Category: international

  • Le énième volte-face de Trump au sommet de l’Otan

    Le énième volte-face de Trump au sommet de l’Otan

    Le sommet de l’alliance transatlantique s’est clôturé hier à Ankara. Et, encore une fois, c’est Donald Trump qui a mené la danse, imposant son rythme aux 32 États membres. Dans la matinée, il lâche : « Je suis très en colère contre l’Otan parce qu’ils n’ont pas voulu nous aider face au principal État qui soutient le terrorisme, à savoir l’Iran. » Les États-Unis ont mené la veille une série de frappes sur la République islamique. « Le cessez-le-feu est terminé », proclame Trump, « nous allons frapper l’Iran ce soir », prévient-il, estimant qu’« il n’y a rien que les Iraniens puissent faire pour nous empêcher (…) ils méritent ce qui va leur arriver ». Et les Européens se couchent. Pour Emmanuel Macron, « les Iraniens ont eu tort de frapper ». Des tirs sont imputés à Téhéran sur trois navires commerciaux.

    À ce manque de soutien dans sa guerre lancée avec Israël au Moyen-Orient, Trump expose une autre de ses frustrations : « Le Groenland est très important pour les États-Unis, mais n’est pas important pour le Danemark », estime-t-il au sujet du territoire autonome danois. Forçant la Première ministre du Danemark Mette Frederiksen à réaffirmer que le Groenland « n’est pas à vendre ». Puis, le chef d’État étasunien s’en prend à l’un des rares gouvernements qui osent le défier : l’Espagne, qu’il qualifie de « cause perdue », assurant que Washington allait « cesser tout échange commercial » avec Madrid accusé de ne pas participer aux dépenses de défense de l’Otan. Face à ces pressions, le Premier ministre Pedro Sanchez calme le jeu et loue des relations « très positives » avec les États-Unis.

    Les alliés ont tout donné pour amadouer le milliardaire républicain, le convaincre de rester et éviter tout accès de colère dont il est coutumier. Dès lors, après les dorures du château de Versailles à la fin du sommet du G7, l’Otan sort cette fois le chéquier. Son secrétaire général, Mark Rutte a évoqué des contrats d’armement à hauteur de 50 milliards de dollars, entre les États membres « et des entreprises des deux côtés de l’Atlantique ». Les Européens veulent prouver aux États-Unis qu’ils investissent dans leur propre sécurité, craignant de voir Trump se retirer totalement du continent, ce qu’il a menacé de faire à moult reprises.

    À l’issue du sommet, les pays de l’Alliance atlantique ont confirmé leur engagement « indéfectible » envers la clause d’assistance mutuelle, consacrée par l’article 5 du traité.

    Déclaration commune autour de l’article 5

    « Une attaque contre un Allié est une attaque contre tous », est-il ainsi inscrit dans un texte commun, « notre unité, notre solidarité et notre force collective restent le socle sur lequel reposent la paix, la sécurité et la prospérité ».

    Les courbettes ont payé, le ton du président américain s’est apaisé. « C’était une très bonne rencontre, il y avait beaucoup d’amour dans la pièce, beaucoup d’unité », fait-il valoir. Aux côtés du président ukrainien Volodymyr Zelensky, son homologue américain juge que les frappes sur la Russie, pourraient « aider » à mettre fin à la guerre. Et annonce autoriser Kiev à fabriquer des missiles Patriot, indispensables pour intercepter les missiles balistiques russes qui frappent l’Ukraine. Une demande de longue date. S’il ne change pas d’avis d’ici là.

  • Le énième volte-face de Trump au sommet de l’Otan

    Le énième volte-face de Trump au sommet de l’Otan

    Le sommet de l’alliance transatlantique s’est clôturé hier à Ankara. Et, encore une fois, c’est Donald Trump qui a mené la danse, imposant son rythme aux 32 États membres. Dans la matinée, il lâche : « Je suis très en colère contre l’Otan parce qu’ils n’ont pas voulu nous aider face au principal État qui soutient le terrorisme, à savoir l’Iran. » Les États-Unis ont mené la veille une série de frappes sur la République islamique. « Le cessez-le-feu est terminé », proclame Trump, « nous allons frapper l’Iran ce soir », prévient-il, estimant qu’« il n’y a rien que les Iraniens puissent faire pour nous empêcher (…) ils méritent ce qui va leur arriver ». Et les Européens se couchent. Pour Emmanuel Macron, « les Iraniens ont eu tort de frapper ». Des tirs sont imputés à Téhéran sur trois navires commerciaux.

    À ce manque de soutien dans sa guerre lancée avec Israël au Moyen-Orient, Trump expose une autre de ses frustrations : « Le Groenland est très important pour les États-Unis, mais n’est pas important pour le Danemark », estime-t-il au sujet du territoire autonome danois. Forçant la Première ministre du Danemark Mette Frederiksen à réaffirmer que le Groenland « n’est pas à vendre ». Puis, le chef d’État étasunien s’en prend à l’un des rares gouvernements qui osent le défier : l’Espagne, qu’il qualifie de « cause perdue », assurant que Washington allait « cesser tout échange commercial » avec Madrid accusé de ne pas participer aux dépenses de défense de l’Otan. Face à ces pressions, le Premier ministre Pedro Sanchez calme le jeu et loue des relations « très positives » avec les États-Unis.

    Les alliés ont tout donné pour amadouer le milliardaire républicain, le convaincre de rester et éviter tout accès de colère dont il est coutumier. Dès lors, après les dorures du château de Versailles à la fin du sommet du G7, l’Otan sort cette fois le chéquier. Son secrétaire général, Mark Rutte a évoqué des contrats d’armement à hauteur de 50 milliards de dollars, entre les États membres « et des entreprises des deux côtés de l’Atlantique ». Les Européens veulent prouver aux États-Unis qu’ils investissent dans leur propre sécurité, craignant de voir Trump se retirer totalement du continent, ce qu’il a menacé de faire à moult reprises.

    À l’issue du sommet, les pays de l’Alliance atlantique ont confirmé leur engagement « indéfectible » envers la clause d’assistance mutuelle, consacrée par l’article 5 du traité.

    Déclaration commune autour de l’article 5

    « Une attaque contre un Allié est une attaque contre tous », est-il ainsi inscrit dans un texte commun, « notre unité, notre solidarité et notre force collective restent le socle sur lequel reposent la paix, la sécurité et la prospérité ».

    Les courbettes ont payé, le ton du président américain s’est apaisé. « C’était une très bonne rencontre, il y avait beaucoup d’amour dans la pièce, beaucoup d’unité », fait-il valoir. Aux côtés du président ukrainien Volodymyr Zelensky, son homologue américain juge que les frappes sur la Russie, pourraient « aider » à mettre fin à la guerre. Et annonce autoriser Kiev à fabriquer des missiles Patriot, indispensables pour intercepter les missiles balistiques russes qui frappent l’Ukraine. Une demande de longue date. S’il ne change pas d’avis d’ici là.

  • [Passerelle interculturelle] Un mois en orbite : l’équipage de Shenzhou-23 poursuit ses expériences scientifiques et sa vie quotidienne dans l’espace

    [Passerelle interculturelle] Un mois en orbite : l’équipage de Shenzhou-23 poursuit ses expériences scientifiques et sa vie quotidienne dans l’espace

    Le vaisseau habité Shenzhou-23 a été lancé le 24 mai 2026, depuis le Centre de lancement de satellites de Jiuquan. Il s’est ensuite amarré avec succès au module central Tianhe de la Station spatiale chinoise, le 25 mai. Les astronautes Zhu Yangzhu, Zhang Zhiyuan et Lai Ka-ying sont entrés dans la station spatiale, où ils ont rejoint l’équipage de Shenzhou-21.

    La mission Shenzhou-23 est la septième mission habitée de la phase d’application et de développement de la Station spatiale chinoise. Elle est aussi la 40e mission de lancement depuis le début du programme spatial habité chinois, ainsi que le 23e vol d’un vaisseau Shenzhou.

    Cette mission montre que la Station spatiale chinoise est entrée dans une phase d’utilisation plus régulière et plus stable. L’équipage mène des expériences dans plusieurs domaines, comme les sciences de la vie, la médecine spatiale, la physique en microgravité et les nouvelles technologies spatiales. Pendant cette mission, un astronaute doit aussi rester environ un an en orbite. Cette expérience permettra d’accumuler des connaissances pour les futurs séjours longs dans l’espace et pour les futures missions d’exploration plus lointaines.

    Au cours de la semaine passée, les trois astronautes ont réalisé plusieurs tâches scientifiques et techniques en orbite. Leur travail montre aussi comment la recherche scientifique et la vie quotidienne peuvent se combiner dans l’espace. Dans la cuisine spatiale, les astronautes ont placé des morceaux de citrouille dans le four de la station. Ils ont ensuite goûté cette nourriture chaude et sucrée. Ce moment simple leur a apporté un goût familier de la vie sur Terre, dans leur maison en orbite.

    Dans le domaine de la médecine spatiale, l’équipage a utilisé un appareil d’échographie pour faire des examens croisés. Les astronautes ont examiné le cou, le poignet et l’abdomen les uns des autres. Les données collectées serviront à mieux comprendre la circulation du sang, son évolution dans le temps et dans l’espace, ainsi que les changements de certains groupes musculaires sensibles. L’équipage a également travaillé avec le robot intelligent Xiaohang. Les astronautes ont réalisé des tests d’interaction tactile avec ce robot. Ces essais aideront à améliorer les futurs systèmes de planification des mouvements des robots à bord de la station. Xiaohang est en orbite depuis plus d’un an et a déjà travaillé avec quatre équipages différents. Il continue ainsi à accumuler de l’expérience dans l’environnement spatial.

    De Shenzhou-1 à Shenzhou-23, le programme spatial habité chinois est passé d’une phase de vérification technologique à une phase de présence humaine régulière en orbite. Aujourd’hui, la Station spatiale chinoise fonctionne comme un laboratoire spatial national. La mission Shenzhou-23 illustre cette nouvelle étape : il ne s’agit plus seulement de construire la station, mais aussi de bien l’utiliser pour la recherche scientifique, la santé des astronautes et le développement des futures technologies spatiales.

  • Au 40e congrès du PCF, des engagements pour une Europe de la paix

    Au 40e congrès du PCF, des engagements pour une Europe de la paix

    Tandis qu’au fil des débats du 40e congrès du PCF, à Lille, les délégués des fédérations ont pu débattre du refus des traités libéraux de l’Union européenne, c’est un message de refus du militarisme qu’est venu apporter le président du Parti de la gauche européenne, Walter Baier. « Nous vivons une époque dangereuse, plus de 150 guerres ravagent le monde », alertait-il sur la scène du Grand Palais. Et de dénoncer l’emprise des États-Unis de Donald Trump sur le Vieux continent. « L’Otan veut que l’Union européenne consacre 800 milliards d’euros au réarmement, mais une autre Europe est possible, espérait-il. Un nouveau mouvement contre le militarisme et l’austérité est en train de naître, et nous sommes fiers d’en faire partie. Nous disons stop au réarmement de l’Europe : construisons des écoles et des hôpitaux, pas des chars, ni des missiles ! » Il appelle ainsi à mettre fin à la course aux armements, en particulier à l’armement nucléaire : « La lutte pour la paix est aussi une lutte de classe. »

    Face au génocide à Gaza, il rappelle l’engagement du PGE pour la solution à deux États. Il apporte également au soutien à Cuba face au blocus, mais aussi aux déserteurs des deux camps, en Russie en Ukraine, qui refusent de tuer, au moment où la présidente de la Commission européenne appelle à renvoyer en Ukraine les Ukrainiens en âge de combattre.

    Face à la progression de l’extrême droite sur le continent, il tient à commémorer les 90 ans des Brigades internationales qui sont allées se battre en Espagne contre le général Franco, en particulier les 10 000 volontaires français. Et rappelant la réélection de la maire communiste de Gräz en Autriche, Elke Kahr, il sourit : « Même dans les temps les plus difficiles, le pire n’est jamais certain. »

    Après lui, la vice-présidente française du PGE, Hélène Bidard, souligne qu’avant même la création de cette coalition des partis de la gauche européenne, avant même Maastricht, le PCF avait dénoncé l’Europe telle qu’elle s’était construite. « Elle est aujourd’hui encore plus vassalisée que jamais, avec l’Otan », alerte-t-elle, en dénonçant les centaines de milliards d’euros consacrés à la remilitarisation du continent. Mais elle cible aussi les dumpings sociaux et fiscaux, la concentration de la production agricole jusqu’au brevetage du vivant, sur les semences, la « fuite en avant sécuritaire » de l’Union européenne en matière migratoire, avec une externalisation des expulsions à travers la création de camp dans des pays tiers. Et d’appeler à créer « de nouveaux espaces de démocratie » sur le continent européen.

  • [La guerre d’Espagne 1/3] Du « Frente Popular » à « No Pasaran ! »

    [La guerre d’Espagne 1/3] Du « Frente Popular » à « No Pasaran ! »

    16 février 1936, il y a 90 ans, le Front populaire triomphe en Espagne, six mois plus tard, le 18 juillet, le général Franco aidé par Hitler et Mussolini tentent de renverser la République. Le fascisme dans une sorte de répétition générale fera de cette guerre le sanglant prologue de la seconde guerre mondiale. La République chutera le 31 mars 1939 après trois années d’une résistance héroïque du peuple.

    Le 12 avril 1931, les élections municipales qui font suite à la démission du président du conseil le général Primo de Rivera, donnent la victoire aux listes républicaines, Alfonse XIII, qui comptait sur la victoire des monarchistes, s’enfuira et ira se réfugier en France. La République est proclamée le 14 avril. Après deux années ponctuées de nombreuses avancées sociales de 1931 à 1933, l’arrivée au gouvernement de forces réactionnaires avec Alejandro Lerroux qui réprimera violemment les grèves des mineurs des Asturies, va faire monter la volonté d’union des forces de gauche et des syndicats. Le Frente Popular va triompher le 16 février 1936, aux élections législatives, grâce à la coalition des forces politiques de gauche (PCE – PSOE et partis républicains).

    Le Frente Popular, pendant les cinq mois qui vont précéder le coup d’État, prendra plusieurs mesures parmi lesquelles : la libération de milliers de prisonniers politiques suite à la Révolution des Asturies qui fut réprimée violemment par la droite en 1934 ; le Parlement va destituer le président Niceto Alcala-Zamora le 7 avril 1936. Manuel Azaña deviendra alors Président de la République ; la Generalitat de Catalogne, suspendue après les événements de 1934, sera rétablie avec retour de son autonomie ; relance des processus d’autonomie pour le Pays Basque et la Galice ; sur le plan social et économique, réactivation des politiques sociales du premier gouvernement républicain (1931 -1933). Les grèves et occupations des terres vont s’étendre avec accélération de mise en place de coopérative et processus de collectivisation dans les campagnes et dans les usines. Enfin, le gouvernement va réaffirmer le programme de 1931 avec la défense des libertés publiques et une politique clairement antifasciste.

    Minutieusement préparé plusieurs semaines en amont par les militaires factieux en liaison avec l’Allemagne nazie, le coup d’État du 18 juillet 1936 va mettre un coup d’arrêt à la mise en œuvre des réformes sociales et économiques.

    Franco pensait prendre le pouvoir en quelques jours, assuré de l’aide massive des fascistes italiens et des nazis en hommes et en armement, mais la guerre dura près de trois ans grâce à la résistance héroïque du peuple espagnol, aidé par les volontaires internationaux venus de 53 pays.

    Dès les premiers jours de la rébellion des généraux, des massacres sont perpétrés en Andalousie. Le 18 juillet le général Gonzalo Queipo de Llano va s’emparer de Séville et malgré la résistance des quartiers populaires, les franquistes appuyés par la Guardia civil et la Phalange procèdent à des fusillades massives contre les militants ouvriers et la population.

    Le 19 juillet, face à la tentative de coup d’État, la député communiste Dolorès Ibarruri « La Pasionaria » prononcera à Madrid un discours radiodiffusé historique : « Travailleurs, antifascistes, peuple laborieux ! Tous debout ! Soyez prêts à défendre la République, la liberté et les conquêtes démocratiques du peuple ! (…) Le fascisme ne passera pas (No Pasaran !), les communistes, les socialistes, les anarchistes et les républicains, les soldats et toutes les forces restées fidèles à la volonté du peuple écraseront les rebelles félons (…) Le pays tout entier est bouleversé par les actes de ces scélérats. Ils veulent, par le fer et par le feu, transformer l’Espagne démocratique et populaire en un enfer de terreur et de tortures. Mais ils ne passeront pas ! …. » Ils sont finalement passés, et quelques mois plus tard la France payait au prix fort sa politique de non-intervention et fausse neutralité de ses gouvernements depuis 1936, la seconde guerre mondiale débutait.

  • Jérémy Bacchi accueille Fadwa Barghouti à Marseille

    Jérémy Bacchi accueille Fadwa Barghouti à Marseille

    Après une liesse populaire l’attendant dès son arrivée gare St Charles, Fadwa Barghouti s’est rendu dans la Maison des communistes jeudi. Sur place, les militants qui manifestent chaque dimanche porte d’Aix déploient une banderole représentant son époux. Sa visite à Marseille a été organisée dans le cadre de la campagne internationale pour la libération du leader palestinien Marwan Barghouti par la fédération PCF des Bouches-du-Rhône. Pour son chef et sénateur Jérémy Bacchi : « Le combat pour la libération de Marwan Barghouti est essentiel, à la fois pour l’homme mais également pour l’espoir de paix en Palestine. De notre point de vue il est le seul à tenir les clés d’une solution à deux États en Palestine, qui pourrait ouvrir la voie à une souveraineté du peuple palestinien sur ses terres », martèle-t-il.

    À ses côtés, l’épouse de celui qui est considéré comme le « Mandela de Palestine », insiste : « Marwan est un symbole de dignité nationale palestinienne. Ce n’est pas qu’un homme politique, c’est un être humain qui croit à la démocratie, aux droits, à la liberté et aux femmes », appuie-t-elle, « la responsabilité qu’il m’a donnée d’être sa représentante c’est un symbole de son respect », tient-elle à souligner. Alors, elle se fait sa porte-parole, partout dans le monde, appelant, depuis près de 25 ans à sa libération. Retenu dans les geôles israéliennes, Marwan Barghouti est constamment l’objet de violences physiques et psychologiques. Si l’on cumule ses périodes d’isolement il y aura passé plus de 10 ans. Sa femme ne l’a pas vu depuis quatre ans, il n’a pas vu grandir ses enfants, ne connaît pas ses petits-enfants. L’air grave, elle l’assure : « Il n’y aura pas de paix sans sanction. »

    Sur les murs de la fédération, l’une des affiches du Parti communiste en faveur de la reconnaissance de l’État palestinien. Celle-ci a été annoncée par Emmanuel Macron en septembre 2025. « Le combat ne s’arrête pas là pour nous, communistes. Il s’agit d’avoir maintenant une véritable représentation diplomatique de la Palestine en France avec une ambassade à Paris et des consulats en région », assène le sénateur.

    La veille, Marwan Barghouti a été fait citoyen d’honneur de Saint-Denis. Les maires communistes du département en discutent pour faire voter des délibérations en conseils municipaux. « Mais cette figure doit être défendue plus largement », insiste Jérémy Bacchi. C’est ce qui sera fait jusqu’à samedi, date de départ de Fadwa Barghouti. D’ici là, le programme est riche. « Nous sommes arrivés à une situation très difficile pour notre peuple. Cette solidarité que vous manifestez ici à Marseille arrive au bon moment. C’est ce qui prouve aux Palestiniens qu’ils ne sont pas seuls face à l’occupation et au génocide », glisse-t-elle.

    Où la rencontrer

    Fadwa Barghouti sera honorée vendredi matin en mairie des 15-16 puis participera à une conférence de presse avec l’UD CGT 13, à la Bourse du Travail dès 15h30. Elle devrait rencontrer dans la journée Solidaires 13 et les élus insoumis locaux. À 17h, elle sera accueillie par l’association Schebba. À 19h30, la militante palestinienne sera au Gyptis pour la diffusion de Tomorrow’s Freedom, où Sawt Palestine préparera un repas. Enfin, Fadwa Barghouti participera samedi à 14h à Palestine United 2 que le collectif Union pour la Palestine Marseille coorganise sur le Vieux Port.

  • Fadwa Barghouti en campagne pour la libération de son époux Marwan

    Fadwa Barghouti en campagne pour la libération de son époux Marwan

    Le rendez-vous est donné à 14h30 gare Saint-Charles ce jeudi pour accueillir comme il se doit Fadwa Barghouti. Celle-ci sera reçue dans la foulée par le secrétaire fédéral du PCF des Bouches-du-Rhône et sénateur Jérémy Bacchi, au sein de la Maison des communistes, rue de Lyon. Une réception populaire et festive sera tenue en l’honneur de l’avocate et militante palestinienne à 18h30 à l’Espace Mistral de l’Estaque. Cette visite riche en rencontres s’inscrit dans le cadre de la campagne internationale qu’elle a lancée, en 2002, dès le kidnapping, l’arrestation et la détention de son époux, Marwan Barghouti.

    Une cérémonie lui sera consacrée, vendredi matin en mairie des 15/16, suivie par une réception et une conférence de presse avec l’UD CGT 13, à la Bourse du Travail. Puis, elle devrait rencontrer dans la journée des membres de Solidaires 13 et les élus LFI des Bouches-du-Rhône. Fadwa Barghouti sera présente à 19h30 au cinéma le Gyptis pour la diffusion et un débat autour du film Tomorrow’s Freedom, consacré au combat de son mari et sa famille, ainsi qu’aux conditions de détention des prisonniers palestiniens. Un repas préparé par l’association Sawt Palestine sera proposé aux participants.

    Enfin, Fadwa Barghouti est attendue samedi à 14h sous l’ombrière du Vieux-Port où elle participera à l’événement, Palestine United 2, organisé, entre autres, par le collectif Union pour la Palestine Marseille (UPM).

  • [Entretien] Elke Kahr : « La gauche doit réapprendre à s’adresser aux gens »

    [Entretien] Elke Kahr : « La gauche doit réapprendre à s’adresser aux gens »

    La Marseillaise : Quelle est votre réaction après votre réélection à la tête de la ville de Graz ?

    Elke Kahr : Je suis à la fois soulagée et heureuse de constater un soutien aussi net à la ligne que nous avons adoptée en 2021. Je n’agis pas seule, je fais partie d’un collectif qui œuvre avec constance et dynamisme pour les habitants de Graz depuis des décennies, s’attirant ainsi une grande confiance.

    À quoi attribuez-vous ce succès ?

    E.K. : Mon parti, le Parti communiste autrichien (KPÖ), ne cherche pas à séduire les gens avec des promesses d’un monde meilleur pour un avenir lointain ; nous visons plutôt à obtenir des améliorations concrètes pour les travailleurs. Nous avons remporté de nombreux succès à cet égard, qu’ils soient grands ou petits. Il est réjouissant de voir qu’autant d’habitants de notre ville le reconnaissent.

    Sur quels thèmes avez-vous mené campagne ?

    E.K. : Notre programme se résume facilement. Nous défendons ce dont chacun a besoin au quotidien : des logements abordables, des écoles, des services de soins et de santé, l’accès à l’eau, à l’énergie et au chauffage, les transports en commun, les espaces verts et les parcs, ainsi que des lieux dédiés au sport, aux loisirs et à la détente. Nous voulons maintenir tous ces services dans le domaine public et garantir qu’ils soient accessibles à tous, sans barrières financières. L’intérêt général doit primer : c’est ce que nous avons clairement affirmé, alors que les partis conservateurs et libéraux ne cessaient de prôner la hausse des loyers et la privatisation du logement.

    Comment vous êtes-vous adressée au monde du travail ?

    E.K. : Je suis une militante active de la vie politique locale depuis 1993 : d’abord comme conseillère municipale, puis comme présidente du groupe communiste au sein du conseil municipal et depuis 2021, en tant que maire. Au fil de ces décennies, je ne me suis jamais retranchée dans des bureaux ou au siège de mon parti. Les habitants de ma ville savent comment me joindre. Il est essentiel que nous, en tant que parti comme à titre individuel, gardions toujours nos portes ouvertes à quiconque a besoin de soutien ou souhaite proposer des solutions. Aucun problème n’est insignifiant : le monde du travail regorge de difficultés, et pourtant, peu de gens interviennent réellement pour aider lorsque la situation se corse. Il est crucial d’avoir un bon réseau et de savoir où trouver des solutions à des problèmes précis, plutôt que de simplement faire tourner les gens en rond. Les citoyens apprécient vraiment cette approche. Cela n’est possible que si l’on s’intéresse sincèrement aux autres.

    Quelle sera votre première mesure de ce nouveau mandat ?

    E.K. : La situation économique à laquelle sont confrontées les villes et les collectivités de toute l’Autriche est loin d’être idéale. Les crises multiples de notre époque et les conséquences des politiques néolibérales se font sentir. C’est pourquoi, durant la campagne électorale, nous avons évité de faire des annonces grandiloquentes ou de présenter des « visions » -comme les médias dominants ne cessaient de l’exiger- pour privilégier une approche axée entièrement sur la sécurisation et l’amélioration des infrastructures de la ville. Graz est une ville qui fonctionne bien, et pourtant, beaucoup d’habitants y rencontrent des difficultés. Notre engagement consiste donc à tout mettre en œuvre pour que la ville continue de bien servir ses résidents et pour préserver au mieux la cohésion sociale. Nous avons mis en place de nombreux dispositifs à cette fin et nous comptons encore les améliorer. L’abonnement annuel aux transports en commun de Graz, proposé à 60 euros aux personnes sans revenus ou à faibles revenus, en est un exemple.

    Quel message adressez-vous aux forces progressistes confrontées dans toute l’Europe à la montée de l’extrême droite ?

    E.K. : L’extrême droite prétend défendre les gens ordinaires -les travailleurs, qu’ils soient cols-bleus ou cols blancs- et représenter leurs intérêts. En réalité, ces partis méprisent la classe ouvrière et le monde du travail dans son ensemble. Ils misent sur l’exclusion et la division, sur le racisme et une rhétorique incendiaire. Pourtant, ils répondent aux peurs et aux préoccupations qui touchent véritablement la majorité de la majorité. La gauche a tendance à se focaliser sur des détails abstraits et utilise souvent un langage que la plupart des gens ne comprennent pas. Les forces progressistes doivent réapprendre à s’adresser aux gens et à prendre leurs préoccupations au sérieux, même lorsque celles-ci ne cadrent pas avec leur propre vision du monde. C’est la seule façon de convaincre la population. Nous devons nous battre pour chaque individu et nous attaquer à chaque petit problème du quotidien si nous voulons parvenir à nouveau à rassembler pour obtenir des changements majeurs.

    Bio express

    1961 naissance à Graz deuxième ville d’Autriche et capitale de la Styrie

    1964 adoptée à l’âge de trois ans par les époux Kahr, un serrurier et une vendeuse

    1979 employée de banque

    1983 adhésion au Parti communiste autrichien (KPÖ)

    1993 élue conseillère municipale de Graz

    2003 élue vice-présidente fédérale du KPÖ.

    2021 élue maire de Graz

    2023 élue meilleure maire du monde par la City Mayors Foundation, « pour son dévouement et son altruisme au service de sa ville et de ses citoyens »

    2026 réélue maire de Graz

  • Plus de mille Palestiniens tués depuis la trêve

    Plus de mille Palestiniens tués depuis la trêve

    Malgré la trêve, cinq personnes ont encore été tuées, ce lundi 29 juin dans la bande de Gaza, par des frappes israéliennes, ont annoncé les responsables d’un hôpital local et d’un service de secours, le territoire palestinien demeurant la cible de frappes régulières. Israël et le Hamas s’accusent presque quotidiennement de violer le cessez-le-feu dans le territoire dévasté.

    Au moins 1 045 Palestiniens y ont été tués depuis l’entrée en vigueur en octobre de la trêve, selon le ministère de la Santé du territoire, également placé sous l’autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l’ONU. Dans le même temps, Israël a recensé cinq soldats et un contractuel travaillant pour le ministère de la Défense tués dans le territoire palestinien.

    Mardi, le secrétaire général de l’ONU a lui condamné « l’expansion et l’accélération implacables » des colonies israéliennes en Cisjordanie, qui contribuent à la plus importante crise de déplacement depuis 1967 dans le territoire occupé à l’occasion d’un rapport trimestriel. Antonio Guterres dénonce aussi l’augmentation « des violences liées aux colons et aux restrictions d’accès des Palestiniens à leurs terres ».

    La solution à deux États

    en péril

    « Ces développements alimentent les tensions, enracinent encore plus l’occupation israélienne illégale, sapent le droit des Palestiniens à l’autodétermination et menacent la viabilité d’un État palestinien totalement indépendant, souverain et en un seul tenant », ajoute-t-il. Le secrétaire général de l’ONU met en particulier en garde contre le projet de développement E1 qui « présente une menace existentielle à la solution à deux États », israélien et palestinien en prévoyant de couper en deux la Cisjordanie.

    Dans une déclaration commune avant une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU sur le sujet, cinq membres européens du Conseil (France, Royaume-Uni, Grèce, Lettonie, Danemark) se sont eux aussi inquiétés de la « détérioration de la situation en Cisjordanie », condamnant « fermement » la poursuite de la colonisation.

  • [Entretien] Fadwa Barghouti : « Marwan Barghouti est une figure fédératrice »

    [Entretien] Fadwa Barghouti : « Marwan Barghouti est une figure fédératrice »

    La Marseillaise : Quel est l’objet de votre déplacement en France ?

    Fadwa Barghouti : Depuis plus de vingt ans, la France est l’un des pays les plus actifs dans la campagne internationale pour la libération de mon époux, où elle recueille un large soutien. Plusieurs dizaines de communes lui ont décerné la citoyenneté d’honneur. Depuis le 7 octobre et l’attention croissante autour de la cause palestinienne, il est très important de veiller à poursuivre cette campagne, car Marwan incarne l’espoir pour le peuple palestinien.

    Vous avez prévu de nombreuses rencontres avec des personnalités politiques de gauche. Sont-elles les seules à soutenir votre combat ?

    F.B. : À chaque fois que je me rends en France ou dans n’importe quel autre pays, je veille à rencontrer différents partis, qu’ils soient de centre-droit ou de gauche. C’est très important de parler à tout le monde car nous ne voulons pas que ce soit un sujet de division, au contraire. Il y a quelques mois, le gouvernement français annonçait la reconnaissance de l’État de Palestine. Pour qu’elle ne soit pas purement symbolique, il faut prendre des mesures concrètes sur le terrain en faveur de la création d’un État palestinien vivant côte à côte avec Israël, conformément au droit international. La seule façon d’y parvenir est de soutenir les acteurs et les initiatives qui y contribueront. La libération de mon époux est en tête de liste, car c’est une figure fédératrice. C’est le dirigeant palestinien le plus populaire, qui a clairement affirmé partager les convictions du gouvernement français, à savoir la solution à deux États et le respect du droit international.

    Que savez-vous des conditions de détention de votre époux ?

    F.B. : Depuis le 7 octobre, une politique de punition collective est menée contre l’ensemble du peuple palestinien. Personne n’est à l’abri des attaques israéliennes. À Gaza, c’est la dévastation et le génocide. En Cisjordanie, on assiste au pillage des terres et au terrorisme des colons. Au sein d’Israël, les Palestiniens sont confrontés à une discrimination et à un racisme extrêmes. Dans ce contexte, ce que subissent les prisonniers politiques palestiniens est ce que j’appelle « l’arrière-cour du génocide ». Plus de 100 Palestiniens ont été tués en prison. Ce ne sont pas des combattants ni des personnes représentant une quelconque menace mais des détenus, tués à l’intérieur même de la prison. Nous disposons des rapports de l’ONU et du New York Times concernant les viols de prisonniers palestiniens et les mauvais traitements infligés aux prisonniers politiques palestiniens. Mon époux fait partie de ces victimes. Ils l’ont pris pour cible dès le 7 octobre, date à laquelle ils l’ont transféré en isolement cellulaire. Il s’y trouve depuis lors, et il est transféré de prison en prison. D’après les documents dont nous disposons, il a été agressé au moins dix fois. On lui refuse toute visite familiale. Je suis la dernière de ses proches à l’avoir vu et c’était il y a trois ans et demi. Il est donc très important que les gens comprennent que cette situation dure depuis longtemps, bien avant le 7 octobre. Son état de santé nous inquiète, il a perdu beaucoup de poids et a été blessé à plusieurs reprises. On craint réellement pour sa sécurité au sein d’un système pénitentiaire en pleine dérive dirigé par nul autre que Ben-Gvir [ministre israélien d’extrême droite, en charge de la Sécurité nationale, Ndlr], connu pour être un partisan du génocide et du nettoyage ethnique du peuple palestinien.

    Justement, en août 2025, Itamar Ben-Gvir a diffusé, sur les réseaux sociaux, une vidéo dans laquelle il menace votre époux dans sa cellule. Le gouvernement israélien craint-il votre époux ?

    F.B. : C’est une honte pour Israël de violer ouvertement le droit international. Mais la communauté internationale a aussi sa part de responsabilité pour ne pas avoir clairement dénoncé le fait qu’un député élu au Parlement palestinien, quelqu’un qui est, comme je l’ai dit, une figure qui rassemble, un militant pacifiste, soit humilié aux yeux du monde entier. C’est tout simplement révoltant. Cette scène entre Itamar Ben-Gvir et mon époux illustre parfaitement la lutte. Car on voit ici un dirigeant palestinien qui a été agressé et humilié, comme l’est son peuple. Il incarne en cela la lutte palestinienne. Et vous avez, en la personne d’Itamar Ben-Gvir, le visage du gouvernement israélien actuel et de sa politique. Connaissant mon époux, je pense qu’il a croisé des dizaines de Ben-Gvir au cours de sa vie et il reste résilient. Nous n’avons aucune crainte quant à son état mental, ses capacités intellectuelles et sa force d’esprit. Nous sommes en revanche vraiment inquiets pour sa santé.

    Marwan Barghouti est souvent comparé à Nelson Mandela. Quelles sont les similitudes entre les deux ?

    F.B. : Nelson Mandela et mon époux ont tous deux lutté contre le régime d’apartheid. En Palestine, malheureusement, cela s’ajoute au nettoyage ethnique, au génocide, à l’occupation et à de nombreux crimes de guerre. Marwan Barghouti se bat contre cela depuis plus de 50 ans. Ce qui les rapproche, c’est qu’ils sont tous deux des figures fédératrices pour leur peuple. Tous deux ont incarné l’espoir dans une période de désespoir. Si vous aviez dit à un Sud-Africain au début des années 1980 que dans dix ans, l’apartheid prendrait fin dans son pays, je ne pense pas qu’il vous aurait cru. C’est cet espoir que Nelson Mandela a insufflé au peuple. Ces figures historiques sont essentielles pour que les mouvements de libération gardent espoir. C’est précisément pour cette raison que le gouvernement israélien actuel tente de réduire mon époux au silence car il ne veut pas de quelqu’un qui incarne cet espoir. Le fait que Nelson Mandela ait été qualifié de terroriste par l’Occident et par le régime d’apartheid en Afrique du Sud constitue une autre similitude car le terrorisme est un terme colonial qui a toujours été utilisé pour désigner les opprimés qui tentent de lutter contre leur oppresseur.

    Mahmoud Abbas a annoncé la tenue d’élections législatives en novembre prochain et une présidentielle en début d’année 2027. Marwan Barghouti sera-t-il candidat ?

    F.B. : Il est encore trop tôt pour se prononcer là-dessus. C’est à lui de prendre cette décision, pas à nous. Néanmoins, nous saluons la décision d’organiser des élections car nous n’en avions pas eu depuis plus de vingt ans. Nous n’avons pas de conseil législatif opérationnel ce qui pose de nombreux obstacles à tout système politique. Nous saluons donc cette initiative et nous regardons vers l’avenir, pas seulement pour l’élection présidentielle mais pour l’ensemble du système politique qui a besoin d’un renouveau et qui va se renouveler. La vision politique de mon époux a toujours été axée sur la lutte contre la corruption ainsi que sur une plus grande participation des femmes et des jeunes au pouvoir. Cela ne peut se produire que si nous nous engageons dans un processus démocratique. Marwan croit en la démocratie et il est fier de n’avoir jamais occupé de poste sans avoir été élu. Je pense qu’il se réjouit de cette décision, de même que nous tous, en tant que peuple palestinien. Nous en avons désespérément besoin. Ainsi, l’Autorité palestinienne pourra se renforcer face aux défis et aux tentatives du gouvernement israélien visant à faire disparaître les institutions palestiniennes.

    Qu’a concrètement changé sur le terrain la reconnaissance de l’État de Palestine par la France ?

    F.B. : Honnêtement, sur le terrain, on ne perçoit aucun changement. La situation empire car, malheureusement, Israël agit en dehors du cadre de la loi. C’est ainsi qu’il fonctionne depuis des décennies. Notre rôle en tant que Palestiniens est d’essayer de trouver et de tisser des liens avec la communauté internationale pour nous assurer qu’elle comprenne qu’il existe un partenaire pour la paix du côté palestinien mais qu’il n’y en a pas côté israélien. Pour y parvenir, des mesures doivent être prises. Les élections constituent un grand pas en avant. Depuis le cessez-le-feu et jusqu’aujourd’hui, plus d’un millier de personnes y ont été tuées. Les souffrances n’ont malheureusement pas pris fin. Il faut veiller à ce qu’un véritable cessez-le-feu soit en place, à ce qu’il y ait un retrait total des forces israéliennes de Gaza et des territoires occupés en Palestine, et bien sûr, à ce que la reconstruction commence. C’est une priorité absolue pour les Palestiniens. Nous devons aller de l’avant, en réclamant la libération de mon époux et en faisant appel aux personnalités qui peuvent réellement contribuer à apporter la paix et la stabilité dans la région. Telles sont les mesures par lesquelles la communauté internationale, y compris la France, peuvent véritablement aider.

    L’ambassadeur de Palestine auprès de l’ONU a alerté, lundi, sur l’accélération de l’annexion de terres palestiniennes par Israël. Comment la stopper ?

    F.B. : Si l’expérience sud-africaine nous enseigne quelque chose, ce n’est pas que le régime de l’apartheid s’est réveillé un beau matin en décidant de traiter équitablement les populations autochtones, c’est la pression de la communauté internationale qui a permis de concrétiser cela. La seule façon pour qu’Israël cesse ses agissements et comprenne qu’un changement s’impose, c’est qu’il constate qu’il y a un prix à payer pour avoir violé le droit international. Nous ne demandons pas à la communauté internationale de prendre parti pour nous mais de prendre des mesures à l’encontre de tout pays et de tout État qui viole le droit international. Et Israël enfreint manifestement ce droit.

    Comment votre famille garde espoir ?

    F.B. : Nous puisons notre force dans mon époux et dans la résilience dont il a fait preuve au fil des années. Un jour, il a dit à notre fils Arab, que le désespoir est un privilège que nous, Palestiniens, ne pouvons pas nous permettre, et qu’il fallait rayer ce mot de notre vocabulaire. J’aimerais vraiment que notre famille soit la seule à traverser ce que nous vivons. Mais il y a des milliers de familles palestiniennes qui vivent la même souffrance. C’est ce qui nous rend plus forts ensemble, car nous savons que ce combat vise un grand objectif : la liberté des Palestiniens, pour que nos enfants puissent vivre en paix et en sécurité. L’ampleur des sacrifices que nous endurons ne signifie pas que nous devrions abandonner à un moment donné. D’un point de vue historique, ce n’est pas de cette façon que les peuples obtiennent leur libération et leur liberté.

    Son programme à Marseille

    Un comité d’accueil viendra saluer Fadwa Barghouti à la gare, à 14h30 jeudi. Une réception sera tenue en son honneur à l’espace Mistral de l’Estaque dès 18h30. Elle participera vendredi à 19h30, au Gyptis, à la diffusion du film Tomorrow’s Freedom. Elle sera présente samedi à 14h à un débat, sur le Vieux-Port, dans le cadre du festival Palestine United 2. Durant sa visite, elle rencontrera des responsables politiques dont le communiste Jérémy Bacchi et des syndicats, dont l’UD CGT 13.