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  • Sophie Joissains avance ses priorités en vue d’un nouveau mandat

    Sophie Joissains avance ses priorités en vue d’un nouveau mandat

    À une semaine du premier tour, un programme émane pour Sophie Joissains, maire sortante et candidate (DVD) à sa réélection pour la première fois. Au total, une centaine de propositions, étalées sur 16 pages, articulées autour de trois axes : « Préserver les Aixois, améliorer le quotidien, construire la ville de demain. » Et un credo : « Écouter, concerter, puis décider en responsabilité. » Parmi les promesses de campagne mises en avant, « pas d’augmentation d’impôts », mesure annoncée depuis le lancement de la campagne. En figure de proue, « plus de moyens et d’humains pour préserver la sécurité des Aixois », avec renforcement des effectifs de police municipale, la création d’un nouveau commissariat et le développement de brigades spécialisées. Le programme mise aussi sur « des services publics, des équipements sportifs et culturels dans chaque quartier et village », mais aussi un « art de vivre à l’aixoise, adapté à la transition énergétique ». Une liste de « projets emblématiques », portés par la candidate qui prône notamment : la réhabilitation du quartier du Faubourg, déjà lancée, le projet de rénovation urbaine du quartier d’Encagnane, qui a fait couler l’encre, ces dernières années, « l’écoquartier bioclimatique et culturel » de la Constance, « deux nouveaux parkings pour le pourtour du centre-ville » et un parking relais sur le tracé du futur BHNS, la mise en place d’une ferme photovoltaïque ou encore le développement de la géothermie… Autant de mesures qui seront développées ce mercredi, au meeting de la candidate.

  • [Entretien] Séverine Dellanegra : « Pour déployer la participation citoyenne » à Saint-Martin-de-Crau

    [Entretien] Séverine Dellanegra : « Pour déployer la participation citoyenne » à Saint-Martin-de-Crau

    La Marseillaise : À la veille du premier tour, quels sont les retours que vous avez pu avoir sur le terrain ?

    Séverine Dellanegra : Ces dernières semaines, les retours sont positifs. Après un mandat qui a connu trois maires, les Saint-Martinois témoignent que depuis notre arrivée fin 2024, ils ressentent cette stabilité retrouvée et que les projets avancent. Il faut rester prudent mais je suis sereine parce que notre équipe a rempli son contrat.

    Pour ce dernier meeting, quelles priorités seront mises en valeur ?

    S.D. : Je ne vais pas décrire tous les projets, ni les classer par ordre de priorité, parce que tous ont leur importance. La ligne conductrice de cette réunion publique est d’exposer la philosophie qui a guidé l’élaboration de notre programme, et notre vision pour la ville. C’est ce qui me semble faire la différence avec l’autre candidate. Un mandat inscrit une commune sur une trajectoire bien au-delà de six ans.

    Comment décrivez-vous cette « philosophie » ?

    S.D. : Le fil conducteur est « le faire ensemble », pour accompagner la ville dans un développement harmonieux, adapté aux besoins de tous, en préservant son identité de ville à la culture provençale et de ses richesses comme la dernière steppe d’Europe. Mon rôle est de déployer la participation citoyenne : de permettre aux Saint-Martinois, de s’exprimer, de choisir, voire de décider pour certains projets. Et tout cela avec de la pédagogie. Notre rôle en tant qu’élu est de proposer des projets tout en inscrivant la ville dans une véritable stabilité financière. Les projets que nous proposons sont inscrits dans un programme pluriannuel de financement, de subventions qui peuvent être récupérées. Ils ont été pensés, travaillés, chiffrés.

    Vous annoncez un maintien des impôts fonciers : une différence par rapport à votre adversaire Tania Teixier qui mentionne une baisse de la taxe foncière ?

    S.D. : Aujourd’hui, les recettes fiscales constituent la quasi-majorité des recettes d’une commune, les recettes de l’État, dotation globale de financement et autres, s’amenuisant d’année en année. Donc j’estime que nous devons être prudents par rapport à un avenir qui est incertain. De plus, si nous voulons investir, et j’estime qu’on doit engager des rénovations dans des infrastructures communales qui ont été trop longtemps laissées de côté, on ne peut pas annoncer une baisse des recettes. Ce ne serait pas cohérent et surtout démagogique.

    Meeting, mercredi 11 mars, à 19h, salle Mistral.

  • À Gardanne, ultime meeting pour la gauche avant le scrutin

    À Gardanne, ultime meeting pour la gauche avant le scrutin

    Un dernier meeting, quatre jours avant le premier tour du scrutin. L’équipe Changeons de Cap pour Gardanne, fait le choix d’une union à gauche, la FI comprise, pour que la commune soit de nouveau un bastion de la gauche. « Les six mois de travail ont été au-delà des histoires de partis, tout le monde s’est mis au travail dans l’intérêt de Gardanne et Biver. Personne n’a ramené les histoires de luttes entre les partis politiques au milieu », rappelle Jean-Marc La Piana.

    Lui, est en lice face au maire sortant, Hervé Granier (LR) et Bruno Priouret (RN). « Bien sur que je suis inquiet (…) je pense que le Front national peut faire un score important, je suis inquiet parce que je ne veux pas voir [Hervé] Granier gagner… Mon inquiétude, je l’exprime en travaillant encore plus, dans l’intérêt de notre projet », confie Jean-Marc La Piana, aussi fondateur de La Maison, spécialisée en soins palliatifs. Sur le terrain, les séquences de tractage, de porte-à-porte se poursuivent, les réunions de travail aussi : « J’ai la chance d’avoir une équipe qui joue le jeu, qui est sur le terrain (…) Je ne suis pas seul et c’est une marque de fabrique », assure Jean-Marc La Piana.

    « Parler de l’avenir »

    C’est cet esprit, que l’équipe veut traduire au cours de son meeting, le mercredi 11 mars, à La Maison du Peuple. « On veut qu’il soit le reflet de notre dynamique de travail, qui a toujours été une dynamique très forte », glisse le candidat, qui promet : « je ne serais pas le seul à parler, et il y aura quelques surprises. Au meeting que nous avons tenu à Biver, il y avait beaucoup de monde, j’ose espérer que celui de Gardanne soit encore plus rempli. Je pense qu’on fait une campagne de proximité importante. » À l’ordre du jour de cette soirée donc, annoncée à la Maison du Peuple dès 18h30, le débat autour des points du programme, mais aussi des « choses ajoutées, vis-à-vis de ce qu’il se passe en ce moment », précise le candidat, allusion aux « attaques incorrectes » de ses opposants. « Mais ce qui m’importe est de parler de ce que l’on veut faire à l’avenir et ne pas tenir un meeting qui soit fait d’attaques pures ou frontales, ce n’est pas l’objectif. Il faut que les gens aient envie de voter pour nous et pas contre les autres, qu’ils aient envie de voter pour nous sur un programme qui me semble tenir la route, qui a été bien travaillé pendant six mois », estime Jean-Marc La Piana. S’il est difficile d’estimer le public qui sera présent mercredi soir, l’équipe s’attend à rencontrer des « visages nouveaux, c’est en tous cas l’objectif. On a été très bien accueillis en faisant du porte à porte », assure le candidat à gauche.

  • L’Union locale CGT de Port-de-Bouc vote Laurent Belsola

    L’Union locale CGT de Port-de-Bouc vote Laurent Belsola

    Une communication sans équivoque. L’Union locale CGT des syndicats de Port-de-Bouc a diffusé sur les réseaux sociaux, ce lundi 9 mars, un tract au message clair : « Le 15 mars, votez pour la liste “Avec Laurent Belsola, poursuivons de l’avant”. »

    Une montée au créneau loin d’être anodine à moins d’une semaine du premier tour : « Les municipales auront lieu dans un contexte de poursuite des attaques sociales menées contre les droits des travailleurs. Elles seront déterminantes : la commune peut être soit un rempart face à l’austérité, soit en devenir le relais. » Pour rappel, les travailleurs de Port-de-Bouc devront choisir entre le maire sortant, Laurent Belsola (PCF) et son opposant Pascal Spanu (DVD).

    Des valeurs communes

    D’où l’explication de l’organisation syndicale : « Le candidat de l’opposition, parrainé par le Rassemblement national et proche de l’union des droites, porte un projet dangereux.» Une référence au soutien du « RPR », mouvement fondé par le député d’extrême droite Franck Allisio à Pascal Spanu. Ce dernier porterait un projet avec « les mêmes logiques de régression sociale que le gouvernement macroniste : réforme des retraites, de l’assurance chômage, de la santé, etc.»

    A contrario, « la candidature communiste conduite par le maire sortant, Laurent Belsola s’inscrit dans une continuité claire : celle des valeurs de solidarité, du vivre ensemble, de défense des services publics et de progrès social », juge l’UL CGT. Des valeurs évidemment communes avec celles de la CGT. Qui conclut : « Nous sommes attachés à une politique municipale dans l’intérêt de toutes et tous, nous appelons à soutenir une équipe engagée pour l’intérêt général ! »

  • [Tribune] Renforçons la mobilisation contre l’extrême droite

    [Tribune] Renforçons la mobilisation contre l’extrême droite

    Nous faisons face à un danger grave, sans précédent et imminent, un risque jusqu’à il y a peu inimaginable, de victoire politique des idées d’extrême droite. Ce qui apparaissait il y a peu comme des limites infranchissables devient aujourd’hui possible, voire carrément accompli, les dernières digues sont en train de lâcher, la limite entre partis d’extrême droite et partis démocratiques s’estompe, certaines voix dites de gauche comme de droite ne se font plus entendre pour dénoncer le péril d’une république qui accueille en son sein des idées racistes et xénophobes. La minute de silence unanime à l’assemblée nationale à l’occasion de l’assassinat d’un jeune militant néonazi témoigne de ce trouble car le risque est grand d’oublier que derrière cette violence inacceptable, il y a l’expression d’idées de groupes néonazis qui elles seraient devenues acceptables. De même on a pu entendre sans pudeur une candidate à la mairie de Marseille revendiquer les valeurs Pétainistes traditionnelles de « travail, famille, patrie… ».

    Il est évident que ce que nous observons ici s’intègre dans un phénomène mondial, de nombreux pays démocratiques ayant opté pour des gouvernements autoritaires, racistes et violents, dont les milices anti-immigration de Trump sont l’expression la plus révoltante. D’aucuns pensent que c’est une logique capitaliste poussée à son extrême, le fruit d’un technocratisme sans limite servant des intérêts financiers profondément inégalitaires poussé par la propagande des réseaux sociaux et de la presse financée. Quelle est la part de responsabilité de chacun dans le laisser faire ? Peut-on continuer à accepter cet état de fait sans trop se soucier des conséquences, en détournant le regard ? Le racisme est implanté, il s’exprime librement et il tue.

    Les appels à un front républicain, le discours moralisateur qui consiste à dénoncer le discours d’extrême droite comme étant celui des méchants fascistes ne suffit plus. Il n’a d’autre effet que de renforcer la méfiance et le rejet car il nie l’évidence. La tolérance aux idées fascistes est désormais partout. On la retrouve à l’Assemblée Nationale, dans les médias, au travail, dans la rue, dans nos écoles, dans les hôpitaux. C’est un mal profond qui ronge et qu’il n’est pas si facile de nommer. Nous appelons à une prise de conscience de chacun sur ce qui pousse au laisser faire. Quelle violence est à l’œuvre, poussant à ne plus vouloir agir, à se résigner, voire à cohabiter ? Certaines voix s’élèvent aux USA, la résistance s’organise contre l’état fédéral. En France, on entend des prises de paroles isolées qui dénoncent les glissements qui s’opèrent. Nous appelons à rejoindre ces groupes et former une coalition des voix qui ne veulent pas se taire afin de continuer à faire entendre qu’un autre monde est possible, que les idées qui consistent à légitimer le rejet d’un groupe ou d’un individu ne sont pas compatibles avec notre idéal républicain, et qu’il s’agit de le défendre, de le faire vivre.

    Mobilisons-nous pour les élections municipales, pas d’abstentions ni votes blancs, faisons barrage à l’extrême droite et luttons contre ceux qui se sentiraient prêts à s’y allier.

    Signez et faîtes signer l’Appel des Voix de Marseille : https://voixdemarseille.com/

  • Jean-Philippe Musso fait salle comble aux Pennes-Mirabeau

    Jean-Philippe Musso fait salle comble aux Pennes-Mirabeau

    « Musso le maire qu’il nous faut ! ». L’espace Tino Rossi affiche complet. Des chaises sont sorties des placards pour les 600 participants recensés par les organisateurs. C’est ici, que Jean-Philippe Musso, le candidat DVG à la mairie des Pennes-Mirabeau donne son dernier grand meeting de campagne. « Les 15 et les 22 mars prochains, ce n’est pas mon élection, c’est la vôtre », lance-t-il à l’assistance. « Si vous voulez une équipe qui se bat, qui vous écoute, faites le bon choix ! » À ses côtés figurent la trentaine de personnes qui figurent dans sa liste, soutenue par le PS, le PCF et les Écologistes. « Notre équipe elle est unie, unique et engagée », martèle Joël Desroches, qui en est partie prenante.

    À l’entrée de la salle, le programme officiel est distribué par les équipes. Le document a été conçu à partir des huit réunions publiques participatives menées dans toute la commune. « Nous avons travaillé main dans la main pour construire un programme qui vous ressemble », insiste Sandrine Gras-Trubert, colistière, « nous sommes allés vous rencontrer dans chaque quartier des Pennes-Mirabeau », ajoute-elle. La responsable relations entreprises dont c’est la première campagne électorale, défend un programme « réaliste et réalisable ».

    Ancien adjoint aux Finances au sein de la majorité sortante, Jean-Philippe Musso a chiffré ses propositions : il prévoit 37 millions d’euros d’investissements sur les six prochaines années et 34 millions d’euros de fonctionnement. « Nous n’augmenterons pas les impôts », assure-t-il sous les applaudissements de salle. Les deux mesures phares résident dans la construction d’un lycée et la création d’un commissariat de plein exercice à Plan de Campagne. Une proposition soutenue par la municipalité de Septèmes-les-Vallons. « La sécurité est un droit pour tous, qui doit être garanti par les services publics », fait valoir le candidat.

    Aussi, face aux inquiétudes soulevées par le projet de data center dans la zone d’activités des Sybilles, Jean-Philippe Musso promet : « Si je suis élu je procéderai au retrait immédiat du permis autorisé par Monsieur Amiel [le maire sortant, Ndlr.]. » L’édile soutient la liste de l’actuel adjoint aux Finances Grégory Bouchet (SE) qui propose, entre autres, un référendum sur la loi SRU. « Donc pour ou contre la loi de la République ? », ironise Jean-Philippe Musso.

    Et, sur un trait d’humour il balaye d’un revers de la main l’hypothèse d’un « mariage » au second tour avec la liste son concurrent.

  • Ruffin à Marseille pour soutenir Benoît Payan

    Ruffin à Marseille pour soutenir Benoît Payan

    Dans la ligne droite des municipales, François Rufin vient afficher son soutien à Benoît Payan, le maire (DVG), candidat à sa succession avec la liste « Pour Marseille » du Printemps marseillais. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, le député et président du mouvement Debout ! avait annoncé sa venue. Il insistait sur la nécessité de lutter contre le narcotrafic et rappelait que la mairie a « comblé les manquements de la République » en doublant les effectifs de la police municipale. Une rencontre avec des policiers municipaux est d’ailleurs au menu de sa visite. « Il doit aussi rencontrer la police nationale et va s’entretenir avec le maire de Marseille », indique Hervé Street, coordinateur départemental de Debout !. Une visite à l’usine Fil rouge, l’entreprise de confection made in France de la Capelette qui emploie une centaine de salariés placée en redressement judiciaire, est prévue aussi.

    La réunion publique aura lieu (20h) au Butcher’s, 49 boulevard d’Arras (4e). Environ 150 personnes sont attendues. « Il y aura du monde », assure Hervé Street. François Ruffin participera à un porte-à-porte rue Albe, à deux pas du siège social de 13 Habitat, et rencontrera Tina Biard-Sansonetti, candidate (PS) du Printemps marseillais dans les 13-14. Sophie Camard, la maire GRS des 1-7, et Didier Jau, le maire (EELV) des 4-5, sont annoncés.

  • Les prétentions écologiques de la droite à Marseille

    Les prétentions écologiques de la droite à Marseille

    Alors que les élections approchent à grands pas, les colistiers Christophe Madrolle et Anne Claudius-Petit, de la liste « Marseille je t’aime », ont exposés leurs engagements sur les thématiques de l’environnement et de l’écologie accompagnés de Romain Simmarano, deuxième de la liste. L’occasion pour ce dernier de critiquer le bilan du maire sortant, qu’il accuse « d’un énorme gâchis en matière environnementale les six dernières années ».

    « Capitale de l’écologie »

    Christophe Madrolle, écolo-centriste, a affirmé sans détour avoir « le seul projet vraiment écologique pour la ville », présentant des mesures destinées à faire de Marseille la « capitale de l’écologie ». Il propose par exemple un passage à 30% d’énergie photovoltaïque en cinq ans, contre 12% actuels, sans détailler le modèle d’action. Dans le même élan, Anne Claudius-Petit déclare : « L’écologie devait irriguer toutes les politiques publiques », exposant ses idées pour obtenir « des effets concrets pour les habitants ». Elle a notamment proposé de faire « pousser des haies sur les grandes avenues pour assurer la continuité écologique », et de végétaliser la ville, assurant que « la biodiversité doit aller le long des avenues et sur les places des noyaux villageois »…

    Romain Simmarano, qui a annoncé l’installation d’un
    « corridor vert » pour les navires Corsica Linea, d’ici 2031, a conclu de manière piquante, vantant la liste d’une politique environnementale « non dogmatique : on ne supprime pas les sapins de Noël, sans pour autant être dans l’inaction comme la mairie sortante ».

  • L’insalubrité du parc social dans le débat à Marseille

    L’insalubrité du parc social dans le débat à Marseille

    Ce vendredi, dans le local de campagne du Printemps marseillais dans les 13e et 14e arrondissements, les langues se délient rapidement. « J’ai préféré quitter mon logement, il y avait des moisissures, des cafards », souffle une mère du Clos la Rose (13e), sous gestion de 13 Habitat. Alors que de premières victoires commencent à être remportées face à la lutte contre l’habitat indigne du parc privé, c’est l’état des logements sociaux qui focalise les critiques dans cette campagne.

    Dès le mois de novembre, le maire (DVG) pas encore candidat Benoît Payan avait haussé le ton contre le bailleur social du conseil départemental. C’est qu’à sa gauche, les Insoumis jouent de la confusion en mettant au même niveau les offices gérés par la droite, 13 Habitat et Provence Métropole Logement (ex-HMP) et celui de la gauche, Marseille Habitat. « Le problème est systémique chez les bailleurs, le propre d’une politique de rupture c’est de considérer qu’il y a une logique globale qui n’est pas respectée », répondait le directeur de campagne de LFI Hedi Bounouar. Le Printemps marseillais à l’inverse, qui a achevé le mandat en recapitalisant largement son bailleur social, veut démontrer la différence de gestion. « Marseille Habitat a enclenché une rénovation de 15 millions d’euros à la Paternelle, d’autres majorités ont fait le choix de mettre leur argent ailleurs », illustre Tina Biard-Sansonetti, candidate dans les 13-14, rappelant la volonté de créer un gendarme municipal du logement et d’une phase 3 de la rénovation urbaine, là où LFI s’oppose aux démolitions aujourd’hui lancées. Au risque de perdre des crédits de l’Agence nationale pour le renouvellement urbain parmi les 650 millions d’euros fléchés vers Marseille.

  • Logement social, bataille oubliée du scrutin

    Logement social, bataille oubliée du scrutin

    Après la déflagration des effondrements de la rue d’Aubagne, la bataille pour un logement digne avait été au cœur de la bataille des municipales en 2020 à Marseille, jusqu’à la défaite inattendue de la droite en gestion. Six ans plus tard, la thématique peine à s’imposer dans le débat.

    « Le sujet a plus ou moins disparu des discussions », s’alarme ainsi le directeur régional de la Fondation pour le logement des défavorisés, Francis Vernede. La crise pourtant n’a jamais été aussi aiguë. « On parle d’une année noire sur le logement, pointe-t-il. On n’a jamais eu autant d’expulsions locatives : à l’échelle des Bouches-du-Rhône, ce sont plus de 1 000 ménages ! » Dans le même temps, l’attribution de logements sociaux a atteint son plus bas niveau, avec seulement 21 100 demandes satisfaites en région Provence-Alpes-Côte d’Azur pour 2024 sur 337 800 demandes (notre édition du 12/05/2025). De quoi nourrir l’envolée des prix et la prédation des marchands de sommeil, alors même que les besoins vont s’envoler entre l’attractivité de la région et la réindustrialisation annoncée.

    « Les candidats n’ont pas souhaité aller sur ce sujet parce que ce n’est pas ce qui sera payant », déplore Francis Vernede. Quand ils ne font tout simplement pas campagne contre la construction de logements, en particulier social. « Pour préserver le cadre de vie des Allaudiens, il faut résister à la pression foncière des promoteurs et de l’État qui nous impose 25% de logements sociaux », défendait auprès de La Provence le maire sortant (LR) d’Allauch Lionel de Cala, se vantant même qu’« aucune construction n’est sortie ». Et pourtant plus de 1 100 familles étaient en attente d’un logement social dans sa commune. À Marseille, ce sont les trois quarts des habitants qui sont éligibles pour en obtenir. « Le premier poste de dépense des ménages, c’est le logement, on ne peut pas l’oublier », insiste Francis Vernede. Et la publication en tout début de mandat d’arrêtés préfectoraux de carences en logement sociaux, pour les communes qui n’atteignent pas l’objectif de 25%, devrait le rappeler aux maires qui, dans les Bouches-du-Rhône, ont déjà dû payer 15,8 millions d’euros de pénalités en 2025.

    À Marseille, seuls les Insoumis y ont consacré une séquence de campagne, promettant de produire au moins 30 000 logements sur le mandat (notre édition du 06/03). « On sort des gros chiffres à la sulfateuse sans parler de l’assise financière nécessaire », déplore le directeur régional de la Fondation pour le logement des défavorisés. Au moment de présenter son programme le 17 février, le maire (DVG) sortant était de son côté revenu sur le travail réalisé au fil du mandat. « C’est extrêmement important de travailler encore et encore sur cette question », assurait Benoît Payan. Six pages de son programme y sont consacrées, promettant d’atteindre 25% de logements sociaux à Marseille et de mener une action foncière d’envergure. S’ajoutent l’augmentation des aides à la production de logements sociaux, des baux réels solidaires pour faciliter l’accès à la propriété et l’encadrement des loyers.

    « Vide sidéral » à droite

    Quant à la droite, le programme publié ce lundi n’a même pas de séquence dédiée. Si elle promet de « réhabiliter massivement le logement dégradé en reconstruisant la ville sur la ville » dans la continuité du travail conjoint entre la Ville et la Métropole, la candidate Martine Vassal mettait bien plus l’accent sur l’accès à la propriété, par un bail réel solidaire ou un prêt à taux zéro. « C’est le vide sidéral », souffle Francis Vernede, alors que l’accession à la propriété « concerne une part infime de la population ». Reste l’extrême droite, qui n’en dit pas un mot dans ses discours mais annonce dans son programme économique « pro-business » qu’il veut déréguler davantage le secteur. « Nous assouplirons la délivrance de permis de construire », s’engage le RN, en promettant de défendre les investisseurs et les propriétaires. Loin de l’urgence sociale.

    Et aussi

    16 communes carencées dans le Vaucluse

    Seize des 151 communes du Vaucluse restaient carencées au titre de la loi SRU en 2025. Pertuis arrive en tête des villes les plus sanctionnées, avec une amende qui dépasse les 660 000 euros, la plus élevée du département. C’est à Pernes-les-Fontaines que la pénalité a le plus progressé : la commune enregistre une hausse de +375%, passant de 95 000 à 454 000 euros. Une envolée qui illustre le retard important de la ville, qui n’a réalisé que 60 logements sur les 455 attendus sur la période précédente. Malgré l’inauguration de 27 villas sociales et plusieurs opérations engagées avec le bailleur Grand Delta Habitat, Pernes reste loin des objectifs de la loi SRU. Les deux communes incarnent les difficultés persistantes du département à rattraper la production de logements sociaux exigée par l’État.

    Dans le Var, le rythme reste insuffisant

    Le Var reste confronté à un déficit massif de logements sociaux. Le département compte 55 504 logements sociaux, alors qu’il en faudrait près de 47 000 de plus pour que toutes les communes respectent la loi SRU. Toulon, Roquebrune-sur-Argens, Six-Fours-les-Plages ou Saint-Cyr-sur-Mer, cumulent les pénalités les plus importantes au titre de la loi SRU.

    Sans surprise, la demande explose, avec 48 132 dossiers en attente. Face à cette pression, la préfecture tente d’accélérer la cadence : 1 261 logements ont été livrés en 2023, 1 458 en 2024 et 1 433 entre janvier et octobre 2025. Surtout, l’État a relevé les financements : 1 672 logements sociaux agréés en 2024, contre 2 500 prévus en 2025, portés par des bonus de subvention pour les opérations d’amélioration ou de reconstruction. Malgré cette dynamique, le rythme demeure insuffisant pour combler le retard, dans un département où la population continue de croître…

    Les efforts de Rosans dans les Hautes-Alpes

    Rosans, petit village de 500 âmes dans les Hautes-Alpes, compte 389 logements, dont 214 résidences principales. La commune se caractérise par un habitat majoritairement individuel (81,5% de maisons) et un petit parc social : 21 logements HLM (9,8% des résidences) initié par la commune. « On est les premiers à faire du logement locatif. Il y a un volet social important », indiquait dans nos colonnes le maire, Lionel Tardy.