Category: economie

  • Dernière ligne droite pour régler ses impôts et les taxes foncières

    Dernière ligne droite pour régler ses impôts et les taxes foncières

    Dans les boîtes aux lettres fin du mois d’août, tous les contribuables ont reçu leur avis d’imposition pour leurs revenus de 2024. Pour cette campagne, ils sont 48% des Bucco-Rhodaniens à être imposables, 1% de plus que l’année précédente.

    Entre paiements matérialisés, dématérialisés et mensualisés, les dates pour s’acquitter de son complément d’impôt ou de ses taxes ne sont pas les mêmes. Pour les adeptes de la méthode traditionnelle, ils auront jusqu’au 15 septembre pour payer le complément de leur impôt sur le revenu, jusqu’au 15 octobre pour leur taxe foncière et jusqu’au 15 décembre pour leur taxe d’habitation des résidences secondaires. Pour les contribuables qui utilisent le paiement dématérialisé, ils ont jusqu’au 20 du mois pour le même échelonnage. Pour ceux qui ont mensualisé leurs impôts, le complément sera prélevé automatiquement le 25 septembre. S’il est supérieur à 300 euros, il sera prélevé en quatre fois. « C’est pourquoi il est indispensable que les contribuables mettent à jour leurs données bancaires », précise Catherine Brigant, directrice régionale des finances publiques.

    Impôts locaux de Gréasque retardé

    Pour les Gréasquéens, pas de panique si aucun avis pour les impôts locaux n’est reçu. Un « problème mécanique a entraîné un retard », explique la directrice. Les habitants devraient donc recevoir leurs informations le 24 octobre. La date butoir de paiement sera décalée au 15 décembre.

    Pour les personnes connaissant des difficultés, des accueils de proximité sont déployés. Dans les France Services, les maisons du Bel Âge d’Auriol et de Cassis et les mairies de Gardanne, Mollégès, Saint-Andiol et Saint-Rémy-de-Provence, des agents seront présents pour aiguiller les contribuables. Une plateforme téléphonique est également mise à disposition pour répondre à tout type de question. Pour les personnes à l’aise avec la technologie, le service messagerie du site impots.gouv permet également d’orienter vers le bon service. Un site dont la sécurité a d’ailleurs été renforcée. Dorénavant, un code est envoyé par mail après avoir renseigné ses identifiants.

    Permanence : 0.809.401.401 du lundi au vendredi de 8h30 à 19h

  • Grande braderie : le coup de boost de septembre

    Grande braderie : le coup de boost de septembre

    C’est la 6e édition de la grande braderie ce samedi 6 septembre. Alors que l’été a été capricieux pour les commerces, la journée est attendue par les professionnels.

    L’occasion pour les visiteurs de redécouvrir le centre

    Des files d’attente dès 7h du matin, un peu plus de 35 000 visiteurs et une augmentation de +60% des chiffres d’affaires, c’est ce qu’attendent – impatiemment – les commerçants participant à cet événement qui commence à entrer dans les habitudes de leurs clients.

    De manière pragmatique, l’événement est une sacrée occasion pour « écouler les stocks et se faire de la trésorerie » selon Rebecca Bernardi, adjointe à la ville chargée du commerce, qui organise la manifestation depuis quatre ans. Les 200 commerçants et artisans profiteront de l’afflux des visiteurs et proposeront des prix bradés jusqu’à 60%. Avec le succès du nouveau rendez-vous hivernal, l’édition de cette année s’étendra aux quartiers Mazargue, à la place du 4 septembre, à Vauban et à Saint Barnabé. Un élargissement qui s’inscrit dans la volonté d’inclure des commerces du secteur. En 2022 déjà, la rue de Rome avait été conviée. Nicolas Papazian, président de l’association Commerces Haut de Rome admet avoir bataillé pour l’obtenir. Représentant d’une cinquantaine de commerces, allant des bijoutiers aux opticiens, il attend avec impatience la braderie, qui voit les résultats grimper « plus haut que certains jours de soldes ».

    De nombreuses animations sont prévues. Atelier de lancer de lasso, manège à pédale, customisation d’objets, la place du Général-de-Gaulle se transformera en village des enfants. Une fanfare résonnera place du 4 septembre. La piétonnisation de nombreuses rues permettra aux habitants et touristes de profiter d’un centre sécurisé et animé. Les parkings resteront ouverts.

  • La réindustralisation du golfe de Fos en marche

    La réindustralisation du golfe de Fos en marche

    C’est la rentrée pour tout le monde. Ce mercredi, ce sont la centaine de patrons engagés dans le projet de Provence Fabrique des possibles pour la réindustrialisation du golfe qui ont fait la leur. Dans la tour de la Marseillaise, ils étaient une centaine pour faire l’état des lieux des chantiers qu’il reste à mener.

    Le rendez-vous a d’abord été l’occasion de rappeler les avancées du projet de réindustrialisation du golfe de Fos. Les chefs d’entreprise se sont notamment félicités de la signature en février 2025, de la feuille de route pour le développement de ce projet industriel décarboné. Un document qui « donne 40 actions pour décarboner l’industrie », affirme Pascal Kuhn, président de l’Union des industries et métiers de la métallurgie d’Alpes-Méditerranée.

    Charlotte Gabarrot, directrice régionale Provence de l’entreprise de relation publique et de communication territoriale Stan, est ensuite revenue sur les consultations publiques qui se sont déroulées d’avril à juillet dernier et dont les conclusions seront publiées le 18 septembre. Elle a réaffirmé la nécessité de « poursuivre la co-construction des projets avec l’écosystème local ».

    L’enjeu de la compensation environnementale a également été évoqué. « On est en train de construire des partenariats pour identifier de nouvelles mesures compensatoires et pouvoir les proposer aux industriels lorsqu’ils porteront leurs dossiers d’autorisation auprès des services de l’État », développe Hervé Martel, président du directoire du Grand Port maritime de Marseille. Celui-ci a notamment rappelé que l’État a « un haut niveau d’exigence en matière de mesures compensatoires ». Et d’insister auprès de son auditoire sur la nécessité de bien choisir son cabinet d’analyse pour proposer une solution de compensation solide, pour l’environnement mais aussi pour assurer la solidité du projet et sa validation par l’administration.

    La question électrique

    Mais le sujet qui a occupé tous les esprits est la question de la ligne à haute tension afin d’alimenter les futures industries de la zone. « Cette ligne à haute tension (THT), est indispensable pour la décarbonation de l’industrie », a martelé Caroline Ritzenthaler, directrice transition écologique & grands projets pour EDF. Et d’ajouter : « Certains projets ont été retardés par manque de visibilité par rapport à cette ligne. »

    Selon l’ingénieure, cette nouvelle ligne devra permettre l’alimentation à court terme des projets du golfe de Berre mais sera aussi une sécurité de transport électrique dans un contexte ou les incendies dans la région s’intensifient, obligeant parfois des coupures de lignes. « Cette ligne sera un élément structurel pour le réseau de transports électriques, et grâce à sa grande capacité servira pour le réseau d’éoliennes en mer », s’est-elle enthousiasmée. C’est pourquoi il ne faudra pas « se contenter d’un projet dégradé pour répondre au besoin de court terme, mais construire un projet solide ». Un projet soutenu par une large majorité d’acteurs locaux, mais où sa mise place fait débat entre les promoteurs d’une ligne aérienne, moins coûteuse mais avec un potentiel impact sur la biodiversité, et ceux d’une ligne enterrée.

  • Les agriculteurs se serrent les coudes après les intempéries

    Les agriculteurs se serrent les coudes après les intempéries

    À Orange, dans la plaine Saint-Bardon, en lisière de l’A7, les flux incessants de voitures et poids lourds sont le lot quotidien. Mais les rafales à 139 km/h beaucoup moins. « Je n’avais jamais connu ça », se désole Alexandre Arnoux. Ce producteur de fraises de même pas 30 ans risque de perdre sa production 2026 suite aux intempéries de la nuit de dimanche à lundi. « Pendant deux heures, le vent a balayé la zone et a aplati les serres », décrit le jeune agriculteur, qui a repris l’ancienne exploitation de son père il y a deux ans.

    « Une année, on a eu de la neige qui a écrasé des serres de salades, mais jamais comme ça », abonde Maryse, la maman d’Alexandre, venue, ce mardi matin, « apporter un peu de réconfort ». À savoir du café, en attendant les viennoiseries et pizzas. Car une quinzaine de personnes s’affairent sérieusement depuis le début de la matinée. « Syndicat, famille, amis, rugby… s’il n’y avait pas entraide, je serais déjà mort », remercie Alexandre Arnoux, entre deux directives, avant de remonter sur un tracteur et dégager les amas d’arceaux que les petites mains entassent progressivement, au bout des allées. Une action de solidarité a été lancée par la FDSEA de Vaucluse et les Jeunes agriculteurs (JA). « Ce n’est pas la première fois qu’on se mobilise après de tels épisodes, on fait ce que notre ADN nous dit de faire », décrit sobrement Philippe Bon, à la fois vice-président du syndicat des fraises de Carpentras et de la FDSEA 84.

    Chez Alexandre Arnoux, 1,5 ha de bâches sont inutilisables, ainsi que les arceaux, tous de guingois. « Il faut agir vite car les plants de fraises ne sont pas touchés, mais ils peuvent vite être foutus si on ne les recouvre pas à cause du risque de maladie, surtout s’il n’y a plus de système d’irrigation », décrit l’agriculteur.

    Vers la reconnaissance

    de catastrophe naturelle ?

    Dépité, mais motivé, il va devoir « déconstruire tout ce que l’on vient de monter en un mois et investir 40 000 euros ». Car Alexandre Arnoux venait d’installer de nouvelles serres, épargnées par la tempête et pas encore en culture. « Mais il faudra encore investir, sans aide a priori, car ce sont des serres inassurables, la mairie est en train de voir si la commune peut être classée en état de catastrophe naturelle, j’espère que ça aboutira », se projette-t-il.

    « On va pousser fort pour », assure Philippe Bon, alors que dès lundi, les services de l’État étaient dans le secteur pour constater les premiers dégâts. Ce mardi, on pouvait encore constater quelques stigmates avec des arbres couchés en bord de route ou des panneaux de signalisation renversés.

  • MIA’s, la carte marseillaise dans l’immobilier africain

    MIA’s, la carte marseillaise dans l’immobilier africain

    Akwaba, c’est bonjour en ivoirien. Et les Marseillais de l’immobilier en Afrique (MIA’s) ont l’intention de décliner le mot à la sauce marseillaise. Cette société de conseils et de services tournée vers l’Afrique francophone créée en 2017 par huit associés, professionnels de l’immobilier, veut passer la vitesse supérieure.

    Depuis octobre 2024, Antoine Viallet, président des MIA’s, s’est installé à Abidjan pour développer l’offre commerciale. Il y a mené depuis plus de 200 rendez-vous pour « comprendre les besoins, réactualiser l’offre et bâtir une stratégie avec nos partenaires locaux. On a une fine lecture des problématiques immobilières et d’urbanisme en Afrique. » Dans une ville de 6 millions d’habitants et qui enregistre 200 000 nouveaux arrivants chaque année, les opportunités ne manquent pas.

    La formation est au cœur de leur démarche. Antoine Viallet y développe notamment une plateforme dédiée aux métiers de l’immobilier : « On vit en live les Trente Glorieuses dont on a toujours entendu parler. Un des sujets clés, c’est la compétence, il manque par exemple 20 000 urbanistes au Nigeria. »

    Renaud Tarrazi, architecte urbaniste, rappelle l’origine marseillaise du projet : « Notre parcours commun vient du Club de l’immobilier de Marseille, créé il y a 30 ans pour rassembler tous les métiers de la chaîne immobilière. L’idée, c’est de travailler en meute pour créer du business ensemble. » Cette dynamique collective s’exporte en Afrique avec une volonté : « Il ne s’agit pas de reproduire un modèle France-Afrique mais de travailler là-bas avec eux (…) On partage une langue, un socle juridique mais on doit avoir un regard pertinent. »

    Les MIA’s interviennent déjà sur plusieurs projets comme une gare routière à Cotonou, un immeuble mixte à Douala. L’offre de cette équipe pluridisciplinaire se présente comme un « couteau suisse » : promotion, gestion, ingénierie, architecture, audit, formation… « On adapte notre réponse aux réalités locales, sans donner de leçons », poursuit Renaud Tarrazi.

    Geneviève Langlois, promotrice et seule femme du groupe, a rejoint l’aventure après le salon Dakar 2020. Elle a été frappée par « la vitesse de développement des projets et la qualité des intervenants mais il reste beaucoup à structurer, notamment sur la copropriété et la sécurisation de la propriété foncière ».

  • Airbus Helicopters met le paquet sur le marché militaire

    Airbus Helicopters met le paquet sur le marché militaire

    La loi de programmation militaire 2024-2030 est une aubaine pour Airbus Helicopters. Adopté le 13 juillet 2023, le texte prévoyait une enveloppe de 413,3 milliards d’euros pour les armées. Mais le 13 juillet dernier, lors d’un discours prononcé depuis l’Hôtel de Brienne, le président de la République Emmanuel Macron a annoncé un effort de 10 milliards d’euros supplémentaires sur deux ans (3,5 Md en 2026, +6,5 Md en 2027) pour accélérer le réarmement. Et le leader mondial de l’hélicoptère a toute sa place dans ce mouvement.

    En visite sur le site industriel marignanais ce lundi 1er septembre, le ministre des Armées Sébastien Lecornu explique : « La question des hélicoptères est devenue symptomatique de l’état de dégradation très important dans lequel étaient confrontées nos armées. On a une quinzaine de modèles différents, donc une hétérogénéité de la flotte absolument épouvantable, qui totalise 400 hélicoptères dans les forces armées hors gendarmerie et sécurité civile. Une grande part tutoie la moyenne d’âge de cinquante années. » La programmation militaire acte le remplacement de plus de 150 de ces 400 appareils par le nouvel hélicoptère interarmée léger (HIL) d’Airbus Helicopters, dont la moitié a vocation à être livrée d’ici 2030. Pour Bruno Even, le PDG de l’entreprise, l’État français est non seulement son premier client mais surtout « un partenaire ».

    Une disponibilité en progrès de 30%

    Pour acter cette relation de confiance, l’industrie aéronautique a rajouté il y a quatre ans une orientation « Défense et sécurité » dans sa planification visant à « marquer un effort significatif dans le domaine militaire », souligne le général Patrick Brethous, conseiller de Bruno Even.

    Parmi les quatre axes stratégiques, la disponibilité arrive en bonne place. « Le nombre d’hélicoptères dans les tableaux capacitaires des armées n’a pas beaucoup d’intérêt, ce qui compte c’est le nombre d’heures disponibles, précise Sébastien Lecornu. Ça, ça a été un gros défi. En deux ans, cette disponibilité a progressé de 30%. » Une amélioration qui se justifie par une réforme du maintien en condition opérationnelle, le développement des contrats verticalisés, une meilleure gestion des stocks et des efforts réalisés sur la chaîne logistique. Patrick Brethous estime que la dualité du carnet de commandes d’Airbus Helicopters, partagé entre marché civil (50% des parts mondiales) et militaire (20% des parts mondiales), est « un atout ». Bruno Even développe : « Le standard, dans le domaine civil, c’est 90% de disponibilité. Les appareils volent 1 200 heures par an contre 200 heures pour le militaire. La force du programme HIL c’est qu’on peut bénéficier de cette maturité en s’appuyant sur ce gain d’expérience qui est beaucoup plus rapide. »

  • En Vaucluse, les viticulteurs toujours au milieu du gué

    En Vaucluse, les viticulteurs toujours au milieu du gué

    Un temps festif et convivial va envahir la place du palais des Papes, ce samedi : le traditionnel du ban des vendanges, mis sur cépages par les compagnons des Côtes-du-Rhône. Quelque 13 000 personnes sont attendues à partir de 17h pour mettre à l’honneur les prémices du millésime 2025. « La récolte est portée par un état sanitaire favorable, des acidités particulièrement préservées et un vignoble qui, malgré des épisodes climatiques contrastés, a montré une résilience remarquable, se félicite déjà Philippe Pellaton, président d’Inter Rhône, qui représente les vignobles de la vallée du Rhône. Ce résultat laisse entrevoir un millésime de grande qualité. »

    De quoi déjà donner un peu le sourire au sein du 2e vignoble AOC de France et, plus largement, à la profession qui, en Vaucluse, représente une part prépondérante de l’économie agricole (60 %). « Les premières vendanges ont démarré la semaine du 11 août pour les premiers muscats, on est sur un millésime qui flirte avec les plus précoces des 50 dernières années, observe François Bérud, chef de service vigne et vin à la chambre d’agriculture de Vaucluse. Maintenant, les vendanges se finissent à la période où on les commençait à l’époque. » Ce qui ne veut pas dire altération de la qualité, car lui aussi confirme « de belles conditions sanitaires des grappes ».

    Reste ensuite à écouler la marchandise, aussi réussie soit-elle. Dans un secteur très hétéroclite, entre grands crus, AOP ou vins de table, impossible de faire des généralités, même si dans l’ensemble, « la situation est compliquée », reconnaît François Bérud. Baisse de la consommation, incertitudes sur l’export… « Les crises anticipées sont toujours plus faciles à résoudre qu’essayer de trouver des solutions en plein milieu du gué », analyse le technicien de la chambre d’agriculture. Parmi les réponses, proposer des vins moins alcoolisés : « Il y a une vraie volonté de nombreux vignerons de proposer des vins à petits degrés, 11 parfois même à 8, pour des rosés », note François Bérud.

    Souvent évoquées l’an dernier, les campagnes d’arrachage de vigne sont restées très marginales en Vaucluse, à peine 2 % du vignoble. « Cela montre que les vignerons croient encore à la viticulture. À la chambre, on propose des services pour cerner leurs objectifs et volontés de diversification, mais ce n’est pas d’une simplicité absolue », résume François Bérud, qui écarte toute solution miracle et universelle.

  • Les vendanges pressent les professionnels

    Les vendanges pressent les professionnels

    Pour Clara Fischer, la journée a commencé à 6h30. Depuis ce lundi, premier jour des vendanges, elle n’arrête pas. « Nos journées s’arrêtent quand il n’y a plus de travail », résume-t-elle simplement. Habituellement chargée des assemblages, elle alterne depuis le début de la semaine organisation de la cave, vinification et travail dans les vignes, en compagnie de la première équipe de vendangeurs arrivée sur le domaine du château Revelette. à ses côtés, son frère, Hugo, gère plutôt la partie vigne. « On s’aide mutuellement », précise Clara Fischer.

    En 2023, frère et sœur ont également monté la « Family Fischer » négoce. « Pour contrer les aléas que l’on pourrait avoir, résume Peter Fischer, leur père. L’année dernière, on a perdu 75% de la récolte à cause du gel de printemps. On a décidé d’acheter du raisin pour temporiser un peu le volume », contextualise ce dernier. S’il tente de garder un œil positif sur le marché du vin, il ne cache pas son inquiétude pour les prochaines générations, le vin, « et le monde en général ». « On a un peu écarté l’export des états-Unis. On travaille beaucoup au Canada, c’est un peu en baisse aussi. Heureusement qu’on a de la demande en France », souligne Peter Fischer.

    « C’est plus le dérèglement (climatique) qui fait peur. D’une année à l’autre, ça va être différent. Mais, comme avec mon frère on a connu que ça, on sait que c’est le jeu », estime de son côté Clara. D’ici quelques mois, ce sont Clara et Hugo qui reprendront la main du château Revelette, jusque là dirigé par Peter Fischer, arrivé en 1985.

    Il est occupé, ce mercredi, troisième jour des vendanges, à gérer différents rendez-vous et à superviser la mise en bouteille, programmée depuis un an. Elle n’aurait pas du tomber en saison des vendanges, qui bat un record de précocité cette année, faute au dérèglement climatique. Alors ce jour, c’est double charge de travail au château Revelette. Le domaine appartenait autrefois au père de Sandra Fischer, épouse de Peter Fischer, chargée, elle, du volet administratif. « On a une petite équipe de saisonniers qui est là cette semaine pour les plants les plus précoces. Dimanche, le reste arrive. On va pouvoir attaquer sérieusement la semaine prochaine. En tout, ce sont 18 saisonniers qui viennent pour les vendanges, explique Peter Fischer. Une dizaine est dans les vignes, cinq qui arrivent le week-end et trois font des tâches diverses. On essaie de pas faire plus de six heures par jour, car ce sont des journées très physiques. L’équipe mange dans les vignes, descend ici en fin de journée pour prendre le café ensemble et on fait un jeu de boules, de fléchettes, les cartes… Ils restent un peu ici ». Les vendanges devraient être terminées d’ici fin septembre.

    Quatorze cépages poussent sur le domaine, chacun mûrissant à son propre rythme. Trois vins y sont produits : principalement du rouge (50%), ainsi que du blanc et du rosé (25% chacun), dédiés en partie aux « belles tables de restauration » et aux « bons cavistes ».

    Dans la cour du domaine ce matin-là, des caisses entières de raisin blanc sont rapatriées par tracteur. à quelques kilomètres de là, les saisonniers continuent de tailler le raisin blanc. Alors que 10h du matin sonnent, les travailleurs posent seaux et sécateurs au sol, direction le casse-croûte de la matinée. Dans le lot se trouvent des étudiants, retraités, reconvertis dans le vin ou simplement à la recherche de nouvelles expériences. « Globalement, on avance tranquillement, il y a une bonne ambiance », décrit Yona, 20 ans et étudiante en urbanisme, dont le père a longtemps travaillé dans les vignes. Cette semaine, c’est Jean-Régis Valour, ancien vigneron, qui chapeaute l’équipe. « On arrive encore à trouver des gens du coin, ou qui veulent faire des saisons. Mais c’est vrai qu’il y a beaucoup de prestataires qui se sont montés. On a de tous les âges, des anciens des nouveaux, et des jeunes, c’est mélangé ! (…) Là, on est sur la deuxième remorque, il faudrait qu’on en fasse quatre. »

    Clara elle, fait partie des novices du job. « J’en ai souvent entendu parler, j’ai eu envie d’essayer. L’équipe est géniale, on rencontre des personnes et moi qui viens de Metz, ça me fait découvrir des choses », résume la jeune femme de 20 ans, qui travaille aux côtés de plus expérimentés. « En dix ans, le métier n’a pas tant changé que ça finalement », résume Théo, qui vendange depuis une décennie. « Tous ces profils ne se seraient peut-être pas rencontrés dans un autre contexte de vie, conclut finalement Clara. C’est ça aussi, qui est chouette. »

    « On a de tous les âges, des anciens des nouveaux et des jeunes,
    c’est mélangé ! »

  • « L’affluence s’est reportée sur août »

    « L’affluence s’est reportée sur août »

    La Marseillaise : Quel bilan tirez-vous de la saison ?

    Jean-Jacques Micoud : On a un début d’année qui était pas mal, un printemps qui s’est bien déroulé, un décrochage sur mai malgré les ponts et puis un redémarrage en août. Le mois de juillet n’était pas bon, et l’affluence s’est reportée sur août, ce qui est plutôt nouveau. Ça s’explique par des événements conjoncturels et structurels. Le conjoncturel ce sont les incendies. Mine de rien, beaucoup de gens se sont demandé s’ils pouvaient quand même venir, si les plages étaient ouvertes, si les manifestations étaient maintenues… L’autre point conjoncturel, ce sont les canicules. J’ai travaillé pendant neuf ans pour le Morbihan, chaque fois qu’une vague de chaleur était annoncée dans le Sud, on voyait mécaniquement les réservations augmenter. Et puis l’élément quasi structurel maintenant, c’est la forme économique de la France et le pouvoir d’achat des Français. Ça ne joue pas tant sur les réservations que sur la consommation.

    Les activités de l’Office ont-elles rencontré le succès escompté ?

    J.-J.M. : Les visites ont bien marché, on est satisfait niveau remplissage global. On a trois types de participants : les Martégaux qui viennent découvrir ou redécouvrir leur patrimoine, comme le calen, les gens de la région qui s’inscrivent à nos activités pour avoir un bon prétexte pour visiter Martigues, et puis le touriste pur qui est en vacances et qui en profite pour ne pas bronzer idiot. Là où on est aussi assez satisfait, c’est du côté boutique. Les petites babioles aux couleurs de Martigues marchent pas mal. On a un panier moyen de l’ordre de 11,50 euros. Ce qui est important, c’est que les gens repartent avec quelque chose.

    La filière cinéma attire-t-elle les touristes ?

    J.-J.M. : Bien sûr, la visite des décors de Camping Paradis continue de rencontrer un succès fou. On est en train de mettre en place des visites pour Provence Studios. On a une pépite mondiale, une originalité terrible en France avec cette carte postale de Venise provençale, un savoir-faire en matière d’accueil de tournage puisqu’on est à 170 tournages par an. Il faut qu’on soit capable d’organiser des visites autour des infrastructures, autour du cinéma, et demain on pourrait aller encore plus loin avec des visites virtuelles, un site dédié… Il faut que le cinéma soit considéré comme une vraie filière, pas simplement d’attractivité, mais économique.

  • Il restaure et recrée des véhicules d’avant-guerre

    Il restaure et recrée des véhicules d’avant-guerre

    Comme tout garagiste en service, Nicolas Bourianne vous accueille en serrant le poignet, histoire d’éviter de noircir les mains de cambouis. Mais son atelier, « Revival Engineering », à la sortie nord de Malaucène, est plutôt discret. Ici, on n’amène pas sa voiture, pour une révision classique, que l’on récupère quelques heures plus tard. D’ailleurs, Nicolas Bourianne préfère le terme d’atelier de restauration. « Garagiste, je l’associe aux voitures modernes, ici on ne fait que des modèles d’avant guerre », expose le patron, ingénieur mécanicien.

    Un secteur de niche, réservé à des passionnés – très – fortunés, qui traduit cependant un savoir-faire local. Si en Vaucluse, deux autres ateliers sont aussi dans les modèles anciens, Nicolas Bourianne est le seul à proposer l’entretien mais aussi et surtout la restauration et reconstruction de véhicules de prestige. « On fait de l’avant-guerre car ce sont les autos qui nous plaisent. Les voitures plus modernes, les youngtimer [précollection], tout le monde le fait », fait valoir ce passionné de 43 ans, dont le fils de 14 ans commence déjà à bricoler des motos. Un début d’atavisme familial alors que Nicolas Bourianne n’a jamais baigné dans le milieu : « J’ai eu la chance de découvrir ma passion, personne dans ma famille n’a de voitures de collections ».

    Une Delage championne du monde 1927 sur l’établi

    Originaire de Séguret, il a d’abord eu son atelier à Sarrians avant de déménager, il y a 3 ans, à Malaucène. Difficile de déambuler dans son atelier sans risquer de croiser François, allongé sous une Bugatti en cours de restauration, de manquer de se taper le pied sur une imposante roue ou de passer à côté d’un moteur recrée installé sur une bande de démarrage. « La Buggati bleue de 1928, là? C’est de la restauration, il y avait le châssis, l’essieu, le pont, la boîte, le moteur », illustre Nicolas Bourianne. Parfois, il faut partir d’une feuille blanche pour une construction, avec le bureau d’études au sein de l’atelier. « On dessine et reconstruit les pièces, on possède un département moteur, chaudronnerie… tout ce qu’il faut pour être au maximum autonome », résume l’ingénieur mécanicien.

    Sa clientèle est très large et internationale. États-Unis, Nouvelle-Zélande et même la présidence du Portugal. « On a restauré une Panhard et Levassor. L’an dernier pour les 100 ans de l’automobile club du Portugal, j’ai été le chauffeur du président dans les rues de Lisbonne », confie Nicolas Bourianne. Mais le projet phare, qui l’occupe depuis plusieurs années, c’est une Delage 15 S8 de Grand Prix, dont il est impératif d’avoir achevé la reconstruction en 2027, afin de marquer le centenaire de la victoire de cette voiture au championnat du monde des manufacturiers, compétition prémices de la F1. « C’est un projet complètement démentiel parce que la voiture a été détruite, des collectionneurs ont récupéré quelques morceaux. On a eu la chance de s’appuyer sur une base photos de la Delage numéro 1 pour recréer de toutes pièces la Delage de 1927 », s’enthousiasme l’ingénieur.

    « On se demande à l’époque comment ils arrivaient à fabriquer certaines pièces sans la technologie d’aujourd’hui, qu’on a du mal à refaire », constate-t-il. Manière d’aborder le savoir faire mécanique particulier, aucun diplôme n’existant en la matière. «Ce n’est pas parce qu’on a été mécanicien de course au Mans qu’on s’y connaît : il faut un bagage théorique important, avoir vu des lignes de fabrication, connaître l’usinage, la thermodynamique, la mécanique des fluides…», expose l’ingénieur « Mais le critère le plus important, c’est la passion. Tous les matins, j’ai l’impression d’être en congés », conclut-il.

    « Le critère le plus important, c’est la passion »