Il est classé « En Danger Critique » sur la liste rouge régionale des espèces menacées. Malgré les divers projets et programmes de conservation de l’espèce dont certains se font au niveau local entre le Parc du Mont-Ventoux et le CEN Paca, celle-ci demeure fragile dans le Sud.
Category: environnement
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Avec les beaux jours, les serpents reviennent
Qui dit retour du soleil, des chaudes journées et du printemps dit retour des serpents dans la nature ou parfois dans votre jardin. À ce titre, le Conservatoire des espaces naturels de la région (CEN Paca) donnes de nombreux conseils allant des réflexes à adopter chez soi aux bonnes pratiques d’observations en milieu naturel, cela s’inscrivant dans le cadre du dispositif « SOS Serpents » qui, sur la base du volontariat et bénévolat permet d’obtenir des conseils gratuits en cas de découverte d’un serpent au sein de son domicile. Ainsi, plusieurs associations dans le Var, le Vaucluse, les Bouches-du-Rhône et les Alpes-de-Haute-Provence y participent et proposent une permanence téléphonique.
En cas de présence de ce genre de visiteurs, le CEN tient à rappeler qu’il ne faut pas s’inquiéter car ces animaux « craintifs » sont « souvent redoutés à tort » alors qu’ils « jouent un rôle essentiel dans les écosystèmes ». Ajoutant qu’il est « tout à fait normal d’en croiser, notamment dans la région (…) la majorité des espèces n’étant pas dangereuses, contrairement aux idées reçues ».
Adopter les bons gestes
Des conseils du quotidien qui s’inscrivent également dans une réalité plus large qui est celle de la préservation des reptiles et des bons comportements que l’homme doit adopter sur le terrain. Que ce soit sur le Mont-Serein ou sur la montagne de Lure par exemple, des dérangements répétés liés à des pratiques photographiques ou naturalistes ont été observés. D’ailleurs, l’Office français de la biodiversité (OFB) a alerté sur la dérive de certains photographes animaliers dans un communiqué de presse de mars 2026. L’occasion de rappeler là aussi que les usagers doivent adopter les bons gestes en milieux naturels mais aussi de rappeler un fait récent dans le Vaucluse où trois personnes ont été verbalisées et condamnées pour la perturbation intentionnelle de vipères d’Orsini sur le Mont-Ventoux.
Préserver les espèces
Pour rappel, cette espèce de vipère est l’un des plus petits serpents de France et la plus petite vipère d’Europe, ne dépassant pas 50 cm. Elle est également la moins commune du territoire français puisqu’elle est présente uniquement dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, sa population étant en déclin à cause de la destruction et du morcellement de son habitat. Elle est de fait une espèce protégée et d’intérêt communautaire listée « vulnérable » en Europe et « En Danger » en France et dans la région. Il est donc essentiel de favoriser une cohabitation harmonieuse en cette période sensible pour les espèces.
Pour plus d’information rendez-vous sur le site du CEN Paca
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Les JO 2030 sur la voie royale après la décision du Conseil d’État
Les travaux d’aménagement des JO 2030 dans les Alpes ne sont pas chantier global, mais plusieurs ouvrages « éloignés géographiquement les uns des autres, (…) de natures diverses, avec des finalités variées ». C’est la conclusion à laquelle est parvenu le Conseil d’État ce vendredi 3 avril. Une décision qui dispense donc les autorités d’organiser un débat public sur le projet global, comme l’exige la charte de l’environnement, pour tout chantier ayant un fort impact environnemental.
La Solideo promet
des consultationsLe 26 janvier dernier, le Tribunal administratif de Marseille avait pourtant enjoint le Comité d’organisation des Jeux (Cojop) et la Solideo (Société de livraison des ouvrages olympiques), à organiser un débat public sur le projet. Ce revirement du Conseil d’État a été accueilli avec satisfaction par les trois entités. La Solideo s’est toutefois engagée à une « démarche de concertation sur l’ensemble des ouvrages ». Une promesse qui ne rassure guère les opposants. « Les mécanismes de consultation organisés ne permettent aucunement d’avoir voix au processus décisionnel », critique Delphine Larra, juriste membre de JOP, collectif citoyen d’opposition aux JO 2030. Pour elle, « le Conseil d’État vient entériner la technique du saucissonnage, avec un argument qui ne tient pas la route juridiquement ». À la fin du mois, la France doit encore présenter ses arguments devant les instances de l’ONU devant lesquelles elle est accusée de ne pas respecter la convention d’Aarhus, traité qui exige la tenue d’un débat public pour tout projet d’aménagement ayant une incidence sur l’environnement.
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À Gardanne, un pôle pour recycler les déchets plastiques
Jusqu’ici le terrain face à Altéo était une friche. Jusqu’à ce que Stéphane et Christophe Testa, deux frères à la tête de MP Industrie, lancent le projet d’un Ecopôle, baptisé Molx, éponyme d’une carrière minière dans la zone d’Alvon, et doté d’une unité industrielle permettant la fabrication de Recyclène, matériau issu de déchets plastiques. Un matériau « assez lourd mais parfait pour être utilisé, et déplacé tous les jours, imputrescible, idéal pour les utilisations en extérieur, ne peut pas être peint », précise Christophe Testa. Le Recyclène, permet, par exemple, de fabriquer du mobilier urbain. Le projet Molx ambitionne, à moyen terme, « d’absorber la production de déchets ménagers plastiques de la commune de Gardanne à l’horizon 2035. On espère que ce projet soit reproductible et soit un morceau de la solution de la transition écologique et du problème des plastiques », estime Stéphane Testa, alors que ce mercredi, en présence des institutions et acteurs locaux partenaires du projet, validé par le PLUi en décembre 2025, celui-ci sera présenté en détail lors du lancement du chantier.
Aligné avec à la transition« Ce sont 27 000m2 de foncier, c’est 8 000m2 de bâtiments qui vont être construits, ce sont une vingtaine de sociétés qui vont s’installer sur cette zone et la création d’une centaine d’emplois et d’utilisateurs sur la zone, développe Stéphane Testa. Au-delà de la construction et de la partie immobilière, ce qu’on voulait présenter est un écosystème autour des métiers de l’environnement, notamment autour du recyclage de plastique. On a pensé ce site comme une logique de filière avec au cœur de ce projet, la société MP Industries. » Le site, acquis en 2012, par l’EPF (établissement public foncier) a fait l’objet d’une convention d’intervention foncière à vocation économique en 2020 : décision prise conjointement avec le maire (LR) Hervé Granier et la Métropole. Fondée en 1998 à Gardanne, la société MP Industries est déjà installée sur un site industriel de Valabre, « peu adapté » au développement de l’industrie. Autour de l’activité principale de fabrication de Recyclène, 3 500m2 sont laissés disponibles pour des partenaires du projet, startups et PME (petites et moyennes entreprises) pour « qu’ils puissent travailler le produit Recyclène ». Activités de commerces et services, comme une micro-crèche, devraient sortir de terre. Pour Hervé Granier, maire (LR) de Gardanne, le projet « s’inscrit pleinement dans la priorité que nous portons pour Gardanne en matière d’environnement. Votre ambition de contribuer à faire de notre ville un territoire neutre en déchets plastiques à l’horizon de 5 à 7 ans à travers un Ecopole capable de traiter l’équivalent de déchets produits par la commune est à la fois concrète et inspirante ». Mathieu Gatineau, sous-préfet d’Aix-en-Provence, estime que « c’est un des premiers projets qui va s’installer ici, cela fait partie d’une dynamique qu’on veut ensemble instaurer pour le territoire de Gardanne et l’ancien bassin minier de Provence ». Il faudra attendre l’hiver 2026, avant que la première tranche du projet ne soit livrée.
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![[Concours photo] Poser un regard sensible sur la nature](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/04/094ae3b76fe56e8bd1d2caeeac18aeca.jpg)
[Concours photo] Poser un regard sensible sur la nature
Parrainée cette année par le photographe professionnel Lucian Métivier, la quatrième édition du concours photos « émerveiller pour sensibiliser » du Conservatoire d’espaces naturels de la région (CEN Paca), affiche pour thématique « Concilier les vivants ». Ce concours a été lancé ce mercredi 1er avril et s’adresse aux photographes professionnels, amateurs, mais également aux jeunes passionnés âgés de moins de 18 ans. Un rendez-vous très attendu des amoureux de la nature, entièrement gratuit, où chaque participant peut proposer jusqu’à cinq clichés pris en milieux naturels. Cette année, un regard sensible sur la nature de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur est particulièrement attendu.
Explorer la cohabitation possible à travers l’image
Entre juin et juillet, le jury sélectionnera dix photographies, selon plusieurs critères : respect du thème, qualité artistique et technique, impact émotionnel et capacité de l’image à émerveiller tout en sensibilisant à la préservation du patrimoine naturel régional.
Le tout autour de différents thèmes, à savoir les oiseaux, les mammifères, la faune herpétologique que constituent les amphibiens et les reptiles, l’entomofaune qui désigne les insectes et autres arthropodes tels que les crustacés ou encore les mille-pattes, les araignées ou les collemboles. Sans oublier les paysages et la flore.
Les participants sont ainsi invités à explorer, à travers leurs images, les relations, équilibres et cohabitations possibles entre les êtres humains et l’ensemble du vivant sur les territoires.
Respecter la nature
et la valoriserL’association tient à préciser que « photographier la nature, c’est avant tout la respecter ». La structure valorise, par ce concours, « une approche éthique et responsable : pas d’appâts, par de dérangement et pas de mise en scène artificielle ». La remise des prix aura lieu quant à elle le 26 novembre prochain au Palais du Pharo à Marseille, à l’occasion du Congrès national des Conservatoires d’espaces naturels. De nombreux lots sont à gagner.
En 2025, les 50 ans
du ConservatoirePour rappel, l’édition précédente avait proposé un thème intitulé « 50 Hommages au Sauvage », en écho à l’anniversaire des 50 ans du Conservatoire. Le jury, composé notamment de David Tatin, parrain de l’édition et photographe professionnel, ainsi que trois membres du Conservatoire aux compétences naturalistes et photographiques, avaient dû faire un choix parmi les 1 245 photographies reçues de la part des 317 participants.
Pour vous inscrire au concours et prendre connaissance du règlement, rendez-vous sur le site internet cen-paca.org
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![[Région Sud] Vers une gestion durable du territoire](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/04/cb4320936cd00dac73810986f3e781d9.jpg)
[Région Sud] Vers une gestion durable du territoire
C’est la deuxième fois que le Parlement de la mer, crée en 2022 par la Région Sud pour « répondre collectivement aux grands défis de la Méditerranée », se réunit en assemblée générale. Organisée dans l’hôtel de Région (2e) mercredi, la réunion était animée par Christophe Madrolle, conseiller régional (Union des centristes et des écologistes) et président de la commission « biodiversité, mer et littoral, parcs naturels régionaux, risques », l’une des cinq qui composent le Parlement de la mer. Avec elle : « Une commission pêche, une commission économie bleue, une commission nautisme yachting et une commission sport », détaille-t-il. Parmi les points mis en avant : la volonté de ne pas « opposer économie et écologie », note François de Canson, vice-président de la Région (DVD) en charge du développement économique, de l’attractivité, du tourisme et de la prévention des risques majeurs.
Et de rappeler la création, en mars 2025, de la certification « Territoires engagés pour la Méditerranée », imaginée pour « valoriser l’identité maritime des territoires et soutenir le développement des politiques publiques qui s’inscrivent dans une gestion durable de l’espace maritime et littoral ». « L’occasion de permettre à tous les acteurs de travailler ensemble », insiste le maire de la Londe-les-Maures (83), première commune labellisée.
Autres points forts du bilan, d’après la Région : les « 6,6 millions d’euros d’aides régionales mobilisés pour accompagner les ports de plaisance certifiés ports propres » ou encore les « 30 millions d’euros investis dans le cadre du plan escales zéro fumée pour permettre la connexion électrique des ferries et navires de croisière à quai ». Une mesure très attendue.
PerspectivesEn plus de la poursuite des démarches déjà engagées depuis 2022, la Région annonce ajouter de nouvelles missions au Parlement de la mer.
Sont notamment prévus : le développement de nouveau carburants pour décarboner les flottes de navires, la mise en place du projet « éolien flottant » pour valoriser l’usage des énergies marines renouvelables, la création d’une labellisation« 100% sud », avec une signalétique « Valeurs du sud » dans les ports pour valoriser les produits et garantir une traçabilité ou encore l’apparition d’un « tourisme contrôlé » avec la création d’un « pass visiteur multimodal ». L’ambition est de « développer les mobilités durables » et de nouveau itinéraires, notamment autour de la « véloroute du littoral », qui doit relier le Gard à Nice par 500km de pistes cyclables. Vaste programme.
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Les arboriculteurs face à la menace du gel tardif
Une vague de gel tardif touche une grande partie de l’hexagone et les Hautes-Alpes ne sont pas épargnées. Les températures sont tombées à -5 C° dans certaines vallées, aux heures les plus froides. Une menace qui affecte les cultures arboricoles Hautes-Alpes, où sont produites 10% des pommes et poires du pays. « Sur les échantillons que j’ai pu visiter, pour l’instant, ce n’est pas encore catastrophique, mais j’ai déjà observé des dégâts, explique Mathilde Chabot conseillère technique en arboriculture à la Chambre d’Agriculture des Hautes-Alpes. Il y a encore des possibilités de gel jusqu’à vendredi matin. D’ici là, les arboriculteurs ne vont pas bien dormir. »
Face à ce risque, les cultivateurs ont plusieurs techniques : asperger les vergers pour créer une couche de glace protectrice, disposer des brûlots dans les parcelles et des éoliennes pour disperser l’air froid ou encore créer des écrans de fumée par des feux de paille. La problématique n’est pas nouvelle, mais le dérèglement climatique en accentue les effets. La hausse des températures entraîne un bourgeonnement de plus en plus prématuré, qui expose alors les bourgeons des arbres fruitiers plus tôt aux gels tardifs du printemps. « Dans certaines parcelles, le bourgeonnement a un mois d’avance par rapport à il y a 25 ans, rapporte Mathilde Chabot. À part l’an dernier, qui avait été exceptionnel, c’est devenu un problème qui revient chaque année. »
Ce gel tardif vient aussi toucher une filière déjà fragile. « L’année dernière, le puceron a fait beaucoup de dégâts. Sa toxine empêche les arbres de fleurir l’année suivante. Donc, on démarre une saison avec un potentiel de production qui est déjà faible, déplore Éric Allard, arboriculteur sur le département. En plus, en France, on ne peut plus produire et lutter contre les maladies et les ravageurs dans des conditions satisfaisantes, avec les mêmes les moyens sanitaires que les autres pays européens. »
Peu d’agriculteurs assurésSans être d’une intensité inédite, le gel peut avoir de graves conséquences pour les arboriculteurs, dont on estime qu’une majorité n’est pas assurée. En 2023, le régime des calamités agricoles a été modifié. Avant cette date, l’État indemnisait les agriculteurs en cas de catastrophe mais depuis, une indemnisation combinée de l’État et des assurances privées a été mise en place, selon le taux de perte. L’État subventionne en partie les indemnisations des assurances, mais n’indemnise directement qu’en cas de pertes estimées à plus de 70%. « Avant, on ne sortait pas d’argent et s’il y avait du gel, l’État indemnisait. Maintenant, il n’intervient pas sur des gels de petite ou moyenne ampleur, il faut donc souscrire à une assurance, c’est quand même une somme, et il y a beaucoup d’agriculteurs qui ne le font pas, explique Camille Roland, arboriculteur en bio au Monêtier-Allemont. Je ne suis pas sûr que ce soit un cercle vertueux. Pour des gels de moyenne intensité comme en ce moment, l’État ne les indemnisera pas, c’est une vraie prise de risque. » Reste encore une paire de jours à serrer les dents, les prévisions météorologiques annoncent une remontée des températures en fin de semaine.
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![[Tribune] Abeilles et pollinisateurs : un enjeu majeur pour la région Paca](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/04/bc03714c2f3f05afb49af2005adb4525.webp)
[Tribune] Abeilles et pollinisateurs : un enjeu majeur pour la région Paca
Le 7 avril 2026, la France accueillera à Lyon un sommet « One Health* », consacré à l’interdépendance entre santé humaine, animale et environnementale. Ce rendez-vous d’action ne peut ignorer un enjeu majeur pour notre territoire méditerranéen : la protection des pollinisateurs.
La région Provence-Alpes-Côte d’Azur occupe une place majeure dans l’apiculture française. Elle accueille plusieurs milliers d’apiculteurs, professionnels et amateurs, et se caractérise par une forte diversité florale à l’origine de productions de miels reconnues. L’agriculture régionale – arboriculture fruitière, cultures maraîchères, semences, plantes à parfum, aromatiques et médicinales (lavande, thym, romarin…) – dépend largement de la pollinisation animale.
Les abeilles domestiques, les bourdons d’élevage et les pollinisateurs sauvages assurent la reproduction de nombreuses plantes cultivées et sauvages. À l’échelle mondiale, 60 à 80% des cultures dépendent au moins partiellement de la pollinisation animale, représentant environ 35% de la production alimentaire. La pollinisation conditionne également la biodiversité végétale et, indirectement, la biodiversité animale.
Pourtant, les constats scientifiques sont préoccupants. Ce service écosystémique** essentiel est aujourd’hui fragilisé. En Europe, les populations d’insectes déclinent fortement. En Paca comme ailleurs, certaines zones agricoles voient leurs paysages se simplifier, les ressources florales se raréfier et l’exposition aux pesticides persister. Le changement climatique accentue encore ces pressions, avec des étés plus chauds et plus secs.
Notre région illustre aussi un paradoxe bien connu : des milieux naturels (garrigues, maquis, forêts…) en apparence riches peuvent manquer de ressources sur la durée. Après des floraisons printanières intenses mais brèves, les périodes estivales peuvent devenir critiques pour les pollinisateurs, soumis à un véritable stress alimentaire voire hydrique.
Les abeilles sont également de précieuses sentinelles de l’environnement. En butinant, elles révèlent la présence de polluants dans leur environnement, faisant de la ruche un outil de surveillance à la fois agricole, écologique et sanitaire. Les informations données par les analyses des produits de la ruche sont essentielles dans le cadre d’une politique de santé publique efficace.
Aujourd’hui, le diagnostic scientifique est posé. L’enjeu est maintenant d’agir. Cela suppose de mieux accompagner la santé des colonies, de faire évoluer les pratiques agricoles, de restaurer des paysages riches en ressources florales tout au long de l’année et d’intégrer pleinement tous les pollinisateurs dans les politiques publiques.
Cela implique des choix concrets mais aussi concertés entre les collectivités locales – communes, intercommunalités, départements et Région – en matière d’aménagement, de gestion des espaces publics et de soutien aux apiculteurs et agriculteurs, afin de faire des pollinisateurs une priorité territoriale et non une variable d’ajustement.
En Paca, la protection des pollinisateurs n’est pas une question secondaire. Elle conditionne la résilience de nos territoires, l’avenir de notre agriculture et, à terme, notre propre santé. Les solutions existent. Il appartient désormais aux décideurs de les mettre en œuvre.
*Une Seule Santé
** Un service écosystémique désigne l’ensemble des bénéfices que les êtres humains et autres êtres vivants tirent des écosystèmes, directement ou indirectement.
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Poll’OC : le nouveau système de détection des pollens
Informer pour mieux lutter, c’est le principe du nouveau système de détection des pollens Poll’OC. Impulsé en 2022 par l’entreprise Atmo Occitanie en partenariat avec l’Agence Régionale de Santé Occitanie, ce dispositif permet de mieux prévoir les risques d’exposition aux pollens. Combinant des mesures de terrain et des modélisations précises, l’objectif est clair : réduire les risques sur la santé des citoyens concernés par des allergies liées aux pollens. Installée dans près de 164 intercommunalités en Occitanie et analysant les taux de 22 types de pollens différents, le site internet revient en 2026 avec une meilleure couverture. « Avant 2025, les services de détection des pollens étaient assez restreints. Les chiffres des taux étaient donnés par département et seulement 7 types de pollens étaient traités », explique Dominique Tilak, directrice générale Atmo Occitanie.
Une couverture territoriale élargieUn dispositif mis en relation aussi avec des observations de terrain. Poll’OC propose à tous de participer en informant l’organisme sur l’avancée des floraisons. Une « méthode efficace » selon Dominique Tilak : « Avoir la participation des citoyens au sein de Poll’OC, c’est la garantie d’un meilleur service. Depuis 2025, on a recensé pas moins de 800 observations transmises par des particuliers ».
Un maillage territorial fort que salue aussi Alain Didier, pneumologue et allergologue au CHU de Toulouse, partenaire du projet : « Poll’OC est pour nous un excellent moyen de prévention pour informer les personnes à risques. Avec le retour des périodes printanières et estivales, ceux atteints notamment d’asthme ou de rhinite allergique ont besoin de ces données et de ces chiffres ». D’autant que ces indications sont devenues personnalisables, explique Dominique Tilak : « L’une des grandes nouveautés avec ce système, c’est la personnalisation. Chaque utilisateur peut choisir une zone géographique et un ou plusieurs pollens pour connaître les taux présents dans l’air ». Une nouveauté qui devrait s’accompagner, dans les prochains mois, « d’une meilleure visibilité » selon Atmo Occitanie avec la mise en place d’une nouvelle tranche de données pour 2026. « Le prochain objectif maintenant c’est de passer à des prévisions les plus précises possibles à J+7 pour cette année », précise la directrice.
![[Biodiversité] Parc Régional du Ventoux : vautour percnoptère](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/04/8300216cdd81d643a4e08063877b64d6.jpg)
