Category: politique

  • À Béziers, Robert Ménard tente de faire illusion avec un budget serré

    À Béziers, Robert Ménard tente de faire illusion avec un budget serré

    Robert Ménard présidera-t-il à nouveau le conseil municipal de Béziers ? À deux mois des élections, le maire d’extrême droite a dirigé pour la dernière fois de la mandature le conseil le 19 janvier, avant de remettre son fauteuil d’édile en jeu en mars.

    L’occasion de faire voter un dernier budget qui inquiète les oppositions. D’un montant global de 202,894 millions d’euros, celui-ci est en baisse de 21,106 millions par rapport au précédent. Le budget de fonctionnement est en hausse de près de 1,5 million d’euros (142,038 millions au total) tandis que celui des investissements connaît une baisse drastique de 22,544 millions d’euros (60,86 millions).

    « C’est le plus faible budget d’investissement depuis le début de la mandature, puisqu’il était de 67,87 millions au budget primitif (BP) de 2021, de 81,195 millions au BP 2022, de 69,7 millions au BP 2023, de 74,9 millions au BP 2024 et enfin de 83,4 millions au BP 2025 », avance Nicolas Cossange, élu PCF d’opposition. Des investissements qui laissent l’impression que l’édile a juste embelli le centre-ville et les Allées Paul-Riquet, restaurées. « Vous avez dit qu’en embellissant la ville, on réglerait les problèmes de fond comme la pauvreté, l’insécurité, le chômage, qu’on attirerait des investisseurs, etc. Mais c’est un pari perdu. Certes, le centre-ville est plus joli mais sur les autres sujets, c’est un échec. Et on va constater qu’il n’y a aucune proposition pour vraiment traiter en profondeur les difficultés de la vie quotidienne à Béziers », observe Thierry Antoine, élu d’opposition des Écologistes et tête de liste du Printemps de Béziers, liste d’union de la gauche.

    Un maire magicien ?

    Pas d’inquiétude pour Robert Ménard. Il préfère mettre en avant les « 279 millions d’euros investis depuis 2020 [année de sa réélection, Ndlr] » ainsi que le ratio de solvabilité, indicateur donnant le nombre d’années pour désendetter la commune. « Quand je suis arrivé à la tête de la mairie [en 2014, Ndlr], ce ratio était de 9,2 ans. Aujourd’hui, on finit à 4,7 ans », avance l’édile. Sauf qu’à y regarder de plus près, celui-ci était de 4,6 ans en 2022, 4,7 en 2023, 5 en 2024 et 5,3 en 2025… Sur ce dernier ratio, la Ville indique que « ce n’est qu’une précision, des recettes restant encore à comptabiliser ». Mais force est de constater que ces « recettes » ont été comptabilisées par le maire sans être présentées.

    Les élections approchant, Ménard se transformerait-il en magicien, donnant des coups de baguette magique pour verdir les chiffres ? « Il a fait un budget très serré pour limiter la casse apparente. Mais s’il veut investir à nouveau à l’avenir, il va bien devoir aggraver la dette. Et comme l’épargne brute n’a pas vraiment de marge de manœuvre, le ratio fera un mauvais bond en avant sur le prochain budget ou le suivant », s’inquiète Nicolas Cossange.

  • Pont-Saint-Esprit : « Dépasser les appareils politiques »

    Pont-Saint-Esprit : « Dépasser les appareils politiques »

    Pour sa première sortie programmatique, vendredi dernier, Benjamin Desbrun a décidé de plancher sur la sécurité. Avec la liste « Rassembler pour agir » l’ex-conseiller municipal de l’ancien maire Roger Castillon (DVG) et ex-adjoint de l’ancienne maire Claire Lapeyronnie (DVG) veulent « associer les citoyens à la sécurisation de la ville », réglementer les épiceries de nuit, repenser la vidéosurveillance ou encore replacer la police municipale en cœur de ville. « Ce n’est pas un territoire facile, mais nous sommes persuadés que pour réduire le score de l’extrême droite, dans une ville où le RN fait plus de 60% lors des élections nationales, il faut être fermes sur ces sujets-là », complète son nouveau directeur de campagne Benjamin Téoule, membre du cabinet du maire socialiste de Montpellier. « L’idée c’est de dépasser les appareils politiques », ajoute-t-il. Sur ce territoire où les thèses démagogiques de l’extrême droite progressent, la gauche n’a pas trouvé sa voie.

    Pas de candidat RN pour l’heure

    L’ensemble des autres candidats adopte une logique similaire : pas d’étiquette affichée mais des tendances centristes ou de droite. Il en est ainsi du maire sortant Valère Segal, proche du parti Horizons de l’ancien Premier ministre Édouard Philippe. Idem pour le candidat Olivier Esquer, qui mise sur ses origines spiripontaines pur sucre. Pas mieux pour le jeune Loïc Boiron, parti en solo du haut de ses 23 ans. Seule Aurélie Delwarte affiche ses convictions… mais sous le logo d’extrême droite du parti de Marion Maréchal Le Pen (Identité Liberté). Pour l’heure, si le nom du député RN Pierre Meurin (qui avait totalisé 61,55% des suffrages ici lors des législatives anticipées de 2024) circule, son parti n’est pas encore sorti du bois. Dans le Gard Rhodanien, une partie de la gauche désespère. «Je crois que le 15 mars, les camarades de Pont-Saint-Esprit vont partir pêcher… », s’inquiète Elian Cellier (PCF).

  • Marine Tondelier à Marseille pour une nouvelle victoire

    Marine Tondelier à Marseille pour une nouvelle victoire

    C’est la première visite d’envergure depuis l’entrée en campagne de Benoît Payan. Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, était mercredi à Marseille pour soutenir le maire (DVG) sortant et le Printemps marseillais. Arrivée en fin d’après-midi en gare Saint‑Charles, la patronne des Verts a déambulé en centre‑ville avant de rejoindre le QG de campagne sur la Canebière.

    « Les électeurs ne leur pardonneront pas »

    À ses côtés, l’état‑major écologiste local et des figures de la majorité. Au premier rang, Michèle Rubirola qui a conduit la gauche à la victoire en 2020, le sénateur Guy Benarroche, le maire des 4-5, Didier Jau, les adjoints Christine Juste et Hervé Menchon, la maire (Mad Mars) des 6-8, Olivia Fortin, ou l’adjointe (PCF) aux solidarités, Audrey Garino. « Nous sommes là pour la victoire de l’OM et celle du Printemps marseillais les 15 et 22 mars », s’amuse la patronne des Écologistes. Mais avant de filer au Vél’, Marine Tondelier est vite redevenue sérieuse.

    Insistant sur « l’accord historique » noué autour de Benoît Payan et accusant Martine Vassal, la présidente (DVD) de la Métropole de « régler ses comptes sur le dos des Marseillais », Marine Tondelier souligne la nécessité d’un second mandat « pour concrétiser ». « On a commencé à rendre cette ville vivable, cette transformation écologique et sociale doit continuer », abonde Michèle Rubirola quand le maire défend l’union construite depuis 2020. « On devait se rassembler, c’était notre responsabilité après avoir travaillé six ans ensemble. On nous a dit qu’on ne tiendrait pas six mois… nous voilà, rassemblés pour six ans encore, avec la conscience profonde que l’union des écologistes, des progressistes, des humanistes, est une nécessité absolue ».

    « Les Écologistes ont l’antifascisme au cœur et nous ne tremblons pas sur ce sujet », poursuit sa secrétaire nationale, en écho aux sondages dessinant une poussée de l’extrême droite sur la ville. Une pique surtout adressée à la France insoumise et à son candidat, Sébastien Delogu : « Quand on voit un RN aussi haut, on ne peut pas entendre un candidat de gauche dire : Mon but, c’est que M. Payan ne soit plus maire. Là, on a un problème… Je pense que les électeurs ne leur pardonneront pas ».

    Benoît Payan, lui, prend de la hauteur : « Pour la première fois le destin de cette ville, la plus vieille de France peut basculer vers un parti dont le fonds de commerce est la division, la haine des autres, le repli sur soi, la communautarisation des gens, l’exclusion de celles et ceux qui ne seraient pas dans un standard. Ce serait un déni de son histoire. »

    Sans céder aux promesses irréalistes, il revendique un cap : « Protéger les Marseillaises et les Marseillais, changer le destin de cette ville sur un chemin exigeant mais sain ». Et de conclure : « Le seul risque ici, c’est le RN. Nous ne le permettrons pas. »

  • Ariane Lombardi veut un centre social pour Marignane

    Ariane Lombardi veut un centre social pour Marignane

    « On va se battre pour monter un centre social, indispensable pour recoudre la ville », lance Ariane Lombardi mercredi soir. La tête de liste communiste de l’union de la gauche pour les municipales marignanaise a développé cette idée à l’occasion d’une réunion publique au local de campagne du parc Camoin, centrée sur la jeunesse, le lien social et la solidarité.

    Le constat de départ est simple. « Chaque âge de la vie est traité indépendamment par la Ville, mais il y a un grand vide notamment pour la jeunesse des 14 à 25 ans », estime la candidate. « Il faut un lieu de rencontre et d’échanges municipal pour eux, mais aussi pour recréer un lien intergénérationnel. Pour organiser le temps commun et combattre l’isolement de la jeunesse comme des seniors », souhaite la communiste.

    Un lieu de rencontre, et de médiation sociale. « Les jeunes doivent y trouver des facilités pour chercher des stages, des formations, ou un 1er emploi » poursuit Ariane Lombardi, « il faut doter ce centre social d’éducateurs, de médiateurs professionnels de l’orientation qui peuvent aiguiller nos jeunes, en bonne intelligence avec le tissu associatif et économique », argumente la candidate.

    « On peut le budgétiser »

    Ce projet de centre social n’est pas un vœu pieux. « Nous sommes en capacité de le budgétiser », considère Ariane Lombardi, qui estime « entre 600 000 et 700 000 euros le budget de fonctionnement annuel d’un centre social pour une ville de 35 000 habitants ». Au niveau immobilier, « nous avons des bâtiments publics disponibles : l’ancienne école Parc Méditerranée vient d’être mise en vente et nous pourrions la récupérer, comme l’ancien musée Raimu », remarque la candidate, qui estime le budget d’investissement « entre 1,2 et 2 millions d’euros pour la réhabilitation et l’accessibilité. C’est peanuts pour une mairie comme la nôtre », juge-t-elle.

    Un participant réagit. « On va nous dire qu’il existe déjà des choses. Mais il faut sortir de l’événement ! Toute action doit être suivie », estime Michel, retraité, rappelant que « beaucoup de jeunes vivent chez leurs parents ». Dans la même veine, une participante souligne le rôle d’un conseil municipal des jeunes, « un moyen de faire échanger et participer les jeunes dans une démarche citoyenne ». « C’est à la Ville de fournir ces moyens à la jeunesse », insiste Ariane Lombardi, en approuvant la proposition.

    Le prochain rendez-vous de la candidate est le 10 février à 19h avec le maire PCF du Rove Paul Sabatino pour aborder le communisme municipal au local de campagne.

  • [Entretien] Sabrina Bourgerois : à Mimet, « la liste est constituée, mais reste toujours ouverte »

    [Entretien] Sabrina Bourgerois : à Mimet, « la liste est constituée, mais reste toujours ouverte »

    La Marseillaise : C’est votre première réunion publique dans le cadre de votre campagne. À quoi faut-il s’attendre au cours de cette rencontre ?

    Sabrina Bourgeois : Cette réunion permettra d’exposer le programme qu’on envisage pour la commune et pour les élections. On l’a monté pour pouvoir le proposer aux habitants. Je garderais les éléments principaux pour la réunion, mais nous allons présenter les grandes orientations. Ça génère pas mal de thèmes, dont l’intergénérationnel, l’urbanisme et l’aménagement du territoire, l’environnement et les énergies… Mais aussi la démocratie participative, la vie associative sportive et culturelle qui est un thème qui me tient particulièrement à cœur, mais aussi la sécurité publique ou le budget municipal… Tout sera intrinsèquement lié dans ce programme.

    Sur le reste de votre campagne (liste, rencontres…) où en est-on ?

    S.B : La liste est constituée mais elle reste toujours ouverte aux citoyens qui souhaitent nous rejoindre pour participer à ce programme. Samedi, je pars dans l’idée d’exposer les premières lignes du programme pour toucher un maximum de personnes qui puissent s’y sentir investies. Pour qu’elles viennent nous rejoindre. Sinon, la majorité de nos colistiers est déjà investie et mise en place. Mais la liste totale des noms de l’équipe sera dévoilée une fois l’ensemble du programme annoncé. Puis à partir du 31 janvier, nous allons chaque samedi, dès 15h, partir à la rencontre des Mimétains. Soit sur le terrain dans les quartiers de la commune, soit dans une salle communale. On commencera sur la place du village pour discuter, continuer à exposer le programme, et interagir pour démontrer dans quelle optique et quelle vision on veut amener les choses pour Mimet.

    Il est aussi question de « clarifier » une situation à la suite d’un tract litigieux de l’équipe majoritaire sortante. Que pouvez-vous nous dire sur cette situation à ce moment ?

    S.B. : Je compte d’abord faire ma réunion avant d’en parler dans les détails, le sujet est tout frais. Il y a eu édition et publication d’un tract tout à fait diffamatoire, dans lequel des informations personnelles sont dévoilées. Pour le moment, on cherche simplement à débattre sur des idées, apporter un programme… Malheureusement, l’équipe sortante n’a pas trouvé d’autres moyens que d’être dans l’attaque des individus et de se mettre dans une position qui est hors-cadre d’une campagne électorale en divulguant des informations personnelles sur les colistiers. J’aurais plus d’informations à donner à ce sujet [après la réunion, Ndlr.].

    Propos recueillis par Eva Bonnet-Gonnet

    La réunion se déroulera ce samedi 24 janvier, salle des Moulières (mairie annexe ). Un « rafraîchissement convivial » est prévu ensuite.

  • « Ollioules autrement » pour prendre soin des habitants

    « Ollioules autrement » pour prendre soin des habitants

    « Face aux crises qui pèsent déjà sur nos vies, nous choisissons de rompre avec la politique actuelle et d’agir Autrement », commence la tête de liste de « Ollioules autrement » Claudie Cartereau (Les Écologistes). L’objectif étant, poursuit-elle, de faire de cette commune « un territoire qui prend soin des personnes, du vivant et des ressources ».

    Un projet coconstruit avec la population qui vise d’ailleurs à rendre les citoyens partie prenante de l’avenir de la cité, avec la mise en place d’une réelle démocratie participative et l’organisation notamment de débats, consultations et votations en fonction des projets.

    Un programme qui propose, poursuit l’actuelle élue d’opposition, à freiner la bétonisation et l’étalement urbain tout en accompagnant la rénovation et l’isolation des logements sociaux. Et en réalisant la rénovation thermique des bâtiments communaux.

    Il s’agit également de favoriser l’équipement en photovoltaïque et solaire thermique et créer des îlots de fraîcheur tout en élaborant un plan communal de sobriété énergétique et matérielle. Bref, de dessiner « un autre cadre de vie, sobre, solidaire et économe ».

    Régie agricole municipale

    Parmi les actions phares, Ollioules autrement a en ligne de mire la création d’une régie agricole municipale, pour alimenter en produits locaux et bio, les crèches, écoles, collèges et Ehpad de la commune.

    Une ferme de 4 à 6 hectares dans laquelle la production serait assurée par des agents territoriaux comme cela se fait sur la commune de Mouans-Sartoux, dans les Alpes-Maritimes.

    Un projet éducatif y sera associé pour « permettre aux enfants et aux jeunes de comprendre les bases de l’alimentation, les bienfaits d’une alimentation saine sur la santé ». Avec également la mise en place de classes d’alimentation durable et des actions d’éducation alimentaire à destination des familles. Mais aussi des formations et une sensibilisation des acteurs professionnels et des élus aux enjeux de l’alimentation durable.

    Tout cela en renforçant le soutien à l’agriculture, la remise en culture des friches et l’aide à l’installation de jeunes paysans.

    Autre sujet d’importance développé au cours de cette réunion publique, la mobilité. Avec, entre autres, la volonté de « travailler avec la métropole pour réduire la dépendance à la voiture et développer des pistes cyclables sécurisées et continues ».

  • À Morières, la liste Engagés et solidaires conduite par Annick Dubois s’assume à gauche

    À Morières, la liste Engagés et solidaires conduite par Annick Dubois s’assume à gauche

    Une réponse au maire RN sortant Grégoire Souque, accusant la liste de se présenter « comme apolitique sans parti pris ». Rappelons que l’édile s’est lancé en campagne en se présentant divers droite sans s’assumer d’extrême droite. « Plutôt que de mener un débat de fond et de présenter des propositions, il choisit la polémique et la confusion, stratégie qui peine à masquer cinq années d’inaction », pique la liste de gauche dans un communiqué, défendant des valeurs de « solidarité, justice sociale, écologie et démocratie participative »

  • [Sondage] 79% des Français redoutent l’usage de l’arme atomique

    [Sondage] 79% des Français redoutent l’usage de l’arme atomique

    Les résultats de notre enquête d’opinion Ifop/ Mouvement de la paix/ La Marseillaise/ l’Humanité à paraître ce jeudi sont sans appel : les Français sont frappés de plein fouet par le climat mondial anxiogène. À la question posée à l’occasion des 80 ans des bombardements atomiques sur les villes d’Hiroshima et Nagasaki, « dans le contexte international actuel, diriez-vous que l’utilisation accidentelle ou volontaire d’une arme nucléaire vous inquiète », ils sont 79% à répondre « oui » et même 64% à juger ce cas de figure « probable ».

    Retrouvez l’intégralité des résultats de notre sondage dans La Marseillaise de ce jeudi.

  • Des constats, des appels mais pas de bilan pour les vœux de la maire d’Aix-en-Provence

    Des constats, des appels mais pas de bilan pour les vœux de la maire d’Aix-en-Provence

    Un discours long d’une trentaine de minutes, amputé de tout bilan, toute perspective. La faute, de nouveau, aux temps préélectoraux qui empêchent Sophie Joissains, maire sortante (UDI), de présenter les projets aixois passés et à venir.

    L’officialisation de son entrée en campagne n’est donc pas pour tout de suite : les vœux protocolaires, tenus ce mardi au Grand Théâtre comme le veut la tradition ne sont pas, en ce début 2026, le lieu pour aborder l’échéance. « Aujourd’hui, la loi, en cette période préélectorale ne permet pas de faire le bilan, c’est un peu controversé par la jurisprudence mais aucun risque ne peut être pris. Elle interdit aussi de faire des prospectives. Cela fera partie d’un temps différent », précise derrière son pupitre Sophie Joissains.

    Néanmoins, face à la salle comble, composée des maires du Pays d’Aix, des conseillers départementaux et régionaux, des personnalités de la justice, des forces de l’ordre, de secours et autres, quelques messages ont pu être glissés entre les lignes d’une description lisse de la Capitale de Provence et le constat d’une « année ou l’histoire semble frapper à notre porte, où le monde nous interpelle ».

    Sur le thème de la sécurité, un acquis aura été souligné par Sophie Joissains : « Des difficultés, il y en a de nombreuses, (…) la première étant l’impérieuse nécessité d’assurer la tranquillité et la sécurité de tous nos concitoyens, poursuit la première magistrate. Nous avons eu la joie de voir arriver 12 agents [policiers nationaux, Ndlr] de plus à la CSP d’Aix. Merci Monsieur Bruno Retailleau, qui l’a décidé à l’époque. »

    Sécurité, santé, agriculture

    Autre appel martelé par la maire, quelques jours seulement après la mobilisation des agriculteurs contre l’accord de libre-échange avec les pays du Mercosur : « Il nous faut aussi accompagner nos agriculteurs à qui l’on impose des normes toujours plus strictes en même temps que des accords de libre-échange inacceptables, en les empêchant ainsi de travailler efficacement et de gagner leur vie décemment. Je rappelle ici qu’ils sont les garants de notre souveraineté alimentaire. Notre agriculture ne peut être une variable d’ajustement. Les agriculteurs, qui travaillent sept jours sur sept, doivent pouvoir vivre de leur travail. » Après ces mots en direction des agriculteurs, sans mention d’une rencontre entre l’édile et les figures de la contestation agricole lors de leur mobilisation sur Aix, c’est un constat sur le système de santé que la maire tire. « Les médecins et infirmiers libéraux, à qui l’on demande toujours plus, ne parviennent plus à maintenir à flot un système de soins qui fait notre fierté dans le monde entier. Il n’y a pas si longtemps, nous étions confinés et faisions claquer nos poêles et casseroles chaque soir à nos fenêtres pour saluer notre personnel soignant (….) ils font partie des trésors de la France », poursuit Sophie Joissains.

    Puis, citant ces mots : « On était un pays de producteurs, d’ingénieurs, de médecins, on est devenus un pays d’inspecteurs et de contrôleurs », prononcés par Jean-Louis Borloo, cofondateur de l’Union des démocrates et indépendants (UDI). Sophie Joissains enchaîne sur le constat d’un « pays où un porteur de projet se trouve face à une demande d’autorisation et vient souvent passer dans des commissions de contrôle toutes indépendantes des unes des autres, ce qui, sur le plan intellectuel, peut être satisfaisant, mais ce qui, sur le plan pratique, fait en sorte que ce porteur de projet, s’il a le malheur d’avoir un avis défavorable d’une de ces instances, se retrouve à attendre des mois (…) Ça ne peut plus durer. » Alors « face aux fractures, face aux ruptures, aux violences nouvelles, le narcotrafic n’est pas des moindres, la commune doit être un refuge (…) j’ai dit ce que j’avais à dire sur beaucoup de choses, je continuerais ailleurs, ce débat ».

    Ce sera par un hommage à sa prédécesseure Maryse Joissains, « un maire bâtisseur », absente ce soir-là pour raison de santé, que Sophie Joissains a conclu son discours.

  • À Avignon, l’adjoint communiste Julien De Benito passe son tour

    À Avignon, l’adjoint communiste Julien De Benito passe son tour

    Désigné co-chef de file du PCF à Avignon pour les municipales avec Anne-Catherine Lepage, Julien De Benito ne sera pourtant pas candidat. L’actuel adjoint délégué au quartier Nord Rocade et aux enjeux d’une alimentation durable et locale, très impliqué dans les discussions à gauche, évoque « un choix qui est propre et personnel ». Le secrétaire départemental du Parti communiste vauclusien assure que cette décision n’est pas liée au choix des militants de soutenir, avec Génération.s et Avignon collectif, la liste insoumise de Mathilde Louvain au détriment de celle de David Fournier (PS). « Non, c’est un choix antérieur, peu importe l’orientation prise », confie-t-il.

    Élu depuis 2020 dans la majorité de Cécile Helle, Julien De Benito met en avant une baisse de régime dans son choix. « Il faut aussi savoir à un moment prendre du recul quand on n’est plus en bonne disposition, justifie-t-il. Je ne pense plus avoir, pour l’heure, assez de disponibilité pour continuer à dialoguer avec des citoyens qui sont en désaccord avec les politiques menées. Il faut faire beaucoup de pédagogie, être patient… or, ces derniers mois, ma capacité de dialogue est un peu entamée. Il faut une énergie assez neuve et quand on ne l’a pas, il faut savoir faire des pauses militantes et laisser la place aux autres. » À l’instar de Rémy Blanc, actuel conseiller départemental. Mais Julien De Benito ne se désintéressera pas pour autant de la campagne. « Je vais être actif et, dans tous les cas, l’idée, c’est de ne pas laisser la ville à la droite ou à l’extrême droite », fait-il valoir.