Category: politique

  • À Avignon, sur le marché, la gauche creuse ses sillons

    À Avignon, sur le marché, la gauche creuse ses sillons

    Mercredi matin, c’est jour de marché sur la Rocade, à Avignon. Depuis plusieurs semaines, les candidats viennent aussi y faire leur marché. On s’épie, on discute parfois, on s’invective aussi. Un panneau d’affichage met côte à côte David Fournier (PS) et Mathilde Louvain (LFI). « Tiens, ils se sont déjà accordés pour le 2e tour », ricane-t-on dans les rangs d’Olivier Galzi (DVD), où on est certain que les deux listes de gauche s’allieront après le 15 mars. « Ils ont plus d’infos que nous », sourit Méliades Bay, militant de l’Après, soutien de David Fournier. « Amis de gauche, bonjour », salue Fatima Ouhaibi, de Génération.s, qui, comme le PCF avignonnais, milite pour Mathilde Louvain. « Tu viens tracter avec nous ? », ironise Méliades Bay, alors que les deux partis s’affichaient encore ensemble à l’automne pour appeler au rassemblement à gauche avant, ensuite, d’opérer des choix différents.

    Si entre certains à gauche, les relations demeurent, les ponts sont bien plus coupés pour d’autres. « Je ne suis pas fâché sur le fond, mais sur les méthodes, ce que j’ai dénoncé sur la mainmise de Raphaël Arnault sur LFI reste d’actualité », note l’ex-insoumis Farid Faryssy, passé avec fracas chez David Fournier. À titre personnel, il s’opposera à un rapprochement avec LFI au second tour, mais se pliera au choix majoritaire. David Fournier renvoie inlassablement à « une décision collégiale » au sein de sa liste, au soir du premier tour. Place publique ou le PRG ont déjà fait d’un rapprochement avec LFI un casus belli.

    « J’ai grandi ici, la proximité ça compte »

    Mais, avant de trancher l’épineuse question, chacun mène campagne avec l’espoir de devancer largement la liste de gauche concurrente. « On entre dans la dernière ligne gauche », glisse avec malice David Fournier. On sent l’actuel adjoint bien plus à son aise dans ce genre d’exercice que sur un débat TV. Il multiplie les accolades, les souvenirs avec certains. « J’ai grandi ici, la proximité ça compte beaucoup », note-t-il. On lui parle souvent de sa maman, l’ex-députée Michèle Fournier-Armand. Qui arrive sur place faire son marché. « Vous savez, on souffre plus quand son fils est en campagne que quand on mène soi-même campagne, confie-t-elle. Je crois beaucoup en lui, il fera du bien pour cette ville et les habitants. »

    « Il y a une envie de renouveau »

    Le rythme de fin de campagne s’intensifie. « Je fais deux réunions d’appartement par jour, y compris chez certains qui ont reçu Olivier Galzi », fait valoir David Fournier. L’ex-journaliste TV, donné en tête d’un récent sondage contesté par David Fournier, est dans le viseur du candidat et d’adjoints sortants, lui reprochant son amateurisme comme sur le commerce ou le logement social (notre édition du week-end). « Dans les réunions, on a 4-5 demandes de stages pour les jeunes, ça conditionne la poursuite de leurs études. On prévoit des rencontres avec des chefs d’entreprise qui ont des besoins », projette le candidat, qui constate « des urgences sociales ». « On a la connaissance du terrain, on souhaite mettre en place une sécurité sociale de l’alimentation en s’appuyant sur la municipalisation des cantines ou les corbeilles solidaires », développe David Fournier. Après avoir échangé à l’automne, David Fournier et Mathilde Louvain restent à distance.

    Sur le marché, la candidate LFI n’a pas la même notoriété que son concurrent. « Mais, c’est un atout, car il y a une envie de renouveau, de renouvellement par la base, on ne porte pas le poids du bilan et beaucoup ont l’impression que les choses se font sans eux », défend Mathilde Louvain, qui reste focalisée sur le débat local et pas sur l’agitation médiatique nationale, où son parti est accusé d’être associé à la mort du militant identitaire lyonnais. « On continue notre travail, Zohran Mamdani [maire de New York] n’a pas été élu sur les réseaux sociaux, compare-t-elle. Quand on va sur du porte-à-porte, on est sur les attentes concrètes du logement, de l’école, de la gestion de l’eau… On souhaite mettre en place des votations citoyennes sans condition de nationalité. » Autour d’elle, ses soutiens et colistiers assurent que son « côté apaisant [aperçu lors du débat TV] aide » à déminer. Sur le marché, on n’observe pas de réaction épidermique de rejet de LFI. « Ça peut être moins le cas place Pie [en centre-ville] , sourit Mathilde Louvain, mais un peu comme nous si on nous tend un tract du RN ». Qui demeure le véritable adversaire de la gauche.

  • La gauche propose le Méd’ in Toulon pour bâtir l’avenir

    La gauche propose le Méd’ in Toulon pour bâtir l’avenir

    « Neuf pour cent seulement de l’espace maritime est visible depuis la ville. Ce que nous voulons, avec Méd’ in Toulon, c’est rendre la mer aux Toulonnais », lance Magali Brunel en révélant l’un des projets emblématiques de Toulon en commun.

    Pour la tête de liste des progressistes unis et des citoyens, « notre rade ne peut pas se réduire à un projet d’hôtel de luxe, de casino ou de bureaux dans de beaux immeubles ». Le Port du Levant se devant, insiste-t-elle, d’« incarner une identité authentique dans sa diversité et sincère dans son unité ». Et de poursuivre : « Notre projet entend bien incarner cette ambition et devenir le lieu qui rassemble les habitants sur ce qu’ils ont en commun. »

    Toulon en commun entend rehausser les quais pour les protéger de la montée des eaux due aux dérèglements climatiques, et ouvrir une grande promenade jusqu’au Mourillon.

    « Nous créerons aussi un quai des pêcheurs, qui permettra de redonner une place à cette activité traditionnelle du port, et de l’attrait à cette activité noble, trop peu mise en valeur aujourd’hui », ajoute Magali Brunel.

    Création partagée

    Toulon en commun porte également le projet d’une grande esplanade devant Mayol, « afin que les soirs de match, les 3e mi-temps se vivent en commun, avec des hospitalités dignes de grands rendez-vous nationaux et internationaux ». Mais pas que, puisque de nombreuses autres occasions seront trouvées, promet la candidate, pour faire vivre cette « grande place populaire ». Et ce, aussi bien autour d’un spectacle, d’un bal, d’une sardinade que d’un festival. Comme « délions les langues » dédié aux arts de la parole et du conte. « Car la parole, les palabres, la tchatche, rappelle Magali Brunel, c’est de l’humanité et c’est aussi notre identité. »

    En poursuivant la déambulation jusqu’au Mourillon, le Toulonnais du futur devrait pouvoir croiser aussi un musée-fabrique, dédié aux arts contemporains. « Nous voulons une création partagée, à portée de mains d’écoliers et faire vivre le dialogue entre amateurs et artistes, du visiteur un praticien, et des œuvres un bien commun », explique la cheffe de file.

    Le bâtiment de la DDTM sera dédié, lui, à l’entrepreneuriat et aux acteurs économiques portuaires et incubateurs de nouveaux projets, dans des filières d’innovations. Et de conclure : « Méd’ in Toulon est un projet où la ville se réinvente sans s’oublier et qui laisse une place à la rêverie et à la poésie. »

    Tout un programme.

  • Les insoumis d’Aix animent une réunion publique jeudi

    Les insoumis d’Aix animent une réunion publique jeudi

    « Aborder quelques thèmes essentiels du programme » : c’est là l’objectif du meeting organisé par les insoumis de la liste Aix en commun, ce jeudi à 19h, au château de l’Horloge, d’après Dominique Fortunato, directeur de campagne.

    En présence de Manuel Bompard, député et coordinateur national de la France insoumise, et Marina Mesure, députée européenne (LFI), Julie Boronad, tête de liste, abordera les questions du logement, des discriminations et de la démocratie participative, combat clé du mouvement pendant ces municipales. Comme leurs homologues de Marseille, Toulon ou Avignon, les insoumis d’Aix placent au cœur de leur projet leur volonté de « rendre le pouvoir aux Aixois ».

    Ce désir de renforcer l’« implication directe » des habitants, selon Dominique Fortunato, s’illustre avec l’élaboration d’une liste « citoyenne ». Communiqué mercredi à La Marseillaise, elle contient 57 noms, dont 29 issus de la société civile, n’appartenant pas à des formations politiques. Parmi les personnalités figure en troisième position Claudie Hubert, actuellement conseillère municipale d’opposition, élue en 2020 avec la liste de Marc Pena (PS), sur laquelle elle occupait la 2e place. Le numéro 2 de Aix en commun, est sans surprise, Guillaume Dalla Costa, investi en tête de la liste, avec Julie Boronad, lors de l’assemblée municipale LFI du 25 octobre.

    Une investiture dont certains militants avaient dénoncé l’irrégularité devant la justice, accusant le mouvement d’avoir « confisqué la décision ». Déboutés dans un premier temps, les plaignants avaient eu gain de cause devant la justice. LFI s’est pourvu en cassation (notre édition du 6/02).

  • À Martigues, la gauche parle sport avec les familles

    À Martigues, la gauche parle sport avec les familles

    Une petite table sur laquelle trônent des fascicules du programme de Gaby Charroux (PCF) a été disposée à l’entrée du parc des sports Julien-Olive, au nord de la commune. La campagne électorale se poursuit et les militants du maire sortant ne fatiguent pas. Porte-à-porte, boitage, tractage… Ils multiplient les actions pour « toucher tout le monde », affirme Isabelle. « C’est pour ça qu’on a rajouté cet endroit, où il y a beaucoup de familles qui viennent se balader, surtout en ce moment avec les vacances, en plus de nos points de rencontres sur le marché, devant Carrefour Market ou Intermarché Croix-Sainte. Et ce serait bien qu’on les maintienne toute l’année », poursuit-elle. L’objectif, ce mercredi après-midi : évoquer la politique publique sportive de la majorité sortante.

    Pour Christian, ce genre de contact en plein air permet d’engager la conversation plus facilement qu’au porte-à-porte, où seul « un quart de la population » ouvre son foyer. « Le contact est un peu plus difficile depuis le Covid », confie-t-il. Ça n’a pas toujours été le cas. Isabelle se remémore : « Il y a quelques années, j’avais été invitée à manger chez une dame alors qu’on menait campagne ! »

    Contre l’abstention…

    Avec leur présence, les militants entendent lutter contre l’abstention, leur « cheval de bataille quotidien ». À Martigues, lors des dernières élections législatives anticipées, elle avait atteint les 35% au 1er tour. « Malheureusement, c’est un problème national, constate Isabelle. Les gens ne se sentent plus représentés. Après, je pense qu’à Martigues, ils ne peuvent pas être déçus vu la politique qui est menée. »

    Fanny, venue se promener avec ses deux enfants, approuve : « Je trouve qu’au niveau du sport, la municipalité fait pas mal de choses. Ce n’est pas dans toutes les communes qu’on a un tel accès à la pratique. Les tarifs annuels sont plus qu’abordables : pour mon fils, on paye moins de 50 euros pour qu’il suive des cours multi-sports et qu’il trouve son truc. » La trentenaire estime : « On se concentre trop sur le négatif et en période électorale, on n’est pas aidés. Quand je vois sur les réseaux sociaux certains qui se contentent juste de critiquer sans dire ce qu’ils apporteraient de plus, ça m’exaspère, c’est un peu facile. Après oui, on peut toujours faire mieux. »

    … et contre l’extrême droite

    Pour ces municipales, les communistes et leurs sympathisants se battent aussi « contre la droite et l’extrême droite ». Samir Dahmani, ancien athlète spécialisé dans le demi-fond, s’est engagé sur la liste du maire sortant pour cette raison. « Je sentais que c’était le moment dans un contexte sociétal où il y a une montée du RN et je souhaite que cette ville garde ses valeurs de vivre-ensemble avec Gaby Charroux qui, pour moi, en est le garant. » Pour lui, les risques sont clairs : « Ils peuvent s’en prendre aux services publics de proximité dans les quartiers, que ce soit les clubs sportifs ou l’ouverture à la culture avec une baisse des subventions, pourtant essentielles. »

    Samir Dahmani l’affirme : la politique de la Ville lui a permis d’atteindre le plus haut niveau « par la qualité des infrastructures, l’attention et le soutien portés aux clubs ». Mais le sport ne se résume pas à la pratique professionnelle et à la performance. « Ça ouvre à la cohésion sociale, à l’inclusion, à l’émancipation. »

    Pour ce prochain mandat, en cas de victoire, le colistier a à cœur de « poursuivre la mise en place d’une passerelle, sur le site Picasso-Aurélio, entre la culture et le sport sous la forme d’un campus, mais aussi de continuer à porter une attention particulière aux dispositifs pour la jeunesse et à l’enfance », à l’instar des centres d’initiation sportive, qui « font la richesse de cette ville ».

  • Les candidats interpellés sur la prostitution à Marseille

    Les candidats interpellés sur la prostitution à Marseille

    « On veut interpeller les têtes de listes pour connaître leur position et pour qu’elles sachent la nôtre : on ne se taira pas. » Geneviève Couraud est administratrice à l’amicale du nid et membre du collectif « abolition-Marseille et 13 ». Il rassemble des associations impliquées dans l’accompagnement des personnes en situation de prostitution. Ces structures ont paraphé, il y a une dizaine de jours, une lettre envoyée aux candidats aux élections municipales. Pour l’instant, pas de réponse. « On en enverra une deuxième », prévient déjà la bénévole.

    Le collectif s’est formé en février 2024 pour « se serrer les coudes » et organiser des actions en commun. « À l’occasion des municipales, on s’est dit que nous devions prendre la parole. Il existe un vocabulaire lié à une idéologie libérale hostile à la cause. Celui du consentement dans la prostitution. Quand les personnes sont mineures ou motivées par l’argent, on ne peut pas parler de consentement. »

    « De plus en plus de mineurs dans des réseaux »

    Les membres du collectif, présents sur le terrain, sont constamment en contact avec des personnes en situation de prostitution. « À l’amicale du nid, on les rencontre, on met à l’abri ceux qui demandent de l’aide, on les accompagne pour trouver un travail. » Les associations observent un nouveau profil de victime se dessiner. « À Marseille, la prostitution est en train de changer. On fait le constat que de plus en plus de mineurs tombent dans des réseaux prostitueurs et sont souvent liés au narcotrafic. »

    Alors que la sécurité de nombreux enfants est mise en péril, le collectif veut attirer l’attention des candidats à la mairie. « On veut que la question de la prostitution soit prise en compte d’une manière saine. C’est un fléau, pas un fait qu’on cautionne ou qu’on ne cautionne pas ! Même si ce n’est pas une compétence de la Ville, nous pensons que c’est le bon niveau pour que le sujet soit traité, car les élus le connaissent bien. »

  • Le Printemps marseillais affiche un nouveau visage

    Le Printemps marseillais affiche un nouveau visage

    C’est avec un visage changé que s’affiche le nouveau Printemps marseillais, édition 2026. La liste des candidats déposée par Benoît Payan et son entourage en préfecture ce mercredi matin, à la veille de l’échéance, mise en effet très largement sur le renouvellement : parmi les 64 premiers noms de la liste, éligibles en cas de triangulaire selon notre projection (notre édition du 20 février), 35 ne siégeaient pas au conseil municipal.

    Symbole important, alors que l’édile marseillais est cette fois candidat sur son nom, sa première adjointe Michèle Rubirola (EELV), tête de liste en 2020, figure à ses côtés en deuxième position. « Ce n’est pas parce que je ne vais pas m’afficher partout que je ne suis pas là, sourit-elle. Depuis 2015, nous fonctionnons en binôme ! »

    Devenu un étendard de la lutte contre le narcotrafic qui a emporté ses deux frères, Amine Kessaci (EELV), aujourd’hui sous protection policière, se situe en troisième place. Tête de liste dans les 15-16, ralliée à l’union de la gauche marseillais à l’issue des élections municipales en 2020, la maire adjointe (DVG) sortante, Samia Ghali, complète le quator de tête.

    Rééquilibrage politique

    Figurent également ceux qui ont rallié le Printemps marseillais face à la menace de l’extrême droite. C’est le cas de l’ancienne candidate insoumise Hanifa Taguelmint, militante historique de l’organisation de la marche pour l’égalité de 1983, en 8e position. Engagée dans les quartiers populaires, l’ancienne responsable de LFI Katia Yakoubi obtient la 26e place. Martin Grand-Dufay, qui avait pris la tête des jeunes soutiens du chirurgien Frédéric Collart (DVC) pour les municipales, avant que celui-ci ne jette l’éponge, est lui au 53e rang.

    Alors que de nombreux membres du cabinet sont cette fois sur les rangs, « il y a plus de 50% de personnes issues de la société civile », met aussi en avant le directeur de campagne du Printemps marseillais, Arnaud Drouot. Ainsi, Julien Harounyan, co-président du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France Sud (CCAF), 7e sur la liste, ou encore le directeur général de la Ligue de l’enseignement dans les Bouches-du-Rhône, Karim Touche, 23e.

    Les équilibres politiques ont aussi été revus. Certains ont noté le recul des écologistes. « Ils sont la première force », répond Arnaud Drouot, quand Michèle Rubirola regrette « un recul de cette prise de conscience écologique au niveau national ». Ils peuvent néanmoins compter sur treize candidats éligibles, contre dix pour le Parti socialiste, huit pour le Parti communiste. « C’est une liste de rassemblement qui respecte la diversité et la pluralité de la gauche, qui reconnaît la place des communistes dans le combat », apprécie leur chef de file Anthony Gonçalvès, qui se place en 13e position. Avec lui figurent l’adjointe aux solidarités Audrey Garino (10e), Mohamed Itrisso (27e), Nathalie Tessier (34e), Jean-Marc Coppola (37e), Ibrahim M’zé (55e), Laure Rovera (58e), Hassan Guenfici (65e). « Les équilibres sont construits pour avoir une liste qui ressemble à Marseille et rassemble tout Marseille, qui représente tous les quartiers de la ville, toutes les sensibilités politiques », défend Arnaud Drouot.

    Restent les absents, avec des adjoints comme Christine Juste (EELV), Isabelle Laussine (MadMars), Sophie Roques (PS). Certains ont voulu s’arrêter comme Théo Challande-Névoret (EELV) ou Aïcha Sif, d’autres se trouvent à la charnière comme Patrick Amico (GRS). « Il y a des questions d’équilibre, de renouvellement pour ouvrir de nouvelles perspectives », défend Arnaud Drouot. «Il y a un beau programme à mettre en place. Maintenant, il faut qu’on gagne », appuie Michèle Rubirola.

    La liste complète est à retrouver sur le site lamarseillaise.fr

  • Débat sur les dangers de l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir à Marseille

    Débat sur les dangers de l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir à Marseille

    C’était mercredi à la une de La Marseillaise : pour la première fois, un sondage, commandé par les médias de la sphère Bolloré (CNews, Europe 1 et Le Journal dimanche), donne le candidat Franck Allisio (RN) vainqueur au second tour des municipales à Marseille, dans l’hypothèse d’une quadrangulaire.

    C’est dans ce contexte que le Printemps des jeunes, qui regroupe les jeunes soutiens de la liste d’union des gauches (hors LFI) de Benoît Payan (DVG), a organisé, mercredi, un débat centré sur les dangers qu’impliquerait l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir.

    Rejet des étrangers…

    « Aujourd’hui, le vrai danger, c’est la banalisation. C’est quand l’extrême droite devient une opinion comme une autre. C’est quand on relativise l’exclusion au nom du ras-le-bol. Un projet qui hiérarchise les citoyens, que ce soit par leur religion ou par leur origine, ça n’est pas un projet comme les autres », se sont indignés les jeunes militants en ouverture de soirée. Et quoi de mieux, pour rappeler les fondements haineux de l’idéologie du Rassemblement national, que le témoignage Fatima Maoulia, cousine d’Ibrahim Ali, assassiné à 17 ans en 1995 par un militant du Front national : « Le RN n’est pas qu’un parti politique. Il incarne la haine, le racisme, la discrimination et c’est là que je l’ai compris [au moment la mort d’Ibrahim Ali, Ndlr] ». C’est aussi ce qu’est venu rappeler Hanifa Taguelmint, militante antiraciste et membre du collectif Mémoire en marche. « Ce qui m’interpelle, c’est qu’après tant d’histoires qui nous ont portées, tant de livres qui ont été faits sur ce sujet, tant de films qui nous ont montré l’horreur, nous en soyons encore là », s’est-elle alarmée.

    …et tant d’autres

    Et d’ajouter : « Les noirs et les arabes seraient les premiers à avoir une cible dans le dos. Mais il y en aura beaucoup d’autres : les femmes, les personnes LGBT, les pauvres… ».

    Yves Souben, journaliste de La Marseillaise invité au débat, souligne l’existence d’une autre cible : celle du monde associatif. Co-auteur, avec le collectif de journalistes indépendants, le collectif Presse Papiers, le Poing, Street Press et l’Arlésienne d’une enquête sur la gestion des subventions associatives dans les municipalités qui ont basculé à l’extrême droite, note que l’on constate « une baisse des subventions dans 9 des 10 communes étudiées ». Pourtant, la réalité et l’accompagnement de certains profils est intrinsèquement lié au bon fonctionnement du monde associatif. « Que se passe-t-il est quand on passe d’une ville de gauche à une ville de droite ou d’extrême droite ? Je pense à des lieux comme le centre LGBT, qu’est-ce qu’il en sera ?, s’est à son tour inquiétée Célia Raspati, militante féministe. Quels seront les budgets alloués à la lutte contre la discrimination, quelles seront les formations proposées aux agents de la ville ? ». Et de reprendre : « Je pense aussi aux associations qui accompagnent les femmes étrangères. Qu’est-ce qu’il en serait si, pour pouvoir être en centre d’hébergement, on avait des critères ou des quotas de personnes irrégulières ? ».

    C’est à Moussa Camara, président de Guinée à Marseille, association de lutte pour l’insertion des personnes étrangères dans la ville et lui-même secouru par SOS Méditerranée pendant son immigration, que sera donné le dernier mot : « C’est grâce à SOS Méditerranée et aux financements de la Ville que je suis ici aujourd’hui. Avec toutes les personnes que l’ONG secoure chaque, je vous laisse imaginer les conséquences si elle n’avait plus de moyen. Je veux que Marseille la solidarité qu’elle avait quand je suis arrivé, et rappeler que l’humain passe avant tout ».

  • L’enjeu du soutien à SOS Méditerranée

    L’enjeu du soutien à SOS Méditerranée

    Six cent six : c’est le nombre de migrants morts ou disparus dans la mer Méditerranée depuis le début de l’année 2026, selon l’Organisation internationale des migrations (OIM). « Il s’agit du début d’année le plus meurtrier en Méditerranée depuis que l’OIM a commencé à recueillir ces données en 2014 », à travers son projet Migrants disparus, déplore l’agence onusienne. Depuis 2014, l’OIM recense 34 266 morts, dont la plupart en Méditerranée centrale, la route migratoire la plus meurtrière au monde. À titre comparatif, c’est légèrement moins que l’ensemble de la population du 7e arrondissement de Marseille et davantage que la totalité des habitants de la commune de Marignane. À noter qu’il ne s’agit là que des naufrages documentés, qui sait combien d’âmes ont sombré au fond de ce cimetière à ciel ouvert ?

    Les bouleversements géopolitiques ponctués de guerres, de changements de régime, de persécutions religieuses et sexuelles, de répression politiques favorisent ces départs qui se succèdent de même que les naufrages, faute de politique européenne coordonnée sur la question. Des ONG, telles que SOS Méditerranée tentent de pallier l’inaction de l’Europe. Si l’association européenne de recherche et de sauvetage fonctionne à 91% de dons privés, les 9% restant sont issus des subventions de 143 collectivités dites « solidaires ». Marseille, figure en pole position, devant Paris.

    L’an dernier, la municipalité de gauche a ainsi octroyé une subvention à hauteur de 130 000 euros à l’association. « C’est une obligation et une fierté pour la Ville de Marseille d’être le premier soutien en France de SOS Méditerranée. (…) Nous sommes une ville méditerranéenne et on refuse de détourner le regard sur ce qui se passe sous nos yeux », clame Audrey Garino, adjointe PCF au maire en charge de la Solidarité. « Bien évidemment, nous continuerons. Non pas par idéologie mais parce que le droit international n’est pas respecté, parce que l’Union européenne et ses États membres sont volontairement défaillants sur cette question », renchérit l’élue.

    Fracture politique

    À l’approche des élections municipales, le sujet est remis sur la table par la candidate de la droite et du centre, Martine Vassal : « Si je suis élue maire, il n’y aura plus aucun centime versé à SOS Méditerranée et aux associations similaires. Je n’encouragerai pas le trafic d’êtres humains par dogmatisme politique », assurait-elle dans un communiqué transmis en janvier au JDD, désormais propriété du milliardaire d’extrême droite Vincent Bolloré. « On n’est pas dupes de la posture électoraliste. On s’inquiète de ce basculement de rhétorique dont on a l’habitude de l’extrême droite et qui n’est pas surprenante de leur part. En revanche, que cela vienne de candidats qui se revendiquent d’une droite républicaine c’est franchement inquiétant », déplore-t-on au sein de l’ONG.

    Car cette position est aussi celle défendue par Franck Allisio, le candidat du Rassemblement national à Marseille, qui promet lui aussi de mettre fin à ces subventions. « Marseille n’a pas vocation à accueillir toute la misère du monde », justifie Sandra Blanchard, cofondatrice du mouvement « Une génération pour Marseille ». Pour l’avocate, qui figure dans la liste de Martine Vassal pour le conseil municipal, « ces 130 000 euros auraient pu être affectés à des clubs sportifs, des associations qui s’occupent des jeunes dans les quartiers ou pour lutter contre la pauvreté », estime-t-elle.

    Dans le camp de Sébastien Delogu, qui maintiendrait ces subventions s’il était élu maire, ces propos sont jugés « scandaleux » : « SOS Méditerranée ne favorise pas l’immigration illégale mais sauve des vies. Même au Moyen-Âge on ne laissait pas les gens mourir en mer ! », gronde Hedi Bounouar, directeur de campagne du candidat insoumis. « Ce que dit Martine Vassal est dans la lignée de la campagne qu’elle mène : de caniveau et d’extrême droite. Pour nous, l’argent des Marseillaises et des Marseillais doit servir à la collectivité. S’il y a bien des personnes mal placées pour dire cela, ce sont celles mises en examen pour détournement de fonds publics, ce qui n’est pas le cas de SOS Méditerranée », tacle-t-il.

  • Benoît Payan présente une liste largement renouvelée à Marseille

    Benoît Payan présente une liste largement renouvelée à Marseille

    A la veille de la date limite, ce mercredi matin, le maire (DVG) sortant Benoît Payan a déposé en préfecture sa liste pour les municipales. Le fruit de négociations et d’équilibres entre les quatorze forces politiques qui se regroupent dans l’union élargie de la gauche et des écologistes pour ce nouveau Printemps marseillais.

    Symbole important, alors que l’édile marseillais est cette fois candidat sur son nom, sa première adjointe Michèle Rubirola (EELV), tête de liste en 2020, figure à ses côtés en deuxième position. Devenu un symbole de la lutte contre le narcotrafic qui a emporté ses deux frères, Amine Kessaci (EELV) est placé en troisième place, devant la maire adjointe (DVG) tête de liste dans les 15-16, Samia Ghali, qui s’était ralliée à l’union de la gauche marseillais à l’issue des élections municipales en 2020.

    Renouveau du Printemps

    La liste est surtout marquée par un important renouvellement, appelé de ses vœux par Benoît Payan. Selon les premiers éléments communiqués à la presse, 35 candidats parmi les 64 premiers de la liste ne siégeaient pas au conseil municipal lors du mandat précédent, et 9 parmi les 15 premiers noms.

    Certains de ces nouveaux venus ont déjà été annoncés. C’est le cas de Amine Kessaci, mais aussi de la militante historique de la marche contre le racisme Hanifa Taguelmint, ancienne candidate insoumise, 8e sur la liste, ou plus récemment de Julien Harounyan, co-président du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France Sud (CCAF), 7e. Ancienne responsable de La France insoumise et militante des quartiers populaires, Katia Yakoubi fait également partie des noms placés en position éligible (26e).

    D’autres noms font partie des surprises. C’est ainsi le cas de Karim Touche, directeur général de la Ligue de l’enseignement dans les Bouches-du-Rhône, au 23e rang. Mais aussi de Martin Grand-Dufay, 53e de la liste, qui avait pris la tête des jeunes soutiens du chirurgien Frédéric Collart pour les municipales, avant que celui-ci ne jette l’éponge.

    Plus de précisions à lire dans La Marseillaise de ce jeudi 26 février.

  • [Entretien] Thierry Antoine : « Investir dans le productif à Béziers, pas juste dans l’esthétique »

    [Entretien] Thierry Antoine : « Investir dans le productif à Béziers, pas juste dans l’esthétique »

    La Marseillaise : Ménard avait promis de désendetter la Ville. Béziers peut-elle encore investir ?

    Thierry Antoine : Robert Ménard n’a rien désendetté du tout. La dette est passée de 100 millions d’euros en 2014 à 120 aujourd’hui alors qu’à son arrivée il disait que c’était une folie. Il reste des marges de manœuvre pour investir. Béziers n’a pas d’autre choix mais il faut des investissements productifs, pas juste de l’esthétique pour l’image de la ville. Avec lui, on n’a toujours qu’un étage à la fusée.

    Ménard se targue d’avoir embelli la Ville. Mais les problèmes de logement et d’adaptation au climat persistent. Que faire ?

    T.A. : C’est comme un chômeur qui irait mieux parce qu’il a redécoré son salon. Refaire les façades et la carte postale ne change rien. Le maire avance en regardant les années 60-70. Béziers a un retard phénoménal sur l’adaptation au changement climatique. On porte le grand projet Orbiana pour faire de Béziers une ville vitrine, un élève modèle sur le sujet. L’idée c’est d’attirer les entreprises qui travaillent sur l’isolation, l’hydrogène, le logement adapté… On a identifié un lieu d’une centaine d’hectares sur l’entrée ouest pour créer un pôle novateur de l’habitat expérimental avec un grand parc, une zone maraîchère et une zone d’activité pour l’économie sociale et solidaire. Il n’y a pas de ressourcerie ni de recyclerie ici. En parallèle, il faut du logement social et l’Anru.

    Béziers reste très pauvre. Quelles sont vos mesures pour redonner du pouvoir d’achat aux habitants ?

    T.A. : On propose un kit rentrée scolaire avec les études d’étude et toutes les fournitures gratuites. On préfère mettre l’argent pour acheter des cahiers aux gamins plutôt que dans les uniformes ou la statue de la Vierge à 90 000 euros. On fera la cantine scolaire gratuite pour les deux premières tranches d’imposition, c’est finançable sur les économies sur la communication. On va étudier le passage en régie publique des parkings. La délégation d’Effia arrive à terme en 2027. On fera baisser les tarifs, le moins cher possible.

    Faut-il plus de caméras et de policiers, un Centre de rétention administrative (CRA) ?

    T.A. : Béziers est la deuxième ville qui dépense le plus par habitant pour la sécurité sans que les résultats suivent. Sur les dernières années, le total des crimes et délits a augmenté à Béziers. La police municipale ne peut pas lutter contre le trafic de drogue ou le terrorisme. Il faut remettre à sa place. La municipale doit œuvrer à la tranquillité des Biterrois, en travaillant rue par rue, avec un élu par quartier, en associant les habitants. La prévention et la médiation avant la répression quand c’est nécessaire. Quant au CRA, c’est une folie, la majorité en sortira et devra être prise en charge. Ce sera un fardeau, la malédiction des villes pauvres. L’immigration est avant tout un drame humain. Traitons les autres comme on aimerait l’être. On ne sait de quoi sera fait demain.

    La Ville doit-elle financer l’ASBH* ? Quels projets pour la culture ?

    T.A. : Dans le passé, on a eu The Cure, Bob Marley aux arènes… Aujourd’hui c’est Hervé Vilard. On est déclassé. On veut un centre culturel et artistique dans le quartier Saint-Jacques à redynamiser. Qu’il faille aider le club fanion de l’ASBH oui. Mais pas à ce niveau-là, c’est délirant et pas sans contrôle. On pense à un système de « Socios » pour impliquer les supporters dans la gestion du club.

    *L’Association Sportive Béziers Hérault (ASBH) évolue en championnat de Rugby Pro-D2