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  • L’enfance, un enjeu majeur lors d’une séance mineure

    L’enfance, un enjeu majeur lors d’une séance mineure

    Ce vendredi en ouverture de la séance plénière, la présidente LR du Département Dominique Santoni a appelé l’assemblée départementale à « donner une toute image et débattre de manière respectueuse et collective, loin du spectrale affligeant de la scène politique nationale ». Message entendu, il est vrai grâce à un ordre du jour sans dossier explosif. Les élus ont expédié les 34 rapports en une heure et quart.

    En attendant plus de débat le 21 novembre lors d’une séance consacrée au rapport d’orientations budgétaires, la question de la protection de l’enfance a été le cœur des discussions. Le vote d’un plan d’actions 2025-2027 conjoint avec l’État a permis à la gauche de rebondir sur le sujet brûlant du centre départemental enfance famille (CDEF), dont deux services vont faire l’objet d’une transformation (notre édition du 19 septembre). « Si on doit passer à une autre gestion à cause d’une décision de justice [un arrêt de la cour de cassation met fin au SAPSAD, service d’accueil de protection, de soutien et d’accompagnement à domicile], il est normal que ça suscite des inquiétudes pour les agents », interpelle Sophie Rigaut (PS), présidente du groupe Pour un Vaucluse solidaire et écologique, se posant en appui de la présidente « pour rassurer, prendre le temps de réfléchir et de travailler avec vous ».

    Une « opacité »

    à « désamorcer »

    Un message loin d’être anodin. Car le flou entoure ce complexe dossier, où même les conseillers départementaux siégeant au sein du conseil d’administration (CA) du CDEF n’ont pas toutes les données. « On ne veut pas se retrouver informé en CA d’une situation à laquelle nous n’étions pas avisés, c’est inconfortable », déplore Annick Dubois, élue PS. Le 18 septembre dernier, à l’appel de la CGT, plus d’une centaine de personnes s’étaient réunies pour s’opposer à la fermeture ou réorganisation du SAPSAD et du centre maternel.

    Depuis, les agents demeurent dans le brouillard. Ce vendredi, en amont de la séance, le syndicat CGT des personnels du Conseil départemental a de nouveau déployé un barnum revendicatif, en présence d’agents du CDEF. « Ce n’est plus possible d’agir dans l’opacité alors qu’on parle de service public envers une population fragile », dénonce Amandine Laugier, secrétaire CGT au Département. Dans l’hémicycle, Dominique Santoni temporise et renvoie à une « réflexion » plus large sur le CDEF. « Mais rien n’est avancé, on mènera ensemble cette réflexion », assure la présidente.

    « Je désamorce, il n’y a aucune inquiétude à avoir », insiste-t-elle. Rémy Blanc (PCF) tente d’obtenir plus de détails : « Est-ce que l’équipe du SAPSAD peut candidater à sa propre succession et si elle n’est pas retenue, nous serions une nouvelle fois confrontés à la perte d’un service public qui fonctionne 7 jours sur 7 et 24h24 », questionne-t-il. « On est bien trop en amont », renvoie Dominique Santoni demandant « à ne pas agiter de torchons ». En creux, la gauche redoute que la protection de l’enfance soit victime de contraintes budgétaires et qu’on « se retrouve devant le fait accompli comme lors de la fermeture du labo [départemental d’analyses fermé l’an dernier] », prévient Rémy Blanc.

  • [Rue de la République] Marc Pena : « Emmanuel Macron imagine une République sans le peuple »

    La situation politique

    Didier Gesualdi : M. le professeur de Droit, puisque c’est votre profession d’origine, quelle confusion politique ! Comment continuer à intéresser les Français à la chose publique ?
    Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on vit une crise politique grave qui peut déboucher sur une crise de régime. Ce n’est pas rien. Puisque vous parlez de ma profession de juriste, Emmanuel Macron a réuni ce vendredi les formations politiques, hormis le RN et LFI, or dans la Constitution l’article 20 nous dit que c’est le Premier ministre qui forme le gouvernement qu’il propose au président de la République. Ce n’est donc pas son rôle. Il y a de la confusion. Ce qui m’inquiète, c’est qu’en définitive, les citoyens ne comprennent plus rien. Il y a des problèmes de pouvoir d’achat, des difficultés à finir les fins de mois, 10 millions de pauvres dans ce pays… Et pendant ce temps, ils ont le sentiment d’une classe politique qui se chamaille pour des places. C’est plus complexe que ça mais il est évident que le pouvoir exécutif ne prend pas ses responsabilités, ne joue pas son rôle et imagine une République sans le peuple. Nous sommes là pour rappeler que les parlementaires, qui sont les représentants du peuple, sont bien là et doivent trouver la solution politique.

    Didier Gesualdi : Autrement dit toute l’addition est à présenter à Emmanuel Macron et à lui seul ?
    Il a fait son œuvre. C’est pour ça qu’il est aussi faible dans les sondages. Il s’entête à vouloir poursuivre la même politique, alors qu’elle a été désavouée plusieurs fois, que trois Premier ministres ont échoué, l’instabilité vient d’abord du cœur du pouvoir, d’Emmanuel Macron en particulier.

    Léo Purguette : Si Emmanuel Macron porte toute la responsabilité de la crise, doit-il partir ?
    Non. Pas par rapport à lui mais par rapport à l’institution. Il faut faire très attention aux institutions. On peut être d’accord ou pas. La fonction présidentielle est pivot. Pensez à une destitution improbable ou une démission me paraît dangereux pour la suite. Maintenant, la démission lui appartient. C’est à lui de voir.

    La Ve république

    Léo Purguette : L’hyper-présidence et des dispositions comme le 49.3 ont asphyxié la vie démocratique. Faut-il s’engager vers une VIe République ?
    Je n’ai jamais été favorable à ces institutions qui ont été faites pour un homme, le général De Gaulle, dans des circonstances exceptionnelles. L’équilibre dans cette République est largement en faveur de l’exécutif, parfois est une monarchie républicaine, et on a un Parlement, la plupart du temps, qui suit la direction du chef de l’État et donc une seule élection décide de tout. Il a vraiment des questions à se poser sur – au moins – une réforme de ces institutions. En même temps, ce sont les hommes et les femmes qui font vivre les institutions et nous avons un problème aussi de ce côté-là.

    Didier Gesualdi : D’autres pays connaissent un champ politique éclaté mais fonctionnent. On n’arrive pas à trouver des compromis en France ?
    C’est aussi dû aux institutions qu’on vient de décrire. Le chef de l’État devait avoir une majorité confortable, stable, à travers le scrutin majoritaire. Il y a eu des discussions sur la proportionnelle. Pour un véritable changement de régime, ce n’est pas le seul élément mais c’est un élément. Il faut réfléchir aux modalités, ce n’est pas pareil une proportionnelle intégrale et une proportionnelle à l’allemande, mais si on demandait aux Français de revoter, il se pourrait qu’ils élisent à nouveau trois blocs.

    Léo Purguette : Si on leur demande de revoter, êtes-vous prêt ?
    Nous, on est prêt à aller devant les Français. On ne pense pas que la dissolution soit la première solution mais on n’a jamais peur d’y aller. À nouveau, on se rassemblerait, on se mobiliserait pour éviter d’abord et avant tout l’extrême droite au pouvoir. C’est d’abord l’union de la gauche qui l’a empêché il y a un an et ensuite, le front républicain.

    Les lignes rouges

    Didier Gesualdi : Chacun a des lignes rouges mais personne ne semble se rendre compte qu’il n’a pas la majorité.
    Il y a trois blocs politiques mais 11 groupes à l’Assemblée nationale, donc il faut que chacun soit humble. Maintenant ce n’est pas parce qu’on est humble qu’on n’est pas capable de proposer, en tant que parlementaire, ce que l’on croit bon pour le pays. Je vais parler au nom du Parti socialiste : pendant que M. Macron veut se perpétuer, pendant que les Premiers ministres tombent les uns après les autres, nous, on fait des propositions pour la vie des Français, on ne reste pas les bras croisés. C’est ça un parti politique, ce n’est pas jouer les places.

    Léo Purguette : Sébastien Lecornu a reconnu que le dossier des retraites était « bloquant », Elisabeth Borne se dit ouverte à suspendre sa propre réforme. Qu’est-ce que ça dit de la situation du bloc central ? Il est en déshérence ?
    Je vais aller plus loin : il n’est plus un bloc et il n’est plus central dans la vie politique. On a des gens qui s’affolent aussi, qui se rendent compte de la réalité. Quand sur un totem comme celui-ci, la réforme des retraites, qui est la seule réforme structurelle d’Emmanuel Macron, celle qui l’a porté est capable de l’abandonner en chemin, c’est bien que ce bloc n’est plus en capacité de gouverner. Notre rôle est d’obtenir le plus possible pour le budget à venir.

    La fonction de maire

    Didier Gesualdi : Dans un contexte de crise généralisée de la politique, le lien est-il rompu aussi entre les maires et la population ?
    Je ne le crois pas. Il y a une crise de vocation des maires devant les difficultés et l’isolement qui est parfois le leur. La commune a été maltraitée dans le paysage institutionnel local. Elle devrait pouvoir retrouver plus d’autonomie, de capacité de faire. Elle est indispensable dans un certain nombre de domaines. Je crois que les Français continuent de s’identifier à leur maire. Les municipales sont une élection très importante, je crois même que la démocratie se recoudra, se reconstituera à partir du local. C’est notre histoire depuis 1789. J’en suis persuadé. Il faut pour cela, non pas des mairies d’autocrates qui se perpétuent au pouvoir mais des mairies qui ouvrent l’espace aux citoyens, où la proximité est la chose la plus importante. Ça doit permettre de proposer une autre perspective que le spectacle que l’on a au plan national.

    Les municipales

    Léo Purguette : En tant que chef de file de l’opposition de gauche à Aix, vous êtes pressenti pour conduire une liste d’union. La gauche a été en tête dans la commune aux législatives, Aix peut-elle basculer ?
    Je suis persuadé que c’est possible. Si nous sommes en capacité d’être unis, rassemblés, capables de porter un projet alternatif à celui qui est en place depuis 25 ans, cela est même, d’une certaine manière à portée de main. Si je m’engage dans cette campagne, ce n’est pas pour faire un tour de piste et témoigner ou penser, comme certains, qu’Aix serait une ville de privilégiés, immanquablement à droite… L’histoire a prouvé qu’il était possible de faire différemment à Aix-en-Provence. Les Joissains ont quand même 25 ans de pouvoir au compteur, ça use. Je suis convaincu que nous serons la seule alternative.

    Didier Gesualdi : Comment définiriez-vous ce pouvoir ? Autocratique ?
    Oui, quand vous avez eu le père, la femme et la fille, on a là une dynastie qui n’a rien à voir avec la République.

    Didier Gesualdi : Les Aixois ont voté quand même…
    Oui, enfin Sophie Joissains, n’a pas été élue directement. Elle n’est pas la seule dans le département mais c’est sa mère qui a conduit la liste. Elle n’est arrivée qu’après donc il y a un problème de légitimité. Je suis convaincu que les Aixois ont besoin d’une autre perspective. Cette ville qui a l’air d’aller bien quand on y va juste pour faire les courses ou manger au restaurant, est une ville chahutée, en difficultés par bien des aspects.

    Léo Purguette : Avec qui entendez-vous gagner ? Les difficultés de la gauche au plan national existent aussi localement ?
    Au plan local, comme national, LFI s’est mise de côté. Toutes les autres formations de gauche peuvent le dire, ce sont les insoumis qui se sont mis eux-mêmes de côté et qui, cette fois-ci, n’ont pas voulu l’union. C’est un constat que nous faisons mais on a un arc de forces très riche et très divers. Vous avez des gens de l’Après jusqu’à Place publique qui font partie de notre coalition, c’est un éventail large qui est proposé. Une gauche qui devient le centre de la vie politique aixoise. C’est autour de cela que nous travaillons à une liste représentative, pas seulement des partis mais aussi de la diversité citoyenne d’Aix-en-Provence.

    Le risque RN

    Didier Gesualdi : Le RN est très haut dans les sondages. Pourquoi est-ce pour vous un risque pour la France ? Après tout, certains disent qu’on ne l’a jamais essayé.
    On les a essayés dans l’histoire, dans les périodes les plus sombres. Le RN reste un parti profondément d’extrême droite. On a d’ailleurs une internationale d’extrême droite qui se constitue avec des régimes comme ceux de M. Orban, Mme Meloni ou M. Trump.

    Didier Gesualdi : Ça parle aux Français ça ?
    Le RN, que propose-t-il ? Notamment de revenir sur l’Aide médicale d’État au nom de la lutte contre l’immigration. Il ne va accroître que la précarité. C’est un parti qui discrimine constamment pour asseoir une politique qu’il présente comme sociale mais qui ne l’est jamais. Le RN n’a jamais été au rendez-vous des manifestations du monde du travail ni des propositions que nous avons pu faire en matière d’amélioration de la vie des Français. Il reste un parti dangereux

    Didier Gesualdi : Ça surprend qu’il n’y ait pas d’incidence des décisions de justice concernant Marine Le Pen sur le vote RN ?
    Non, c’est un vote structurel qui s’inscrit dans une crise européenne et mondiale.

    La gauche

    Léo Purguette : La gauche aussi est en crise. Il y a un an, elle était unie sans être majoritaire. Aujourd’hui, le contact est-il rompu avec la FI ?
    Il est évident qu’aujourd’hui LFI fait cavalier seul. Mais c’est de leur responsabilité. Les autres partis peuvent ne pas être d’accord sur tout mais nous discutons avec l’Après de François Ruffin, Clémentine Autain, les communistes, les écologistes et les socialistes. Les ponts ne sont pas rompus. Je pense que LFI enjambe toutes les élections en vue de l’élection présidentielle. Ce que les insoumis regardent, ce sont les sondages de Jean-Luc Mélenchon et ils mettent toutes leurs forces dans cette bataille-là, alors même qu’ils prétendent à une VIe République, ils sont dans la culture du chef à 200%. Après, si nous devons retourner aux urnes, nous verrons bien si la gauche dans son ensemble n’a pas la responsabilité très forte de se rassembler. Regardez dans les Bouches-du-Rhône, je suis le seul député non-RN hors Marseille. La gauche laissera-t-elle la main au RN ? Je n’ose y penser un seul instant.

    La question des lecteurs

    Sorf : Que proposez-vous sur les transports et en particulier pour les personnes handicapées qui manquent de mobilité pour pouvoir se déplacer ? C’est très important.
    Les personnes en situation de handicap sont des personnes comme les autres. On le dit constamment. Les choses se sont améliorées mais pas suffisamment, notamment en matière de transports en effet. À Aix, lorsqu’il s’agit du BHNS qu’il m’arrive de prendre et qui est un transport nouveau, les éléments d’accessibilité sont là. Mais en revanche, le réseau de bus aixois géré par Keolis demanderait à être rénové dans le sens de l’accessibilité. Il y a encore beaucoup à faire je crois. Il faut voir cette question de manière plus large. Les discriminations liées au handicap touchent les personnes concernées avec la même violence que les discriminations liées à l’origine, à la classe sociale, à l’orientation sexuelle… Elles doivent toutes disparaître dans notre société, c’est un combat que la gauche doit mener tous les jours. Une personne en situation de handicap qui ne peut pas accéder aux transports en commun est en réalité considérée comme un sous-citoyen. Ce n’est pas acceptable. Et puisque vous êtes lecteur de La Marseillaise, je dois dire que ce journal représente bien cette exigence d’égalité, embrasse bien l’ensemble des problèmes de la société. C’est cela que nous avons à traiter dans une République moderne, dans une démocratie mature. La gauche a la responsabilité de contribuer à émanciper les citoyens.

  • RC Toulon : avec de nombreux blessés, le pack avant en question face à Clermont

    à l’annonce du groupe concocté par Pierre Mignoni pour ce déplacement à Marcel-Michelin, la liste des absents au sein du pack avant toulonnais interpelle : Lucchesi (en phase de reprise), Mezou (doigt), Ivaldi (cervicales), Narmania (problème musculaire) et Gros (repos) manquent à l’appel. Au même titre qu’Hallagahu, opéré avec succès de l’orteil cette semaine. « On a même nettoyé le genou », ajoute Pierre Mignoni, qui affirme également rechercher un joker médical pour pallier son absence : « On fait le maximum avec la cellule de recrutement, mais ce n’est pas évident. » Charles Ollivon (contusion), capable de jouer en 2e ligne, ne pourra pas non plus apporter sa polyvalence.

    Il va donc falloir innover, surtout dans les cinq de devant. Mais pas question de s’alarmer pour le technicien toulonnais : « On est un peu tendu. Mais on n’a fait que quatre matches. J’espère que Corentin Mezou va bientôt revenir. Sur le poste de pilier droit, on est plutôt bien avec le retour de Kyle (Sinckler), car on a Dany Priso qui est une vraie option, qu’on prépare depuis trois mois. Il a montré qu’il était compétitif. Quand tu as en plus Beka Gigashvili et les jeunes, ce n’est pas un sujet. »

    C’en est davantage un en ce qui concerne le talon, où de jeunes joueurs comme Jérémy Toevalu frappent à la porte, mais où les nouvelles sont en revanche peu réjouissantes concernant Mickaël Ivaldi : « On ne prendra pas de risques. C’est un joueur en fin de carrière », pose son entraîneur. Le retour de Gianmarco Lucchesi, « qui pourra éventuellement jouer dans quatre semaines », est attendu et offrira une précieuse cartouche à la première ligne toulonnaise qui ne compte que deux véritables solutions à ce poste (Damond et Baubigny). « C’est un sacré joueur, il sera forcément utile à l’équipe. On essaye de tendre vers un jeu de mouvement, et Gianma remplit toutes ces qualités », se réjouit ce dernier. En attendant, « il faut tenir bon. On est à flux tendu, mais je ne peux rien y faire », avoue Pierre Mignoni. « On s’est bien débrouillé avec la polyvalence de chacun. Mais il va falloir que les blessures s’arrêtent car à un moment donné, on va devoir tout chambouler », prévient Teddy Baubigny.

    Un peu plus bas, en 3e ligne, au rang des joueurs qui auront l’opportunité de se montrer, on attend la promesse Patrick Tuifua après un début de saison un peu compliqué : « Il a joué le premier match, j’attendais plus de lui et il le sait. Il a vraiment un gros potentiel. Ça prend un peu de temps. Le Top 14, changer de club, de nouveaux coéquipiers… Ça fait partie de son apprentissage », tempère Pierre Mignoni, qui n’a pas encore déballé tout son arsenal.

  • Les sciences envahissent la place et l’espace Bargemon

    Une éolienne en papier à la main, des écoliers de primaire quittent, le sourire aux lèvres, la place Bargemon. Derrière eux, un village des sciences, organisé par l’association des Petits débrouillards, a pris place tout autour de la mairie centrale de Marseille, depuis vendredi matin. Réservés vendredi aux scolaires, de la primaire au BTS, les stands montés à l’occasion de la fête nationale de la science ouvrent gratuitement leurs portes au public, ce week-end.

    Reconstitution de crânes, éprouvettes, microscopes et camp de base pour aller sur la Lune ont envahi l’hôtel Puget, la place et l’espace Bargemon jusqu’à dimanche. La soixantaine de stands, tenus par des laboratoires, associations ou entreprises innovantes sont réunis par thématiques. « Il y a d’abord un pôle autour du thème de la fête de cette année, qui est “intelligences”. Il y a des neurosciences, l’étude des intelligences animales ou sur l’intelligence artificielle, explique Lucille Rombi, chargée de mission fête de la science de l’association des Petits débrouillards. Il y a ensuite un pôle environnement, astronomie, mathématiques, santé et sciences sociales. »

    Chaque stand propose des activités différentes et ludiques en rapport à son domaine. La classe de CM1 de l’école de la Corderie (7e) a, par exemple, pu sentir et observer des champignons grâce à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae). « C’était la première fois que je regardais dans un microscope, sourit l’une des écolières. C’était trop cool. »

    « Le but de cet événement organisé par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche est de regrouper autour d’événements des acteurs du monde scientifique et le grand public de façon ludique, explique Lucille Rombi, de l’association de médiation scientifique des Petits débrouillards. Les stands sont faits pour tout le monde : les enfants, avec des espaces pour les tout-petits, mais aussi les adultes. C’est vraiment pour tous les curieux », insiste l’organisatrice. En plus des activités proposées sur les stands, des spectacles et des visites sont prévus, avec des inscriptions sur place. L’espace agora permettra également la tenue de conférences et d’une émission radio.

    L’année dernière, le village des sciences avait réuni environ 10 000 personnes sur les deux jours, à Marseille.

    Plus d’info sur fetedelascience.fr

  • Les petits patrons locaux « épuisés » par l’instabilité

    Souvent, on disait que les crises économiques amenaient les crises politiques. Là, c’est l’inverse qui se produit : cette succession de crise politique amène une crise économique », campe Corinne Innesti, présidente de la CPME 13, ce vendredi dans les locaux de l’Alliance française, à Marseille. Voilà de quoi résumer les grandes lignes de l’enquête « conjoncturelle » que l’organisation patronale présentait, avec plus d’une centaine d’entreprises interrogées en septembre.

    Une enquête qui a donc été menée en amont du « coup de théâtre de lundi », avec la démission de Sébastien Lecornu. Cet événement a « créé encore plus de défiance et d’inquiétudes », selon Corinne Innesti, qui pointe un « ras-le-bol général ». Pour rappel, la CPME représente les très petites entreprises et les petites et moyennes (TPE et PME). L’organisation fait d’ailleurs valoir sa « différence » avec ses homologues du patronat : « On est dans le concret, sur le terrain, la CPME rassemble des entreprises patrimoniales », rappelle Corinne Innesti.

    « Incertitude et défiance »

    Autant dire que les petits entrepreneurs locaux accusent le coup : « Près de 70% signalent une trésorerie dégradée ou en stagnation. » Dans la même lignée, plus d’un tiers des entrepreneurs questionnés affirment que « la marge diminue » pour leur structure, quand plus de 40% évoquent une stagnation. Côté investissement, le tableau n’est pas plus reluisant : 42% expliquent qu’ils ont réduit leur budget dédié. Et 40% font part d’une incertitude directement liée au flou politique du pays puisqu’ils attendent « plus de stabilité avant de prendre une décision ». « L’incertitude et la défiance ressortent dans les témoignages. On est résilient mais jusqu’à quand et à quel prix ? », commente Corinne Innesti.

    Côté sujets de préoccupations, 39% des entrepreneurs pointent « la baisse d’activité » puis « les retards de paiement » à 23%. Pas loin derrière, 19% estiment qu’une nouvelle feuille de route gouvernementale est un sujet de préoccupation, loin devant l’inflation, à 9,5%, ou les questions de recrutement, au même niveau. En résumé, un constat globalement négatif. Mais reste la question de comment répondre à ces préoccupations. Et le petit patronat ne perd pas le nord : « Ce que nous voulons, c’est de la simplification, moins de charges […] que les TPE-PME ne soient pas la variable d’ajustement. » En clair, la CPME demande « un budget pro production, pro entreprise » au prochain gouvernement. « Pas plus tard qu’il y a trois semaines, j’étais à Matignon pour défendre nos idées et nos entreprises. Nous négocions dans les différentes instances », conclut Catherine Guernio, vice-présidente déléguée de la CPME au niveau national.

  • Avec la grève, les marins obtiennent des réponses

    Les syndicats de marins dénonçaient l’arrêt de la liaison opérée par leur compagnie entre Sète et Bejaïa (Algérie) au profit de Grandi Navi Veloci (GNV), compagnie italienne filiale de MSC aux pratiques antisociales. Obtenant des réponses de leur direction, ils ont levé l’ancre, vendredi.

    L’armateur français s’était retiré de la ligne Sète-Béjaïa pour se repositionner sur Marseille. Corsica Linea laissait ainsi « le champ libre à GNV ainsi qu’à Corsica Ferries », dénonçait Frédéric Alpozzo, secrétaire général du syndicat CGT des Marins de Marseille. Ajoutant que « ce repositionnement d’escale à Marseille réduit la fréquence du service public de continuité territoriale entre Marseille et Propriano ». Le syndicat demandait « le maintien annuel de la ligne régulière passagers ».

    Maintien de l’offre

    Soulignant que « cette évolution n’est en aucun cas liée à un choix de l’entreprise », mais qu’elle résultait « d’une décision des autorités algériennes », la direction de Corsica Linea a donné à ses personnels des assurances sur le maintien de l’offre à Sète. Quant à la liaison entre Marseille et la Corse, elle indique que « suite à l’annonce de Corsica Ferries d’ouvrir une ligne en OSP légères en situation de concurrence déloyale, nous maintenons nos trois voyages par semaine entre Marseille et Propriano en DSP ».

    « Tout sera fait pour couvrir la totalité des escales avec Algérie Ferries, et si ce n’est pas le cas, nous y veillerons », a réagi Frédéric Alpozzo, « GNV doit sortir impérativement des lignes à passagers France-Algérie en 2026, il n’y a pas d’alternative ».

  • Le Frioul éteint les lumières pour observer les étoiles

    Une journée pour sensibiliser à la pollution lumineuse et la biodiversité nocturne. C’est l’objectif du « jour de la nuit », organisée au niveau national, depuis 17 ans, par l’association Agir pour l’environnement.

    La ville de Marseille s’en fait le relais et, pour la première fois, toutes les lumières de l’île du Frioul seront éteintes de 18h à 22h, pour permettre aux visiteurs de mieux observer le ciel et ses milliards d’étoiles. « Pour ne pas oublier que la pollution lumineuse impacte aussi la biodiversité marine », explique Christine Juste, élue (EELV) des 6-8 et organisatrice de l’événement.

    C’est cependant en plein jour que les animations débuteront ce samedi. à partir de 14h, de nombreux ateliers auront lieu au muséum d’histoire naturelle pour sensibiliser des petits aux plus grands sur la biodiversité nocturne et les dangers de la pollution lumineuse. Une fois la nuit tombée, différentes balades nocturnes sont prévues pour découvrir chauve souris ou rapaces nocturnes au parc Pastré (8e), Athéna (13e), au col de Sugiton (9e) et autour du muséum (4e). Animée par la Ligue de la protection des oiseaux ou du groupe chiroptères de Provence, ces balades sont gratuites sur réservation.

    Au planétarium du muséum, le documentaire de 20 minutes Le côté obscur de la lumière sera projeté entre 18h30 et 22h30, toutes les demi-heures. Un moyen de découvrir comment les lumières artificielles peuvent perturber les cycles de beaucoup d’organismes vivants : insectes, animaux, plantes et humains. Une façon de rappeler, aussi, les richesses de l’obscurité.

  • Le préfet ordonne la fermeture du centre aéré associatif de la Rouvière

    En raison de « manquements récurrents » dans l’organisation de son centre aéré les mercredis, l’association Union sportive et culturelle de la Rouvière Marseille (USCRM) se voit interdite, par le préfet des Bouches-du-Rhône, d’exercer ses activités de loisirs au sein des écoles maternelle et élémentaire de la Rouvière (9e).

    C’est une mesure rare, exceptionnelle. L’arrêté préfectoral du 7 octobre sonne comme un coup de tonnerre. Les services de l’État justifient cette fermeture « au regard de la gravité et de la récurrence des manquements constatés » et après deux courriers d’injonction non suivis d’effet pour se mettre en conformité avec la réglementation sur l’accueil collectif de mineurs (ACM). Les constats procèdent de cinq contrôles du service départemental de la jeunesse et des sports entre le 22 octobre 2024 et le 1er octobre 2025.

    Sont pointés « le non-respect du taux d’encadrement, l’absence d’une partie des diplômes de l’équipe pédagogique, l’absence de diplôme de la directrice ou de son adjointe, le non-respect des règles de sécurité des locaux, la présence d’individus extérieurs non déclarés au contact des mineurs, l’absence de projet pédagogique ». Parmi les récriminations, le signalement reçu le 14 mai 2025 d’un parent dénonçant « l’unique présence de la directrice pour encadrer une soixantaine d’enfants sans animateur ».

    Interrogée, la Ville de Marseille rappelle qu’elle avait émis « plusieurs alertes et recommandations » à l’égard du centre aéré. Elle indique avoir d’ores et déjà entamé des démarches pour que les enfants soient pris en charge dans des centres aérés alentours, dès mercredi prochain, mais également pour « qu’une autre association puisse assurer la continuité de ce centre aéré à compter de la première semaine des vacances scolaires, en lien avec les services de la CAF 13 et de la Jeunesse et des Sports ». La mairie dit se rapprocher des parents pour les informer de l’évolution de la situation et des mesures mises en place.

    « Les enfants ne sont pas en danger »

    Contacté via son secrétaire général, le président de l’USCRM, Daniel Amar, n’avait pas réagi à l’heure où nous bouclons. Au siège de l’association, 83, boulevard du Redon (9e), c’est un sentiment d’injustice et de colère que nous recueillons auprès d’une bénévole qui veut garder l’anonymat. « Le recrutement des animateurs est un problème que connaissent tous les centres aérés de Marseille. En juin-juillet, On avait tout restructuré et les inspecteurs de la Jeunesse et des Sports nous avaient dit qu’ils nous aideraient et nous soutiendraient. Niveau mairie, nous n’avons eu aucun reproche. Au contraire, la responsable nous a énormément aidés. On avait regardé avec elle les effectifs, les papiers à jour, les dossiers enfants, les fiches d’urgence, le projet pédagogique avec les animations et les emplois du temps, les locaux, l’encadrement, les diplômes des animateurs, le récépissé de la préfecture, les menus du jour, etc. S’il y avait eu le moindre problème, on aurait eu un retour écrit. Là, on sanctionne à tort une nouvelle équipe pour des manquements imputables à l’ancienne en nous fermant du jour au lendemain. »

    La goutte d’eau, c’est le constat du 1er octobre au matin, pourtant moins grave que le signalement parental de mai dernier. Deux inspecteurs de la Jeunesse et des Sports reviennent au centre aéré et constatent qu’il manque deux animateurs. La réglementation exige, pour les maternelles, un animateur pour 8 enfants de 3 à 6 ans et, pour les primaires, un animateur pour 12 enfants de 6 à 11 ans. « Ce mercredi-là, il y avait 4 animateurs, la directrice et son adjointe pour une cinquantaine d’enfants. Il nous manquait deux animateurs. La directrice en remplaçait un, mais les inspecteurs ont estimé que ce n’était pas son rôle. »

    C’est très compliqué, nous assure-t-on, d’avoir le nombre d’animateurs requis disponibles chaque mercredi. « On sait exactement le nombre d’enfants qu’on aura d’un mercredi sur l’autre, mais parfois, un animateur fait défaut au dernier moment. Le 1er octobre, nous n’étions pas arrivés à trouver un animateur au pied levé. Il n’y a eu aucune situation de danger. En aucun cas, nous mettrons des enfants en danger. Nous sommes nous-mêmes des parents. »

  • Marseille veut étendre son attractivité toute l’année

    Si Marseille signe encore une saison touristique exceptionnelle en termes de fréquentation, le contexte économique demeure contraint. Le pouvoir d’achat se contracte avec un panier moyen qui diminue, et Marseille tire son épingle du jeu avec une clientèle principalement française, expose Jean-Pierre Cochet, président de l’Office de Tourisme, des Loisirs et des Congrès de Marseille. au regard de la concurrence des pays comme l’Italie et l’Espagne, les hôteliers n’ont pas hésité à réaligner leurs tarifs, cet été, pour être un peu plus attractifs. Avec succès. »

    Même constat du côté des locations de type Airbnb, où une hausse de 43% des tarifs a été observée entre les étés 2023 et 2025. Non sans humour, Jean-Pierre Cochet suggère « d’atterrir en tenant compte de la réalité du pouvoir d’achat ».

    L’Office mise sur une stratégie plus offensive pour renforcer l’attractivité de la ville. Attirer une clientèle étrangère, notamment coréenne ou chinoise, en dehors de la haute saison, pourrait compenser la baisse de consommation des touristes français.

    « L’attrait du tourisme pour les produits Fabriqué à Marseille est très important. En choisissant de mettre à l’honneur ses talents locaux, la foire a été témoin de ce succès. ça nous conforte pour l’attractivité de la ville, mais c’est aussi générateur d’emplois locaux », détaille Maxime Tissot, directeur général de l’Office de Tourisme et des Congrès de Marseille.

    La filière représente 25 000 emplois sur la ville. Allonger la saison ne pourrait qu’amplifier cet impact. « Le tourisme d’affaires va également s’affirmer au Pharo mais aussi au parc Chanot, avec l’arrivée de GL Events », abonde Marc Thépot, président délégué de l’Office. « Ce parc doit devenir un produit de son temps avec la foire, le tourisme d’affaires et les événements ludiques. Cet été, huit concerts ont eu lieu au Vélodrome, attirant 530 000 spectateurs », note Jean-Pierre Cochet.

    Conscients de l’impact des réseaux sociaux, les professionnels misent sur l’image photogénique de Marseille. Mais la vigilance reste de mise face au surtourisme. Le mirage « des croisiéristes qui consomment 100 euros par débarquement », n’a pas fait ses preuves, tandis que la pollution des navires non raccordés à quai et les embouteillages dans les ruelles du Panier suscitent des inquiétudes. Marc Thépot est formel : « Marseille ne doit pas devenir une ville chère, mais une ville durable où on échange, on partage le savoir-vivre Marseillais. »

    Marseilletourisme.com

  • Bientôt un téléphérique pour prendre l’avion

    Recherche maîtrise d’ouvrage pour la réalisation d’un téléphérique entre la gare de Vitrolles et l’aéroport à Marignane… La métropole Aix-Marseille Provence a lancé, ce 1er octobre, un marché pour trouver un prestataire capable de réaliser des études, les travaux, mais aussi la mise en service de ce moyen de transport aérien prévue pour 2030.

    Une ligne d’un petit kilomètre pour trois stations, une positionnée à la gare ferroviaire, une deuxième à proximité d’Airbus Helicopters, au Nord, et une dernière à proximité du terminal 1 de l’aéroport qui « survole la voie express D20, des installations industrielles, la future ZAC de l’aéroport et les parkings », indique le cahier des charges. Car si la gare accueille 73 trains par jour pour 44 destinations en direction de Marseille, Salon, Avignon, Arles ou Montpellier, « elle reste néanmoins trop confidentielle », estime la Métropole. Un problème quand 700 000 voyageurs y transitent, au cœur d’un bassin estimé à 34 000 emplois.

    Une étude de faisabilité réalisée par DCSA Ingénieur Conseil en 2018, également jointe au dossier et que le prestataire devra actualiser, indique par ailleurs que les « transports collectifs connaissent un déficit d’utilisation et d’image », à l’exception de la ligne de bus qui relie Marseille à l’aéroport. Il s’agit donc de connecter le futur téléphérique au réseau de TER, mais aussi au futur Pôle d’échanges multimodal Cap Horizon. Une gare routière de neuf quais de bus avec une ligne à haut niveau de service (Zenibus) prochainement étendue jusqu’à Plan de Campagne et dont les essais ont déjà démarré.

    Parmi les contraintes dont le prestataire devra tenir compte, on trouve aussi la météo avec une forte exposition du site au vent pouvant dépasser les 110 km/h plusieurs fois par an, l’implantation des pylônes, mais aussi leur hauteur pour survoler la voirie.

    Un trajet estimé

    de six minutes

    L’interaction avec les nombreux projets de la zone est également pointée comme un enjeu majeur. Le téléphérique va devoir composer avec un forage pour le réseau de géothermie profonde Marseille-Berre, la valorisation du parking P7 de l’aéroport, la liaison par ascenseur incliné entre la gare et Cap Horizons ou encore l’extension prévue sur le site d’Airbus. Dans son étude, DCSA avait opté pour un système dit « de monocâble en va-et-vient », où les deux véhicules se déplacent à la même vitesse, mais en sens contraire pour atteindre les deux terminus en même temps, à l’image du téléphérique urbain brestois, pour assurer ce trajet de 6 minutes, d’une capacité estimée à quelque 1 000 personnes par heure et par sens, pour un coût d’exploitation de 1,1 million d’euros par an, hors taxe.

    Le coût total du projet est estimé à 43 millions d’euros hors taxe par la Métropole. Cette dernière finançant à hauteur de 22 millions d’euros, la Région Sud, 4 millions, Airbus Helicopters et l’aéroport Marseille Provence, 3 millions chacun. L’État, lui, assure 10,7 millions d’euros. Lors de son deuxième déplacement à Marseille en juillet, le ministre des transports de l’époque, François Rebsamen, avait signé un avenant à la convention cadre du volet mobilité du plan « Marseille en Grand », intégrant cette desserte par câble et doublé la subvention, portant le financement à 500 millions d’euros.

    Le marché s’étend sur 78 mois, les candidats ayant jusqu’au 12 novembre pour se faire connaître.