Category: politique

  • Avignon : David Fournier entend incarner l’unité dans la continuité socialiste

    Avignon : David Fournier entend incarner l’unité dans la continuité socialiste

    Un peu moins de deux mois après, on retrouve David Fournier comme on l’a laissé : sûr et certain d’être le profil idoine pour succéder, en mars, à Cécile Helle (PS) à la tête d’Avignon. Début juillet, l’actuel adjoint (PS) à l’administration municipale était le premier des candidats, tous bords confondus, à tenir une réunion publique. Ce lundi, celui qui, en avril, avait été désigné premier des socialistes pour les municipales, a lancé la rentrée politique par un point presse. « On voulait faire part d’un élément structurant de la campagne, le dépôt des statuts de notre association Ensemble et solidaires », expose David Fournier.

    Aux côtés de plusieurs élus actuels de la majorité (Fabrice Tocabens, Amy Mazari Allel, Anne Gagniard, Cyril Beynet ou Lilou Quennesson) ou de personnalités du monde culturel (Raymond Duffaut, longtemps à la tête de l’Opéra d’Avignon, et fils d’Henri Duffaut maire entre 1958 et 1983) ou sportif (Jean-Christophe Magnaud, ex-président du club de foot ACA, nommé mandataire financier de l’association), David Fournier affiche sa sérénité : « D’autres soutiens et partis de gauche nous rejoindront officiellement bientôt, il y aura de belles surprises », promet-il. Qui s’afficheront peut-être début septembre lors de premiers rendez-vous programmatiques dans les quartiers, dont le calendrier reste encore à acter. « Je défends le bilan de Cécile Helle, je suis fier de ce qui a été accompli, certaines choses restent à développer », revendique l’élu socialiste.

    Vers qui se penchera Cécile Helle ?

    Depuis son renoncement à briguer un 3e mandat il y a près de 7 mois, Cécile Helle n’a absolument rien laissé transparaître de ses sentiments quant à sa succession, se concentrant sur la dernière année de mandat à réaliser. Elle pourrait officialiser un soutien en septembre, alors que deux autres membres de sa majorité (lire ci-contre), Joël Peyre (PRG) et, à un degré moindre, Paul-Roger Gontard (La Convention) sont aussi prêts à prendre la relève. « Elle est au PS, je ne l’imagine pas un seul instant faire un autre choix que celui du candidat socialiste », se persuade David Fournier, alors que la rumeur bruisse d’un appui de la maire sortante à Joël Peyre.

    Toujours est-il que le PS entend bien conserver Avignon. « Les instances nationales ont fait de la ville une des 6 érigées en priorité absolue à conserver », insiste Maryline Croyet, secrétaire de la section PS d’Avignon et co-directrice de campagne avec Jean-Luc Bringuier. « On a bon espoir de trouver un accord d’union autour de David, une candidature légitime et d’expérience, on ira jusqu’au bout », prévient-elle. Cette volonté de forcer la main ne pourrait-elle pas braquer les partenaires potentiels ? « Avignon a une histoire socialiste avec les maires Louis Gros, Henri Duffaut, Guy Ravier, la ville est dirigée par une socialiste, il est naturel que les sortants soient privilégiés et que nos alliés soient à nos côtés, comme le PS le ferait par réciprocité dans des villes dirigées par d’autres formations de gauche », estime David Fournier.

    Manière encore d’appeler les partenaires de gauche à la responsabilité. « Face au risque de l’extrême droite [qui n’a pas encore désigné sa tête de liste, Ndlr], les partis qui porteraient la division seraient les responsables de l’échec », met en garde le premier des socialistes. Si une rencontre a eu lieu avec la France insoumise [les chefs de file, Mathilde Louvain et Farid Faryssy, ainsi qu’avec le député Raphaël Arnault] sans perspective d’accord immédiat, le PS espère plus aisément rallier le PCF, Génération. s et l’Après, certains écologistes aujourd’hui dans l’opposition, ou Génération écologie.

  • Budget d’austérité : Bayrou jouera la survie de son gouvernement devant l’Assemblée le 8 septembre

    Budget d’austérité : Bayrou jouera la survie de son gouvernement devant l’Assemblée le 8 septembre

    Ultime tentative de sauvetage ou démission préparée à l’avance ? « J’ai demandé au président de la République, qui l’a accepté, de convoquer le Parlement en session extraordinaire le lundi 8 septembre », annonce le Premier ministre, ce lundi après-midi. « j’engagerai ce jour-là la responsabilité du gouvernement sur une déclaration de politique générale », affirme-t-il devant ses ministres, dont les jours en fonction semblent comptés.

    François Bayrou invoque donc l’article 49-1 de la Constitution : « si vous avez une majorité, le gouvernement est confirmé. Si vous n’avez pas de majorité, le gouvernement tombe », prévient-il. Avec toutes les conséquences que cela pourra entraîner. Faut-il s’attendre à nouvelle dissolution pourtant écartée par le président de la République lui-même ? Les prochaines semaines seront, une nouvelle fois, déterminantes.

    à ce stade, l’issue de ce vote à venir fait peu de doutes : LFI a déjà annoncé voter contre, de même que le PCF, les écologistes et le RN. Les premières déclarations des troupes socialistes vont également en ce sens. à rappeler que ce vote se fera à la majorité absolue des suffrages exprimés. C’est un François Bayrou acculé, menacé de censure de toutes parts, qui se soumettra à la confiance du Parlement. « Choisir de ne rien faire, c’est une condamnation », justifie-t-il, assumant « prendre des risques » pour « faire comprendre aux Français le risque de la dette ».

    « La dette, c’est chacun d’entre nous »

    Au début de sa prise de parole, le chef du gouvernement a, de longues minutes durant, évoqué le contexte international, les guerres en Ukraine et à Gaza, l’impact des droits de douane américains, l’« indifférence » face au réchauffement climatique. « Un danger immédiat plane sur nous », fait valoir le maire de Pau, avant de dépeindre un tableau très alarmiste de la situation économique de la France : « notre pays est en danger parce que nous sommes au bord du surendettement », a-t-il assuré, avant de poursuivre « sur les deux dernières décennies, la dette s’est accrue de 2 000 milliards d’euros, dont 1 000 milliards entre 2015 et 2025. Depuis 20 ans, chaque heure a augmenté la dette de 12 millions supplémentaires ».

    Dans un ton culpabilisateur, il s’en est pris aux Français. « la dette, ce ne sont pas les gouvernements qui la consomment (…), la dette, c’est chacun d’entre nous », insiste-t-il. « Cette dette colossale a été, année après année, consommée en protection par les citoyens, il suffit de penser au Covid-19 (…), aux retraites (…), aux consommateurs », renchérit-il. Le Premier ministre prépare depuis la mi-juillet les Français à l’austérité.

    L’objectif avancé est 44 milliards d’euros d’économie sur le budget de l’année 2026. Pour cela, il prévoit, entre autres, une année blanche fiscale et la suppression de deux jours fériés : le lundi de Pâques et le 8-Mai, jour de victoire sur le nazisme. Une mesure largement rejetée. Un sondage Odoxa pour Le Parisien publié ce lundi indique que 84% des Français interrogés y sont opposés. « Ne débattre que des mesures, c’est oublier la nécessité du plan d’ensemble. Or, c’est le plan d’ensemble, sa nécessité et son urgence qui est la vraie question », pousse le chef du gouvernement, qui n’a, ce lundi après-midi, donné aucun détail sur ledit « plan ». Il s’exprimera, mardi, à l’événement de rentrée de la CFDT, puis jeudi, à celui du Medef.

    Déjà, la riposte se prépare. La date choisie par le chef du Modem n’est évidemment pas le fruit du hasard, elle précède de 48 heures seulement l’appel à bloquer le pays, le 10 septembre prochain, né sur les réseaux sociaux, soutenu par quelques syndicats et partis de gauche (lire ci-contre). « La France, ce n’est pas ceux qui veulent l’abattre par le désordre, c’est ceux qui veulent la construire par le courage et la générosité », commente-t-il en direct. « Le Parlement aura, le 8 septembre, la décision entre ses mains », concède-t-il.

    « Si vous avez une majorité, le gouvernement est confirmé. Si vous n’avez pas de majorité, le gouvernement tombe. »

  • Aides publiques : 211 milliards d’euros versés chaque année aux entreprises sans réel contrôle

    Aides publiques : 211 milliards d’euros versés chaque année aux entreprises sans réel contrôle

    Alors que François Bayrou prévoit 44 milliards d’euros d’économies dans le prochain budget, les premières pistes n’envisagent pas de réduire les aides publiques aux entreprises. Pourtant, celles-ci s’élèveraient à plus de 211 milliards d’euros en 2023, « un des premiers budgets de l’État », soulignait le sénateur communiste Fabien Gay, le 8 juillet dernier, à l’occasion de la publication du rapport de la commission d’enquête parlementaire dédiée.

    Ce constat est mené à l’issue de six mois de travaux et de 87 heures d’audition d’une trentaine de dirigeants de grandes entreprises, mais aussi d’anciens ou d’actuels responsables politiques, d’économistes, de syndicats et de représentants du patronat. Les sénateurs ont ainsi recensé plus de 2 252 dispositifs divers, qui relèvent de l’État, des organismes de sécurité sociale, des collectivités territoriales ou encore de l’Union européenne.

    Dans un communiqué, la CGT dénonçait « la multiplication par 18 de ces aides depuis 1979, sans ciblage en fonction des besoins, ni suivi, ni contrôle, ni sanction vis-à-vis des entreprises qui les perçoivent puis licencient, délocalisent, tout en versant des dividendes record », eux aussi multipliés par cinq en 15 ans. La centrale syndicale demande la « conditionnalité » de ces aides, l’une des 26 recommandations formulées par les parlementaires qui réclament un « choc de la responsabilisation ». Cela signifie entre autres, d’imposer le remboursement total d’une aide de l’État ou des collectivités territoriales si une entreprise procède à une délocalisation d’un site ou d’une activité. Des pistes pour renflouer les caisses de l’État sans imposer l’austérité et viser les plus précaires.

  • Rapport accablant de la Chambre des comptes sur la gestion des anciens maires de Rognac

    Rapport accablant de la Chambre des comptes sur la gestion des anciens maires de Rognac

    La rentrée politique est explosive et prématurée à Rognac. Ce lundi 25 août, le conseil municipal s’est réuni pour la première fois, après les deux mois d’été, à la faveur du rapport d’observations définitives établi par la Chambre régionale des comptes sur la gestion communale de Stéphane Le Rudulier (LR) et de Sylvie Miceli-Houdais (UDI), de 2019 à 2024. Et les conclusions de la soixantaine de pages sont édifiantes.

    Les magistrats pointent un manque de pilotage, avec un poste de Direction générale des services resté vacant pendant près de deux ans malgré quatre titulaires qui s’y sont succédé, et un cabinet du maire pléthorique comptant jusqu’à dix personnes alors que la loi en impose une pour les communes de moins de 20 000 habitants. Des dépenses de marchés publics explosant les seuils légaux apparaissent également, avec, par exemple, un total des contrats relatifs à l’animation du marché de Noël 2024 de 140 362 euros, bien au-delà des 40 000 euros prévus.

    Treize pages sont dédiées aux frais de mission, avec l’utilisation « dévoyée » d’une carte achat : « Entre avril et octobre 2023, le montant total s’est élevé à plus de 11 000 euros par mois de frais de déplacements, de restauration et de représentation », note la Chambre.

    En campagne

    Sylvie Miceli-Houdais (UDI) dit faire « amende honorable » des douze recommandations formulées par les magistrats, « dont dix sont sur les ressources humaines », mais juge le rapport « sévère envers la gouvernance et notre technostructure ». L’ancienne maire entre 2020 et 2024, battue en novembre dernier par Christophe Gonzalez (RN) lors d’élections anticipées déclenchées par des démissions en pagaille au sein de sa majorité, annonce qu’elle usera de son droit de réponse par écrit, dans les semaines à venir.

    Quoi qu’il en soit, ce rapport ressemble du pain béni pour le nouvel édile d’extrême droite, qui endosse avec plaisir le rôle du bon élève, héraut de la transparence. À chaque recommandation, l’élu oppose une mesure prise par sa nouvelle majorité et ne manque pas d’attaquer les anciens adjoints, au premier rang desquels Willy Nicollet (DVD), son adversaire lors des élections. « Dommage qu’il ne soit pas là aujourd’hui pour nous éclairer sur cette période », lâche-t-il à propos des frais de mission de la Ville ayant « plus que doublé » en 2021.

    Agacés, les conseillers municipaux d’opposition ayant quitté la majorité sous l’ancienne mandature Fabien Nicoletti, Élizabeth Mazet, Frédéric Schacre sont partis de la séance, ce dernier expliquant : « Ça s’appelle de la diffamation. Dans le rapport, on ne nomme pas le conseil municipal, mais seulement deux personnes, les anciens maires. Monsieur Nicollet fait peur, Christophe Gonzalez rentre en campagne. »

  • Municipales à Aubagne : Jean-Pierre Squillari veut rassembler la gauche contre le bétonnage de la ville

    Municipales à Aubagne : Jean-Pierre Squillari veut rassembler la gauche contre le bétonnage de la ville

    La Marseillaise : Vous organisez, ce 27 août, un apéro de rentrée. Ce rendez-vous marque-t-il une accélération dans votre campagne pour les municipales ?

    Jean-Pierre Squillari : Cet apéro convivial, à partir de 17h au Parc des Trois Diamants à La Tourtelle, où chacun amène ce qu’il veut, va marquer la reprise de ce que nous avons entrepris depuis mes vœux. Bien entendu, je vais dire deux mots, peut-être trois en préambule, pour remobiliser les gens après les deux mois de congé, bien que, pendant ces vacances, je n’ai pas été inactif. L’autre réunion importante aura lieu à l’occasion de l’assemblée plénière d’Aubagne en commun, le 9 septembre à 18h au Cercle de l’Harmonie, cours Beaumond. Il est sûr qu’il y aura une accélération, étant donné que nous sommes à huit mois de l’échéance électorale.

    Pouvez-vous rappeler quelles forces politiques ont rejoint Aubagne en commun ?

    J-P S : En dehors de l’équipe citoyenne qui compose 50% de la liste globale, nous avons les écologistes depuis le début, Place publique avec Christophe Albertini, le PCF depuis juillet, le PS, puisqu’Arthur Salone, délégué départemental, nous rejoint dans le projet.

    LFI, par contre, a fait savoir qu’elle n’en serait pas. Un commentaire ?

    J-P S : Chacun est libre de faire ce qu’il veut. Mais il y a des Insoumis à Aubagne en commun. Ils ont été mis de côté de leur parti pour cela.

    Depuis mars, vous sillonnez les quartiers. Où êtes-vous allé ?

    J-P S : J’ai sillonné la campagne aubagnaise et le centre-ville d’Aubagne. Je suis allé dans toutes les écoles élémentaires des quartiers et j’ai rencontré les parents.

    Quelles sont les principales préoccupations des habitants d’Aubagne concernant leur vie quotidienne ?

    J-P S : Dans toutes les écoles, les mamans ou les papas se plaignent de ne pas pouvoir amener leur enfant dans des parcs ou dans des jardins, qui diminuent comme peau de chagrin. Ils sont obligés d’aller à Gémenos, à Carnoux, à La Ciotat ou à Marseille. Le square Henri-Barbusse, par exemple, n’existe plus. On construit des bâtiments à la place… Aux Défensions, il y avait un square, maintenant le tram y passe… Ensuite, les gens se plaignent de la culture, qui est abandonnée. Les festivals ont disparu. Alors, c’est vrai que ces deux derniers mois d’été, juste avant les élections, la municipalité a fait des manifestations tous les vendredis soir. Mais, pendant des années, il y en a eu très peu. Les gens se plaignent aussi beaucoup de la désertification du centre-ville, de la fermeturedes commerces. De la spéculation foncière, du béton. Ils voient leur ville se bétoniser, vendue au privé par le maire (LR) Gérard Gazay, comme le stade Mouren pour faire des stades de padel et des petits bassins de nage. Moi, je dis : on vend les bijoux de famille !

    Vous parle-t-on des problèmes de logement ?

    J-P S : Oui. Parce que les opérations de bétonnage, c’est surtout pour des personnes aisées. Et puis on se rend compte que deux logements sur trois sont achetés ou loués par des non-Aubagnais. J’ai rencontré pas mal de gens qui me disent : « On n’a pas les moyens de se loger ». C’est un problème qu’on doit prendre à bras-le-corps. On s’y attelle.

    Quel a été le déclic pour vous investir dans cette campagne ?

    J-P S : L’amour de ma ville. Avant de construire, il va falloir réparer. Ce qui me meurtrit le plus, c’est que je m’aperçois qu’Aubagne devient une ville-dortoir. On est le 17e arrondissement de Marseille pratiquement, et ça fait mal.

  • Conseil des ministres franco-allemand : Macron et Merz se retrouvent à Toulon pour la défense européenne

    Conseil des ministres franco-allemand : Macron et Merz se retrouvent à Toulon pour la défense européenne

    La Rade vivra un moment d’histoire, vendredi, avec l’organisation du 26e Conseil des ministres franco-allemand. Après une réunion privée avec le chancelier allemand Friedrich Merz, jeudi soir à Brégançon, le Président Emmanuel Macron recevra son hôte, vendredi à la Préfecture maritime, en compagnie de dix ministres de part et d’autre, qui contribueront aux réunions selon les sujets.

    Le point central sera la nécessité de renforcer le couple franco-allemand dans l’optique d’une défense européenne forte. Premier pilier : le besoin de convergence sur les enjeux technologiques, stratégiques et militaires, pour être dans la compétition internationale via l’allègement des contraintes normatives. Second pilier : des projets industriels et politiques coordonnés, pour une Europe plus crédible et efficace. Seront abordés la gestion des frontières et de l’économie, pour que Bruxelles dispose des outils budgétaires nécessaires.

    Les discussions seront organisées en trois sessions plénières, qui aborderont d’abord la stratégie industrielle et la souveraineté sur des sujets liés au numérique et à l’espace notamment (tels que l’IA). La seconde session aura pour but de faire converger les réformes économiques et sociales. Sur les bases de ces échanges, les sujets de sécurité et de défense seront, ensuite, développés, avec, en filigrane, les grands sujets internationaux (Ukraine, Iran et Palestine en tête).

  • À Saint-Raphaël, élus et militants dénoncent une falsification de l’histoire communiste

    À Saint-Raphaël, élus et militants dénoncent une falsification de l’histoire communiste

    « C’est vraiment scandaleux ce que fait le maire. S’il révisait un peu son histoire, il verrait tout l’apport des ministres communistes en France. La Sécurité sociale, ça vient du Parti communiste, entre autres. C’est Ambroise Croizat, ministre communiste du travail. Lors de sa mort, il y a eu plus d’un million de Français qui ont manifesté à Paris… », martèle Gilles Piazzoli, du PCF de Draguignan.

    « La loi SRU, le statut des fonctionnaires, la loi sur les soins médicaux pour le cancer… Tout ça ne peut pas être effacé par une stèle », ajoute Pierre Barbagellata, militant communiste. Il n’est que 17h30 ce samedi et beaucoup de monde se masse sur le parvis de la mairie de Saint-Raphaël pour dénoncer l’inauguration d’une stèle en hommage « aux victimes du communisme ». « On montre un signal fort de rassemblement des communistes et des progressistes pour marquer le coup et empêcher qu’on fasse des amalgames honteux qui sèment la confusion notamment pour les nouvelles générations », précise Pierre Daspre, le secrétaire départemental de la fédération du PCF du Var.

    « Apparemment, le révisionnisme a de beaux jours devant lui », s’indigne le président de l’Institut d’histoire sociale de la CGT, Jean-Pierre Kaspereck, pour qui l’attaque est clairement politique et intervient à quelques mois des municipales. Ce qui semble autoriser certains « à ratisser dans les poubelles », ajoute-t-il.

    Hervé Fecchino, pour Attac Var, a réaffirmé, lui aussi, « que l’histoire du communisme ne peut pas se réduire à ses seules tragédies ». Et rappelle qu’« en France, le mouvement communiste a porté des valeurs de progrès, de justice sociale et a largement contribué à la libération nationale face au nazisme ».

    Tout aussi remonté, le secrétaire de la section du PCF de La Garde-Le Pradet, Yves Pellegrini, fustige « l’opportunisme d’un maire candidat tentant de passer sous le boisseau une gestion calamiteuse de sa commune en draguant sans vergogne l’électorat de l’extrême droite ». Il rappelle d’ailleurs que chez les LR ce n’est pas chose nouvelle, et se souvient de l’organisation en 2004 par Jean-Louis Masson, alors maire de La Garde, d’un colloque à la mémoire des « 100 millions de victimes du communisme ». Yves Pellegrini ajoute : « Vingt ans après, Jean-Louis Masson, président du parti Les Républicains du Var est bien silencieux quant aux propos de son collègue raphaëlois. »

    Pour l’élue d’opposition de Saint-Raphaël, Emmanuelle Cocusse (Les Écologistes), « il s’agit clairement ici d’une instrumentalisation à des fins idéologiques dans cette course à l’échalote avec le Rassemblement national ».

    La vérité contre la falsification

    La tête de liste de Toulon en Commun Magali Brunel (PS) a tenu également à faire le déplacement. « Nous sommes des partis frères, nous nous battons pour les mêmes valeurs. Alors lorsqu’on fait mal à l’un, on fait mal à l’autre et à l’ensemble de la gauche », déclare-t-elle. Et de poursuivre : « Nous sommes furieux que l’on inverse les rôles et qu’on fasse une stèle en hommage aux victimes du communisme là où ce sont eux qui ont été victimes des fascistes. »

    L’expression de l’historien Jean-Marie Guillon, lu par Pierre Daspre, a permis d’avoir un éclairage plus académique mais sans concession, lui non plus. « L’histoire peut porter un regard critique sur le passé, mais elle a d’abord un rapport avec la vérité ; elle n’est pas un jeu de construction ou de démolition que l’on fait et défait au gré des intérêts et des ambitions », a-t-il rappelé.

    Alors que ce rassemblement se tenait dans la colère mais aussi la dignité, le maire de Saint-Raphaël inaugurait la stèle de la honte, au même moment, jardin Beaurivage.

    Pierre Daspre a fait, lui, résonner les mots de l’historien : « J’ai beaucoup de respect pour les femmes et les hommes politiques, j’en ai moins pour les politiciens et politiciennes ; l’une des différences entre les deux, c’est que les premiers ont quelques principes et que les autres, que les scrupules n’étouffent, pas n’en ont qu’un, c’est de faire parler d’eux sous n’importe quel prétexte, y compris les plus fallacieux. » Une conclusion à la mesure de l’affront à l’Histoire.

  • [Université d’été du PCF] À Montpellier, Fabien Roussel appelle à la mobilisation

    [Université d’été du PCF] À Montpellier, Fabien Roussel appelle à la mobilisation

    Après une journée riche en débats pour le deuxième jour de l’Université d’été du PCF organisée ce week-end à Montpellier, Fabien Roussel, armé de ses plus belles chaussures rouges, est rentré sous une ovation dans l’amphithéâtre du Corum, samedi. Il faut dire qu’avec le nombre de sujets brûlants qui agitent l’actualité, sa prise de parole était attendue.

    Le Nordiste n’a pas tergiversé longtemps : « La situation est de plus en plus dure. Quand on allume le poste, c’est la guerre, les violences, les massacres, des famines », a-t-il immédiatement lancé avant de consacrer une partie de son discours aux sujets internationaux. Il a ainsi appelé à refuser de « se faire humilier par Ursula von der Leyen qui sans aucun mandat démocratique est allée signer la capitulation à Washington ». Sur ce sujet des droits de douane américains, Fabien Roussel a demandé « la tenue d’un conseil européen exceptionnel », la convocation « au plus vite » des parlements ainsi que la convocation d’un référendum en France.

    Sur le conflit ukrainien, il a appelé aux négociations pour garantir la neutralité de l’Ukraine. Sur le « le génocide du peuple palestinien », le communiste a fait part de « sa colère devant des chefs d’État européens qui se disent prêts à envoyer des troupes en Ukraine mais qui laissent faire le gouvernement criminel de Netanyahou et ses ministres racistes ». Les militants présents ont ensuite ovationné Qassem Awad, dirigeant de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), présent dans la salle.

    Rentrée sociale explosive

    Fabien Roussel a ensuite réclamé un « boycott militaire et commercial » d’Israël et a renouvelé la demande de libération des otages israéliens et celle de Marwan Barghouti. Il a également confirmé travailler avec les forces politiques, associatives et syndicales à « une grande marche pacifique pour l’arrêt des massacres, pour la libération des otages israéliens et des prisonniers palestiniens et une solution à deux États ».

    Mais le cœur du discours de près d’une heure trente du secrétaire national a bien porté sur la rentrée sociale et la mobilisation pour s’opposer au plan d’austérité prévu. Fabien Roussel a d’abord confirmé que sans changement sur le budget, il appellerait à la censure du gouvernement Bayrou. « Le PCF soutient toutes celles et ceux qui se mobiliseront en cette rentrée pour mettre un coup d’arrêt à ce braquage inédit de nos richesses nationales », a-t-il poursuivi tout en indiquant qu’il serait aux côtés des énergéticiens le 2 septembre, des personnels des Hôpitaux de Paris (AP-HP) et des personnels de santé, le 4 octobre et de ceux qui veulent « bloquer le pays » le 10 septembre. « Nous partageons pleinement la révolte de celles et ceux qui travaillent dur et ne récoltent que du mépris de la part de ministres qui émargent à 10 000 euros par mois, ne payent pas le train, l’avion, l’essence, l’électricité, la nourriture mais qui nous donnent des leçons de vie. Il y a 20 millionnaires parmi les ministres : qu’ils vivent avec un Smic et payent leurs factures et on en reparlera », a-t-il insisté.

    Après un focus sur l’importance du milieu associatif où « 186 000 emplois sont menacés » qui s’ajoutent aux « 300 000 emplois menacés dans l’industrie », le maire de Saint-Amand-les-Eaux a insisté sur l’importance de retrouver un « État fort, solidaire et juste » et de rétablir une « République laïque et sociale ». Fabien Roussel a ensuite listé une partie des propositions mises en avant par les communistes pour cette rentrée. S’il appelle à la fin « des orgies de subventions publiques pour les grands groupes et les cures d’austérité pour les services publics », il réclame un « Pacte pour la France » qui s’appuierait sur un plan d’investissement de 500 milliards d’euros en cinq ans. « C’est pour cela aussi que nous revendiquons la nécessité de nationaliser certains établissements bancaires privés. Il y a besoin de cette révolution qui consiste à mettre une partie du capital au service du travail, de la production, du climat et du redressement du pays », explique-t-il.

    Dans ce « pacte », il propose aussi une augmentation des salaires, des pensions de retraite et la baisse de 30 à 50% des prix de l’électricité. Il souhaite aussi la construction de 200 000 nouveaux logements par an, la relance de « 20 nouvelles centrales nucléaires » et la planification de « l’embauche et la formation, sous statut de centaines de milliers d’enseignants, de soignants, de travailleurs sociaux, de douaniers, de policiers, d’agents territoriaux ».

    Ces propositions seront à nouveau mises en avant à la Fête de l’Huma, les 12, 13 et 14 septembre.

    « Le PCF soutient tous ceux qui se mobiliseront pour arrêter
    ce braquage inédit de nos richesses »

  • [Entretien] Fabien Roussel : « Nous serons de toutes les mobilisations »

    [Entretien] Fabien Roussel : « Nous serons de toutes les mobilisations »

    La Marseillaise : Vous commencez par intervenir ce samedi, aux universités d’été du PCF à Montpellier, sur le parti pris du travail. Pourquoi ce thème ?

    Fabien Roussel : C’est l’actualité, pour beaucoup de salariés la vie est de plus en plus dure, année après année, budget après budget. D’un côté, les riches s’enrichissent, de l’autre, les travailleurs, les salariés, les retraités voient leur pouvoir d’achat fondre. Le pire, c’est que même ceux qui travaillent n’arrivent plus à payer leurs factures, et ne reçoivent en réponse du gouvernement que du mépris. Des leçons de la part de ministres millionnaires ! Il y a vingt ministres millionnaires dans ce gouvernement, qui voyagent avec chauffeur, qui gagnent 20 000 à 30 000 euros par mois et disent aux Français de faire des sacrifices supplémentaires ! Alors oui, la question de la dignité du travail, de la vie chère sera au cœur de la rentrée pour nous, avec le parti pris de la paix.

    Sur la question du travail, une petite musique oppose les travailleurs à ceux qui ne travaillent pas, qu’ils soient sans emploi ou retraités…

    F. R. : C‘est le cœur de mon livre. Justement, j’ai bien entendu ces derniers mois combien tout est fait pour diviser les Français, entre ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas, et même les opposer en fonction de leur génération, entre public et privé, la campagne et les banlieues, leur couleur de peau, leurs origines… Tout est fait pour fracturer le peuple, abîmer la République. Et pendant que nous nous divisons, les financiers comptent leurs billets. C’est pour cela que j’appelle à ce que le monde du travail, qu’on ait un boulot ou pas, s’unisse et se mobilise, que l’on puisse enfin mettre les richesses que nous produisons au service du bien commun. Nous voulons vivre de notre travail, c’est cette campagne que nous voulons mener.

    Les appels syndicaux se multiplient pour la rentrée, que ce soit dans l’énergie, la santé, mais il y a aussi cet appel à bloquer la France le 10 septembre. Est-ce que vous y appelez ?

    F. R. : Il faut partir de la situation des Français qui souffrent, à qui on demande encore plus d’efforts. Et en face, les 500 familles les plus riches de France voient leur fortune augmenter, année après année. Il n’y a jamais eu autant d’inégalités dans notre pays et le gouvernement propose un budget encore plus dur. Il demande plus de sacrifices aux mêmes, toujours aux mêmes ! C’est bien légitime dans ce contexte-là que la colère monte de partout. C’est pour cela que nous serons de toutes les mobilisations, de celles des syndicats, des énergéticiens, des personnels de santé, des cheminots, de cette intersyndicale qui va se réunir le 1er septembre. Nous serons très attentifs à l’appel qu’elle lancera, pour le rejoindre. Et puis il y a aussi cette mobilisation citoyenne lancée avec ce slogan « bloquons tout ». C’est bien légitime que des citoyens appellent à se mobiliser. Bien sûr nous que nous en serons ! Nous serons de toutes les mobilisations qui appellent à la justice sociale, fiscale, climatique.

    On entend parler de blocages, de retraits d’argents, de manifestations… Quelles modalités suivre pour ce 10 septembre ?

    F. R. : C’est dans chaque lieu, dans chaque ville que chacun déterminera ses modes d’action. C’est pour cela que je suis plus attaché à soutenir l’appel des syndicats qui ont des modes d’action et revendications concrètes, discutées entreprise par entreprise, secteur par secteur. Quand il s’agit d’un mouvement citoyen, c’est plus vague. Mais ce n’est pas parce que cela reste vague qu’il ne faut pas le soutenir. Il faut respecter ce peuple qui se cherche, ne se retrouve pas dans les syndicats, les partis. Il vaut mieux l’accompagner que lui faire la leçon et le regarder avec défiance.

    Cette défiance est aussi très vive dans ces groupes Telegram, dans leurs assemblées générales vis-à-vis des syndicats, des partis…

    F. R. : Cette défiance existe depuis longtemps… Tout est fait pour creuser le fossé entre les salariés et les syndicats, les Français et les partis. C’est pour cela que la démocratie va mal. On a besoin de partis, de syndicats, de citoyens qui s’engagent. Appeler à s’engager dans l’action, même en dehors d’un syndicat ou d’un parti, c’est déjà un pas vers l’engagement. C’est pour cela que je soutiens cette démarche. Ce n’est pas au PCF de soutenir ce mouvement, mais à chaque citoyen engagé, y compris les militants communistes dans leur ville s’ils se retrouvent dans les mots d’ordre.

    La principale cible de ce mouvement, c’est le budget du Premier ministre, qui dit qu’il faut être responsable face à la dette…

    F. R. : La dette, la dette, la dette ! C’est le mistigri agité devant tous les Français pour leur demander de nouveaux sacrifices ! Ça fait aujourd’hui huit ans depuis que Macron est élu, huit ans qu’il nous demande des efforts toujours plus importants, travailler plus longtemps, gagner moins, payer plus les factures ! Et au final, la dette se creuse et les riches s’enrichissent. Nous ne croyons plus à leurs discours. Le remède qu’ils proposent d’affaiblir encore plus l’État est le pire des remèdes, celui qui peut conduire le pays à la récession. Ce dont le pays a besoin, c’est d’un État fort qui planifie l’économie, la transition écologique, la réindustrialisation, réinstalle des services publics, embauche, forme des jeunes. Nous avons besoin d’un bazooka d’investissements ! Nous proposons, nous, un choc d’investissements de 500 milliards d’euros sur cinq ans, pour répondre à tous les besoins du pays. Mais nous n’y arriverons pas juste avec une taxe Zucman ou un rétablissement de l’ISF comme le proposent d’autres à gauche. Il faut sortir le bazooka monétaire, utiliser l’argent des banques, de la banque centrale européenne.

    Ce vendredi, l’ONU a déclaré l’état de famine à Gaza alors qu’Israël se prépare à une occupation. Comment arrêter cela ?

    F. R. : Il faut faire plus ! Et ce n’est pas difficile, tellement peu a été fait. Ce qui se passe sous nos yeux aujourd’hui à Gaza nous horrifie tous. Ces massacres vont traumatiser toute une partie de la jeunesse de notre planète. Il y a un deux poids, deux mesures des chefs d’États de l’Union européenne notamment. Eux qui sont prêts à envoyer des soldats en Ukraine laissent mourir des enfants en Palestine. L’État de Palestine va être enfin reconnu, mais tellement tardivement qu’Emmanuel Macron risque de reconnaître un cimetière si on n’agit pas plus vite. Je demande à la France de mettre fin aux accords commerciaux avec Israël et d’arrêter d’importer des produits venant des territoires occupés, à l’Union européenne de mettre fin à l’accord de libre-échange avec Israël. Il faut aussi faire pression sur ces militaires appelés par le gouvernement raciste israélien à commettre ce génocide, faire appel à leur conscience. Les manifestations en Israël sont impressionnantes aujourd’hui pour demander le cessez-le-feu, le retour des otages et la fin de la guerre. La France devrait aussi menacer les soldats franco israéliens d’être convoqués au tribunal s’ils participaient à l’établissement de nouvelles colonies en Cisjordanie ou au massacre à Gaza.

    Le Parlement israélien a approuvé mercredi la création d’une nouvelle colonie, ce ne sera pas trop tard pour une solution à deux États ?

    F. R. : C’est pour cela que je dis qu’il y a urgence ! Le gouvernement israélien fait tout pour rendre impossible la solution à deux États, ils mettent en œuvre leur projet d’une nation juive éradiquant le peuple palestinien. Il faut accélérer, empêcher cette colonie dont l’objectif est d’expulser 5 000 Palestiniens de leur maison, de leur terre natale. Il y aura des communiqués pour condamner, mais que feront tous ces pays pour l’empêcher ? Il faut arrêter avec les déclarations, il faut agir.

    On a aussi en tête les images du ministre israélien d’extrême droite Ben Gvir narguant le leader palestinien Marwan Barghouti en prison…

    F. R. : Nous qui demandons depuis le début de cette guerre la libération des otages, nous réclamons aussi depuis des années la libération de Marwan Barghouti Nous en avons produit, des affiches et des tracts ! C’est un représentant de l’Organisation de libération de la Palestine, celui qui peut reconstruire un État de Palestine, unifier les Palestiniens. La France doit exiger sa libération. Vingt-sept ans en prison, c’est un prisonnier politique de la même dimension que Nelson Mandela. Sa libération permettra la réconciliation et la construction d’un État Palestinien.

    Le PCF a signé un accord avec l’OLP, qu’est-ce que cela a permis ?

    F.R. : Cet accord vise à ce que le PCF, avec les forces de gauche, les associations, organise des mobilisations pour une solution à deux États, le plus rapidement possible. C’est le sens de l’appel que je vais lancer ce samedi, aux Universités d’été. Nous allons proposer aux forces de gauches, aux associations, aux syndicats le plus rapidement une marche à Paris la plus large possible pour exiger la solution à deux États et des actes forts de la France pour empêcher le gouvernement Netanyahou de mettre en œuvre ses projets criminels.

    La paix, c’est aussi en Ukraine, en particulier depuis la rencontre de Trump et Poutine en Alaska. Comment garantir cette paix ?

    F. R. : C’est d’abord ne pas laisser deux dirigeants nationalistes se partager les territoires, les richesses qui se trouvent en Europe et sur la planète. Cette poignée de main entre ces deux hommes, c’est la pire image depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Deux dictateurs en puissance qui décident de s’asseoir sur les droits des peuples ! Nous appelons à ce que les nations européennes se réunissent rapidement pour créer leur propre traité de sécurité collective, garantissant la sécurité de chacun, jusqu’à la Russie. De Brest à Vladivostok, nous vivons sur la même terre, c’est à nous de créer les conditions d’une paix durable. Cela veut dire qu’il ne faut pas entrer dans des logiques de confrontation, et encore moins dans une économie de guerre qui conduit à accumuler des armes et à faire du continent européen une véritable poudrière. Ces centaines de milliards d’euros devraient plutôt être investis dans l’émancipation des peuples.

    Il a justement eu cette autre poignée de main, entre Donald Trump et Ursula von der Leyen, pour notamment importer des armes étatsuniennes…

    F. R. : C’est une trahison. Ce fut la douche froide de l’été de voir la présidente de la Commission européenne signer un accord avec Trump qui vassalise chaque nation et qui surtout risque d’appauvrir encore plus nos différentes économies. Nous refusons cet accord, et la France doit décider de le mettre à l’ordre du jour du Parlement, le soumettre au vote des députés, voire au vote du peuple français par un référendum, car les conséquences sont graves. Et nous appelons à ce que la France dise non à un tel accord et qu’il ne soit pas mis en œuvre.

    Un autre chantier de cette rentrée politique, c’est la préparation des municipales. Quelles sont les ambitions du PCF, en France et en particulier dans le Sud ?

    F. R. : L’élection municipale est une élection importante, parce que la commune est le dernier lieu de démocratie dans lequel les Français se retrouvent encore. Nous voulons prendre soin de présenter des programmes qui répondent le plus possible aux attentes des habitants, à construire les listes les plus larges possibles à gauche, avec des citoyens, dans chaque commune, chaque ville. Nous voulons montrer en quoi nous, communistes, sommes utiles. Il y a mille exemples que nous pourrions citer. Ici à Montpellier, nous sommes à l’initiative de la gratuité des transports ! Et c’est une proposition que nous portons dans toutes les grandes villes.

    On voit les insoumis, parfois les écologistes qui veulent faire cavalier seul, au risque de voir des villes de gauche tomber…

    F. R. : Je regrette ces choix. C’est leurs choix, c’est à eux qu’il faut poser les questions sur ce qui motive ces choix. Les Français ont besoin de voir des gens dans leurs communes prêts à s’unir, à travailler ensemble, même si peut-être nationalement des choses les séparent. Mais localement, il faut travailler ensemble pour la population. J’appellerai ce samedi aux rassemblements les plus larges au service des villes, des habitants. Nous voulons être utiles à ces rassemblements.

    Les écologistes dans leur Université d’été plaident pour une primaire pour 2027. Quelle réponse vous leur donnez ?

    F. R. : Ce n’est pas d’actualité.

    L’unité à gauche, c’est peine perdue ?

    F. R. : C’est en 2027 ! C’est dans deux ans, nous sommes aujourd’hui préoccupés par la dureté de la vie, le budget très dur que le gouvernement nous impose. Et les prochaines élections dans huit mois sont des élections locales, alors travaillons à cela. Empêchons que ce budget d’austérité soit mis en œuvre, et faisons en sorte que les meilleures listes l’emportent aux municipales.

    Ce samedi, le maire LR de Saint-Raphaël inaugure un monument aux « 100 millions de morts du communisme ». Quelle a été votre réaction ?

    F. R. : J’ai soupiré. Nous connaissons d’où viennent ce genre d’initiatives. La dernière fois que des stèles aux victimes du communisme ont été inaugurées en France, c’était sous Pétain. Cette initiative vient de la part d’un maire qui est soutien de Marine Le Pen, et donc d’un parti qui vient du Front national, créé par un ancien waffen-SS, par des collabos, dont le slogan c’est de « casser des métèques et tuer des communistes ». Cette stèle est une manière de réhabiliter l’extrême droite française et de pointer du doigt les communistes alors que les communistes français, eux, étaient du bon côté de la barricade. C’est aux habitants de Saint-Raphaël maintenant de s’exprimer, je ne vois pas ce que vient faire cette stèle avec les deniers de leur commune.

  • A Saint-Raphaël, les progressistes condamnent la falsification de l’Histoire

    A Saint-Raphaël, les progressistes condamnent la falsification de l’Histoire

    Missak Manouchian, Pierre Semard, Danielle Casanova… Et tant d’autres. Devant la mairie de Saint-Raphaël, les portraits de résistants communistes sont dressés comme autant de rappels du sacrifice de ces militants pour la liberté de tous , de la République et de la France alors sous le joug nazi et vichyste. C’est fort de ces symboles que la prise de parole a commencé, devant la mairie, avec le secrétaire de la fédération varoise du PCF Pierre Daspre, aux alentours de 18 heures. Pendant qu’à la même heure, le maire de la commune, Frédéric Masquelier (LR) inaugurait son monument « aux victimes du communisme» à Beaurivage, cérémonie diffusée par la Ville sur sa chaîne Youtube et suivie d’une table-ronde.

    Le sénateur de Paris, et porte parole du PCF, Ian Brossat, est venu soutenir les forces progressistes locales et a pris la parole à son tour, au nom du parti des fusillés devant la mairie de Saint-Raphaël pour dénoncer cette falsification de l’Histoire.

    Retrouvez nos informations complètes dans notre édition du lundi 25 août.

    Accéder à notre article : « L’arc progressiste fait front contre l’imposture historique »