Category: Accueil

  • [Tribune] Halte au saccage du métro de Marseille ! Marseillaises et Marseillais, sauvegardons notre patrimoine commun

    [Tribune] Halte au saccage du métro de Marseille ! Marseillaises et Marseillais, sauvegardons notre patrimoine commun

    Le saccage a commencé à Saint-Charles en 2023, il s’est poursuivi à la Joliette en 2024, puis à Noailles et Estrangin-Préfecture cette année. Sous couvert de « modernisation », le coûteux programme « Rénov’ Stations » de la RTM et de la métropole Aix-Marseille-Provence efface peu à peu les œuvres qui ornaient depuis près d’un demi-siècle les stations du métro : mosaïques, tôles émaillées et décors originaux cèdent la place à des revêtements uniformes, salissants et sans âme.

    Réalisées entre 1977 et 1986 par des tandems artistes-architectes, les stations du métro de Marseille possédaient une identité forte et colorée, avec des œuvres liées à l’identité et à l’histoire des quartiers desservis. Le plan « Rénov’ Stations », censé « améliorer le confort et la sécurité » des usagers, transforme aujourd’hui ces espaces en lieux aseptisés, interchangeables, où tout se ressemble. Les nouveaux aménagements, mal conçus et fragiles, produisent des espaces illisibles aux ambiances d’hôpital et brouillent les repères des voyageurs.

    Pourtant, ces décors relèvent du patrimoine architectural et artistique du XXᵉ siècle, protégés par le droit français (Code du patrimoine et Code de la propriété intellectuelle), ainsi que par la Convention de Faro, qui reconnaît le droit des citoyens à participer à la valorisation de leur patrimoine. Leur destruction sans concertation bafoue ce double statut et efface une mémoire collective. Certaines œuvres ont purement disparu, comme Les Ports d’Albert Jaubert à la Joliette, évoquant le passé ouvrier et portuaire, remplacée par une photographie du quartier Euroméditerranée, représentant une image lisse et marchandable de la ville.

    Ce chantier illustre la fragilité du regard porté sur le patrimoine marseillais. Dans la plus vieille ville de France, il est dommage que le patrimoine soit si peu considéré et perpétuellement détruit. Alors que les stations Castellane et Désirée-Clary s’apprêtent à subir le même sort, il est urgent d’ouvrir un débat public sur notre métro. Dénonçons collectivement cette modernité rétrograde, et retrouvons l’enthousiasme et l’avant-garde qui faisaient l’essence du métro de Marseille à son inauguration. Le temps est venu de nous rassembler pour construire la suite de l’histoire de notre métro !

    Par Liam McCORLEY et Sandro PISCOPO de l’Université HLM (hors les murs) de marseillologie

    Cosignataires : François AVEROUS (architecte), Alain BARLATIER (documentariste), Pascale BARTOLI (architecte), Joël BARTOLOMEO (artiste), Arthur BATTESTI (architecte), Mariam BENBAKKAR (artiste), Claire BENIT-GBAFFOU (urbaniste), Jean-Daniel BERCLAZ (artiste), Aurore BIZE (artiste), Julien BLAINE (poète), René BORRUEY (historien), Jean-Noël BRET (historien de l’art), Christine BRETON (conservatrice du patrimoine), Guillaume CALAS (architecte), Roland CARTA (architecte), Clément CHAFFAIE (architecte), Jean-Marc CHANCEL (architecte), Julie DE MUER (guide urbaine), Sylvie DENOIX (historienne), Anke DOBERAUER (artiste), Paul DOMELA (curateur), Elisabeth DORIER (géographe), Thierry DUROUSSEAU (architecte), Mary FITZGERALD (journaliste), Anne-Valérie GASC (artiste), Teodoro GILABERT (écrivain), Milan GIRAUD (artiste), Benoît GUILLAUME (illustrateur), Stéphane HERPIN (architecte), Pierre-Alain HUBERT (artiste), Albert JAUBERT (artiste), André JOLLIVET (architecte), Baptiste LANASPEZE (éditeur), Carole LENOBLE (architecte), Sylvain MAESTRAGGI (auteur), Éric MAILLET (artiste), Nicolas MAISETTI (sociologue), Nicolas MÉMAIN (urbaniste), André MÉRIAN (photographe), Gilbert ORSONI (juriste), Matthieu POITEVIN (architecte), Garance POUPON JOYEUX (artiste), Justine PRUVOT (cheffe), Tilman REICHERT (architecte), Rudy RICCIOTTI (architecte), Suzel ROCHE (réalisatrice), Jean RODET (architecte), Sandrine ROLENGO (Déléguée Sites & Monuments Paca), Ana RUBIO (architecte), Jacques SBRIGLIO (architecte), Oliver SALWAY (artiste), Loévan SICARD (architecte), Alexis STEINMAN (journaliste), André STERN (architecte), Bernard TARAZZI (architecte), Paul-Elias TOURNÉ (architecte), Stephan ZAUBITZER (photographe)

    Pour signer la pétition « Stop à la rénovation moche des stations du métro de Marseille ! », c’est ici.

  • [Entretien] Nicolas Da Silva : « La Sécurité sociale est une extraordinaire réussite »

    [Entretien] Nicolas Da Silva : « La Sécurité sociale est une extraordinaire réussite »

    La Marseillaise : Dans quel contexte est créée la Sécurité sociale en 1945 ?

    Nicolas Da Silva : Il y a souvent cette idée que la Sécurité sociale viendrait d’un grand consensus national. Il n’en est rien. Si elle a été créée en 1945 et pas 1938, ce n’est pas parce qu’en 1945 on est plus riche – c’est le contraire – ni parce qu’on est plus intelligent. Ce qui change, c’est le rapport des forces politiques, parce qu’il y a un conflit militaire qui bouleverse l’ordre social. Deuxième élément de contexte important  : dans ce bouleversement de l’ordre social, tout le monde n’est pas d’accord. Il y a déjà une très grande conflictualité sur la Sécurité sociale. De nombreux acteurs sont contre : le patronat – le problème c’est qu’il a beaucoup collaboré, donc forcément sa légitimité est remise en cause -, la CFTC, qui va boycotter la mise en place de la Sécurité sociale ou encore les médecins. On a donc, dès le début, une matrice critique extrêmement contemporaine.

    Quel est l’esprit de la Sociale,
    cette sécurité sociale originelle ?

    N.D.S. : La Sécu crée deux choses. D’abord le régime unique, c’est-à-dire qu’on va rassembler tous ces risques dans une caisse unique qu’on va appeler le régime général. Et ensuite l’idée que plutôt qu’une gestion paternaliste (les caisses sont gérées à l’époque par des patrons, des religieux…), cette fois-ci elles seront gérées en majorité par ceux qui cotisent. Les comités d’administration qui ont le pouvoir de gestion sont ainsi composés aux trois quarts de représentants des salariés. Ce qui change beaucoup de choses, car forcément vous allez pouvoir influencer la politique.

    La position majoritaire des salariés va pourtant être remise en cause…

    N.D.S. : En 1967, les ordonnances Jeanneney imposent la séparation des caisses. C’est la réforme qui donne la Sécu qu’on connaît aujourd’hui, avec les caisses d’allocations familiales d’un côté et de l’autre les caisses de l’assurance maladie et de la vieillesse. Les ordonnances de 1967, c’est aussi l’introduction du paritarisme. Alors que les représentants des salariés, essentiellement ouvriers, étaient majoritaires (75%), on passe à du 50-50 avec le patronat. La parité paraît être de l’égalité, sauf que les patrons ne représentent qu’une partie infime de la population. Pourquoi ils auraient 50% du pouvoir de décision ? C’est très anti-démocratique. Alors qu’on attribue souvent la paternité de la sécurité sociale à Charles de Gaulle, cette réforme de 1967 menée sous son gouvernement, remet précisément en cause les originalités de 1945, à savoir le régime général et la démocratie sociale.

    Ce glissement aboutit à un contrôle complet de la Sécu par l’État…

    N.D.S. : Absolument. Progressivement, à partir de 67, le pouvoir du patronat et des syndicats va reculer. Le plan Juppé parachève l’étatisation de la Sécu, avec des éléments très forts comme la Loi de financement de la sécurité sociale. C’est là qu’on acte symboliquement le transfert de pouvoir d’une démocratie sociale vers la démocratie parlementaire.

    Cela explique-t-il la contestation de plus en plus importante de l’objectif d’universalité de la Sécu ?

    N.D.S. : L’objectif de la sécurité sociale en 1945, c’est : « Chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins », avec l’idée de tendre vers un remboursement intégral. Sauf que progressivement, des forces sociales vont dire : ça coûte trop cher, on ne peut pas. Cela va prendre la forme d’une politique de ciblage, avec des personnes qui seront mieux remboursées (les affections longue durée, les gens qui ne peuvent pas se payer une complémentaire…) Du point de vue de la production, l’un des enjeux de la sécurité sociale est de financer des formes de productions publiques ou para-publiques. Par exemple des médecins sans dépassement d’honoraires, l’hôpital public plutôt que les cliniques privées. Avec le développement de l’étatisation, il y a l’idée que tout ça est un peu indifférent. La sécu va financer les plus performants, indépendamment du fait de savoir s’ils sont publics ou privés.

    Que penser des sempiternelles déclarations sur l’insoutenabilité financière de la Sécurité sociale ?

    N.D.S. : La Sécurité sociale est une extraordinaire réussite. La Sécu d’aujourd’hui est beaucoup plus développée que celle de 1945. On est beaucoup mieux couverts, on a accès à beaucoup plus de soins. Ça fonctionne beaucoup mieux que le passage vers le privé. Il n’y a qu’à regarder vers les États-Unis pour voir que même s’il y a beaucoup à dire, on a un système encore vraiment de haut niveau et pas cher.

    S’agissant de la soutenabilité financière, je trouve que la question est posée de manière très biaisée, déloyale. Depuis sa création, la question du déficit de la Sécurité sociale est posée. Or ces déficits sont toujours instrumentalisés pour culpabiliser les patients autour de l’idée de fraude, dire que la Sécu est trop généreuse, etc. Ce qu’il se passe en réalité, c’est que les besoins augmentent, c’est donc normal que les dépenses en fassent autant. Plus la population vieillit, plus elle est malade. Par ailleurs on soigne mieux les gens, et l’innovation a un coût. Or face à cette augmentation des besoins, il y a une politique délibérée de limitation des ressources via les exonérations ou les exemptions de cotisations sociales. L’évitement des recettes représente quelque chose de l’ordre de 100 milliards d’euros. C’est un choix de politique publique : on fait exprès de se passer de certaines ressources dans le but, nous dit-on, d’améliorer le niveau de l’emploi, en se disant que si les entreprises ont moins à payer pour embaucher, elles embaucheront davantage. Or les nombreuses études sur le sujet montrent que cet effet n’existe pas. Ou de façon infime. Pourtant on continue. Et ça coûte très cher à la Sécu. Parfois l’État fait même pire : il impose à la Sécurité sociale des dépenses sans lui mettre des recettes en face. C’est ce qu’il s’est passé avec le Ségur de la santé (13 milliards par an). Si on considère que les besoins sont légitimes, il faut se poser la question : est-ce qu’on veut les financer par le public ou le privé ? Si on opte pour le privé, dans ce cas-là c’est le marché, qui est très inégalitaire. Il y a ceux qui peuvent payer et les autres. Si en revanche on opte pour le public, il ne faut pas esquiver la question de la hausse des cotisations ou des prélèvements obligatoires quels qu’ils soient.

    Peut-on légitimement s’inquiéter pour l’avenir de la Sécurité sociale ?

    N.D.S. : Oui mais pas parce que le système serait à bout de souffle, pas pour des raisons financières ou démographique qu’on nous serine à tout bout de champ. La sécurité sociale est une institution très moderne, très efficace. L’archaïsme, c’est le marché. S’il y a du souci à se faire pour la Sécurité sociale, c’est pour des raisons d’économie politique : globalement, les classes dirigeantes n’ont pas les mêmes intérêts que le reste de la population et ne feraient pas les réformes qui sont faites si la Sécurité sociale était plus démocratique.

  • Comment s’émanciper d’un rapport de dépendance ?

    Comment s’émanciper d’un rapport de dépendance ?

    Le Conseil d’État, le plus grand juge de l’administration affirme et tient pour acquis le principe suivant : « la personne détenue est en situation d’entière dépendance vis-à-vis de l’administration pénitentiaire » (CE 13 janvier 2017 n°389711, CE 3 juillet 2025, n°496907).

    Ses conditions d’existence dépendent donc entièrement de cette administration, qui se voit confier la charge d’assurer à toute personne dépossédée de sa liberté, des conditions conformes aux prévisions légales. En théorie donc, toute personne détenue, devrait pouvoir bénéficier d’un encellulement seule, de conditions d’hygiène satisfaisantes, et de l’accès à une ou plusieurs activités journalières (travail, école, sport,…).

    Pour le législateur, ces trois fondamentaux permettraient, s’ils étaient effectivement garantis, l’émancipation des personnes détenues, l’évolution de leur rapport à la liberté et de manière plus large, la protection des intérêts de la société.

    Or, selon le ministère de la justice, le taux d’occupation moyen des établissements pénitentiaires est actuellement de 135,9 %, étant précisé que vingt-neuf d’entre eux (sur cent quatre-vingt-huit), sont occupés à 200%. En conséquence de quoi, l’encellulement individuel est devenu impossible, l’accès à l’hygiène dégradé, l’intimité minimale, affectée par la promiscuité permanente, et l’accès aux activités, autrement dit, aux moyens de s’élever, largement compromis. Pour faire respecter leurs droits et contraindre l’administration à la mise en conformité des conditions indignes de détention avec les textes en vigueur, les personnes détenues disposent de plusieurs voies de recours, mais qui se révèlent être in fine, toutes inefficaces.

    En effet, les difficultés relèvent de dysfonctionnements structurels et non seulement conjoncturels. Par conséquent, l’administration pénitentiaire échoue à mettre en place un cadre émancipateur au bénéfice des personnes dont elle a la charge.

    Saisi par l’une d’entre elles, le juge de l’administration pourra ordonner la réparation d’une fenêtre qui ne s’ouvre plus (réparation conjoncturelle), ou condamner l’administration à indemniser le préjudice moral résultant de l’indignité des conditions de détention.

    Le juge judiciaire disposera quant à lui de la possibilité d’ordonner une mesure de réparation, une nouvelle affectation en cellule ou un transfèrement, mais jamais de réparation structurelle, seule à garantir des conditions dignes de détention et permettre l’émancipation des personnes détenues.

    11%, c’est le taux de recours jugés fondés devant le juge judiciaire et aboutissant à une décision favorable.

    En effet, les requérants se heurtent à la difficulté de rapporter ou à faire admettre la preuve de leurs conditions de détention, alors même que celles-ci sont documentées par des institutions telles que la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté, Prison Insider ou l’Observatoire international des prisons.

    Les voies de recours ont pour fonction de rendre un droit effectif, mais comment faire lorsque les voies de recours ne garantissent pas aux personnes détenues, le cadre émancipateur prévu par la loi ?

    Une question ? Besoin d’un conseil ? Contactez nos chroniqueurs par mail

    avocats@lamarseillaise.fr

  • [Entretien] Serge Baroni : « En conjuguant les efforts du journal et de ses amis, on peut aller plus loin ! »

    [Entretien] Serge Baroni : « En conjuguant les efforts du journal et de ses amis, on peut aller plus loin ! »

    La Marseillaise : Pour quelles raisons serez-vous présent ce dimanche au repas populaire des Amis de La Marseillaise dans les Alpes ?

    Serge Baroni : Pour toutes les raisons qui me font apprécier et défendre ce journal là où il est déjà. Je n’y serai pas seul : cinq ou six adhérents des Bouches-du-Rhône m’accompagneront. C’était naturel que des lecteurs, issus d’un département où La Marseillaise était présente historiquement, et qui se mobilisent pour elle, reçoivent notre soutien. On les a encouragés à prendre cette initiative et mieux que ça : on y participera.

    Comment jugez-vous les premiers signaux arrivant de ce territoire ?

    S.B. : Ils sont encourageants. On dépasse les quarante adhérents aux Amis de La Marseillaise qui sont dans le 04 alors que nous n’en avions pas. C’est un bon départ et ça témoigne d’une dynamique plus large puisqu’on a vu se constituer des comités départementaux des Amis de La Marseillaise dans le Var et dans le Gard également.

    « La Marseillaise » reste un journal fragile, croyez-vous qu’elle peut trouver les moyens de se développer ?

    S.B. : Je n’ai pas de boule de cristal mais en conjuguant nos efforts, nous les Amis de La Marseillaise, et ceux du journal qui vient d’emménager dans des locaux rénovés, oui je pense que nous pouvons être très efficaces. Je souhaite que cela aboutisse mais j’ai bien conscience que cela n’est pas sans embûche.

    La fin de l’année approche, c’est le moment où vous lancez traditionnellement une campagne d’adhésions pour l’année suivante…

    S.B. : Oui ! C’est un certain travail mais c’est très utile d’anticiper les campagnes d’adhésions et de réadhésions dès à présent pour démarrer l’année d’un bon pied. Dans une quinzaine de jours, nous serons prêts pour lancer la campagne 2026. Toutes celles et tous ceux qui veulent aider notre journal peuvent le faire de différentes manières : adhérer ou réadhérer aux Amis, verser de l’argent à la souscription dans des proportions qui doivent tenir compte de la défiscalisation à hauteur de 66%…

    Les Amis de La Marseillaise ont aussi décidé d’investir les locaux rénovés de notre journal pour y tenir des initiatives culturelles et financières.

    S.B. : Oui nous proposons d’assister au spectacle « Algéries, retours en musique » le samedi 29 novembre à 16h30. Devant son succès au mois de mars au Casi des cheminots et pour vivre à nouveau un beau moment de partage, nous avons réservé naturellement l’espace « Aux rotatives de La Marseillaise » , superbement accessible, dans l’immeuble historique du journal. Le prix est arrêté à 13 euros minimum. Chacun aura compris qu’il peut donner davantage, de toute façon tout revient au journal le plus chanté de France.

    C’est un symbole, pour vous, de retrouver ces lieux ?

    S.B. : Oh oui ! On a bien fait de bagarrer depuis 15 ans quand même pour refuser que ces locaux pris par les armes ne soient pas abandonnés au tribunal de commerce. L’inauguration m’a fait un plaisir immense. J’avais apporté 200 pin’s « La Marseillaise, c’est mon journal, j’y tiens ! » Il ne m’en est pas resté un seul. Et puis nous sommes très fiers d’avoir contribué à aménager, grâce aux moyens que veulent bien nous donner nos adhérents, cet espace qui permet d’accueillir les événements avec vidéo projecteur laser ultra courte focale ! Et dire qu’il y a un peu plus de dix ans nous avions acheté 200 chaises en plastique, on est monté en gamme ! (rires)

    Pour rejoindre l’association des Amis de La Marseillaise ou renouveler son adhésion, il suffit d’adresser un chèque d’au moins 10 euros libellé au nom des Amis de La Marseillaise à l’adresse suivante : Les Amis de La Marseillaise 84 bis Vieille route de la Gavotte 13170 Les Pennes-Mirabeau, en précisant vos coordonnées.

    Pour donner à La Marseillaise, adressez un chèque libellé à l’ordre de « Presse et pluralisme – La Marseillaise » à
    La Marseillaise 17, cours d’Estienne d’Orves 13001 Marseille (dons défiscalisables à 66%)

    Programme du dimanche 2 novembre

    10h30 : accueil

    11h : Débat « Actualité sociale, municipales, vie associative et culturelle… Pourquoi voulons-nous La Marseillaise dans les Alpes ? »

    12h30 : Apéritif et poursuite des échanges autour d’un repas froid.

    14h : Concert d’un trio de musiciens brésiliens

    16h : Chorale du Drapeau rouge de Manosque

    Participation libre, à partir de 10 euros.

    Inscriptions par mail sur lesamisdelamarseillaise04@ gmail.com

    Maison des associations des Mées, 1 rue Jean-Moulin, Les Mées.

  • Des travaux attendus dans le sous-sol du Grand Théâtre à Aix

    Des travaux attendus dans le sous-sol du Grand Théâtre à Aix

    Le Grand Théâtre de Provence (GTP) devrait faire l’objet de travaux dans ses sous-sols. La Ville d’Aix, propriétaire du lieu culturel, lance un appel aux entreprises pour remplacer et traiter une partie de ses boîtes à ressorts, dispositifs qui permettent d’isoler le bâtiment des vibrations extérieures, installées dans le vide sanitaire du théâtre.

    « Les 20 000 tonnes de descente de charge de la grande salle et de la cage de scène sont suspendues sur un ensemble de 347 boîtes à ressorts disposées pour les protéger des vibrations », décrit la Ville dans un cahier de clauses techniques particulières (CCTP). La raison de ces travaux : un « important sinistre, venu d’eau en alternance a entraîné l’état de dégradation de certaines de ces boîtes à ressorts », indique la Ville dans un cahier de clauses techniques particulières (CCTP). Sur 347 boîtes installées dans le vide sanitaire, 87 sont concernées par le dispositif. 40 boîtes à ressorts doivent être remplacées à l’identique, 47 doivent être traitées contre la corrosion, selon un protocole validé par un fournisseur « selon les recommandations faites par le fournisseur de revêtement anticorrosion », indique le CCTP.

    L’opération se déroulera « en période basse de l’activité du Grand Théâtre de Provence » pour ne pas perturber la programmation culturelle et s’achèvera par un « contrôle final en présence du bureau d’études structure, du bureau de contrôle et du représentant de la commune ».

  • Le combat pour aider les victimes à briser les chaînes de la prostitution

    Le combat pour aider les victimes à briser les chaînes de la prostitution

    « On accompagne des personnes qui sont victimes du système prostitutionnel et on est témoins de leur quotidien », commence Benjamin Nguyen de la délégation du Var du Mouvement du Nid. Il s’agit en immense majorité de femmes, qui sont sous la contrainte, qu’elle soit physique, psychologique ou économique, et le plus souvent en situation de précarité, de misère, de pauvreté.

    Benjamin Nguyen insiste sur la nécessité de tordre le coup à des préjugés tenaces chez les clients, qui refusent de reconnaître leur rôle dans cette exploitation humaine : « On n’entre pas dans la prostitution par choix. » La loi, rappelle-t-il, leur reconnaît depuis 2016 le statut de victimes.

    Pour ce qui est des chiffres, le militant des droits humains fait état de 40 000 à 50 000 victimes de prostitution, en France, dont un tiers de mineurs. D’où l’intérêt de travailler auprès des plus jeunes, dans la prévention, pour démonter ces nombreux stéréotypes tels que : « Elle l’a choisi, elle se fait plein d’argent, elle en sort quand elle veut et elle prend du plaisir. »

    Sur les causes multifactorielles qui vont faire de ces êtres humains des proies vulnérables, on retrouve violences subies durant l’enfance, viols, incestes, maltraitance parentale, abandon, addictions aux drogues, mauvaises rencontres… « à Toulon, on accompagne beaucoup de personnes d’origine africaine qui ont été victimes de traite humaine et qui, pour fuir soit un conflit, soit la misère, se retrouvent sous l’emprise de réseaux », reprend Benjamin Ngyuen.

    « On peut en sortir »

    D’où l’importance d’aller à leur rencontre, sur le terrain et sur internet, pour les écouter et les accompagner, ce qui passe par de l’aide à l’hébergement, à l’accès aux soins ou encore à l’alimentation. Bref, à leur mise en sécurité.

    Avec de belles réussites, comme le montre les témoignages anonymisés bouleversants d’Emma et Nadège (prénoms d’emprunt). Toutes les deux sont en phase d’insertion sociale, c’est-à-dire en formation ou en emploi, mais toujours tenaillées par un sentiment de honte et de culpabilité.

    Elles racontent leur parcours d’Africaines amadouées par de fausses promesses, qui se retrouvent victimes de barbarie et qui, pour survivre, se sont prostituées. Mais qui ont eu la force surtout d’en sortir.

    « Je viens de Côte d’Ivoire. La prostitution, ce n’était pas quelque chose que je voulais au fond de moi, ce n’était pas ça mon projet de vie. Mon objectif était de venir travailler pour pouvoir aider mes parents. Ma mère est malade depuis longtemps », explique Emma.

    Elle décrit sa descente aux enfers. « Une dame m’a proposé de venir au Maroc pour travailler comme femme de ménage, de faire faire mon passeport, payer le billet d’avion… » Elle indique se retrouver séquestrée, réduite à une première forme d’esclavage. Dont elle pense pouvoir se défaire grâce à une nouvelle rencontre : « Il m’a dit qu’il pouvait m’aider pour que je me sorte de là, qu’il connaissait un réseau qui fait passer les gens sur la mer pour venir en Espagne. »

    Mais les abus continuent : sans papiers, à la merci de tous les profiteurs, jusqu’aux réseaux de proxénètes. « Ils te forcent à coucher même quand tu es malade en te disant vraiment des mots blessants. Je me sentais sale, faible, impuissante… »

    Son salut, elle le doit, dit-elle, au Mouvement du Nid : « Jamais je n’aurais cru qu’il existait une association comme celle-là qui pouvait aider les gens. Ils m’ont écoutée, rassurée et m’ont dit que j’étais une bonne personne. Que ça pouvait arriver à n’importe qui. Ça m’a redonné confiance en moi et la force de m’en sortir. » Aujourd’hui, elle travaille et est bénévole pour aider à son tour.

    Nadège, d’origine malienne, était en formation d’aide-soignante dans son pays lorsqu’elle est tombée dans le même engrenage. Pas du tout préparée à vivre le calvaire qu’elle a subi. « Je voulais aller à l’école, réaliser mon rêve. Faire plein de choses dans la vie », explique-t-elle.

    Aujourd’hui, grâce au Mouvement du Nid, elle a obtenu son diplôme, travaille et aspire à devenir infirmière. Elle affirme, dans l’espoir que son témoignage aide d’autres à briser leurs chaînes : « Oui, on peut sortir de la prostitution et devenir un citoyen exemplaire. »


    En savoir plus
     :

    Mouvement du Nid

    Traverse des Capucins, à Toulon.

    Téll. 07.83.02.15.32

    Permanences tous les mercredi de 14h à 16h30.

  • Les autorités traînent à reloger les victimes du 85 bd Viala à Marseille

    Les autorités traînent à reloger les victimes du 85 bd Viala à Marseille

    Confisquée en janvier 2024 par la justice à Gérard Gallas, ancien flic de la Police aux frontières condamné à 4 ans ferme qu’il purge pour soumission aggravée de personnes vulnérables à des conditions d’hébergement indignes, la courée ouvrière du 85 boulevard Viala (15e) reste un sombre bidonville où croupit une trentaine d’habitants dans 20 taudis sur deux niveaux.

    Réseau Hospitalité Marseille alerte sur l’indignité et l’insécurité persistante des conditions de vie des habitants prisonniers dans cet immeuble, désormais propriété de l’État. « On veut qu’ils soient relogés », explique Margot Bonis, chargée de mission Accès aux Droits du Réseau, aux côtés des avocats Aurélien Leroux et Me Clara Merienne. Ils envisagent un référé pour enjoindre l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (AGRSC) à reloger ses occupants. « Comment sortir de cette situation ? Les gens sont coincés ici. Ils en ont marre. Ils ont pris des risques pour témoigner au procès. Ils ont cru à la Justice qui est désormais leur propriétaire. Est-ce que la prochaine étape, c’est d’attaquer l’état ? », interroge-t-elle.

    « Je suis rentré en 2019, porte 18 », dit Adam, 63 ans. Il versait 380 euros par mois pour cette cellule peuplée de punaises de lit, de moisissures. Le robinet cassé se détache de l’évier, les fils électriques sont à nu. Alseny, travailleur guinéen du BTP, est là depuis 5 ans. Des amis refont sa porte d’entrée, car « il y a trois jours, en rentrant, j’ai trouvé un squatteur ». « Si j’ai un récépissé, je peux trouver un bon job et un bon logement. » Festus ouvre son petit logis humide, où il vit depuis 2019 et pour lequel son taulier exigeait 400 euros. « C’est pas trop la sécurité, des fois on a les portes cassées. Je veux un nouveau logement et un titre de séjour. J’ai une spécialité en carrelage. Je veux accomplir mes rêves. »

    Immeuble « invendable »

    L’AGRASC se déclare impuissante. « Nous n’avons pas les moyens d’engager des travaux de rénovation. Une enveloppe de 200 000 euros pour la seule reprise de l’électricité serait une rustine car l’immeuble nécessite une réhabilitation totale », écrit l’agence du ministère de la Justice, qui dit avoir alerté ses tutelles, Bercy et la place Vendôme, « sur les coûts induits par les confiscations en matière d’habitat indigne ». Interrogée, une étude notariale a répondu que « cet immeuble est invendable hormis à un nouveau marchand de sommeil compte tenu de son occupation ». Il y a trois semaines, alors qu’une procédure préalable de mise en sécurité est engagée depuis mai, les services de la Ville sont revenus tout inspecter. Pour enfin donner l’ordre d’évacuer ?

  • Saint-Pierre, ce musée à ciel ouvert

    Saint-Pierre, ce musée à ciel ouvert

    « Ô Mort, vieux capitaine, il est temps ! Levons l’ancre ! Ce pays nous ennuie, ô Mort ! Appareillons », écrit Charles Baudelaire, tel Charon qui passe sur l’autre rive. Plus de 600 000 de nos chers disparus ont accompli depuis 1854 le dernier voyage pour le cimetière Saint-Pierre. La « ville des morts » dessinée par l’architecte Sixte Rey sur d’anciens domaines bastidaires s’étend sur 63 hectares et veille au repos éternel de 600 000 défunts. Le premier à y être inhumé fut un soldat de la guerre de Crimée du nom de Marie-Joseph Maur.

    La nécropole marseillaise qui succède au cimetière abandonné de Saint-Charles, offre une traversée sociale, historique, politique de la ville. Sa statuaire souvent sacré qui connaît son âge d’or entre 1880 et 1930, suit l’esthétique des grands cimetières italiens sans toutefois atteindre la magnificence du cimetière de Gênes, considère l’historien Michel Vovelle (1933-2018) pour qui le cimetière de « Marseille, par ses dimensions comme par sa nature même, s’inscrit comme un site exceptionnel dans la Provence occidentale ».

    Anciens maires, négociants, académiciens, peintres, militaires, comédiens, sportifs, célébrités du milieu s’y côtoient dans une géométrie des classes sociales avec son carré d’or où le deuil bourgeois s’exprime dans un vocabulaire funéraire fait de pleureuses, d’angelots sculptés, d’emblèmes et de médailles, de couronnes, de plaques, de palmes, etc. L’opulence des chapelles, le luxe ostentatoire des mausolées racontent en miroir la puissance des familles dans la « ville des vivants ».

    L’élite bourgeoise domine au carré 6 sous la pinède. Ce « zonage social » qui épouse le régime des concessions, était recherché par l’architecte Rey « qui a réservé les parties les plus visibles, bordures d’allées et de carrés, aux concessions perpétuelles sur lesquelles s’élèveraient peu à peu les monuments funéraires des notables de la ville », écrit Marie-Odile Giraud de la commission régionale des monuments historiques. Certaines sépultures exceptionnelles méritent une protection patrimoniale et pour certaines des travaux urgents de consolidation. Seule le mausolée du négociant Camille Olive mort en 1876 et dessiné par l’architecte de renom Pascal-Xavier Coste, bénéficie depuis 2014 d’une inscription au titre des monuments historiques.

    Déambulant en ce 2 novembre qui est en réalité le jour des morts qui suit la Toussaint, vous croiserez dans ce panthéon marseillais l’académicien Edmond Rostand, le poète Antonin Artaud, l’actrice Gaby Deslys, l’athlète Jean Bouin et son magnifique bronze ou encore Ray Grassi grandeur nature mort sur le ring. Vous se serez saisi d’émotion devant « le dernier baiser » des époux sur la tombe de la famille Lains dessinée par les sculpteurs Italo Buselli et Henri Raybaud et la statue poignante de la petite fille qui écrit à sa grand-mère.

    Les victimes des Nouvelles Galeries

    Le carré 38 à l’est de la Pinède accueille les dépouilles de 48 des 73 « victimes du devoir et du travail » lors de l’incendie des Nouvelles Galeries sur la Canebière survenu le 28 octobre 1938. Ce sont essentiellement des employés du magasin qui ont été inhumés collectivement le 14 novembre lors d’obsèques solennelles. Une foule immense a suivi le long convoi des 48 cercueils parti du palais Carli, transformé en chapelle ardente, puis a remonté le cours Lieutaud, le boulevard Baille jusqu’au cimetière, encadré par plusieurs régiments d’artillerie. Contre le mur de droite, on trouve les 6 victimes de l’incendie du pétrolier anglais Maryad en décembre 1938 et les 11 morts de l’explosion en février 1942 de l’usine à gaz des Crottes.

  • Marseille : fermeture anticipée pour les Galeries Lafayette

    Marseille : fermeture anticipée pour les Galeries Lafayette

    Les deux magasins Galeries Lafayette à Marseille, au Centre Bourse dans le centre-ville et de Prado Shopping près du stade Vélodrome, vont définitivement fermer leurs portes le 15 novembre à 18h, avec deux semaines d’avance sur la date initialement prévue. Cette décision a été prise, mercredi après-midi, par la direction et les instances représentatives du personnel après le succès de la liquidation des stocks, rapportaient jeudi matin nos confrères d’ICI Provence. Si les deux magasins sont ouverts, il ne reste plus que quelques articles en vente.

  • La jeunesse marseillaise a donné de la voix

    La jeunesse marseillaise a donné de la voix

    La jeunesse marseillaise a du talent et elle l’a prouvé, mi-octobre, à l’occasion de la finale du concours des jeunes talents oratoires organisé par la Ville. Avec près de 500 personnes réunies dans l’espace muséal Bargemon, le rendez-vous a connu un joli succès. « Pour une première, cela traduit un vrai engouement », apprécie Hedi Ramdane, adjoint (DVG) chargé de la Jeunesse qui a porté le projet auprès du maire. « L’idée était de mettre en avant les talents oratoire. On l’a fait via le conseil municipal des jeunes. Il y a eu aussi les tables rondes de la jeunesse, mais on voulait aussi leur donner la parole via ce concours. C’est important, on avait besoin que la jeunesse s’exprime ainsi. »

    Après trois rounds de sélection, dont les demi-finales organisées sur la tournée d’été La Marseillaise dans les 15-16 et le 2-3, la dizaine de finalistes a enflammé la scène. à l’issue du show animé par Eloquentia, 419 votants ont désigné, avec deux urnes sur place et un vote en ligne, leur prestation préférée. Les voix du public et du jury ont désigné comme lauréats, Clara Montemagno au chant et Tadjidine Ali en éloquence. « Lors de la finale, les gens se sont levés, j’en ai eu la larme à l’œil », confie l’adjoint. « Le niveau était impressionnant, particulièrement en chant : les deux premiers ont devancé une finaliste de The Voice. Quand on dit “fiers d’être marseillais”, c’est aussi ça ».

    La soirée a aussi bénéficié du soutien de nombreux influenceurs marseillais comme Nassim Bouguezzi, Malik Bouti, Antho le fada, Radouane et Ichem Bougheraba ou Bengous. « Ceux qui ont réussi ont offert à d’autres une tribune pour se révéler. C’est une solidarité toute marseillaise », souligne Hedi Ramdane, qui rêve déjà d’une prochaine édition qui se tiendrait à l’Opéra de Marseille.