Category: politique

  • Jean Castex inaugure la relance du train dans les Hautes-Alpes

    Jean Castex inaugure la relance du train dans les Hautes-Alpes

    « Stop à la sinistrose, vous avez un beau projet entre les mains, et vous allez le mener à bien ! » Arrivé en TER à 14h à la gare de Briançon, l’ex-Premier ministre, Jean Castex, est venu avec sa bonhomie caractéristique et un discours mobilisateur à l’heure de lancer le plan Performances ferroviaires dans les Alpes du Sud. Aux côtés du président de Région Renaud Muselier, du maire de Briançon, Arnaud Murgia et du président du Département Jean-Marie Bernard, le nouveau directeur de la SNCF a d’abord inauguré le pôle multimodal de la gare de Briançon. Un aménagement urbain destiné à mieux connecter les mobilités autour de la gare et la rendre plus accessible.

    Ce chantier à 20 millions d’euros est l’un des volets du plus vaste plan de modernisation ferroviaire dans les Alpes du Sud. Il vise à préparer le territoire à l’accueil des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2030, tout en modernisant les infrastructures ferroviaires des Hautes‑Alpes, un besoin réclamé depuis plus d’une décennie. « Depuis que je me suis engagé en politique dans ce département, je n’ai eu de cesse que d’entendre, pour seule problématique, le mot désenclavement », a rappelé Arnaud Murgia. Or, c’est bien pour montrer que l’action a désormais pris le pas sur les discours que le PDG de la SNCF a détaillé les grandes lignes du plan de performance ferroviaire lors d’une présentation à la mairie de Briançon.

    Le projet, d’un montant total de 342 millions d’euros, prévoit le renouvellement de 159 km de voie sur la ligne Aix‑en‑Provence–Briançon, le remplacement de 53 aiguillages, la régénération de 108 ouvrages d’art, la réouverture de deux points de croisement, ainsi que la modernisation de la signalisation. Dans les Hautes-Alpes, 40 millions d’euros seront spécifiquement consacrés à la rénovation des gares.

    Concernant l’augmentation de l’offre de trains de nuit, dont la fréquentation est en hausse, Jean Castex a indiqué attendre d’ici la fin de l’année les résultats de l’appel d’offres lancé par l’État. Celui‑ci doit permettre de mettre à disposition de la SNCF de nouvelles locomotives bi‑modes, électriques et diesel, adaptées au réseau ferré alpin, non électrifié entre Veynes et Briançon.

    Dissiper les doutes

    Renaud Muselier a loué l’opportunité que constituent les JO pour le département, estimant que les investissements liés à l’événement permettront de ressusciter une ligne « qui aurait très certainement fermé ». « Si on n’avait pas eu les JO, on n’aurait pas pu avoir ces aménagements structurels profonds pour nos infrastructures ferroviaires, a affirmé le président de Région. Sans ça, on aurait eu que des circulations routières sur le département, qui aurait été encore plus enclavé. »

    La journée a également été l’occasion de répondre aux inquiétudes exprimées par les élus et les usagers. Alerté par Gérard Martinez, maire de Saint-Léger-les-Mélèzes, sur le manque d’effectifs dans certaines gares, Jean Castex a tenu à rappeler que la SNCF est « en phase de création nette d’emplois en 2025 et en 2026 ». Jérôme Rebourg, vice-président de la Fédération nationale des usagers des transports (Fnaut), a lui suggéré de rouvrir les 22 km reliant Digne et Saint-Auban afin de recréer l’ancienne ligne Alpazur, de Nice à Genève, fermée en 1989. « La priorité est de solidifier l’existant, investir pour maintenir et améliorer les lignes qui existent », a répondu Jean Castex, tout en se disant « ouvert » à l’idée d’étudier la réouverture d’anciennes lignes.

  • [Entretien] Robin Prétot : « La population est réfractaire à cet incinérateur »

    [Entretien] Robin Prétot : « La population est réfractaire à cet incinérateur »

    La Marseillaise : Vous avez présenté votre premier budget lors du dernier conseil municipal. Vous dites avoir frôlé la tutelle de la Chambre régionale des comptes.

    Robin Prétot : Quand on est arrivés, on m’a présenté un projet de budget avec deux régies annexes déficitaires. C’est ce qui aurait pu amener le préfet à nous placer sous la tutelle de la Chambre régionale des comptes, pour qu’elle observe l’ensemble du budget de la commune, comme c’est le cas pour la Métropole. Je ne voulais pas qu’on rentre dans ce scénario, qui aurait pu mettre la vie associative istréenne fortement en danger, puisqu’on n’aurait pas voté les subventions avant le mois de juin. Certaines structures n’ont pas la trésorerie pour tenir jusque-là.

    La régie Nexus est-elle abandonnée ?

    R.P. : C’est un équipement qui n’a même pas un an. Il avait pour objectif d’offrir un espace pour les jeux vidéo et réalité virtuelle, sauf qu’il était déjà déficitaire de 246 000 euros et qu’il perdait 50 000 euros par mois. On a abandonné cette régie lors du dernier conseil municipal, car c’était intenable. Ça nous a demandé une subvention de liquidation de 600 000 euros. Ce sont 600 000 euros en moins dans les caisses de la Ville. Les cinq agents vont être reventilés dans les services. Les trois CDD qui arrivent à terme, le 31 mai, ne seront pas renouvelés.

    Que vont devenir les équipements ?

    R.P. : C’est un investissement d’1,8 million d’euros, donc ça fait mal à cœur. Il y a des bancs de gaming avec de gros ordinateurs, ce sont peut-être des choses qu’on peut céder ou qu’on peut mettre aux enchères. On n’exclut pas de garder l’idée originale du Nexus, mais d’en faire une délégation de service public pour la confier à un porteur privé qui a une logique d’équilibre et de recettes, une logique de business.

    La régie du centre équestre du Deven posait aussi problème. Qu’en est-il ?

    R.P. : Elle est aussi déficitaire de 102 000 euros. On veut la conserver, car il y a plus d’usagers et d’agents qui y travaillent et c’est du patrimoine. Mais comment on fait ? C’est un service public industriel et commercial qui, normalement, doit s’équilibrer par lui-même. On a discuté longuement avec les services de l’État pour trouver une solution dans les textes qui permette de voter une subvention d’équilibre de 102 000 euros d’ordre exceptionnelle. Mais il a fallu la justifier sur des motifs très particuliers qui sont valables une fois, mais qui ne le seront pas deux fois. Le sujet va donc se représenter l’année prochaine, on a juste gagné du temps. Il nous reste 8 mois pour s’appuyer sur l’audit RH et l’audit des finances et entamer un vrai plan d’économies internes. On a sauvé 2026, maintenant, il faut préserver 2027. Pour ça, il faut faire des choix courageux. Au Deven, ça va peut-être nécessiter qu’on fasse des coupes ou qu’on augmente les tarifs. On ne peut pas garder une logique de pur service public sur des choses comme ça, qui sont en réalité économiques, industrielles et commerciales.

    Vous avez lancé un audit financier et RH de la Ville. Avez-vous déjà des pistes d’optimisation ?

    R.P. : On en est à la réception des offres des différents cabinets d’audit. On espère avoir les premiers résultats pour juillet. L’idée, ce sera certainement de réguler la masse salariale avec des départs en retraite qui ne seront pas tous remplacés. Je pense qu’il y a aussi des marges à trouver dans le fonctionnement de la commune, qui dépensait beaucoup d’argent. On a, par exemple, 350 voitures dans le parc auto pour une ville de 45 000 habitants. C’est juste lunaire. On peut aussi être plus sobre dans les frais de réception, les festivités… Les petits ruisseaux font les grandes rivières.

    En diminuant la masse salariale (1 600 agents, 67 millions d’euros), ne craignez-vous pas d’attaquer la qualité du service public ?

    R.P. : Je ne suis pas inquiet là-dessus. Je pense qu’il faut revoir le fonctionnement interne, re-flécher les agents sur des missions qui relèvent vraiment du service public. Je préfère avoir des Atsem (agent territorial spécialisé des écoles maternelles) supplémentaires plutôt que des agents qui gèrent un service industriel et commercial comme le Nexus, par exemple. En travaillant bien, on peut garder une qualité de service public de haut niveau avec une masse salariale qui, au fil des années, va se réduire.

    L’enquête publique autour du projet d’incinérateur de Suez, auquel vous vous opposez, a été prolongée. Quelles sont concrètement vos voies de recours ?

    R.P. : Juridiquement, on n’en a aucun. Par contre, on a quelque chose auquel je crois beaucoup : la mobilisation publique, l’acceptabilité sociale, qui est en l’occurrence de zéro. Je veux qu’on transforme cette enquête publique en véritable tribune de la contestation pour que le commissaire, j’espère, rende un avis négatif et puisse influencer la décision à la fois de l’État et du porteur de projet. La population est réfractaire à cet incinérateur, ce n’est ni viable démocratiquement, ni économiquement. C’est presque une affaire de principe dans ce territoire où on a toujours été considérés comme la poubelle des autres. On ne troque pas notre santé, notre qualité de vie, notre qualité de l’air contre quelques avantages énergétiques. On a l’impression que l’histoire se répète et c’est pas possible.

  • La bataille pour les sénatoriales est lancée

    La bataille pour les sénatoriales est lancée

    Les élections sénatoriales ne se dérouleront que le 27 septembre prochain, mais ça s’agite déjà sur l’échiquier politique.

    C’est même le branle-bas de combat à droite et au centre. Après l’annonce de la candidature du président de la Région Sud, Renaud Muselier (Renaissance) pour un siège au Palais du Luxembourg, voilà que c’est la Marseillaise et ministre déléguée à l’Enseignement, Sabrina Roubache, qui envisage d’être candidate. L’information a été révélée par La Tribune Dimanche puis confirmée, ce lundi, par nos confrères de Marsactu.

    De quoi provoquer des remous dans le camp présidentiel. Renaud Muselier avait déjà jugé cette candidature « inamicale ». Il en rajoute une couche en invitant « le Premier ministre et le Président à s’occuper de cette affaire (…). On va voir qui sera ridicule dans cette histoire ». Autant dire que le groupe vit bien… Et, pour ajouter un peu de piquant, la sénatrice sortante Valérie Boyer (Les Républicains) a également annoncé être candidate à sa réélection dans Valeurs Actuelles, ce lundi. Cette dernière développe, sur le site de Public Sénat cette fois, être « ouverte à tout », dont à un accord avec Renaud Muselier. Lequel a d’ailleurs été élu via une large alliance des formations de la droite et du centre, et pourrait reproduire la manœuvre, ou pas. Il ne ferme d’ailleurs pas la porte à Valérie Boyer : « Pour additionner, il faut discuter. »

    Voilà qui contraste avec ses propos vis-à-vis de Sabrina Roubache. Une chose est sûre, c’est que l’Aixoise Brigitte Devésa (UDI) est aussi « candidate à sa réélection avec Renaud Muselier », confie-t-elle, ce mardi. Plus que ça, elle entend ne pas « descendre en dessous de la 4e place » sur la liste à venir. Et pour cause, il n’y a que huit sièges à se partager et, en 2020, la gauche avait raflé trois sièges, la droite trois, le RN avec Stéphane Ravier (il a quitté le RN depuis) et Jean-Noël Guérini (ex-PS) complétant l’affaire. « Ça se bouscule au portillon », résume le sénateur communiste Jérémy Bacchi. Qui s’inquiète : « Mais la multiplication des listes à droite pourrait favoriser l’extrême droite. »

    À gauche, le PCF plaide pour l’union

    Pour l’heure, les forces de gauche ne prennent pas le même chemin que leurs homologues de droite. « En 2020, on a conduit une liste d’union de la gauche entre communistes, socialistes et écologistes, qui a bien marché en faisant élire trois sénateurs de gauche dans le département », campe Jérémy Bacchi, sénateur communiste élu aux côtés de la socialiste Marie-Arlette Carlotti et de l’écologiste Guy Benarroche en 2020.

    Il note positivement que, depuis ce scrutin, il y a eu « une poussée de la gauche avec une augmentation du nombre d’élus à la faveur d’une union des forces de gauche aux municipales ». Ce qui implique donc une hausse du nombre de grands électeurs et conforte par là même les positions à gauche. « À titre personnel, je pense qu’il faut prolonger cette stratégie d’union qui s’est avérée gagnante pour la séquence sénatoriale. » Mais la prudence est de mise, puisque Jérémy Bacchi attend « les discussions souveraines au sein des communistes pour établir la stratégie et la représentation aux sénatoriales », avec une réunion prévue le 27 mai. En tout cas, on pourrait repartir sur le même trio sortant. Mais quid de Mireille Jouve, qui avait remplacé Jean-Noël Guérini, réélu sénateur en 2020 avant d’être déclaré inéligible par la justice ? « Je poursuis ce que j’ai entrepris depuis des années pour soutenir les communes […], je ne m’interdis rien », glisse-t-elle.

    Nul doute que les discussions sont loin d’être terminées pour ce scrutin.

  • Les vice-présidents de l’intercommunalité du Sisteronais-Buëch élus

    Les vice-présidents de l’intercommunalité du Sisteronais-Buëch élus

    Le nouveau président de la communauté de communes, le maire de Sisteron Jean-Pierre Templier (DVD), a à nouveau échoué à faire élire les vice-présidents de son choix. Alors qu’il proposait Maurice Brun, maire de Laragne-Montéglin (Hautes-Alpes), comme deuxième vice-président, c’est Florent Armand, maire de Saint-Pierre-Avez (Hautes-Alpes), qui a été élu à 62% des voix.

    Personne ne s’est présenté face à Véronique Arlaud, première adjointe de Serres (Hautes-Alpes), qui a ainsi été élue troisième vice-présidente à 96% des voix. Bernard Codoul (DVD), qui s’était présenté face à Jean-Pierre Templier pour les municipales, s’est porté candidat pour être quatrième vice-président, mais a échoué face au candidat proposé par le président, Robert Gay, maire de Mison, élu à 62%. Damien Duranceau, maire de Garde-Colombe (Hautes-Alpes), a été élu cinquième vice-président à 91,7% des voix.

    Bernard Codoul s’est à nouveau porté candidat pour être le sixième vice-président, mais a échoué face à Nicole Peloux, élue à Sisteron. Philippe Magnus, maire de Lachau (Drôme), a été élu septième vice-président. L’élection du huitième vice-président a elle été mouvementée, avec trois tours organisés, faute de majorité. C’est finalement Sylvain Jaffre, élu à Sisteron, qui a remporté l’élection devant Gérard Tenoux, vice-président du conseil départemental des Hautes-Alpes.

    Anne Truphème, première adjointe de Laragne-Montéglin (Hautes-Alpes), a été élue neuvième vice-présidente face à Bernard Codoul, à nouveau candidat. Jean-Michel Magnan, maire des Aires, a été élu dixième; Florent Martin, maire d’Upaix (Hautes-Alpes), onzième; Béatrice Allirol, première adjointe de Ribiers (Hautes-Alpes), douzième; et Pascal Lombard, maire de Saléon (Hautes-Alpes) treizième.

  • Grand Avignon : indemnités des élus et garde rapprochée en débat

    Grand Avignon : indemnités des élus et garde rapprochée en débat

    Outre la désignation de certains élus dans les commissions et organismes satellites (notre édition du 30 avril), deux autres points ont animé la séance du conseil communautaire de mercredi, au Grand Avignon. Comme à chaque nouvelle mandature, les indemnités des élus sont fixées. Contrairement au conseil municipal d’Avignon, ce n’est pas leur montant qui a fait réagir, mais l’absence de transparence.

    « Pour plus de clarté, il aurait été intéressant de donner des chiffres et pas des indices de la fonction publique, les personnes extérieures ne comprennent pas », regrette Mouloud Rezouali (Les Écologistes). « Les sommes sont dans les annexes, à isopérimètre de ce qu’il se faisait avant », réplique le président Olivier Galzi (DVD), sans donner le montant. Des annexes qui accordent 5 960 euros bruts au président, 300 euros de moins que maire d’Avignon, un cumul qui ne peut toutefois pas dépasser 8 897,93 euros nets. Les vice-présidents perçoivent 2 170 euros bruts, les autres conseillers 220 euros.

    Second point qui a fait réagir la gauche, la constitution du cabinet d’Olivier Galzi avec 4 collaborateurs contre 3 précédemment. Annick Dubois (PS) s’en est émue, interrogeant sur « le coût pour la collectivité » alors qu’en interne les compétences des agents sont déjà « précieuses ». « La loi nous autorise 5 collaborateurs, ce n’est pas un choix de défiance, mais des sujets structurants méritent un pilotage politique comme la LEO », justifie Olivier Galzi. Si Romain Lautier, son directeur de campagne, a été nommé chef de cabinet, le recrutement d’un directeur de cabinet est en cours. Tout comme en mairie où Christophe Madalle, venu pour ce poste, a depuis été nommé directeur général des services. F.C.

  • [Entretien] Emmanuel Maurel : « Une volonté de détruire l’audiovisuel public »

    [Entretien] Emmanuel Maurel : « Une volonté de détruire l’audiovisuel public »

    L’Assemblée nationale publie ce mardi matin le rapport du député ciottiste Charles Alloncle rédigé à l’issue des six mois d’une commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public décriée. Le document de 400 pages a été adopté la semaine dernière de justesse, par 12 voix contre dix, et huit abstentions. Il contient les 80 recommandations de l’élu d’extrême droite qui relayent les obsessions de son clan d’une cure d’austérité de France Télévisions, la soumission des journalistes à une prétendue « neutralité ». Démanteler pour mieux privatiser, résume le député GRS Emmanuel Maurel.

    La Marseillaise : Le rapport sur l’audiovisuel public de Charles Alloncle est rendu public ce lundi. Vous étiez contre sa publication ?

    Emmanuel Maurel : J’étais surtout opposé au rapport sur le fond. C’est un rapport assez médiocre, avec beaucoup d’approximations, d’insinuations et des préconisations que je conteste absolument. Le fait qu’il soit publié, il n’y a pas de problème à ce niveau-là, de toute façon les auditions menées étaient publiques. Je ne suis pas un censeur dans l’âme. C’est le fond que je conteste.

    Sur les 80 préconisations du député ciottiste laquelle vous alerte particulièrement ?

    E.M. : Mon désaccord principal, c’est la volonté du rapporteur d’économiser 1 milliard d’euros sur le budget de l’audiovisuel public notamment par une série de fusions ou de suppressions qui aboutissent à ce résultat. C’est clairement une volonté d’affaiblir, de démanteler, voire de détruire l’audiovisuel public. Je suis en désaccord total avec ça. C’est un rapport qui n’a pas beaucoup de hauteur de vue parce que l’audiovisuel public participe largement à la création audiovisuelle et cinématographique en France. C’est un secteur qui, en réalité, est bénéfique économiquement pour le pays.

    Jordan Bardella a annoncé que s’il arrivait au pouvoir, il privatiserait l’audiovisuel public. Si ce n’est pas écrit dans le rapport, c’est l’objectif à terme de l’extrême droite ?

    E.M. : Je crois surtout que Charles Alloncle a mis en place une entreprise de dénigrement de l’audiovisuel public, en inventant des histoires, en montant en épingle des faits qui sont complètement dérisoires pour préparer le terrain. Et ce, dans le but de mettre en place ce que veut Bardella et sûrement ses amis, y compris économiques. Il est évident que le groupe Bolloré a eu une influence dans cette affaire. L’idée à terme est de démanteler et de vendre l’audiovisuel public à la découpe, c’est ce qu’ont démontré ces six mois d’auditions. Des questions légitimes se posent sur l’audiovisuel public, ce qui est normal après tout. Ces vrais enjeux qui sont de savoir comment on adapte la télévision au tout numérique, comment on fait face à l’intelligence artificielle, comment l’audiovisuel public se défend face à l’hégémonie des Gafam, des plateformes américaines, ont été passés sous silence au profit de ragots.

    Que contient la contribution que vous avez apportée à ce document ?

    E.M. : Dans la première partie de ma contribution, j’expose les intentions de Charles Alloncle qui voulait démontrer que l’audiovisuel public n’était pas impartial, n’était pas neutre. En réalité, sa démonstration est très faible voire inexistante. Il y a des pages et des pages de ragots qui n’aboutissent à pas grand-chose. La deuxième partie est une démonstration assez rigoureuse sur pourquoi couper un milliard d’euros dans l’audiovisuel public, c’est une folie aussi bien en matière d’exception culturelle que de conséquences économiques et industrielles. Puis, la troisième partie contient un certain nombre de préconisations qui posent notamment la question importante du recours croissant à l’externalisation, c’est-à-dire faire appel à des sociétés privées pour réaliser des émissions de débat. Il y a aussi quelques mesures pour essayer de faire en sorte que France Télévisions, notamment, soit à la hauteur des enjeux du numérique.

    L’association AC !! Anticorruption a déposé samedi plainte contre X pour prise illégale d’intérêts et trafic d’influence, visant Charles Alloncle et la direction de Lagardère News.

    E.M. : Il est évident que M. Alloncle a un agenda politique qui coïncide avec celui du groupe Bolloré. Ça, tout le monde le sait, il suffisait de regarder les auditions pour s’en rendre compte. C’était, d’une certaine façon, transparent. On verra ce que donnera cette plainte.

    Cette commission d’enquête parlementaire instaure un précédent ?

    E.M. : C’était une tonalité très inquisitoriale et en même temps une stratégie de victimisation permanence. M. Alloncle, après avoir posé des questions très agressives, se plaint d’être malmené, critiqué. C’est pour ça que j’avais eu cette formule qui ne lui avait pas plu, en lui disant : « Vous commencez en Torquemada et vous finissez systématiquement en Calimero. » Je suis surtout déçu. Le rapport n’est vraiment pas bon. C’est vraiment une occasion manquée. On verra ce que ça donnera après sa publication mais ça en dit long sur les intentions de l’extrême droite.

  • [Entretien] Elsie Nicolas : « Si on est honnête dans ce qu’on fait, ça marche bien »

    [Entretien] Elsie Nicolas : « Si on est honnête dans ce qu’on fait, ça marche bien »

    La Marseillaise : En parallèle de votre engagement politique, vous êtes infirmière de formation. Exercez-vous toujours ?

    Elsie Nicolas : Je suis infirmière de métier depuis 2008, d’abord en milieu hospitalier. En 2023, j’ai fait un changement, je suis venue à Saint-Bonnet dans ce qu’on appelle une CPTS, une communauté professionnelle territoriale de santé. Je suis chargée de mission sur de la santé publique. On travaille sur les parcours de soins des patients, on fait beaucoup de prévention, on a aussi un volet sport-santé. On aide les professionnels libéraux des territoires pour organiser au mieux leur travail.

    En tant que maire, avez-vous donc une sensibilité particulière à ce secteur public en souffrance ?

    E.N. : Oui, même si ce n’est pas mon premier mandat, puisque j’ai été avant conseillère et adjointe, notamment sur la communauté de communes. Ce lien que j’ai avec la santé et cette connaissance du territoire, c’était pour moi aussi une façon de relayer la parole de mon milieu et de pouvoir donner mon sentiment et apporter ma voix, en tant qu’élue, mais aussi en tant que professionnelle. Je ne me proclame pas porte-parole de tout le monde dans mon secteur, mais disons que ça permet de sensibiliser un peu plus les élus qui ne sont pas du tout du milieu, de leur faire comprendre ce que ressent chaque professionnel, parce qu’on a toujours nos points de vue à nous, mais quand on ne se met pas à la place des autres, c’est parfois difficile de comprendre pourquoi ça ne va pas.

    Les Hautes-Alpes présentent un certain paradoxe : il y a beaucoup de médecins, mais mal répartis.

    E.N. : Oui, nous sommes un milieu rural avec un grand territoire, mais une population qui est minime par rapport à celui-ci, puisqu’on n’est que 140 000 habitants. D’autres régions sont bien plus densément peuplées. On était parfois, je dirais… pas les personnes oubliées, mais au vu du peu d’habitants, on avait moins de moyens. Maintenant, ça commence à changer. On a aussi le problème de la distance. Certains départements ont beaucoup d’agglomérations, un professionnel de santé n’a pas beaucoup de distance à y faire. À Chabottes, on a un professionnel qui vient de s’installer en libéral, mais il est conscient qu’il va avoir aussi un vaste territoire à couvrir, de route à faire pour avoir une patientèle et pouvoir survivre. Ce sont des choses qui freinent un peu l’installation des personnes. C’est pourquoi dans mon travail, au CPTS, nous essayons de promouvoir notre territoire et d’aider au maximum à l’installation. Maintenant, sur notre garde, le Champsaur-Valgaudemar, on est assez bien lotis, on a pas mal de médecins, on a trois maisons de santé pluriprofessionnelles, deux cabinets médicaux de montagnes, beaucoup d’infirmières, de kinés… Mais la situation est assez variée sur les Hautes-Alpes, d’autres endroits, comme le Buech-Dévoluy, sont en manque de professionnels, parce qu’ils ont autant de population, mais un territoire plus vaste.

    Parvenez-vous à concilier cette activité avec la charge de maire ?

    E.N. : Oui, même si j’ai diminué mon temps de travail à la CPTS parce que sinon, ça ne marchait pas. Et j’ai aussi une vie de famille, j’ai deux enfants, je suis maman et je suis veuve. Donc, je ne peux pas non plus compter sur mon mari le soir pour s’occuper des enfants. J’ai fait ce choix-là parce que je voulais vraiment m’impliquer dans la mairie. Pour le moment, ça se passe plutôt bien. L’installation au poste de maire est toujours compliquée parce qu’il y a beaucoup de sollicitations des différents acteurs, des personnes du village aussi, qui veulent se présenter… Petit à petit, je pourrai avoir un peu plus un rythme de croisière et une meilleure organisation.

    Ensuite, pour la conciliation de deux postes, j’arrive assez bien à faire la différence, à être objective dans mes décisions. Quand je suis au travail, il m’arrive de prévenir à haute-voix : « Attention, là je vais vous parler en tant qu’élue parce que j’ai cette expérience-là ». Ce qui permet de mettre des barrières là où elles ont besoin d’être. Mais, si on dit les choses et si on est honnête dans ce qu’on fait, ça marche bien. Il faut garder ce côté impartial, éviter les conflits d’intérêts. Déjà, lorsque j’étais à la Communauté de communes, je n’ai jamais travaillé sur des dossiers qui concernaient la CPTS car elle la subventionne. Et je me suis toujours retirée des votes pour être hors de décision et ne pas avoir de conflit d’intérêts, ce qui est normal. Je peux apporter mon expérience, mais il faut savoir se dégager de ce genre de projet quand on sait qu’on peut avoir un intérêt de quelque manière que ce soit.

  • À Vitrolles, un premier budget de mandat sous la contrainte

    À Vitrolles, un premier budget de mandat sous la contrainte

    « C’est un budget de transition », estime l’adjoint aux finances, Didier Saura. Vitrolles a voté un budget empreint d’incertitudes, jeudi, à l’aune d’« un nouveau cycle d’investissements et de décisions qui ne dépendent pas de nous », a expliqué l’élu, évoquant « 1,4 million d’euros de contraintes nouvelles en une seule année ».

    Pour autant, la majorité du maire (PS), Loïc Gachon, parvient à présenter un budget de 123 millions d’euros, dont 92 millions consacrés au fonctionnement et 31 millions à l’investissement.

    Le rapporteur du budget insiste sur « la réalité humaine » derrière les 52 millions d’euros de masse salariale, en baisse de 1%, mais représentant 66,8% des dépenses. « Il y a des agents municipaux derrière le fonctionnement quotidien de la Ville, des services rendus aux habitants et une présence publique dans les quartiers », souligne Didier Saura, mais aussi « un effort réel de maîtrise malgré les hausses de cotisations ».

    « Des services qu’aucune autre ville ne propose »

    « On ne peut pas parler de masse salariale sans parler de service public », confirme l’adjoint, Michel Piquet (MoDem). « Lorsque La Poste a fermé le bureau du village, la Ville a ouvert une agence. Les enfants bénéficient de l’accueil du matin et du soir et la Ville a fait le choix d’un agent d’école maternelle par classe quand la réglementation ne prévoit qu’un poste par école », liste l’élu.

    Même son de cloche pour l’adjoint PCF, Malik Mersali : « Un ménage avec deux enfants, soit 50% des ménages vitrollais, bénéficie de services qu’aucune autre commune ne propose, comme les plus de 500 places de crèche, des garderies périscolaires et des activités éducatives au conservatoire.  L’adjointe Isabelle Rovarino (PS) rappelle que « c’est grâce à cette gestion rigoureuse et la volonté d’assurer un service public de qualité que Vitrolles tient le cap », dans le brouillard budgétaire de l’État.

  • À Martigues, la majorité fait le choix de la résistance budgétaire

    À Martigues, la majorité fait le choix de la résistance budgétaire

    « Notre budget est fidèle aux engagements pour lesquels nous avons été élus, ce n’était pas des intentions », lance le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux, à son opposition lors du conseil municipal du 30 avril.

    La séance budgétaire a été marquée par la présentation du budget primitif 2026 par le 1er adjoint (SE), Henri Cambessédès. Le projet affiche un équilibre à 192 millions d’euros de dépenses et de recettes, dont 161 millions dédiés au fonctionnement et 30 millions à l’investissement. Parmi les évolutions notables figurent une hausse de 2% des recettes de fonctionnement par rapport à 2025, ainsi qu’une « baisse de 19,3% des compensations de l’état pour les exonérations de taxes sur les locaux industriels », a précisé l’adjoint, soit un manque à gagner d’environ un million d’euros.

    Autre point abordé : la masse salariale, en augmentation de 1,92%. Celle-ci s’explique principalement par « la hausse des cotisations retraite d’1,13 million d’euros et la tenue des élections municipales, car on mobilise les personnels pour la démocratie », rapporte l’adjoint.

    C’est sur l’investissement que l’opposition a concentré ses remarques. 23 millions d’euros sont mobilisés. Principalement pour la reconstruction du pont de Lareraille, à Carro pour plus d’1 million d’euros, pour l’extension à 600 000 euros des locaux de la piste d’athlétisme au parc Julien-Olive, et pour la poursuite du programme de mise en accessibilité à 800 000 euros. Les écoles bénéficient également d’un million d’euros, destiné aux rénovations et à la création d’îlots de fraîcheur.

    Mais Jean-Luc Di Maria (DVD) n’est pas convaincu : « Les montants sont là et les annonces sont nombreuses, mais quel est le cap ? Cela fait 37 000 euros par établissement, mais pour rénover, mettre aux normes, ou déguiser de l’entretien en investissement ? » se demande l’élu. À l’extrême droite, le double discours d’Emmanuel Fouquart (RN), lui, relève « un bon budget éloigné de l’effet ciseau », mais pointe aussi « la baisse de l’investissement net, passé de 20 millions d’euros à 15 cette année ».

    « Subir ou résister »

    La réponse est unanime. « Le budget est fidèle à notre trajectoire politique », souligne l’adjoint Gilles Picard (PCF). « La fraîcheur des écoles montre notre volonté de justice sociale et environnementale », abonde l’adjoint. Saoussen Boussahel (PS) insiste sur le fait que « ce budget est élaboré dans un cadre contraint. Entre subir ou résister, nous avons choisi le service public fort, le bouclier martégal ».

    Le maire relève « un seul point d’accord » avec son opposition. « Oui, un budget traduit une vision et des choix politiques. Derrière les chiffres, la réalité : des écoles entretenues, modernisées, comme les équipements sportifs aussi rendus accessibles, des espaces publics entretenus et un service municipal présent au quotidien. Bref, tout ce qui contribue à l’amélioration de la qualité de vie », argumente l’édile. Le budget a été adopté sans les voix de l’opposition.

  • Gardanne : Sabrina Roubache en visite au lycée de l’étoile

    Gardanne : Sabrina Roubache en visite au lycée de l’étoile

    Dernière étape de la visite de la ministre déléguée Sabrina Roubache, ce lundi : la section professionnelle du lycée Fourcade de Gardanne, site du lycée de l’Étoile. Celui-ci regroupe plus de 300 élèves contre 1950 sur la totalité du site. Après ses visites à Istres et Salon-de-Provence, Sabrina Roubache a rencontré les équipes pédagogiques avant d’échanger avec les élèves en formation dans les services d’aide à la personne.

    Une problématique bien spécifique a été portée à sa connaissance par le proviseur, Jean-Paul Peyrache. Il y a 9 ans, le lycée professionnel de l’étoile a été rattaché au lycée général et technologique (LGT) de Fourcade. « Une fusion qui demeure insatisfaisante à ce jour. Les professionnels que nous sommes ont su s’adapter. Mais, là ou l’école doit œuvrer à la mixité sociale et l’intégration, nos élèves de la Section d’enseignement professionnel (SEP) vivent leur scolarité à un kilomètre de leurs camarades du LGT », a expliqué le proviseur. Il a aussi rappelé que « le LGT affiche un IPS [indice de position sociale] de 126,8, quand celui de la SEP est de 92,3, soit 34 points de moins. Quand le recrutement des filières générale et technologique s’effectue à 75% sur un secteur résidentiel privilégié, celui de la SEP a le même taux sur des quartiers marseillais défavorisés et éloignés. Ce qui pourrait n’être qu’un constat classique des différences habituelles entre enseignement pro, général et technologique, prend une dimension bien plus stigmatisante dans ce lycée ». Une seule solution pour Jean-Paul Peyrache : implanter l’étoile sur le site du lycée général et technologique. Le foncier, selon lui, est disponible.

    « La voie pro attire »

    « Vous avez une ministre qui a été choisie par le président pour reprendre ce portefeuille qui, depuis 2024, n’existait plus trop, rappelle Sabrina Roubache. Je suis venue vous voir pas seulement pour visiter, mais pour prendre votre dossier, travailler et vous apporter le maximum de solutions. » La ministre a précisé que, sur ce dossier, « ce qu’on nous demande, c’est d’avoir quelque chose qui ressemble plus à une cité scolaire, plutôt que deux pans de formation qui ne se croisent pas. C’est un problème de bâti, de structure, de foncier ».

    Ce point local abordé, la ministre a élargi les échanges aux enjeux plus globaux de la voie professionnelle, qu’elle affirme toujours attractive. Et rappelle que « 650 000 lycéens professionnels représentent un tiers des lycéens ». En apprentissage, les apprentis seraient passés de 300 000 en 2017 à un million à ce jour. « Que la voie professionnelle n’attire pas, ce n’est pas vrai », assure la ministre, qui souhaite « déployer les internats, donner des possibilités d’hébergement aux familles pour que chaque enfant qui a envie de faire une formation [puisse la faire] ».

    Elle réitère son projet de « réforme de carte des formations professionnelles » articulée autour d’une question : « Comment créer, dans des bassins d’emploi, notamment chez nous avec Gardanne, Istres, Fos et Berre, des formations qui vont donner d’ici 2030 entre 6 000 et 10 000 emplois ? » Et assure, sur les baisses des aides aux entreprises pour le recrutement en alternance : « Il n’y a pas de baisse drastique, il y a un réajustement à la maille, mais c’est une politique qui a démarré il y a 9 ans. »