité LR et au RN.

    Et de lancer : « Nous sommes la seule opposition présente au conseil municipal depuis 2020, la seule liste qui lutte pour une ville juste solidaire et durable, avec une orientation écologiste et sociale profitable à tous nos habitants. »

    « L’entre-soi c’est terminé ! »

    Avec un certain nombre d’atouts pour changer la donne, comme celui de regrouper toutes les composantes de la gauche et des écologistes.

    Pascal Cabras a dit également la fierté d’être soutenu par le parti communiste, en rappelant toutes les avancées sociales dont il a été le moteur et sa résistance aux heures de la déshonorante de la collaboration.

    «  Avec un parti communiste à 28 %, nous avons obtenu la Sécurité sociale. Avec un FN à 30 %, nous aurons bientôt la retraite à 67 ans », met-il en garde.

    Concernant le programme, Pascal Cabras a insisté sur l’urgence de s’attaquer à la crise du logement, en notant qu’il manque 2 842 logements sociaux dans la commune pour se mettre en conformité avec la loi. Un retard assumé par la municipalité sortante puisque relevant d’« un choix purement dogmatique ».

    Et de poursuivre : « Nous remplacerons l’entre-soi par la mixité sociale ! »

    Pour autant, pas question de construire de manière anarchique ni d’empiéter sur les zones agricoles ou sensibles qui seront au contraire sanctuarisées. Mais plutôt de densifier le centre-ville.

    La création d’un centre de santé a également été mis en avant ainsi que des places de crèches municipales avec une tarification progressive.

    Il en est également d’une maison de retraite municipale adaptée et d’un service de pompes funèbres lui aussi géré par le public. Un changement de cap au service de l’intérêt général, cette fois.