Category: politique

  • [Entretien] « L’ambition de LFI, c’est de faire perdre les socialistes »

    [Entretien] « L’ambition de LFI, c’est de faire perdre les socialistes »

    La Marseillaise : En 2020, la plupart des maires ont été mal élus en plein Covid. Un regain de participation peut-il changer la donne au premier tour, dimanche 15 mars ?

    Michel Crespy : Bien sûr. À cause du Covid, les personnes âgées, une population qui vote beaucoup d’habitude, s’étaient abstenues en 2020. Elles n’ont pas le même vote que les plus jeunes. Les personnes âgées votent davantage à droite et un peu plus RN qu’avant. L’élection de 2020 n’est pas une référence, elle a été faussée par le changement de corps électoral.

    La prime au sortant semble fonctionner quelle que soit la couleur politique alors que les électeurs sanctionnent le pouvoir au plan national. Pourquoi ?

    M.C. : Ce n’est pas du tout le même type d’élection. Aux municipales, les sortants sont connus et en général leur action est appréciée. On trouve souvent que la mairie a bien fait son travail, ce qui n’est pas le cas des dirigeants nationaux qui échouent à régler les problèmes des gens. Le maire pèse surtout sur la vie quotidienne, grossièrement la bordure de trottoir qui a son importance (!), la police municipale, les équipements publics. Mais les maires ne font pas les lois.

    Est-ce à dire qu’il y a surtout du suspense quand le maire sortant ne se représente pas ?

    M.C. : Évidemment et aussi dans les métropoles parce que cette règle ne fonctionne pas forcément car l’élection est plus politisée dans les grandes villes : Marseille, Toulouse… À Montpellier il y a moins de suspense pour trois raisons. D’abord, l’action de Michaël Delafosse (PS) a l’air très appréciée. Il a tenu ses promesses. Même ceux qui n’étaient pas d’accord reconnaissent qu’il fait ce qu’il dit. Ensuite, il a une vingtaine de points d’avance dans les sondages sur le second, c’est considérable. Enfin, l’opposition aura beaucoup de mal à s’unir et encore plus à unir ses électeurs. En 2020, les gens n’ont pas compris la fusion absurde entre Mohed Altrad, Rémi Gaillard, Alenka Doulain et Clothilde Ollier. On ne voit pas bien comment Nathalie Oziol pourrait s’associer avec Philippe Saurel, Altrad ou Gaillard. On peut concevoir Altrad/Saurel mais c’est compliqué. Sinon, dans les communes où les maires ne se représentent pas pour diverses raisons, la majorité a souvent explosé avec des disputes. Même quand le maire arbitre, cela ne suffit pas à dissuader un adjoint qui a des prétentions comme à Nîmes, Saint-Gély-du-Fesc, Mauguio… La droite est moins inquiète à Alès qu’à Nîmes. Il y a un microclimat dans chaque commune qui tient aux traditions, alliances, relations personnelles. Aux municipales, les gens se connaissent, sont proches.

    Pensez-vous que Vincent Bouget peut l’emporter à Nîmes ?

    M.C. : À Nîmes, sa liste d’union de la gauche a une plus forte dynamique qu’à Alès. Cela dépend beaucoup des résultats du premier tour : qui reste ? Qui fusionne ? Une fusion entre LR et le RN me paraît difficile même si je ne l’écarte pas totalement. Vu le sketch à Montpellier, on ne peut rien écarter. Mais c’est peu probable.

    La droite, affaiblie par les affaires et les divisions, est-elle celle qui a le plus à perdre ?

    M.C. : Ici LR détenaient beaucoup de mairies. Effectivement, on ne voit pas où ils pourraient en gagner de nouvelles, ils ne peuvent qu’en perdre. À l’image de leur pente d’effritement au plan national, mangés par le centre et le RN, ils n’ont pas de raison d’être très optimistes, il leur faut sauver les meubles.

    Le RN qui avait l’habitude d’enjamber les municipales, peut-il briser le plafond de verre ?

    M.C. : Oui, le RN peut gagner quelques villes, par exemple Marseille, il casserait la baraque. Ou des villes moyennes. Dans l’Hérault : Agde, Mèze, Frontignan ou Lunel surtout. Dans le Gard, Bagnols-sur-Cèze. À Vauvert, Jean Denat passe toujours de justesse. Et Nîmes dans le meilleur des cas pour eux. À la différence des LR qui ne peuvent que perdre des villes, eux ne peuvent qu’en gagner. Ils ne perdront pas Perpignan, ni Béziers et devraient garder Beaucaire.

    Si LFI reste à quai, cela augure-t-il d’une impossibilité pour Jean-Luc Mélenchon d’aller plus haut ?

    M.C. : Non, il sera candidat. Mais à mon avis il a fait le meilleur des scores la dernière fois, ne fera pas davantage en 2027 et ne sera probablement jamais second. Mais la présidentielle est encore dans le brouillard vu la situation internationale et ses répercussions. LFI a peu d’ambition aux municipales : principalement Roubaix et Saint-Denis. Ailleurs, on a l’impression que leur ambition c’est de faire perdre les socialistes pour montrer qu’ils ont le leadership à gauche et qu’on ne fera rien sans eux. LFI veut donner une leçon aux socialistes avec quelques exemples punitifs. C’est un calcul national.

    Le fait qu’aucun candidat aux municipales ne se réclame de Macron signifie-t-il la fin de ce courant politique ?

    M.C. : Pas forcément de son courant politique mais cela illustre la fin de Macron lui-même. Dans un an, il va être rangé sur le côté pour 5 ans. Cela n’a aucun intérêt de se réclamer de lui, d’autant qu’il est très impopulaire. Même pour ceux qui l’ont soutenu, il est hors-jeu. Ce sont les retombées négatives du fait que son mandat n’est pas renouvelable. Un Président dans ce cas-là perd toute autorité, c’est un « has been ». Il est cependant servi par la situation internationale. Plus elle s’aggravera, plus il pourra donner l’impression qu’il protège les Français s’il ne fait pas d’erreur. Mais si la situation dégénère, on va le lui reprocher aussi. Pour le reste, il n’a plus la main au plan national.

  • L’Appel de Vincent Bouget aux Nîmois…

    L’Appel de Vincent Bouget aux Nîmois…

    La Halle des sports n’a pas seulement fait le plein dimanche 8 mars. Elle a aussi donné à voir autre chose : la montée d’une colère populaire contre vingt-cinq ans de pouvoir verrouillé à droite à Nîmes. Plus de 1 200 personnes se sont rassemblées autour de Vincent Bouget et de la liste Nîmes en commun pour porter une ambition claire : arracher la ville à un système usé, clanique, incapable de répondre à l’urgence sociale, démocratique et écologique.

    Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Après un quart de siècle de règne de Jean-Paul Fournier et de ses héritiers, Nîmes paie le prix d’une gestion de notables : une ville fracturée, abandonnée par endroits, inégalitaire partout, où l’affichage et la communication ont trop souvent tenu lieu de projet collectif. Derrière les rivalités entre Franck Proust et Julien Plantier, c’est la même droite qui se déchire pour l’héritage d’un système à bout de souffle. Une droite qui a isolé les quartiers populaires, laissé prospérer les trafics, méprisé le tissu associatif et tourné le dos à trop d’habitants ; qui a privilégié l’entre-soi au destin de milliers de Nîmois.

    Dans cette campagne, le meeting du 8 mars a donc pris des allures de démonstration politique. Sur scène, Amal Couvreur, Pierre Jaumain, Julien Pacioni et Soukaïna Benjaafar ont martelé le même cap : défendre les droits des femmes, soutenir les quartiers populaires, retisser les solidarités, faire reculer les inégalités et tenir tête à l’extrême droite, qui prospère toujours sur les abandons de la puissance publique.

    En finir avec le clanisme

    En clôture, Vincent Bouget a assumé la charge contre le vieux logiciel de la droite nîmoise. Il a dénoncé une ville « abîmée », victime « du clanisme et de l’isolement » imposés par les équipes qui la dirigent depuis vingt-cinq ans. Il a opposé à cette logique de confiscation du pouvoir un projet bâti dans l’écoute des habitants, au fil de réunions, de porte-à-porte et d’échanges dans tous les quartiers. Son discours a dessiné une ligne nette : réunir une ville coupée en deux, investir dans la jeunesse, rendre enfin le pouvoir aux habitants. La gauche veut démontrer qu’il existe une alternative concrète à la fois au pourrissement libéral de la droite locale et au poison identitaire du RN.

    À une semaine du premier tour, ce meeting aura confirmé une chose : à Nîmes, l’alternance n’est plus une hypothèse lointaine. Elle devient une possibilité historique. Reste à transformer l’espoir en votes. Car face à une droite en décomposition et à une extrême droite qui guette la moindre faillite politique pour avancer ses pions, rien ne sera donné. Tout devra être arraché.

  • [Vaucluse] L’extrême droite veut s’enraciner

    [Vaucluse] L’extrême droite veut s’enraciner

    Avec 4 députés vauclusiens RN sur 5 ou Jordan Bardella qui réalise 40% lors des dernières européennes, le Vaucluse a sa préférence nationale. Localement, l’implantation est plus complexe mais, municipales après municipales, des mairies sont glanées et jamais perdues, à l’exception notable de Bollène, gérée par Marie-Claude Bompard (Ligue du Sud) de 2008 à 2020 avant qu’Anthony Zilio, à la tête d’une liste allant du centre gauche à la droite, ne reprenne la mairie.

    Jusqu’à trois listes à Bollène

    et Carpentras

    Après Orange en 1995, Camaret et Le Pontet en 2014, puis Morières en 2020, l’extrême droite entend conquérir d’autres communes. Pour ce faire, 25 listes ont été déposées, contre 17 il y a six ans. Les principales villes (Avignon, Apt, Carpentras, Orange, Cavaillon, L’Isle-sur-la-Sorgue) sont pourvues, de même que plusieurs du Grand Avignon (Morières, Le Pontet, Entraigues, Vedène) mais aussi nouveauté, des communes plus petites comme Pernes-les-Fontaines, Le Thor ou Châteauneuf-de-Gadagne, qui compte 3 500 habitants. Avec, en toile de fond, la quête de grands électeurs pour peser au Sénat où l’extrême droite ne compte que 4 élus.

    Fait saillant, à Orange avec 2 listes, puis Bollène et Carpentras avec 3 candidats, l’extrême droite est divisée. On pourrait être tenté de se satisfaire de ses dissensions mais cela prouve surtout la notabilisation d’un parti qui il n’y a pas si longtemps peinait à monter des listes aux municipales faute de colistiers suffisants. Dont certains affichent toujours des profils racistes, à l’instar de Christian Richaud à Carpentras, désinvesti après la polémique sur ses tweets, mais toujours candidat. Ou frayant avec les royalistes et l’Action française comme à Avignon ou Morières. « Le RN est scruté par ce que j’appelle les proctologues de la presse d’opinion d’extrême gauche », réagit Hervé de Lépineau, interrogé par La Provence, sur ces profils. Dénigrer l’accusateur pour éviter de parler du fond, une stratégie en vogue au sein de l’extrême droite.

  • [Var] Saint-Cyr, Sanary, La Seyne, Ollioules, Six-Fours… la gauche pour porter les valeurs humanistes

    [Var] Saint-Cyr, Sanary, La Seyne, Ollioules, Six-Fours… la gauche pour porter les valeurs humanistes

    Jean-Pierre Meyer est pragmatique. Le candidat (PCF) de Renouveau pour Sanary sait qu’il lui sera difficile de l’emporter dans une commune acquise à la cause de la droite depuis 1971. Mais celui qui se considère comme « conseiller municipal de la minorité, pas de l’opposition », compte « défendre (son) programme, quel que soit le résultat des élections ». Mais aussi agir en responsabilité, et poursuivre, comme depuis 6 ans, « le dialogue respectueux, le refus du conflit permanent. Il y a le temps de l’élection, de la confrontation, puis celui du mandat, où il faut travailler pour la commune », milite-t-il.

    Car sa voix, en tant qu’unique conseiller municipal de gauche, aura compté. « Le bon sens l’a emporté », affirme-t-il, notamment à travers ses propositions liées à la nouvelle ligne de bus 83 entre la gare d’Ollioules/Sanary et Six-Fours. Et Renouveau pour Sanary espère davantage peser lors de la prochaine mandature, en envoyant un (ou des) candidat(s) supplémentaire(s) au conseil municipal, et en atteignant la barre des 15% pour obtenir un siège au conseil communautaire Sud-Sainte-Baume, « là où se prennent les décisions ».

    Mais il s’agira, aussi et surtout, dans nombre d’autres communes, de porter une voix humaniste et singulière au sein des conseils municipaux. Un ensemble de valeurs qui transparaît dans les programmes des candidats. Par exemple, sur la question du logement, priorité de Sylvie Vinceneux à Saint-Cyr-sur-Mer. Une évidence pour la responsable de la commission nationale logement du PCF, tête de liste de Saint-Cyr à Gauche, dans une ville qui compte 45% de résidences secondaires. La candidate veut offrir « un logement digne et accessible à tous », en écho à l’article 25 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Et même sans fauteuil de maire, elle se battra pour que la commune respecte les 25% de logements sociaux exigés par la loi SRU, et contre l’idée que ces derniers sont l’apanage de la délinquance, alors que plus de 70% des Varois y sont éligibles.

    Un combat primordial contre l’extrême droite

    À La Seyne, trois listes de gauche – qui avancent, malheureusement, chacune de leur côté – mènent le combat progressiste. Parmi elles, celle de Stéphane Sacco (GRS), qui mène la liste de rassemblement Uni.e.s à gauche pour La Seyne, et évidemment, le combat contre l’extrême droite, dont la menace pèse plus que jamais dans la deuxième ville du Var : « On parle d’ordre, mais on oublie la justice. On parle d’identité, mais on oublie la fraternité. On parle de protection, mais on se contente de désigner des boucs émissaires. Ceux qui divisent une ville ne la gouvernent pas, ils l’affaiblissent. Ceux qui attisent les peurs ne construisent pas l’avenir, ils le ferment. Nous ne laisserons pas notre ville devenir le laboratoire du repli », clame Stéphane Sacco.

    Même maux, même remède à Six-Fours, où Pascal Cabras et Six-Fours à Gauche veulent contrer « l’entente bilatérale entre droite extrême et extrême droite », dans une commune où 70% des votes au conseil municipal sont communs à la majorité LR et au RN. « Nous sommes la seule opposition, depuis 2020, qui lutte pour une ville juste solidaire et durable, avec une orientation écologiste et sociale » affirme Pascal Cabras.

    L’écologie, valeur cardinale d’Ollioules Autrement, liste de rassemblement menée par Claudie Cartereau (LE). « Face aux crises qui pèsent sur nos vies, nous choisissons de rompre avec la politique actuelle et d’agir autrement », martèle celle qui veut faire d’Ollioules « un territoire qui prend soin des personnes, du vivant et des ressources ». Énergie solaire, îlots de fraîcheur, et sobriété énergétique, autant d’idée qu’elle veillera à infuser dans le débat public. Tout en prônant, comme les autres listes progressistes, la démocratie participative.

  • [Bouches-du-Rhône] L’extrême droite cible de nombreuses villes moyennes

    [Bouches-du-Rhône] L’extrême droite cible de nombreuses villes moyennes

    Novice, débarqué au RN un an plus tôt, Christophe Gonzalez avait pris la mairie de Rognac avec 38,24% des voix en novembre 2024, après une gestion calamiteuse de Sylvie Miceli-Houdais (UDI). Et compte bien remettre ça, malgré des méthodes controversées, fort d’une première victoire symbolique. Un coup de tonnerre trente ans après le succès de ce qui était alors le Front national à Marignane et Vitrolles.

    Vitrolles qui a de nouveau placé l’extrême droite en tête lors des législatives et des européennes, a de quoi nourrir tous les espoirs pour Fabien Bravi, un ancien cadre des Républicains passé au RN, un temps attaché parlementaire de Renaud Muselier (Ren) et conseiller au cabinet de Martine Vassal (DVD) à la Métropole. Pour « ne pas diviser les voix de droite et faire barrage aux socialistes », entendre Loïc Gachon qui brigue un 4e mandat, le candidat DVD, Bruno Morosini, en se retirant, lui facilite la tâche.

    Berre et Miramas dans le viseur

    À Marignane aussi Éric Le Dissès, suppléant de Franck Allisio (RN) aux législatives et avec qui il a fondé le Rassemblement pour Reconstruire (RPR), y retourne, dans une ville où le RN Romain Baubry avait obtenu 65,18% des voix aux législatives.

    Arles, longtemps bastion communiste avant l’arrivée aux manettes de Patrick De Carolis (Hor.), nourrit aussi les espoirs frontistes. Lors des législatives, le candidat PCF-NFP, Nicolas Koukas (51,43%) et celui du RN, Emmanuel Taché de la Pagerie (48,57%), étaient au coude à coude, ce dernier finissant par remporter la circonscription. Pour ce premier tour, la tête de liste RN, Rémy Benson, éleveur de brebis, se fait le chantre de la ruralité.

    Les communes du pourtour de l’étang de Berre restent aussi des cibles majeures avec Miramas où le maire sortant, candidat à sa succession, Frédéric Vigouroux (DVG) a été lâché par le PCF et se retrouve confronté à une liste LFI-Les Écologistes. Ce qui pourrait profiter au candidat d’extrême droite Kilian Santana dans une ville où le RN Emmanuel Taché de la Pagerie a totalisé 55,51% des voix. À Berre, la division de la gauche, avec trois listes face au RN pourrait favoriser ce dernier. Lors des législatives, le frontiste Romain Tonussi l’avait emporté ici loin devant le candidat Renaissance, Jean-Marc Zulesi (54,67% contre 45,33%).

  • [Vaucluse] La droite espère conserver ses derniers bastions

    [Vaucluse] La droite espère conserver ses derniers bastions

    Satellisée à Avignon (lire page précédente), disparue de l’Assemblée nationale, la droite vauclusienne conserve toutefois plusieurs villes d’importance. À Cavaillon, sous giron de la droite depuis 1989, le maire Gérard Daudet se représente. Et comme il y a six ans, il affrontera Bénédicte Auzanot (RN) en principale opposante qu’il avait largement battue au second tour avec 65% des voix. Sauf qu’entre-temps, la représentante d’extrême droite a été élue par deux fois députée. Dans ce duel annoncé, Patrick Blanès (PS, union de la gauche) tentera de bien figurer.

    La sous-préfecture d’Apt, 25 ans de droite au compteur, est aussi scrutée de près. Maire en 2020, Dominique Santoni (LR) a été contrainte de laisser la mairie un an plus tard, une fois élue présidente du Département. Sa successeure Véronique Arnaud-Deloy ne se représentant pas, c’est Jean Aillaud, 1er adjoint, qui a été désigné pour prendre la suite dans la majorité. Une décision longue à maturer où Dominique Santoni sera 2e de liste. Là aussi, l’extrême droite a monté une liste au dernier moment et risque d’affaiblir la droite classique qui a, en face, deux listes DVG. Ce vendredi, dans une vidéo, Dominique Santoni, s’est dite « révoltée, triste, désabusée » face « aux attaques personnelles, mensonges, documents manipulés, tracts anonymes » qui proviendraient de l’extrême droite.

    Une domination sénatoriale

    à garder

    Du côté de L’Isle-sur-la-Sorgue, Pierre Gonzalvez (LR) vise un 4e mandat consécutif. Le président de l’Association des maires de Vaucluse a trois adversaires face à lui, dont le RN et une liste d’union de gauche. Enfin, à Vaison-la-Romaine, les électeurs auront le même choix qu’en 2020 entre le maire sortant Jean-François Périlhou, président des LR 84, et la conseillère départementale Sophie Rigaut (PS). De ces résultats dans les communes donneront le La pour les sénatoriales de septembre, où la droite a deux sénateurs sur trois.

  • La gauche en challenger dans les Hautes-Alpes

    La gauche en challenger dans les Hautes-Alpes

    Dans la cité gapençaise, trois listes auront à cœur de tenter de faire tomber le maire sortant, Roger Didier (divers droite), en poste depuis 2007. Du côté d’Ambition pour Gap 2026, premier groupe d’opposition au conseil municipal, fort de 33% des voix réunies en 2020, on veut croire en la continuité du travail effectué au long cours. « Ambition pour Gap 2026 n’est pas une liste constituée juste pour les municipales, mais un mouvement citoyen qui travaille depuis 2020 au temps long, notre dynamique ne s’est pas arrêtée depuis. On réunit la liste la plus jeune avec le plus grand nombre d’actifs », met en avant sa tête de liste Charlotte Kuentz.

    Gap est la seule ville du département où LFI a investi officiellement un candidat. Fin janvier, le coordinateur national du mouvement, Manuel Bompard, est même venu apporter son soutien à la tête de liste Jacques Patron.

    Tête de liste d’Union pour Gap, Elie Cordier peut quant à lui compter sur un large soutien des forces de gauche, puisqu’il est investi par le Parti communiste, les Écologistes et le Parti socialiste. Tous partent en challenger cependant, tant Roger Didier s’avance en favori bien installé.

    À Briançon, la gauche

    en liste citoyenne

    Dans la deuxième ville du département, à Briançon, la gauche part unie. Le maire actuel, Arnaud Murgia (DVD), a vu son premier adjoint Richard Nussbaum (SE) faire défection et présenter sa propre liste. Une division à droite dont espère profiter la liste citoyenne d’union de la gauche, Briançon Territoire Vivant. Active, l’équipe de gauche a multiplié les rencontres avec la volonté de redonner vie au territoire, notamment auprès des jeunes. L’arrivée des Jeux olympiques en 2030, mais aussi la question du manque criant de logements ont été des thèmes forts de la campagne.

    La gauche embrunaise

    de retour

    À Embrun, la gauche part unie, ou plutôt, revient unie. En 2020, aucune liste d’opposition ne s’était présentée face à la maire sortante Chantal Eymeoud soutenue par Horizons (droite). C’est une équipe en grande partie renouvelée et avec un nouveau souffle qui entoure Martine Assandri pour reprendre la municipalité avec comme mot d’ordre : le retour de la concertation et de la démocratie participative dans la gestion de la commune. La liste a le soutien du PCF, du PS et des Écologistes.

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, l’extrême droite en embuscade

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, l’extrême droite en embuscade

    Tête de liste ayant soutenu Éric Zemmour, colistière déléguée départementale de Reconquête, candidats RN… Si le parti à la flamme n’a investi que quelques têtes de listes dans le département, les soutiens et adhérents d’extrême droite sont très nombreux dans les listes. Le RN mise tout sur Oraison et Peyruis, où le parti a investi des candidats il y a déjà plusieurs mois. Mais un candidat RN-UDR de dernière minute est venu se rajouter à Manosque, ville la plus peuplée du département, au dernier jour de dépôt des candidatures. Sur sa liste, des sympathisants du parti d’extrême droite zemmouriste Reconquête et du mouvement Identité Libertés de Marion Maréchal. Un autre candidat RN n’a pas obtenu l’investiture du parti à Gréoux-les-Bains.

    À Corbières-en-Provence, le maire sortant, seul candidat à sa réélection, avait soutenu et parrainé Éric Zemmour pour la présidentielle en 2021. Il avait fait de même avec Marine Le Pen en 2017. Encore aujourd’hui, le candidat se vante d’être « le plus à droite » de son canton… déjà très à droite. À Barrême, la déléguée départementale de Reconquête est deuxième sur la liste de Jean Tripodi.

    Aucune liste de gauche

    à Digne

    Digne-les-Bains, traditionnellement ancrée à gauche, ne compte cette fois-ci aucune liste de gauche, mais quatre listes plus ou moins liées à la droite, dont une a des liens établis avec l’extrême droite, celle de Jean-Luc Brochier, qui réunit des colistiers RN et Reconquête. Une cinquième liste, menée par Julien Di Benedetto, mélange colistiers de droite et de gauche.

    À Barcelonnette, une liste citoyenne se présente face au maire sortant, ancien premier adjoint de Sophie Vaginay (UDR) qui avait pris sa suite à son élection en tant que députée. À Sisteron, le maire DVD Daniel Spagnou, au pouvoir depuis 1983, ne se représente pas. Une liste d’union de la gauche, Demain Sisteron, espère prendre sa suite. Les soutiens sont venus nombreux pour leur meeting le 6 mars. À Château-Arnoux-Saint-Auban et aux Mées, dernier bastion communiste du département, les maires sortants espèrent être réélus. Le candidat qui se présente face à René Villard a perdu le soutien du PS la semaine dernière en raison de la composition de sa liste. Il s’était affiché avec des personnalités proches de la droite et de l’extrême droite. Le candidat avait également revendiqué dans les colonnes de La Provence le soutien des sections locales de LR et du RN. Le Regain Manosquin (union de la gauche) et Forcalquier en commun (liste citoyenne de gauche) espèrent détrôner les maires sortants DVD de leurs communes.

  • La droite et l’extrême droite bousculées dans l’Est-Var

    La droite et l’extrême droite bousculées dans l’Est-Var

    À droite comme à l’extrême droite, il faut plus que quelques affaires judiciaires pour faire vaciller certains maires solidement arrimés. C’est notamment le cas de Frédéric Masquelier, maire (LR) de Saint-Raphaël depuis 2017, et président d’Estérel Côte d’Azur Agglomération depuis 2020. Celui-ci s’était fait tristement remarquer en août dernier en érigeant une stèle en hommage aux victimes du communisme dans sa commune, au mépris de l’histoire et du rôle majeur joué dans la Résistance par le « parti des 75 000 fusillés ». Une prise de position d’autant plus parlante que celui qui était encore secrétaire départemental LR il y a quelques mois de cela, n’a pas demandé l’investiture de son parti. De quoi y voir un rapprochement avec l’extrême droite ?

    En tout cas, un fait l’en rapproche symboliquement : la procédure judiciaire à son encontre révélée par Mediapart en janvier. Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Draguignan pour harcèlement au travail, avec le dépôt d’au moins une plainte de la part d’un agent municipal.

    Bien partis pour être réélus… avant que la justice ne s’en mêle ?

    La situation de David Rachline, maire (RN) de Fréjus, présente quelques similitudes. À la tête de la ville depuis 2014, il vise un troisième mandat, qui pourrait être rapidement écourté par la justice s’il parvenait à l’emporter le 15 ou le 22 mars. Soupçonné de prise illégale d’intérêts dans le cadre de sa nomination à la tête des deux sociétés d’économie mixte, Fréjus Aménagement et Gestion du port de Fréjus, il a été relaxé en janvier mais le parquet a fait appel. Il doit également être jugé en septembre pour favoritisme quant à l’attribution de marchés publics, ce qui avait valu une perquisition de la mairie en mars 2025. Deux affaires qui ont poussé le RN à lui retirer son investiture, alors qu’il en était l’une des figures de proue dans le Sud.

    Dans les urnes, en tout cas, les deux candidats, élus au premier tour en 2020, semblent bien partis pour un nouveau mandat. À Fréjus, David Rachline bénéficiera encore de la désunion des listes divers droite, tandis qu’à Saint-Raphaël, Frédéric Masquelier n’aura sur sa route que deux candidats qui se présentent pour la première fois (Écologiste, avec Emmanuelle Cocusse, et Divers Droite, avec Guillaume Jublot). Il n’y aurait alors que la justice qui puisse – hypothétiquement – mettre son grain de sel en cours de mandat.

    Et ce ne sont par ailleurs pas les seules villes briguées par l’extrême droite ou ce qui s’y apparente de plus en plus. Dans le département, 32 listes tenteront de prendre 28 communes, dont les cinq plus grandes (Toulon, La Seyne, Fréjus, Hyères, Draguignan). Avec l’objectif d’en obtenir plus que les deux (Cogolin et Fréjus) acquises en 2020.

  • [Vaucluse] À Entraigues, Carpentras et Bollène, la gauche en résistance pour se maintenir

    [Vaucluse] À Entraigues, Carpentras et Bollène, la gauche en résistance pour se maintenir

    Si à Velleron, Philippe Armengol (DVG) est seul en lice pour ces élections municipales et est assuré de rester maire, la situation est plus complexe pour la gauche dans le reste de Vaucluse. À Carpentras, Entraigues et Bollène, la gauche devra se battre pour rester au pouvoir.

    À commencer par la capitale du Comtat Venaissin où Serge Andrieu (DVG) se représente en tête de sa liste « Ensemble, fiers de Carpentras ». Maire depuis 2018 (suite à la condamnation du maire de l’époque Francis Adolphe pour violences contre son ex-compagne), il a été élu en 2020 et figure en tête d’après plusieurs sondages. Mais face à lui, Francis Adolphe se représente à nouveau, étant redevenu éligible. Et les deux anciens élus de la même majorité ne s’entendent plus. De là à aller jusqu’à une défaite de la gauche ?

    Car de l’autre côté de l’échiquier politique, les forces progressistes font face à trois listes d’extrême droite. L’élu d’opposition Bertrand de la Chesnais, directeur de la campagne présidentielle d’Éric Zemmour en 2022, se représente à nouveau après avoir récolté 39,17% des suffrages au second tour en 2020. Le député RN Hervé de Lépinau s’est lui présenté en urgence après la découverte de tweets racistes du candidat investi initialement par le parti à la flamme, à savoir Christian Richaud Simoni. Mais celui-ci s’est maintenu et présente une liste de son côté. Et selon les résultats, une union au second tour est envisagée selon nos confrères.

    L’héritage
    de Guy Moureau

    Après 42 ans en tant que maire d’Entraigues, Guy Moureau (PCF) ne briguera pas un 8e mandat et passe le relais à William Bouquet, non encarté, qui était pendant les deux derniers mandats adjoint aux sports et aux associations. Celui qui est responsable de formation et auparavant directeur d’un réseau de transport logistique se présente comme un « natif du village » qui n’a « pas envie qu’Entraigues tombe aux mains de personnes qui sont parachutées, qui ne connaissent même pas les rues de ma ville et sont là pour un parti national et pouvoir élire des sénateurs ». Car se présente en face de lui Catherine Chavrier (RN), candidate aux législatives 2022 sous l’étiquette Reconquête dans la cinquième circonscription de Vaucluse.

    Zilio et Barrière

    À Bollène, Anthony Zilio, officiellement sans étiquette mais issu du centre gauche, se représente aussi à nouveau après sa victoire en 2020 contre Marie-Claude Bompard (Ligue du Sud) avec 51,81%. Dans sa liste figurent de multiples sensibilités, de la droite à des proches du PCF. « Dans une ville de 14 000 habitants, il ne s’agit pas d’être de gauche ou de droite mais de bon sens ; ne nous dispersons pas sur les sujets nationaux quand les solutions sont locales », glissait-il. Mais se présente en face de lui le communiste Daniel Barrière qui « relance Bollène à gauche », nous confiait-il en novembre dernier. Ce dernier estime que la politique menée « est insuffisante pour suffisamment pousser à gauche » et regrettait l’échec d’une liste d’union. Car en face, Marie-Claude Bompard va tenter de reprendre la mairie qu’elle a dirigée de 2008 à 2020. S’ajoutent aussi deux listes d’extrême droite supplémentaires, à savoir Franck Marest (RN) et Sophie Lorenzo, actuelle élue RN d’un village en Ardèche.