Category: environnement

  • Le vivant, réponse aux enjeux futurs

    Le vivant, réponse aux enjeux futurs

    « Les solutions sont indiquées par la nature, elle est notre porte de sortie. » Devant l’amphithéâtre presque plein du Pharo, Patricia Ricard, présidente de l’institut d’océanographie Paul Ricard, insiste sur la source d’inspiration que représente la biodiversité. La 9e édition de Biomim’expo en est bien la preuve. Ce mardi, ingénieurs, entreprises, inventeurs et badauds se sont retrouvés dans l’enceinte historique du Pharo, à Marseille, pour échanger sur les réponses que la nature peut apporter aux problématiques futures.

    Organisé depuis 2018 à Paris, c’est la première fois que l’évènement pose ses valises dans la cité phocéenne. Avec 160 exposants et environ 1 200 visiteurs, cette réunion de professionnels et de curieux permet de mettre à l’honneur le biomimétisme. « Cela veut dire que l’on s’inspire de structures ou de conceptions qui existent dans la nature pour nos innovations », explique Aurore Torrigiani, exposante. Et les applications sont multiples pour lutter contre le réchauffement climatique, réduire les besoins énergétiques ou limiter les déchets.

    Revitaliser les ports

    Pour remettre de la biodiversité dans les ports, rien de mieux que de s’en inspirer. C’est en tout cas la certitude d’Aurore Torrigiani et Olivier Meynard qui ont fondé, à Marseille, Sea Blocks. En s’inspirant de la forme naturelle des récifs, les deux marseillais ont imaginés des blocks de bétons, renforcés par de la fibre de moule et des coquilles saint-jacques pour installer des récifs artificiels dans les ports et y faire revenir faune et flore.

    « On a voulu se servir de la force de la nature, explique la co-fondatrice. Ces blocs, fabriqués lors d’ateliers RSE d’entreprises qui financent donc leur fabrication, devront être mis au sein de ports pour les revitaliser. On ne peut pas se passer ces ports, donc on veut les rendre de nouveau vivant. » Les deux co-fondateurs espèrent installer leurs premiers blocs début 2026 à l’Estaque.

    Des textiles innovants

    La nature offre aussi des réponses aux nouveaux défis que connaît la mode, qui tente d’être plus éco responsable, en utilisant de nouvelles fibres ou de nouvelles structures. C’est ce qu’a voulu montrer Audrey Prat, présidente de Biom’inspi, dans un défilé de mode bio inspirée, présentée ce mardi lors de l’exposition. « Que la nature soit notre directrice artistique », s’enthousiasme-t-elle.

    Les spectateurs ont pu découvrir des vêtements réalisés avec des fils de papiers, des fibres d’algues ou un textile inspiré de la structure des poils de fourmis argentées du désert qui lui permet de résister aux grosses chaleurs. De nouveaux matériaux encore au stade de prototype. Ce défilé « permet de montrer que l’on peut dresser de nouvelles routes », félicite Alain Renaudin, fondateur de la Biomim’expo.

    Mieux naviguer

    grâce à l’os de seiche

    Les solutions que la nature offre peuvent également s’appliquer dans des domaines plus insoupçonnés, à l’image du sport nautique. Pour le Marseillais Marc Amerigo, co-fondateur de Zephir project, la nature peut offrir des moyens pour conjuguer décarbonation du matériel et performance. L’ambition est de rendre le monde de la voile le plus efficace possible, « en termes de décarbonation du matériel, mais aussi de vitesse », explique le co-fondateur.

    Pour cela, la nature semble regorger de solutions. « L’os de seiche, par exemple, a une architecture particulière qui permet une bonne flottaison. On va donc intégrer certains calculs de sa structure pour nos planches. Et puis on utilise aussi les innovations qui sont présentées ici. C’est pour cela que ces rencontres sont importantes », développe Marc Amerigo.

    Et les applications sont encore infinies. « Car la planète, c’est 3,5 milliards d’années de développement, donc on a de quoi s’inspirer », sourit Thibaut Fournel, exposant.

  • Le programme gourmand de la maison des 4 frères à Ollioules

    Le programme gourmand de la maison des 4 frères à Ollioules

    Programme chargé à la Maison départementale de la Nature des Quatre Frères. Cette bastide provençale située entre Signes et le Beausset et nichée au cœur d’un espace naturel de 380 hectares, propose tout au long de l’année des activités gratuites sensibilisant à la nature. En cette période de vacances, les organisateurs ont multiplié les propositions à faire en familles ou entre amis.

    Jusqu’à samedi, une balade « Nature gourmande » est proposée quotidiennement, ponctuée de petites histoires sur les usages de Provence. Le départ se fait à 14h, la balade dure 2h et peut se faire dès 6 ans. C’est gratuit et sans inscription.

    À réaliser en solo à l’aide d’une carte à retirer à l’accueil entre 9h et 15h30 y compris le dimanche : le jeu de piste « Secrets de cuisine » pour partir à la recherche de balises cachées sur le site. Autre option, visiter l’exposition « La cuisine provençale » mise en scène par Édouard de Laubrie, chargé de collections et de recherches, responsable du pôle Agriculture et Alimentation du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée. Du lundi au dimanche, toujours gratuit et toujours sans inscription.

    Et bien sûr, il y a les cinq sentiers en boucle entre 1,5 et 10km permettant toutes les richesses de ce territoire incroyable.

    Chiens de troupeau

    à venir

    À noter dans l’agenda : le samedi 8 novembre, à partir de 9h, le site accueillera une matinée d’information et de sensibilisation aux conflits d’usage en présence de chiens de protection de troupeaux. Proposée par le Département du Var et le CDOS, la matinée est destinée notamment aux randonneurs, vététistes, promeneurs… pour permettre à chacun d’avoir les bons gestes et les bonnes attitudes. Après la théorie, une démonstration en extérieur en présence d’un éleveur varois accompagné de son chien, de deux caprins et deux bovins.

  • L’innovation naturelle comme boussole au Pharo

    L’innovation naturelle comme boussole au Pharo

    Et si on regardait la nature autrement ? « Le grand salon-showroom innovation & biodiversité », pose ses valises au palais du Pharo, ce mardi, pour sa 9e édition. Une première à Marseille. Biomim’expo, en quelques chiffres, c’est 3 000m2 d’expos, un showroom accueillant près de 130 exposants, plus de 80 conférenciers, vingt fresques et ateliers et près de 1 500 participants attendus pour cette journée. L’idée : fédérer chercheurs, entreprises et citoyens autour d’une idée simple : la nature est notre meilleure alliée pour inventer un futur durable.

    Si le prix d’entrée (30 euros grand public, 15 euros étudiants, 9 euros scolaires) est hésitant, le pitch est, lui, séduisant : « Les constats et alertes ne suffisent plus, le monde a besoin de solutions, de projets, de perspectives, de vie. Depuis 3,8 milliards d’années, le Vivant est champion de la transition et de l’adaptation continue. Basée sur les sciences et la recherche, la bio-inspiration propose d’en tirer leçons et idées pour des activités humaines plus respectueuses et pérennes. »

    Un cycle de neuf conférences sur l’intelligence artificielle, le climat et les océans, le sport, les villes comme territoires de résilience, ou encore l’agriculture du futur viendront alimenter une grande plénière tout au long de la journée, avec des exemples concrets à l’appui. La présentation du projet MaiOasis, une ferme pilote, autonome, agrobiologique à but social et solidaire sur l’île de Maio au Cap Vert, qui invente « une agriculture presque sans eau sur un territoire touché par des sécheresses à répétition », en sera l’un des points d’orgues.

    De l’art du Mycélium

    Au fil des allées, les visiteurs découvriront une multitude d’initiatives (publiques et privées), de prototypes, maquettes, objets, cartes, matières… Tous seront support à une galerie démonstrative et immersive présentant 108 solutions de recherches et projets bio-inspirés, mais aussi à des pitchs et résumés de travaux de recherche, à des séances de design fiction, ou des ateliers pédagogiques et de création collective.

    Au menu également, la projection du film Nature, notre alliée insoupçonnée, qui sera suivie d’un débat avec le producteur du film et de séances de dédicaces dans un salon du livre où seront réunis plusieurs auteurs, dont le journaliste Marc Mortelmans, le biologiste Marc-André Selosse et Aïna Queroz, « exploratrice du monde végétal et animal » et créatrice du podcast Bioinspi, qui vient de publier Biomimétisme et bio-inspiration en cosmétique.

    À découvrir, aussi, plusieurs expositions, dont « FluOREST » présentant la manière dont le vivant fabrique et émet de la lumière au cœur des forêts amazoniennes et d’Asie du Sud-Est, ou « Mycosmos », œuvre de l’artiste et designer marseillais, Côme Di Meglio, présentant les prouesses du Mycélium. Une expérience sensorielle qui pourra se prolonger avec « La Matériauthèque », réunissant près de 400 échantillons de matières, fibres et textiles innovants.

    Celle-ci sera une porte d’entrée pour un défilé de mode bio-inspirée, une première mondiale, dont la nature serait la directrice artistique. L’objectif ici est d’illustrer concrètement la capacité du biomimétisme à interroger la mode.

    Des kimonos vernaculaires à base de matériaux locaux et naturels, des kimonos circulaires fait de déchets recyclés, des kimonos bio architecturés inspirés de structures de la nature, ou des kimonos symbiotiques réalisés à partir de matériaux biocompatibles ou de micro-organismes inviteront les spectateurs à se questionner.

    LES TEMPS FORTS DU « BIOMIM’EXPO 2025 »

    Débats

    10h15. « L’Océan, la Biodiversité, le Climat et nous, destins liés » avec Gilles Bœuf, Maud Lelièvre, Patricia Ricard, Jacques Rougerie, Brune Poirson.

    11h15. « Et si l’Agriculture du futur était déjà là ? » avec Marc-André Selosse, Alain Thibault, Thomas Rabant, Sébastien Roumegous.

    12h. « Cette eau invisible que personne ne compte » avec Esther Crauser-Delbourg.

    14h. « Et si l’IA était profitable à la biodiversité » avec Olivier Rovelotti, Eliot Graeff, François Alexandre Bertrand et Audrey Vermeulen.

    16h. « Villes, territoires et résilience, comment les repenser au service du futur » avec Anne Claudius-Petit, Bertrand Delignon et Grégoire Fabre.

    Initiative

    17h. Lancement de « L’Appel du Pharo », pour « inventer un nouveau monde inspiré par le monde, en communauté de destins liés et fraternels entre le genre humain et l’ensemble des autres habitants de la Terre ».

    Mode

    12h20. « Défilé de mode bio-inspiré », commenté par Audrey Prat et Jocelyn Meire.

    Projection

    13h. Projection du film Nature notre alliée insoupçonnée suivie d’un échange avec le producteur Gilles Dufraisse.

    Concours

    14h. Finale et présentation des Biomim’expo Awards dont les prix (catégories Challenge étudiants, recherche et Startups) seront remis à 16h.

    Découverte

    16h15. Présentation du projet de ferme agrobiologique « MaiOasis » au Cap Vert.

    Programme complet sur biomimexpo.com

  • Grand dérèglement des saisons : le vivant perd sa boussole

    Grand dérèglement des saisons : le vivant perd sa boussole

    Sud de la France, en 2015. Un Prunus s’orne de ses belles fleurs roses… en novembre. Cet arbre fruitier fleurit normalement au début du printemps. « Nous avons reçu beaucoup de témoignages similaires, se souvient Iñaki Garcia de Cortazar-Atauri, ingénieur de recherche Inrae et directeur de l’unité AgroClim d’Avignon. Nous observions déjà des choses étranges depuis les années 2000, mais l’hiver 2015-2016 a été un moment charnière ». Car le froid de septembre-octobre a été suivi d’une période beaucoup plus chaude en hiver, déclenchant des floraisons inattendues.

    Avec sa collègue Isabelle Chuine, du Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier, le chercheur se lance alors dans un recensement des activités saisonnières anormales passées. Les résultats parus dans Scientific Reports sont sans appel : ces événements anormaux depuis 2015 en Europe et dans d’autres pays « sont sans précédent et en lien avec des automnes et des hivers plus doux et des étés plus secs », écrivent les scientifiques qui sont remontés très loin à la recherche d’indices dans des écrits sur le dernier millénaire. « Les témoignages d’événements exceptionnels concernent surtout des épisodes de froid intense », remarque Iñaki Garcia de Cortazar-Atauri. Quelques mentions de floraisons automnales ou hivernales ont été relevées ici ou là, mais elles restent rares.

    Perte de repères

    La question est maintenant celle de l’évolution future. « Cela devrait s’amplifier sous l’effet du réchauffement climatique », anticipe Iñaki Garcia de Cortazar-Atauri. Mais de quelle manière ? « Difficile de le prévoir, admet-il. Nos modèles ne sont pas adaptés. Et il nous faut des données pour en élaborer de nouveaux ».

    Les conséquences pourraient toutefois être dramatiques. « Un arbre fruitier qui fleurit à l’automne ou en hiver ne fait plus de fleur au printemps suivant, avertit le chercheur. Il a besoin de temps pour renouveler ses ressources ». Ce qui aurait un impact sur la productivité des arbres fruitiers, des vignes, etc. Mais aussi sur le reste de l’écosystème qui en dépend : les insectes, les oiseaux et autres mammifères. Exemple avec les oisillons qui naissent au printemps, quand apparaissent les chenilles, qui apparaissent elles-mêmes quand les feuilles des arbres sortent.

    La question de la survie des espèces végétales se pose également. « Dans notre climat tempéré méditerranéen, elles ont besoin du froid », indique Iñaki Garcia de Cortazar-Atauri. C’est le signal, avec la baisse de la luminosité à la fin de l’été, qui indique qu’il faut se préparer pour l’hiver. Et la fin du froid signale le moment de sortir de la « dormance ». Mais toutes les espèces n’ont pas les mêmes besoins en froid. « C’est une question à laquelle les producteurs sont déjà confrontés en Italie et en Espagne au moment de planter des nouveaux arbres, note-t-il. Cela commence en France ».

  • Le contournement sud de Nîmes coupe court à la forêt

    Le contournement sud de Nîmes coupe court à la forêt

    Le bruit des tronçonneuses a remplacé le chant des oiseaux, la semaine dernière, près de la Forêt des enfants au Mas de Ville. Là où les écoliers nîmois plantent chaque année de jeunes arbres, plusieurs dizaines de peupliers ont été coupées pour faire place à la seconde tranche de la voie urbaine sud, entre le stade Kaufmann et l’autoroute A9. Un chantier censé fluidifier la circulation, mais qui suscite un vent de contestation.

    Pour Jacques Sarda, du collectif Nîmes en transition, la scène a eu des airs de désastre écologique. « Le mercredi, il y avait encore 70 peupliers sur les deux bords. Le lendemain, ils étaient tous tombés, et le surlendemain, réduits en copeaux », raconte-t-il, amer. Selon lui, certains de ces arbres, hauts et robustes, avaient « un demi-siècle d’existence ». « Ce n’est pas du défrichement, c’est du déboisement », insiste-t-il.

    « Un climatiseur naturel pour tout le quartier »

    L’expression est devenue le symbole de la colère des militants. « Ces arbres formaient un véritable climatiseur naturel pour tout le quartier. En plein réchauffement climatique, on fait l’inverse de ce qu’il faudrait  », poursuit Jacques Sarda. Le collectif dénonce un projet « pensé pour les voitures, pas pour le vivant », et juge qu’il ne répond plus à l’urgence écologique de 2025. Car ce chantier n’est pas nouveau. Validée dès 2010, la voie urbaine sud doit relier la route de Beaucaire à la Ville active, en longeant le boulevard Allende. Objectif : désengorger un axe saturé par 30 000 véhicules par jour. Longue de 2,5 km, cette portion doit notamment traverser le quartier du Mas de Ville et rejoindre la rue Bompard. Pour la Ville, il s’agit d’un aménagement d’intérêt public : un maillon attendu pour fluidifier la circulation entre l’est et l’ouest de Nîmes. Mais pour les associations environnementales, l’époque a changé. « Ce projet a été conçu avant les canicules à répétition, avant la crise climatique actuelle », souligne un membre du Groupe national de surveillance des arbres. « On détruit aujourd’hui un îlot de fraîcheur qui ne sera pas reconstitué avant des décennies. »

    Face aux critiques, la municipalité tente d’apaiser les esprits. L’adjointe à l’environnement, Chantal May, assure que « la Forêt des enfants ne sera pas impactée par les travaux ». Elle détaille un plan de compensation écologique « conforme aux prescriptions de la DDTM et de la Dreal », prévoyant 170 arbustes sur les 800 mètres du tronçon actuel, 3 500 végétaux au total et 5 000 m² d’espaces verts supplémentaires. Elle rappelle également la mise en place d’un suivi écologique : « Nous avons un écologue missionné et deux sites de compensation : 40 hectares au domaine d’Escattes sur 50 ans et 4 hectares aux Lauzières sur 90 ans. » Concernant les troncs laissés sur place, l’élue précise que « ce n’est pas un abandon, mais une démarche écologique : laisser la faune s’approprier temporairement ces amas de bois avant leur retrait  ».

    Pourtant, sur le terrain, le contraste entre la zone rasée et les jeunes pousses de la Forêt des enfants reste saisissant. Les défenseurs du projet invoquent la mobilité et la sécurité ; ses détracteurs, la biodiversité et la fraîcheur urbaine. Deux visions de la ville qui s’affrontent, à l’heure où chaque arbre devient un enjeu politique. Au cœur de la controverse, une question persiste : jusqu’où faut-il aller pour adapter la ville au trafic automobile sans sacrifier ses poumons verts ? À Nîmes, le débat semble à peine commencé.

  • Le parc de l’Huveaune inauguré selon un « Fil Bleu »

    Le parc de l’Huveaune inauguré selon un « Fil Bleu »

    De l’eau a coulé sous les ponts. Tout comme dans le lit de l’Huveaune. Combattu âprement à l’automne 2023, alors que le projet de revitalisation des berges de l’Huveaune conçu et porté par l’Epage Huca* prévoyait, à l’origine, la création de trois méandres, son inauguration, ce samedi de 14h à 19h au Bassin de la Botte, ne devrait a priori pas créer trop de remous.

    Suite à la levée de boucliers des citoyens d’un collectif, il y a deux ans, notamment à cause de l’impact qu’aurait eu le projet initial sur les coupes d’arbres, le projet a dû être revu, à nouveau concerté, « et coconstruit », explique Mathieu Sébire, directeur technique à l’Epage Huca. « On a recréé un méandre sur la partie amont du parc. On a retravaillé l’inclinaison des berges, rendues plus douces, et nous avons replanté des essences comme le frêne, le fusain, le sureau, l’aulne par exemple pour qu’il y ait une végétation plus adaptée au cours d’eau », développe-t-il. « On a recréé un espace de respiration pour l’Huveaune, alors que dans sa partie aval elle est plus canalisée. » Les bienfaits attendus sont notamment « d’augmenter la biodiversité, la faune et la flore ». Si en effet « environ 30 arbres dont le diamètre était supérieur à 10 cm ont été coupés », environ 15 ont été transplantés « et ont bien repris ». Ce chantier à 3,3 millions d’euros a également permis de planter « 10 000 arbres et arbustes sur l’ensemble du site ». Trois nouvelles passerelles, un franchissement du fleuve en pas japonais, ont été aménagés, le Bassin de la Botte redessiné. C’est tout cela qui sera fêté cet après-midi, selon un Fil bleu, le nom de la fête.

    * Établissement public d’aménagement et de gestion des eaux Huveaune – Côtiers -Aygalades

  • Occitanie : les zones viticoles touchées par les pesticides

    Occitanie : les zones viticoles touchées par les pesticides

    Un pavé dans la mare. Voilà comment résumer les résultats d’une étude menée par Santé publique France et l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), publiée le 15 septembre.

    Intitulée PestiRiv, cette dernière montre que les personnes vivant à côté des vignes (4% de la population française) sont les plus exposées aux pesticides. Pas moins de 56 substances -notamment le Folpel, un fongicide utilisé contre le mildiou- ont été mesurées dans 265 zones viticoles et non viticoles. Quelque 1 946 adultes et 742 enfants de six régions de métropole -dont une partie vit à moins de 500 mètres de vignes, l’autre à plus de 1 000 mètres de toute culture- y ont participé en répondant à des questionnaires pour décrire leur alimentation, leurs activités à l’extérieur, etc. Des milliers d’analyses d’urine, de cheveux, de poussières, d’aliments du jardin, d’air ambiant et extérieur ont été réalisées entre 2021 et 2022.

    Les résultats sont édifiants. Les échantillons ont montré que les urines des riverains vivant à côté de vignobles contiennent 15 à 45% de pesticides de plus que ceux qui sont éloignés de toute culture. Pire, la contamination des poussières peut être 1 000 fois plus élevée. Un autre objectif de PestiRiv a été de comparer ces contaminations en période de traitement des vignes. Là encore, toutes les analyses confirment la surexposition aux pesticides lors de l’épandage. De plus, les enfants de 3 à 6 ans présentent les niveaux d’imprégnation les plus élevés.

    Reprise du plan Ecophyto

    « Santé publique France et l’Anses recommandent en priorité de réduire l’utilisation de pesticides au strict nécessaire, en s’appuyant notamment sur la stratégie nationale Ecophyto 2030 », conclut l’étude. Cette stratégie prévoyait de réduire de moitié l’utilisation des produits phytosanitaires, mais a été suspendue en février 2024 par le gouvernement Attal, sous pression de la FNSEA et des JA, en pleine crise agricole. Les deux syndicats majoritaires doivent s’arracher les cheveux devant les conclusions de l’étude. De l’autre côté, les associations environnementales, elles, sont soulagées de cette publication. « Enfin ! Cela confirme nos études et nous avions fait campagne là-dessus », sourit Michel Tafon, membre de Générations futures du Gard. Un signal de plus pour mettre en place plusieurs mesures afin d’accompagner la transition écologique. « Il faut instaurer des zones de non-traitement de 100 mètres minimum. Cela peut poser problème, nous en sommes conscients ; auquel cas il faut passer en bio. Ensuite, il faut interdire toutes les substances dangereuses, comme les perturbateurs endocriniens », énumère Michel Tafon. Également revendiquée par Générations futures, la mise en place de ceintures vertes autour des communes.

    Côté Confédération paysanne, les avis sont un peu plus mitigés. « C’est un problème de santé publique mais la profession et le ministère sont dans le déni. Quand j’ai adhéré à la Conf’ en 1999, une étude montrait déjà des traces de glyphosate dans les testicules d’enfants vivant dans les zones agricoles de la Vallée du Rhône. On le savait déjà », soupire Didier Marion, porte-parole de la Confédération paysanne du Gard. « Ils veulent continuer à rester dans le marché mondial spéculatif qui assassine les paysans du monde entier. Il faut changer de logique, on n’a pas le choix », poursuit l’agriculteur. Pour autant, si l’opinion publique est sensible à cette problématique -en témoigne la pétition contre la loi Duplomb- force est de constater que les industriels ont toujours l’oreille de nos responsables politiques. « Nous sommes dans un contexte bizarre : les politiques prennent des décisions dangereuses alors que les gens sont inquiets pour leur santé », observe Michel Tafon. Le vent serait-il en train de tourner ?

  • L’impact écologique du contournement de Martigues inquiète

    L’impact écologique du contournement de Martigues inquiète

    Le projet dormait depuis plus de cinquante ans. La décarbonation et le développement de la zone industrialo-portuaire (ZIP) de Fos-sur-Mer aura permis son réveil. Le 30 juin, le contournement autoroutier de Martigues et de Port-de-Bouc devenait enfin concret avec la signature du protocole de financement, allouant 167 millions d’euros à la construction de cette nouvelle infrastructure. L’objectif : délester la RN568, qui voit quotidiennement passer près de 50 000 véhicules, dont près de 10% de camions, et mieux desservir la ZIP, puisque les dernières projections montrent une croissance attendue de 30% du trafic poids lourds, à horizon 2030.

    S’il était attendu, le projet ne fait pas pour autant l’unanimité au sein de la population. Ouverte le 29 septembre, l’enquête publique organisée jusqu’au 29 octobre en est la preuve. Plusieurs points d’inquiétude reviennent sur la table. D’abord, son effet sur la pollution. « Plus de routes équivaut à plus de voitures, ce qui implique une augmentation des émissions de CO2 et de polluants atmosphériques, donc davantage de problèmes de santé pour les habitants », écrit Audrey Juste sur le registre.

    Des alternatives sous-exploitées

    Mais c’est avant tout l’impact environnemental de cette infrastructure qui cristallise les oppositions. FNE 13 souligne la consommation de « 84 ha d’espaces naturels, agricoles et forestiers, et ce en complète contradiction avec l’objectif d’une réduction drastique de l’artificialisation des sols », avec une zone impactée comportant une « grande diversité d’habitats naturels, dont certains sont à fort ou très fort enjeu de conservation ». Éric Brunet, un habitant de Martigues, ajoute : « La proximité de zones humides sensibles, comme l’étang du Pourra, accentue également les risques de perturbation des écosystèmes. » Alternatiba affirme : « Avec une demande de dérogation à l’interdiction de destruction de 105 espèces protégées, le projet aurait un impact réel. »

    Les opposants au contournement autoroutier revendiquent un changement de paradigme et la recherche d’alternatives, notamment ferroviaire, une solution sous-exploitée, selon FNE 13. Alternatiba assène : « Alors que les déplacements domicile-travail en voiture sur l’Ouest Étang de Berre atteignent les 90%, que 95% des déplacements spécifiquement sur la ZIP sont en véhicule en 2021 contre 86% en 2006, il est plus que temps d’engager un programme de création de réelles offres de transports publics et de développement d’un réseau de pistes cyclables en site propre sur notre territoire. »

  • Ces associations mobilisent la jeunesse avant la COP30

    Ces associations mobilisent la jeunesse avant la COP30

    Près de la place Castellane, dans les locaux de leur fédération, les associations Air et Moi et AtmoSud préparent un échange intercontinental en visioconférence. Autour de la table, Victor Hugo Espinosa fondateur d’Air et Moi, qui délivre des formations sur la pollution de l’air. Mais aussi Dominique Robin, d’AtmoSud, structure qui s’intéresse à la qualité de l’air en Paca.

    De l’autre côté, l’écran projeté donne la parole à neuf intervenants. Huit coordinateurs du Réseau Climat Jeunesse, association regroupant 1 600 jeunes de 26 pays francophones autour des défis liés à l’environnement. Un membre de l’Institut de la Francophonie pour le développement durable est aussi présent. Ils sont en direct du Tchad, Burundi, Côté d’Ivoire, Guinée, Mali, Congo…

    « Prise de conscience »

    Cette réunion a permis à Victor Hugo Espinosa et Dominique Robin de présenter leurs diverses actions, menées pour préserver la santé sur toute la planète (humains comme biodiversité) face à divers facteurs extérieurs (maladies, pollution de l’air, déforestation…). Un rendez-vous organisé en amont de la COP30, conférence mondiale sur le climat organisée par l’ONU, qui se tiendra du 10 au 21 novembre, à Belém, au Brésil. Cet événement mondial accueillera 50 000 personnes. Parmi elles, Victor Hugo Espinosa et Dominique Robin.

    Ils veulent soutenir et encourager le Réseau Climat Jeunesse, comme le précisent les deux associations : « Le but est de mettre en avant les actions des jeunes de chaque pays ainsi que leurs différents projets pour 2026. » Jusqu’ici, Victor Hugo Espinosa et Dominique Robin sensibilisaient les jeunes à l’importance de la qualité de l’air et partageaient des contenus pédagogiques. C’est dans ce cadre que l’association Air et Moi a été sollicitée par le Réseau Climat Jeunesse. Victor Hugo Espinosa et Dominique Robin rejoindront le Brésil avec deux capteurs multipolluants open source, des outils d’AtmoSud destinés à mesurer la qualité de l’air. « La qualité de l’air est une urgence qu’on peut traiter sur la dynamique des COP, estime Victor Hugo Espinosa. La prise de conscience liée à la santé est croissante. L’OMS ne peut plus parler de la santé elle-même sans parler de la santé de la planète », ajoute-t-il. Selon l’OMS, une personne sur trois est asthmatique ou allergique.

    Ils mettent en avant ce large réseau international relayant leurs actions locales (reboisement, gestion des déchets, recyclage…). « Les jeunes du monde entier se rendent compte qu’il y a des associations qui œuvrent dans leur pays. Chez les jeunes, la morale ne passe plus. Il faut informer », note Victor Hugo Espinosa.

    Aurélie Laborde

    L’IRD et ses partenaires lancent la caravane fluviale

    L’Institut de recherche pour le développement (IRD), établissement français public, étudie les évolutions du climat et de leurs impacts environnementaux, sociaux, économiques et sanitaires. Avec ses partenaires, il lance une caravane fluviale scientifique et interculturelle, qui naviguera sur le fleuve Amazone, à partir du 28 octobre, jusqu’à la fin de la COP30. Une initiative innovante issue d’un partenariat étroit entre institutions brésiliennes et françaises autour des enjeux climatiques. M.-L.T.

  • Le collectif de l’Huveaune s’inquiète pour des arbres du parc de la Botte

    Le collectif de l’Huveaune s’inquiète pour des arbres du parc de la Botte

    Dans un communiqué envoyé hier à la presse, le collectif de l’Huveaune écrit : « Le projet d’aménagement des berges de l’Huveaune au parc de la Botte [porté par l’Établissement public d’aménagement et de gestion des eaux Huveaune – Côtiers -Aygalades ou Epage Huca, la Ville d’Aubagne, la Métropole Aix-Marseille, Ndlr] a suscité en 2023 un émoi considérable à Aubagne. » Le collectif embraye : « Des rassemblements et une pétition ont permis de voir le projet initial, qui prévoyait l’abattage de 234 arbres significativement modifié. Une quinzaine d’arbres ont été au final détruits. Les travaux sont en voie d’achèvement sous la responsabilité de l’Epage Huca. »

    Il continue : « Mais voilà que depuis quelques jours, les usagers du parc ont observé le marquage pour abattage d’un grand nombre d’arbres adultes à proximité du chantier, sans aucune explication fournie par la mairie (l’Epage Huca s’étant déclaré extérieur à cette opération et sans information à ce sujet). Nous refusons ces abattages dans l’urgence et l’opacité. Nous exigeons, si ces arbres sont malades et constituent un danger pour les usagers, que les diagnostics soient rendus publics et que des échanges aient lieu sur site pour évoquer les solutions possibles avec les citoyens. »

    Interrogée par nos soins, la Ville répond : « Parmi les arbres marqués dans le parc, neuf vont être abattus car ils sont morts et présentent un danger pour les usagers à cause des chutes de branches. D’autres vont être taillés et élagués, comme cela se fait chaque automne. »