Category: politique

  • Un congrès pour un « communisme de conquêtes »

    Un congrès pour un « communisme de conquêtes »

    Le XLe du PCF est lancé. Après une phase d’élaboration par la commission élue à cet effet, le texte « Un communisme de conquêtes » a été présenté au conseil national samedi avant d’être adopté ce dimanche à 77% des suffrages exprimés (74 pour, 22 contre, 9 abstensions).

    Dans un monde déchiré par les guerres et dans une France en crise aussi bien politique qu’économique, le texte prend le parti de la paix, des coopérations internationales, d’une République refondée et du travail. Il prolonge le travail du « Plan climat empreinte 2050 » présenté par le PCF pour répondre à l’urgence climatique et à l’effondrement du vivant tout en créant les conditions d’une nouvelle industrialisation. Il propose également de relever le « défi du socialisme au XXIe siècle », en défendant un « socialisme aux couleurs de la France » vu comme un « processus » vers une « visée révolutionnaire, le communisme ».

    «  Avec le peuple et pour le peuple »

    Considérant par ailleurs, qu’il n’y a « pas de fatalité », à la victoire de l’extrême droite en 2027, le projet de base commune affirme que « les communistes veulent consacrer toute leur énergie à permettre une autre issue : des jours heureux pour la France ». « Le PCF veut incarner cet espoir, avec sincérité, avec honnêteté, avec un projet construit avec les citoyens, avec le monde du travail, avec la jeunesse. Il veut le faire avec le peuple et pour le peuple », détaille le projet de base commune.

    Un moment important pour présenter la perspective d’ « une société des biens communs, de l’émancipation et du développement des capacités humaines ».

    À la suite de la présentation du texte, des voix critiques se sont élevées pour déplorer un travail insuffisant sur le concept de socialisme, une prise en compte trop anecdotique des luttes féminismes, du monde de la création ou encore de l’enjeu climatique. Des membres de la commission économique du PCF ont aussi pointé des « manques » dans le texte à propos de l’analyse de la situation et des propositions économiques.

    Après une nuit passée à incorporer des amendements, la commission présidée par Léon Deffontaines a présenté une version corrigée et enrichie qui a permis de réunir une large majorité des suffrages exprimés.

    Plusieurs intervenants ont néanmoins regretté que des « textes alternatifs » circulent avant même l’adoption du projet de base commune par le conseil national, en contradiction avec l’esprit des règles de vie commune du PCF.

  • Les communistes tirent les enseignements des municipales

    Les communistes tirent les enseignements des municipales

    Une semaine après le second tour des élections municipales, les membres du conseil national du PCF étaient réunis sous la coupole de la place du colonel Fabien pour faire l’analyse des résultats et adopter le projet de base commune de discussion en vue du congrès qui aura lieu à Lille en juillet (lire ci-dessous).

    Réélu dès le premier tour maire de Saint-Amand-les-Eaux, Fabien Roussel, a ouvert la session en remerciant et en félicitant les militants communistes : « Vous avez su convaincre, animer, rassembler. C’est à vous que nous devons nos victoires ! Ce sont désormais des centaines de maires et des milliers d’élu·es communistes et apparentés qui vont pouvoir agir au service des Français·es, des services publics, de la démocratie locale, de la justice sociale et climatique. »

    Dans son rapport, Pierre Lacaze, responsable national en charge des élections, souligne que « le PCF s’en tire bien selon ceux qui avaient préparé leurs analyses ou graphiques sur sa disparition. Au lieu de cela, plus de la moitié des maires communistes ont été élus ou réélus au premier tour ».

    Il se félicite notamment des victoires importantes obtenues dans le sud de la France : « À Nîmes, nous gagnons une ville de 150 000 habitants, ce n’était pas arrivé depuis 25 ans. Après la formidable victoire de Vincent Bouget, il va également gouverner la Métropole. Nous regagnons aussi Aubagne, ville de 47 000 habitants avec un apparenté, Jean-Pierre Squillari. » Le dirigeant communiste se réjouit également de la victoire à Amiens d’une équipe d’union de la gauche qui devrait permettre à Léon Deffontaines, porte-parole du PCF, de devenir président délégué de la Métropole.

    Le PCF demeure la deuxième force de gauche du pays par son implantation municipale.

    Néanmoins, pour Pierre Lacaze, « ces victoires ne masquent pas l’avancée du RN ». Par ailleurs, pour lui, « les plus lourdes difficultés à gauche sont liées à la perte de grandes villes et de métropoles par les écologistes ou le PS ».

    Il relève une situation contrastée s’agissant de la FI qui « ne gagne de communes que sur la gauche, 3 sur les communistes 4 sur les socialistes et perd les 3 villes qu’elle avait gagnées en 2020 ».

    Pour Fabien Roussel, la situation à Vénissieux où une liste insoumise bat de 25 voix la municipalité communiste sortante, est choquante. « Des députés LFI, élus avec notre soutien dans le cadre du Nouveau front populaire, attaquent nos mairies ensuite, c’est inadmissible, il y a un minimum de code d’honneur en politique », s’indigne-t-il.

    Bilan positif

    En revanche, les nouvelles sont réjouissantes pour les communistes dans les Bouches-du-Rhône. Jérémy Bacchi, sénateur et secrétaire départemental, dresse un bilan positif de la séquence : maintien des municipalités en place, gain d’Aubagne, place renforcée dans les majorités de gauche comme à Marseille. « Nous augmentons de 25% le nombre des élus communistes et apparentés dans le département », annonce-t-il sous les applaudissements de ses camarades.

    À l’issue des débats, le conseil national a adopté à l’unanimité la représentation de chaque fédération pour le congrès qui se tiendra à Lille début juillet : 3 délégués par fédération plus 1 par tranche de 100 cotisants entamée et a élu la commission des candidatures et la délégation du PCF au congrès du Parti de la gauche européenne organisé à Bruxelles mi-avril.

  • Benoît Payan officiellement réélu maire de Marseille avec l’ensemble des voix de la majorité

    Benoît Payan officiellement réélu maire de Marseille avec l’ensemble des voix de la majorité

    C’est sans surprise que ce samedi, lors du conseil d’installation, les nouveaux conseillers municipaux de Marseille ont officiellement élu Benoît Payan (DVG), maire de Marseille. Il a été élu avec 73 voix, soit l’ensemble des suffrages de la liste d’union de gauche, contre 38 bulletins nuls ou blancs. Le conseil a également tranché sur le nombre d’adjoints au maire. Leur élection a eu lieu dans la foulée.

    Sur les 111 votants :

    – 38 bulletins blancs ou nuls

    – 73 suffrages exprimés

    – 73 suffrages pour Benoît Payan

    Les adjoints :

    1ère Adjointe : Michèle RUBIROLA

    2ème Adjoint : Joël CANICAVE

    3ème Adjointe, maire adjointe : Samia GHALI

    4ème Adjoint : Amine KESSACI

    5ème Adjointe : Audrey GARINO

    6ème Adjoint : Arnaud DROUOT

    7ème Adjointe: Pascaline LECORCHE

    8ème Adjoint : Pierre HUGUET

    9ème Adjointe : Hanifa TAGUELMINT

    10ème Adjoint : Eric MERY

    11ème Adjointe : Nassera BENMARNIA

    12ème Adjoint : Hervé MENCHON

    13ème Adjointe : Marie BATOUX

    14ème Adjoint : Julien HAROUNYAN

    15ème Adjointe : Audrey GATIAN

    16ème Adjoint : Pierre Marie GANOZZI

    17ème Adjointe : Perrine PRIGENT

    18ème Adjoint : Anthony GONCALVES

    19ème Adjointe : Josette FURACE

    20ème Adjoint : Karim TOUCHE

    21ème Adjointe : Capucine EDOU

    22ème Adjoint : Gwenael RICHEROLLE

    23ème Adjointe : Chahidati SOILIHI

    24ème Adjoint : Hassan GUENFICI

    25ème Adjointe : Sophie GUERARD

    26ème Adjoint : Yoan LEVY

    27ème Adjointe : Clara JABOULAY

    28ème Adjoint : Ahmed HEDDADI

    29ème Adjointe : Nathalie TESSIER

    30ème Adjoint : Hedi RAMDANE

    31ème Adjointe : Rebecca BERNARDI

    32ème Adjoint : Yannick OHANESSIAN

    33ème Adjointe : Juliette MASSON

    Les résultats :

    109 votants

    2 procurations

    73 suffrages exprimés

    36 bulletins nuls ou blancs

    Majorité absolue : 55

    Nombre de suffrages obtenus : 73

  • Olivier Galzi officiellement élu maire d’Avignon

    Olivier Galzi officiellement élu maire d’Avignon

    À Avignon, Olivier Galzi est officiellement installé maire. L’ex candidat DVD a recueilli 36 voix contre 5 pour Anne-Sophie Rigault (RN). Les dix élus de gauche, « par esprit républicain », n’avaient pas présenté de candidat. On dénombre également 10 bulletins blancs et 2 nuls.

  • Vincent Bouget officiellement élu maire de Nîmes

    Vincent Bouget officiellement élu maire de Nîmes

    Vendredi 27 mars au soir, le Palais des Congrès de Nîmes avait des allures de nuit électorale qui refuse de retomber. Plus de 700 personnes, jauge dépassée, une file encore à l’extérieur : beaucoup voulaient voir la bascule, toucher du regard ce moment républicain où une ville change de cap. Dans la salle, des applaudissements qui montent au rythme de l’appel, des regards qui se croisent, des élus installés, et un public serré comme pour ne rien perdre de l’instant.Les chefs de file de l’opposition ouvrent la séquence, chacun posant sa ligne. Julien Plantier (DVD) ouvre le bal des prises de parole dans le ton de l’opposition « responsable ». « Pas une opposition de tribune mais de terrain, fondée sur le bon sens », promet-il, se posant « force d’équilibre, exigeant sur les résultats ». Et il conclut : « Aujourd’hui nous sommes dans l’opposition, demain nous serons l’alternative. » Franck Proust (LR), dernier premier adjoint de Jean-Paul Fournier, se veut plus institutionnel : « ni obstruction systématique, ni acceptation de principe », au nom d’une démocratie locale « avec sérieux, clarté et responsabilité. » Puis vient Julien Sanchez (RN), et la trêve républicaine se fissure. Le candidat d’extrême-droite revendique le score historique de son camp, puis fustige Proust, Plantier et la fusion : « Tout le monde sait maintenant que Nîmes a la droite la plus bête du monde », lâche-t-il à deux reprises. Il les accuse d’avoir « offert Nîmes aux communistes », et poursuit en leur demandant de quitter la vie politique « pour laisser la place à des gens plus courageux. » L’attaque ad personam se conclut : « N’ayant hélas que peu d’honneur, ils resteront sans doute ici dans leur petit groupe de trois, ce qui est encore trop pour eux. » Hébétement général, puis les rires jaunes et les huées. Il enchaîne en annonçant avoir déposé son recours (mail du Paloma, tracts, illégalités présumées), puis prévient : une opposition « vigilante, procédurière, dénonçant des promesses non chiffrées », et promettant de « ne rien laisser passer. »

    Une écharpe remplie de promesses

    La salle est tendue, mais le dépouillement, lui, ramène tout le monde au réel. Silence épais, puis verdict sans surprise mais lourd de symbole : Vincent Bouget est élu maire avec 42 voix, correspondant à sa majorité. Sanchez en obtient 11, cinq bulletins blancs ou nuls, et une voix se perd même sur le nom de Proust, qui n’était pas candidat. Alors, l’émotion prend la place des chiffres : Amal Couvreur s’avance et remet l’écharpe tricolore au nouveau maire, accolade, applaudissements. Une image de passation, et de promesse.Dans son discours, Vincent Bouget cherche tout de suite la hauteur : « Nîmes, c’est une histoire qui oblige. » Il convoque une ville « d’industrie, populaire, ingénieuse, une ville méditerranéenne faite de diversité et de combats ». Et il fixe sa boussole : « Je ne serai pas le maire d’un clan ou d’un parti. Je serai le maire de toutes les Nîmoises et de tous les Nîmois. » À ceux qui ont voté ailleurs, et aux 40 000 abstentionnistes, il tend la main et prend un engagement public : rester proche, rester à l’écoute, et accepter d’être « rappelé à la promesse » si le pouvoir éloigne.

    Tout de suite, le travail

    Le nouveau maire enchaîne ensuite avec son premier conseil municipal. La majorité installe sa charpente : création de 22 postes d’adjoints (lire la liste ci-dessous), dont cinq chargés spécifiquement des quartiers. Une seule liste est proposée, menée par Amal Couvreur, puis adoptée par les 42 élus de « Nîmes en commun ». Les écharpes se succèdent, les félicitations aussi. Dans les votes procéduraux (indemnités, délibérations de début de mandat), les élus RN s’abstiennent systématiquement, marquant d’emblée une opposition qui refuse de valider, mais ne vote pas contre.

    Quand la séance est levée, la politique reprend son visage le plus simple : des accolades, un buffet, des discussions avec les citoyens restés jusqu’au bout. Un premier conseil municipal ne change pas une ville. Mais celui-ci a acté, devant une foule compacte, une chose rare : une alternance qui se fait en public, sous contrôle populaire, et avec une majorité qui veut prouver, rapidement, qu’elle n’a pas seulement gagné : qu’elle sait désormais gouverner.

    Axel Jolidon

    Les adjoints

    1. Amal Couvreur

    2. Pierre Jaumain

    3. Sibylle Jannekeyn

    4. Bruno Ferrier

    5. Soukaina Benjaafar

    6. Denis Lanoy

    7. Marianne Bernède

    8. François Séguy

    9. Corinne Giacometti

    10. Colin Gril

    11. Sylvette Fayet

    12. Nicolas Nadal

    13. Cécile Jourdan

    14. Pierre-Edouard Détrez

    15. Jo Menut

    16. Laurent Mespoulet

    17. Sabine Oromi

    18. Gilles Guillaud

    19. Maya Amer-Moussa

    20. Emmanuel Bois

    21. Catherine Fénech

    22. Jean-Yves Chabanel

    Les conseillers municipaux de la majorité

    Dimitri Pialat, Sonia Benkirat, Dominique Nuti, Agnès Charaix‑Py, Nicolas Cadène, Christian Bastid, Chloé Ridel, Janie Arnéguy, Jullien Pacioni, Olivier Bénézet, Nadia Goudard, Houria Chaïda, Fanny Daguenet, Laurent Bastide, Christine Pralong, Sylvain Meyre, Pascale Seguin, Julien Roussel, Dominique Andrieu‑Bonnet

  • Dans l’Hérault, la gauche perd des communes et des certitudes

    Dans l’Hérault, la gauche perd des communes et des certitudes

    Cent mille. Selon le politologue Emmanuel Négrier, la gauche a perdu dans l’Hérault l’équivalent de 100 000 habitants. En dépit des affaires (Sète, Agde) ou d’une gestion hasardeuse de la droite (Castelnau-le-Lez, Lunel) ou de l’extrême droite (Béziers), la gauche dans son ensemble a échoué à conquérir de nouvelles villes. Aucune commune majeure qui était dirigée par la droite n’a basculé dans le camp progressiste dans l’Hérault.

    En revanche, quel que soit le parti, la gauche a rendu les clefs de plusieurs mairies. La France insoumise n’a pas seulement échoué partout où elle se présentait seule (Montpellier, Lunel, Lodève…), elle a aussi perdu la seule commune qu’elle dirigeait dans l’Hérault. À Grabels, si René Revol gérait une équipe divers gauche, n’est-ce pas sa proximité avec Jean-Luc Mélenchon qui a été sanctionnée ? À Lodève, c’est le PS qui a failli. Avec une maire
    -Gaëlle Levêque-qui ne se représentait pas et une candidate qui voulait rompre avec une partie du bilan, l’équation était bancale bien que soutenue par la présidente de la Région Carole Delga. Elle s’est avérée complexifiée par le refus d’une entente avec l’ancien député LFI Sébastien Rome. Résultat : la sous-préfecture repasse à droite avec Claude Laateb.

    D’autres villes d’importance jusqu’ici gérées par une majorité divers gauche composite ont basculé. On peut citer Mauguio où l’héritier désigné d’Yvon Bourrel a été balayé dès le 1er tour au profit de Pierre-Martin Chazot (LR) ou Saint-Jean de Védas où le décès soudain du maire François Rio fin décembre a débouché sur 7 candidatures et la victoire de Patrick Hivin, proche d’Édouard Philippe (Horizons). Enfin, comment ne pas évoquer la surprenante défaite de Véronique Négret (union de la gauche) à Villeneuve-lès-Maguelone, en dépit d’une droite divisée.

    Des communes conservées

    La gauche a tout de même conservé plusieurs de ses fiefs notamment les deux plus importants : Montpellier et Frontignan. Dans la capitale régionale, Michaël Delafosse aura sans doute une opposition acharnée avec LFI et les colistiers d’Altrad. Mais, fort de son succès, il aura les mains libres pour suivre son « cap » pour Montpellier et sa Métropole. Malgré l’élection de 13 nouveaux édiles sur 31, M. Delafosse qui sera réélu maire samedi 28 mars (10h) par le conseil municipal devrait aisément conserver la présidence de l’intercommunalité où plusieurs socialistes (Renaud Calvat à Jacou, Eric Penso à Clapiers, Yvon Pellet à Saint-Geniès-des-Mourgues…) ou soutiens (Cyril Meunier à Lattes, Michelle Cassar à Pignan, Florence Brau à Prades-le-Lez…) ont été reconduits. En revanche, avec la réélection d’Hervé Marquès à Sète, le PS va devoir convaincre des maires du bassin de Thau pour faire fructifier la réélection de Michel Arrouy (PS) à Frontignan afin que Loïc Linarès (PS) conserve la présidence de l’Agglo de Sète.

    Très affaiblie dans le Biterrois, la gauche reste bien implantée dans la plaine héraultaise. La réélection dès le 1er tour du socialiste Armand Rivière à Pézenas en est le symbole. Celui-ci pourrait d’ailleurs briguer la présidence de l’Agglo Hérault Méditerranée qui risque de tomber dans les griffes du RN avec la victoire d’A. Lopez-Liguori à Agde. Au-delà, ces municipales auront des conséquences politiques. La gauche pourra-t-elle conserver ses 3 sièges (Hussein Bourgi PS, Henri Cabanel* DVG, et Christian Bilhac PRG) au Palais du Luxembourg aux Sénatoriales de septembre ? Au moins l’un deux pourrait être fragilisé, l’extrême droite pouvant ravir un siège grâce à son emprise sur le Biterrois et le littoral.

    Affaiblie par la droite et le RN, la gauche de Kléber Mesquida sera face à un défi lors les élections départementales de 2028. Surtout si la présidentielle 2027 tournait… à la catastrophe.

    * Qui ne se représente pas.

  • [Entretien] Emmanuel Négrier : « L’essentiel des bascules s’opère de gauche à droite »

    [Entretien] Emmanuel Négrier : « L’essentiel des bascules s’opère de gauche à droite »

    La Marseillaise : La conquête de Nîmes par la gauche peut-elle, à l’avenir, freiner la poussée constante du RN dans le Gard ou est-ce l’arbre qui cache la forêt dans un Département menacé en 2028 ?

    Emmanuel Négrier : Le succès remporté par la gauche à Nîmes s’explique à la fois par des divisions circonstancielles des héritiers de la droite, la forte mobilisation d’entre-deux tours dans les quartiers populaires, où la croissance d’un tour à l’autre est proche de 50%, et une incapacité chronique du RN à incarner une offre politique dans ces quartiers. C’est le paradoxe du RN, parti populiste en panne dans le vote populaire.

    Cependant, cette configuration n’est pas prédictive de ce qu’il se passera pour les prochaines échéances, et notamment pour les élections départementales et régionales. En effet, dans ces scrutins, les quartiers populaires sont jusqu’à présent marqués par une abstention structurelle et leur engagement dans ces prochaines élections est tout sauf assuré. D’autre part, les conquêtes gardoises du RN autour de Beaucaire, Vauvert et Bagnols-sur-Cèze vont très probablement conduire à des dilemmes stratégiques pour la droite, avec à la clef des ralliements possibles, comme on pourra d’ailleurs le voir très vite à l’occasion de l’élection des exécutifs des intercommunalités concernées. La gauche devra batailler sur ces fronts en position de relative faiblesse, en raison d’une influence politique qui décline globalement et des divisions qui, jugulées à Nîmes, se révèlent perdantes dans beaucoup d’autres contextes, dans le Gard comme ailleurs. Ces élections départementales et régionales, situées après l’échéance présidentielle dont nous ne savons pas ce qu’elle va produire, sont donc hautement risquées pour la gauche départementale.

    Au contraire du RN, LFI n’est parvenue à conquérir aucune ville majeure en Occitanie. Est-ce dû à l’épouvantail Mélenchon ou à la stratégie insoumise souvent jugée anti-PS ?

    E.N : LFI pouvait virtuellement compter sur un sortant, à Grabels, et sur une influence considérable lors des précédentes élections présidentielles et législatives dans certains bastions comme Montpellier. Le problème que rencontre LFI est de plusieurs ordres. D’une part, la déconnexion des logiques de vote entre les scrutins nationaux et cette élection singulière qu’est la municipale fait significativement baisser son influence là où il n’est pas implanté. Ensuite, le pari qu’il faisait de remobilisation des quartiers populaires s’est très peu produit (le cas de Nîmes étant exceptionnel) et guère à son profit, comme on l’a vu à Montpellier où il est le plus souvent devancé par le vote en faveur du sortant ou de la liste Mohed Altrad. Quant à Grabels, l’évolution sociologique de la population, associée à une certaine usure du pouvoir municipal, ont été fatales à son maire sortant, René Revol. Derrière ces considérations localisées, il y a une évolution plus générale qui est que le vote LFI s’est sociologiquement transformé. En 2022, c’était celui qui correspondait le mieux à un profil moyen des Français en termes d’âge, de catégorie sociale et professionnelle, d’habitat. En quatre ans, c’est l’électorat du RN qui s’est homogénéisé, en se rapprochant, sur tous ces critères en dehors du niveau de diplôme, du « Français moyen ». Le vote LFI, à l’occasion de ces élections municipales, est devenu « spécifique », ce qui explique ses succès ponctuels (Saint-Denis, Roubaix), mais aussi ses échecs. Évidemment, dans un contexte où la gauche, prise globalement, ne dépasse guère un tiers de l’électorat et qu’elle se divise sur des considérations qui sortent totalement des contextes précis de vote, elle ne peut que s’affaiblir, en particulier son aile gauche.

    En dépit du fiasco agathois,
    la droite héraultaise sort-elle renforcée de ces Municipales même si les couleurs des Républicains sont peu visibles
     ?

    E.N : La droite est en effet renforcée dans ces élections, mais c’est au prix d’une logique d’euphémisation des étiquettes politiques, qui posent d’ailleurs certains problèmes au chercheur que je suis. Globalement, lorsque la droite a perdu une commune, c’est le plus souvent au profit d’une autre liste de droite (Castelnau-le-lez), ou de l’extrême droite dans le cas d’Agde. Et quand un maire d’extrême-droite (Vias) ou anciennement associé à Robert Ménard (Cers) perd, c’est au profit d’un centriste, et non de la gauche. Ailleurs, on peut se poser la question de savoir si un certain électorat de gauche n’a pas fait le choix de la droite sortante plutôt que de la liste de gauche encore en lice au second tour. Ainsi, je fais l’hypothèse qu’il y a un peu de gauche (politique et sociologique, du côté des professions artistiques, par exemple) dans le maintien de la droite au pouvoir à Sète. L’essentiel des bascules s’opère donc de gauche à droite, mais il serait extrêmement hasardeux pour la droite d’en tirer un indicateur de retour en grâce électorale, tant les contextes localisés pèsent plus que l’identité partisane des nouveaux maires. Par ailleurs, comme on l’a observé dans le Gard, même si c’est pour l’Hérault d’une moindre intensité, la droite va être confrontée, face à la pâleur de son identité politique, à la progression du vote RN, encore peu sensible lors de ces élections municipales, et aux enjeux stratégiques qui ne manqueront pas de se poser à elle lors des prochaines échéances.

    La gauche héraultaise a-t-elle perdu plus que certaines villes (Lodève, Grabels, Mauguio, Villeneuve-lès-Maguelone, Saint-Jean de Védas…) dans l’optique des Sénatoriales 2026 et des Départementales 2028 ?

    E.N : La gauche héraultaise a perdu une douzaine de villes, ce qui représente près de 10% de la population héraultaise (100 000 habitants), qui passent de gauche à droite en termes de gouvernance municipale. C’est un recul considérable pour une élection dont on dit d’ordinaire qu’elle favorise les sortants. Cette évolution vers la droite, même pâle et diverse, ne pourra pas ne pas avoir d’influence pour l’élection sénatoriale de septembre prochain. Celle-ci se déroule à la proportionnelle pour désigner les 4 parlementaires et elle est, plus que pour une élection directe, sous l’influence des grands électeurs des mondes ruraux et petites villes, précisément là où la gauche a perdu des positions. L’incertitude est donc assez grande pour ce prochain rendez-vous politique. Quant aux élections départementales, l’Hérault se caractérise par une meilleure résistance à la progression du RN, la gauche y conserve une influence certaine à la fois dans ses bastions urbains et l’arrière-pays, qui peut lui permettre de ne pas perdre le leadership départemental, contrairement à l’Aude, aux Pyrénées-Orientales ou au Gard, trois départements où, ce n’est pas un hasard, tous les députés sont d’extrême droite.

  • [Entretien] Vincent Bouget : « On va retrouver le fil d’une histoire populaire de Nîmes »

    [Entretien] Vincent Bouget : « On va retrouver le fil d’une histoire populaire de Nîmes »

    La Marseillaise : Le soir du dimanche 22 mars, qu’est-ce que vous ressentez au Prolé ?

    Vincent Bouget : Un mélange de joie et de soulagement. Joie d’avoir gagné, parce qu’il y avait beaucoup de monde, beaucoup d’attente. On a travaillé pendant tant de mois, tant d’années. Ça fait vingt-cinq ans que la gauche a été écartée du pouvoir à Nîmes. Et puis soulagement, parce que si on ne gagnait pas, c’était le RN qui l’emportait. On savait que ce serait serré. Les deux sentiments se mêlent, et ça fait un moment unique, exceptionnel. Et on ne réalise pas vraiment. On est porté. Il y avait tellement de monde… Voir la joie dans les yeux, c’est fort. Avant les élections, on avait cette lumière d’espoir, et là elle se transforme en joie intense.

    Alain Clary parle d’une ville qui « reprend le cours de son histoire ». Vous partagez ?

    V.B. : Oui. Pour ceux qui ont connu les périodes précédentes, le mandat d’Alain, celui d’Émile Jourdan, il y a ce sentiment qu’on renoue avec ce film-là. On va retrouver le fil d’une histoire populaire de la ville, c’est vrai. Après, l’héritage Fournier, on le prendra aussi : ce n’est pas uniquement mauvais. Chaque maire a apporté sa contribution. Je ne vais pas renier ni casser tout ce qui a été fait pendant vingt-cinq ans, ce n’est pas l’objectif. Par contre, dans la considération de la population, on va retrouver sans doute un peu d’humanité et de démocratie.

    Vous passez de 163 voix de retard au premier tour à près de 2 000 d’avance au second : qu’est-ce qui bascule ?

    V.B. : Les Nîmois se sont en quelque sorte réveillés. J’ai toujours dit qu’il y avait des ressorts dans cette ville pour refuser l’extrême droite, y compris dans l’abstention du premier tour. Et puis on s’est déployés partout : porte-à-porte, présence dans toute la ville. Il y a eu un sursaut citoyen admirable, à l’échelle nationale aussi, je pense. Et puis il y a eu, dans un électorat du centre ou de la droite républicaine, des gens qui ont refusé l’hypothèse de voir arriver l’extrême droite, qui ont fait honneur aux valeurs de la République. Il y a encore des associations, des ressorts… mais on voit aussi une progression importante de l’extrême droite, liée à l’effondrement politique, voire moral, de la droite locale.

    Le sursaut le plus fort, c’est dans les quartiers populaires.
    Qu’est-ce qui s’y joue ?

    V.B. : Comme souvent, quand les quartiers populaires se mobilisent, ils votent essentiellement à gauche. Et ils n’ont surtout pas voulu rajouter à leurs difficultés sociales l’arrivée d’un pouvoir qui les aurait encore plus méprisés, voire discriminés. Les associations, les responsables associatifs, les mamans – beaucoup les femmes – se sont mobilisées. Et les jeunes sont venus : j’ai trouvé une mobilisation de la jeunesse très forte au second tour. Dans certains quartiers, on fait 70, 80%, presque 90% dans un bureau. Ils ont compris les enjeux, ils savent très bien ce qu’est l’extrême droite. Et depuis lundi, quand on passe sur les marchés du Chemin-Bas et de Pissevin, c’est beaucoup de joie, de soulagement, de remerciements… et beaucoup d’attentes.

    Comment une coalition comme « Nîmes en commun » tient malgré les étiquettes ?

    V.B. : Parce qu’on a fait le pari de la confiance et du travail ensemble. La confiance, ça ne se décrète pas, mais on se connaissait déjà un peu. On a travaillé dix-huit mois et on a créé un collectif, au-delà de l’addition des logos. Au début, en réunion, les socialistes dans un coin, les écolos dans un autre, les communistes dans un autre. À la fin, tout le monde se mélange, sans nier les différences. Et on a écouté les habitants : quand on écoute la ville, on entend la même chose. Ça crée un vécu commun, un imaginaire commun. Et je le dis : autant à droite on a vu des responsables s’abîmer dans des querelles, parfois personnelles, autant à gauche il y a eu une grande responsabilité.

    Votre méthode revendique l’écoute et la co-construction. Comment la garder à la mairie sans tomber dans la consultation permanente ?

    V.B. : On va trouver les techniques qui existent déjà. On a affiché la volonté politique. Et il ne faut pas opposer l’écoute à l’efficacité : c’est l’inverse. Cette campagne l’a démontré : on a produit un programme porteur de sens et on a gagné. Après, ça ne veut pas dire qu’on fuira nos responsabilités : quand il faudra décider, on décidera. Mais discuter, c’est aussi de l’efficacité. Regardez : le palais des congrès, le projet de conservatoire aux Carmes… si on avait écouté, on aurait arrêté avant. Là, on va l’arrêter parce que c’est trop petit. C’était la décision du prince : ce n’est pas efficace. Discuter trois semaines, puis trancher, c’est parfois beaucoup plus sérieux. Au fond, c’est de la considération. Les gens savent qu’il y a des contraintes. Mais il faut leur dire, expliquer. Ce qui n’était pas le cas dans cette ville.

    Vos priorités immédiates, dans les 30 premiers jours ? Et Nîmes Métropole ?

    V.B. : D’abord la mise en place : écouter les agents, du DGS aux agents de terrain, rassurer, donner confiance, écrire une nouvelle page. Ce qu’on a fait pour la ville, on va le faire pour les agents. Ensuite, lancer vite le plan de végétalisation partagée, parce que c’est long sur un mandat. Et répondre aux urgences : vacances des gamins, rentrée scolaire, sécurité, santé. Et remettre des relations plus apaisées avec les autres collectivités et l’État. Sur Nîmes Métropole, je suis respectueux des autres élus : ils ont leur légitimité. On va bâtir une gouvernance respectueuse de tous. Oui, je serai candidat à la présidence. Et il faudra travailler sur l’économie, l’emploi, et renforcer le sentiment d’appartenance : que les habitants s’emparent des enjeux, que ça ne soit pas un truc éloigné.

  • Arnaud Murgia reprend son écharpe à Briançon

    Arnaud Murgia reprend son écharpe à Briançon

    L’heureux (ré)élu a reçu l’écharpe tricolore des mains du doyen du conseil municipal et 2e adjoint au maire, André Martin, Sa majorité sera composée de 25 conseillers municipaux issus de sa liste. La liste de gauche citoyenne de Luc Marchello sera représentée par six conseillers et la liste sans étiquette de Richard Nussbaum par deux conseillers.

  • Le quatrième mandat de Roger Didier officiellement lancé à Gap

    Le quatrième mandat de Roger Didier officiellement lancé à Gap

    Devant un public venu en nombre, la nouvelle mandature du maire sortant a été officiellement proclamée. Un groupe de dix conseillers de gauche siégera dans l’opposition.

    Ce vendredi soir à 18h30, à l’Hôtel de ville de Gap, les votes des 43 conseillers municipaux se sont déroulés sous la présidence du doyen du conseil municipal, Claude Boutron, adjoint de l’équipe municipale sortante. Deux candidatures ont été proposées : celle de Roger Didier, maire sortant, et celle d’Elie Cordier. C’est le premier qui a été réinvesti comme attendu, avec les 32 voix des adjoints qui forment sa majorité. Elie Cordier a lui récolté 10 votes.

    Après la victoire de la liste au second tour, le 22 mars dernier, avec 47,52%, Roger Didier dispose donc d’une confortable majorité de 31 conseillers municipaux à ses côtés. Candidat malheureux au second tour avec 46,86% des voix, Elie Cordier siégera dans le groupe d’opposition de la liste de d’union de la gauche « Agir ensemble pour Gap », qui sera composée de dix conseillers, dont Charlotte Kuentz, tête de liste du mouvement citoyen Ambitions pour Gap. À noter la présence de la tête de liste du Rassemblement National, Raphaël Leroux, qui siégera également dans l’opposition, seul, ayant été crédité de 5,62 % des votes.

    Roger Didier a nommé onze adjoints qui ont reçu les votes de la majorité de l’assemblée présente. Roger Didier a donc été élu pour une nouvelle mandature, la quatrième depuis son arrivée à la tête de la ville de Gap, en 2007. S’il a été applaudi par ses conseillers municipaux, des huées ont retenti parmi la cinquantaine de personnes venues assister à ce conseil municipal d’inauguration.

    Fin de séance tendue

    Roger Didier a déploré une campagne qui a « quitté le terrain du débat démocratique pour s’aventurer des attaques personnelles » à son encontre et tenu à rappeler qu’il n’était pas « un décideur solitaire. » S’il confesse avoir « un caractère » il a affirmé que celui-ci serait « mis au service des Gapençais ».

    Elie Cordier, chef de file de l’opposition de gauche a lui tenu à témoigner ses « félicitations républicaines » mais a rappelé « ne pas avoir déposé de recours » malgré des « irrégularités durant la campagne » et des « fausses informations diffusées » contre son équipe. Le chef de file de l’opposition a demandé au maire de faire preuve d’« une réelle volonté d’écoute » envers les élus de l’opposition. Une prise de parole qui a été qualifiée de « tissus de mensonges » par Roger Didier, qui a clos la séance sur ces entrefaites.

    À noter qu’en marge de ce premier conseil municipal une délégation du groupe local insoumis a interpellé les élus pour leur demander rendre les séances accessibles aux personnes à mobilité réduite.

    Les adjoints

    Onze adjoints ont été nommés par Roger Didier et élus par le conseil municipal :

    1 – Jean-Pierre Martin

    2 – Catherine Asso

    3 – Olivier Pauchon

    4 – Françoise Bernerd

    5 – Vincenzino Medili

    6 – Zoubida Eyraud-Yaagoub

    7 – Gil Silvestri

    8 – Delphine Rolland

    9 – Pierre Philip

    10 – Céline Zarb

    11 – Alain Blanc