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  • Des colliers à ultrasons pour protéger ses bêtes du loup sans lui tirer dessus

    Des colliers à ultrasons pour protéger ses bêtes du loup sans lui tirer dessus

    Après avoir subi plusieurs attaques et retrouvé de nombreuses de ses bêtes tuées par le loup, l’éleveur Romain Constans a trouvé une solution innovante pour se protéger du prédateur : des colliers qui détectent les mouvements de ses animaux, s’activent quand ils courent et émettent des ultrasons et des lumières clignotantes pour éloigner le loup.
    « Avant, je ne pouvais pas approcher mes vaches, elles étaient agressives, elles me faisaient sortir de leur enclos, elles pouvaient charger les promeneurs », stressées par le loup, témoigne-t-il. Elles s’étaient même déjà retrouvées dans le village voisin, effrayées et pourchassées par le prédateur. Depuis qu’il les a équipées de ces colliers, l’éleveur peut approcher, câliner et s’occuper de ses bêtes sans qu’elles ne bronchent.

    Cette solution reste « moins efficace que la carabine », lance l’éleveur, mais elle permet une cohabitation tout en préservant l’espèce, alors que cinq loups ont déjà été tués par les lieutenants de louveterie depuis le début de l’année, selon la préfecture. Les éleveurs de 40 troupeaux disposent d’une autorisation de tir. « On essaye de vivre avec », explique Romain Constans.

    232 animaux tués par le loup cette année

    Nombre de ses veaux, de ses brebis et de ses béliers ont été tués par le loup avant qu’il ne s’équipe de ces colliers. Au 13 mai 2026, 72 attaques de loup avaient été signalées sur 52 troupeaux dans le département, pour un total de 232 victimes recensées. Ces chiffres sont en baisse par rapport à l’année dernière, selon la préfecture. Une attaque a causé plus de 20 victimes cette année, contre trois l’année dernière. « Depuis que j’ai les colliers, je n’ai eu aucune attaque, aucun veau de perdu », se réjouit Romain Constans, alors qu’il en perdait auparavant « un ou deux par an ». « Comme c’est en pente, dès qu’il y a une attaque, c’est dévastateur. Il y a des pattes cassées. Pour une brebis tuée, il faut parfois en euthanasier 10 ou 15 », déplore l’éleveur. Il a même déjà retrouvé le loup avec son teckel dans la bouche.

    « Le risque zéro n’existe pas, mais ça dissuade. Même pour nous, éleveurs, cela nous apporte de la tranquillité », avance-t-il. « Ce qui freine, c’est le prix » : environ 240 euros hors taxes par collier, selon le gérant de la société qui les produit, Cyril Gautreau. Il faut compter environ un collier pour cinq vaches et un pour huit moutons. Romain Constans n’a pas pu acquérir assez de colliers pour ses 450 brebis. « Il faudrait 100 colliers pour bien équiper le troupeau ! », regrette-t-il. Il en utilise alors un pour ses vaches et deux pour ses béliers.

    En plus des colliers, l’éleveur fait appel à des éco-volontaires de l’association de défense du loup Ferus pour veiller sur ses bêtes pendant la nuit l’été. Ces bénévoles font des rondes, installent des tentes et dorment avec les animaux pour éviter les attaques en montagne.

    Romain Constans a également fait l’acquisition de chiens de protection, mais trouve les colliers plus efficaces. « Les chiens de protection, c’est ingérable l’été, avec les promeneurs, ils peuvent mordre quelqu’un », craint-il. De nombreux accidents ont été recensés dans le département. De plus, les loups sont si nombreux dans le département que, « quand un chien chasse un loup, un autre attaque ». « Les colliers, ça ne dérange personne, ça n’embête pas les randonneurs, et ça dissuade le loup », avance-t-il.

    Sa crainte reste que le prédateur s’habitue aux ultrasons et aux lumières du collier sur le long terme, « comme il s’est habitué au foxlight », ce flash lumineux conçu lui aussi pour repousser le prédateur. « Le remède miracle n’existe pas », conclut l’éleveur. Mais, « depuis que j’ai le collier, je n’ai plus de problèmes ». Son créateur, Cyril Gautreau, se félicite d’une efficacité « de 80% pour les moutons et de 95% pour les bovins ». « Il y a une explosion des ventes cette année et une possible rupture de stock », affirme-t-il.

  • Un bar continue d’exploiter un rooftop illégal à Malmousque

    Un bar continue d’exploiter un rooftop illégal à Malmousque

    Le bar Pigment au 237, corniche Kennedy (7e) persiste depuis septembre dernier à ouvrir un rooftop non autorisé mais très médiatisé sur les réseaux sociaux à l’approche de la saison estivale. Une dizaine de copropriétaires et riverains ont saisi la justice et les élus sur la persistance de cette exploitation illicite.

    Les plaintes s’amoncellent auprès des élus et des services et jusqu’au procureur de la République. « La clientèle et le personnel empruntent les parties communes, couloir et les escaliers de la copropriété. On a vu des clients pénétrer dans nos cours et jardins. Un week-end, plus de 40 personnes occupaient simultanément le rooftop », dénonce le collectif. Au-delà des nuisances engendrées, les enjeux de sécurité publique sont prégnants : quid de la résistance d’un toit non conçu pour supporter les charges d’un public important, l’absence d’issues de secours signalées, de dispositifs anti-incendie et ce « service de douches » proposé à la clientèle ?

    « On a toutes les autorisations nécessaires de la Ville et de la Préfecture sinon vous vous doutez bien qu’on n’ouvrirait pas », répond crânement Benjamin Honnorat, le gérant joint vendredi. « Je montre tous les documents à la police municipale quand elle est appelée chaque semaine par les voisins et ça se passe très bien. Il n’y a aucun sujet », coupe-t-il.

    « L’accueil de public est strictement interdit »

    L’exploitant, locataire du bar au rez-de-chaussée, n’a en réalité demandé aucune autorisation d’urbanisme pour démolir deux cabanons sur le toit, retirer deux puits de lumière, poser des garde-corps et procéder à un changement d’usage privatif en exploitation commerciale. Dès l’ouverture en septembre, le service de l’urbanisme a dressé un PV d’infraction et saisi le Parquet. Le bar « Pigment » n’a pas davantage d’autorisation de la commission communale de sécurité pour utiliser ce toit en extension du bar. Il a été mis en demeure par la Ville dès le 25 septembre 2025 qui lui a signifié « l’interdiction d’accueillir du public sur le toit-terrasse ». Après un avis défavorable le 9 décembre à sa demande de mise en conformité « en raison d’un défaut d’accessibilité », le bar a déposé une nouvelle demande qui est à l’instruction. « L’accueil de public sur le toit-terrasse est strictement interdit », lui a signifié en caractère gras et souligné la conseillère municipale déléguée à la commission communale de sécurité et des périls, Laure Rovera, dans un courrier du 5 mai notifié par la police municipale cette semaine. Il fait suite à une nouvelle alerte de la maire de secteur Sophie Camard inquiète d’un « effet d’entraînement » sur d’autres exploitants. « L’exploitant engage sa responsabilité pénale en cas d’ouverture au public » a nous a précisé hier la Ville.

    « C’est une terrasse privée d’appartement ouverte au grand public sans autorisation. L’accès se fait par les parties communes d’un immeuble d’habitation bourgeoise. Le règlement de copropriété n’autorise pas d’activités commerciales ou professionnelles dans les étages », résume l’avocate du syndicat des copropriétaires, Me Hinde Kalai qui affute une assignation en référé.

  • Ligne THT : l’État accélère malgré les oppositions

    Ligne THT : l’État accélère malgré les oppositions

    Les opposants au projet s’indignent d’un passage en force. Le 13 mai, l’État a annoncé avoir engagé l’instruction de la demande de déclaration d’utilité publique (DUP), déposée par le gestionnaire du transport d’électricité RTE le 3 avril, relative au projet de ligne aérienne très haute tension de 400 000 volts entre Fos-sur-Mer et Jonquières-Saint-Vincent (Gard).

    « La situation géopolitique souligne plus que jamais la nécessité d’accélérer l’électrification de nos usages pour mettre fin, à terme, aux dépendances de notre pays aux énergies fossiles importées », justifie le ministère chargé de l’Énergie, qui appuie sur « l’importance stratégique de cette infrastructure pour l’avenir et la résilience énergétique de la zone industrialo-portuaire (ZIP) de Fos – étang de Berre ». Les pouvoirs publics et les industriels y projettent de 16,9 à 19,9 milliards d’euros d’investissements d’ici à 2030. Avec, à la clé, la création potentielle de 10 000 emplois.

    « Décision descendante »

    Cette instruction marque une nouvelle étape décisive pour ce projet, pourtant largement décrié lors de la concertation publique préalable qui s’était déroulée du 12 février au 7 avril 2024. Si l’État affirme rester attentif à l’organisation du dialogue local avec la nomination de deux tiers facilitateurs d’ici fin mai, les opposants s’insurgent d’un choix politique brutal.

    Le Collectif THT 13/30, qui rassemble 36 associations, dénonce une décision « unilatérale » qui « confirme une orientation politique déjà arrêtée depuis plusieurs mois, au détriment d’un examen réellement objectif solutions alternatives ». Pour rappel, il avait présenté une option enterrée de 2GW continu passant sur les bords du Rhône puis sur les digues, sur des terrains exclusivement publics. Cette possibilité, plus coûteuse et moins rapide à mettre en œuvre que le projet porté par RTE (estimé à 300 millions d’euros lors de la concertation préalable), n’a « jamais été sérieusement écartée par des arguments techniques probants ». Pour le porte-parole du collectif Jean-Laurent Lucchesi, le délai est « un faux argument. Les délais industriels passent, les seuls qui sont prêts c’est Marcegaglia. Ce sont les échéances politiques qui dictent le calendrier. »

    La maire (SE) de Saint-Martin-de-Crau Séverine Dellanegra plaide également pour des « solutions alternatives », et déplore que des « espaces reconnus, protégés au niveau national et international » tels que le Parc naturel régional de Camargue et la Réserve naturelle des Coussouls de Crau soient « menacés par une décision descendante, technocratique et hors-sol ».

    Le Collectif THT 13/30 affirme qu’il ne « renoncera pas » et qu’il renforcera « les actions militantes ». Il assure disposer de moyens financiers suffisamment conséquents pour « poursuivre et engager les actions juridiques nécessaires ». La majorité de Saint-Martin-de-Crau va, lors du prochain conseil municipal, mettre au vote une délibération pour lui accorder une « enveloppe » en ce sens.

    « Le président de notre communauté d’agglomérations envisage de faire appel à un conseil juridique pour défendre notre territoire », précise Séverine Dellanegra. Une réunion avec l’ensemble des acteurs concernés devrait avoir lieu la semaine prochaine pour envisager la mobilisation à venir. Les élus du territoire finalisent également un courrier à l’adresse de la ministre Maud Bregeon. « On appelle tous de nos vœux la sécurisation électrique de la zone, mais pas en sacrifiant notre territoire », résume la maire de Saint-Martin-de-Crau.

  • La Saison Méditerranée s’ouvre sur un espoir de paix

    La Saison Méditerranée s’ouvre sur un espoir de paix

    Face aux centaines d’officiels et représentants du monde de la culture réunis au Pharo le plasticien marocain Mohamed El Khatib assume : « Il était temps que la France considère les autres rives de la Méditerranée non pas comme une charge, en termes d’immigration, mais comme une chance. » Devant lui, les ministres de la Culture Catherine Pégard et des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. Ce vendredi soir à Marseille, c’est en grand qu’a été inaugurée la Saison Méditerranée. Annoncée en juin 2023 par Emmanuel Macron depuis le Mucem, cette programmation de plus de 200 événements artistiques et culturels pilotée par l’Institut français ambitionne de nourrir les rencontres entre les pays méditerranéens sur tout le territoire national jusqu’au 31 octobre prochain, après dix jours de lancement à Marseille. Avant de se décliner au Maroc, en Algérie, en Tunisie, en Égypte, au Liban.

    Une programmation de concerts, d’expositions, de rencontres entre artistes et chercheurs des pays méditerranéens, dans un contexte de guerres et de crises. « Les fracas des bombes ne doivent pas nous détourner de ce en quoi nous croyons au fond de nos tripes, lançait ainsi le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan. La Méditerranée ne doit pas devenir le symbole des fractures du monde alors même qu’elle en est le berceau. » Et de célébrer la culture, en appelant les artistes à ne pas taire leurs critiques. « Jamais n’observez le silence, jamais ne baissez les yeux », insiste-t-il.

    « Cette saison constitue un havre, où chacun pourra reprendre des forces loin des tempêtes, un espace de rencontres pour les sociétés civiles », défend aussi le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. « Rapprocher les rives est une nécessité, car l’espace méditerranéen est un espace vulnérable », poursuit le résident du Quai d’Orsay, énumérant les crises climatiques, géopolitiques, humanitaires. Il annonce ainsi une conférence internationale à l’Institut du monde arabe, le 12 juin prochain, « pour que les sociétés civiles israéliennes et palestiniennes puissent faire entendre leurs voix », neuf mois après la reconnaissance tardive de l’État de Palestine.

    Un ministre hué

    Mais alors qu’il dévoilait plus tôt une plaque célébrant le Pharo comme « Patrimoine de la diplomatie », les grandes rencontres internationales attachées au palais de l’impératrice Eugénie – le premier sommet de l’Union pour la Méditerranée en 2008, le sommet des deux rives en 2019 – rappellent surtout les promesses non tenues de la diplomatie française. Et la guerre le rattrape toujours. Des huées l’accueillent quand face à la participation d’Israël en finale de l’Eurovision samedi il défend que « le boycott culturel n’apporte aucune solution ». Malgré cela, le plasticien Mohamed El Khatib célèbre le « modèle de diplomatie » de cette Saison Méditerranée, et son « audace artistique ». Et de rappeler : « Nous vivons dans un temps où plus que jamais les artistes ont à participer aux enjeux sociaux et politiques qui nous traversent. »

    La programmation à Marseille : www.marseille.fr/saisonmed

  • Uber à l’abordage des bateaux du Vieux-Port

    Uber à l’abordage des bateaux du Vieux-Port

    Loin du système de navettes, Uber choisit de s’associer à l’opérateur Click&Boat, plateforme déjà présente à Marseille, pour se lancer dans la location de bateaux entre particuliers. « 1 500 navires » seront mis à disposition de la plateforme, selon les deux partenaires. Un onglet “Bateau” sera tout simplement ajouté à l’application Uber. « L’idée est de s’appuyer sur Uber pour mettre en avant la démocratisation de la location de bateau mais aussi l’expertise, le professionnalisme et l’offre locale », assure Bastien Rambert, chargé de relation presse Click&Boat.

    Entre loi et laisser-faire

    Mais l’arrivée d’Uber Boat, en plus d’instaurer selon ses détracteurs « une concurrence déloyale » entre loueurs professionnels et particuliers, se heurte au cadre réglementaire souvent méconnu du grand public. « Le particulier n’a pas le droit de louer son bateau sans AOT, sans être agréé », affirme Amine Gharbi, président de LocaBoat, société de location de bateaux implanté sur le Vieux-Port.

    L’article 4.2 du règlement portuaire de la métropole stipule qu’« il est interdit, à tout usager, d’autoriser à un tiers l’usage, à titre gratuit ou contre rémunération, du poste à flot ou à terre qui lui a été attribué ». Pour autant, « sur le port de la pointe rouge ou de l’Estaque, il y a une partie privée où nous pouvons nous amarrer en tant que particulier », observe un propriétaire de bateau qui loue via Click&Boat, souhaitant rester anonyme. « Les ports devraient être à tout le monde. Les places sont réduites pour avoir une AOT. Alors oui, on loue sans. Un bateau, ça coûte cher à entretenir, donc on trouve des solutions », plaide le plaisancier. Il déplore toutefois un manque d’encadrement : « Click&Boat n’a pas assez d’équipes pour réfléchir aux réglementations ici. Il ne s’intéresse pas aux normes de la Métropole… Personne n’est aiguillé », estime-t-il. Car au-delà des règles portuaires locales, un cadre national s’applique : dès qu’un bateau de plaisance est mis en location contre rémunération, il devient un navire de plaisance à utilisation commerciale. Dans ce cas, il doit obligatoirement détenir un permis d’armement, une fiche d’effectif et un statut de gens de mer pour son capitaine, selon le droit maritime français. Quasiment impossible, pour un particulier à cause de son coût et sa complexité administrative de s’y conformer…

    Face à cette pression croissante, Amine Gharbi et d’autres collègues loueurs professionnels ont monté une association : la Nautic Marseille. « Nous voulons solidifier les différentes structures de contrôle. Ce que nous voulons proposer, c’est d’instaurer un code couleur de drapeaux pour les professionnels, qui permettrait aux forces de l’ordre maritime de nous reconnaître et de faire le tri afin de se concentrer sur les particuliers qui n’ont pas été contrôlés en amont. » Par ailleurs, l’association écologique Terre Bleue, exige qu’avant toute autorisation nationale accordée à ce nouveau système de location, les opérateurs fassent preuve d’une totale transparence quant à leurs activités, surtout concernant « un littoral particulièrement fragilisé, confronté au réchauffement de ses eaux et à une forte pression humaine », insiste la structure.

    Les autorités ont déjà commencé à sévir. « Il y en a plein qui se sont fait dégager sur le Vieux-Port », partage Nicolas Petit, directeur commercial de ZeBoat, loueur de bateaux de luxe. Des locations « irrégulières » sont souvent épinglées et condamnées par la justice depuis plusieurs années déjà, avec des peines pouvant aller jusqu’à 2 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. Loueurs comme plaisanciers craignent une privatisation des espaces maritimes qui selon eux doivent rester publics. « Ce que nous voulons, ce n’est pas du volume mais de la qualité. La Métropole sait que nous avons des bateaux identifiés et sécurisés, aux normes qui produisent moins de CO2. Sortir des personnes en mer, c’est risqué. Pourquoi ne pas professionnaliser Uber, et se concentrer sur nous, pour régulariser la demande ? », estime Amine Gharbi. Le débat est loin d’être clos.

  • NTO : « Marseille c’est mon histoire, mes racines »

    NTO : « Marseille c’est mon histoire, mes racines »

    La Marseillaise : Pour les personnes qui ne vous connaissent pas encore, pourriez-vous vous présenter ?

    NTO : Je compose de la musique techno mélodique depuis une vingtaine d’années, je suis né et j’ai grandi à Marseille. Une ville que j’aime mais dans laquelle je joue très peu…

    Justement, vous qui êtes originaire de Marseille, qu’est-ce que ça représente pour vous de jouer à domicile pour
    le festival Au Large
     ?

    NTO : Je suis très heureux de me produire pour le festival le 26 juin et qui plus est au Théâtre Silvain qui est un très bel endroit. Cette date est très importante pour moi parce que je sors d’une grosse période de production de musique qui a duré presque deux ans avec un nouvel album qui sortira en octobre et le premier single sort à la fin du mois de mai donc ça va être l’occasion de le faire découvrir au public. Je suis très heureux de partager tout ça à domicile ça a un sens. C’est une ville à laquelle je suis très connecté, c’est mon histoire, mes racines, c’est ici qu’il y a mes inspirations culturelles aussi donc la symbolique est très forte pour moi.

    Que raconte votre album à sortir ? Y a-t-il une thématique particulière ?

    NTO : C’est un album qui est très personnel. Mon premier album Apnea sortait il y a cinq ans, né de la rencontre avec l’apnéiste Arthur Guérin d’ailleurs je continue à tourner avec cet album et j’en suis fier. Il y a un an et demi j’ai sorti un album en collaboration avec le pianiste Sofiane Pamart c’était extraordinaire humainement et musicalement. Là pour le coup c’est un peu différent, ce nouvel album c’est avec moi-même. Il fait suite à une période difficile de ma vie que j’ai vécue il y a deux ans, c’est une musique qui est née de la reconstruction. Il s’est passé beaucoup de choses, j’ai eu envie de raconter beaucoup de choses qui ont donné naissance à de nombreuses musiques. Je suis impatient de le sortir parce que c’est un album introspectif et personnel.

    Vous définissez votre style musical comme étant de la techno mélodique, concrètement c’est quoi ?

    NTO : C’est de la musique électronique avec beaucoup de mélodies pour faire court. C’est une musique très axée sur l’aspect dansant du côté club de la musique mais c’est axé sur l’histoire. Danser pouvoir fermer les yeux et ressentir des choses. C’est un style musical qui permet de se laisser transporter par les émotions et les mélodies. J’écoute personnellement beaucoup de musique acoustique et de styles différents que ce soit de la soul, du rock, du classique, du jazz etc. donc je suis très attaché à la mélodie. Je passe beaucoup de temps à composer les parties harmoniques et mélodiques de mes morceaux.

    Quand on fait de la musique à proprement parler, c’est-à-dire que l’on ne pose pas sa voix dessus, quel est le cheminement de travail pour arriver à transmettre des émotions ?

    NTO : Ce que j’aime là-dedans c’est que dans la vie il y a plein d’émotions que l’on n’arrive pas à verbaliser. On n’arrive pas à les exprimer mais l’art en général je ne parle pas que de la musique, permet de matérialiser des sensations, sentiments, émotions qui sont indescriptibles et mon rapport à la musique c’est celui-ci. Je bouche une case vide dans ma vie avec la musique et c’est quelque chose que je décharge. J’aime raconter des histoires avec des notes de musique où je considère que chaque instrument est un personnage qui évolue dans un morceau de la première à la dernière minute.

    Et d’un point de vue personnel, que ressentez-vous quand vous êtes face à une foule en transe qui ressent votre musique ?

    NTO : C’est génial tout simplement, il n’y a pas d’autres mots qui me viennent ! Au début ce n’était pas quelque chose que j’arrivais à apprivoiser, c’était traumatisant, d’ailleurs je ne pense pas que ce soit naturel pour qui que ce soit d’être seul sur une scène immense face à des milliers de gens. Ce qui est exaltant c’est d’arriver à trouver un langage commun entre toi et le public, il y a quelque chose de très léger qui se crée. Tu es soudainement transcendé par un moment très fédérateur. On finit par être accro à cette sensation.

    Au-delà des émotions que vous cherchez à transmettre, votre musique est-elle un moyen de faire passer un message ?

    NTO : Oui clairement. Ce n’est jamais de manière frontale mais suggérée. Je pense d’ailleurs que quelle que soit la musique il y a toujours un message. Ce n’est pas que de l’émotion c’est aussi un moyen de transmettre son ressenti, le regard que l’on porte sur quelque chose ou raconter un moment particulier. J’ai déjà fait des morceaux avec du texte mais dans l’album qui va sortir il y en a beaucoup. Notamment un que j’ai écrit et que je fais lire par mes enfants et dont la thématique porte sur les mondes imaginaires auxquels j’étais très attaché enfant. C’est un moyen de parler de ce que tu valorises, ce à quoi tu attaches de l’importance ou pas dans ta vie, par exemple. Donc oui la musique est aussi vectrice de messages.

    Pour le festival Au Large,
    comptez 90 euros pour le pass 3
     jours.

    Pour une soirée, les places vont
    de 32 à 42
     euros.

  • La gauche en reconquête de l’Andalousie

    La gauche en reconquête de l’Andalousie

    La législature devait se terminer fin juin, mais le président de la région en a décidé autrement en prononçant la dissolution du parlement andalou, et en convoquant les élections pour ce dimanche. Juan Manuel Moreno Bonilla (Parti populaire) avait été élu à la présidence de cette communauté autonome le 19 juin 2022, en obtenant la majorité absolue. Le mode de scrutin étant proportionnel et plurinominal.

    La droite va donc tenter dans ces élections de garder la majorité. Celle-ci avait déjà fait tomber la gauche une première fois aux élections de 2018. Le Parti socialiste avait auparavant assuré la gouvernance en Andalousie pendant 36 ans. Le parti d’extrême droite Vox, qui a émergé cette dernière décennie dans le paysage politique régional et national, pourrait être faiseur de roi. Créé en 2013, le parti d’extrême droite s’est fortement implanté en Andalousie, de 0,45% aux élections de 2015 ce parti a obtenu 10,87% en 2018, puis 13,46% en 2022. Pour ces élections, les sondages créditent Vox de 14%. Le Parti populaire (PP) est donné à 42,8% et espère obtenir la majorité absolue pour éviter une alliance avec Vox mais cette hypothèse est sérieusement envisagée, le PP pourrait donc s’allier avec l’extrême droite pour garder la région et la faire entrer dans l’exécutif.

    Arithmétiquement, la droite aidée par l’extrême droite pourrait rester majoritaire selon les sondages. La gauche engagée dans une nouvelle dynamique grâce à une campagne offensive et unitaire de Izquierda Unida et Podemos, est en légère progression dans les derniers sondages et espère reconquérir la région. Ce qui donnerait à Pedro Sanchez au plan national une bouffée d’air à un an des prochaines élections générales de 2027. Le chef du gouvernement, qui bénéficie d’un énorme capital sympathie sur le plan international avec ses prises de position anti Trump notamment, et en faveur du peuple palestinien, subi les assauts incessants de la droite et de l’extrême droite sur sa politique intérieure et contre son entourage proche. Une politique intérieure qui pourtant est marquée par de nombreuses avancées sociales, souvent portées par les communistes au gouvernement au sein de la coalition Sumar.

    Le PSOE, selon les derniers sondages serait à 23%, « Por Andalucia » la coalition menée par Izquierda Unida et Podemos à 8% et « Adelante Andalucia », une formation de gauche radicale et régionaliste à 6,9%. À gauche, bien que la tâche de reconquête reste difficile, une nouvelle dynamique s’est mise en place avec l’alliance de Izquierda Unida (IU) et Podemos impulsée le coordinateur et candidat de IU Antonio Maillo. Dans Mundo Obrero, le mensuel du PCE, celui-ci dans une interview se réjouit de l’union entre Izquierda Unida et Podemos « nous sommes à un moment clé, la gauche doit assumer que la fragmentation fragilise et que la classe des travailleurs ne demande pas autre chose que coopération, maturité et projet partagé. Tout cela n’est pas de la tactique, il s’agit de construire une alternative réelle au modèle de Moreno Bonilla [l’actuel président PP, Ndlr]. Pour cela, chaque pas en direction de l’unité est essentiel. En Andalousie avec ce qui se passe dans le secteur de la santé, du logement ou de l’emploi, l’utilité de la gauche passe par la nécessité d’être ensemble et offrir une alternative crédible. » Pour Antonio Maillo, les trois priorités du programme de « Por Andalucia » sont : renforcer la santé publique, garantir l’accès au logement et combattre la précarité au travail, il s’agit, dit-il, « de priorités qui ont une incidence directe sur la vie des gens ».

    Ce dimanche les Andalous vont choisir la politique qu’ils veulent pour les quatre années à venir.

    « L’utilité de
    la gauche passe par la nécessité d’être ensemble
    et offrir une alternative crédible. »

  • Opération coup de poing contre l’armurier Eurolinks

    Opération coup de poing contre l’armurier Eurolinks

    Le drapeau palestinien qui s’agite devant le site d’Eurolinks (13) ce midi, porte la colère d’une vingtaine de militants marseillais venus protester. Certains haussent leurs pancartes, d’autres secouent leurs bombes de peinture, et le mégaphone passe de main en main. C’est au tour d’Ipiu, d’adresser un mot à la foule : « Aujourd’hui, nous commémorons les 78 ans des déplacements forcés de centaines de milliers de Palestiniens. Depuis ce découpage imposé par les puissances occidentales, les actions génocidaires menées par l’État Israélien n’ont cessé. »

    Cette manifestation, « c’est l’occasion de poursuivre notre combat contre Eurolinks, qui participe à ce génocide », conclut la fervente manifestante. Malgré des appels de l’ONU, plusieurs médias révèlent en 2024, que la société n’a cessé ses activités. Elle est donc aujourd’hui poursuivie suite à deux plaintes de l’association des juristes pour le respect du droit international (Jurdi) et la Ligue des droits de l’Homme (LDH), qui dénoncent « un risque génocidaire ». Des procédures qui rassurent les militants mais ne « suffiront pas à contraindre l’entreprise à se reconvertir », interpelle Ipiu, qui en appelle aux Marseillais : « Nous avons plus que jamais besoin d’une pression populaire. »

    Un enjeu local

    L’implantation d’Eurolinks dans le quartier avait déjà éveillé la colère d’habitants à son installation en 2019, car jugée « polluante ». Camille, l’un des militants s’en souvient : « Certains riverains se plaignaient de l’odeur. C’est une entreprise familiale, qui ne sert même pas l’économie locale. Elle menace la santé des Marseillais, offre des emplois intérimaires précaires, et s’enrichit sur la mort des autres », dénonce-t-il.

  • Avec le chausseur Minelli, l’hécatombe continue

    Avec le chausseur Minelli, l’hécatombe continue

    S’habiller en 100% local devient de plus en plus complexe. Mercredi 13 mai, Minelli publie un communiqué officiel. « C’est avec le cœur lourd que nous vous annonçons que Minelli ferme ses portes définitivement », placée en redressement judiciaire pour la deuxième fois en trois ans, après 50 ans, la marque marseillaise fondée en 1973 tire le rideau. Déjà absente des rues marseillaises depuis quelques années, elle tenait pourtant une place importante au sein des foyers. Pour Carmen, ce sont surtout des souvenirs avec sa mère : « De mes 5 ans à mes 10 ans, j’achetais mes sandales à Minelli. C’était notre référence parce que c’était la seule qui faisait des sandales sobres et élégantes adaptées à mes pieds fins, puis c’était un budget adapté aux revenus de ma mère. » Avec la fermeture de l’enseigne, ce sont 21 magasins et 86 employés qui en pâtissent. « C’est bien triste », déplore Sandrine, fonctionnaire vivant en zone rurale. Pour elle, comme pour de nombreux consommateurs à travers la France, les marques comme Minelli étaient une valeur sûre : « Je me déplaçais en ville, rien que pour ça, c’est chez eux que je trouvais mes chaussures. Honnêtement, avec les boutiques qui ferment les unes après les autres, je me retrouve obligée d’aller sur internet. »

    Dans le paysage régional, les magasins qui mettent la clé sous la porte sont malheureusement une réalité. Kaporal, marque de jeans, avait été liquidée en 2025 entraînant la suppression de 280 emplois. La même année, la célèbre marque de doudounes Jott, qui possédait 7 magasins dans le Var, les Alpes-Maritimes et Monaco, avait licencié 183 salariés. Une crise bien antérieure, entamée par San Marina, qui a fermé ses 163 magasins en février 2023. Demeure l’entreprise, Fil Rouge, actuellement en redressement, laissant ses 70 salariés dans l’expectative.

    Un climat de crise pour

    le prêt-à-porter français

    Ces marques locales sont l’exemple d’un climat défavorable pour le prêt-à-porter français. Camaïeu, Jennyfer, Kookaï ou encore Naf Naf, toutes ces marques qui ont disparu des centres-villes par effet domino. Selon Yann Rivoallan, président de la Fédération, les entreprises de fast-fashion en ligne sont un accélérateur du déclin de ces boutiques de prêt-à-porter. Pourtant selon l’Union française des industries Mode & Habillement, le secteur représente 2 500 entreprises qui emploient 350 000 salariés en France et à l’étranger. Selon les dernières données récoltées par France Info, les prévisions sont pessimistes : « 50 000 à 80 000 emplois détruits d’ici 2030. »

    Selon l’étude de 2025 de Vie Publique : « Près de trois Français sur dix (29%) ont acheté au moins une fois, au cours des douze derniers mois, un article sur une plateforme d’ultra-fast commerce comme Shein ou Temu. » Pourtant, Yann Rivoallan pointe du doigt ces structures. Dans des communiqués publiés sur ses réseaux sociaux, il alerte sur la situation : « Ce qui est en train de se passer est d’une gravité inouïe et je veux que chacun en mesure toutes les conséquences. » Petit à petit, les marques de prêt-à-porter françaises disparaissent, laissant derrière des employés mais aussi des consommateurs qui peinent à trouver des alternatives.