Category: politique

  • Joël Guin ne devrait finalement pas être candidat au Grand Avignon

    Joël Guin ne devrait finalement pas être candidat au Grand Avignon

    C’est une décision politique importante qu’aurait décidé Joël Guin. Selon nos informations, le président (DVD) sortant du Grand Avignon renoncerait à se représenter à la présidence, dont l’élection se tiendra mercredi prochain, 8 avril (9h30, salle polyvalente de Montfavet).

    Si le maire de Vedène avait initialement annoncé, avant la campagne, ne pas briguer à nouveau la tête de l’agglo, il avait très sérieusement revu cette option, à tel point qu’un duel avec Olivier Galzi, maire (DVD) d’Avignon se profilait. Contacté, Joël Guin n’a pu être joint. Son entourage, a, en revanche, refusé de confirmer sans non plus infirmer la décision. «Vous l’apprendrez bien assez vite », nous a-t-on glissé.

    Ce renoncement pourrait laisser le champ libre à Olivier Galzi, même si d’ici à mercredi, un autre maire du territoire pourrait être poussé à se présenter. Mais, à ce stade, ce n’est pas l’hypothèse la plus crédible.

  • Avec le RN, quelles subventions pour les associations à Six-Fours ?

    Avec le RN, quelles subventions pour les associations à Six-Fours ?

    Dans un communiqué adressé aux associations, le sulfureux maire (RN) de Six-Fours assure que tous les projets de ces dernières « seront maintenus et soutenus ». Mais entre les lignes, tout ne semble pas aussi limpide. Ainsi, la municipalité ajoute « continuer à soutenir des actions d’intérêt général ». Des termes empruntés à la proposition de contre-budget des députés RN à l’automne 2025, revendiquant 36 milliards d’euros d’économie, impliquant une baisse des « subventions aux associations ne relevant pas de l’intérêt général » de 3,2 milliards. Parmi elles, comme le révélait Libération, des coupes de 240 millions pour les associations d’aide au logement des personnes vulnérables, et de lutte contre la pauvreté, 234,5 millions pour celles liées aux politiques de la ville , et 140 millions pour les associations culturelles. « La répartition concrète des subventions attribuées aux associations » sera connue lors du conseil municipal, formulation tendancieuse utilisée par la mairie, qui laisse augurer de choix politiques à surveiller.

    Boccaletti ôte le drapeau de l’UE

    Comme nombre de maires RN, Frédéric Boccaletti a décidé de retirer le drapeau de l’UE de la façade de la mairie. Un choix ironique au vu de la propension du parti à (ab)user des aides européennes, que la gauche six-fournaise qualifie d’« acte idéologique malvenu » et de « pulsion nationaliste et souverainiste du repli sur soi ».

  • Le maire de Forcalquier réélu à la tête de l’intercommunalité

    Le maire de Forcalquier réélu à la tête de l’intercommunalité

    Réélu avec 23 voix sur 28, le maire de Forcalquier s’est remémoré, jeudi, sa première élection, en 2020, à la tête de la communauté de communes, lors de laquelle il avait déclaré : « Nous avons l’impérieuse nécessité de faire de cette collectivité un outil de développement du territoire, sous peine de quoi elle sera condamnée. »

    à l’époque, « si ça avait été une entreprise, elle aurait été placée en redressement judiciaire, voire pire », a-t-il affirmé. Il s’est félicité d’avoir, depuis, développé les services publics avec le centre de soins non programmé, les transports à la demande et la maison France Services, « qui se déplace maintenant dans les 13 communes ».

    Deux nouveaux vice-présidents issus du conseil municipal de Forcalquier ont fait leur entrée : Thomas Cherbakow, délégué aux finances et Marjorie Hubeau, chargée de la santé. Les trois autres restent inchangés : Christian Chiapella, Patricia Paul et Maryse Blanc.

  • [Entretien] Rémi Roux : « Agir pour préserver les services publics à L’Argentière »

    [Entretien] Rémi Roux : « Agir pour préserver les services publics à L’Argentière »

    La Marseillaise : Maintenant que vous êtes installés, quels sont vos principaux axes de travail ?

    Rémi Roux : La première chose sera de recréer un lien de confiance avec la communauté de communes du Pays des Écrins. Les relations n’étaient pas forcément au beau fixe avec la municipalité précédente. Travailler à ce niveau-là est la priorité pour faire avancer le projet de rénovation de la friche industrielle, qui appartient justement à la communauté de communes, et la rénovation du bâtiment de la trésorerie, dans le centre-ville, qui lui appartient également pour moitié.

    Cette rénovation vise à créer davantage de logements ?

    R.R. : Notre priorité est de faire un inventaire des logements communaux afin de savoir lesquels ont un réel besoin de rénovation. Beaucoup ne sont pas occupés à cause de leur état vétuste. Il y a un besoin urgent de s’en occuper pour pouvoir y loger des familles. Rénover la trésorerie nous donnera aussi la possibilité de créer des logements. La communauté de communes a aussi acheté à la SNCF un tènement, à côté de la gare, pour un projet immobilier qu’on voudrait faire avancer. Il y a environ 3 000m2, un bel endroit où l’on pourrait faire des logements. Enfin, il y a aussi la rénovation de la maison planche, une grande bâtisse, qui appartient en partie à la commune et où on pourrait faire du logement.

    Vous avez également cité la friche industrielle, inoccupée depuis 2012. Quelle est votre idée pour ce site ?

    R.R. : Étant donné la dépollution nécessaire du site, le fait de rechercher les financements, de rénover le bâtiment qu’on veut garder, à savoir la première centrale hydroélectrique… On est sur un projet sur dix à quinze ans, donc au-delà d’un seul mandat. Déjà, il faut donner un cap à ce projet, montrer où on veut aller. Nous, en l’occurrence, nous souhaitons y regrouper des services publics qui sont dans des installations qui ne sont plus aux normes, le centre social, la bibliothèque et la crèche. Ensuite, l’installation d’entreprises. On sait que ça ne peut pas se faire du jour au lendemain. Le plus important est de se donner un horizon de long terme, sinon, on avance au jour le jour.

    L’Argentière est également confrontée à des baisses d’heures d’enseignement et à des risques de fermeture de classe. Quelles sont vos actions sur ce sujet ?

    R.R. : Notre équipe est en ce moment en discussion pour obtenir un poste de professeur des écoles pour l’école maternelle du Plan d’Ergue, afin de rouvrir une classe de petite section, qui a fonctionné pendant des années, dès la rentrée 2026. Le poste avait été gelé, l’an dernier, et nous avons fait les démarches auprès de l’académie pour avoir également la création d’un poste d’Atsem (agent territorial spécialisé des écoles maternelles) et la remise en place d’un service continu de cantine. De notre côté, nous nous engageons à pérenniser cette classe pour les deux à trois ans, dès la rentrée 2026. Cela veut dire attirer et maintenir les familles et les jeunes sur le territoire. Pour cela, il faut agir pour préserver les services publics, y compris ceux qui ne sont pas du ressort de la mairie. En ce sens, nous sommes en discussion avec La Poste pour maintenir une continuité du service et le remplacement des effectifs absents, ou encore avec le rectorat concernant la baisse des dotations horaires du collège de la commune, baisse contre laquelle les enseignants ont fait grève, ce mardi. Nous voulons que ces services publics restent en état de marche. On n’a pas toutes les cartes en main, mais on veut impulser une volonté, être une municipalité pro-active en ce sens.

    Entretien réalisé par Ange Fabre

  • Olivier Galzi vante le service public

    Olivier Galzi vante le service public

    Au soir de sa défaite, le candidat David Fournier (PS), aussi adjoint sortant en charge de l’administration générale s’inquiétait pour le sort des agents avec la victoire d’Olivier Galzi (DVD). « J’ai senti beaucoup de soulagement », nous répondait, à l’inverse, le nouveau maire il y a une semaine, estimant que « les agents seront les acteurs du changement », réservant le détail de son propos aux intéressés. C’est chose faite depuis ce jeudi. Olivier Galzi a dévoilé sa feuille de route, entouré de sa majorité, à l’hôtel de ville. « Nous avons une responsabilité commune, immense et magnifique : bien faire fonctionner cette ville, bien servir les Avignonnais, et redonner, ensemble, de la fierté à l’action publique locale », brosse-t-il avec emphase, comptant sur les quelque 2 000 agents pour rendre « visible le grand changement ».

    Le maire propose un « pacte de confiance », reposant sur trois notions : respect, reconnaissance et responsabilité. D’abord, « le respect du chef envers ses troupes, mais aussi le respect des troupes envers le chef », campe Olivier Galzi, relatant « trop d’histoires » entendues où le personnel municipal serait tire-au-flanc. « Je vous ai défendus dans cette campagne, parce que je crois en vous », assure-t-il. Lors de la présentation de son programme, il avait pourtant épinglé « ceux qui nuisent au service » en évoquant certains agents de la propreté. Des propos qui se retrouvent dans la responsabilité : « Cela implique la possibilité d’être sanctionné quand des fautes ont été commises… » À moins que cela ne fasse écho au vol de viande au sein de la restauration municipale qui a déclenché une grève. Enfin, par reconnaissance, Olivier Galzi, parle de primes « quand cela sera possible, en fonction de notre situation financière ».

  • Coup de chaud à venir sur le budget au conseil municipal d’Aix

    Coup de chaud à venir sur le budget au conseil municipal d’Aix

    Après le conseil municipal d’installation, les élus de la majorité et de l’opposition, désormais officiellement élus, seront de nouveaux réunis en salle des États de Provence. Ce vendredi 3 avril, le deuxième conseil municipal du mois se tiendra en mairie, avec, à l’ordre du jour, 29 rapports.

    Surtout, cette séance permettra aux élus d’examiner le Rapport d’orientation budgétaire (ROB) et devrait dresser les priorités budgétaires de la majorité de Sophie Joissains (UDI). Dossier sur lequel les oppositions devraient intervenir. « Les orientations budgétaires ne changent pas, c’est les mêmes, nous allons répéter les mêmes choses : il y a des orientations, mais derrière, il n’y a pas de vraie politique, clairement définie, les orientations budgétaires permettent surtout de répondre aux urgences, aux besoins », commente Marc Pena, député PS des Bouches-du-Rhône, candidat aux élections et désormais à la tête du groupe d’opposition Aix Avenir. « Il permet aussi à la municipalité de rappeler son opinion, qui consiste à dire qu’elle n’augmente pas les impôts et qu’elle est très précautionneuse de son champ public… », résume-t-il.

    Diverses interventions

    « J’aurai l’occasion de montrer que les impôts augmentent autrement, notamment la part métropolitaine qui augmente puisqu’il y a une réversion commune importante au sein d’Aix-Marseille, telle qu’elle est aujourd’hui, poursuit Marc Pena. Au-delà de cela, il y a une nouvelle équipe, on pourrait penser qu’il y a des choses plus audacieuses proposées, mais ce n’est pas le cas. Je crains une chose, c’est la façon dont sera traité financièrement le monde associatif dans son ensemble. » Dans le même groupe d’opposition, David Tessier (PCF) indique que le groupe interviendrait sur les « baisses de dotations de l’état, qui empêchent les collectivités de fonctionner » et sont une « entrave au fonctionnement démocratique ». Les élus d’Aix Avenir devraient prendre également la parole sur le rapport annuel de la Ville en matière de développement durable (RAD), à l’ordre du jour. Idem pour Philippe Klein (Horizons), qui siège dans l’opposition aux côtés du conseiller départemental Cyrille Blint. « Nous n’interviendrons pas seulement sur le ROB mais aussi sur le RAD, il me paraît, sur de nombreux points, insuffisant et ne permet pas d’avoir une adaptation suffisante au changement climatique, ce sont des mesurettes là où il faudrait avoir une vraie prise de conscience sur l’incidence du changement climatique sur la vie des Aixois », indique l’élu. Aussi, vingt rapports de désignations des représentants du conseil municipal aux conseils de la ville, devraient occuper la seconde partie de la séance.

    Conseil municipal retransmis sur le site de la Ville dès 9h.

  • Un ex-phalangiste au Liban comme collaborateur d’Emmanuel Fouquart

    Un ex-phalangiste au Liban comme collaborateur d’Emmanuel Fouquart

    Les CV sulfureux n’embarrassent pas le Rassemblement national. Le 24 mars dernier, les services de l’Assemblée nationale ont enregistré la réembauche de Thibaut de Bougrenet de la Tocnaye comme collaborateur du député de la circonscription martégale, Emmanuel Fouquart (RN). Aujourd’hui âgé de 67 ans, celui qui vient d’être élu maire de Préaux (Indre) s’était engagé, à 25 ans, pour combattre pendant la guerre civile du Liban, en 1983 et 1984, au sein des Phalanges libanaises. Soit moins d’un an après les massacres de civils palestiniens des camps de Sabra et Chatila par ces milices chrétiennes fascisantes. Un an plus tard, il participe aux opérations des Contras au Nicaragua, qui prônaient les assassinats de civils et prisonniers contre le gouvernement sandiniste. « Je n’ai pas à regretter quoi que ce soit », assume-t-il auprès de nos confrères de la Nouvelle République.

    Cela ne l’a pas empêché de monter au sein du parti lepéniste, bien au contraire. Conseiller municipal à Avignon puis Cavaillon, ancien élu régional, l’ingénieur a intégré le comité central du FN dès 2011, conseille Marine Le Pen sur les questions industrielles lors des élections présidentielles et, depuis 2017, dirige l’Institut de formation des élus locaux (Iforel), l’organisme de formation du RN.

    Quant à ses idées, il ne les dissimulait pas sur les réseaux sociaux, comme l’a relevé le site d’information Streetpress. Celui qui considère l’islam comme une « machine de guerre » saluait en 2016 un « excellent communiqué » qui appelait à « traiter le Coran et les hadiths comme “Mein Kampf” » avant de déplorer en 2020 qu’un « certain lobby juif continue de boycotter le RN ».

    Pas de quoi ébranler celui qui l’emploie depuis le mois de novembre, avec une pause pour les municipales. « Je le connais depuis 2015 », explique Emmanuel Fouquart. Le député des Bouches-du-Rhône dit l’avoir embauché, à mi-temps, « pour son expertise ». « Il me fait des rapports sur tous les changements industriels sur la zone de Fos », explique-t-il. Peu importe son passé de milicien. « Ce sont des choses que je ne connais pas, ça remonte à quarante ans, j’avais 16 ans », justifie benoîtement le député, qui n’a « pas vu » ses publications haineuses. Et jure qu’il n’est « même pas politique dans son activité »… malgré son poste de collaborateur parlementaire. « Il n’est pas en charge de ma communication », défend Emmanuel Fouquart. Pas choqué le moins du monde.

  • Le Département de l’Hérault contraint de se serrer la ceinture

    Le Département de l’Hérault contraint de se serrer la ceinture

    « C’est la première fois que nous dépassons la barre des 2 milliards d’euros au budget primitif ». Prononcée en guise de conclusion de deux jours de débats cordiaux qui ont abouti, mardi 31 mars à Montpellier, au vote* du budget 2026 du Département de l’Hérault, la phrase de Kléber Mesquida (DVG) ne dit rien du casse-tête financier enduré.

    Si le président héraultais ne semble plus craindre une reprise en mains de la Chambre régionale des comptes, il est bien conscient que sa marge de manœuvre financière reste minime. Précisément de 33,8 millions d’euros (ME) au lieu de 68,7 l’an passé pour ce qui est de l’épargne brute. L’épargne nette est même négative (-19ME), au même niveau qu’en 2024. Pris dans « un effet de ciseau », le Département aux finances toujours précaires, ne sort pas encore de l’étau.

    Deux raisons essentielles l’expliquent. D’abord les dépenses sociales (949,2ME) pèsent mécaniquement chaque année plus lourd dans un territoire précaire. 280ME pour le RSA, 186,2ME pour l’Aide sociale à l’enfance (ASE), 185,1ME pour l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) et 106,4ME qui relèvent de la Prestation de compensation du handicap (PCH).

    « Chaque euro dépensé utile »

    Autant de dépenses sociales obligatoires qui sont loin d’être compensées « à l’euro près » comme promis par l’État qui transfère des compétences puis se désengage année après année. Résultat : un reste à charge colossal et en hausse (259ME en 2026 au lieu de 245,6ME l’an passé) : 110,7ME sur le RSA, 79,6 sur l’APA ou encore 68,7ME pour la PCH. « Ce qui nous plombe c’est le non respect de la parole de l’État », synthétise le vice-président aux finances, Cyril Meunier (DVG).

    Conséquence : si les dépenses d’investissement seront en légère hausse (181,6ME dont 102,2ME pour les travaux sur les routes et les domaines), l’effort reste minimaliste. Et K. Mesquida de prévenir : « On va passer une année 2026 à faire des économies, je resterai sur la même ligne, on ne peut pas avoir de dérive, on serait pénalisable ». Il faut dire qu’un emprunt d’équilibre de 61,7ME a dû être nécessaire pour équilibrer les comptes.

    Pas de quoi convaincre les élus d’opposition RN. « Je trouve ce budget trop optimiste sur les recettes avec un pari hasardeux sur la TVA et l’immobilier », critique le Biterrois Gilles Sacaze. La collectivité a pourtant joué la prudence avec 310ME de droits de mutation escomptés en recettes (+4,8% au lieu des +7% préconisés par l’État). Avec une dette qui pointe à 845,5ME (25 ans pour rembourser), l’opposante RN Marie Hirth dénonce « les subventions à certaines associations et les dépenses de com’ ». « Nous avons fait le maximum partout », lui assurera K. Mesquida. Avant que son 1er vice-président Renaud Calvat (PS) n’abonde. « Chaque dépense est au minimum utile voire indispensable aux habitants et aux communes ».

  • Gard : une campagne marquée par la violence

    Gard : une campagne marquée par la violence

    Hélas, chaque campagne électorale peut entraîner son lot de violences. Mais cette campagne municipale a été un record en la matière. Si le suffrage universel sert justement à trancher de manière pacifique les sujets qui divisent, certains individus utilisent ces périodes pour jouer de l’intimidation ou même des poings. Un peu partout en France, la campagne 2026 a été émaillée de menaces de mort, d’insultes, d’actes de vandalisme et parfois même de violences physiques. Si bien qu’Emmanuel Macron a fait part de sa « préoccupation » devant une augmentation des violences durant cette période.

    Le Gard, où l’extrême droite est en perpétuelle progression, a été particulièrement touché. L’apogée de cette violence s’est déroulé à Nîmes le 20 février lorsque quatre militants communistes ont été violemment agressés par des soutiens de Franck Proust (LR). Les faits se sont déroulés devant un panneau d’affichage sur les hauts de Nîmes juste avant minuit, heure officielle de fin de campagne. « Il y a d’abord un jeune gars qui arrive et nous dit qu’il veut coller pour Franck Proust, on lui dit que ce n’est pas possible », raconte Grégory, l’un des militants agressés. « Il a alors téléphoné et plusieurs voitures sont ensuite arrivées. Dans la première, un gars sort comme une bombe et il commence à venir nous gueuler dessus. Cette personne, c’est un patron de bar bien connu de Nîmes qui est colistier sur la liste de Proust. Il me dit qu’ils vont passer en force et ils sont rapidement dix autour de nous. »

    La situation se tend et face à la fermeté des militants communistes bien décidés à garder le panneau, deux des soutiens de Vincent Bouget sont violemment agressés. « Ils étaient plus nombreux donc on en a pris plein la g… On a été projetés par terre et on a été roués de coups, de coups de pieds et de poings. Ils ont ensuite pris la fuite en voiture. Quelques minutes après, la police arrive. La scène a été filmée par un passant et nous avons pris en photo les plaques d’immatriculation », poursuit Grégory. Deux des militants sont transportés à l’hôpital. Résultat : Grégory souffre d’une fracture du nez et du plancher orbital ainsi que des contusions, qui lui ont valu 15 jours d’ITT. Édouard, l’autre militant agressé, a des côtes et une dent cassée et l’oreille interne touchée également (10 jours d’ITT). Ils ont porté plainte pour violences en réunion. Depuis, six personnes ont été placées en garde à vue avant d’être libérées mercredi 1er avril.

    Graffitis et menaces

    Sur place, d’autres présences interrogent, comme celle du fils du sénateur (LR) Laurent Burgoa. Son père a confirmé qu’il était bien présent « sans pour autant être l’un des protagonistes » et confirme qu’il fait « confiance aux enquêteurs pour établir la vérité ». « Il y avait aussi une voiture de l’Usam, le club de hand avec trois personnes qui en sont sorties avec des joggings de l’Usam », précise Grégory. Une présence d’autant plus problématique que le puissant président du club de handball nîmois, David Tebib, figurait aussi sur la liste de Proust. Contacté, Franck Proust n’a pas donné suite à nos sollicitations.

    La violence a également fait irruption à Bessèges. Déjà très tendue, la campagne dans la ville du nord du Gard, émaillée par de nombreuses « boules puantes », a pris une tournure encore plus inquiétante lorsqu’une bagarre a éclaté dans un bar entre des colistiers de Christine Roux et des soutiens de la liste d’extrême droite qui se présentaient dans la commune voisine de Molières-sur-Cèze. « L’un de nos colistiers a été blessé », a confirmé Christine Roux, la future maire.

    L’ancien maire communiste de Saint-Jean-du-Pin, Eric Maubenard, aujourd’hui président du Prolé d’Alès, a également vu débouler chez lui un homme qui a tenté de rentrer dans son domicile tout en proférant des insultes. Il lui a reproché à la fois d’avoir voté pour Christophe Rivenq alors que Maubenard ne vote pas à Alès et d’avoir évincé sa femme du conseil municipal. Celle-ci était sur la liste de Philippe Fages, battue par la maire sortante. Eric Maubenard a déposé une main courante.

    Outre les nombreuses annonces de dépôts de plainte pour diffamation, certains candidats ont aussi été victimes de vandalisme et de graffitis injurieux. Ainsi, à Saint-Jean-de-Valériscle, bourgade de 600 habitants au nord du département, plusieurs élus de la liste du maire sortant Marc Jekal (qui a été réélu) ont été victimes d’incivilités et un ancien élu a même retrouvé sa porte avec une croix gammée et l’inscription « sale nazi ». Trois plaintes ont été déposées.

    Des tags insultants ont également été découverts sur les affiches des deux candidats à Saint-Jean-de-Serres (540 habitants) mais aussi sur le bitume devant leur maison. « Dans la nuit du 14 au 15 mars, avant le premier tour donc, il y avait une flèche qui désignait mon domicile avec écrit « pute et facho », explique Fabien Engelibert. Cet élu d’opposition et membre de l’Après a déposé plainte pour outrage à personne dépositaire de l’autorité publique. Il n’en est pourtant pas à sa première dégradation. Depuis qu’avec sa femme ils ont fait campagne pour le Nouveau front populaire en juin 2024, accrochant même parfois des affiches sur leur voiture, il dit être régulièrement ciblé : « Pendant la campagne, la porte arrière de notre voiture a été forcée. Après les élections, nous avons eu du vandalisme sur notre ferme puis notre voiture a été vandalisée avec les quatre pneus crevés, les essuie-glaces arrachés. Quelques mois plus tard, un pavé a été lancé sur notre voiture, cassant la vitre. »

    Fabien Engelibert s’interroge sur ce climat de violence dans sa commune depuis 2024, où les actes de vandalisme se sont multipliés : « Des véhicules ont brûlé et toute une série de pneus ont été crevés. J’étais adjoint au maire jusqu’en décembre 2025, en charge de la sécurité et j’ai constaté une accélération à partir des législatives. On s’est posé la question de savoir s’il n’y avait pas une volonté de faire monter un sentiment d’insécurité. Fin août, j’ai pu consulter les vidéos de surveillance et on voit une personne, un grand bonhomme, crâne rasé, chaussé de rangers, qui sort d’une voiture et donne des coups de couteau dans des pneus avant de repartir en petites foulées. »

    Dans le Gard, marqué aussi par des attaques contre les personnes LGBT à Nîmes ou contre le bar communiste du Prolé à Alès, la violence politique est bien de retour.

  • [Occitanie] Élections communautaires, les raisons d’un enjeu majeur

    [Occitanie] Élections communautaires, les raisons d’un enjeu majeur

    Parce que les citoyens n’y participent pas directement à l’instar des sénatoriales, elles sont souvent ignorées voire minimisées. Et pourtant… Dans la foulée des municipales, l’élection des présidents des intercommunalités est un moment essentiel pour l’avenir des territoires, peut-être même davantage que le scrutin municipal à proprement parler.

    Les maires dépossédés

    Plusieurs raisons l’expliquent. Tout d’abord, la force de frappe. Comparées aux Villes, les communautés de communes, d’agglomération ou de Métropole jouissent de budgets de loin supérieurs. En 2025 : 1,82 milliard d’euros pour la Métropole de Montpellier au lieu de 753 millions d’euros pour la seule Ville de Montpellier. L’écart est encore plus parlant dans les petites intercommunalités. En outre, ces dernières récupèrent une part importante de la fiscalité des Communes : Cotisation foncière des entreprises (CFE), Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), Taxe sur les surfaces commerciales, Taxe d’enlèvement des ordures ménagères (Teom)…

    Des recettes perçues en échange des compétences exercées par les intercommunalités qui surclassent là encore les Communes. C’est d’autant plus vrai depuis que la loi NOTRe (2015) a renforcé leurs domaines d’intervention. Ainsi les intercommunalités ont-elles la main sur les politiques majeures de transports publics, de gestion des déchets, d’eau et d’assainissement, de développement économique ou de transition écologique. Autre exemple particulièrement parlant : l’urbanisme. Si chaque maire délivre toujours l’acte administratif du permis de construire, séparément ils ne sont plus directement à la baguette pour planifier les constructions à l’échelle communautaire. Via le Plan local d’urbanisme intercommunal (Plui), c’est l’intercommunalité qui construit les grands schémas directeurs, fixe les zones constructibles, la part de logements sociaux ou d’accession aidée. Il en va de même pour le prix de l’eau et des transports, l’installation d’entreprises…

    Ainsi l’essentiel du pouvoir de décision est-il désormais dans les intercommunalités. « Le maire pèse surtout sur la vie quotidienne, grossièrement la bordure de trottoir qui a son importance, la police municipale, les équipements publics. Mais les maires ne font pas les lois », nous résumait il y a quelques semaines, le politologue Michel Crespy. Les présidents d’Agglos ou de Métropole ne sont pas davantage législateurs mais ce sont eux qui impulsent leur vision du territoire. Ce ne sont pas des dictateurs pour autant puisqu’ils sont élus par les maires et conseillers municipaux siégeant à l’intercommunalité. Mais leurs prérogatives élargies expliquent que les élections communautaires donnent lieu à d’intenses tractations politiques en coulisses.