Category: politique

  • [Sondage La Marseillaise] L’extrême droite brandit LFI comme épouvantail

    [Sondage La Marseillaise] L’extrême droite brandit LFI comme épouvantail

    En sept minutes devant la presse, ce mardi matin, le directeur de campagne et porte-parole de campagne du RN cite dix fois le nom de son candidat, Franck Allisio. Et huit fois la France insoumise, sept fois le nom de Sébastien Delogu. Créditée de 30% d’intentions de vote au premier tour à égalité avec le maire sortant dans le sondage La Marseillaise / Experts et territoire / Ipsos-BVA publié ce lundi, l’extrême droite a décidé de miser pleinement sur le rejet des insoumis pour poursuivre sur sa dynamique et rallier davantage à droite. « La menace, pour Marseille, c’est que la gauche et l’extrême gauche ne fassent qu’un », lance ainsi Olivier Rioult. Avant de dresser la caricature d’une « ville sans emploi, avec des squats généralisés, des tags, de l’insécurité, couverte de salles de shoot » si la gauche reste à la tête de la municipalité, d’une France insoumise qui prône « le racialisme d’un côté, la violence de l’autre ».

    Alors, pour enfoncer encore plus la droite, dont les intentions de vote ont chuté de trois points depuis le mois de décembre, il tente : « Nous appelons solennellement à ce que Martine Vassal se retire. » Une inversion des fronts républicains, pour jouer sur une corde qu’il sait sensible dans les rangs de la droite.

    Normalisation

    « pro-business »

    « Parmi les élus que vous connaissez, il y a une prise de conscience de cette menace pour Marseille, ils seraient prêts à appeler à voter pour Franck Allisio demain », jure l’ancien collaborateur de Martine Vassal rallié au RN en 2024. « Je fais partie de cet ancien monde, je sais quelles sont leurs idées, ils partagent à 99% ce qu’on défend », appuie le vice-président de l’UDR dans le département, Jean-Baptiste Rivoalan, ancien président du groupe majoritaire à la Métropole, qui vise « beaucoup de LR qui comptent autour de Martine Vassal ». « Franck Allisio est prêt à tendre la main aux LR qui sont sincères », promet son porte-parole, après la valse des ralliements de l’automne.

    Derrière cet appel, l’inquiétude pointe d’un retour du barrage républicain. « Depuis la déclaration de candidature de Benoît Payan, il y a cette petite musique de la diabolisation qui réapparaît, on convoque Vichy, on explique qu’il y aurait un danger pour Marseille », déplore Olivier Rioult. Là où le RN tente de se normaliser, se présentant comme « pro-business ». « Les investisseurs nous ouvrent les portes », promet ainsi le directeur de campagne. Passant outre le sondage publié dans nos colonnes, ce mardi, dans lequel seules 29% des personnes interrogées estiment que Franck Allisio ferait un bon maire (et 33% un mauvais maire). « C’est la première fois qu’il est candidat, les Marseillais apprennent à le découvrir », pointe Olivier Rioult, notant la progression de sa notoriété depuis le lancement de campagne en juin. Mais ce déficit, paradoxalement, peut aussi servir le candidat de l’extrême droite. « Il incarne un nouveau visage, un renouvellement », vante-t-il. Une pièce de plus dans la normalisation, même si le costard craque un peu lorsque ce directeur de campagne partage, sur les réseaux, des visuels décrivant des adjoints à la « préférence algérienne », aux « relations avec les islamistes », dans la droite ligne des vieilles outrances racistes du RN. « Il y a peut-être une forme de caricature », hausse des épaules l’auteur de la publication.

    Peu importe : tout juste sorti de la cour d’appel d’Aix où il était jugé pour favoritisme, le sénateur Stéphane Ravier fait toujours le rabatteur en colportant les théories racistes de « grand remplacement » et d’une islamisation de Marseille qui menacerait ses traditions, avant d’appeler à voter pour Franck Allisio, au mois de mars, pour « vaincre ou périr ». Et le Mr. Hyde de la normalisation de l’extrême droite de vanter sa « liberté de ton » retrouvée en n’étant pas candidat.

    Et aussi

    Batailles de chiffres sur les brigades de nuit

    En affirmant sur les ondes de France info, lundi matin, qu’il n’y a seulement « la nuit à Marseille, qui circulent, [que] 40 policiers nationaux », le maire (DVG) sortant, désormais candidat, à fait grincer quelques dents. « Tous les jours à Marseille, de 19h à 6h, ce sont en moyenne plus de 160 policiers qui sont mobilisés sur la voie publique », répliquait par communiqué le préfet de région en début de soirée. Et d’appuyer : « Leur action est déterminante et leur abnégation totale. Les enjeux politiques ne sauraient remettre en cause leur engagement. » « En discréditant l’action du préfet, Benoît Payan envoie un feu vert aux délinquants », ajoute la fédération LR des Bouches-du-Rhône. « Ces 40 personnes correspondent aux douze équipages qui sont la présence maximale des policiers qui font des patrouilles », indique l’entourage de l’édile, qui souligne vouloir parler de « présence policière permanente la nuit ». Tandis que le maire s’alarmait de voir l’actuel ministre « en train de reprendre » les effectifs accordés.

    Les quartiers populaires veulent peser à gauche

    Ce mercredi à 18h, des responsables associatifs particulièrement implantés dans les 13e et 14e arrondissements organisent un meeting à l’espace Arena afin de structurer leur réseau citoyen, Forces vives. Parmi eux, Yahya Gungormez implanté aux Aygalades (15e), Belaid Aroun à la Maurelle (13e), Fatima Mostefaoui aux Flamants (14e). « C’est un réseau informel qui existe depuis un an », explique leur porte-parole, Sandro Piscopo. Sollicitées par les différents partis, ces têtes de réseau associatives veulent pousser pour plus de représentativité des quartiers populaires. « Nous défendons une autre méthode de gouvernance, partagée par les citoyens », indique-t-il. Avec des conseils citoyens, plus de budgets participatifs. En particulier, ceux-ci espéraient créer une seule liste citoyenne à gauche dans les 13-14, sans y parvenir, malgré des rencontres. Mais, contrairement au mouvement Marseille populaire, ils s’assument clairement à gauche et veulent poursuivre leur activité au-delà du seul scrutin municipal.

    Samia Ghali sera tête de liste du Printemps marseillais dans les 15-16

    Partie seule aux municipales en 2020 avant de rejoindre la majorité municipale comme maire adjointe, Samia Ghali (DVG) s’inscrit pleinement avec le Printemps marseillais pour cette campagne, avec son mouvement Marseille avant tout. « Je serai représentante dans les 15e et 16e arrondissements pour l’union de la gauche, pour qu’ils soient plus forts avec le Printemps marseillais », indique-t-elle à La Marseillaise. Et de préciser : « J’y ai commencé ma vie politique, je la finirai là-bas. »

    Martine Vassal désigne huit référents de secteur

    Martine Vassal a désigné les huit référents de sa liste « Marseille je t’aime » qui vont piloter sa campagne sur chaque secteur de Marseille. « Ils pourront être les têtes de le liste, mais ne le sont pas forcément », explique Romain Simmarano, directeur de cabinet de Renaud Muselier et porte-parole (Renaissance) de la campagne de Martine Vassal, désigné dans les

    les 1er et 7e arrondissements (secteur 1). Les 2e-3e reviennent à Solange Biaggi, déjà candidate en 2014 et 2020 et les 4e-5e, à Bruno Gilles, ancien maire de secteur (Hor). Dans le 6e-8e, Catherine Pila, élue LR et présidente de la RTM, a été désignée. Les 9e-10e sont confiés à Laure-Agnès Caradec, présidente LR des Bouches-du-Rhône et directrice de campagne. Les 11e-12e vont à Sylvain Souvestre, le maire sortant (LR), les 13e-14e à Marion Bareille, elle aussi maire de secteur (DVD). Le seul nouveau visage est dans les 15e-16e, un secteur où la droite passe rarement le 1er tour, avec la désignation de Gérard Blanc (Ren), l’ancien attaché parlementaire de l’ex-députée macroniste, Alexandra Louis. Les listes et le programme doivent être annoncés après la mi-février.

    La permanence de Bruno Gilles visitée

    La permanence de Bruno Gilles (Hor), ancien député et maire de secteur, aujourd’hui référent des 4-5 pour Martine Vassal, a été cambriolée avant même son inauguration pendant les fêtes. Plus d’un millier d’affiches, un écran géant, des doudounes militantes et une cafetière ont été volées. Le candidat a porté plainte pour effraction, menaces de mort et harcèlement en ligne, évoquant une « petite musique inquiétante ».

  • [Sondage La Marseillaise] Distancée par le RN, la droite marseillaise appelle à « la confrontation des idées »

    [Sondage La Marseillaise] Distancée par le RN, la droite marseillaise appelle à « la confrontation des idées »

    Point presse sous pression au QG de campagne de Martine Vassal, cours Pierre-Puget (6e), ce mardi. Le thème initial a été ajourné pour un rendez-vous « plus politique », et l’heure avancée pour permettre à la très droitière sénatrice (LR), Valérie Boyer, d’y prendre part. à deux mois du scrutin, le sondage égrainé depuis lundi dans La Marseillaise, a bousculé la campagne en plaçant le candidat d’extrême droite (30%), largement devant la candidate de la droite dite républicaine (23%). Deux courbes qui se croisent.

    « Il y a beaucoup d’agitation, tout le monde commente en jouant le second tour avant le premier, mais la plupart des candidats confondent des échéances nationales avec ces municipales », tempère Romain Simmarano (Ren). Le porte-parole de Martine Vassal essaie de recentrer le débat, appelle à parler « projet », « visions », à la « confrontation des idées » et s’évertue à replacer sa candidate dans « un duel à deux », s’appuyant sur le second volet du sondage, sorti le matin-même.

    à la question « qui ferait un bon maire ? », 47% des Marseillais interrogés répondent Benoît Payan (DVG), 44% Martine Vassal (DVD) et 29% Franck Allisio (RN). « On a pour la première fois un chiffre intéressant, avec la seule question qu’on devrait se poser. Et là, les choses s’inversent et créent un duel de fait », argue Simmarano.

    « Mais qui sont-ils ? »

    Pour l’équipe de campagne, ce chiffre souligne la fragilité du maire. « Un sortant n’a pas un taux de satisfaction de moins d’une personne sur deux », glisse Valérie Boyer, quand son partenaire met en avant sa candidate qui « n’a jamais été maire, se présente avec son expérience et une équipe forte de son renouvellement et de son savoir-faire ». L’offensive contre Payan, accusé de « nier les problèmes » et « recycler 85% du programme de 2020  », est ciblée : « Il a eu six ans et les pleins pouvoirs municipaux et son bilan est famélique », assène le porte-parole.

    Et si on observe que les 46% de Marseillais estimant que « Martine Vassal ne serait pas une bonne maire », jugent peut-être aussi son bilan à la tête de la Métropole sur les transports, la propreté ou la voirie, les deux balaient. « Elle n’est pas maire », objecte Valérie Boyer. « C’est une élection municipale », répond Simmarano, oubliant que les conseillers métropolitains seront aussi désignés en mars. « Le maire a un statut particulier avec la clause de compétence générale. Donc, quand on regarde l’état d’une ville, on ne peut regarder que le bilan de la municipalité ».

    Mais le discours est vite parasité par un point presse tenu une heure plus tôt par le RN (lire ci-contre). Se basant sur le sondage, il y a appelé au retrait de Martine Vassal. Si Valérie Boyer juge la manœuvre « paresseuse », Romain Simmarano s’énerve presque : « Mais qui sont-ils ? La démocratie, ce n’est pas demander à son adversaire de se retirer avant l’élection ! La campagne de Franck Allisio est motivée par la peur, la trouille des autres, de la confrontation et du terrain (…). Le RN n’a aucune proposition. Il se complaît dans le rôle d’assurance vie de Benoît Payan. »

    La droite, qui a surfé sur les thèmes sécuritaire, jusqu’à assumer un partage des valeurs avec le RN, revendique désormais une ligne claire. « Nous, c’est le gaullisme, la République, l’amour du drapeau, la volonté d’avoir une ville sécure qui offre des perspectives à tous ces enfants. Ça c’est nous, cette droite et ce centre, cet humanisme. On n’est pas de la même famille. Que M. Allisio arrête de se faire passer pour ce qu’il n’est pas. Il est le candidat de l’extrême droite, il faudra le courage de le dire », martèle le proche de Renaud Muselier, pointant l’absurdité de l’état d’urgence proposé par Allisio pour lutter contre le narcotrafic et la surenchère fiscale du RN à Paris.

    Acculée à deux mois du scrutin, la droite se cherche un récit. Celui d’une candidate « capable de rassembler » face à un maire sortant fragilisé et un RN « fébrile ». « Bien sûr que nous ne nous retirerons pas. Nous avons uni la droite et le centre pour changer Marseille sans céder aux extrêmes. On ira projet contre projet, vision contre vision », promet Simmarano. « Et nous allons gagner ».

  • [Sondage La Marseillaise] Samia Ghali : « Je serai la représentante de l’union de la gauche dans les 15-16 »

    [Sondage La Marseillaise] Samia Ghali : « Je serai la représentante de l’union de la gauche dans les 15-16 »

    La Marseillaise : En 2020, vous étiez partie seule aux municipales. Cette fois, vous vous rangez derrière Benoît Payan. Qu’est-ce qui vous a décidé dans ce choix ?

    Samia Ghali : En 2020, nous avons fait le choix de rejoindre le Printemps marseillais pour qu’il puisse gérer la ville de Marseille. Je suis en gestion avec la majorité municipale depuis, il était tout à fait normal d’être encore dans cette majorité pour poursuivre ce que nous avons fait depuis six ans.

    Avant que vous ne rejoigniez la majorité, il y a eu une campagne, avec des mots durs vis-à-vis du Printemps marseillais. Cette page est tournée ?

    S. G. : Elle est tournée d’un côté et de l’autre. Je ne regrette absolument rien de ce qui s’est passé en 2020, j’ai mené une campagne parce que j’ai considéré que les quartiers populaires n’étaient pas représentés. Les électeurs m’ont choisie, j’ai permis à la majorité municipale de gérer la ville. D’autres étaient avec le Printemps marseillais au second tour, ils ne le sont plus.

    Le changement de mode de scrutin a pesé dans votre choix ?

    S. G. : Pas du tout. Si j’avais envie d’aller dans une élection, si je ne retrouvais pas mes convictions au sein de la majorité municipale, rien ne m’aurait retenu. Mais on ne peut pas être dans une majorité pendant six ans et en sortir trois mois avant la campagne pour faire autre chose. Je ne vais pas faire semblant d’être dans un camp pendant six ans et ensuite dire que j’ai changé, je vais ailleurs. Ce n’est pas ma façon de faire de la politique.

    Vous confirmez que vous serez bien tête de liste dans les 15-16 ?

    S. G. : Je n’ai jamais lâché les 15e et 16e arrondissements. J’y ai commencé ma vie politique et je la finirai là. Oui, je serai représentante dans les 15e et 16e arrondissements pour l’union de la gauche, pour qu’ils soient plus forts avec le Printemps marseillais.

    Vous parliez de la place des quartiers populaires, des associations pointent leur manque de représentation…

    S. G. : Dans le cadre de la rénovation urbaine, j’ai fait beaucoup de réunions publiques où j’ai rencontré beaucoup de Marseillais que ce soit à Air Bel, à Corot, Frais Vallon, la Busserine, la Savine, la Bricarde, la Castellane… Il n’y a pas un quartier où je n’ai pas été présente. Défendre les quartiers populaires, cela ne se décrète pas deux mois avant l’élection, cela se fait dans l’action, au quotidien. Quand on fait la HCup, les réunions publiques de la rénovation urbaine, l’Eté marseillais, la flamme olympique… Ce n’est pas pour les quartiers populaires ?

    Certains élus qui étaient autour de vous ont dû arrêter. Quelles forces apportez-vous au Printemps marseillais ?

    S. G. : Ce sont des élus pour lesquels j’ai beaucoup d’affection et d’amitié. Je suis quelqu’un de fidèle. La force que j’apporte maintenant, c’est celle que j’ai apporté depuis six ans.

    En face de vous, Sébastien Delogu avait obtenu 60% des voix dès le premier tour aux législatives…

    S. G. : Il n’est pas face à moi. A l’heure où on se parle, je ne sais pas où il sera, il est candidat à la ville de Marseille, on verra. Chacun fera ce qu’il a à faire dans cette campagne.

    Une extrême droite créditée de 30% d’intentions de vote au premier tour, cela vous alerte ?

    S. G. : Il faut que chacun réfléchisse bien, notamment les électeurs de gauche dont ce n’est pas la culture de permettre au Rassemblement national de gagner. La candidature de la France insoumise est le marche pied du Rassemblement national. Si demain si le Rassemblement national gagnait Marseille, ce serait une catastrophe pour la France. Ceux qui pensent qu’il amènerait l’ordre à Marseille se trompent, ce serait le chaos et le désordre.

    Vous vous présentez sous une étiquette particulière ?

    S. G. Ca reste Marseille avant tout. Mais encore une fois, nous sommes dans le Printemps marseillais. Personne ne m’empêchera de dire ce que je pense, encore moins aujourd’hui que hier. En tant que maire adjointe de la deuxième ville de France, j’ai pu mener toutes les actions que j’ai voulu mener à bien, avec les moyens que le maire m’a laissé avoir. Si quelque chose ne m’allait pas, je serais partie, je n’étais pas en concubinage ! Ce qui m’a animé, c’est qu’on réussisse ensemble, sinon cela aurait été un échec collectif. En six ans, ce n’est pas notre groupe qui a posé des problèmes au Printemps marseillais, moi je n’ai pas trahi.

    Vous comptez rester maire adjointe ?

    S. G. : C’est le maire de Marseille qui décidera de la place qu’il accordera aux uns et aux autres, il faut lui laisser ce soin.

    Propos recueillis par Yves Souben

  • Saint-Jean-de-Védas : une ville endeuillée et à l’arrêt qui cherche sa boussole

    Saint-Jean-de-Védas : une ville endeuillée et à l’arrêt qui cherche sa boussole

    Depuis le 5 janvier, Saint-Jean-de-Védas a un nouveau maire. Et contrairement à ce que l’impasse politique laissait présager, ce ne sont pas les divisions au sein de la majorité qui en sont la cause. À 42 ans, l’ex-édile François Rio a perdu la vie le 20 décembre dans un accident domestique. Tragique.

    Les hommages ont été unanimes et si la campagne a été mise en pause, elle reprend peu à peu. Dans la 4e commune de la métropole de Montpellier, l’incertitude est à son comble. Le 5 janvier, lors d’un conseil municipal tendu, l’élue Mireille Passerat de la Chapelle a été préférée à l’ancien 1er adjoint Christophe Van Leynseele pour assurer l’intérim. La retraitée de 78 ans ne devrait pas aller plus loin. Ce qu’il reste de la majorité sortante devenue minoritaire (le budget 2025 avait dû être préparé par la Chambre régionale des comptes), sera-t-elle seulement en mesure de monter une liste ?

    Dans l’opposition de l’ancien maire, ils sont potentiellement six dans les starting-blocks. Deux sont des anciens de l’équipe de feu François Rio. S’il n’est pas encore déclaré, Patrick Hivin, qui se revendique de l’ancien premier ministre de droite Edouard Philippe, pourrait en être en tant qu’« apolitique ». De son côté, Richard Plautin est décidé avec sa liste sans étiquette « Ensemble pour les Védasiens ». Fâché avec le maire défunt depuis l’automne 2024, c’est un ancien compagnon de route de l’ex-édile Jacques Atlan (PS). Richard Plautin veut plus de policiers municipaux, soutenir sport et culture, mieux gérer les finances et « redonner à Saint-Jean sa place à la Métropole ». Il est le seul favorable à l’actuel projet de Contournement ouest de Montpellier (COM) pour « fluidifier la circulation ».

    Cheffe de file du groupe d’opposition « Aimer Saint-Jean », Emmanuelle Mysona mènera une liste « sans étiquette hors des extrêmes ». La professeure des écoles soutenue par des membres de l’équipe de l’ancienne maire Isabelle Guiraud (DVD) veut agir face à la carence de médecins, pour lutter contre les accidents routiers et rénover les maisons vétustes. De son côté, Michel Masson n’est autre que l’ex-mandataire de l’extrémiste de droite Éric Zemmour à la dernière élection présidentielle. Accusé d’avoir construit son mas dans la garrigue en toute illégalité, l’ancien garagiste devenu ciottiste constitue une menace pour l’avenir de la commune aux yeux de la gauche.

    Quelle offre à gauche ?

    Avec le collectif « Pour Saint-Jean », le socialiste Florian Depret mènera une liste « transpartisane, sans extrêmes d’où qu’ils viennent ». Suspendu 6 mois pour sa dissidence aux législatives 2022, celui qui ne portait pas la Nupes (coalition des gauches) dans son cœur insiste sur le collectif. « On n’élit pas un maire mais une liste. On voit que sans majorité, un maire n’est rien. » L’ingénieur informaticien promet « d’apaiser le climat » en impliquant l’opposition et les citoyens. Il entend recréer un cœur de ville (rambla place de l’Ortet), créer un pôle médical védasien et une voie rapide vélos vers Montpellier via la route 613. Florian Depret veut rénover les « passoires thermiques » dans les écoles et créer un « hub solidaire » pour les associations. Comme lui, Philippe Hippert est contre le projet de COM de Vinci mais pour un « boulevard urbain ». À la différence que le président de l’association « Saint-Jean Environnement » revendique une « liste de gauche plurielle dans l’esprit du Nouveau front populaire ». En pourparlers avec Place publique et Génération.s, l’ancien principal de collège a le soutien de l’Engagement et des Écologistes. « On ne se cache pas derrière notre petit doigt », précise-t-il face aux listes dites « apolitiques ». Avec le Collectif védasien, l’ex-élu sous Jacques Atlan veut « sortir de la gouvernance verticale » et une vice-présidente pour Saint-Jean à la Métropole. Philippe Hippert assume son opposition ferme au projet de chaufferie CSR traitant les déchets. « On peut les trier déchets et travailler avec Lunel et Sète. » Il souhaite construire des logements sociaux dans la « mixité » des quartiers et « arrêter d’urbaniser les terres agricoles ». Comme Florian Depret, il veut mieux isoler les écoles et imagine une maison médicalisée pour attirer des médecins. Un accord de 2nd tour serait-il possible ?

  • Roussel revendique « le droit au bonheur »

    Roussel revendique « le droit au bonheur »

    « Je voudrais revendiquer le droit au bonheur, le droit à la paix, pour toute cette grande famille humaine et bien sûr pour notre pays et le peuple de France. » C’est par ces mots que Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, lance ses vœux pour 2026. Face à un monde « qui a la crève », tel qu’il le formule, le communiste revendique l’espoir.

    Après avoir rendu un hommage aux victimes de la tragédie de Crans-Montana et à leurs proches, il dédie ce moment à « la jeunesse » et questionne « quel monde allons-nous laisser à nos enfants ? car la guerre menace partout ». Un terrible constat, plus de 60 pays sont en guerre, c’est du jamais vu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. « Jamais nous n’abandonnerons la paix, jamais nous n’abandonnerons nos enfants », martèle le dirigeant communiste depuis le siège historique du parti place Colonel-Fabien.

    Ainsi, il apporte son soutien à la jeunesse iranienne, qui poursuit depuis plus de 15 jours des manifestations contre le régime des mollahs. Une révolte amorcée il y a deux ans déjà par le mouvement « Femme, Vie, Liberté ». Même soutien apporté à la jeunesse du Venezuela et au peuple dans sa globalité, après le kidnapping du dirigeant Nicolás Maduro et de son épouse, ce que Fabien Roussel qualifie d’« acte de guerre extrêmement grave, extrêmement dangereux » des États-Unis. « Que dirions-nous si demain, une puissance étrangère venait à kidnapper Emmanuel Macron et Brigitte Macron ? (…) nous serions les premiers à dénoncer cette ingérence étrangère et à réclamer sa libération », affirme le leader du PCF. « Tout le monde comprend que la question posée n’est pas celle de la nature du régime vénézuélien mais bien celle de la nature de cette agression », pousse-t-il en présence de la représentante de l’ambassade du Venezuela Martha Bolivar Acosta et de l’ambassadeur de Cuba Otto Vaillant Frias, demandant la fin des blocus contre leur État respectif.

    « Nous ne voulons pas vivre dans un monde où la démocratie, les peuples, le climat, nos ressources naturelles, le vivant, seraient sacrifiés sur l’autel des profits des multinationales et des grands pétroliers », insiste Fabien Roussel et enjoint Emmanuel Macron de cesser de se « mettre à genoux » devant « l’ogre Sam » : « un président de la République qui se couche, c’est la honte totale pour notre pays, la honte suprême », clame-t-il. Et appelé dans la même séquence à « la paix en Europe » en mettant fin à la guerre en Ukraine. Aussi, en présence des représentants de l’ambassade de Palestine et de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), le chef des communistes français a assuré « poursuivre le combat avec eux pour une solution à deux États ».

    « L’État d’urgence industriel »

    Alors que le budget de l’État pour 2026 fait son retour dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale ce mardi, le secrétaire national du PCF est clair sur la consigne donnée à ses troupes : « Nous ne pouvons pas voter un budget qui alimente la guerre », prévient-il. Et porte un « budget qui fait le choix du pouvoir d’achat, d’investir dans les salaires, la production, énergie, formation, innovation et la transition écologique ». Tout en glissant un mot pour les milliers de salariés menacés par des plans sociaux, Fabien Roussel appelle le gouvernement à déclarer « l’État d’urgence industriel ». Enfin, à l’approche des élections municipales, le PCF, fort de 900 chefs de file dans le pays, pour battre « la droite et l’extrême droite », au travers de l’union. « Le rassemblement, il y a ceux qui en parlent et ceux qui le font », tacle le maire de Saint-Amand-les-Eaux.

  • [Sondage La Marseillaise] Pour la droite, le Rassemblement national est « l’assurance-vie » de Benoît Payan

    [Sondage La Marseillaise] Pour la droite, le Rassemblement national est « l’assurance-vie » de Benoît Payan

    À deux mois des élections, la course à l’hôtel de ville s’annonce disputée. Le sondage La Marseillaise/Experts et territoires/Ipsos-BVA, publié lundi, place Benoît Payan (DVG) et Franck Allisio (RN) en tête du 1er tour avec 30% des intentions de vote chacun. Martine Vassal, la candidate (DVD) de l’alliance de la droite, en recueille 23%. Sébastien Delogu (LFI) est lui crédité de 14%.

    Dynamiques croisées

    La réaction de l’équipe de campagne de Martine Vassal n’a pas tardé. Dans un communiqué, elle appuie sur la volatilité de l’électorat. « Les sondages se suivent et ne se ressemblent absolument pas. En deux mois, on a eu trois candidats différents en tête, on voit bien que c’est une élection très incertaine qui sera sûrement la plus serrée de l’histoire », appuie Romain Simmarano (Ren), porte-parole de la candidate. Sur les réseaux, ce dernier poste un tableau faisant la moyenne des sondages précédents. Une façon d’atténuer l’impact. Mais le document met en valeur deux dynamiques qui se croisent : celle de sa candidate qui perd six points depuis son entrée en campagne en septembre et celle de Franck Allisio qui en gagne autant sur la période.

    « Il faut se souvenir que notre liste était à 21% il y a un an. Cette élection n’est pas jouée, tout est très ouvert, voilà ce que disent ces sondages », répond Romain Simmarano. Pris en étau entre une extrême droite dont Martine Vassal a admis partager des valeurs, et une gauche sortante dont le socle est plus large qu’en 2020, la droite essaie de s’ouvrir une voie pour être dans « le match » de cette élection.

    « Le grand fantasme de Benoît Payan d’installer un match avec le RN se met en place. En 2020, il a utilisé Michèle Rubirola en bouée de sauvetage, en 2026, ce sera Allisio », note Maxime Boudet, porte-parole de Renaissance Marseille. « Il a bien compris que c’est pour lui une assurance-vie, car le RN ne peut pas gagner », renchérit Romain Simmarano, pour qui l’alliance des macronistes aux LR reste « la seule voie médiane, raisonnable et ambitieuse ».

    L’entourage de Martine Vassal appelle aussi à recentrer le débat. « Ne nous trompons pas d’élection », écrit son équipe, plaidant pour une confrontation des « idées » autour de Marseille, de sa sécurité et de son rayonnement. « La campagne commence, on va pouvoir parler projet et vision. La propreté, la RTM, ce n’est plus l’enjeu », estime Maxime Boudet, souhaitant voir le centre macroniste prendre toute sa part. « Les résultats de Berland en 2020 montrent que sont les voix qui manquent aujourd’hui à Martine Vassal. On doit aller chercher les électeurs du centre. Renaissance peut rapporter ces voix à Martine Vassal ». Ces mêmes voix qui s’étaient déjà refusées en 2020 ?

  • [Sondage La Marseillaise] La France insoumise veut un « front commun »

    [Sondage La Marseillaise] La France insoumise veut un « front commun »

    Crédité de 14% des intentions de vote au premier tour dans le sondage La Marseillaise – Experts et territoires – Ipsos-BVA publié ce lundi, le candidat de la France insoumise oscille toujours autour de la barre des 15% au fil des différentes enquêtes d’opinion. Sans décoller depuis le meeting qui a lancé sa campagne le 7 décembre. « On ne commente pas les sondages, balaie d’emblée son directeur de campagne, Hedi Bounouar. Les élections, ce sont le jour du vote et ce sont les électeurs qui décident des élus, pas les sondeurs. »

    En face, l’annonce d’un RN à égalité avec le maire (DVG) sortant Benoît Payan, au premier tour, amène le Printemps marseillais a pousser pour un vote utile. « Le plus important, ce n’est pas de voter utile, c’est de voter pour ses convictions, notamment au premier tour, réplique le porte-parole du député des quartiers Nord. Pour moi, voter utile à gauche, si le RN est aussi haut, c’est voter pour ceux qui ont annoncé vouloir faire un front commun contre l’extrême droite. » Tandis que Benoît Payan espère l’emporter sans le soutien des Insoumis. C’est que les attaques contre le Printemps marseillais passent mal dans la majorité municipale. « La musique selon laquelle la campagne des Insoumis est orientée contre Benoît Payan, c’est quelque chose que l’on réfute », jure Hedi Bounouar. Lui reprochant malgré tout de ne pas s’être « extrait du système Gaudin-Guérini ».

  • [Sondage La Marseillaise] Un rejet désormais plus marqué de LFI que du RN

    [Sondage La Marseillaise] Un rejet désormais plus marqué de LFI que du RN

    Pour chacune des personnalités suivantes, diriez-vous que si elle devenait Maire de Marseille en mars prochain, ce serait une très bonne, plutôt bonne, plutôt mauvaise, très mauvaise chose ou ni une bonne chose, ni une mauvaise chose pour l’avenir de Marseille ?

    C’est la question à laquelle l’échantillon représentatif de Marseillais a répondu. À nouveau, le maire de Marseille fait la course en tête (44% de oui), devant Martine Vassal (40%de oui), Franck Allisio (32%de oui) et Sébastien Delogu (22% de oui).

    Indifférence croissante vis-à-vis de l’extrême droite

    L’enquête révèle un rejet désormais plus marqué de LFI que du RN. Ainsi, l’élection du candidat insoumis serait jugée comme « une mauvaise chose » pour l’avenir de Marseille par 54%des personnes interrogées. « Clairement le repoussoir c’est LFI au plan national, c’est Delogu à Marseille », analyse Stéphane Zumsteeg le directeur du département Politique et opinion d’Ipsos-BVA.

    Les conséquences d’une élection de Benoît Payan comme de Martine Vassal seraient perçues comme négatives par 36% des personnes interrogées.

    Quant au candidat RN, s’il y a plus de Marseillais qui verrait son élection comme « une mauvaise chose » (39%) que comme « une bonne chose » (32%), une part importante des personnes interrogées estiment que ce serait « ni une bonne, ni une mauvaise chose ».

    « C’est le symptôme d’une institutionnalisation du RN qui fait de moins en moins peur y compris au plan local. 20+32 ça fait 52% donc oui, si on ajoute ceux qui y sont favorables et ceux qui y sont indifférents cela fait une majorité potentielle », souligne Stéphane Zumsteeg.

  • L’avenir politique de Marine Le Pen se joue en appel

    L’avenir politique de Marine Le Pen se joue en appel

    Pour le Rassemblement national, c’est l’élection présidentielle de 2027 qui se joue : Marine Le Pen comparaît mardi en appel dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national [ancien nom du Rassemblement national]. Le procès qui s’ouvre en début d’après-midi au palais de justice de la Cité à Paris est prévu pour durer cinq semaines, jusqu’au 12 février. Pour rappel, la cheffe de l’extrême droite française a été condamnée en première instance le 31 mars 2025 à deux ans de prison ferme, cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate pour détournements de fonds publics et 100 000 euros d’amende.

    Considérée par le tribunal comme étant au cœur du « système », elle encourt la peine maximale, soit dix ans d’emprisonnement et un million d’euros d’amende. « Marine Le Pen s’est inscrite avec autorité et détermination dans le fonctionnement instauré par son père auquel elle participait depuis 2004 », avait estimé la présidente du tribunal correctionnel de Paris Bénédicte de Perthuis, qui a, par la suite été la cible des attaques coordonnées du camp brun.

    Le FN est accusé d’avoir détourné 2,9 millions d’euros durant onze ans au Parlement européen, à travers un véritable système d’emplois fictifs consistant à faire travailler pour le parti des assistants de députés européens. Mardi, Marine Le Pen verra comparaître à ses côtés, onze de ses affidés, comme les ex-eurodéputés Bruno Gollnisch et Nicolas Bay, les anciens assistants parlementaires désormais élus Catherine Griset et Julien Odoul, ainsi que Louis Aliot, l’actuel maire de Perpignan – pour ne citer qu’eux – ont également fait appel de cette condamnation. Tandis que douze autres ont renoncé parmi lesquels Yann Le Pen, l’une des filles du fondateur du FN. Le RN, également condamné en tant que personne morale, avait ainsi dû verser 2 millions d’euros d’amende, dont 1 million avec sursis.

    Une décision rendue d’ici cet été, le RN se prépare

    La décision est attendue à l’été prochain. Si elle est condamnée en appel, Le Pen peut toujours se pourvoir en cassation. « Les juges ne sont pas déconnectés de la réalité. Ils savent bien qu’il y aura une élection présidentielle en 2027, que Marine Le Pen est une candidate évidemment importante et donc que le moment où la décision sera rendue peut avoir une incidence », a indiqué Christophe Soulard, plus haut magistrat du siège de l’ordre judiciaire, lors d’une rencontre avec la presse jeudi, à la veille de l’audience solennelle de rentrée de la Cour de cassation. « Il est de la bonne administration de la justice, si possible, mais je ne sais pas si ça sera possible, que la question soit réglée avant l’élection présidentielle », a-t-il soulevé.

    La triple candidate à l’élection présidentielle (2012, 2017, 2022) pourrait voir ses ambitions élyséennes contrariées. En attendant, le parti à la flamme fait, en apparence, bloc derrière sa championne. Pendant que Jordan Bardella squatte les plateaux de télévisions, fait la Une des titres de presse d’extrême droite et est testé comme grand remplaçant voire titulaire dans les sondages d’intention de vote.

    Et pourtant, ce lundi, lors de ses vœux il a défendu sa patronne : « Il serait profondément inquiétant pour la démocratie que la justice prive les Français d’une candidate à l’élection présidentielle, déjà qualifiée à deux reprises pour le second tour et aujourd’hui donnée comme favorite incontestée du scrutin », veut croire Jordan Bardella. Sans doute faut-il rappeler une nouvelle fois au président du Rassemblement national, à ses troupes et à tous ceux qui attaquent l’État de droit qu’en France la justice est indépendante.

    A Marseille vendredi

    Trois jours seulement après l’ouverture de son procès, la patronne de l’extrême droite française sera à Marseille vendredi, invitée d’honneur de la présentation des vœux de Franck Allisio au parc Chanot. Le député de la 12e circonscription des Bouches-du-Rhône est le candidat du RN pour la mairie de Marseille. La présence de Marine Le Pen démontre la volonté du parti d’extrême droite de mettre les bouchées doubles pour tenter de ravir la deuxième ville de France lors des élections municipales de mars prochain. Franck Allisio est d’ailleurs au coude à coude dans les intentions de vote avec le maire sortant Benoît Payan (DVG) selon le sondage La Marseillaise/Experts et territoires/Ipsos-BVA, paru ce lundi.

  • [Entretien] Antoine Boudet : « Apporter de la sérénité dans le débat à Orange »

    [Entretien] Antoine Boudet : « Apporter de la sérénité dans le débat à Orange »

    La Marseillaise : Comment s’est déroulée votre désignation et comment appréhendez-vous cette mission ?

    Antoine Boudet : Avant les fêtes, on a fait un processus de vote. Chaque membre du collectif désignait la personne qu’il estimait être plus représentative pour la liste. Deux noms sont sortis [outre le sien, celui de Gilles Taillardas]. Cela a donné lieu à un second tour pour nous départager. Être tête de liste est une responsabilité que j’ai acceptée sans hésitation. Je suis aussi entouré de personnes d’expérience, comme Anne-Marie Hautant, qui a été vice-présidente de la Région [sous Michel Vauzelle] et conseillère municipale lors du précédent mandat. De nouveaux colistiers nous ont rejoints aussi, comme Pénélope Nardo, infirmière à la retraite, Fabienne Fauré, directrice financière à la retraite ou Aziz Yahyouy, chef d’entreprise employant 15 personnes à Orange. La liste, qui n’est pas encore figée, se veut riche d’expériences et d’ancrages dans tous les secteurs de la vie orangeoise : associatif, sportif, économique, social, environnemental, culturel et celui de la santé.

    Vous êtes à la tête d’un collectif qui se veut hors des partis. Comment vous présentez-vous à la population ?

    A.B. : Les gens ne nous questionnent pas réellement sur si on est de gauche ou de droite. Notre liste sera composée majoritairement de personnes qui ne sont pas encartées, comme moi qui n’ai jamais adhéré à un parti. Évidemment, il y a des gens qui vont être très identifiés à gauche, d’autres qui vont être plutôt au centre ou un peu plus à droite. On a nos fibres qui caractérisent et qui sont diverses. On a tous nos combats qu’on essaie de rassembler pour construire le programme qui ira avec. De par mon engagement associatif et sportif, et puis ma qualité d’ostéopathe, je suis très attaché à redonner de l’accès aux soins et au sport-santé.

    Alors que le 26 janvier, la justice se prononcera sur une possible inéligibilité du maire d’extrême droite Yann Bompard, sentez-vous un dégagisme ambiant ?

    A.B. : En toute honnêteté, c’est ce qu’on aimerait entendre, mais ce n’est pas toujours le cas. L’effet Bompard a encore un petit peu de crédit, mais il en perd beaucoup. À l’heure où la confiance en la politique n’est pas très élevée, ça les décrédibilise, mais presque aussi tous les politiques. On ne se présente pas comme des politiciens de métier et essayons d’apporter de la fraîcheur et d’apparaître comme la liste qui va redonner de la sérénité dans le débat public. J’ai un caractère assez apaisé, j’aime bien dialoguer, je tends des perches. Il faut redonner plus de vie démocratique et démontrer aux gens qu’on n’est là pas pour des intérêts personnels mais pour défendre des intérêts communs. Le tumulte actuel au conseil municipal avec les départs, les changements [démission au sein de la majorité Bompard pour rejoindre l’opposition RN et son candidat], est un mauvais spectacle.

    Outre une éventuelle condamnation du maire, quels éléments sont susceptibles de faire basculer la campagne ?

    A.B. : On suit attentivement ce qui se passe et ça va impacter forcément la manière dont l’élection va se dérouler. On continue notre chemin comme on l’a toujours fait. On va présenter rapidement quelques grands axes de programme pour, ensuite, à la fin du mois exposer un programme complet. On entend ramener de la fraîcheur dans les personnes qui vont s’impliquer dans la vie communale. Notre force, c’est la variété de contacts.