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  • [Entretien] Nicolas Koukas : « Il faut tourner la page et rendre la ville aux Arlésiens »

    [Entretien] Nicolas Koukas : « Il faut tourner la page et rendre la ville aux Arlésiens »

    La Marseillaise : Comment comptez-vous l’emporter dimanche ?

    Nicolas Koukas : Tout d’abord en travaillant sur les abstentionnistes. Ensuite, lorsqu’on additionne les voix des candidats de gauche, on voit qu’on est devant. Et puis, surtout, on constate que deux Arlésiens sur trois n’ont pas voté pour le maire sortant. Au premier tour, on choisit, et au second, on élimine. Donc, au second tour, il nous faut éliminer le maire macroniste et son système, d’autant que de nombreux dossiers le concernant sont dans les mains de la justice depuis quelques jours, d’après certains médias. Il est temps de tourner cette page du clientélisme de M. de Carolis.

    Quelles actions menez-vous pour maintenir la dynamique jusqu’au second tour ?

    N.K. : Je suis, ce mercredi matin, sur le marché d’Arles et l’après-midi dans les quartiers et les villages de la ville, jusqu’à vendredi minuit. Il n’y a pas de minute de repos, on y va à fond ! Mardi après-midi, j’étais dans le quartier populaire de Barriol, à la sortie d’une école, on a fait du porte-à-porte. On est en train de convaincre toutes les familles que dimanche, il n’y a qu’un seul choix si on veut proposer une alternative, apporter des solutions concrètes dans le quotidien notamment sur le prix des transports, des cantines, etc. La seule candidature pour tourner cette page macroniste et rendre la ville aux Arlésiens est celle que je porte.

    Avez-vous reçu de nouveaux soutiens ?

    N.K. : On a reçu le soutien de Serge Meyssonnier, un ancien élu de M. de Carolis, un vrai gaulliste, qui avait été mis de côté très vite, mais aussi celui d’Europe Écologie-les Verts par l’intermédiaire de son sénateur, Guy Benarroche. Les soutiens commencent à se multiplier, ils sont de tous bords et c’est une bonne chose. Ils viennent d’abord de la gauche et ensuite de ceux qui veulent en finir avec le système qui a été mis en place depuis six ans. Au total, on compte douze démissions dans la majorité sortante, 200 départs d’emplois municipaux et des problèmes d’éthique et de morale extrêmement graves.

    Qu’avez-vous prévu pour ce dernier meeting ?

    N.K. : Une grosse mobilisation pour réexpliquer que le choix de dimanche est décisif pour l’avenir d’Arles. On veut rendre la ville aux Arlésiens, donner des moyens par quartier, par village pour que les habitants décident d’eux-mêmes des choix qui seront les leurs. Nous évoquerons les sujets liés à la prévention, à la tranquillité publique, aux stationnements, au centre-ville, aux quartiers qui ont été complètement délaissés. Mais, aussi, les villages comme Mas-Thibert ou au Salin-de-Giraud, où aucun investissement n’a été fait. Cela s’est d’ailleurs traduit dans les résultats, puisqu’au Salin-de-Giraud, je fais 41% au premier tour et 36% à Mas-Thibert. Les quartiers qui ont été abandonnés en appellent à nous. On sera là.

    Que répondez-vous aux attaques qui visent votre appartenance politique ?

    N.K. : Je trouve l’attitude de M. De Carolis indigne. Je rappelle qu’en 2015, lorsque j’avais été opposé au Front national sur une élection départementale, le premier qui m’avait appelé, c’était Patrick De Carolis, PDG de France Télévisions, en me disant « il faut battre l’extrême droite ». Et aujourd’hui, il n’y a dans sa bouche que les mots « extrême gauche » et « communiste ». C’est nier l’histoire d’Arles et celles de femmes et d’hommes qui se sont engagés dans la résistance, dans des combats syndicaux, dans des combats humains. C’est insultant vis-à-vis du peuple d’Arles et du peuple de gauche. Il n’a pas dit un mot sur l’extrême droite. Ce qui est normal puisqu’il a sur sa liste des gens qui sont proches du Rassemblement national. Son seul projet, c’est l’anticommunisme. Moi, mon seul projet, c’est de mettre fin à son système clientéliste. On a besoin d’une ville calme et apaisée. Ce que n’a pas su apporter Patrick de Carolis depuis six ans.

    Que signifierait une victoire à gauche dans le département ?

    N.K. : J’estime qu’on a résisté. Si on additionne les 25,5% aux 10% des Insoumis et les 1% de Lutte Ouvrière, on est à 36% au premier tour. On sait qu’il y a des réserves de voix qu’il faut désormais aller chercher. Il y a encore une capacité, ici, de résister à la fois à la macronie et à l’extrême droite.

  • [Tribune] À Martigues, toutes et tous mobilisés contre le fascisme, les politiques au service du capital et pour le progrès social

    [Tribune] À Martigues, toutes et tous mobilisés contre le fascisme, les politiques au service du capital et pour le progrès social

    Martigues est une ville construite par des générations de travailleuses et de travailleurs : ouvriers de l’industrie, de l’énergie, salariés du port, travailleurs de la pétrochimie, agents des services publics et personnels hospitalier. Les conquêtes sociales qui structurent notre territoire ne sont pas des privilèges. Elles sont le fruit des luttes du monde du travail, des combats syndicaux, des mobilisations populaires qui ont permis de construire ici une ville de solidarité et de progrès social. Aujourd’hui, ces conquêtes sont menacées. À Martigues comme partout en France, l’extrême droite tente de progresser en s’appuyant sur la détresse sociale qu’elle n’a pourtant jamais combattue. Le Rassemblement national prétend parler au nom de la population, des travailleuses et des travailleurs. Mais derrière ses discours, la réalité est claire : le RN est au service du même système que la droite et les politiques libérales de Macron celui du capital et des intérêts économiques dominants.

    L’histoire nous l’a toujours démontré : « du capitalisme naît le fascisme ».

    Quand les crises s’aggravent, quand les inégalités explosent et que la colère sociale monte, les forces du capital cherchent à détourner cette colère en divisant les travailleuses et les travailleurs. C’est précisément le rôle de l’extrême droite. Elle oppose les travailleurs entre eux ; elle désigne des boucs émissaires ; elle détourne les colères pour protéger les véritables responsables : ceux qui profitent du système. Partout dans les villes où l’extrême droite et la droite gouvernent, les résultats sont les mêmes : Ce sont les travailleuses, les travailleurs, les jeunes, les retraités et les privés d’emploi qui paient la facture. Moins de services publics ; moins de solidarité ; plus de privatisations ; plus de précarité ; plus de répression. À Martigues, les projets portés par ces forces politiques sont révélateurs. La droite veut stopper la construction de logements sociaux, attaquant directement le droit au logement des familles populaires.

    Dans le même temps, l’extrême droite développe un discours sécuritaire permanent, qui cherche à masquer les véritables enjeux sociaux.

    Car pendant qu’elle parle d’ordre et de sécurité, elle ne remet jamais en cause les politiques qui détruisent les services publics, affaiblissent l’hôpital et précarisent les travailleuses et les travailleurs. S’ils passent au pouvoir, les centres sociaux, les crèches, les services municipaux, les structures collectives seraient attaquées par des logiques de réduction des moyens et de privatisation.

    L’hôpital public subirait toujours plus la même logique destructrice : manque de moyens, pénurie de personnel, dégradation des conditions de travail. Le patient devient un client, la santé devient un marché. Ces orientations correspondent exactement aux politiques libérales menées par le gouvernement d’Emmanuel Macron, qui affaiblissent les protections sociales et organisent la mise en concurrence des services publics.

    Dans le même temps, la droite et l’extrême droite soutiennent les mêmes orientations : Renforcement de la répression, restrictions des libertés, développement d’une économie de guerre et augmentation des budgets militaires au détriment des investissements sociaux. Elles soutiennent les logiques d’armement et d’affrontement international plutôt que la paix entre les peuples, tout en fermant les yeux sur les crimes commis contre le peuple palestinien. Leur stratégie est toujours la même : diviser le monde du travail pour protéger les intérêts du capital.

    Mais à Martigues, l’histoire démontre une autre voie. Les conquêtes sociales, la défense de l’industrie, le développement des services publics et du logement social ont toujours été obtenus par l’unité et la mobilisation du monde du travail. Martigues est une ville où les travailleuses et les travailleurs se sont toujours battus pour leurs droits.

    Elle doit rester une ville de solidarité, de services publics et de progrès social.

    Face à l’extrême droite et à ses politiques de division, la CGT appelle les travailleurs, les jeunes, les retraités et l’ensemble de la population martégale à se mobiliser.

    Pour combattre le fascisme et défendre le progrès social, misons le bulletin de vote de Gaby Charroux.

    Face à l’extrême droite et aux politiques antisociales menées au service du capital : Le monde du travail doit rester uni, organisé et mobilisé.

    Par UL CGT région martégale, CGT Territoriaux Martigues, CGT Hôpital Martigues, CGT Total La Mède, CGT Pétrochimie Lavéra, CGT Inéos Petroineos

  • Les syndicats martégaux à l’offensive contre le RN

    Les syndicats martégaux à l’offensive contre le RN

    Dès 6h mardi matin, les militants de l’Union locale CGT du pays martégal et des syndicats qui la composent sont rentrés en campagne. « Tous mobilisés contre le fascisme et pour le progrès social », peut-on lire sur les tracts tirés du communiqué publié lundi après-midi (voir ci-dessous), distribués à l’entrée de l’hôpital, puis devant l’hôtel de ville à 8h et à la cafétéria du complexe pétrochimique de Lavéra à midi.

    « Nous prenons position dans la campagne motivés par les 28% de l’extrême droite », explique Jessica Jadé, cosecrétaire du syndicat CGT des agents de la Ville après la distribution à la mairie. « En aucun cas le RN ne répond aux enjeux du camp des travailleurs. Déjà, la bascule impacterait directement le nombre de services publics, par la privatisation de l’entretien, des espaces verts, des crèches ou de la restauration collective », détaille la syndicaliste. Mais aussi, « quand l’extrême droite parle de baisser le budget de fonctionnement, il parle de nos salaires ! Nos conditions de travail sont directement impactées », considère Jessica Jadé.

    Un avis complété par sa cosecrétaire Mylène San Nicolas. « Ça veut dire ne plus remplacer lors de départs à la retraite », estime-t-elle, mais aussi « la remise en cause de la qualité du dialogue social », avec la majorité actuelle et « plus de difficultés à obtenir des avancées pour les agents, avec le RN ou des antisociaux en place ».

    Les discours et les actes

    Au sein du complexe pétrochimique de Lavéra, à la pause de midi, les travailleurs se pressent à la cafétéria. Toute une équipe s’est mobilisée à leur rencontre. « J’ai grandi avec la mairie Lombard, puis Charroux, et je veux que mon fils puisse profiter de tout ce qu’elle propose », explique Anthony Celor, cégétiste à Naphtachimie et habitant de Lavéra, rappelant que « Gaby Charroux est le seul à s’être occupé des problèmes dans nos entreprises, contrairement aux autres qu’on voit jamais et qui votent contre la nationalisation d’Arcelor, l’augmentation des salaires et pour les baisses de budget des Villes ».

    Cyril Renard, travailleur d’Ineos syndiqué à Sud Chimie, trouve « super bien fait » le tract de la CGT qui est distribué. « Il permet d’aller convaincre, d’expliquer les mensonges et bluffs et pourquoi faire barrage au RN qui est contre les syndicats, affirme-t-il. Tout ce qu’ils ont fait et voté à l’Assemblée montre qu’ils sont contre les travailleurs », conclut-il.

    Des positions partagées par Sandrine Jacquemus, travailleuse sur site. « Tout le monde doit prendre ses responsabilités » considère-t-elle, pointant que « bizarrement, il n’y a aucun syndicat d’extrême droite pour défendre les travailleurs, c’est bien parce qu’ils défendent le capital ».

    Issu de Naphtachimie, le secrétaire de l’Union locale CGT, Daniel Bretonès, affirme que « jamais un salarié n’a tiré d’avantages de l’extrême droite ». Et assène : « Qui était devant Kem One ou Total La Mède pour nous soutenir lorsque ces usines étaient menacées ? Qui est le premier à nous avoir répondu pour défendre l’hôpital ? Qui était devant les écoles quand des classes étaient menacées ? Qui était à Notre-Dame-des-Marins à 4h du matin pour soutenir les habitants et appeler les crèches pour apporter du lait ? C’est Gaby Charroux et Pierre Dharréville, et il n’y avait pas d’élections à ces moments-là », liste le syndicaliste.

    Dans ce contexte, Daniel Bretonès affirme que « Gaby Charroux est le seul à pouvoir faire barrage au RN », de même qu’il défend « un bon bilan et programme », contrairement à « celui qui se cache derrière Bardella et n’a jamais été là ».

    Jean-Luc Di Maria s’explique sur son maintien à Martigues

    Le candidat DVD a publié une vidéo sur le réseau social Facebook, mardi soir, pour expliquer avoir décidé de maintenir sa candidature au second tour. « Pas le choix le plus simple, mais assumé » justifie-t-il. « Je ne ferai aucune alliance avec le RN » tranche le candidat. « Nos valeurs ne sont pas les mêmes », note Jean-Luc Di Maria, indiquant avoir demandé à Emmanuel Fouquart (RN) : « Quelle est ta position sur la promesse faite à la communauté musulmane concernant un bail emphytéotique pour construire leur mosquée ? sa réponse a été niet ! Voilà la vérité » lance-t-il. « Gouverner n’est pas diviser, mais unir. Je refuse les calculs politiques qui vont à l’encontre des valeurs que je défends » tance le candidat, qui tiendra son meeting jeudi à 18h30, salle du Grès.

  • L’ire de Sabrina Agresti-Roubache après l’échec de son camp à Marseille

    L’ire de Sabrina Agresti-Roubache après l’échec de son camp à Marseille

    D’ordinaire loquace, Sabrina Agresti-Roubache s’est retranchée dans son ministère depuis que les résultats du premier tour sont tombés.

    L’entourage de la ministre chargée de l’Enseignement, de la Formation professionnels et de l’Apprentissage justifie son silence par le « devoir de réserve gouvernemental », mais laisse filtrer son état d’esprit.

    « La ministre est très en colère devant le naufrage du bloc central », indique-t-on. Avant le scrutin, Sabrina Agresti-Roubache s’était démarquée de Martine Vassal à plusieurs reprises, considérant que l’orientation de sa campagne n’était pas assez compatible avec celle d’une « macroniste de la première heure ». Comprendre : la candidate et sa liste penchaient trop à droite pour rassembler, même si l’une de ses proches, Sandra Blanchard, figurait en 13e position.

    « Chacun doit prendre ses responsabilités, ceux qui ont désigné et investi la candidate doivent prendre leurs responsabilités à ses côtés », souffle-t-on du côté du ministère. Un coup de griffe implicite à Renaud Muselier, président de Région et « pilote municipal » de Renaissance, le parti présidentiel, pour la commune de Marseille ? « C’est vrai au plan local comme national », renchérit l’entourage de la ministre, visiblement agacée par le quitus donné par Gabriel Attal à la stratégie menée à Marseille.

    « La ministre s’était retirée sans sourciller »

    « C’est un échec pour la droite et le centre, un désastre même, dans une ville où cet espace politique pesait 40% il n’y a pas si longtemps », poursuit un autre proche de Sabrina Agresti-Roubache.

    « Face à la menace RN, la ministre s’était retirée sans sourciller lors des législatives, avant tout le monde, sans que personne n’ait besoin de lui téléphoner », rappelle l’entourage de la ministre. Une manière de désavouer en creux la volonté de se maintenir de la candidate de la droite et du centre.

  • [Tribune] À Marseille, la dignité humaine doit rester au cœur du projet de ville

    [Tribune] À Marseille, la dignité humaine doit rester au cœur du projet de ville

    Dans le contexte des élections municipales à Marseille, le Secours Catholique souhaite rappeler le sens de son engagement dans la cité.

    Notre association est non partisane. Elle ne soutient aucun candidat ni aucune liste. Cette indépendance est essentielle : elle garantit la confiance que nous accordent les personnes que nous rencontrons et accompagnons.

    Mais être non partisan ne signifie pas être silencieux face aux réalités sociales. Parce que nous sommes présents chaque jour auprès des personnes en situation de précarité, nous sommes aussi témoins des difficultés qu’elles rencontrent pour vivre dignement dans la ville. À ce titre, nous assumons pleinement notre rôle d’acteur de la vie démocratique et sociale.

    À Marseille, nos bénévoles rencontrent des familles confrontées à des logements indignes, des personnes isolées, des travailleurs pauvres, des jeunes qui cherchent leur place. Derrière ces situations, il y a des visages, des histoires, mais aussi une aspiration simple et légitime : pouvoir vivre dignement là où l’on habite.

    Ces réalités nous rappellent une évidence : la pauvreté n’est pas une fatalité individuelle. Elle est aussi liée à des choix collectifs, à des politiques publiques, à la manière dont une ville organise l’accès au logement, aux services publics, aux transports ou encore aux droits.

    Dans plusieurs quartiers de Marseille, les difficultés sociales se cumulent et s’installent dans la durée. Face à ces situations, la lutte contre la précarité ne peut pas être une question secondaire. Elle doit rester une priorité constante de l’action publique locale.

    Mais au-delà des politiques municipales, certains principes qui fondent notre pacte social doivent être rappelés avec force.

    Le principe d’hébergement inconditionnel des personnes en situation de détresse est l’un d’eux. Il affirme qu’aucune personne ne devrait être laissée à la rue en raison de son statut administratif, de sa nationalité ou de sa situation personnelle.

    De la même manière, la mise à l’abri et la protection des enfants isolés doivent rester une priorité absolue. Aucun enfant ne devrait se retrouver sans protection ni accompagnement, quelles que soient son origine, sa nationalité ou son ancienneté de présence sur le territoire.

    Ces principes ne sont pas des options. Ils sont au cœur de ce qui fonde notre société : le respect de la dignité humaine.

    Les élections municipales sont un moment important pour débattre collectivement de l’avenir de la ville. Fidèle à sa mission et à son indépendance, le Secours Catholique continuera à interpeller les responsables publics et à porter la parole des personnes en situation de précarité. Car une ville se juge à la manière dont elle traite les plus fragiles.

    À Marseille comme ailleurs, construire une ville qui n’abandonne personne n’est pas seulement un objectif social : c’est un choix profondément politique.

  • [Entretien] Robert Guédiguian : « J’appelle à voter Payan face à un risque majeur »

    [Entretien] Robert Guédiguian : « J’appelle à voter Payan face à un risque majeur »

    La Marseillaise : Quel est votre regard sur la campagne municipale, particulièrement à Marseille ?

    Robert Guédiguian : J’ai beaucoup de mal avec la désunion de la gauche. Je suis de la génération du Programme commun, je me suis battu pour qu’il existe et je continue à être persuadé qu’il n’y a pas d’alternative sans une union de ces deux gauches nées dans les suites de la révolution russe. Ni à Marseille, ni à l’Estaque, ni à Paris, ni en France, ni dans le monde occidental. En Occident, et là, très fortement à Marseille, on assiste à une montée des extrêmes droites. Je le déplore et je pense que le seul moyen d’y résister, c’est d’avoir une gauche unie. Et si cette droite-là se renforce, c’est qu’il n’y a pas d’alternative à gauche depuis des années.

    Que vous inspire un Rassemblement national à 35% dans cette ville que vous avez dépeinte dans vos films ?

    R. G. : Une immense tristesse. ça me peine et me désespère. Après… « quand je t’aurai appris à désespérer, je t’apprendrai à vouloir » ! Ma volonté reste la même, mais je suis au fond du trou. C’est pour cela que dans cette situation particulière, j’ai appelé à voter Payan au 2nd tour. C’est une évidence, quoi que je pense des positions de Payan et Delogu. Je me fous de savoir qui a tiré le premier, je sors de la ridicule cour d’école, et j’appelle à voter, pas que Payan d’ailleurs, mais à voter Printemps marseillais face à un risque majeur.

    Vous ne votez pas à Marseille, mais si c’était le cas, ce serait un vote par défaut pour vous ?

    R. G. : Ce n’est pas par défaut. Au 1er tour, on m’a sollicité un peu partout, mais j’ai eu une position sur ces élections très cohérente : j’ai appelé à voter pour des candidats où la gauche entière était réunie. Toute la gauche, y compris les insoumis. C’était le cas à Fontenay-sous-Bois ou à Mouans-Sartoux. Parce qu’évidemment que la gauche, sans les insoumis, n’existe pas. Les insoumis représentent, grosso modo, ce qu’était le Parti communiste dans les années 50 à 70. Ce sont des anticapitalistes, enfin je ne saurai pas les qualifier, mais des gens sans qui on ne peut pas faire une gauche. Et c’est une chance qu’on ait, en France, cette résistance idéologique au capitalisme.

    Les insoumis ne sont pas non plus révolutionnaires, ils sont dans une logique d’adaptation au capitalisme.

    R. G. : C’est vrai que les insoumis, par rapport à des choses qu’on a pu dire il y a 50 ans, sont accommodants avec le capitalisme. Mais bon, c’est un débat philosophico-historique… Après, ça fait belle lurette que je ne rêve plus d’une révolution de 17, le monde a changé, il faut trouver des formes nouvelles de socialisme.

    Certains ont réclamé cette union au 2nd tour, mais elle ne se fera pas. Vous pouvez le comprendre ?

    R. G. : Non, je ne le comprends pas et des deux côtés, évidemment. On va dire que je jette la pierre à tout le monde. C’est devenu d’ailleurs insupportable : machin a dit ça, truc a dit ci, l’autre a voté tel budget, pas l’autre… Au fond, et je le regrette, ça commence à me dégoûter.

    Ce dégoût amène aussi cette montée de l’abstention et du…

    R. G. : Je ne veux pas rentrer dans ces débats, ce n’est plus de la politique comme je l’ai toujours entendu, liée à une vision du monde, à des alternatives, à une morale. C’est la politique, comme on dit aujourd’hui, des réseaux sociaux, des petits mots. Il n’y a aucun contenu et ça devient absurde. Le monde occidental est bouffé par ça. Il existe des penseurs pourtant. Si on va au collège de France, il y a des choses exceptionnelles, y compris des propositions pour des alternatives au monde capitaliste.

    … et j’allais dire, la montée du RN ?

    R. G. : Parce que c’est le seul pôle de stabilité, non ? Le RN est stable, la gauche ne l’est pas. Quand on entend Hollande, Valls, c’est à se plomber. Mais j’avoue que quand j’entends Mélenchon faire des lapsus sur Epstein, ça me dégoûte. Et pourtant, c’est quelqu’un pour qui j’ai beaucoup d’admiration et que j’ai souvent soutenu. Mais quand on joue là-dessus, il n’y a pas d’excuse. C’est indigne et dégueulasse. Pour autant, les gens qui votent France insoumise votent pour un programme qui n’a rien à voir avec cela…

  • À Arles, les écologistes votent Nicolas Koukas

    À Arles, les écologistes votent Nicolas Koukas

    « La liste portée par Jecilla Regad (LFI) ne s’étant pas qualifiée pour le second tour, nous prenons acte de ce résultat avec lucidité et responsabilité, en remerciant sincèrement toutes celles et ceux qui nous ont accordé leur confiance », indique le texte.

    « Ce soutien répond à une exigence politique forte : empêcher la reconduction de l’équipe actuelle et rompre avec une politique qui, depuis trop longtemps, ne répond pas aux besoins sociaux, écologiques et démocratiques des habitants », affirme le groupe local et le sénateur écologistes pour qui « les enjeux écologiques sont immenses : préservation des espaces naturels et agricoles, protection de la Camargue, adaptation au changement climatique, lutte contre les inégalités territoriales, développement de mobilités durables et d’un modèle économique soutenable. Ces défis exigent une vision claire, une volonté politique forte et une connaissance fine du territoire ».

    « Plus que jamais, Arles a besoin d’un nouveau cap », concluent-ils.

  • À Avignon, le port fluvial navigue à vue

    À Avignon, le port fluvial navigue à vue

    Actuellement, aucun bateau ne marque un arrêt au port fluvial d’Avignon – Le Pontet. Pas de lien avec les déboires en cours à la Chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse (CCI 84), qui gère le site mais a été mise sous tutelle fin janvier (lire aussi page 22). Jusqu’au 19 mars, la navigation sur le Rhône est interrompue entre Lyon et la Méditerranée, sur décision de la Compagnie nationale du Rhône, pour un entretien des écluses à grand gabarit.

    Outre cette parenthèse, le port fluvial est installé sur un domaine de 8,5 hectares accueillant quelque 150 bateaux par an pour 200 000 tonnes de marchandises, issues du transport de produits vracs (céréales, engrais, sable, gravier, etc.). Un sujet très loin de polariser les débats dans la campagne, le port, déjà caché par essence, reste absent des programmes. Il y a un peu plus d’un an, la CCI qui a la main sur le site depuis 1961, avait initié une grande étude (notre édition du 3/02/25) « pour imaginer le port de demain » alors qu’aucun gros investissement n’a été réalisé depuis plus de 15 ans. Mais la crise de gouvernance n’a pas encore permis de prendre une orientation sur le dossier, alors que l’étude d’opportunité était encore en cours en novembre dernier. Une seconde étude de faisabilité est ensuite programmée, visant à un plan d’actions et un calendrier opérationnel.

    La philosophie du projet ne change pas. Face à la baisse du principal marché actuel (béton, granulats), le port doit trouver de nouveaux débouchés, en misant sur la logistique du dernier kilomètre et l’exploration de nouvelles énergies décarbonées (hydrogène notamment). « Le fluvial apparaît comme une solution de transport décarboné et complémentaire au transport routier, nécessaire au pré et post-acheminement », listait la CCI dans la commande de son étude, louant le « rôle de plateforme logistique » du port.

  • À Marseille, Ruffin appelle à ne pas rompre le fil rouge

    À Marseille, Ruffin appelle à ne pas rompre le fil rouge

    Rencontre avec des policiers nationaux et municipaux, entretien avec le prix Albert-Londres, Philippe Pujol, visite d’un atelier de réinsertion à la Belle de Mai, apéro-pétanque dans les 13-14 avec la candidate du Printemps marseillais, porte-à-porte… la journée, dense, s’est achevée par une réunion publique avec le maire des 4-5, Didier Jau (EELV).

    Dans l’après-midi, François Ruffin a visité les ateliers de l’usine Fil Rouge à la Capelette (10e). Pilier du textile écoresponsable, cette entreprise d’insertion de l’ESS est placée en redressement judiciaire. 200 emplois et une production 100% française sont en jeu. « Du made in Marseille », insiste Benoît Payan, à ses côtés. À cinq jours du 1er tour des municipales, le message est politique.

    « Notre pays aujourd’hui ne tient pas par le haut, il ne tient pas par l’Élysée ou l’Assemblée, il tient par le bas : les entreprises, les associations et les élus locaux. Voilà ce qui le fait tenir debout », assène le député, rappelant avoir toujours « cherché à rassembler » la gauche depuis sa première élection en 2017.

    « Un seul bulletin, celui de la gauche rassemblée »

    « Mon rôle est le même aujourd’hui, il n’y a qu’un bulletin qui permet de faire barrage au Rassemblement national ici, c’est le bulletin de Benoît Payan et de la gauche rassemblée », enchaîne Ruffin soulignant malgré les enjeux locaux, la valeur nationale du scrutin marseillais : « On est devant l’entreprise Fil Rouge et je veux que ce fil rouge de l’histoire de Marseille et de l’histoire de la France ne se rompe pas, qu’il se poursuive en un fil républicain, de gauche qui fait des choses pour les gens et pas contre. »

    « Cette ville est à la croisée des chemins », embraye le maire de Marseille. « Je me bats face à des adversaires qui pour l’un, est l’héritier d’un parti fondé par des nostalgiques de Pétain, pour l’autre, c’est Pétain, travail, famille, patrie, et pour un troisième, ne sait pas qui est Pétain… Les Marseillais ne méritent pas ça. » Et d’appeler les « apprentis sorciers » qui « n’ont qu’en tête de préparer la présidentielle » à prendre leurs responsabilités.

    Lui ne fera « pas tambouille politique », le combat contre l’extrême droite « ne se monnaye pas », argue-t-il, fermant encore la porte aux insoumis. « Les Marseillaises et les Marseillais parleront dimanche, et le peuple souverain aura toute sa voix, rien que sa voix. Dès dimanche on doit être rassemblés derrière le Printemps marseillais. On ne s’amuse pas dans un 1er tour, à chaque fois qu’on s’est amusé dans l’histoire, on a pleuré après. La conséquence sera immédiate. Si le Rassemblement national est en tête, nous serons devant le gouffre. »

  • Grand Avignon : le Collectif de l’eau attend de la clarté dans les engagements

    Grand Avignon : le Collectif de l’eau attend de la clarté dans les engagements

    Ardent défenseur d’un retour en gestion publique de l’eau, le Collectif de l’eau ne pouvait pas rater l’occasion des municipales pour sonder les divers candidats au sein du Grand Avignon. « Nous sommes surpris par l’absence de débat autour de ce sujet central par rapport notamment à la question des déchets et de la propreté, qui sont aussi une compétence communautaire », campe Mireille Dapon, présidente du Collectif de l’eau.

    Comme déjà amorcé début décembre, lors du dernier conseil communautaire où une possible hausse de la facture avait finalement été retirée de l’ordre du jour, l’association a fait en sorte que les candidats se mouillent sur la question de la régie publique. Car l’actuelle délégation de service public touche à sa fin au 31 décembre 2028. « Le sujet va arriver très vite au début de la nouvelle mandature, c’est un dossier qui se prépare tôt », avertit Bernard Goron, vice-président du Collectif de l’eau. Un questionnaire a ainsi été adressé aux principaux candidats, dont les questions ne se limitent pas qu’à la régie publique, mais, plus largement, au contrôle du délégataire, à la place des usagers et à la tarification.

    Sans trop de surprise, c’est à gauche que ces questions-là infusent le plus. Spontanément déjà, sans passer par le Collectif, Mathilde Louvain (LFI) et David Fournier (PS) se sont prononcés à plusieurs reprises pour un retour en gestion publique de l’eau. Par exemple, il y a près de deux semaines, lors de la venue du maire (PS) Michaël Delafosse en soutien à David Fournier, l’édile héraultais a notamment confié que depuis une décennie que l’eau est dans le giron public à Montpellier, les fuites sur le réseau sont passées de 25% à 14%. Un sujet qui résonne fort ici. « Mathilde Louvain a été la première à nous rencontrer, elle est alignée sur ce qu’on pense avec aussi l’instauration d’une tarification sociale », souligne Mireille Dapon, sans toutefois prendre parti.

    Hors Avignon, il faudra renverser les majorités

    Dans le reste de la ville-centre, « Olivier Galzi [DVD] n’a pas pris position, se retranchant derrière un audit », relate le Collectif qui interprète la réponse comme plutôt favorable « à des DSP bien contrôlées car il met en avant son expérience professionnelle [chez Edeis, conseil aux collectivités] ». Stéphan Fiori (DVD) et Anne-Sophie Rigault (RN) n’ont, eux, pas donné suite et « pas de présence de l’eau dans leur programme », note le Collectif.

    Hors Avignon, l’association à l’appui de Fabienne Vera (PCF), candidate à Vedène et partie prenante du Collectif. Moins du maire et président du Grand Avignon sortant Joël Guin, qui s’est montré favorable à la DSP. À Morières, Annick Dubois (PS) plaide pour la gestion publique, tout comme les candidates de gauche à Villeneuve-les-Avignon et aux Angles, respectivement Anne Daniel (celle-ci a été présidente du Collectif de l’eau gardois) et Anaïs Rambaud. Mireille Dapon regrette en revanche l’absence de retours de maires classés à gauche, et sans concurrence aux municipales, à Velleron (Philippe Armengol) et Sauveterre (Jacques Demanse).