Category: environnement

  • Pollution de l’air : que risquent les sportifs ?

    Pollution de l’air : que risquent les sportifs ?

    Cet été, le départ d’une célèbre course d’ultra-trail dans le Colorado (États-Unis) était menacé en raison de fumées issues de feux de forêts. En 2020, la qualité de l’air perturbait l’Open d’Australie de tennis à Melbourne. En 2014, les participants au marathon de Pékin s’élançaient dans le « smog » de la capitale chinoise. « Les grands événements sportifs sont de plus en plus perturbés par des problèmes de qualité de l’air qui deviennent récurrents », souligne Valérie Bougault, spécialiste de la santé respiratoire des sportifs de haut niveau à l’Université Côte d’Azur et membre d’un groupe de travail mis en place en 2019 par le Comité international olympique pour dresser le bilan des connaissances quant à l’impact de la pollution de l’air sur la santé des sportifs.

    La dizaine de spécialistes recrutés livrent leurs conclusions dans un article paru cette année dans le British Journal of Sports Medicine. « Nous savons peu de chose, résume la chercheuse, première autrice de l’article. Jusqu’à présent, il y a eu beaucoup d’études sur les effets de la chaleur, mais moins sur la pollution ». Il est encore difficile d’établir les doses inhalées et les effets des différents polluants pendant un exercice physique, constatent les auteurs, « ce qui rend difficile d’émettre des recommandations claires pour protéger la santé des athlètes ».

    Le risque ozone

    Un polluant semble toutefois se détacher : l’ozone. « c’est ce qui ressort des études de terrain qui confirment ce qui avait été observé en laboratoire », indique Valérie Bougault. Ce gaz se forme sous l’effet du soleil, des ultraviolets et de la chaleur, à partir de molécules d’origine humaine ou biogénique : les composés organiques volatiles (COV), les particules fines et le dioxyde d’azote issus des activités humaines d’un côté, et les COV produits par la végétation de l’autre. « Ce gaz oxydant réagit avec les bronches », explique la chercheuse. Causant des difficultés à respirer ou de la toux par exemple. Quant aux particules fines ou au dioxyde d’azote, « les conséquences directes sur la santé des sportifs sont peu claires, d’autant que les sources sont souvent localisées et peuvent être évitées », indique-t-elle.

    Que risquent les sportifs qui s’entraînent dans des environnements pollués ? « A priori, les sujets sains ne risquent pas grand-chose dans l’immédiat, si ce n’est une baisse des performances et des symptômes temporaires comme de la toux, les yeux qui piquent ou un mal de crâne, poursuit Valérie Bougault. Mais les effets d’une exposition répétée sont encore méconnus ». Et certains individus sont plus sensibles que d’autres. Quant à ceux ayant des problèmes respiratoires
    – comme de l’asthme – ou cardiaques, ils doivent être prudents. « Ils risquent une exacerbation de leur maladie pouvant conduire au décès », alerte la chercheuse. Un sujet à ne pas prendre à la légère.

  • Défis ludiques pour la biodiversité

    Défis ludiques pour la biodiversité

    Dix foyers vont pouvoir bénéficier d’un accompagnement personnalisé de sensibilisation à la biodiversité d’environ six mois. Le but du défi ? « Accompagner des familles volontaires à réduire leur “empreinte biodiversité” dans leur vie quotidienne par des petits gestes concrets », tout cela dans une approche « accessible et bienveillante » peut-on lire sur le site national du dispositif.

    Pour le territoire du Mont-Ventoux, deux thématiques ont été retenues : l’éclairage nocturne et la biodiversité du jardin et/ou du balcon. Il s’agira de réfléchir à comment réduire la pollution lumineuse (éclairages extérieurs, murs des maisons, chemins qui mènent du portail, décoration de Noël, etc.) et à comment « accueillir le vivant chez soi, même sur quelques mètres carrés », avec des aménagements, plantes locales, refuges à faune, etc.

    Le choix de l’éclairage nocturne permet au dispositif de s’inscrire dans une préoccupation locale et un projet en cours : le développement d’une « trame noire » pour réduire la pollution lumineuse dans le parc du Mont-Ventoux, labellisé parc naturel régional depuis 2020.

    Diagnostic à domicile

    Le dispositif est mené en partenariat avec un acteur local et engagé : l’Université Populaire Ventoux. Cette association a pour fonction principale d’accompagner les personnes précaires vers un emploi stable. C’est elle, à travers le Naturoptère, qui assurera les missions de diagnostic, de suivis, d’accompagnement et d’animation.

    Noémie Lassauge, en charge du projet, explique plus en détail en quoi consiste la participation pour les volontaires : « Il va y avoir un diagnostic individuel. Donc la personne du Naturoptère va passer chez chaque famille pour voir un petit peu où ils en sont : est-ce qu’ils ont déjà mis des choses en place ou pas ? Qu’est-ce qu’on peut améliorer ou apporter ? Et puis, il y aura aussi cinq ateliers collectifs pour qu’il y ait un peu de liens qui se tissent entre les familles, que les idées puissent s’échanger, et les connaissances aussi. »

    Au cœur du projet, la volonté de s’adapter au maximum aux familles et de rendre le dispositif le plus ludique possible : « Bien sûr, on a déjà des idées de défis à proposer aux participants. Mais l’idée, c’est surtout qu’ils construisent leurs propres défis en fonction de leurs envies », explique Noémie Lassauge. Une volonté d’adaptation qui s’inscrit dans l’essence même du projet : un défi qui s’adresse à tout le monde. D’ailleurs « famille » doit être compris au sens large, retraités, célibataires, colocations… toutes sortes de foyers peuvent candidater. Le seul critère pour participer ? Être curieux, motivé, et ouvert à expérimentation !

    Si le dispositif se concentre sur les comportements individuels, il repose sur une vision plus globale de l’écologie qui considère que le « changement des modes de vie des citoyens est nécessaire en plus des actions de l’État, des ONG, des entreprises et des collectivités locales », explique le site. Il bénéficie d’un financement de l’Office français de la biodiversité et du ministère de la Transition écologique.

    Candidatures ouvertes jusqu’au 1er septembre auprès de noemie.lassauge@
    parcduventoux.fr

  • Menelik « veille » sur les cours d’eau du territoire

    Menelik « veille » sur les cours d’eau du territoire

    Mille deux cents kilomètres de cours d’eau. Les équipes de Menelik, (anciennement syndicat du bassin de l’Arc), établissement public d’aménagement et de gestion de l’eau, ont sous leur surveillance cette longueur de rivières et de fleuves, répartis sur 57 communes et deux départements. Leur mission : préserver les bassins de l’Arc, de la Cadière, jusqu’à la Touloubre et le pourtour de l’Étang de Berre se répartit globalement en deux volets principaux. « La prévention d’inondations et la préservation des cours d’eau. Tout notre travail se décline à partir de ces deux axes, résume Maxime Lenne, directeur technique opérationnel et travaux. On est sur un territoire où il y a de tout : de l’économie, beaucoup d’humain, des villages, des grandes villes, du relief, du plat et un climat méditerranéen qui se traduit par ses excès. » L’équipe du pôle qualité et ressource pilote notamment le suivi de qualité de l’eau et de l’état de la ressource, l’une des missions de Menelik, dont la première campagne a été lancée au cours de l’été 2024. Objectif, détecter rapidement d’éventuelles pollutions, mesurer l’état écologique des cours d’eau et préserver durablement la ressource. Ces données servent ensuite de base aux décisions locales en matière d’assainissement et de gestion de l’eau. « Parce qu’il y a beaucoup de monde sur notre territoire, la question de la qualité de l’eau est un sujet fort pour Menelik. Plus on a de monde, plus on a de rejets, plus les milieux sont impactés. Il y a une palanquée de cours d’eau en France en bon état parce que le bassin-versant est très peu urbanisé. Ce qui n’est pas le cas chez nous. On a la double peine : beaucoup de monde et des cours d’eau naturellement très fragiles car les étiages sont très marqués. »

    Un état « très disparate »

    Alors, quatre fois par an, des contrôles dits « chimiques » des cours d’eau sous la gestion de Menelik sont effectués par des bureaux d’études spécialisés. Ils interviennent au mois février, avril, août et novembre, sur une soixantaine de points de prélèvement. Une campagne de contrôle biologique est elle aussi menée une fois par an. « Ce sont des indices. Si vous trouvez des invertébrés ou des microalgues très sensibles à la pollution, cela veut dire que le cours d’eau est peu pollué. Si elles sont tolérantes, alors vous en tirez une note plus faible qui va indiquer que le cours d’eau est pollué », précise Maxime Lenne. Le suivi qualité est entièrement financé par les budgets métropolitains de la Gemapi (gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations) et de l’assainissement, ainsi que par une aide de l’Agence de l’eau. La Métropole, l’un des membres fondateurs de l’Epage, contribue au financement d’appels à projets portés par Menelik. Sur le territoire, selon Menelik, l’état actuel des rivières varie. « C’est très disparate, conclut Maxime Lenne. De par la taille du territoire et la multiplicité des cours d’eau, on se retrouve avec une palette de cas de figure possibles. » Le pôle qualité et ressource travaille, pour 2026, à sensibiliser sur ses missions.

  • Nouvelle mise en demeure pour la friche Legré-Mante

    Nouvelle mise en demeure pour la friche Legré-Mante

    Huit mois après une décision du tribunal administratif de Marseille lui ordonnant de sécuriser le site de la friche industrielle de Legré-Mante, à la Madrague de Montredon (8e), la préfecture des Bouches-du-Rhône a de nouveau mis en demeure le propriétaire du site, la Société française des produits tartriques Mante (SFPTM), à travers un arrêté publié ce mercredi. Lors d’une visite du site lourdement pollué, le 30 avril dernier, l’inspection de l’environnement a en effet constaté « des dégradations locales des dispositifs de restriction d’accès aux parcelles », et que « la cheminée rampante présente sur le foncier de la SFPTM est accessible en plusieurs points du fait de dégradations et de vandalisme sur les dispositifs en place », relate le nouvel arrêté préfectoral. Des dégradations déjà évoquées à l’audience, le 7 novembre dernier.

    La Préfecture donne donc trois mois à la société pour réparer ces clôtures et interdire aussi bien l’accès à la plage située au pied du crassier qu’à la cheminée rampante. Il lui est aussi ordonné de produire, dans un délai de six mois, une nouvelle note de synthèse sur le risque sanitaire global du site, « précisant les mesures correctives à mettre en œuvre le cas échéant ».

    Enfin, après l’annulation à l’été 2024 du permis pour la construction de 332 logements sur l’ancienne friche, la préfecture demande que les plans et le calendrier du nouveau projet lui soient transmis avant le 31 octobre. Porté une nouvelle fois par le fonds d’investissement Ginkgo et le promoteur Constructa, celui-ci prévoit désormais environ 130 logements. Le permis de construire a été déposé ces derniers jours, indique l’adjoint (MadMars) à l’Urbanisme, éric Mery.

  • Des espaces boisés et une maison pour les associations toulonnaises

    Des espaces boisés et une maison pour les associations toulonnaises

    Avant de couper le ruban de la Villa l’Orient entièrement rénovée et repensée pour accueillir dans les meilleures conditions les associations, et à ses pieds son jardin public, le rendez-vous était donné aux petits bois Suzanne-Noël. Un espace en friche transformé en petit bosquet financé en partie par Soroptimist international. Une ONG qui œuvre selon sa devise « pour rendre le monde meilleur pour les femmes et les filles », a rappelé sa présidente nationale Élisabeth Herraiz. « Et pour le rendre meilleur il faut le végétaliser », insiste-t-elle. Un « petit bois » densément planté, afin de créer une forte synergie racinaire et une compétition vertueuse, qui se suffit à lui-même au niveau de l’entretien.

    « La Ville s’inscrit maintenant depuis plusieurs années dans cette politique de revégétalisation de l’espace », rappelle d’ailleurs un peu plus tard la maire de Toulon, Josée Massi (SE), y compris sur la place de la Liberté où cela a été « un vrai défi de planter sur une dalle, avec un parking en dessous ». Nous sommes à présent dans le jardin public de la Villa l’Orient. Un lieu de détente arboré de 1 300 m² équipé de jeux d’enfants, d’agrès sportifs, d’un terrain de pétanque et d’une fontaine.

    Le rôle éducatif du sport

    La bâtisse des années 20, entièrement modernisée pour un montant de 1,15 million d’euros TTC, va notamment abriter le siège de l’Union sportive du Mourillon (USM). Le club de rugby mythique du quartier qui a vu le jour en 1927. « Un des seuls en France qui représentent un quartier évoluant au niveau national en fédérale 3 et composé exclusivement de bénévoles », insiste son président Michel Grillo. Et remercie la municipalité de permettre au club d’avoir aujourd’hui d’avoir « un véritable lieu de vie » qui va contribuer, explique-t-il, à continuer de manière optimale de bâtir « les piliers d’éducation que nous devons à nos minots ». Avec, outre l’apprentissage du rugby, ceux aussi du respect des autres et de la citoyenneté. Le club peut désormais profiter entre autres d’un club-house de 60 m² avec un accès direct aux terrains de sport du stade Jean-Alex Fernandez, une salle de réunion et une buanderie.

    « C’est une preuve de plus de l’engagement de la Ville en faveur du sport et de la vie associative », déclare Josée Massi. « À l’heure où les institutions et les collectivités ont tendance à baisser les subventions aux associations, on a relevé le défi de les augmenter », ajoute-t-elle, en mettant en avant le pouvoir du sport et son rôle éducatif.

    En tout cas, « la Villa a déjà trouvé son rythme ». Et le succès qu’elle remporte auprès des utilisateurs, souligne la première magistrate, montre qu’elle répond à une vraie attente de la population. Et de conclure : « Cela renforce, si cela était nécessaire, ma volonté à continuer à orienter la politique publique de la Ville vers la préservation, le développement et la qualité de vie dans chaque quartier. »

  • Le débat sur la ligne haute tension prend de la hauteur

    Le débat sur la ligne haute tension prend de la hauteur

    Le collectif Stop THT 13/30 n’a pas dit son dernier mot. Un mois et demi après la fin du débat public global de zone sur l’avenir industriel du territoire, l’alliance de 32 associations du monde agricole, écologique et citoyen d’Arles et de Camargue remet le sujet sur la table lors d’une conférence donnée dans le cadre du festival Agir pour le vivant.

    La protection de la biodiversité est la préoccupation première de ces militants. Telle que présentée par RTE dans son fuseau de moindre impact, la ligne aérienne de 400 000 volts devant alimenter la zone industrialo-portuaire traverserait quatre zones Natura 2000 dont trois zones humides d’importance internationale, la réserve de biosphère de Camargue, la réserve naturelle nationale des Coussouls de Crau et une partie du Parc naturel régional de Camargue.

    « En Camargue et en Crau, la ligne aérienne serait présente sur plus de 50km, écrit le collectif dans une lettre ouverte. Elle aurait un impact majeur sur l’avifaune en raison de son emplacement stratégique dans une zone clé pour la migration des oiseaux ainsi qu’un site majeur de reproduction et d’hivernage, accueillant 400 espèces d’oiseaux soit 75% des espèces nationales. »

    Une solution alternative

    Début décembre, 74 organisations représentant 36 pays, ont lancé une alerte rouge pour prévenir les autorités nationales et européennes des risques environnementaux et socio-économiques de l’infrastructure. « À la dernière réunion de la conférence des parties de la convention de Ramsar, auquel participait la Tour du Valat, le secrétariat a demandé des explications à l’État français, affirme l’avocat Sébastien Mabile. Nous avons également saisi le comité permanent de la convention de Berne qui assure la protection du patrimoine naturel des habitats et des espèces sur tout le continent européen, et nous allons saisir la Commission européenne pour lui demander de faire pression sur l’État français. » Trois plaintes pour destruction d’espèces ont également été déposées, et une action en justice est envisagée.

    Jean-Luc Moya, porte-parole du collectif Stop THT 13/30, rappelle néanmoins : « On n’est pas que dans l’opposition, on a constitué une solution alternative en allant chercher des compétences en urbanisme, en naturalisme, en ingénierie. » Celle-ci consisterait en l’enfouissement de la ligne « sur des terrains 100% publics » mais coûterait bien plus cher que l’option aérienne de RTE, c’est-à-dire 1,2 milliard contre 300 millions d’euros, sans compter le délai de 2028, imposé par l’implantation des nouvelles industries, qui ne pourrait pas être respecté. Jean-Laurent Lucchesi, un autre membre de l’alliance, affirme : « On est pour la réindustrialisation, mais pas au risque de mettre en péril les autres enjeux agricoles, environnementaux et patrimoniaux. » À l’État de trouver un compromis.

  • Biodiversité marine : les gorgones rouges mieux préservées mais toujours menacées au large de Marseille

    Biodiversité marine : les gorgones rouges mieux préservées mais toujours menacées au large de Marseille

    « Le résultat n’est pas mauvais, il est même plutôt encourageant », se réjouit Hervé Menchon, adjoint à la mairie de Marseille chargé de la Biodiversité marine et de la Préservation des espaces littoraux. Pour l’élu, le grand recensement de gorgones rouges, organisé ce dimanche 24 août dans le parc national des Calanques et sur les îles du Frioul, est un succès. L’initiative conjointe de l’institut de recherche Septentrion et de la Fédération française d’études et de sports sous-marins (FFESM) pose un socle solide pour l’action municipale visant à protéger cette espèce animale peu connue, mais largement menacée par le réchauffement de la mer.

    Avec ses grands rameaux rouges chargés de milliers de tentacules, il est difficile de rater la gorgone pourpre quand on s’aventure à 20 mètres de profondeur dans la rade de Marseille. Ce dimanche au départ du Stade nautique Florence-Arthaud, ils étaient 80 plongeurs, issus d’associations bénévoles et de clubs professionnels, réunis pour en recenser la population dans les eaux marseillaises. À l’issue de deux séquences de plongée de deux heures, les participants ont rendu leur verdict en début de soirée : « 3 239 gorgones ont été observées, dont une large partie déjà brûlée par les fortes chaleurs. En termes de mortalité récente, c’est bien mieux que les chiffres des étés 2022 ou 2023 », rapporte Hervé Menchon.

    Selon les observations de l’institut Septentrion, 80% de la population de gorgones rouges vivant à 30 mètres de profondeur a été décimée, au cours de l’été 2022. Une hécatombe à relier directement aux épisodes de canicules marines de plus en plus fréquentes et qui font exploser le thermomètre sous-marin, parfois jusqu’à 4°C au-dessus de la norme. De plus, quand elle n’est pas étouffée par une mer en ébullition, la gorgone rouge doit aussi composer avec d’autres espèces prédatrices : « Les plongeurs se sont aperçus que la gorgone était rongée puis nécrosée par la présence d’une algue appelée Barbapapa. Cette algue profite du réchauffement de la mer pour proliférer », rapporte l’élu.

    Si le constat reste alarmant, le recensement de dimanche dernier impulse une dynamique positive et enjoint les acteurs de la protection sous-marine à nuancer le tableau. « Si on veut regarder le verre à moitié plein, on peut dire que le phénomène de disparition des gorgones ralentit fortement dans la rade de Marseille », explique Hervé Menchon. Surtout que le sujet mobilise un nombre toujours plus important d’acteurs, ce qui peut parfois surprendre : « Pour ce recensement, on avait peur qu’il y ait une très faible fréquentation. Et on a été très agréablement surpris », livre-t-il.

    Des bouées pour protéger les gorgones

    Concernant l’action municipale dont il est le porte-parole, Hervé Menchon a déjà des plans pour la suite. Selon l’élu, dix nouvelles bouées de mouillage écologiques devraient être déployées sur la rade dans les prochains mois. Ces bouées, dont une partie avait déjà été restaurée par les services de la municipalité au début de l’été, seront 43 pour l’été 2026 et devraient permettre aux bateaux de jeter l’ancre sans détruire les forêts de gorgones présentes sous l’eau.

    Pour la mairie de Marseille, ce recensement représente un jalon non négligeable dans la lutte pour la préservation des écosystèmes marins. Pour Hervé Menchon, l’initiative fait avancer les choses : « Cette opération nous a beaucoup aidés. Elle nous oriente vers les sites sur lesquels nous allons agir pour poser des points d’ancrage écologique ». Une fois le constat établi, l’heure est maintenant à la sensibilisation des plaisanciers. Là aussi, un plan a été mis sur pied : « Le contenu des observations effectuées va être transmis aux lieux de sensibilisation, comme le Hublot ou encore la Maison des îles et du littoral au Frioul », annonce l’élu.

  • La baignade sur les plages de Fos-sur-Mer interdite suite à une pollution aux hydrocarbures

    La baignade sur les plages de Fos-sur-Mer interdite suite à une pollution aux hydrocarbures

    La Ville interdit la baignade sur l’ensemble de ses plages (Grande Plage, Saint-Gervais et Cavaou…) par un arrêté municipal. Une décision a prise suite à la détection d’une nappe d’hydrocarbures, estimée à environ 1 000 m², en début de matinée par le poste de secours.

    La police municipale, les sapeurs-pompiers et la cellule Risques majeurs ainsi que les agents municipaux sont mobilisés afin d’assurer la sécurité des usagers et le processus de dépollution.

    Des analyses sont en cours pour déterminer l’origine et la nature exacte de cette nappe. La municipalité a d’ores et déjà déposé une plainte contre X « afin que toute la lumière soit faite sur cet incident», annonce-t-elle.

  • Moins de lumière, plus d’étoiles : pourquoi de plus en plus de villes provençales éteignent leurs lampadaires

    Moins de lumière, plus d’étoiles : pourquoi de plus en plus de villes provençales éteignent leurs lampadaires

    L’allumeur de réverbères de Saint-Exupéry, aujourd’hui, aurait peut-être du mal à trouver de l’emploi. En six mois, à partir de l’automne 2022, près de 30% des communes des Bouches-du-Rhône, et 20% dans le Var comme en Vaucluse, ont éteint leur éclairage public. Désormais, quatre communes sur dix, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, n’allument plus leurs lampadaires au cœur de la nuit, révèle une étude du Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema) réalisée à partir d’observations satellites et publiée le 30 juillet.

    « Le sud de la région n’était pas un territoire qui éteignait beaucoup la nuit, pour des questions de ressenti sur l’insécurité notamment, explique Paul Verny, responsable de la mission éclairage du Cerema Méditerranée. La crise de l’énergie de 2022 a levé le verrou. Beaucoup de communes y sont arrivées, forcées par les difficultés financières. » C’est que l’éclairage public représente, selon l’Agence de la transition écologique (Ademe), 30% de la consommation d’électricité des collectivités, jusqu’à 18% de leur facture d’énergie.

    Pièges à biodiversité

    Les comptes sont rapides pour des municipalités frappées par les restrictions budgétaires. Dans le même temps, la rénovation des lampadaires s’est aussi accélérée : près de la moitié des communes des Bouches-du-Rhône ont réalisé de tels travaux lors de la dernière décennie, plus d’un tiers dans le Var et en Vaucluse. Saint-Paul-lez-Durance faisant figure de pionnière en France. Gérant l’éclairage de 23 communes, dont Marseille, la Métropole Aix-Marseille a ainsi déjà équipé 49% de ses 121 067 points lumineux de LEDs (contre 40% au niveau national). En plus du chantier lancé pour des « trames noires », elle a voté, en décembre dernier, un programme de près de 50 millions d’euros d’investissements pour rénover 20% de son parc.

    Au-delà des enjeux budgétaires et de la sobriété énergétique, ces décisions apportent une nouvelle respiration à la biodiversité sur le territoire. « L’éclairage peut avoir des impacts forts sur les espèces la nuit, rappelle Paul Verny. Vous créez des pièges lumineux pour tout un tas d’insectes, qui deviennent des garde-mangers avec une surprédation, et vous créez des barrières lumineuses pour d’autres espèces obligées de les contourner. »

    Lumières lucratives

    Cela d’autant plus que les abus ont été nombreux par le passé. « La compétence a disparu dans les collectivités, explique le responsable du Cerema. Alors les études sont faites gratuitement par les fabricants d’éclairages. » Dès lors, pourquoi se priveraient-ils d’ajouter quelques lampadaires de plus sur les chantiers qui leur sont confiés ? « Cela a généré des dérives, nous sommes parfois sidérés des niveaux lumineux que l’on mesure », souffle Paul Verny. S’ajoutent les demandes des habitants, y compris pour des hameaux en pleine campagne, mais aussi la multiplication des maîtres d’ouvrage. À Saint-Estève-Janson, si la municipalité travaille à la réduction de l’éclairage, c’est la Métropole qui a aménagé l’entrée de ville… avec force réverbères.

    Mais les collectivités ne sont pas seules à illuminer la nuit. À Gignac-la-Nerthe, le dépôt logistique de Decathlon apparaît ainsi nettement sur les images satellites, fonctionnant 24 heures sur 24. « C’est plus compliqué de travailler avec ces acteurs parce qu’il faut aller voir chaque industriel et le coût est minime pour eux par rapport au reste », raconte le responsable du Cerema. Le parking de la gare TGV d’Aix-en-Provence en est un exemple. « Il est éclairé de façon catastrophique avec des projecteurs visibles de très loin, alors que c’est reconnu comme un secteur à enjeu environnemental », s’agace Paul Verny.

    S’ajoute, enfin, l’échéance des élections municipales. « Cela fait plaisir aux habitants quand on rallume », reconnaît le responsable. Sur les 23 communes où la Métropole est compétente en la matière, quatre ont d’ores déjà réclamé le retour de la lumière. Les allumeurs de réverbères, finalement, trouveront encore du travail.

  • Incendie dans l’Aude : le défi de la reconstruction

    Incendie dans l’Aude : le défi de la reconstruction

    Il va probablement falloir attendre plusieurs semaines avant que le feu ne soit définitivement considéré comme éteint », affirmait au matin du 18 août la secrétaire générale de la préfecture de l’Aude, Lucie Roesch. Selon elle, plus de 300 pompiers étaient toujours présents à La Ribaute en ce début de semaine pour intervenir sur des réactivations du feu « presque quotidiennes ».

    Pour rappel, un immense incendie s’est déclaré le 5 août aux alentours de 16h15, entre les communes de Lagrasse et de la Ribaute, au cœur du massif des Corbières. Les flammes ont ravagé quelque 17 000 hectares de territoire entre le 5 et le 9 août, dont environ 4 100 hectares de garrigue, 2 200 hectares de cultures et au moins 36 habitations. Le bilan humain du drame est tout aussi important : une personne est décédée dans l’incendie de sa maison et une autre est toujours en urgence absolue, tandis que l’on déplore aussi de nombreux blessés légers, dont une vingtaine de pompiers. Un pompier qui avait initialement été déclaré en urgence absolue serait cependant tiré d’affaire, selon la préfecture de l’Aude.

    « Du côté des services de l’État, nous continuons dans un premier temps d’accompagner les collectivités pour le rétablissement des réseaux d’électricité et de communication, explique Lucie Rosech. Mais pour l’instant, nous sommes toujours dans la gestion directe de l’événement  : le 17 août encore, il y a eu une reprise importante à Jonquières.  » La fonctionnaire précise que les estimations des dégâts matériels sur le terrain ne peuvent donc pas encore être exhaustives et qu’il faut aider les sinistrés en priorité.

    « Il y a, bien sûr, une nécessité de recenser tous les dégâts, poursuit-elle. Ce travail est entamé dans un premier temps par les sapeurs-pompiers. Mais derrière, il y aura un recensement plus exhaustif par les communes de l’endommagement des voiries, des espaces forestiers, etc. Différents dispositifs vont alors pouvoir s’enclencher. De façon immédiate par exemple : l’État va actionner un outil de prise en charge des frais que les communes avancent pour le relogement des personnes qui ont perdu leur maison. » Restera ensuite à entamer le chantier titanesque de la reconstruction du territoire. Selon la secrétaire générale de la préfecture, 90% des dégâts sont de nature forestière : « Il faut alors répondre à de nombreuses questions : Qu’est-ce qu’on reconstruit ? Qu’est-ce qu’on replante ? Qui finance ? »

    Un plan national pour l’Occitanie ?

    De son côté, la présidente (PS) du conseil régional d’Occitanie, Carole Delga, s’est rendue une première fois sur le terrain le 14 août, à Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse, où elle a participé à une réunion avec la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, des élus locaux et des vignerons. À cette occasion, la socialiste a lancé un appel au président de la République pour amorcer « un grand plan national d’investissements Occitanie Résiliente », qui reconnaîtrait la spécificité du territoire régional face aux effets du changement climatique. Face à la ministre de l’Agriculture, Carole Delga a également plaidé pour que l’État simplifie la construction de retenues collinaires : « Notre région doit faire l’objet d’un traitement exceptionnel du fait de sa situation exceptionnelle, car nous sommes la région la plus exposée aux risques climatiques. » Jeudi 21 août, l’élue s’est de nouveau rendue sur la commune de Coustouge, aux côtés d’Hélène Sandragné, présidente du Département et de Sébastien Pla, sénateur, afin d’animer, entre autres, une réunion de travail avec les maires des communes sinistrées par les incendies.

    Une solidarité immédiate

    « Dès les premières heures, nous avons constaté un grand élan de solidarité sur le territoire, se remémore Lucie Roesch. Je pilotais la cellule de crise et sur tout le territoire, des personnes se sont mobilisées pour ravitailler les pompiers et aider les naufragées sur les routes. Depuis, cet élan ne s’est plus arrêté. »

    La solidarité sur le territoire a aussi pris la forme d’initiatives institutionnelles. Éric Ménassi, maire PS de la commune de Trèbes et président de l’Association des maires de l’Aude (AMA), explique : « Il y a trois canaux différents de solidarité. Le premier est destiné aux pompiers et il est mis en place par l’Union départementale des pompiers de l’Aude. Le second est destiné à aider les sinistrés : il est porté par l’association Aude Solidarité. Enfin, avec l’Association des maires de l’Aude et avec le soutien de l’Association des maires de France (AMF), nous avons mis en place un fonds de solidarité dédié aux communes sinistrées. » Grâce à ce fonds, l’AMA espère apporter un soutien financier aux communes concernant les frais qui sortent des cas prévus par le droit commun, tels que les dépenses de nourriture pour les pompiers ou les dépenses logistiques. « Aujourd’hui, on dépasse les 26 000 euros de dons de particuliers et on estime à environ 100 000 euros les promesses de dons des différentes collectivités », ajoute Éric Ménassi.

    Comme beaucoup d’élus locaux, le maire de Trèbes se souvient des inondations qui avaient ravagé le département de l’Aude en 2018. « Dans ces moments graves, nous devons d’abord passer par une phase de constat, qui est celle que nous traversons maintenant. Le territoire est quasiment défiguré. Mais demain, notre rôle d’élu sera de s’organiser pour rendre le territoire plus résilient face aux conséquences du changement climatique. »

    Une enquête ouverte

    Pour ce qui concerne la détermination des causes de l’incendie dévastateur, une enquête a été ouverte dès le 6 août. Selon un communiqué du procureur de la République, l’ampleur de l’événement a conduit à ce que le parquet de Carcassonne, initialement compétent, se dessaisisse de l’affaire dès le 9 août au profit du pôle régional de l’environnement du parquet de Montpellier. Le ministère public indique également qu’au fur et à mesure des investigations des gendarmes et des services spécialisés, « il est apparu que cet incendie avait une cause anthropique, toute cause naturelle étant exclue ». Un collège de deux juges d’instruction a été saisi. Et si des investigations complémentaires sont évidemment nécessaires, les experts estiment déjà que l’incendie « pourrait avoir une cause criminelle résultant d’un acte volontaire ».