Category: politique

  • A Saint-Raphaël, les progressistes condamnent la falsification de l’Histoire

    A Saint-Raphaël, les progressistes condamnent la falsification de l’Histoire

    Missak Manouchian, Pierre Semard, Danielle Casanova… Et tant d’autres. Devant la mairie de Saint-Raphaël, les portraits de résistants communistes sont dressés comme autant de rappels du sacrifice de ces militants pour la liberté de tous , de la République et de la France alors sous le joug nazi et vichyste. C’est fort de ces symboles que la prise de parole a commencé, devant la mairie, avec le secrétaire de la fédération varoise du PCF Pierre Daspre, aux alentours de 18 heures. Pendant qu’à la même heure, le maire de la commune, Frédéric Masquelier (LR) inaugurait son monument « aux victimes du communisme» à Beaurivage, cérémonie diffusée par la Ville sur sa chaîne Youtube et suivie d’une table-ronde.

    Le sénateur de Paris, et porte parole du PCF, Ian Brossat, est venu soutenir les forces progressistes locales et a pris la parole à son tour, au nom du parti des fusillés devant la mairie de Saint-Raphaël pour dénoncer cette falsification de l’Histoire.

    Retrouvez nos informations complètes dans notre édition du lundi 25 août.

    Accéder à notre article : « L’arc progressiste fait front contre l’imposture historique »

  • [Université d’été ] Olivier Faure (PS) veut une « révolution interne »

    [Université d’été ] Olivier Faure (PS) veut une « révolution interne »

    À sept mois des élections municipales et un an et demi des élections présidentielles, le Parti socialiste tente de passer outre les divisions pour préparer au mieux ces élections. Entre Raphaël Glucksmann (Place publique) et le leader insoumis, Jean-Luc Mélenchon, le PS veut (re)devenir le barycentre de la gauche. Et quoi de mieux que l’université d’été à Blois pour le réaffirmer ?

    « Le PS est au centre de tout ce qui s’agrège en ce moment à gauche avec notamment les unitaires. On espère arriver à faire bouger certains qui sont contre l’union à gauche parce qu’aujourd’hui, Glucksmann et Mélenchon, c’est le même combat. Les deux ne veulent pas l’union la plus large, mais c’est normal dans le calendrier actuel. Mais ce qui change aujourd’hui, c’est qu’on a un PS qui, malgré les turbulences, continue d’avoir une dynamique unitaire », explique Basile Imbert, le nouveau chef de file du PS alésien.

    « Une doctrine socialiste du XXIe siècle »

    Si, à l’heure où nous écrivons ces lignes, le programme et les invités n’étaient pas encore connus, plusieurs grandes dynamiques vont marquer le Campus socialiste comme la lutte contre l’extrême droite, le budget de la nation 2026 et la défense des services publics.

    Les Socialistes vont également échanger sur la méthode pour parvenir à devenir plus efficaces pour les prochaines échéances électorales. « Olivier Faure lance une révolution interne où nous allons vraiment plancher sur la réforme des statuts, sur notre façon de travailler, sur le fonctionnement du PS pour dépoussiérer davantage la vieille maison. L’idée c’est de faire la révolution du PS en dix mois », confirme Basile Imbert qui se rendra à Blois avec une vingtaine de Gardois. Aujourd’hui, c’est la députée européenne originaire du Gard Chloé Ridel, élue au bureau national, qui planche à l’élaboration du programme présidentiel de 2027. « L’idée c’est de porter enfin une doctrine socialiste au XXIe siècle », conclut le jeune socialiste.

    La présidente PS de la Région, Carole Delga réitérera de son côté ses Rencontres de la gauche à Bram dans l’Aude le 27 septembre.

  • Pierre Brandon, l’esprit de Résistance

    Pierre Brandon, l’esprit de Résistance

    Pierre Brandon, né à Tunis en juin 1915, avocat, résistant communiste, responsable du Front national de lutte pour la Libération de la France a eu mille vies.

    Certains l’ont rencontré avec ses camarades des brigades internationales de la guerre d’Espagne photographiant pour un journal des visages douloureux du camp de concentration d’Argelès, d’autres l’ont connu chef cuisinier d’un grand restaurant, coiffé d’une toque blanche, d’autres encore sont venus déposer des armes ou retirer des tracts et des armes à son épicerie, curieusement située en face du Palais de Justice de Toulouse et qui n’était qu’un important relais patriotique ; quelques-uns ont travaillé avec lui, lorsqu’il était docker à Bordeaux, ou comptable aux abattoirs ; il a manié la truelle sur des chantiers du bâtiment de Haute-Garonne et la mitrailleuse du résistant dans le Sud de la France. Nommé « Balzac » dans la clandestinité, responsable du Front national de lutte pour la Libération de la France, Pierre Brandon en est le représentant au Comité interdépartemental institué par le Gouvernement provisoire à la Libération. Redevenu avocat après la guerre, il est resté fidèle à ses convictions jusqu’à la fin de sa vie, en 2003.

    C’est à lui que l’on doit la création de La Marseillaise mais aussi le journal de la Résistance de Martigues, Le Patriote Martiguais, une publication disparue après la guerre mais aussi du Patriote Niçois, devenu depuis sa création l’hebdomadaire des Alpes-Maritimes, Le Patriote Côte d’Azur.

    À la recherche d’un moyen d’impression en 1943, c’est lui qui parvient à convaincre un imprimeur aixois, Eugène Tournel par l’entremise du Dr Paul Paret, médecin communiste qui avait fourni un faux certificat pour que le fils Tournel échappe au STO.

    Fin 1943, le premier numéro clandestin de La Marseillaise sort dans la nuit brune de l’occupation nazie, rue Bédarrides à Aix-en-Provence.

    Pierre Brandon rapporte dans ses mémoires la sensation qu’il a ressenti en tant cette toute première Marseillaise entre ses mains : « La voilà, je m’arrête de penser, de respirer, d’écrire. Je ne suis que joie, joie, joie ! Je la tiens avec amour, gratitude et fierté. C’est ma Marseillaise ! J’imagine un agent de la Gestapo à Marseille. Crevant de rage et de trouble à l’idée de ce que ses chefs vont lui dire. Et la gueule du préfet de Pétain ? Il me semble que désormais j’aurais moins peur de mourir entre leurs mains. Je me dirai : les salauds, je leur ai foutu La Marseillaise dans la gueule ».

    « Les salauds,
    je leur ai foutu La Marseillaise dans
    la gueule »

  • L’arc progressiste fait front contre l’imposture historique

    L’arc progressiste fait front contre l’imposture historique

    Face au coup politique du maire LR de Saint-Raphaël Frédéric Masquelier, l’indignation dépasse largement la seule sphère communiste. Dans le camp progressiste la condamnation comme on l’a vu tout au long de la semaine est unanime. Personne n’est dupe des réelles motivations de l’édile très droitier qui a parrainé Marine Le Pen en février 2022 à l’élection présidentielle. « Sans la soutenir », se défendait-il aussitôt.

    « Nous ne pouvons pas accepter la réécriture de l’histoire et le parallèle fait par cette municipalité », souligne sans détour Michel Albenga, pour la fédération varoise du Parti socialiste. Pour le responsable politique, il est « impossible d’oublier tous ceux qui partageant cet idéal, qui se voulait universel et libérateur, ont payé de leur vie le combat contre le nazisme ». Et de poursuivre : « Nous ne pouvons oublier que le Parti communiste français et ses militantes et militants ont participé activement à la résistance intérieure pendant la Seconde Guerre mondiale. » Des propos sans équivoque suivi d’un appel à la mobilisation pour rappeler aussi à tous ceux qui cultivent l’amnésie collective « l’apport du PCF après la Libération ; notamment dans le cadre du Conseil national de la Résistance, et les progrès sociaux qui s’en sont suivis pour les citoyennes et citoyens de notre pays ». Tout est dit. Et pas par des communistes, cette fois.

    Le président de la Ligue des droits de l’homme de la section de Toulon-La Seyne, Roland Biache, met tout aussi clairement les points sur les « i ». Et précise : « Autant une journée contre les totalitarismes, tous confondus, ne pose pas de problème majeur, autant aborder la question du communisme ici, en occultant complètement la dimension de la résistance communiste, est une insulte à l’Histoire, une façon de la réécrire qui est scandaleuse. ». Et ce d’autant plus, insiste-t-il, que « cela rajoute un facteur de division dans notre société déjà un peu fracturée, alors qu’il faut refaire du lien. » Pour le militant associatif, « il y a suffisamment de dangers ! »

    Et de poursuivre : « Il oublie la collaboration des bons français avec les nazis, ça n’a pas de sens sur le plan historique, je le répète. Et c’est même une malhonnêteté intellectuelle, une falsification de l’histoire. » Il ne s’agit pas pour autant, pour la LDH, d’oublier ce qui s’est passé au Goulag. « Mais faire l’amalgame avec ce qui se passe en France et viser les communistes français, c’est aller au-devant du Rassemblement national et des idées d’extrême droite », prévient-il.

    Même son de cloche avec Daniel Saadoun (Les Écologistes) pour qui « tout cela est complètement aberrant, surtout à Saint-Raphaël ». « Ça dénote une méconnaissance totale de la situation locale puisqu’ici nombre de rues portent le nom de résistants communistes qui se sont battus pour la libération de la ville », s’insurge-t-il.

    Sur la forme, pour Emmanuelle Cocusse (Les Écologistes) élue d’opposition à Saint-Raphaël, c’est aussi grave. Avec « un manque total de respect de l’institution, c’est-à-dire du conseil municipal » : « Il va nous demander de voter à 11h30 la délibération portant sur la stèle qui sera déposée à 18h ; les journalistes et polémistes de CNews, qu’il présente comme des historiens, seront déjà en route » ; s’indigne-t-elle.

    Stéphane Sacco, le coordinateur régional de gauche républicaine et socialiste, résume : « Encore une fois la droite montre sa capacité à faire de l’œil à l’électorat du RN. Le maire de Saint-Raphaël bafoue les valeurs républicaines élémentaires et le respect des opinions politiques de chacun. Cela nous laisse présager du niveau des campagnes pour les municipales 2026. » En effet.

  • À Aix aussi, on entretient les flammes anti-réforme

    À Aix aussi, on entretient les flammes anti-réforme

    La place de la mairie n’est pas tout à fait noire de monde, mais les participants incarnent une Aix bigarrée au départ de la retraite aux flambeaux, vendredi soir. Des vieux, des jeunes, des universitaires, des précaires… parmi eux un couple à l’accent chantant. Trentenaires, Italiens, elle enseigne sa langue maternelle, lui est bibliothécaire à la fac. Ils ne sont pas à l’aise pour parler à la presse mais ils sont là, flambeaux à la main. Arthur, jeune trentaine lui aussi, là « un peu par hasard, pour rejoindre des amis », est plus loquace : « Factuellement, les séniors galèrent pour trouver un emploi. Les jeunes, il y en a beaucoup dans la manif, ont du mal à trouver un emploi. Et on veut faire travailler les séniors qui ne sont même plus acceptés en entreprise ? Je comprends pas la logique. » Arthur bouillonne, rassemble ses pensées, finit par tancer : « La retraite c’est un problème parmi tant d’autres. C’est la conséquence d’un environnement global qui est bien dégueulasse. ».

    « Ensemble…»

    En parlant de bouillonner, David Tessier, responsable FSU Aix, a cassé le thermomètre, pas bien loin d’en faire de même avec la membrane du haut-parleur en criant sa satisfaction d’être « ensemble pour dire que la retraite c’est du salaire continué, c’est du salaire socialisé, ensemble pour réclamer des augmentations de salaire dans le privé, de points d’indice dans le public, des embauches massives pour répondre aux besoins car oui, on a besoin de salariés, de profs, d’hospitaliers, d’ouvriers, de techniciens, cadres, ingénieurs… tous ceux qui font la richesse de ce pays. On n’a pas besoin des parasites qui s’engraissent sur notre dos ! » crie le syndicaliste.

    Après lui Ludivine, pour la CGT, toute de rose vêtue, revient sur « la posture sourde et brutale » d’Elizabeth Borne qui confirme que « le gouvernement est dans le rapport de force. Les salariés » qui produisent les richesses, dit-elle, « ont un rôle singulier dans cette situation : en agissant par la grève, ils peuvent obliger le pouvoir libéral à reculer ». Or selon la porte-parole CGT « les travailleurs et travailleuses ne négocieront pas deux ans de plus pour une pension de plus en plus faible ». Face à la hausse des profits des grandes entreprises pendant et après le Covid, « la répartition des richesses est tellement injuste et inégalitaire qu’on ne se laissera pas imposer une réforme tellement injuste, brutale et antisociale ».

    Appel à bloquer les facs

    Lyes Belhadj, co-président Unef Aix-Marseille, intervient pour les étudiants « mobilisés parce que nous aussi on va être de futurs retraités, et parce que le gouvernement s’il passe sa réforme, va dérouler : il veut supprimer le RSA, le chômage, les bourses… le 7 [février] on appelle à bloquer les facs et les lycées massivement. Lorsque la jeunesse est dans la rue, le gouvernement ne peut pas avancer ! » Enfin Celine Peccini intervient pour la FSU. « Huit personnes sur 10 sont contre cette réforme » dit-elle. « Le gouvernement nous joue une pièce de théâtre mais nous ne sommes pas dupes. En réalité le président veut imposer des départs à la retraite plus tardifs, et donc un temps de retraite plus court, avec des pensions plus faibles, pour pouvoir financer des nouvelles baisses d’impôts. Pour qui ? Pour les entreprises et les actionnaires » souligne Céline Peccini. Qui finira elle aussi par être applaudie.

  • Le Printemps marseillais en quête de l’accord parfait

    Le Printemps marseillais en quête de l’accord parfait

    Ce ne sera sans doute pas aujourd’hui, pas mardi, peut-être pas mercredi non plus, mais jeudi, vous verrez, ça va discuter. Le cuir se sera adouci des deux côtés. » En vieux baroudeur de la politique locale, Robert Assante avait presque vu juste au lendemain du second tour des municipales.

    Garde rapprochée

    Après avoir progressivement établi le contact en début de semaine, Michèle Rubirola, cheffe de file du Printemps marseillais, et l’ex-socialiste, Samia Ghali, arrivée en tête dans les 15e et 16e arrondissements, se sont enfin rencontrées jeudi. Objectif : tenter de régler l’épineuse question de ces municipales sans fin à Marseille. Et plus particulièrement ce 3e tour qui permettra d’élire samedi le futur maire de la deuxième ville de France.

    L’enjeu est connu. À la tête d’une majorité relative de 42 conseillers (sur 101), le Printemps marseillais doit s’efforcer de franchir la barre des 51 sièges pour obtenir la majorité au conseil municipal. Plus qu’utile par exemple pour voter le budget.

    Et pour y arriver, les huit sièges décrochés par Samia Ghali dans les 15e et 16e arrondissements, comptent beaucoup. C’est tout l’enjeu des discussions qui se sont accélérées lors d’un dîner jeudi soir.

    Autour de la table, Michèle Rubirola était accompagnée de sa garde rapprochée. Une délégation resserrée autour de quatre membres du Printemps marseillais venus sonder de près le camp Ghali.

    L’affrontement électoral, rude, dans le 8e secteur, où elle avait été élue en 2014, a laissé des traces. L’heure était donc venue de tout mettre à plat. Pas grand-chose n’a filtré de cette soirée. Mais cette première réunion ne devait pas forcément aboutir. Des discussions étaient encore prévues aujourd’hui.

    Union de la ville

    Désireux de porter un véritable changement, le Printemps marseillais avait posé les jalons de la discussion en amont. Dès le matin, Olivia Fortin (tête de liste du PM dans les 6-8), en a rappelé le cadre sur les ondes de France Bleu Provence, balayant d’un revers de la main l’idée que Samia Ghali puisse dealer ses huit places au conseil municipal contre un poste de 1ère adjointe.

    « L’avenir de Marseille ne se jouera pas sur des ambitions de postes, ou des mauvaises combinaisons politiques. Notre ville mérite mieux, elle mérite une alliance de projets », avait précisé la veille, Michèle Rubirola dans un communiqué.

    Quasi muette depuis des semaines, Samia Ghali, s’est fendue d’un tweet dans la matinée. « Samedi, #Marseille ne se fera pas sans les quartiers nord. Le moment de l’union de la ville, de la réconciliation entre le nord et le sud doit enfin arriver » pouvait-on lire.

    Placée au centre du jeu par le « pacte de raison » porté par le président LR de la Région Sud-Paca, Renaud Muselier, la sénatrice affichait des exigences fortes depuis des semaines. Aussi bien à droite qu’à gauche d’ailleurs. D’un côté, le poste de 1ère adjointe au maire, on l’a dit, et deux ou trois délégations phares pour ses colistiers. De l’autre, des délégations et la direction d’Euromed. Un accord sur les départementales et les régionales à venir était même étudié avec l’un des deux camps.

    Tout ceci est aujourd’hui plus qu’incertain. La droite républicaine, battue par le vote populaire, divisée comme jamais, faisant même les yeux doux à l’extrême droite respire la défaite et ne paraît plus une issue de secours crédible pour Samia Ghali.

    Vainqueur dans les urnes et porteur d’un projet, la promesse du Printemps apparaît comme le seul havre de paix. Pour elle comme pour tous les Marseillais.