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  • [Mars bleu, le colon passé au crible 3/3] Adapter les traitements en fonction du profil de la tumeur

    [Mars bleu, le colon passé au crible 3/3] Adapter les traitements en fonction du profil de la tumeur

    Médecin senior depuis plus de trois ans, Roxane Mari est oncologue spécialisée en oncologie digestive à l’Institut Paoli-Calmettes. Une discipline transversale où le travail se fait en collaboration avec des chirurgiens, des gastro-entérologues ou encore des radiologues. « Ainsi, nous pratiquons beaucoup de traitements en radiologie interventionnelle avec des thérapeutiques faites par les radiologues », souligne la professionnelle. Comme pour la chirurgie (lire édition du 20 et 21 mars) les traitements administrés dépendent du stade de la maladie. Il faut d’abord la définir pour savoir si elle est, ou non métastatique.

    Si ce n’est pas le cas, le traitement en première intention sera la chirurgie, pierre angulaire du traitement. Elle-même précédée ou suivie d’une chimiothérapie. « Avant, pour essayer de faire diminuer le volume de la lésion tumorale et donc de la rendre plus facilement résécable. Après, s’il s’agit d’une tumeur à risque plus élevé de récidive et ainsi diminuer ce risque », précise le docteur Mari.

    Trouver la meilleure option

    « Si une tumeur est localisée au niveau du rectum et non métastatique alors il y aura un traitement néo-adjuvant, c’est-à-dire avant la chirurgie qui est un traitement lourd avec trois mois de chimiothérapie puis de la radiothérapie associée à cette chimiothérapie par voie orale, suivi de la chirurgie et enfin la possibilité en cas de nécessité de refaire 3 mois de chimio par voie intraveineuse cette fois. » Un traitement lourd car ce genre de tumeur est plus agressive et présente un risque plus fort de récidive à l’endroit même où elle a été opérée. « Avec ensuite de gros retentissements fonctionnels et des chirurgies secondaires à haut risque d’être très délabrantes », ajoute-t-elle.

    Quoi qu’il en soit, les traitements proposés sont, le plus possible, personnalisés en fonction du profil de la tumeur mais aussi du patient. « Nous ne ferons pas le même traitement à un patient de 50 ans qu’à un patient de 85 ans, c’est une évidence. Sans compter que nous essayons également de nous adapter autant que faire se peut aux souhaits que peuvent avoir les patients concernant leur traitement », indique Roxane Mari.

    C’est donc à ce moment-là qu’intervient la réunion pluri-disciplinaire afin de trouver la meilleure option. « En effet, c’est très codifié mais rien n’est jamais tout blanc ou tout noir », constate-t-elle. Le tout en essayant là aussi en fonction des traitements de trouver un équilibre. « Seuls 10 à 15% des patients ont des tumeurs qui permettent d’avoir accès à une immunothérapie. Pour la chimiothérapie, nous utilisons un agent qui s’appelle Oxaliplatine et qui peut entraîner une toxicité neurologique. Tout l’enjeu c’est donc de trouver un équilibre pour ne pas que le patient subisse des toxicités au long cours et même après guérison. »

  • Un plan très ciblé pour contrer la flambée des prix

    Un plan très ciblé pour contrer la flambée des prix

    « Cette crise énergétique a des impacts très concrets pour nos concitoyens, nous avons donc, sur le plan national, construit une réponse graduée, ciblée, sectorielle et limitée au mois d’avril », marque d’emblée le ministre de l’Économie Roland Lescure. « Mon souci premier c’est avant tout de préserver la croissance tout en étant soucieux de l’efficacité de chaque euro public dépensé », ajoute-t-il. Plus tôt dans la journée, lors d’une conférence de presse à Bercy, le Premier ministre avait prévenu qu’il n’y aura pas de mesures générales : « Quand on est à 5,1% de déficit, il n’y a pas de cagnotte », assurait-il. Et critiqué les responsables politiques « qui parfois nous ont fait la leçon sur le déficit à l’automne dernier » et qui « sont les premiers cette semaine à nous demander des chèques à l’aveugle ».

    Les mesures annoncées se limitent donc aux transporteurs routiers, aux pêcheurs et aux agriculteurs, pour un coût estimé à 70 millions d’euros au total. C’est ainsi que le ministre des Transports, Philippe Tabarot confirme la mise en place d’une aide « exceptionnelle » mensuelle forfaitaire pour les PME les plus en difficulté, celle-ci sera de 20 centimes d’euros par litre de carburant durant le mois d’avril, effective « en métropole et dans les Outre-mer ». « Les transporteurs ne peuvent pas supporter seuls le poids des surcoûts qui doivent être répartis sur l’ensemble de la chaîne de valeur », appuie-t-il, pour une enveloppe totale de 50 millions d’euros.

    Concernant les pêcheurs, une aide de « 20 centimes par litre » de gazole marin en avril sera accordée par un remboursement sur présentation des factures de carburant afin de « permettre aux navires de continuer à sortir en mer », affirme la ministre de la Mer et de la Pêche Catherine Chabaud. Une mesure estimée à 5 millions d’euros. La ministre en charge demandera lundi le feu vert de la Commission européenne pour mettre en place « un dispositif d’aide directe » pour les professionnels du secteur, et ira plaider pour engager sans délai « une révision du cadre juridique européen » dans le but d’engager « le renouvellement » et la « décarbonation » de la flotte française.

    Enfin, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, a, de son côté assuré que le gazole non routier (GNR) agricole sera exonéré de « tout droit d’accise » durant ce mois d’avril, soit une baisse de 4 centimes d’euros par litre.

    Le plan d’électrification de l’économie lundi

    Cela représente « un effort budgétaire de 14 millions d’euros sur le mois », poursuit la ministre LR. Elle aussi demandera une « suspension immédiate du MACF » (mécanisme d’ajustement carbone aux frontières) lors d’un Conseil européen des ministres de l’agriculture et de la pêche prévu lundi.

    Pour réduire la dépendance de la France aux énergies fossiles, dont les prix explosent en pleine guerre au Moyen-Orient, le gouvernement présentera la semaine prochaine son « grand plan d’électrification ». « Nous devons garantir sur le long terme une énergie stable, décarbonée, accessible à tous et produite en France », a martelé la porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l’Énergie, Maud Bregeon. « Cette solution, elle a un nom, c’est l’électrification », grâce au nucléaire ou aux énergies renouvelables, précise-t-elle.

  • Un festival du Nouvel an kurde à Marseille pour « la paix et la solidarité »

    Un festival du Nouvel an kurde à Marseille pour « la paix et la solidarité »

    L’ambiance est festive dans la salle du conseil de la mairie des 2e et 3earrondissements. Une centaine de personnes est rassemblée, ce jeudi 26 mars, pour fêter le Nouvel an kurde, appelé le Newroz. Cette soirée inaugurait la quatrième édition du Newroz Marseille, organisée par le collectif Solidarité Kurdistan 13 et l’association Solidarité Liberté Provence.

    « Nous pensons à nos sœurs et nos frères kurdes, à celles et ceux qui se battent sous les balles », amorce Anthony Krehmeier, maire réélu du 2e et 3earrondissements, en remerciant les participants pour leur présence. « Ici, nous les mettons à l’honneur », poursuit-il.

    Inscrite au patrimoine immatériel de l’Unesco depuis 2009, cette fête ancestrale de la culture kurde, signifie le jour nouveau et célèbre l’équinoxe du printemps le 21 mars. Annick Samouelian, présidente de Solidarité Liberté Provence, rappelle que le Newroz est un « symbole identitaire, d’unité, de diversité », et également « l’emblème de la résistance ». Sous les applaudissements chaleureux, elle lance les festivités : « Que ce Newroz soit synonyme de paix et de solidarité. »

    Moment convivial et festif

    Vêtues de robes aux broderies pailletées et colorées et de ceintures dorées à la taille, un groupe de jeunes filles dansent le Govend, une danse traditionnelle kurde. Aux retentissements des grelots attachés aux robes se mêlent les claquements de mains des participants, enthousiastes. Deux musiciens ont offert au public une performance de daf, un instrument de percussion, typique de la culture kurde. « À l’origine, c’est un instrument religieux joué exclusivement par les femmes pour saluer le lever du soleil », explique Deriz, un des percussionnistes.

    Les murs de la salle exposent les planches d’un manuscrit exceptionnel. Publié en 2016, cet ouvrage a été entièrement illustré et édité à la main depuis la prison de femmes de Mardin, en Turquie. Accompagnés de leurs traductions, ces récits poignants témoignent du quotidien des détenues, dénonçant leurs conditions de vie et les violations répétées de leurs droits. L’exposition est à découvrir jusqu’au mercredi 1er avril.

    Le festival organise d’autres événements et soirées. Une projection du film Lire Lolita à Téhéran, sorti en 2024, adapté du livre éponyme de l’écrivaine iranienne Azar Nafisi, est organisée le vendredi 3 avril, à 19h30 au cinéma Le Gyptis (3e). Une rencontre suivie d’un échange sur l’ouvrage. « Nous vous écrivons depuis la révolution – Récits de femmes internationalistes du Rojava », publié aux éditions Syllepse en 2021, se déroulera aux Rotatives de La Marseillaise (1er), le samedi 4 avril à partir de 17h. En présence de Sarah Marcha, Marie, Mireille Court, coautrices du livre et de Yasmina Touaibia, docteure en science politique. Un moment convivial avec un buffet clôturera le festival.

  • Pour Michaël Delafosse à Montpellier, les quartiers plutôt que les grands chantiers ?

    Pour Michaël Delafosse à Montpellier, les quartiers plutôt que les grands chantiers ?

    En 2020, il s’était imposé face à Philippe Saurel en tant qu’outsider. Six ans plus tard, Michaël Delafosse a brillamment transformé l’essai dans le costume du favori. En remportant haut la main (50,13%) la triangulaire, dimanche 22 mars, face à Nathalie Oziol (25,06%) et Mohed Altrad (24,81%), le sortant socialiste n’a pas seulement multiplié par 1,6 le nombre de ses voix (38 668 contre 24 046) lors de ce scrutin à la participation certes un peu moins faible. Michaël Delafosse a d’abord écarté, sans doute définitivement, deux adversaires politiques coriaces. Philippe Saurel éjecté du conseil municipal où il siégeait depuis 1995. Et Mohed Altrad, 78 ans, qui, s’il annonce créer l’association « Montpellier, notre fierté », va sans doute s’éclipser rapidement de la scène politique. Reste la députée insoumise Nathalie Oziol qui prépare clairement la suite et ne fera pas de cadeau à la majorité avec ses sept colistiers de l’opposition.

    Qu’importe. À bientôt 49 ans, le professeur d’histoire géographie dont le profil fait écho à son homologue nîmois Vincent Bouget, 46 ans, a désormais du temps (sans doute sept ans) et le champ libre (sans crise Covid à gérer en début de mandat). Premier maire de Montpellier à être réélu depuis Georges Frêche en 2001 (élue en 2008, Hélène Mandroux, maire depuis 2004, n’avait pas été élue sur son nom la première fois), Michaël Delafosse va pouvoir suivre le fameux « cap » qu’il a en tête pour la septième ville de France et sa Métropole.

    La première étape, samedi 28 mars (10h), ne sera qu’une formalité. Avec 53 élus acquis sur 69, le conseil municipal le réélira maire sans encombre. Quelques jours plus tard, la seconde étape pour la présidence de la Métropole ne devrait pas être un énorme casse-tête. Cependant, avec l’élection de 13 nouveaux édiles sur 30 autour de Montpellier, le socialiste va devoir ménager les susceptibilités, trouver le savant équilibre et donc travailler avec la droite, dans une Métropole qui pourrait se politiser davantage si des groupes venaient à se former. Plus que les postes d’adjoints au maire, l’attribution des vice-présidences sera scrutée à la loupe. À voir par exemple qui récupérera le dossier compliqué des déchets dont s’occupait René Revol, battu.

    Le pouvoir d’achat aidé

    Si l’alchimie prend, M. Delafosse pourra alors dérouler. Son premier mandat visait à réveiller Montpellier l’endormie. Ce fut chose faite avec la plupart des promesses tenues (gratuité des transports, 5e ligne de tramway, mutuelle communale…) au prix de nombreux chantiers qui riment forcément avec perturbations. La carte de « l’apaisement » jouée par le maire avec les territoires voisins, vaudra-t-elle aussi pour Montpellier ? C’est ce que M. Delafosse a promis durant la campagne. Après le tramway ou l’Esplanade, le maire a l’intention de réparer et d’équiper les quartiers, les uns après les autres. En prenant soin « des parcs, des écoles, des rues, des places, des trottoirs ». Ainsi l’avenue de Toulouse, la place des Beaux-Arts ou le chemin de l’Aqueduc vont être repensés après concertation. À terme, l’esplanade de Gaulle sera reliée à Antigone. Parmi les premières mesures pour faire faire des économies, la gratuité des médiathèques fera son apparition, un office pour le pouvoir d’achat et une agence du logement seront aussi créés.

    Mais attention, plus de proximité dans les quartiers ne signifie pas la fin des grands chantiers. Le Contournement routier ouest (COM) et le Service express régional métropolitain (Serm) sont sur les rails. Mené avec l’État, l’indispensable projet de rénovation urbaine (Anru) va, durant ce mandat, transformer des quartiers populaires comme la Paillade. De nouveaux quartiers vont naître à l’instar de Montpellier Sud entre Saint-Martin et les Prés d’arènes. Pour M. Delafosse, le nouveau challenge ne fait que débuter.

  • États-Unis, Algérie… l’OM présent à l’international

    États-Unis, Algérie… l’OM présent à l’international

    Gerónimo Rulli

    Comme de nombreuses nations qualifiées pour la Coupe du monde, l’Argentine dispute deux matches amicaux lors de cette fenêtre internationale. L’Albiceleste de Gerónimo Rulli s’apprête à affronter pour la première fois la Mauritanie puis la Zambie. Les deux rencontres auront lieu à Buenos Aires.

    Le premier match, face aux Mauritaniens, se déroulera dans la nuit de vendredi à samedi (0h15, heure française). Les champions du monde en titre accueilleront ensuite la Zambie, dans la nuit de mardi à mercredi (1h15). Le gardien marseillais pourrait fêter sa 8e sélection s’il est titularisé par Lionel Scaloni.

    D’abord convoqué, le défenseur Leonardo Balerdi a finalement déclaré forfait en raison d’« une lésion au mollet droit », selon un communiqué médical de l’OM.

    Quinten Timber

    Comme son frère jumeau, Jurrien, joueur d’Arsenal, Quinten Timber est sélectionné pour les deux matches amicaux des Pays-Bas lors en cette fin de mois de mars. Deux rencontres sur le sol néerlandais pour les « Oranje ». Ce vendredi, ils reçoivent la Norvège d’Erling Haaland pour une affiche très attendue avant la grande échéance mondiale de l’été. Timber aura peut-être l’occasion de faire face à une autre nation montante de la planète football. Mardi 31 mars, l’Équateur des Pacho, Caicedo, Hincapié ou encore Ordonez débarque à Eindhoven, pour un autre match amical.

    Pierre-Emile Højbjerg

    Pierre-Emile Højbjerg est le seul Marseillais à participer aux barrages de la zone Europe. Le Danois jouait, ce jeudi, une demi-finale face à la Macédoine du Nord, à Copenhague. Une première étape qui doit mener le Danemark à la Coupe du monde.

    Le vainqueur de l’Euro 1992 a réussi à franchir ce cap (victoire 4-0, Højbjerg a joué tout le match) et affrontera l’Irlande ou la République Tchèque, mardi soir. En cas de qualification, les Danois seront placés dans le groupe A, très ouvert, en compagnie du Mexique, de la Corée du Sud et de l’Afrique du Sud.

    Timothy Weah

    Alors que l’équipe de France est actuellement aux États-Unis pour affronter le Brésil et la Colombie, les Américains se testent eux aussi sur leurs terres. à quelques mois de leur Coupe du monde, Timothy Weah et ses coéquipiers accueillent deux nations européennes, à Atlanta. Samedi à 20h30 heure française, la Belgique fera face aux Américains dans le très moderne Mercedes-Benz Stadium (71 000 places).

    Dans la nuit de mardi à mercredi, c’est cette fois le Portugal, sans Cristiano Ronaldo, blessé, qui se déplacera dans cette grande enceinte. Timothy Weah pourrait obtenir ses 48e et 49e sélections, s’il participe aux deux rencontres de son pays.

    Amine Gouiri

    Amine Gouiri retrouve les Fennecs pour la première fois depuis sa blessure à l’épaule. Le 14 octobre dernier, le buteur olympien était percuté de plein fouet par le gardien de l’Ouganda. Une sortie kamikaze qui avait envoyé à l’hôpital l’Algérien, formé à Lyon. Opéré de cette épaule droite, il avait manqué la Coupe d’Afrique des Nations et de nombreux matches avec l’OM. De retour en forme, l’attaquant jouera deux rencontres amicales en Italie, durant cette trêve internationale.

    Tout d’abord, l’Algérie affrontera le Guatemala pour la première fois de son histoire. Un face-à-face prévu ce vendredi à 20h45, au stade Luigi Ferraris de Gênes. Mardi soir, dans l’antre de la Juventus, les Algériens remettent le couvert, qui plus est face à une nation forte d’Amérique du Sud. L’Uruguay, menée par Marcelo Bielsa, affrontera donc les champions d’Afrique 2019, à Turin. Deux tests de calibres différents avant de faire face à l’Argentine, l’Autriche et la Jordanie lors de la Coupe du monde.

  • [Cinéma] L’itinéraire de Shoaib et Chandan dans l’Inde contemporaine

    [Cinéma] L’itinéraire de Shoaib et Chandan dans l’Inde contemporaine

    Pour son deuxième film, Ghaywan signe un drame en hindi sur l’amitié quasi fraternelle de deux jeunes originaires d’un village du nord de l’Inde. Un pays dirigé par le nationaliste hindou Narendra Modi depuis 2014, qui a façonné la démocratie ethnique. Car si, dans l’Inde contemporaine, le système de caste est aboli, les divisions perdurent. Jouant sur la différence entre légitimité et légalité, l’État autorise les violences et humiliations quotidiennes sur les citoyens de seconde classe.

    Au-delà des clichés

    Shoaib est musulman et Chandan est un dalit (appelé autrefois intouchable). Ils rêvent tous deux d’intégrer la police car dira l’un : « Avec l’uniforme, on ne regarde pas tes origines sociales. » Passer le concours est une sacrée bataille : 2,5 millions de candidats pour 3 500 postes. Comme tous les jeunes sans emploi ou cumulant petits boulots, une lutte âpre les attend : se rendre au centre d’examen (quais bondés, trains surchargés), attendre les résultats du concours (serveur vocal saturé, évaluations suspendues), sans parler du report du recrutement à une date indéfinie. Chandan est reçu, Shoaib est recalé. Une fracture se déclare entre eux. Chandan essuie les remarques désobligeantes du prétendu privilège des dalits grâce au système de quotas. Shoaib dans une rage contenue, démissionne de son poste de commercial suite aux propos racistes et hilares de sa hiérarchie. S’en prenant au passage à l’un d’eux, complice par son silence : « Des gens instruits comme toi n’osent rien dire. » Une des scènes les plus abouties du film.

    Ayant grandi dans une famille dalit, le cinéaste explore la difficulté de trouver sa place dans l’ordre social. Lui-même a longtemps éprouvé le syndrome de l’imposteur après le succès international de son premier film Masaan (prix Fipresci à Cannes en 2015). Dix ans plus tard, il dit avoir effectué un travail cathartique, avec Une jeunesse indienne.

    Homebound (confiné à domicile) est le titre international du film. La seconde partie aborde le calvaire de travailleurs indiens jetés sur les routes pendant l’épidémie de Covid. Ghaywan explique s’être inspiré d’une photo d’article paru dans le New York Times en 2020 montrant un homme effondré, assis en bordure d’autoroute tenant dans ses bras son ami frappé d’insolation. Partis loin de chez eux, dans la cité industrielle de Surat, Chandan et Shoaib travaillent dans une usine de textile en attendant de trouver mieux. Un espoir contrarié par sa fermeture administrative et le confinement où les lits se partagent entre équipes de jour et équipes de nuit.

    Subsistance

    Comment aider leur famille, comment payer les mensualités d’un prêt, comment finir la construction de la maison familiale ? Le film nous plonge dans une réalité oubliée : le sort de millions d’ouvriers migrants désemparés, privés de salaires, ne pouvant pas rentrer chez eux suite à un confinement brutal.

    Le cinéaste dit avoir « voulu explorer les luttes silencieuses de personnes invisibilisées et trop souvent réduites à des statistiques ». C’est bien l’intérêt du film. La colère est intérieure, la honte dévastatrice, le sectarisme est banalisé, le harcèlement légitimé. Mais le scénario peine à sortir d’une lecture excessivement émotive et des dialogues trop explicatifs. Et si la jeune génération se heurte à des murs, leurs familles démunies financièrement restent humainement riches. Une fin douce-amère en guise de fin heureuse.

    Une jeunesse indienne, de Neeraj Ghaywan, Inde, 2h, sortie le 25 mars.

  • À Marseille, luttes projetées à l’écran et sur le terrain

    À Marseille, luttes projetées à l’écran et sur le terrain

    « Un court, un film, un débat. » C’est un refrain printanier qui résonne désormais depuis 10 ans à Marseille, faisant bourgeonner les œuvres cinématographiques comme autant de luttes à prolonger. Une petite longévité qui s’explique, selon Stéphane Rio, enseignant et membre de l’équipe du Printemps du film engagé, qui se tient du 27 mars au 3 avril, par « un besoin de débat. Notre programmation intéresse, mais les gens ont aussi besoin d’échanger ».

    Son credo ? Ne pas céder au fatalisme, comme l’indique le thème de la mouture 2026, La vie est à nous, empruntée au film réalisé en 1936 – et sorti 33 ans plus tard – par Jean Renoir et Jean-Paul Le Chanois, qui sera projeté le 2 avril au Vidéodrome2 (entrée libre). Une plongée au cœur de la campagne électorale et des victoires du Front populaire, destinée à rappeler « comment se remobiliser pour lutter contre la pensée réactionnaire et raciste. Avec l’idée de ne pas se soumettre, comme l’a montré le peuple en 1936, alors que les années 1930 étaient propices aux fascistes », explique-t-il. Des échos avec notre époque attestant que « la pensée critique et le mouvement social a encore toute sa place ».

    Global et local

    De la cause palestinienne, il sera aussi beaucoup question avec l’avant-première, vendredi 27 mars au Gyptis, du documentaire de Pierre Carles, L’affaire Abdallah, autour de Georges Ibrahim Abdallah, ce militant communiste libanais emprisonné pendant 41 ans. « Une enquête très fouillée montrant que ce prisonnier politique a été accusé à tort. Et, en même temps, un film qui retrace le combat pour les droits du peuple palestinien depuis les années 1960 », résume Stéphane Rio. S’ensuivra un débat intitulé « Pourquoi un tel acharnement contre les combattants palestiniens », en présence du politiste au CNRS Vincent Geisser et du militant de longue date pour la libération d’Abdallah, Charles Hoareau. Le lendemain, le Gyptis accueillera « une grosse soirée pour dénoncer les massacres » d’Israël, avec une sélection de courts-métrages réalisés par des Gazaouis, avant la diffusion d’Occupations, film sorti en 2025 qui documente le mouvement des étudiants de Columbia, aux États-Unis, pour « faire pression sur leur université liée à des entreprises d’armement américaines et israéliennes ». Des représentants de la flottille « qui partira les 4 et 5 avril pour Gaza » seront présents.

    Parmi la vingtaine de propositions du festival, les luttes locales ne seront pas non plus oubliées, comme pourront l’illustrer La réalité est là…, « lecture théâtralisée » de six mineurs non accompagnés, qui portent sur scène « leur ressenti en France et leur invisibilisation », ou encore Je suis la nuit en plein midi, en clôture du festival à La Baleine. Un documentaire performé politico-poétique qui suit un Don Quichotte et son Sancho Panza des temps modernes venant pourfendre les murs des ensembles résidentiels fermés qui pullulent à Marseille.

  • Le bourreau de Laëtitia jugé pour viols et torture en mai à Digne-les-Bains

    Le bourreau de Laëtitia jugé pour viols et torture en mai à Digne-les-Bains

    C’est une affaire sordide, que les médias comparent à celle de Mazan, qui sera jugée par la cour d’assises des Alpes-de-Haute-Provence du 18 au 22 mai 2026. Il est reproché à Guillaume B., responsable d’agence bancaire à Manosque, d’avoir violé, torturé et livré à des dizaines d’inconnus sa compagne Laëtitia pendant des années à Manosque, La Seyne-sur-Mer et Grasse. Il est également poursuivi pour détention d’armes sans autorisation. La mère de famille de 42 ans avait décrit le calvaire qu’elle a vécu à France Info : « C’étaient des coups de poing, des entailles dans le dos au cutter ou avec un couteau. Il me frappait aussi avec une planche à découper. J’étais souvent à sang. Il me brûlait aussi avec sa cigarette. »

    En plus de la violence physique, Laëtitia décrivait une emprise psychologique à nos confrères.

    Violence et emprise

    « Il me menaçait de me faire perdre la garde de mes enfants, d’envoyer à mes parents des images intimes et dégradantes de moi. Il décidait de mon heure de lever, de mon heure de coucher. Il décidait de mes vêtements, de ma coiffure, de mon maquillage. Il choisissait les appels et les mails auxquels je pouvais répondre. C’est lui qui décidait si je pouvais aller ou non chercher mes enfants à l’école. Même pour acheter une baguette de pain ou aller aux toilettes, je devais demander son autorisation. » Laëtitia dit aujourd’hui être « incontinente » et « handicapée » à cause des sévices subis. C’est une de ses amies qui avait alerté les forces de l’ordre en 2022. Guillaume B. avait alors été placé en garde à vue, puis en détention provisoire après l’ouverture d’une enquête.

  • Une formation qui permet de travailler dès la sortie

    Une formation qui permet de travailler dès la sortie

    Nadine Mouelle dirige le centre AFASEC de Cabriès depuis deux ans.

    Celle qui a fait de la formation, l’insertion et le devenir des jeunes, son but se donne à fond dans sa mission, entourée d’une équipe dont l’objectif « est d’intégrer au mieux les candidats aux métiers liés aux pratiques hippiques en les aidant à acquérir compétence et savoir-être ».

    Pas besoin d’être un crac en équitation pour intégrer son centre de formation. « Nous avons plusieurs filières, notamment celle de palefrenier – soigneur qui permet de vivre au plus près des chevaux. »

    Un travail d’équipe

    En proposant des journées portes ouverts, et des stages de formation à ceux qui souhaitent entamer la formation, sa structure est l’occasion de dévoiler « la face cachée de la carte postale, et tous les métiers qui composent le milieu des courses hippiques ».

    Ces stages sont très importants pour ceux qui souhaitent se lancer dans l’aventure. « C’est une première étape qui permet de repérer ceux qui ont les capacités pour faire un de nos métiers. C’est un moyen de s’habituer à la vie en internat et à la vie en communauté, aux contraintes dictées par le bien-être des chevaux, qui est la priorité », insiste Nadine Mouelle.

    Avec 35 heures de cours hebdomadaire, qui s’ajoutent aux incontournables soins à apporter aux chevaux, cette école « est destinée à faire l’apprentissage de la rigueur, dans un contexte de formation professionnelle où le stagiaire, puis l’élève, apprend un métier. Avec ses contraintes, ses aléas et ses habitudes qui ne sont pas celles d’une colonie de vacances ».

    Le quotidien du centre, c’est être auprès des chevaux au petit matin, à savoir 6h30 pour les débutants. Apprendre à gérer le stress, être à l’écoute et travailler en équipe autour d’un animal. « Pas tout le monde deviendra jockey, mais chaque élève qui va au bout aura un emploi dans la filière, en étant bien souvent sollicité avant la fin de leur formation, car il y a une pénurie de cavaliers d’entraînement », insiste la directrice.

  • L’AVC Aix Provence Dole se comporte comme un pro

    L’AVC Aix Provence Dole se comporte comme un pro

    Auteur d’un début de saison éclatant avec une deuxième place provisoire en Coupe de France, et une bonne dizaine de podiums en poche, les hommes de Sébastien Cottier se sont frottés au peloton professionnel ce week-end du côté de la péninsule ibérique. Sans complexe, le club aixois a une nouvelle fois fait sa place comme il a su le faire lors de sa seule invitation dans l’Hexagone sur le GP de La Marseillaise. Sur la classique des terres de l’Ebre (1.1 – 175,5 km), Jérôme Raus termine à la quatorzième plce à 15 secondes de l’Espagnol Manuel Diaz (Burgos), qui signe la première victoire de sa formation cette saison.

    Le Belge de l’AVC Aux se classe également deuxième coureur d’une équipe française au classement général, derrière Mathieu Burgadeau, neuvième de l’épreuve (TotalEnergies). Le lendemain, Oscar Nilsson Julien, triple champion de France sur piste, a bien failli décrocher le Graal sur le Grand Prix de Primavera Ontur (catégorie 1.2 – 166 km). Acteur dès le début du circuit, avec prime une victoire au sprint de montagne (1er) et le maillot à pois sur les épaules au final, « ONJ » se classe au pied du podium, à 50’ secondes du Néerlandais Axel Van Der Tuuk (Euskaltel). Le néo-aixois, Bohémond Barillot, intègre lui aussi le Top 10, suivi de près par Julien Marin (11e), Lucas Grieco (15e) et Joseph Brookes (18e). Cinq coureurs dans le Top 20 qui place l’AVC Aix Provence Dole à la première place au général par équipe. « Ces résultats ne font que confirmer l’excellent état d’esprit qui règne dans l’équipe actuellement », confie Sebastien Cottier, le directeur sportif aixois. Et dire que le printemps ne fait que commencer.