Category: environnement

  • En Occitanie, des nappes phréatiques bien rechargées

    En Occitanie, des nappes phréatiques bien rechargées

    « Les précipitations hivernales et printanières ont permis une recharge efficace des aquifères du département de l’Hérault. Dans l’ensemble, les niveaux des nappes sont au-dessus des moyennes en cette fin de printemps. Les restrictions d’usages sur les aquifères étant fonction de leur état de remplissage, ces restrictions devraient être limitées dans les semaines à venir, par rapport à celles observées les années précédentes », assure Perrine Fleury, hydrogéologue pour le bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) en charge du périmètre de l’Hérault.

    « Toutefois, en ces périodes de très forte chaleur, le suivi des nappes se poursuit afin de qualifier l’évolution des situations dans les semaines et mois à venir, en effet le tarissement des nappes risque de s’accélérer en lien avec l’augmentation des prélèvements », précise tout de même cette dernière, au regard des épisodes de forte chaleur prévus avant l’été.

    Pour rappel, les restrictions d’usage de la ressource en eau ont été levées par la préfète de l’Hérault Chantal Mauchet en février 2026, après des épisodes pluvieux très encourageants.

    Après plusieurs années marquées par des sécheresses répétées et des restrictions d’usage parfois sévères, l’Hérault aborde l’été 2026 dans une situation hydrique plus favorable.

    Les pluies abondantes de l’hiver et du printemps ont permis de recharger efficacement les nappes phréatiques du département, poussant même la préfecture à lever dès février dernier les restrictions d’eau en vigueur. Une amélioration saluée par les spécialistes, qui restent néanmoins prudents face aux épisodes de fortes chaleurs déjà annoncés pour les prochaines semaines.

    Une situation meilleure, mais encore fragile

    Pour Guillaume Latgé, hydrogéologue, les pluies importantes enregistrées ces derniers mois ont permis de sortir d’une situation particulièrement critique. « On a eu une recharge pluviométrique nettement plus importante que les moyennes habituelles en fin d’année dernière et en début d’année, avec des épisodes assez conséquents et répétés qui ont permis une recharge efficace de la plupart des aquifères », explique-t-il. Résultat : les nappes affichent aujourd’hui des niveaux « modérément hauts », voire localement « hauts », une situation qu’il qualifie de « plutôt favorable par rapport à d’habitude ».

    Cette amélioration tranche avec les années précédentes, marquées par l’accumulation des déficits hydriques. Dans certains secteurs de l’Hérault, notamment dans les hauts cantons et la vallée de l’Orb, des communes avaient dû être approvisionnées par camions-citernes pour faire face au manque d’eau potable. « A priori, cette année, on ne devrait pas se retrouver dans des situations aussi critiques », estime l’hydrogéologue.

    Mais ce répit pourrait rester temporaire. Car la situation dépend désormais largement des précipitations à venir et surtout des températures estivales. « S’il ne pleut pas du tout, la situation va quand même s’aggraver un petit peu », prévient Guillaume Latgé, qui rappelle que certains aquifères disposent de faibles capacités de stockage et peuvent rapidement retomber en tension.

    L’hydrogéologue alerte également sur les conséquences du réchauffement climatique. « Les scientifiques mettent en évidence des étés de plus en plus chauds, de plus en plus précoces, avec des périodes de fortes chaleurs plus longues », souligne-t-il. Ces épisodes accélèrent la consommation d’eau par la végétation mais aussi par les usages humains. « On va vers des situations de plus en plus tendues si la météorologie continue comme ça », conclut-il.

    Si les restrictions d’eau devraient donc rester limitées à court terme, le département de l’Hérault demeure sous surveillance à l’approche de l’été.

  • [EQDD] Les paysans du Val de Saire confrontés à la montée des eaux

    [EQDD] Les paysans du Val de Saire confrontés à la montée des eaux

    Avec ses 350 kilomètres de bordures maritimes, la Manche est aux premières loges du changement climatique. Au nord-est du département, dans le Val de Saire, les submersions marines, désormais régulières en hiver, affectent l’activité agricole. « Le cordon dunaire se rétrécit et s’aplatit. Les premières brèches, qui ont laissé passer la mer, sont apparues en 2005 », indiquent les spécialistes du SyMEL, le Syndicat mixte espaces littoraux de la Manche.

    L’érosion touche 70% de la côte. Des infiltrations d’eau de mer gagnent jusqu’aux prairies plus éloignées. Entre Fermanville et Gatteville-le-Phare, la majorité des marais ne peut plus être exploitée par les éleveurs laitiers et allaitants (viande bovine). Dans ces zones humides, où les bovins ont toujours pâturé au printemps et en été, l’eau de mer se mélange désormais à l’eau pluviale au cours de l’hiver… Avec la progression de la salinisation, la qualité et la durée de pâturage se réduisent.

    Propriétaire de 236 ha, sur cette bande littorale de 20 km, le Conservatoire du littoral Normandie a signé dix-huit conventions avec des éleveurs de bovins, sur 122 ha, en s’inspirant du projet Adapto qui explore des solutions face à l’érosion et à la submersion marine. Objectif : anticiper les changements. Mais « on ne va pas ériger un mur de l’Atlantique pour empêcher les submersions marines ! », explique Régis Leymarie, délégué adjoint au Conservatoire du littoral Normandie.

    Dans le Val de Saire, le cahier des charges, imposé aux agriculteurs, passe par la réduction du nombre d’animaux, un pâturage retardé, quand le milieu naturel a changé (prairies humides, marais saumâtres). De nouvelles réserves foncières pourraient aussi être nécessaires pour assurer le repli stratégique des sièges d’exploitation.

    La salinisation y touche environ 15% de la surface agricole gérée par le SyMEL et propriété du Conservatoire du littoral. Aucun projet d’installation agricole n’est prévu dans les dix ans à venir. Les départs ne sont pas remplacés. Les vaches et les bœufs risquent bien de disparaître de cette bordure littorale.

    « Notre ferme sera un jour sous l’eau »

    À Ravenoville, à 800 mètres de la plage d’Utah Beach, Pierre Aubril ne se fait guère d’illusions. L’ancien maire a longtemps été producteur de lait bio, avant de transmettre son exploitation à son fils. « Un cadeau empoisonné…, confie-t-il amer. Notre ferme familiale sera un jour sous l’eau ». Une eau saumâtre a investi le gabion, à côté d’une parcelle où pâturent les vaches taries et les génisses de la ferme. « L’intrusion de l’eau de mer contamine les nappes phréatiques. »

    D’Utah Beach à Quinéville, sur une bande de 15 km de long, cordons dunaires et digues protègent encore de la montée des eaux. Mais une dizaine d’éleveurs bovins et équins sont sous la menace. « Ces prairies ont été gagnées sur la mer à partir du XVIIIe siècle. Les plus basses se situent à deux mètres sous le niveau des hautes mers. » Ces terres nourrissent, encore suffisamment, les 90 vaches normandes de la ferme. Le troupeau dispose de 60 hectares, en accès libre, autour de la stabulation. L’éleveur a récemment introduit quinze brebis dans les pâturages. « Peut-être que ces prairies deviendront, un jour, des prés-salés. Mon fils élève des vaches laitières. Ses enfants élèveront peut-être des moutons… Mais après ? Des oies ? Des saumons ? Les paysans vivent au pays et s’y adaptent. »

    Par Guillaume Le Du Ouest-France

  • Des associations portent plainte après un déboisement

    Des associations portent plainte après un déboisement

    « C’est un patrimoine commun qu’il est nécessaire de conserver », lancent les membres de l’association écologiste Sorève. Alertés par un riverain, en début d’année 2026, de l’existence d’importants travaux de déboisement en cours sur le bois de Castille, ils se sont alors rendus sur place pour constater l’avancée des travaux. Ce massif boisé, à cheval sur Uzès et Blauzac, est en effet classé en EBC par ces deux communes depuis plus de 40 ans et renferme aussi un site archéologique datant du néolithique. Mais le propriétaire d’une partie de ce bois, un « viticulteur influent du territoire » selon les associations, a décidé de couper une partie du bois et d’abattre des centaines de chênes blancs et verts dont certains sont pourtant centenaires. Au total, ce sont 4,5 hectares qui ont été déboisés.

    « Nous avons porté plainte auprès du procureur de la République. On espère qu’une enquête va maintenant être diligentée. Le propriétaire est passible d’amendes lourdes qui peuvent aller jusqu’à 300 000 euros », ont annoncé les membres de la Sorève et de France nature environnement qui ont tenu un point presse sur le sujet mardi 26 mai. L’occasion pour eux d’alerter aussi la population face à des communes qui déclassent ces EBC pour développer des projets comme la construction de parcs de panneaux solaires. Car l’association rappelle qu’il est interdit de déboiser une zone classée en EBC. « Cette réglementation interdit tout défrichement du bois, tout abattage d’arbres sauf pour l’entretien mais c’est limité. Lorsqu’un propriétaire souhaite faire des travaux forestiers, il doit au préalable informer la commune en présentant son projet. Ça n’a pas été le cas pour le bois de Castille », fustige les membres de l’association.

    Face aux associations, le propriétaire s’est justifié en présentant ces coupes d’arbres comme des mesures de défense contre les incendies. Il a ensuite informé les associations que les travaux réalisés ne respectaient pas sa demande et qu’il préparait même un recours contre le prestataire qui a réalisé ces travaux. « Une piste DFCI fait 6 mètres de large, ici il y a des passages où la largeur atteint 20 m », précise la Sorève.

    Informée par les associations, la municipalité d’Uzès a pris un arrêté de suspension des travaux sauf que celui-ci est intervenu alors que des centaines d’arbres avaient déjà été coupées. La commune a alors demandé aux propriétaires de déposer une déclaration préalable a posteriori. Après une enquête de la commune de deux mois, la mairie d’Uzès a finalement décidé de rejeter la demande d’autorisation de défrichement.

    Sorève, interdit

    de communiquer

    Si les membres de la Sorève ont souhaité rester anonymes, c’est parce qu’un commissaire de justice leur a interdit de communiquer sur le sujet. En effet, pour constater les travaux en cours, les membres de l’association ont été contraints de se rendre sur un terrain privé. Et quelques jours plus tard, ils ont reçu une injonction pour leur interdire d’aller sur cette propriété privée. « On nous a demandé de cesser nos agissements et publications ainsi que leur parution dans tous nos supports », précise la Sorève. « C’est un dossier sensible car le viticulteur est très connu dans la région. Mais pour nous, c’est une affaire importante car si on valide ce qui a été fait, ça veut dire qu’on accepte le fait accompli et n’importe qui peut faire ce qu’il veut d’un bois classé. C’est important que la faute soit reconnue et que des sanctions soient prises sinon tout le monde fait ce qu’il veut. »

    Les associations attendent désormais un retour de la justice mais restent vigilantes pour qu’aucune coupe d’arbres sur le bois de Castille n’intervienne dans les prochains mois.

  • L’Occitanie doit s’habituer aux fortes chaleurs

    L’Occitanie doit s’habituer aux fortes chaleurs

    « Les projections climatiques de Météo-France montrent des vagues de chaleur, plus intenses, plus fréquentes, plus longues et étalées sur une période plus étendue du printemps à l’automne », explique Florence Vaysse, prévisionniste pour Météo-France. « C’est la conséquence la plus visible du changement climatique que nous sommes en train de vivre », affirme cette dernière.

    Selon les projections de Météo-France fondées sur la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (Tracc), la température moyenne annuelle augmenterait en Occitanie de +2,2 °C à l’horizon 2050, et de +3,5 °C à l’horizon 2100. Un réchauffement légèrement supérieur à la moyenne nationale, accompagné d’hivers plus humides.

    À l’horizon 2050 en Occitanie, les températures estivales moyennes (juin, juillet, août) augmenteraient de l’ordre de +2,3 à +2,7 °C, les températures hivernales moyennes (décembre, janvier, février) augmenteraient quant à elles de +1,9 °C à +2,2 °C par rapport à la période 1976-2005. La chaleur est donc une composante avec laquelle il faudra apprendre à vivre.

    De plus en plus d’épisodes caniculaires

    Les plans de vigilances orange canicules ont été mis en place en 2004, suite à la canicule de 2003. Depuis 2006, les épisodes caniculaires ne cessent d’augmenter dans la région. « De 2004 à 2014 nous avons eu un été avec deux épisodes vigilances orange canicule, de 2015 à 2025 nous avons enregistré six étés impactés avec huit épisodes, dont 2023 et 2025 avec deux longs épisodes », détaille Florence Vaysse.

    « Les neuf températures les plus chaudes enregistrées à Montpellier-Fréjorgues datent toutes d’après 2017 », précise la prévisionniste. Des températures qui ont déjà dépassé les 40 °C à deux reprises : 40,3 °C le 16 août 2025 et 43,5 °C le 16 juin 2019.

    Selon Florence Vaysse, ces hausses de températures sont bel et bien une conséquence du dérèglement climatique. Des études comparent les évolutions de jours très chauds enregistrés depuis 1946 et les résultats ne laissent aucun doute quant à la direction. « Avant 1980 on enregistrait un à trois jours de temps en temps. Sur la période de 2016-2025, dernière décade, on relève 50 jours très chauds soit cinq par été en moyenne dont 16 jours en 2025 », alerte Florence Vaysse. Des résultats de mauvais augure pour la suite.

  • La rivière des Amoureux nettoyée à Toulon

    La rivière des Amoureux nettoyée à Toulon

    Avec une récolte comme toujours très conséquente, la pluie et le vent se plaisant à faire atterrir dans ce fleuve côtier quantité de sacs plastiques, bouteilles, ballons et tout ce qu’on abandonne encore trop souvent sciemment sur la chaussée par pure incivilité.

    Un inventaire à la Prévert qui doit aussi sensibiliser le grand public aux petits gestes du quotidien bons pour la collectivité et la planète. Parce qu’ici, comme c’est partout indiqué sur la voirie, c’est déjà la mer.

  • Des granulés plastiques industriels polluent les plages

    Des granulés plastiques industriels polluent les plages

    « Les larmes de sirène. » Voilà un nom bien poétique pour une réalité qui l’est beaucoup moins. Cette expression désigne de petits granulés plastiques, dont la taille varie entre 1 et 5 mm, d’origine industrielle (GPI). « On s’est aperçus qu’il y en avait beaucoup sur les plages du Jaï et des Marettes, raconte Audrey Souloumiac, responsable de l’observatoire citoyen de l’environnement de l’Institut écocitoyen pour la connaissance des pollutions. On s’est demandé s’il n’y avait pas un protocole de sciences participatives à mettre en place pour quantifier cette pollution et déterminer sa provenance. »

    Quelques mois plus tard, cette méthodologie, imaginée avec l’association Wings of the Ocean, rend ses premiers résultats. Ils révèlent une contamination majeure, concentrée sur certaines plages. Plus de 1 000 granulés par m2 ont été comptabilisés en moyenne à l’arrière de la plage du Jaï-nord, et jusqu’à 2 000 granulés par m2 dans la laisse de mer de la plage du Cavaou (528 granulés/m2 en moyenne). À Martigues, la plage de Bonnieu est elle aussi concernée, tout comme le Cavaou à Fos.

    S’agissant de l’étang de Berre, « on a identifié plusieurs industries probablement à l’origine de cette pollution : LyondellBasell et Kem One », révèle Audrey Souloumiac. Un dialogue a été entamé et une campagne de dépollution devrait être mise en place par les entreprises, « qui ont pris le problème très au sérieux ». Du côté du golfe de Fos, Naphtachimie se trouve en face des plages contaminées. L’industriel n’a pas encore été contacté.

  • Alcome et la Confédérations des Buralistes du Var s’associent autour d’une campagne anti-mégot

    Alcome et la Confédérations des Buralistes du Var s’associent autour d’une campagne anti-mégot

    Créé en 2021, dans le sillage de la loi Agec, Alcome est le seul éco-organisme agréé par les pouvoirs publics, en charge de la filière à responsabilité élargie du producteur (REP) dédiée aux produits du tabac, en France. « C’est un principe de pollueur/payeur », explique Jonathan Decottignies, directeur des opérations chez Alcome. « On perçoit une éco-contribution sur chaque mégot acheté, financée par les collectivités locales. » Son objectif : réduire de 40% la présence des mégots jetés au sol en se basant sur la sensibilisation, la compréhension du geste des fumeurs, l’accompagnement des collectivités, et l’amélioration des équipements de rue (cendriers de poche, de rue, éteignoirs pour poubelles…).

    C’est dans cette optique qu’Alcome s’est associé à la Confédération des Buralistes du Var pour mener une campagne de sensibilisation à Toulon. 53 buralistes sont ainsi mobilisés afin de remettre 32 000 cendriers de poche et kits méthodologiques pour sensibiliser le grand public au bon geste. « Un fumeur sur quatre jette au moins occasionnellement son mégot par terre. C’est le déchet le plus jeté au sol, avec un milliard ramassé ou évacués on ne sait où chaque année. Il a un impact écologique très négatif, même si aucune étude ne montre vraiment dans quelle mesure », précise Jonathan Decottignies.

    Bientôt à Marseille et Aix

    Une opération nationale conduite dans une vingtaine de villes de plus de 50 000 habitants, qui implique 1 600 buralistes, et la distribution de près de 850 000 cendriers de poche. Des espaces qui ont été ciblés en priorité, justifie le directeur des opérations d’Alcome : « Il y a 4, 5 mégots tous les 10 mètres dans l’espace public, un tous les 20 mètres en milieu rural. Le problème est très marqué en milieu urbain dense. » Et il est d’autant plus marqué dans les villes littorales et/ou fluviales, « où l’impact environnemental est encore plus important. »

    D’autres campagnes seront donc menées dans des villes comme Marseille, Aix-en-Provence, Nantes et Caen, alors qu’Alcome travaille également avec des collectivités (métropoles, communautés de communes, universités…) autour de la distribution de cendriers de poche, et de l’installation de cendriers de rue.

  • La loutre officiellement de retour dans le Buëch

    La loutre officiellement de retour dans le Buëch

    « Sa présence a été repérée tout autour, notre bassin est le prochain à être colonisé, c’est pour ça qu’on est aux aguets. » En cette matinée d’avril, Théophane Rouballay a enfilé ses bottes pour aller arpenter les cours d’eau du Buëch. Chargé de mission Natura 2000 au sein du Syndicat mixte de gestion intercommunautaire du Buëch (Smigiba), il cherche des preuves de présence d’un animal dont la fréquentation est fortement suspectée dans les Hautes-Alpes depuis plusieurs années : la loutre. « On cherche en particulier des épreintes sur les berges, explique-t-il. Ce sont des déjections très reconnaissables, que l’animal laisse volontairement en évidence comme trace olfactive. Ça lui permet de marquer son territoire. »

    Sur l’un des rochers de la rive, dont il préfère taire l’emplacement pour ne pas attirer trop de curieux qui pourraient déranger l’animal, il trouve des excréments qui pourraient correspondre. Après inspection, il est catégorique, c’est bien une épreinte de loutre. « On peut voir des arêtes, des écailles… Il y a de fortes chances que ce soit la loutre. Localement, il n’y a pas d’autres mustélidés qui se nourrissent essentiellement de la faune aquatique, détaille Théophane. L’odeur est très reconnaissable, personnellement je trouve que ça ressemble un peu à du miel. » Si ces découvertes du mois d’avril étaient encourageantes, il lui restait encore à consolider ses preuves pour être sûr du retour de l’animal dans le Buëch.

    Un mois plus tard, le Smigiba est formel : la loutre fréquente à nouveau cette zone où on la considérait disparue depuis 1986. « Une épreinte a été observée par un naturaliste local et confirmée par la LPO. Toutefois nous sommes passés la même année mais plus tard sur le lieu de l’observation et nous n’avons rien vu, raconte Théophane. Cette année nous avons observé plusieurs empreintes à divers endroits. L’hypothèse d’un territoire occupé paraît donc plus probable. » Pour lui, c’est aussi un signe de bonne santé des écosystèmes locaux : « On a pu retrouver des indices de présence sur différents secteurs du Buëch et de ses affluents, éloignés de plusieurs dizaines de kilomètres. La présence de cette espèce est souvent considérée comme un indicateur de bonne qualité écologique des cours d’eau. »

    Disparue depuis

    les années 1980

    La progression de l’animal se confirme à l’échelle nationale depuis plusieurs années. Passée de 50 000 individus au début du XXe siècle à 1 000 en 1976, on compte désormais plus de 3 000 loutres, qui ont regagné 40% de leur territoire perdu entre 2009 et 2023 selon le CNRS (Centre national de la recherche scientifique).

    Elle fait même l’objet depuis 2019 d’un plan national d’action. Dans le bassin du Buëch, le Smigiba, l’Office national de la biodiversité et le Parc régional des Baronnies provençales y contribuent pleinement : en 2026, leurs équipes ont prospecté plus de 12 km de cours d’eau.

    Cette confirmation de la présence de la loutre ne sonne cependant pas la fin de leurs recherches. D’abord, parce que la loutre n’a pas encore été observée directement, c’est pourquoi après avoir récolté épreintes et empreintes de l’animal, Théophane va s’atteler à collecter des images via des pièges photographiques. Mais aussi car il reste encore difficile d’évaluer la pérennité de sa présence. « Il n’est pas certain qu’elle reste dans le Buëch cet été. Avec les beaux jours, les cours d’eau vont être très fréquentés, cela risque de la faire partir », analyse-t-il.

  • Un village bas-alpin détruit par une tempête de grêle

    Un village bas-alpin détruit par une tempête de grêle

    « Ici, c’est Beyrouth ! Il faut que je refasse la toiture, les plafonds sont morts, mon parquet a gonflé » : à Châteauneuf-Val-Saint-Donat, à 10 km de Château-Arnoux-Saint-Auban, les habitants ont été surpris par une tempête de grêle d’une ampleur inédite et ont subi de nombreux dégâts. Plusieurs d’entre eux ont dû être relogés suite à l’effondrement de leur plafond, et de nombreuses voitures ont été endommagées. La salle des fêtes, qui sert aux mariages, aux anniversaires, et, toutes les semaines, à la gymnastique des enfants et à l’atelier tricot des seniors, a été condamnée, son plafond s’étant en partie effondré.

    « On était en route pour l’Espagne, on a dû annuler nos vacances, rentrer en urgence et faire demi-tour à Bordeaux », témoignent Jean-Marc et Marie-Andrée Gubierrez, venus déclarer leur sinistre en mairie. « En 30 ans que j’habite ici, c’est la première fois que je déclare un sinistre comme ça ! », lance Marie-Andrée. Leur voiture achetée il y a seulement un an, leurs gouttières et « toutes les tuiles » de leur maison ont été endommagées. « Nous, encore, on s’estime heureux, c’est rien de grave », relativise le couple de retraités, alors que certaines familles vont devoir attendre plusieurs semaines avant de pouvoir revenir chez elles suite à l’effondrement de leur plafond.

    Des récoltes entières perdues

    Plusieurs agriculteurs ont subi des dégâts, et l’un d’entre eux envisage même de fermer son exploitation suite à la perte de toutes ses récoltes. « C’est le travail de toute une saison qui est détruit, ça met du temps à repartir », regrette le maire de la commune de 536 habitants, Didier Rouit (SE), se demandant si les indemnisations vont couvrir toute la récolte. « Samedi matin, la préfète est venue constater les dégâts. À 10h30, il y avait encore des gros tas de grêle ! », affirme-t-il. « Les anciens nous disent qu’ils n’ont pas vu un orage aussi violent depuis 1985. »

    Thomas Brignals a lui eu le pare-brise, le pare-chocs et une vitre de sa voiture et de son camping-car cassés. « La troisième est assurée au tiers, donc c’est pas la peine », regrette-t-il. Les garagistes, débordés par l’affluence de voitures abîmées par la grêle, ont dû, pour certains, faire appel à des renforts de Manosque.

    Les Alpes-de-Haute-Provence sont à nouveau placées en vigilance jaune orages ce mardi entre 13h et 20h, a annoncé la préfecture lundi. Ces orages pourront être localement forts et à nouveau s’accompagner de chutes de grêle, a indiqué la préfecture, qui appelle à la vigilance.

    Vigilance jaune orages ce mardi entre 13h et 20h. Pour plus d’informations, consulter le site de Météo-France meteofrance.fr ou appeler le 32 50.

  • L’état de la ressource en eau rassurant à l’approche de l’été

    L’état de la ressource en eau rassurant à l’approche de l’été

    À l’instar de ce qui est fait à travers le projet Var Bleu, le département du Var est mobilisé contre les risques de stress hydrique. C’est à ce titre que le Comité ressources en eau se réunit à intervalles réguliers, sous la direction du préfet du Var Simon Babre, pour réaliser un état des lieux. Un exercice important à l’approche de la saison estivale, qui s’est tenu jeudi 28 mai en compagnie des acteurs de la gestion de l’eau et de la sécheresse dans le département (services de l’État et établissements publics, élus, collectivités, usagers et associations).

    Le premier constat se veut rassurant : après une saison de recharge de l’hiver 2025-2026 excédentaire (+24% de précipitations, soit 775 mm pour 626 attendus), les nappes souterraines sont à un niveau satisfaisant. « Fin 2025, les nappes, notamment celles du centre Var, étaient déjà rechargées, et le niveau des nappes côtières était stable, un peu en dessous de la moyenne », explique Marc Moulin, hydrologue au Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM). « Il y a eu un tournant en décembre avec les crues spectaculaires du Gapeau, de la Giscle et de l’Argens, ce qui a conduit les nappes alluviales, situées sous les fleuves côtiers, à des niveaux plutôt hauts. »

    Pas de prévisions saisonnières fiables

    Comme en 2025, les trois premiers mois de l’année ont conforté cette tendance, notamment grâce aux nouvelles crues de février ayant placé les nappes « en position hautes à très hautes. On a désormais commencé la phase de tarissement », poursuit le scientifique, qui annonce « un étiage relativement modéré cette année. Comme on part de haut, on ne va pas arriver très bas, même si le tarissement est un peu précoce par rapport à d’habitude. » Et ce, malgré l’absence de pluie et des températures assez élevées depuis le début du mois d’avril.

    Mais avec des cours d’eau en baisse, il conviendra cependant de faire preuve de sobriété, annonce la préfecture, afin de restreindre tant que possible les mesures de restriction. D’autant plus que pour ce faire, on ne pourra pas vraiment compter sur les prévisions en termes de précipitations, celles-ci n’offrant pas « de tendances marquées à trois mois en Europe de l’ouest. Il y a trop d’incertitudes car nous sommes sur une zone de latitude moyenne », annonce Hélène Correa, responsable du service Prévision et Climatologie de Météo France sur la région sud-est.

    Ce Comité ressources en eau a aussi permis d’aborder la question de l’amélioration de la connaissance des prélèvements (près de 210 millions de m³ par an dans le Var) : 62% destinés à l’eau potable, 32% pour les usages agricoles et 6% pour d’autres usages économiques (golfs, ports, industries…). La Chambre de commerce et d’industrie a également présenté le programme ReS’Eau, qui accompagne les entreprises du tourisme vers la sobriété hydrique, du diagnostic des usages jusqu’à la mise en place d’actions concrètes.