Category: environnement

  • Des panneaux solaires pour les toitures sud-alpines

    Des panneaux solaires pour les toitures sud-alpines

    Installer des panneaux photovoltaïques sans raser des forêts : tel est l’objectif de la société coopérative Solarcyt Durance, qui propose de les placer sur les toitures de copropriétés, de bâtiments agricoles ou encore d’écoles. Avec une réunion publique organisée ce jeudi à Oraison, la coopérative espère trouver une trentaine de clients particuliers pour lui acheter son électricité, vendue comme « plus locale, éthique et écologique », explique Jean-François Bataille, son président. Avec des charges importantes, Solarcyt risque autrement de se retrouver « au pied du mur » et de devoir arrêter son activité, regrette-t-il. L’idée de cette réunion publique est ainsi de « se faire connaître » et de « lancer l’activité » de la société qui existe depuis un an.

    Pour acheter de l’électricité à Solarcyt, les particuliers doivent obligatoirement garder un fournisseur principal, et utilisent la coopérative comme fournisseur secondaire. Ils deviennent également actionnaires de la société.

    Solarcyt vend son électricité en circuit court, dans un périmètre restreint. Jean-François Bataille affirme qu’elle propose les mêmes tarifs que les principaux fournisseurs, comme Engie et EDF, sauf pour certains clients professionnels qui bénéficient de contrats négociés. La coopérative promet « un prix stable ».

    Mardi, des bénévoles de Solarcyt ont rencontré le maire d’Oraison, Benoît Gauvan (Ren.), et ont tenté de le convaincre qu’installer des panneaux solaires sur les toitures était une bonne solution pour la commune, alors que l’édile avançait en conférence de presse fin septembre que ses tentatives d’installer des panneaux sur des toits avaient été « infructueuses ».

    La coopérative est également en discussion avec l’Ehpad d’Oraison, qui comporte de potentiels lieux d’installation pour des panneaux solaires et que Solarcyt espère fournir en électricité.

    Ce jeudi à 18h, salle Louise-Bruneteaud, 4 rue Giai-Miniet, Oraison.

  • L’Institut éco-citoyen de Fos est en difficultés financières

    L’Institut éco-citoyen de Fos est en difficultés financières

    Après 16 ans d’existence, l’Institut éco-citoyen pour la connaissance des pollutions est menacé. En seulement quatre ans, ce centre de recherche scientifique et participatif a perdu près de la moitié de son budget, soit environ 300 000 euros. « Il y a une réduction générale des financements, explique son directeur Philippe Chamaret. Ça fait plusieurs années qu’on en pâtit et qu’on recherche des fonds complémentaires. Aujourd’hui, on a un manque de moyens pour le fonctionnement minimum nécessaire pour mettre en œuvre les actions. Ce n’est pas tenable de consacrer 70% du temps de travail d’une équipe scientifique à chercher des financements. »

    Le budget de l’Institut repose à la fois sur les subventions des collectivités (essentiellement la Métropole), les appels à projet « de l’Agence nationale de la recherche, de l’Ademe, etc », et sur les missions cadrées dans le temps « comme ce qu’on fait à Lyon sur les PFAS », détaille Philippe Chamaret. Aujourd’hui, « l’inversion des flux financiers de l’État vis-à-vis des collectivités fait que certaines communes et la Métropole sont en grande difficulté et réduisent leurs contributions auprès du tissu associatif », dénonce-t-il.

    La problématique n’est pas nouvelle. Jusqu’en 2018, l’Institut employait 13 personnes. Depuis, les effectifs ont été restreints à 9 salariés, dont 6 scientifiques. Mais pas question de réduire la voilure davantage. « Le schéma de l’Institut c’est avoir une équipe transversale, souligne le directeur. Enlever une personne, une fonction, ça n’aurait plus de sens. » C’est cette pluridisciplinarité qui a fait la réussite de l’organisme, pionnier en matière de sciences participatives, qui s’est aujourd’hui dupliqué dans trois autres territoires.

    Philippe Chamaret appelle à une mobilisation et à une réflexion d’ensemble pour imaginer un mode de financement plus pérenne. Avec une piste d’ores et déjà identifiée : créer une structure, un fonds ou une fondation, alimentée par tous les financeurs potentiels, « dont les industriels, qui aujourd’hui ne contribuent pas aux recherches en santé environnementale sur leurs émissions ». « On partirait sur une base plus lisible », assure-t-il. Cette concertation est une « nécessité », à l’heure où la réindustrialisation du bassin de Fos-Berre « va changer la nature des polluants ». « Si on investit pour inventer d’autres modes de production, il faut aussi investir dans la connaissance de ces nouveautés. »

  • La Région Paca mobilise son fonds climatique

    La Région Paca mobilise son fonds climatique

    Le président de la Région Sud, François de Canson (DVD), a annoncé vendredi la mobilisation du fonds régional d’adaptation au changement climatique, afin de soutenir les agriculteurs touchés par les intempéries. Ce fonds est doté chaque année de 5 millions d’euros pour répondre aux situations de crise. Une partie de cette enveloppe a déjà été mobilisée pour accompagner les collectivités et les agriculteurs sinistrés à la suite des mégafeux de l’été.

    Sollicitée, la Région indique que « le montant des besoins est actuellement en cours d’évaluation, en concertation étroite avec les collectivités concernées, les représentants du monde agricole et les services de l’État, afin d’apporter une réponse adaptée à l’ampleur des dommages constatés ». « Les critères d’éligibilité sont actuellement élaborés en lien avec les représentants du monde agricole », précise la collectivité, qui privilégie pour le moment une « logique d’aide forfaitaire, permettant d’accélérer le versement des soutiens  ».

    La demande se fera en ligne

    « Afin d’agir sans attendre, la Région va lancer, dans les prochains jours, un prérecensement des exploitations agricoles touchées par les inondations », pour identifier précisément les besoins, précise la Région.

    Le dispositif d’aide sera présenté lors de l’assemblée régionale plénière du 11 décembre. La Région indique qu’une fois adopté, les agriculteurs concernés pourront déposer leur demande directement sur la plateforme en ligne dédiées aux aides régionales. « La Région veillera à garantir une procédure simple et accessible afin que les exploitants puissent en bénéficier dans les meilleurs délais », conclut la collectivité.

  • Le sentier des douaniers fait peau neuve de Niolon à Erevine

    Le sentier des douaniers fait peau neuve de Niolon à Erevine

    Entre les paysages escarpés de la Côte Bleue et les vastes panoramas de la baie de Marseille qu’il offre à voir, le sentier du Littoral (plus communément appelé sentier des Douaniers) ne manque pas de succès. Chaque été, environ 50 000 visiteurs l’arpentent. À l’année, ce sont près de 250 000 personnes qui se promènent sur ce chemin de randonnée, qui s’étend de Niolon au Cap Méjean. Mais au fil du temps, « cette importante fréquentation, l’érosion et la création de sentiers parallèles ont progressivement abîmé les sols, brouillé la lecture du parcours et fragilisé les milieux naturels », explique François Fouchier, délégué des rivages Paca du Conservatoire du littoral. Des travaux ont donc été engagés par l’établissement public pour restaurer le site et sécuriser sa découverte.

    Un site protégé depuis

    les années 60

    Près de 364 000 euros ont été investis. Au départ du sentier, un gros lot a été dédié à la géotechnie. Léa Durand, chargée de mission en charge du suivi des travaux sur le site, détaille : « La calanque du Jonquier posait un problème de sécurité sur la partie haute, mais aussi la partie basse avec des risques de chutes de pierres. On a donc imaginé avec Hydrokarst un ouvrage directement intégré dans le site, où on est venu construire deux murets en amont et en aval pour conforter et stabiliser le sentier sur une largeur de 80cm à 1m ». Un second lot du chantier a été dédié à l’aménagement paysager de l’ensemble du cheminement jusqu’à la calanque d’Erevine, sur une distance de 2,5km. « Ce qui a notamment été fait, c’est la mise en place de clapas, des sortes de tas de pierres pour bloquer les sentiers parasites, et de bordures. »

    Lors de l’inauguration, Paul Sabatino, maire (PCF) du Rove, affirme : « Lorsque l’on possède un patrimoine aussi exceptionnel, on a aussi la responsabilité de le protéger ». Dans la commune, cette exigence ne date pas d’hier. À la fin des années 1960 et au cours des années 1970, la municipalité s’est battue contre le projet immobilier Amerove, qui prévoyait la construction, au cœur du massif, d’une véritable cité balnéaire pouvant accueillir 65 000 personnes. « C’est bien les communes, notamment du Rove et d’Ensuès, qui ont cherché à préserver ces espaces et les ont classés en zone inconstructible, contextualise François Fouchier. C’est cette décision première qui a permis au Conservatoire du littoral, à l’appel des communes, d’acheter dans les années 1980 presque 3 000 ha à des SCI qui, de guerre lasse, avaient vu que leur projet ne pouvait plus se mettre en œuvre. C’est une protection durable du site : les terrains du Conservatoire sont inaliénables ».

    Le Rove continue de protéger quotidiennement l’environnement avec de la « présence humaine, de la prévention et de la sensibilisation », souligne Paul Sabatino. Cet été, la municipalité a recruté pour la première fois trois gardes régionaux forestiers chargés d’« informer le public, rappeler les règles d’accès et sensibiliser chacun à la fragilité de nos espaces naturels » à l’entrée des massifs.

  • [Les espèces qui peuplent nos parcs] Parc des écrins. La reine des Alpes

    [Les espèces qui peuplent nos parcs] Parc des écrins. La reine des Alpes

    Mais comme ce surnom ne l’indique pas, les feuilles bordées de dents légèrement épineuses ne piquent pas. Cette belle à l’incroyable couleur bleu-violet peut vivre une centaine d’années. Son environnement se modifie les prairies où le fauchage régulier lui assurait sa reproduction cède la place à des forêts. D’où le soin particulier que lui accorde le parc.

  • [Entretien] Yannick Simonin : « L’année 2026 est un signal d’alarme par rapport au virus du Nil occidental »

    [Entretien] Yannick Simonin : « L’année 2026 est un signal d’alarme par rapport au virus du Nil occidental »

    La Marseillaise : Avec 161 humains infectés par le virus du Nil occidental en France, l’année 2026 marque un record…

    Yannick Simonin : Oui, c’est trois fois plus que le précédent qui datait de… 2025. Ce virus est un grand gagnant du changement climatique. D’abord parce qu’il se transmet par les moustiques qui bénéficient du réchauffement. Mais aussi car lors des canicules, les points d’eau se raréfient. Les oiseaux et les moustiques se concentrent autour de ceux qui restent, ce qui favorisent la transmission. L’année 2026 est un signal d’alarme.

    Doit-on s’en inquiéter ?

    Y.S. : Oui, sans pour autant paniquer. Les cas augmentent. Les formes sévères et les décès aussi. Mais nous n’attendons pas d’épidémie majeure. C’est une montée progressive avec parfois des pics importants. Il faut être vigilant, développer des programmes de surveillance, des traitements et des vaccins. Pour l’instant, il n’existe qu’un vaccin chez le cheval. Chez l’humain : aucun vaccin ni traitement.

    Par rapport à la dengue ?

    Y.S. : Les cas de dengue sont plus nombreux et plus largement répartis géographiquement. Mais le virus du Nil occidental provoque plus de formes sévères car il atteint le cerveau et entraîne des inflammations souvent fatales. Toutefois, une grosse différence avec la dengue est qu’un humain infecté par le virus du Nil occidental ne le transmet pas s’il est piqué par un moustique. Sa charge virale n’est pas suffisante. Cela freine la transmission. C’est plutôt une bonne nouvelle. Mais le virus peut se transmettre par don de sang ou d’organe.

  • [Sciences] En Camargue, des oiseaux largement infectés par le virus du Nil occidental

    [Sciences] En Camargue, des oiseaux largement infectés par le virus du Nil occidental

    Ils n’y peuvent rien, mais certains oiseaux sont plus infectés que d’autres par le virus du Nil occidental et son cousin le virus Usutu. Une étude menée entre la Camargue et l’aire péri-urbaine de Montpellier en 2024 et 2025 a cherché l’ARN de ces virus chez plus de 2 500 oiseaux. Soit en analysant leurs fientes, soit en les capturant et en leur faisant un prélèvement par écouvillon. Parmi les espèces résidentes, le moineau et la mésange charbonnière sont les plus infectés. Chez les espèces migratrices, l’hirondelle et le guêpier d’Europe occupent les premières places. « Cela confirme que les passereaux sont les plus infectés et précise quelles espèces », résume Yannick Simonin, professeur de virologie à l’Université de Montpellier et dernier auteur de l’étude parue dans PLOS Neglected Tropical Diseases.

    Ces virus sont très présents en Europe depuis au moins deux décennies. « Le sud de la France est un point chaud », assure Yannick Simonin. En cause : des habitats favorables aux oiseaux, comme la Camargue, et le passage d’oiseaux migrateurs. Car les oiseaux sont le principal réservoir de ces virus qui peuvent se transmettre aux humains et aux chevaux via le moustique commun et s’avérer parfois mortels. « Le virus Usutu est plus mortel que le virus du Nil occidental pour les oiseaux, mais c’est l’inverse pour les humains », note Yannick Simonin. Et les cas augmentent ces dernières années. « Il nous fallait mieux comprendre la circulation de ces virus », ajoute-t-il.

    Surveillance active

    « Les virus circulent largement », résume Yannick Simonin. Environ 12% des oiseaux étaient infectés par le virus Usutu et 4% par le virus du Nil occidental. « Et leur présence est précoce, notamment chez les oiseaux migrateurs », poursuit-il. Ils ont été détectés dès les mois de mars-avril alors que les premiers cas humains apparaissent généralement au cœur de l’été. « Une surveillance active dès le printemps permettrait d’anticiper un risque élevé de cas humains pendant l’été », estime le chercheur. Car la surveillance menée jusqu’alors se contente de chercher les virus chez des oiseaux morts. Encore faut-il les trouver avant leurs prédateurs. « Une surveillance active par captures est coûteuse, admet-il. Mais notre étude montre qu’analyser les fientes fonctionne. Et nous montrons dans une autre étude que nous pouvons aussi trouver des indices dans l’eau ».

    Les passereaux sont les plus infectés. « Nous l’avions déjà constaté », indique Yannick Simonin. Ils sont aussi largement les plus nombreux : 90% des oiseaux capturés. Les autres sont trop peu nombreux pour offrir des statistiques robustes. « Mais il se peut que les passereaux aient aussi un système immunitaire moins efficace contre ces virus », abonde le chercheur. Il semblerait également que ces virus puissent se maintenir chez les oiseaux résidents pendant l’hiver. Il reste à savoir comment.

    REPÈRES

    1937

    C’est l’année au cours de laquelle le virus du Nil occidental a été identifié en Ouganda. Le premier cas humain d’infection en Europe remonte à 1962. C’était en Camargue. Le virus Usutu a été identifié pour la première fois en 1959 en Afrique du Sud. Le premier cas humain en France date de 2016, à Montpellier.

    1086

    C’est le nombre d’infections humaines au virus du Nil occidental en Europe pour l’année 2026 (chiffres de début septembre). Les hommes de plus de 65 ans sont les plus touchés. Dans 78% des cas, une hospitalisation a été nécessaire. Dans 60% des cas, des symptômes neurologiques étaient présents. Le taux de décès est de 6%.

    Culex pipiens

    C’est le nom scientifique du moustique commun, qui transmet le virus du Nil occidental et le virus Usutu après avoir piqué des oiseaux infectés. Pour une fois, le moustique tigre n’est pas en cause.

  • 13 millions d’euros dédiés à la ressource eau dans le Buëch

    13 millions d’euros dédiés à la ressource eau dans le Buëch

    Piloté par le Smigiba, le syndicat dédié à la prévention du risque inondation et à la préservation des milieux aquatiques du bassin-versant du Buëch et de la Méouge, le contrat de rivière Eau et climat du Buëch a été signé cette semaine par les différents partenaires : la Préfecture, le Département, la Région, l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, des élus des collectivités du Buëch et la Chambre d’agriculture des Hautes-Alpes. Un moment institutionnel, mais qui permettra des actions concrètes pour la gestion de la ressource en eau, la préservation des milieux naturels et l’anticipation des conséquences du changement climatique.

    « Le contrat de rivière, il a cette ambition d’essayer de trouver des compromis entre le monde agricole, les institutions, la réglementation, la DDT, la police de l’eau…, explique Cyril Ruhl, technicien de rivière au Smigiba. Il définit aussi ce que l’on a le droit de faire et de ne pas faire en termes de prélèvements. » 13 millions d’euros seront investis sur les trois premières années du contrat, soit jusqu’à 2029, et 77 opérations ont prévu d’être engagées.

    Une nécessité dans ce territoire où les enjeux liés à l’eau sont significatifs : « Entre la période automnale et printanière, on a des crues, et le reste du temps, des étiages importants : en gros, on manque d’eau, indique le technicien. Et de plus en plus, à cause du réchauffement climatique ». À l’inverse, les besoins en eau augmentent. « En termes de démographie, ça n’a pas spécialement bougé, mais dans toute la basse-vallée du Buëch, l’agriculture, particulièrement l’arboriculture, s’est largement développée. Il y a énormément de prélèvements dans les rivières. »

    Les actions prioritaires visent des objectifs divers : surveillance de la qualité des eaux, amélioration des réseaux d’assainissement, sécurisation de la ressource en eau potable, partage de l’eau ou encore restauration des cours d’eau ou des zones humides. Les financements serviront, entre autres, à engager des études pour mieux comprendre le fonctionnement des eaux souterraines du Petit-Buëch, à faire des travaux pour réparer les fuites dans les canalisations, à restaurer les berges pour préserver la biodiversité ou encore à poursuivre la sensibilisation à tous ces enjeux dans les écoles ou des ateliers pour adultes. Le contrat permettra aussi à la Chambre d’agriculture d’accompagner des agriculteurs dans l’adaptation de leurs pratiques au changement climatique.

    Agathe Di Lenardo

  • [Week-end] À Hyères, la santé au soutien de la nature

    [Week-end] À Hyères, la santé au soutien de la nature

    Existe-t-il, en France, un hôpital doté d’un plus beau cadre que l’hôpital Renée-Sabran de Hyères ? Situé sur la presqu’île de Giens, au cœur d’un domaine de 30 hectares en bord de Méditerranée, encerclé par les pins, les plages et les espaces marins, l’établissement, consacré, en majeure partie, à la réadaptation physique, psychologique, se revendique « héritier de la tradition de la cure marine », et fait « la nature un outil thérapeutique. [Cela] nous confère une responsabilité particulière en termes de réservation et de restauration de cet environnement d’exception et de notre territoire », affirme Karine Hamela, directrice de l’Hôpital Renée Sabran.

    L’hôpital s’y engage depuis plusieurs années à travers son plan stratégique 2035, qui porte un axe lié à la préservation de la biodiversité. C’est à ce titre qu’il est engagé, depuis 2022, dans le programme « Refuges LPO » de la Ligue pour la Protection des Oiseaux. Cette collaboration, basée sur des inventaires réguliers et sur la sensibilisation des soignants et des patients, permet de mieux connaître la faune et la flore du site et d’adapter la gestion en conséquence. Son impact est non-négligeable, puisqu’en quatre ans, le nombre d’espèces recensées est passé de 77 à 127.

    Projet CARET : protéger la tortue caouanne

    Dans la même optique, l’hôpital Renée-Sabran est également lié au Parc National de Port-Cros, puisqu’il fait partie du territoire. Déjà effective depuis plusieurs années à travers des prospections floristiques sur le domaine, cette collaboration vient d’être appuyée par la signature d’une convention entre les deux entités, jeudi.

    Le principe directeur : une approche dite « one health » qui regroupe santés humaine, environnementale et animale. « Toutes sont étroitement liées », appuie Karine Hamela, pour qui « on ne peut penser la santé humaine sans les autres. Cette alliance permet de combiner et d’associer les expertises et les compétences ». Celle-ci implique quatre axes de travail, dont le plus important est le projet Caret (Conservation et actions de restauration des écosystèmes de la tortue caouanne). Porté par le Parc national avec le soutien de l’Office français de la biodiversité, il vise à restaurer et protéger les littoraux sableux des cinq communes adhérentes du Parc (La Garde, Le Pradet, Hyères, La Croix-Valmer et Ramatuelle), où de nouveaux sites de ponte de tortue caouanne sont apparus. Sur la plage de la Vignette, qui borde l’hôpital, seront menés un chantier de restauration de l’arrière-plage, la sensibilisation du personnel et des patients à la protection des pontes, ainsi que des actions de suivi.

    L’expertise floristique sera aussi poursuivie, grâce au Conservatoire botanique national méditerranéen, avec lequel le Parc national poursuivra l’inventaire et le suivi de la flore, en particulier du genêt à feuilles de lin et du Sérapia d’Hyères. L’aspect pédagogique sera renforcé, avec des interventions de l’institution dans les événements de l’hôpital. Enfin, ce dernier participera à la concertation sur le milieu marin, afin de transformer les sentiers sous-marins de l’Aire marine adjacente du Parc national en Zones de protection forte, statut juridique qui permet de supprimer ou limiter les pressions des activités humaines d’un espace naturel pour en préserver les enjeux écologiques.

  • L’eau du robinet déconseillée dans une partie du Pays de Martigues

    L’eau du robinet déconseillée dans une partie du Pays de Martigues

    Dans cette grande surface du nord de Martigues, il a fallu sortir des palettes de bouteilles d’eau de la réserve face à l’affluence, jeudi soir, et ce jusqu’à la fermeture. Même constat dans cette autre grande surface de Port-de-Bouc, où les clients sortaient avec leurs packs à la main. La raison de cette ruée tient dans l’annonce faite, jeudi, par la Ville de Martigues. « Suite aux fortes intempéries de ces derniers jours, la Durance, qui alimente notre commune en eau brute, a subi des variations importantes de turbidité », autrement dit une eau trouble. « Par mesure préventive, la Ville de Martigues conseille de ne pas consommer l’eau du robinet jusqu’à un retour normal de la situation. »

    Interrogé jeudi lors d’un point d’étape à Jonquières sur la gestion de crise, le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux, indiquait avoir constaté « par nos propres moyens qu’il pouvait y avoir un risque. Alors nous avons recommandé la précaution ».

    Sollicitée, la Métropole, en charge de la Régie, confirme l’origine du trouble. Toutefois « les analyses confirment que l’eau distribuée reste conforme aux critères de potabilité sur le réseau de distribution ». La Métropole : « Par mesure de précaution, et en concertation avec l’ARS, le dosage de chlore a été temporairement renforcé afin d’optimiser la désinfection de l’eau et de garantir le maintien d’une qualité sanitaire optimale ».

    À qui la compétence ?

    La collectivité recommande aussi « de ne pas consommer l’eau du robinet pour la boisson ou la préparation des aliments, jusqu’à nouvel avis ». La Ville de Martigues indique à ce propos que le retour à la normale est envisagé lundi et que Lavéra, Saint-Pierre, Saint-Julien et La Couronne-Carro ne sont pas concernés, car alimentés par une autre source.

    À cette situation déjà confuse s’ajoute la confusion sur les lieux de distribution et sur les responsabilités. De nombreux habitants se sont plaints, notamment sur les réseaux sociaux, d’informations divergentes concernant les points de distribution et leurs responsables, Métropole ou Ville. Si la distribution a depuis été prise en charge par les communes, le sujet n’est pas évacué pour autant aux yeux de Gaby Charroux, qui réagissait à ce propos jeudi soir : « Il serait infiniment plus simple que les communes aient la compétence opérationnelle de la Métropole, comme on le faisait il y a dix ans. » S’il ne remet pas en cause « les grandes compétences comme l’industrie ou l’aménagement du territoire », le maire de Martigues plaide en revanche pour le retour à l’échelon communal de services tels que « la régie des eaux, l’assainissement ou les déchets ».

    La mission gouvernementale d’analyse de la Métropole, lancée cet été, a matière à débat sur cette question.