Category: economie

  • Les personnels de l’Hôtel Première Classe de La Seyne réclament leurs salaires

    Les personnels de l’Hôtel Première Classe de La Seyne réclament leurs salaires

    Jeudi après-midi, six des neuf salariés de l’Hôtel Première Classe de la Seyne-sur-Mer étaient réunis à la Bourse du Travail, entourés d’une douzaine de syndicalistes de l’UL CGT, pour parler de leur situation. Ceux-ci expliquent ne plus être payés depuis novembre dernier. Une situation qui interroge au vu de la situation de l’établissement, « qui a plus de 30 ans d’existence et qui a toutes les raisons de fonctionner. La question est donc : pourquoi ne tourne-t-il plus ? », interroge Marc Louis, secrétaire général de l’UL CGT la Seyne, qui rappelle que celui-ci accueille « des salariés qui travaillent dans la zone, des personnes en transit… Il y avait une vingtaine de chambres réservées pour l’accueil des réfugiés également, mais depuis que le directeur a repris l’hôtel, c’est terminé. On ne sait pas si c’est lié à lui, mais ça change au niveau de l’équilibre financier ».

    De premiers retards de paiement auraient ainsi été relevés à partir de juillet 2025, quelques semaines après la réouverture de l’établissement suite à des travaux. La situation se serait aggravée, jusqu’à l’absence totale de paiement. Face à leurs inquiétudes, le directeur de l’hôtel leur avait pourtant donné des garanties, affirment les salariés. Ceux-ci auraient même reçu des chèques, qui se sont avérés être sans provision. Sans salaire depuis plusieurs semaines, ils ont alors décidé de cesser de travailler, et se trouvent actuellement tous en arrêt maladie. « Leur objectif est de récupérer leur salaire. Certains sont obligés de se surendetter pour payer leurs loyers, et vont perdre leur logement », se désole Marie Claude Latour, secrétaire adjointe de l’UL CGT.

    Rendez-vous au tribunal de commerce le 19 février

    Pour ce faire, des procédures juridiques ont été lancées, et l’inspection du travail alertée. Mais livrés à eux-mêmes et sans représentants du personnel (il faudrait, pour en nommer un, avoir onze salariés), les employés peinent à faire valoir leurs droits : « En maladie, ils perçoivent la moitié du salaire qui n’est déjà pas élevé. Où en est la prévoyance ? Ce patron agit dans son intérêt particulier. Il n’informe ses salariés sur rien : sur quand ils vont être payés, sur la question de la prévoyance… », déplore Marc Louis, qui se demande comment un hôtel de 70 chambres « peut continuer de fonctionner sans personnel », celui-ci étant encore ouvert à l’heure actuelle.

    De son côté, le directeur de la franchise annonce une imminente cessation de paiement. Un rendez-vous est prévu au Tribunal de Commerce le 19 février. Les salariés seront pris en charge par le régime de garantie des entreprises (AGS). « Si je fais ça, c’est pour qu’eux soient payés. C’est moi qui vais les payer sur mon redressement judiciaire », justifie-t-il, affirmant avoir payé les salaires « jusqu’au 31 décembre ». Il accuse également son personnel de « fraude » concernant les arrêts maladie. « Comme des dizaines de milliers d’entreprises, la mienne est en difficulté. Depuis qu’on est dans la m…., tout le monde se barre, nous sabote. Ma femme a la tête dans la machine à laver car on n’a plus de personnel », explose-t-il.

  • Nouvelle mise en demeure pour le chantier naval de Marseille

    Nouvelle mise en demeure pour le chantier naval de Marseille

    C’est une nouvelle étape dans le bras de fer qui oppose une partie des riverains de l’Estaque (16e) aux portuaires du Chantier naval de Marseille (CNM), en conflit depuis le retour, en 2017, de l’exploitation de la forme 10. Un îlot artificiel construit pour réparer et entretenir les navires de grandes tailles. La préfecture des Bouches-du-Rhône a publié mardi, sur son site officiel, un arrêté faisant état d’une « mise en demeure à l’encontre de la société CNM pour l’exploitation de la forme 10 ». La société est sommée, « dans un délai de trois mois », à compter du 10 février, de respecter les limites d’émissions sonores fixées par l’article 8 de l’arrêté ministériel du 12 mai 2020. Un manquement à ces obligations pourrait entraîner, en plus des « sanctions pénales » envisageables, la mise en place de sanctions prévues par le Code de l’environnement, d’après le document publié par la préfecture.

    Une installation primordiale

    Cet arrêté intervient après une série de mesures déjà prises à l’encontre du Chantier naval et répondant aux sollicitations de nombreux riverains et élus locaux, mobilisés pour dénoncer les nuisances sonores induites par l’exploitation de la forme 10. Le 31 juillet 2024 déjà, le préfet des Bouches-du-Rhône signait, « au terme d’une période de concertation de plusieurs semaines », selon le communiqué de l’époque, un arrêté pour encadrer les « activités particulièrement bruyantes ». De quoi « consolider, dans la durée et en soutien aux entreprises utilisatrices, les atouts offerts par cette installation industrielle majeure en termes d’emplois et de rayonnement du savoir-faire industriel marseillais en matière de réparation navale » (voir notre édition du 01/08/2024). Car l’exploitation de la forme 10, plus grande cale sèche de la Méditerranée, est un outil industriel phare pour le Grand Port maritime de Marseille. Fermée pendant 17 ans avant sa réouverture en 2017, son retour est rendu possible par un long combat mené par les salariés de la réparation navale et leur syndicat CGT, déterminés à consolider l’avenir du site passé par des phases difficiles.

    « Nous sommes contents de la publication de cet arrêté, assure Jean-Pierre Lapébie de Cap au nord, association de défense du cadre de vie des 15e et 16e arrondissements de Marseille. Ça va dans le sens des nombreuses mises en demeure récentes que le chantier naval ne respecte pas, au sujet du bruit mais aussi de la pollution de l’eau et de la séparation des stockages des produits dangereux. On n’est pas là pour mettre des emplois en danger, mais pour que la législation (…) et la santé des populations et des travailleurs soient respectées. »

    Dans une série d’arrêtés pris le 22 juillet dernier, la préfecture des Bouches-du-Rhône avait en effet infligé des astreintes administratives journalières au Chantier naval de Marseille, faute de système de séparation et de traitement des eaux usées pour les formes 8, 9 et 10 de réparation navale (voir notre édition du 06/08/2025).

    Contactés à propos de l’arrêté publié mardi, le Grand Port maritime de Marseille, comme la CGT, n’ont pas souhaité réagir à ce stade. Le Chantier naval de Marseille n’a pas donné suite à nos sollicitations.

  • Le département des Alpes-de-Haute-Provence valorise ses filières au Salon de l’agriculture

    Le département des Alpes-de-Haute-Provence valorise ses filières au Salon de l’agriculture

    Truffe, pommes golden, lavande, olivier, chèvres… Les différentes productions agricoles des Alpes-de-Haute-Provence seront représentées, fin février, au Salon international de l’agriculture. « Un rendez-vous majeur pour le monde agricole et les territoires ruraux », selon Eliane Barreille, présidente du Département, alors que l’agriculture reste un secteur très important, un « pilier structurant » pour les Alpes-de-Haute-Provence, qui comptent près de 2 000 exploitations.

    Les surfaces agricoles représentent 31% du département, en passant par les courges, les salades, les melons, le raisin, les agneaux ou encore le blé. 30% des exploitations sont spécialisées dans l’élevage ovin ou caprin, et 26% dans les grandes cultures. Le secteur emploie 3 770 personnes dans le département. Pour cette nouvelle édition du Salon, le Département a fait le choix de mettre l’accent sur l’arboriculture, troisième filière la plus importante dans les Alpes-de-Haute-Provence, qui est le troisième producteur national de pommes Golden.

    Les producteurs de pommes rencontrent cependant de nombreuses problématiques en ce moment, comme les ravageurs, les pucerons, le réchauffement climatique, la grêle, la sécheresse ou encore l’accès à l’eau pour irriguer.

    Premier producteur d’essence de lavandin

    Dans cette dynamique de valorisation du territoire sud alpin, une conférence départementale de l’agriculture a été organisée pour la première fois par le Département et la Chambre d’agriculture, en présence de Marc Fesneau, ancien ministre de l’Agriculture.

    Les Alpes-de-Haute-Provence restent le premier producteur national d’essence de lavandin, et forment 383 élèves et apprentis aux métiers agricoles. La filière agricole a favorisé l’émergence d’une filière cosmétique réputée à l’international, avec notamment l’Occitane, entreprise leader du marché. Cela permet aux entreprises locales de conquérir des marchés étrangers, notamment en Asie. 35% des surfaces agricoles cultivées du département sont par ailleurs engagées dans la production biologique.

    Le dynamisme agricole du territoire s’illustre également à travers de nombreuses fêtes locales, comme la fête de la lavande à Valensole, la fête du fromage à Banon, la fête de l’amande à Oraison ou encore le marché aux truffes à Montagnac. De nombreux marchés de producteurs et Amap (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne) permettent aux agriculteurs de vendre leurs produits dans tout le département.

    Le Salon se tiendra cette année dans un contexte de mobilisation agricole, alors que plus de 110 foyers de dermatose nodulaire ont été identifiés, et pour la première fois sans présentation de volailles, ni de bovins, en raison des crises sanitaires. L’agriculture départementale reste également menacée par la prédation du loup, qui a encore fait 1 450 victimes en 2025. Le département compte 35 élevages parmi les 200 les plus touchés en France.

    Salon international de l’agriculture 2026, du 21 février au 1er mars, au parc des expositions de la porte de Versailles à Paris.

  • Euromed dévoile ses priorités et mise sur l’échange

    Euromed dévoile ses priorités et mise sur l’échange

    Isabelle Campagnola-Savon n’a pas caché son envie de donner un nouveau souffle à Euromed 2 « Je vois que de nombreuses personnes ne connaissent pas le projet. » Un fait étonnant pour le 3e quartier d’affaires français. La présidente a dévoilé son plan en trois axes majeurs : la création d’une foncière (structure qui possède, gère et loue des biens immobiliers), la rencontre avec des acteurs économiques et les habitants, ainsi que la poursuite d’un « Euromed vert ».

    « Lutter contre le réchauffement climatique »

    L’avenir est clair pour la présidente : « On a stabilisé notre capacité financière, politique et stratégique pour les 15 prochaines années, puisqu’on a voté et signé, en début d’année, notre nouveau protocole financier jusqu’en 2040. » La création d’une « foncière » aurait pour but de stabiliser les loyers et de sécuriser les projets. Un moyen pour Euromed d’incarner le rôle de constructeur et celui de gestionnaire de la vie urbaine. L’objectif est de « passer de la logique de projet à celle d’une ville vivante et durable », confie la présidente.

    Isabelle Campagnola-Savon compte organiser une rencontre avec les acteurs économiques et les habitants, une « agora » pour mobiliser autour du projet : « On veut que ce quartier soit pour les Marseillais. »

    Aurélie Cousi, directrice générale, explique que le plan d’affaires a pour objectif d’accueillir « des restaurants, des commerces de bouche et des commerces issus de l’économie sociale et solidaire ». Dans une volonté continue de favoriser un « Euromed vert » et de « lutter contre le réchauffement climatique », l’établissement public indique avoir planté 400 arbres en 2025 et poursuivre la construction de pistes cyclables. La présidente insiste sur l’emploi de matériaux bas carbone et a rappelé une nouvelle fois le projet du parc des Aygalades, ainsi que l’ajout de 2 hectares supplémentaires au parc Bougainville, pour 2027.

  • [Entretien] Patrice Mounier : « Il faut créer un permis d’entreprendre »

    [Entretien] Patrice Mounier : « Il faut créer un permis d’entreprendre »

    La Marseillaise : Votre organisation a évoqué plusieurs mesures à prendre dans votre secteur. Quelles sont celles qu’il faut prioriser en Vaucluse ?

    Patrice Mounier : Quand on voit l’activité qu’il y a les mercredis au tribunal de commerce d’Avignon, il faut absolument créer ce permis d’entreprendre. Il faut que ceux qui se lancent dans un commerce ou la restauration sachent au moins ce qu’est une marge brute, tout simplement qu’ils puissent tenir leur comptabilité. Ce sont des choses qui nous remontent quand on organise des formations et on se rend compte du niveau très faible sur ces sujets de nos stagiaires. Il y a des petites avancées comme les permis des gens qui rachètent des bars, car le système de l’alcool est le fléau numéro un en France. Nous souhaitons aussi la mise en place du titre d’artisan restaurateur. Celui qui l’aura sera dans l’obligation de faire du fait maison, ce qui est un gage de qualité.

    Vous évoquez aussi la question de la défiscalisation des pourboires payés en carte bleue. Qu’en est-il ?

    P.M. : On remue ciel et terre pour que cela reste défiscalisé. Cela devait être mis en place en ce début d’année, mais il est possible que cela soit prolongé jusqu’en 2028.

    Qu’est-ce que vous entendez quand vous parlez de lutte contre prolifération de l’offre paracommerciale ?

    P.M. : On rencontre beaucoup de difficultés sur ce sujet. C’est vrai que nos territoires ont besoin de bouger, avec par exemple les fêtes votives ou quand se tient un marché gourmand, comme on en retrouve un peu partout dans les villes et villages, les gens s’y rendent mais ne vont souvent pas dans les restaurants qui se trouvent juste derrière. Il faudrait aussi plus contrôler les soirées dans les domaines viticoles. On a comptabilisé 387 soirées en Vaucluse en 2025. Ils ne sont censés vendre que leur propre production, mais on voit parfois de la vente d’alcool fort ou de nourriture pour lesquels il faut d’autres autorisations.

    Enfin, il y a aussi la question des saisonniers. Qu’en est-il sur le Vaucluse ?

    P.M. : C’est vrai qu’on a des problèmes car il ne reste plus de chambres dans le département en saison estivale, même dans les villages. On veut essayer de chercher, par exemple, des hôtels qui ne marchent plus et d’en faire des logements de saisonniers. Le seul problème, c’est qu’on ne sait pas vraiment s’il y en a tant que ça. Lorsque l’on fait une enquête, on n’a pas beaucoup de réponses. On voit, en Bretagne, la mise en place de logements dans des champs pour répondre à la demande, mais cette demande ne nous remonte pas vraiment. On avait essayé de mettre en place en juillet-août des prix canons sur des chambres, mais on avait eu très peu de réponses.

  • Les salariés d’Alinea expriment colère et inquiétude samedi devant le magasin

    Les salariés d’Alinea expriment colère et inquiétude samedi devant le magasin

    Les salariés de l’enseigne d’ameublement et de décoration Alinea sont inquiets, et à juste titre.

    Selon les différentes offres de reprise de l’enseigne Alinea, propriété de la société Néomarché en redressement judiciaire depuis le 20 novembre dernier : 148 personnes, sur 249 à Aubagne, dont 59 au magasin et 89 au siège de Napollon, perdraient leur emploi… La « meilleure » offre de reprise « sauverait » 575 des 1 172 salariés au niveau national… La nouvelle a été reçue comme un coup de massue. La « reprise se ferait avec moins d’emplois, moins d’expertise, moins d’accompagnement, et une pression accrue sur les équipes restantes », dénoncent des salariés dans un communiqué non signé appelant au rassemblement ce samedi devant le magasin. « Depuis des années, les salariés travaillent avec une épée de Damocles au-dessus de la tête, décrivent-ils : incertitudes, reports, annonces contradictoires… Aujourd’hui, beaucoup ressentent un paradoxe douloureux : le soulagement que cette attente cesse mais aussi la colère face à un traitement indigne au regard de l’investissement consenti. »

    Et de rentrer dans le vif du sujet : « Quand un grand groupe lié à la plus grande fortune de France annonce qu’il ne peut faire mieux que 5 000 euros par salarié, peut-on encore parler de responsabilité sociale ? », souhaitent-ils questionner publiquement . « Derrière les chiffres, il y a des hommes et des femmes, des familles, des parcours de territoires entiers fragilisés », lancent-ils.

    Négociations en cours

    Rien n’avait véritablement filtré, ce vendredi, des premières heures négociations entre les syndicats CFE-CGC, SEGA, FO, CFTC, et CFDT et la direction, à propos de l’accompagnement des personnes licenciées. Alinea, enseigne créée en 1989 à Avignon, est la propriété de la famille Mulliez. Les propositions de reprises ont été jugées « catastrophiques » par les salariés, selon les mots de Sébastien Laisne, délégué syndical CFDT et salarié du siège social situé dans la zone Napollon, et cité par nos confrères de La Provence. « Des six ou sept offres présentées au tribunal, une seule prévoit la reprise d’une partie des magasins et d’une partie des services centraux », précisait-il, cette semaine. Pour dire.

  • L’agrandissement d’Airbus va transformer le territoire

    L’agrandissement d’Airbus va transformer le territoire

    Dans les immenses hangars de l’usine Airbus Helicopters, les tout derniers engins H160 sont sur leurs chaînes de fabrication. Dans deux à trois ans, il y en aura un tiers en plus.

    C’est en tout cas le défi que s’est lancé Airbus, démarrant par la construction d’une nouvelle usine sur le site de Marignane. Vendredi, les ministres du transport Philippe Tabarot (LR) et Sébastien Martin (LR) sont venus sur place pour inaugurer le chantier d’un futur bâtiment de 31 000m². À l’intérieur, NextGen factory, cœur « de fabrication des rotors et transmissions, des pièces critiques nécessitant une fiabilité parfaite », détaille Laurent Mazoué, responsable du projet. « Nous allons entièrement informatiser le système de production, avec des machines de dernière génération et une logistique automatique », développe-t-il. 600 millions d’euros sont mis sur la table par le constructeur à cet effet, dont 25 millions d’aides de l’État au titre de France 2030. La création de 1 700 nouveaux emplois est à la clé pour supporter un accroissement d’activité de près de 40% selon le constructeur.

    Faire face à la croissance

    La raison de cette montée en cadence est simple. « Le marché mondial est en croissance constante », explique Bruno Even, PDG d’Airbus Helicopters lors du temps officiel. L’entreprise est « numéro un mondial, en tête du marché militaire », selon le dirigeant, revendiquant « un carnet de commandes de 544 hélicos ». Mais « notre site est vieillissant saturé et enclavé », poursuit Bruno Even, et c’est pour cela qu’Airbus « déploie une stratégie d’envergure pour améliorer sa compétitivité » avec le pacte territorial « Sud avenir hélico » regroupant État, Région, Métropole et les Villes de Vitrolles et Marignane. « Un environnement stable est la seule condition pour rester ici et être plus performant. Si on ne réussit pas la croissance sera captée par les concurrents », conclut-il.

    L’enjeu de ce pacte est de créer les conditions d’accueil nécessaires à la vie et surtout au transport des salariés, actuels comme nouveaux. « Il ne peut pas y avoir de développement industriel sans infrastructures de transport » relève à ce titre le ministre de l’Industrie Sébastien Martin. Le ministre des Transports Philippe Tabarot appuie : « Le pacte va au-delà de l’outil de production, il s’inscrit dans un projet de transformation territoriale. » « Une usine est performante quand les salariés peuvent s’y rendre facilement, dans des conditions acceptables. L’amélioration de la desserte des transports en commun, l’optimisation des liaisons intermodales et le développement du covoiturage doivent répondre aux besoins » des 12 500 salariés du site selon le ministre. « Quelle frustration quand 1 emploi sur 3 est refusé pour des questions de mobilité », conclut-il.

    En marge de la signature du pacte, Philippe Tabarot affirme que l’État va « accélérer la logistique d’infrastructures » de transport de passagers et de fret, ferroviaire comme routier, prenant l’exemple des contournements de Martigues – Port-de-Bouc et Fos-Salon.

    Académie de l’hélicoptère

    En parallèle du volet industriel et mobilité, un nouveau centre de formation baptisé « académie de l’hélicoptère » a été annoncé pour 2030 sur le site Cap Horizon, à Vitrolles. L’ambition est de former d’ici 5 700 travailleurs dans la filière d’ici 2032, « un signal fort adressé à la jeunesse » selon Philippe Tabarot. 9,5 millions d’euros y ont été consacrés avec le programme France 2030.

    « Les transports doivent répondre aux besoins »

  • Le transport fluvial entre Fos et Lyon se renforce

    Le transport fluvial entre Fos et Lyon se renforce

    Axe majeur pour le développement du Grand Port maritime de Marseille, la liaison MeRS (Méditerranée-Rhône-Saône) bénéficie de plusieurs annonces d’investissements inédits, ce vendredi. Et ce, à la suite d’un déplacement du ministre des Transports, Philippe Tabarot, et du président-directeur général, de la CMA CGM, Rodolphe Saadé, à Lyon, la veille. Et son entreprise montre les muscles avec « le lancement d’un projet de barge fluviale électrique et hybride sur l’axe Fos-Lyon ». Un navire « durable » de 185 mètres de long et d’une capacité de 156 EVP [équivalent vingt pieds, unité de mesure de volume de conteneurs]. La mise en service de la barge est « prévue à l’horizon 2028 » et implique « la création de stations de recharge dédiées le long du Rhône ».

    40 millions pour

    un terminal

    L’entreprise annonce aussi « investissement de 40 millions d’euros » pour moderniser les installations du Lyon Rhône Terminal (LRT). Si les travaux « seront lancés dès cette année », l’horizon est fixé à 2030 cette fois et dans l’objectif de « doubler les volumes fluviaux et ferroviaires ».

    D’un autre côté, le port de Marseille-Fos, la compagnie nationale du Rhône (CNR) et les voies navigables de France (VNF) s’associent pour le lancement d’un « nouveau dispositif d’aide pour soutenir le transport fluvial de conteneurs entre Fos et Lyon ». Le tout, afin de participer à la régularité des flux sur le fleuve puisque les financements entendent « aider les opérateurs fluviaux à maintenir leurs services même en cas d’aléas ». Le port et la CNR participent à hauteur de 100 000 euros chacun quand les VNF mettent 50 000 euros sur la table. Concrètement, le dispositif « repose sur une aide forfaitaire et un suivi mensuel ».

  • Les offres de reprise d’Alinea sabrent dans les effectifs

    Les offres de reprise d’Alinea sabrent dans les effectifs

    Une énorme claque. Alors que la société Néomarché, maison-mère de l’enseigne de décoration et mobilier, est en redressement judiciaire depuis le 20 novembre dernier, les repreneurs potentiels avaient jusqu’au 26 janvier pour faire connaître leur offre auprès du tribunal des affaires économiques de Marseille. Sur les 6 à 7 offres reçues, le repreneur le mieux disant « ne reprendrait que 575 salariés sur les 1 172 au niveau national », observe une salariée, qui souhaite garder l’anonymat. Ce promoteur immobilier « a fait la proposition de reprendre plusieurs magasins, dont une partie du siège social de Napollon », indique-t-elle. Sur les 184 salariés de Napollon, 89 perdraient leur emploi… La météo sociale est tout aussi sombre pour le magasin Alinea de la zone des Paluds à Aubagne. Une autre offre, détaille la salariée, celle de Centrakor, du groupe Cargo, également propriété (comme Alinea, Kiabi, Norauto, Midas…) de la richissime famille Mulliez « voudrait n’occuper qu’un étage du magasin, et ne reprendre que six salariés sur les 65 actuels… Encore faudrait-il que le bailleur accepte ». Les repreneurs ont jusqu’au 2 mars pour améliorer leur offre.

    Round social

    Pour les organisations syndicales, une autre bataille commence. Le 19 février est la date butoir fixée pour négocier, avec la direction, les mesures d’accompagnement de ce plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). Et le premier round, auxquels participent les syndicats CGC-CFE-Sega, FO, CFTC, CFDT débute dès ce vendredi. « On va se mobiliser pour obtenir quelque chose de décent, honnête par rapport à l’investissement qu’a eu chaque salarié. Certains ont plus de 40, 50 ou même 60 ans, cela va être compliqué pour eux de retrouver du travail. La conjoncture économique est compliquée, le coût de la vie a augmenté », plaide la salariée. Alors que la direction doit présenter aux organisations syndicales ce vendredi 6 février « son enveloppe, avec par exemple le budget de départs anticipés à la retraite, les mesures supra-légales ; si ce n’est pas raisonnable, on ne pourra pas accepter l’inacceptable. Et il faudra absolument maintenir le mouvement de mobilisation prévu samedi à Aubagne ». Dans un climat pesant, la direction fait en effet pression sur syndicats et salariés pour que celle-ci n’ait pas lieu, « pour ne pas nuire à la reprise », évoquerait-elle. Contactée depuis mercredi, elle n’a jamais répondu à nos sollicitations. Pour la salariée interrogée, Alinea aurait fait de « mauvais choix », et n’aurait pas su s’adapter aux nouveaux modes de consommation, mais aussi au pouvoir d’achat, en baisse, des clients.

  • Un appel à projets pour décarboner le maritime

    Un appel à projets pour décarboner le maritime

    Deux ministres qui jettent l’ancre ce jeudi à Marseille mais pour des annonces aux airs de goutte d’eau dans l’océan. Au salon Euromaritime qui se déroule au parc Chanot depuis mardi dernier, Catherine Chabaud, ministre de la Mer et de la Pêche et Sébastien Martin, ministre délégué à l’Industrie étaient particulièrement attendus pour officialiser un soutien au secteur. « Ça y est, on a un budget ! Et on a inscrit la décarbonation du secteur maritime dans celui-ci via la déclinaison nationale d’un appel à projets », lance Catherine Chabaud, avec un grand sourire devant le gratin des acteurs et industriels locaux (lire notre article du 05/02). Un soutien ou une redistribution ? « Il va y avoir un fléchage de la taxe carbone pour le maritime, qu’on appelle les ETS [système d’échange de quotas d’émission carbone auquel est soumis le secteur depuis 2024, Ndlr] pour soutenir la filière industrielle dans sa décarbonation. »

    Cet appel à projets sur l’ensemble du territoire sera lancé « d’ici fin mars avec le ministère des Transports » et « opéré par l’Ademe [Agence de la transition écologique, Ndlr] ». Il porte sur « trois thématiques : le déploiement de technologies de décarbonation à bord des navires, le soutien aux chantiers navals pour les flottes et le financement d’infrastructures portuaires ». Un sujet qui pourrait paraître technique pour les marins d’eau douce mais qui va avoir une forme très terre à terre. « C’est 70 millions pour financer des projets très concrets : acquisition de navires à propulsion décarbonée, développement de la filière vélique ou décarbonation des infrastructures portuaires », résume le ministre délégué à l’Industrie. « On ne fait pas de cadeau au secteur, on soutient une dynamique. Il y a une concurrence internationale », précise la ministre. Le tout, avec le traditionnel arrivage d’aides et crédits divers et variés puisque Catherine Chabaud annonce aussi « la mobilisation de garanties de projets stratégiques jusqu’à 20 millions d’euros et le renforcement des financements mobilisables via un dispositif de certificats d’économie d’énergie ».

    « Les meilleurs gagneront »

    De quoi mettre du vent dans les voiles des acteurs du maritime ? « C’est une très bonne nouvelle pour la filière, on travaille depuis un an avec l’administration pour mettre en place ce dispositif. Union des ports français, le Gican [Groupement des Activités Navales, Ndlr] et armateurs sont ensemble sur le sujet », se réjouit Laurent Martens, délégué général d’Armateur de France, organisation professionnelle regroupant les entreprises armatrices. Avant de nuancer : « Mais c’est un peu normal : on paie une taxe pour décarboner, on doit t’aider à décarboner… Et il était prévu initialement qu’une partie des ETS reviennent au secteur. »

    La mesure est amenée à être reconduite sur les années selon la ministre de la Mer. « 70 millions, c’est pas beaucoup. On est sur 90 millions au total avec le reste et ça va augmenter avec les années », espère-t-il. Détail d’importance : qui dit appel à projets dit candidats, lauréats mais aussi projets non retenus… « Les meilleurs gagneront », conclut Laurent Martens, par ailleurs ancien de la CMA CGM, premier armateur français et employeur privé de Marseille. Reste que l’idée du gouvernement est « d’irriguer toute la filière ». Jakob Sidenius, directeur général de Seayard Terminal Fos se disait justement « demandeur d’une feuille de route » notamment sur la question de l’électricité dans les ports. « Les besoins sont énormes, il y a une nécessité d’investir dans les infrastructures », plaide-t-il, en faisant référence à la ligne Très Haute Tension en projet, qui doit arriver à Fos. Et in fine du coût de l’électricité. « Il y a des pistes de financements : les ETS et l’Europe. Si on veut que notre produit soit attractif, mais qu’on a pas les aides ni les ETS, on aura beau se regarder avec les autorités portuaires… », laisse-t-il en suspend. Et de prévenir : « L’électricité sera un élément décisionnel pour faire venir les navires. »